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interviewBFMTV· 14 septembre 2025 43 min

Sébastien Lecornu, manifestation à Londres... L'interview en intégralité de Manuel Bompard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:05
Présentateur

Vous êtes bien sur BFM Politique, notre invité ce matin, le coordinateur de la France Insoumise, Manuel Bompard. Merci d'être avec nous sur BFM. À mes côtés pour vous interroger, Amandine Attalaya, éditorialiste politique BFM TV, et Lucie Robquin, directrice des rédactions de La Tribune. La Tribune, dimanche, notre partenaire. Merci à toutes les deux d'être à mes côtés. Alors on va bien sûr évoquer la mobilisation sociale prévue pour jeudi prochain. Mais d'abord, ses premières annonces du nouveau Premier ministre Sébastien Lecornu, qui a donné une interview à plusieurs de la presse quotidienne régionale, dont le journal La Provence.

Il explique notamment la rupture qu'il souhaite incarner aussi bien sur la forme que sur le fond, dit-il vis-à-vis de son prédécesseur François Bayrou. Et ça commence par l'une des mesures qui était l'une des mesures à la fois phares du projet de François Bayrou et probablement la plus urtiquante de son projet auprès des Français. Le projet de suppression de deux jours fériés. Sébastien Lecornu annonce qu'il renonce à cette suppression de deux jours fériés. Ça devait rapporter 4,2 milliards d'euros. Il explique que les partenaires sociaux devront trouver d'autres sources de financement. Est-ce que vous êtes satisfait de l'abandon de cette mesure ?

Ou est-ce qu'à vos yeux, c'est que symbolique ?

1:19
Manuel Bompard

C'est évidemment symbolique et ce n'est pas une surprise. D'ailleurs, M. Bayrou lui-même, avant de tomber devant l'Assemblée nationale, disait ou laissait entendre qu'il avait mis cette mesure comme étant en quelque sorte un élément de négociation qu'il s'apprêterait ensuite à retirer dans d'éventuelles discussions. Que M. Lecornu retire aujourd'hui cette mesure me paraît évidemment pas surprenant. Mais à l'entendre, à lire son interview, j'en déduis donc que l'ensemble des autres mesures qui étaient prévues dans le plan Bayrou, elles demeurent en l'État. Donc M.

Lecornu a l'intention d'imposer une année blanche qui se traduit par exemple par le fait que des centaines de milliers de Français vont se retrouver à payer de l'impôt sur le revenu alors qu'ils n'en payaient pas.

2:02
Présentateur

L'année blanche, je rappelle à nos téléspectateurs, ça veut dire que par exemple pour l'impôt sur le revenu, le barème de l'impôt sur le revenu n'est pas réindexé au niveau de l'inflation.

2:09
Manuel Bompard

Donc des gens qui ne payaient pas vont se mettre à le payer, des gens qui en payaient vont en payer davantage parce qu'ils peuvent franchir une tranche. Mais l'année blanche, c'est aussi le refus par exemple des revalorisations des pensions de retraite. C'est à peu près 120 euros en moins en moyenne pour un retraité pauvre l'année prochaine. C'est toute une série de prestations sociales, l'allocation adulte handicapé qui se retrouve non revalorisée sur la base de l'inflation. Donc vous voyez, M. Lecornu peut insister sur ce qu'il enlève du plan. Moi, ce qui m'intéresse de savoir, c'est ce qu'il laisse dans le plan.

Et je crois que malheureusement, le plan reste aujourd'hui très en l'état ou très similaire à ce que M. Bayrou avait l'intention d'infliger au pays. Ça veut dire que vous lui demandez de renoncer aussi à cette année blanche ? Mais moi, je ne vais pas prendre mesure par mesure si vous voulez. Mais globalement, vous évoquez l'année blanche par exemple ? Évidemment. Je conteste le plan Bayrou en l'état et je conteste la philosophie qui est inhérente à ce plan Bayrou que reprend M.

Lecornu peut ou prou, c'est-à-dire cette idée qu'il faut une politique de compression de la dépense publique, une politique d'austérité budgétaire, parce que je pense que c'est une politique qui nous amène dans le mur. J'ai déjà eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises.

3:17
Invité

Sur les dépenses de l'état, il dit vouloir faire un effort avec notamment retirer les privilèges accordés à vie à certains anciens membres du gouvernement ou faire le ménage dans tous ces organismes parfois inutiles de l'état. Sur ce plan-là, vous applaudissez ou de toute façon, ce sont des sommes mineures et ridicules et ce n'est pas là où il faut se concentrer ?

3:37
Manuel Bompard

Les deux. C'est-à-dire qu'évidemment que moi, je suis favorable au fait qu'on remette en cause un certain nombre de privilèges qui sont franchement totalement incompréhensibles. Quand vous avez été président de la République il y a 20 ans ou 30 ans, ou au Premier ministre il y a 20 ans ou 30 ans, rien ne justifie que vous continuiez à pouvoir jouir ou bénéficier d'un certain nombre de privilèges. Donc évidemment que je suis favorable à cette mesure. D'ailleurs, nous-mêmes, depuis des années et des années, dans les débats budgétaires à l'Assemblée nationale, vous pourrez le retrouver au sein de la Commission des finances, nous déposions des amendements sur ce sujet.

Donc je ne vais pas vous dire que je suis en désaccord avec cette mesure, mais faire croire que ce type de mesure qui va permettre en quelque sorte de changer radicalement la politique économique du pays ne correspond pas évidemment à la réalité.

4:17
Présentateur

Mais quand elle dit les anciens membres du gouvernement, vous souhaiteriez que ce soit aussi les anciens présidents, qu'on arrête tous les privilèges, tous les avantages ?

4:25
Manuel Bompard

Il y a déjà, de ma part sur les anciens présidents de la République, il y a déjà eu des réformes ces années précédentes. Je pense qu'on peut aller plus loin. La seule limite, la seule réserve qu'on peut comprendre, c'est des questions liées à la sécurité, des personnes qui se sont retrouvées très largement exposées, qui sont devenues des personnalités publiques. Donc c'est légitime qu'on fasse en sorte que ces personnes puissent vivre en sécurité. Mais tout le reste me paraît excessivement abusé. Lucie Robcard.

4:48
Invité

Alors parlons d'un sujet qui pèse nettement plus dans le budget de la France, ce sont les retraites. Sébastien Lecornu ne veut pas rouvrir le conclave. On sait pourtant que le dossier n'est pas clos, ni pour les syndicats, ni pour les partis de gauche. La CFDT propose de suspendre la réforme jusqu'aux élections présidentielles de 2027. Est-ce que c'est ça la bonne solution aujourd'hui ?

5:05
Manuel Bompard

Non, la bonne solution c'est de laisser les parlementaires s'exprimer sur ce sujet. Enfin c'est quand même extraordinaire. Depuis l'année dernière, vous avez une majorité de députés qui sont favorables à l'abrogation de la réforme des retraites.

5:15
Invité

Donc le retour de la retraite à 62 ans.

5:16
Manuel Bompard

Évidemment. Mais enfin quand même, excusez-moi, mais j'ai l'impression qu'il faudrait venir arracher à M. Lecornu s'il veut bien nous laisser, nous les parlementaires, pouvoir voter. Alors là, M. Lecornu, je l'interroge sur sa cohérence. Qu'est-ce que vous dites ? Écoutez, M. Lecornu, dans son même interview, il dit « je vais changer de pratique, c'est les parlementaires qui vont avoir le pouvoir ». Eh bien si M. Lecornu a l'intention de donner aux parlementaires le pouvoir, la première chose à faire, c'est de laisser les députés voter sur l'abrogation de la réforme des retraites.

5:41
Invité

Mais tous nos voisins européens travaillent nettement plus que les Français en Allemagne, en Espagne, en Italie, ils travaillent jusqu'à 65 ans. Est-ce qu'on peut se permettre de travailler beaucoup moins que les autres et avoir la même protection sociale ?

5:51
Manuel Bompard

Bien sûr, c'est un choix de société.

5:52
Invité

Et comment on paye ? Comment on paye notre protection sociale ?

5:54
Manuel Bompard

Mais madame, notre modèle social aujourd'hui, je vais vous choquer peut-être, mais notre modèle social aujourd'hui, de manière globale, de manière totale, il est à l'équilibre. Ah pas du tout ? Si, bien sûr, c'est parce que vous...

6:04
Invité

La tête, c'est la moitié du déficit français, chacun.

6:06
Manuel Bompard

Non, parce que vous ne prenez pas en compte le fait... Les retraites, pardon. Vous ne prenez pas en compte le fait que ces dernières années, il y a eu des politiques publiques, des décisions politiques, des décisions d'exonération de cotisations sociales, c'est-à-dire des cotisations qui devaient normalement venir abonder le financement de notre modèle social, des retraites, du système de santé. Il y a eu des exonérations qui ont été accordées, en particulier aux grandes entreprises, que l'État n'a pas compensées, et qui sont aujourd'hui entièrement responsables des problèmes de financement de notre modèle social. Donc après, vous avez un choix de société.

Moi, personnellement, je suis fier de l'histoire de la France, du fait que la France, après la Seconde Guerre mondiale, a décidé d'avoir un système, une sécurité sociale, un système de retraite par répartition, qui considère que quand on touche notre salaire, il y a une partie de ce salaire qui vient financer un système de protection sociale et un système de retraite. Moi, je crois qu'il faut rester fidèle à ce système, parce que les autres modèles qui existent ailleurs en France, souvent on compare la France avec d'autres pays en disant « Oui, mais en France, on prend plus d'argent de prélèvement public, etc.

» Mais on ne dit jamais que dans les autres pays, quand il n'y a pas de système, par exemple, public de protection de santé, alors on doit aller vers des assurances privées, ou quand il n'y a pas de système de retraite par répartition, alors on doit aller vers des systèmes de retraite par capitalisation. Et à la fois, on est moins protégé, et la retraite, elle est moins bonne. Donc, pardon, mais moi, je suis fidèle et je suis attaché au système de protection sociale à la française. Je crois qu'au contraire, il faut le défendre et le développer encore.

Donc oui, il faut ramener la retraite à 62 ans, et même, je pense qu'il faut aller plus loin ensuite, et ça, ça sera un débat de campagne présidentielle. Moi, je suis favorable au retour à la retraite à 60 ans.

7:40
Présentateur

Donc, je m'arrête une seconde sur ce que vous venez de dire. Quand le Premier ministre dit « Il n'y a pas de nouveau conclave », vous l'appelez solennellement ce matin à ce que l'Assemblée nationale soit à nouveau saisie du dossier des retraites.

7:51
Manuel Bompard

Oui, mais enfin, comment vous dire ? Je ne sais pas. Je trouve que ça devrait quand même être une évidence de dire qu'en démocratie, ça devrait être les victimes qui font la loi.

7:59
Invité

La CFDT ne réclame pas ça. C'est quand même le principal syndicat de France. Il réclame un maintien à 63 ans.

8:04
Manuel Bompard

Madame, la CFDT peut avoir sa propre position, mais il ne vous a pas échappé qu'il y a maintenant deux ans, au moment de la mobilisation contre la réforme des retraites, il y avait l'unanimité de l'ensemble des organisations syndicales pour s'opposer à la réforme visant à mettre l'âge de départ à la retraite à 64 ans. Il y avait d'ailleurs l'unanimité des organisations syndicales, il y avait quasiment l'unanimité du pays, il y avait plus de 90% des actifs qui étaient opposés à la retraite à 64 ans, et il y avait même une majorité de députés qui étaient opposés. Et cette réforme n'a pu passer que par l'intermédiaire d'un 49-3.

Puis, à plusieurs reprises, nous les Insoumis, à l'Assemblée nationale, nous avons cherché à déposer des propositions de loi pour que les parlementaires puissent enfin voter sur ce sujet. Et à chaque fois, les députés macronistes nous ont empêché de le faire. Donc, c'est pour ça que je réagis comme ça, parce que je trouve ça quand même extraordinaire qu'il faudrait quasiment demander au Premier ministre ou supplier le Premier ministre pour que les parlementaires puissent voter. Ça pourrait quand même être la base de notre démocratie. Non, je ne le supplie de rien.

Et je réagis évidemment avec plaisir à vos questions, mais le fond de ma pensée, c'est que ce Premier ministre est illégitime, qu'il ne devrait pas être en place. Évidemment, la politique macroniste...

9:12
Présentateur

Il a été nommé constitutionnellement selon une décision du Président de la République tout à fait conforme à la Constitution. Si vous le souhaitez. Non, je ne le souhaite pas, c'est la Constitution.

9:19
Manuel Bompard

Mais il ne vous aura pas échappé que depuis un an, il y a un an, le Président de la République a dissous l'Assemblée nationale, qu'il y a eu des nouvelles élections, que les macronistes ont largement été battus dans ces élections, qu'ils ont perdues, et que depuis, M. Macron, sans tête, a continué à nommer comme Premier ministre des personnes qui ont l'intention de mettre en place la musique.

9:38
Invité

Vous avez tiré une balle dans le pied des socialistes, puisque vous avez dit tout de suite que vous les censureriez si Emmanuel Macron choisissait un Premier ministre de gauche. Donc, il lui a fait quoi comme solution ?

9:47
Manuel Bompard

Franchement, les socialistes ont bercé d'illusions, en quelque sorte, le pays, en faisant croire que M. Macron aurait l'intention de nommer un Premier ministre qui allait inscrire sa politique dans la rupture avec la politique macroniste. Attendez ! Illégitime, c'est quand même un terme extrêmement fort. C'est-à-dire que vous ne le reconnaissez pas dans sa fonction de Premier ministre ? Non, ça veut dire que je considère que sa nomination est un déni de démocratie, qui est une négation de la parole qui s'est exprimée par les Françaises et les Français lors des élections législatives l'année dernière, et qui est une négation du fait que depuis, deux gouvernements, le gouvernement de M.

Barnier et le gouvernement de M. Bayrou, ont été renversés par l'Assemblée nationale.

10:22
Présentateur

Ce n'est pas un interlocuteur pour vous ?

10:24
Manuel Bompard

Ben non, moi je cherche, je demande à M. Lecornu de faire comme M. Bayrou, c'est-à-dire de demander un vote de confiance à l'Assemblée nationale, puisque normalement, dans les usages démocratiques qui sont les nôtres en France, un Premier ministre, lorsqu'il est nommé, c'est ce qui se passait avant que M. Macron décide de multiplier les dénis de démocratie, un Premier ministre, lorsqu'il est nommé, il vient devant l'Assemblée nationale, et il dit « est-ce que j'ai une majorité de députés qui sont d'accord pour que je puisse faire mon travail ? » Donc moi je demande à M. Lecornu de faire un vote de confiance. Et si M.

Lecornu ne veut pas faire de vote de confiance, et bien avec mes collègues parlementaires, nous déposerons une motion de censure, avec la possibilité comme cela aux parlementaires de dire s'ils sont d'accord avec le fait que M. Lecornu puisse mettre en place sa politique.

11:06
Présentateur

Vous êtes très dur avec le Premier ministre, il y a une méthode, enfin politiquement, il y a une méthode de gouvernement.

11:10
Manuel Bompard

Je ne veux pas m'en parler à M. Lecornu en particulier, moi je suis très dur avec le fait que M. Lecornu incarne la continuité de la politique macroniste, et que c'est cette politique-là qui est battue, et que les Françaises et les Français veulent qu'on tourne la page de cette politique.

11:20
Présentateur

– Alors il dit qu'il va changer dans les méthodes de gouvernement, y compris Amandine.

11:22
Invité

– Oui, puisqu'il dit, si possible, ne pas vouloir devoir avoir recours au 49-3, mais ça voudrait dire qu'il faut arriver à négocier, à faire des compromis avec les uns et les autres. Vous le pensez de bonne foi sur sa volonté de travailler de façon plus ouverte que François Bayou ?

11:36
Présentateur

– Je ne peux pas dire jamais, ce serait démagogique, mais je ferais tout pour ne pas y être obligé, dit-il.

11:40
Manuel Bompard

– Oui, bon, je ne suis pas un perdreau de l'année, quoi. Donc, monsieur, vous connaissez un seul Premier ministre qui dit « Génial, j'adore, je vais faire le 49-3 par bonheur et par plaisir ». Donc, qu'est-ce que nous dit M. Lecornu ? « J'aimerais bien éviter le 49-3, mais peut-être que je vais être obligé d'y avoir recours ». Bon, il dit exactement la même chose que ce que disaient M. Bayrou ou M. Barnier. – Mais ça veut dire que… – Vous pouvez y voir une rupture de forme, mais pas moi.

12:00
Invité

– Manuel Pompard, vous n'irez pas le rencontrer ? Vous n'irez pas le voir s'il vous convie à Matignon ?

12:05
Manuel Bompard

– Si M. Lecornu nous convie à Matignon avant le vote de confiance ou avant le vote de censure que nous allons proposer, je n'ai pas l'intention d'aller négocier avec lui. Je considère que la France insoumise s'inscrit dans l'opposition à la politique de M. Lecornu et que nous n'avons pas l'intention d'aller négocier avec lui quoi que ce soit, je vous le confirme.

12:23
Invité

– Et vous ne pensez pas…

12:24
Manuel Bompard

– Y compris discuter et échanger. – Mais après, si M. Lecornu passe l'étape de la censure ou de la confiance, alors il devient le Premier ministre. Je peux le contester, je ne suis pas d'accord avec, il devient le Premier ministre. Dans ce cas-là, comme formation politique d'opposition, il peut arriver que je le rencontre sur tel ou tel sujet ou tel ou tel dossier. Mais il faut prendre les choses dans l'ordre. D'abord, M. Lecornu va essayer de constituer en quelque sorte sa majorité, la majorité qui le soutient. Moi, je n'en ferai pas partie. Donc je ne vais même pas participer à des réunions pour donner l'illusion qu'à la fin, je pourrais en quelque sorte le soutenir.

12:54
Présentateur

– Donc vous n'irez pas à Matignon s'il vous invite ? – Non. – S'il n'y a pas de vote de confiance qui est demandé par le Premier ministre ?

13:00
Manuel Bompard

– Mais pas avant qu'il y ait un vote de confiance ou un vote de censure. Enfin, c'est comme ça que ça fonctionne, pardon, mais dans toutes les démocraties du monde. – Il parle de vous. – Le Premier ministre, il va d'abord devant l'Assemblée nationale et il demande s'il a la confiance ou pas.

13:10
Présentateur

– Emmanuel Bonpart, il parle de vous, il parle de la France insoumise ce matin dans cette interview. – Oui, oui, je crois qu'il n'a pas l'intention de m'inviter par ailleurs. – Oui, il a dit qu'il inviterait toutes les forces représentées à l'Assemblée et au Parlement. Il explique qu'il veut, je cite, « C'est une discussion moderne et franche de très bon niveau avec l'EPS, les écologistes, les économistes, les écologistes, pardon. Vous, la France insoumise, dit-il… » – C'est bien que ce qu'il y a avec les économistes. – Léa France insoumise, dit-il, s'exclut elle-même de la discussion et préfère le désordre. Vous êtes le parti du désordre ?

13:39
Manuel Bompard

– Mais vous savez, ce n'est pas parce qu'on n'est pas d'accord avec M. Lecornu qu'on est partisan du désordre. C'est une manière quand même de voir la démocratie qui est quand même un peu particulière. Quant au reste, pardon, mais le désordre social, le désordre écologique, climatique, on l'a vu cet été, le désordre économique, vous voulez que je vous dise que cette année, on a des records historiques de faillite des entreprises, le nombre de plans de suppression d'emplois partout dans le pays, ce n'est pas la France insoumise qui en est responsable. Vous voyez, c'est depuis 8 ans la politique d'Emmanuel Macron et de ses gouvernements successifs. Et M.

Lecornu, il peut jouer avec les mots, mais il s'inscrit, c'est quand même la seule personne au monde, M. Lecornu est quand même la seule personne au monde qui a été membre de tous les gouvernements d'Emmanuel Macron depuis qu'il est arrivé au pouvoir.

14:20
Invité

– Mais aller discuter à Matignon, vous avez des…

14:21
Manuel Bompard

– Donc essayer de faire croire que cette personne va inscrire sa politique dans la rupture avec la politique macroniste, c'est vraiment prendre les gens pour des embêtements.

14:27
Invité

– Aller discuter à Matignon, vous avez des propositions fortes, notamment sur la taxation des plus hauts patrimoines qui sont partagées par de nombreuses forces politiques, pourquoi vous n'allez pas défendre vos propositions ?

14:35
Manuel Bompard

– Mais madame, ces propositions, elles ont été, et non seulement elles sont fortes, vous avez raison, mais en plus, elles ont été adoptées l'année dernière par l'Assemblée nationale. Il y a eu une majorité des députés à l'Assemblée nationale…

14:44
Invité

– Avant d'être rejetées au Sénat ?

14:46
Manuel Bompard

– Non, avant d'être rejetées par 49-3, madame.

14:48
Invité

– Avant d'être… – Non, le Sénat a voté contre la taxe du Khmer.

14:51
Manuel Bompard

– Très bien, mais à la fin, vous savez que dans nos institutions, y compris sur les discussions budgétaires, c'est l'Assemblée nationale qui a le dernier mot. Bon, donc à la fin, ce qui s'est produit sous le gouvernement de M. Barnier, c'est que M. Barnier a dit, voilà mon budget, « Mais bon, les députés, vous avez voté telle ou telle recette, mais moi, je ne veux pas les prendre, donc je les mets de côté, et voilà mon budget, je fais un 49-3. »

15:12
Invité

– Alors, est-ce que vous avez espoir que cette fois qu'elle puisse passer, cette taxe… – Il évoque d'ailleurs, Amandine,

15:17
Présentateur

effectivement la question de la taxation des plus hauts revenus, parce que c'est évidemment central dans le débat.

15:22
Invité

– C'est une taxation de 2% sur le patrimoine des plus hauts revenus, au-delà de 100 millions d'euros.

15:27
Manuel Bompard

– Moi, je la défends depuis maintenant des années et des années, parce que je pense que c'est effectivement une mesure qui est une mesure de bon sens. Après, je m'attends à une forme d'entourloupe, dont je vois que certains ministres ont commencé d'ailleurs à dresser les contours. – Sébastien Lecornu dit sur la taxation des plus fortunés qu'il se dit prêt, je cite, à y travailler sans idéologie. – Voilà, et puis il dit aussi qu'il faudra faire attention, être vigilant par exemple, aux biens professionnels, etc.

15:49
Invité

– Oui, parce que cette taxe, parlons concrètement, elle va toucher des personnes qui parfois créent des milliers d'emplois et qui ont très peu de salaire parce qu'ils ne font pas de bénéfices. – Je connais cet argument. – À l'entreprise Mistral, on parle beaucoup récemment. Ça ne vous embête pas de prendre des millions d'euros d'impôts à ce type de personnalité qui crée des milliers d'emplois ?

16:04
Manuel Bompard

– Alors madame, on va y venir, mais d'abord, je vais vous dire juste une chose. Quand vous avez des gens qui vous disent, oui, peut-être qu'on va reprendre la taxe du Kman, mais on va exonérer, ils utilisent cette expression, les biens professionnels. C'est faire abstraction du fait qu'aujourd'hui, une technique principale d'optimisation fiscale en France pour des personnes qui ont beaucoup, beaucoup d'argent et qui veulent payer moins d'impôts, c'est d'avoir recours à des holdings. Et donc précisément de contourner l'impôt en ayant recours à des holdings. Si vous exonérez de la taxe Zuckman l'ensemble des biens professionnels, en fait, vous passez complètement à côté du sujet.

Et vous allez avoir une taxe qui ne va pas vous permettre de récupérer 10 à 20 milliards d'euros de recettes comme la taxe Zuckman, mais peut-être quelques centaines de millions d'euros. Donc évidemment, ça, ce n'est pas une taxe Zuckman, c'est une entourloupe. Bon, ensuite, vous me posez la question sur des exemples qui, honnêtement, sont des exemples microscopiques, qui concernent une toute petite minorité de sociétés. Oui, mais c'est majeur, c'est l'entreprise qui crée des milliers d'emplois. Madame, je vais y répondre. Ce n'est pas le fait qu'ils créent des emplois ou pas le sujet.

Là, vous me parlez d'exemples d'entreprises qui sont très fortement valorisées et donc qui comptabilisent dans le patrimoine et qui ne bénéficient ou qui ne génèrent pas forcément les revenus qui correspondent au niveau de cette valorisation. M. Zuckman, qui est l'inventeur de la taxe Zuckman, a déjà largement répondu à cet argument en disant que pour ces cas très particuliers ou très spécifiques, il est tout à fait possible, par exemple, d'échelonner le paiement de la taxe Zuckman ou, par exemple, de faire en sorte qu'ils puissent régler une partie de cette contribution sous forme d'action.

Donc, en fait, c'est l'arbre qu'on met au-dessus pour essayer de disqualifier le principe de la taxe Zuckman. Mais honnêtement, ça ne tient pas la route. Par ailleurs, le propriétaire de Mistralahi est actionnaire minoritaire, M. Mench, et actionnaire minoritaire de cette entreprise. Donc, faire croire qu'il paierait 2% de la valorisation complète de cette entreprise, c'est complètement faux. Il détière, je crois, 10 à 15% du capital de cette entreprise. Et c'est donc sur ce niveau-là qu'il serait taxé.

17:56
Présentateur

– Manuel Bompard, dans un instant, on évoquera justement la colère des patrons. La colère des patrons que suscite cette possibilité de taxe supplémentaire. Un coup de gueule ce matin du président du MEDEF. On en parlera dans un instant. Juste un mot, on le disait, sur Sébastien Lecornu qui, dans son interview, évoque une gauche républicaine en parlant d'Europe Écologie, les communistes, l'EPS. Sous-entendu, vous n'êtes pas républicain. Vous lui répondez quoi ?

18:17
Manuel Bompard

– Mais, enfin, il faut argumenter les choses. Mais vous savez, les disqualifications comme ça, elles sont... Qu'est-ce qui n'est pas républicain dans le programme de la France Insoumise ? Qu'est-ce qui n'est pas républicain quand vous dites qu'il faudrait que chacun contribue à hauteur de ses moyens ? Qu'est-ce qui n'est pas républicain quand vous dites qu'il faut lutter contre toutes les formes de racisme, de discrimination, et que vous êtes fidèle à la maxime de la République, liberté, égalité, fraternité ? Qu'est-ce qui, dans le programme de la France Insoumise, ne serait pas républicain ? Enfin, pardon, de la part d'une personne, M.

Lecornu, qui siège dans un gouvernement dans lequel vous avez des ministres, qui considèrent que, par exemple, il y a une partie des Français qui sont des Français de papier ? Alors, moi, cette inversion des valeurs, je pense à M. Rotaillot qui disait qu'il y avait des Français de papier, je pense à M. Rotaillot qui disait qu'une partie des Françaises et des Français étaient, je cite, en régression vers leurs origines ethniques. Alors, dites-moi, qu'est-ce qui n'est pas républicain ? Est-ce que c'est comme la France Insoumise de défendre la maxime liberté, égalité, fraternité, ou c'est de considérer qu'il y a des Français de papier ? Qu'est-ce qui n'est pas républicain entre les deux ?

Donc, à un moment, ces formes de disqualification de la part de gens qui sont précisément disqualifiés pour disqualifier les autres, je les trouve juste insupportables. Et ça correspond à une vision de la démocratie. Toute cette terminologie, c'est moi ou le chaos, c'est moi ou le désordre, correspond à une vision de la démocratie dans laquelle, finalement, on n'a que deux choix. Soit on est d'accord avec M. Lecornu et M. Macron, soit, en quelque sorte, on est une horrible personne qui ne défend pas la République. Non, pardon, moi, je ne suis pas d'accord avec la politique d'Emmanuel Macron.

Je considère qu'il y a une politique alternative et pour autant, je suis fidèle à l'idée que je me fais de la France, à ce grand pays qui a cette belle maxime inscrit au fronton de nos mairies, liberté, égalité, fraternité.

19:45
Présentateur

Bien sûr, BFM Politique, notre invité, Emmanuel Bompard, coordinateur de la France Insoumise. On le disait, plusieurs colères en France. La colère sociale, appel à la mobilisation le 18 septembre. La colère et la fronte des patrons aussi. Le patron du MEDEF, ce matin, dans les colonnes de nos confrères du Parisien, qui pousse un coup de gueule, très clair, il estime qu'il ne veut pas de taxation supplémentaire, effectivement, des grands patrons. Si les impôts, dit-il, augmentent, il y aura une grande mobilisation patronale, avertit-il. Est-ce que vous avez déjà manifesté aux côtés des patrons ? Ils vont peut-être vous rejoindre ?

20:17
Manuel Bompard

Non, parce que là, je pense qu'on ne partage pas avec M. Martin les mêmes objectifs. Qu'est-ce que vous pensez de ce coup de gueule ? Je trouve ça fort de café, pour vous dire les choses. Franchement, on parle d'un secteur très étroit du patronat, celui qui est représenté par le MEDEF, qui représente essentiellement les très grands groupes, les très grandes entreprises, qui quand même depuis des années et des années, notamment depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir, ont été gorgés d'argent public, des aides aux entreprises de plus de 200 milliards d'euros chaque année.

L'État verse chaque année aux entreprises, et essentiellement aux très grandes entreprises, plus de 200 milliards d'euros d'argent public, qui ne s'est pas traduit dans l'investissement, qui ne s'est pas traduit dans les salaires. Depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir, les salaires ont baissé de 3%, les salaires réels ramenés à l'inflation, et qui se sont traduits par une augmentation historique des dividendes.

Et quand on vous dit aujourd'hui, il faut mettre davantage à contribution ces grandes entreprises, attention, moi je ne dis pas tous les patrons, on me parle des grands groupes, des grandes entreprises, qui ont très largement profité de cette politique, on nous dit pas tous, sinon on va manifester. Et souvent on me dit, oui mais c'est eux qui ont créé de l'emploi. Mais ce n'est pas vrai, les grands groupes dont on parle, depuis 10 ans dans ce pays, ils ont détruit 250 000 emplois. Ceux qui ont créé des emplois dans ce pays ces dernières années, c'est les petites entreprises, c'est les artisans, c'est les PME.

Donc à un moment, il faut avoir une politique qui soit une politique qui concentre les efforts sur les très grands groupes, sur les très grandes entreprises, sur les multinationales, et qui permette au contraire de faciliter la vie des petits groupes et des petites entreprises.

21:45
Invité

Eux disent, vous le savez, qu'ils n'ont pas de visibilité en ce moment, qu'il n'y a pas de croissance, qu'ils vont finalement devoir à la fin détruire des emplois, si on continue de les assommer.

21:54
Manuel Bompard

Madame Atalaïa.

21:54
Invité

On transmet ce qu'ils disent.

21:55
Manuel Bompard

J'entends bien, mais vous admettrez que le budget de M. Bayrou, qui était la reprise à peu près du budget de M. Barnier, a diminué la croissance du pays par deux. Que si le plan Bayrou... Si, si, les prévisions de croissance étaient à peu près...

22:07
Invité

La croissance, elle est plutôt meilleure que ce qu'on l'attendait. Ça se passe plutôt bien pour la France.

22:11
Manuel Bompard

Non, mais par rapport aux prévisions, sauf que, pardon, enfin, excusez-moi, mais les prévisions de croissance l'année dernière, elles étaient à peu près de 1,4. On est passé à 0,7 à peu près pour les prévisions de croissance cette année.

22:20
Invité

Mais il n'y a pas que Bayrou, il y a Donald Trump, il y a beaucoup de choses qui se passent dans le monde qui pèsent sur les entreprises.

22:24
Manuel Bompard

Même le Fonds monétaire international, qui n'est pas une agence insoumise, vous dit une chose simple que tout le monde doit pouvoir comprendre. C'est que si vous avez une politique de compression de la dépense publique, de compression de l'investissement public, de réduction du pouvoir d'achat, quand vous êtes dans un pays dans lequel la moitié de la richesse produite chaque année est tirée par la consommation populaire, évidemment qu'une politique de baisse du pouvoir d'achat, ça se traduit par des difficultés économiques.

22:45
Invité

Le pouvoir d'achat en France ne baisse pas, c'est une erreur. Non, non, regardez les choses. Le pouvoir d'achat continue d'augmenter en France. Faiblement.

22:52
Manuel Bompard

Madame, depuis qu'Emmanuel Macron est arrivé au pouvoir en 2017, et vous pourrez vérifier ces chiffres, le salaire net, Oui, mais le pouvoir d'achat... Il a baissé de 3%. Emmanuel Bompard. Pardon. Donc, excusez-moi, tout ça pour dire, évidemment que les grands groupes et les grandes entreprises, ils doivent être mis davantage à contribution, évidemment. Et là, venir en quelque sorte nous dire qu'ils sont maltraités, alors qu'ils ont très largement profité de la politique d'Emmanuel Macron, je trouve vraiment ça avec une forme d'indécence.

23:19
Présentateur

Les syndicats appellent à une mobilisation sociale jeudi, ce sera le 18 septembre. Pourquoi il y aurait plus de monde mobilisé et plus de monde dans la rue que le 10 la semaine dernière ?

23:29
Manuel Bompard

Parce que je crois que la colère, elle est encore très importante. Et d'abord, il y avait beaucoup de monde dans la rue. Je sais que... Vous aviez l'ambition de tout bloquer, ça n'a pas été le cas.

23:36
Invité

Moins que pour les Gilets jaunes et moins que pour les manifestations sur les retraites.

23:40
Manuel Bompard

Mme Attalaria, s'il vous plaît, même si vous en croyez les chiffres de la police, vous l'avez vérifié ou pas ? Même si vous prenez les chiffres de la police, que je ne crois pas, évidemment. 200 000 personnes. Le ministre du ministère de l'Intérieur. C'est davantage que toutes les mobilisations des Gilets jaunes, à l'exception de la première.

23:53
Invité

Oui, c'est la première qui avait été faite. Et les manifestations pour les retraites, c'était entre 1 et 2 millions de personnes dans la rue.

23:59
Manuel Bompard

Il ne vous a pas échappé que là, ce n'était pas une mobilisation qui était appelée par les organisations syndicales. C'était une mobilisation citoyenne.

24:06
Présentateur

Mais est-ce que vous espérez, comme le dit, qu'il y ait autant de monde

24:08
Manuel Bompard

qu'en 2023, au moment de la mobilisation pour les retraites ? Je ne vais pas faire des pronostics sur le nombre de personnes qui vont se mobiliser. Ce n'est pas moi qui décide qui a envie de descendre dans la rue ou pas. Moi, ce que je dis aux gens... Moi, je suis acteur politique, je ne suis pas observateur ou pronostiqueur. Ce que je dis aux gens, c'est descendez dans la rue. Mobilisez-vous, parce que si vous ne vous mobilisez pas, alors la chute de M. Bayrou ne se traduira pas par un changement de politique. Et si vous voulez qu'avec la chute de M. Bayrou, ce soit aussi la chute de la politique macroniste, alors il faut se mobiliser. Parce que sinon, M.

Macron va continuer à imposer sa politique. Il fera quelques petites manipulations pour faire croire qu'il fait quelque chose de différent. Et à la fin, rien n'aura changé. Donc, moi, je leur dis de se mobiliser. Et je pense que le 18 septembre, ce jeudi, c'est une date de mobilisation importante qui s'inscrit dans la continuité de la mobilisation du 10 septembre, qui était déjà un beau succès et qui a réuni plusieurs centaines de milliers de personnes.

25:00
Invité

Le 10 septembre, vous étiez tout bloqué, vous n'avez pas tout bloqué. C'est un échec, vous le reconnaissez ?

25:02
Manuel Bompard

Non, évidemment que non. D'abord parce qu'il y a eu des centaines de milliers de personnes dans la rue, qu'ensuite il y a eu des initiatives de blocage. Après, vous avez raison, il y a eu un dispositif de répression et de mobilisation policière qui a été tellement important que toute initiative de blocage qui commençait à se construire a immédiatement été confrontée à des dispositifs policiers disproportionnés, assez violents d'ailleurs, et qui tranchaient parce que ça mérite d'être remarqué quand même. Vous évoquiez une mobilisation dans le journal tout à l'heure des agriculteurs. Absolument.

Quand les agriculteurs, il y a 18 mois, ont engagé des initiatives de blocage, vous vous rappelez, sur l'autoroute dans le sud-ouest par exemple, à l'époque, M. Darmanin et le pouvoir en place disaient « il faut comprendre la colère ». Bon, c'est vrai que le blocage, on peut en discuter, mais ça exprime une colère et cette colère il faut comprendre et on ne leur a pas envoyé 80 000 policiers pour les déloger. Donc oui, vous avez raison, il y a eu des initiatives de blocage qui ont été empêchées par des actions policières. Mais pour autant, il y a eu beaucoup de monde dans la rue, il y a eu beaucoup de jeunes dans la rue, beaucoup, beaucoup, beaucoup de jeunes.

Moi, j'étais dans la rue, il y a eu beaucoup, beaucoup de jeunes. Et précisément, pour les gens qui nous écoutent, une manière simple de bloquer l'économie sans être confronté à cette répression policière, c'est de faire la grève. Donc moi, pour le 18 septembre prochain, j'invite un maximum de gens à faire la grève. Parce que quand on fait la grève, vous savez... Vous appelez la grève générale ? La grève générale, j'aimerais bien qu'il y ait la grève générale. Après, ce n'est pas moi qui peux la décréter, je ne suis pas syndicaliste, salarié. Mais oui, bien sûr, je pense qu'on en a besoin.

26:29
Présentateur

Le 10, le 18, est-ce que déjà, vous avez prévu d'autres mouvements ensuite ?

26:32
Manuel Bompard

J'espère que ce mouvement ne va pas s'arrêter le 18. Je sais, je crois avoir entendu, mais je ne suis pas sûr que tout le monde se soit mis d'accord sur cette date pour l'instant, que la date du 21 septembre, qui est-à-dire dimanche prochain, parce que c'est une date un peu symbolique en France, vous savez, c'est l'abolition de la monarchie. Le 21 septembre est une date qui commence à circuler.

26:51
Présentateur

Vous appelez un rassemblement le 21 septembre ?

26:53
Manuel Bompard

Non, moi, je ne sais pas... Vous, la France insoumise ? Non, non, parce qu'attendez, parce que je sais après ce que certains ont essayé de nous faire comme procès. On a dit qu'on appuyait la mobilisation du 10 septembre. On m'a dit, oui, vous voulez la récupérer, etc. Moi, j'ai dit depuis le début, non, nous, on est à disposition du mouvement. Donc, je n'appelle à rien. Je dis que si les collectifs citoyens qui se sont mis en place appellent à la mobilisation le 21 septembre, je l'appuierai, je la soutiendrai.

27:13
Invité

Et en même temps, vous regrettez qu'il y ait de plus en plus de boîtes qui font faillite. Vous vous rendez compte le nombre de petits commerces qui sont obligés de fermer dans ces journées de grève ?

27:20
Manuel Bompard

Non, non, non. C'est des boîtes qui font faillite, non ? Madame, madame, franchement, s'il vous plaît. Effectivement, il y a beaucoup de petits commerçants, beaucoup d'artisans, beaucoup de restaurateurs qui sont en très grande difficulté. Mais essayez de faire croire que leurs difficultés, elles sont liées à la mobilisation des Françaises et des Français. Ça ne va pas les aider, ça c'est sûr. Madame, moi, pendant l'été, j'ai vu beaucoup de restaurateurs. Et leur principale difficulté aujourd'hui, c'est que vous avez des gens qui viennent et qui, par exemple, ne prennent pas de dessert au restaurant ou ne viennent pas au restaurant puisqu'ils n'ont plus les moyens. Pourquoi ?

Parce que, ce dont on discutait tout à l'heure, la politique qui se traduit par exemple par une année blanche, c'est-à-dire une politique qui va se traduire par un impact négatif sur le pouvoir d'achat des Françaises et des Français, ça a des conséquences directes sur les restaurateurs, les artisans, etc. Donc, pardon, si vous voulez répondre à cette difficulté, pardon, pour les restaurateurs, c'est plus efficace de se mobiliser pour changer la politique que de faire croire que c'est parce qu'il y a une mobilisation qui a des difficultés.

28:10
Invité

– Quel est le but final de toutes ces mobilisations ? C'est que vous avez toujours à l'esprit qu'à la fin, ça va finir par peser tellement sur le chef de l'État qu'il va décider de partir alors qu'il a dit dix fois qu'il ne démissionnerait pas ?

28:22
Manuel Bompard

– Oui, enfin, vous connaissez beaucoup de présidents de la République qui disent qu'ils vont démissionner, vous ?

28:26
Invité

– Non, mais certains peuvent donner le sentiment d'être plus accusés que d'autres.

28:30
Manuel Bompard

– Monsieur Macron, trois jours avant la dissolution de l'Assemblée nationale, l'année dernière disait qu'il n'était pas question pour lui de dissoudre l'Assemblée nationale.

28:34
Invité

– Donc vous, vous y croyez toujours ?

28:35
Manuel Bompard

– Moi, je crois qu'il faut installer effectivement un rapport de force pour obtenir un changement de politique. Et je pense que ce changement de politique, il n'est pas possible dans la continuité avec la politique macroniste. – Emmanuel Macron, qui ne s'est pas exprimé

28:47
Présentateur

depuis la nomination de son nouveau Premier ministre, est-ce qu'aujourd'hui, vous appelez le chef de l'État à prendre la parole pour dire ce qu'il veut faire dans les 18 prochains mois ?

28:53
Manuel Bompard

– Non, mais en fait, je n'ai pas besoin de l'appeler à prendre la parole. Après, moi, ça ne me dérange pas s'il parle. À chaque fois qu'il prend la parole, ça convainc encore plus de gens de venir manifester. Donc si M. Macron veut parler avant le 18 septembre, moi, ça serait une bonne chose pour la mobilisation du 18 septembre. Pour le reste, moi, j'utilise les moyens qui sont à ma disposition pour essayer de proposer à ce pays de pouvoir sortir de la situation de blocage dans laquelle il est aujourd'hui. Est-ce qu'on va vivre encore pendant deux ans au rythme des gouvernements minoritaires qui tombent tous les trois mois ? – Les socialistes…

– Et donc du manque de visibilité pour les entreprises et donc des difficultés sur la croissance, etc. Est-ce qu'on va vivre encore pendant deux ans ?

29:26
Invité

– Les socialistes, Manuel Bompard, les socialistes ne font pas le même choix que vous parce qu'aujourd'hui, ils n'excluent pas complètement de discuter, à minima, avec Sébastien Lecornu. – Vous, vous leur dites quoi ? C'est la mauvaise voie ? Vous les appelez à ne voter aucun texte de ce gouvernement ?

29:40
Manuel Bompard

– Mais moi, je dis que quand on a été élu l'année dernière sur une coalition qui s'appelait le Nouveau Front Populaire, porteuse d'un programme dans lequel, dans la première page, il était inscrit que l'objectif du Nouveau Front Populaire, c'était de constituer une alternative au macronisme. Alors, si vous restez fidèle à ce mandat, à cet engagement, votre travail n'est pas de permettre à Emmanuel Macron de garantir la continuité de sa politique.

30:03
Invité

– Donc, il ne doit voter aucun texte.

30:05
Manuel Bompard

– Donc, moi, voilà ce que je dis.

30:07
Invité

– Même si ça peut être utile à certains Français de gauche.

30:09
Manuel Bompard

– Mais attendez, après, on viendra sur « voter aucun texte » parce que, moi, vous savez, je suis dans l'opposition à M. Lecornu, j'étais dans l'opposition à M. Bayrou, j'étais dans l'opposition à M. Barnier. Mais si, par hasard, quelqu'un arrive et propose la taxe Zuckman, je n'ai aucun problème à la voter.

30:23
Présentateur

– Sans majorité, on est obligé de nouer des relations. C'est ce que dit, par exemple, Raphaël Glucksmann.

30:27
Manuel Bompard

– Bon, mais M. Glucksmann, il propose aussi, par exemple, dans son contre-budget, d'augmenter la CSG pour tous les salariés de un point. Voilà, moi, par contre, je ne suis pas d'accord avec M. Glucksmann, je ne suis pas pour augmenter la CSG. Attendez, je termine. La question qui m'était posée, qu'est-ce que je demande ? Je ne demande rien. Mais, de mon point de vue, le moment clé, en quelque sorte, va être au moment du vote de confiance ou au moment du vote de censure, puisque l'un correspondra…

30:48
Invité

– Oui, qui n'aura certainement pas le vote de confiance.

30:50
Manuel Bompard

– Bon, alors s'il n'y a pas de vote de confiance, ça sera un vote de censure. Et là, je dis les choses très clairement. Je dis que toute personne qui s'inscrit effectivement dans l'opposition à la politique macroniste et qui veut permettre à ce pays de tourner la page de la politique macroniste, doit voter la censure immédiate du gouvernement de M. Lecornu. C'est simple. Et alors, ça sera le rendez-vous de l'unité politique à gauche. On verra qui, à ce moment-là, reste fidèle aux engagements qu'il a pris devant les électrices et les électeurs et qui les bradent pour, en quelque sorte, venir servir de béquille à la continuité de la politique macroniste en France.

31:21
Présentateur

– Manuel Bompard, on va aller à l'étranger, et notamment à Londres. Énorme manifestation hier, 150 000 personnes. C'était inattendu dans les rues de Londres. Manifestation à l'appel d'une partie de l'extrême droite britannique, avec un mot d'ordre, la lutte contre l'immigration. Quand vous voyez ces images-là, au-delà du fait de ne pas être d'accord effectivement avec ces militants-là, est-ce que vous vous dites, oui, en Europe, il y a une forme d'adhésion populaire à ce type de mouvement ? Et est-ce que ça vous interroge ?

31:50
Manuel Bompard

– Écoutez, ce n'est pas nouveau, malheureusement, que depuis des années et des années, il y a en Europe, et pas seulement en France d'ailleurs, et dans le monde d'ailleurs, de manière générale, vous avez vu l'arrivée au pouvoir de Trump aux États-Unis ou de Milley en Argentine, il y a effectivement l'extrême droite, sous des formes qui peuvent être des formes variées ou diverses, qui pour certaines personnes, ils considèrent que ça peut être une solution. Ben oui, je le vois, je l'observe sous les yeux, et je le combat.

32:17
Invité

– Et comment vous expliquez ce succès croissant ? – Et je le combat. – C'est la plus grande manifestation, par exemple, en Grande-Bretagne, de l'extrême droite.

32:22
Manuel Bompard

– Il y a eu combien de personnes, madame, dans la rue ?

32:24
Invité

– 150 000.

32:25
Manuel Bompard

– Ben oui, mais tout à l'heure, vous disiez que 200 000, c'était un échec.

32:28
Invité

– On parle de l'extrême droite.

32:28
Manuel Bompard

– Alors là, c'est un succès, parce que c'est l'extrême droite qui mobilise 150 000 personnes, et quand il y a un mouvement en France qui, selon la police, mobilise 200 000 personnes, vous me dites que c'est un échec. – L'Angleterre n'a pas la même culture de la grève. – Alors qu'en Angleterre, il y a plus.

32:39
Invité

– C'est la plus grande manifestation d'extrême droite. J'espère que vous ne souhaitez pas faire les mêmes chiffres qu'eux ou vous comparez à eux.

32:45
Manuel Bompard

– Non, je ne souhaite pas me comparer à eux, mais vous, vous me dites que là, c'est un immense succès, alors que tout à l'heure, vous me disiez que 200 000 personnes, selon la police, dans la rue, c'était un échec.

32:53
Invité

– C'est la plus importante. Et comment vous expliquez ce succès croissant des mouvements d'extrême droite ?

32:58
Manuel Bompard

– Je l'explique par le fait que, comme souvent, dans les moments d'impasse du capitalisme, de la phase actuelle du capitalisme, il y a des recherches d'alternatives de la part des puissants, des dirigeants, pour essayer de conserver leur pouvoir. Et que l'extrême droite, le fascisme, est une manière pour une partie des classes dominantes, des classes possédantes, de se dire peut-être que c'est comme ça qu'on va permettre de garantir la pérennité du système. – Pour vous, c'est 150 000 fascistes dans les rues de Londres ? – Attendez, je vais aller au bout de ma démonstration.

Et que la clé, l'outil, l'arme qui a toujours été celle-ci, c'est de dire aux Françaises et aux Français, plutôt que de vous rassembler pour essayer de reprendre le pouvoir à ceux qui vous l'ont confisqué, ou plutôt que de vous rassembler pour un meilleur partage de la richesse, divisez-vous entre vous. Et dites-vous que, en fait, le problème de celles et ceux qui, par exemple, n'ont pas suffisamment de moyens pour vivre, c'est à cause de l'immigré ou de l'étranger. – Pour vous, c'est 150 000 fascistes qui étaient dans les rues de Londres ?

– Je ne sais pas qui étaient dans la rue, mais en tout cas, c'est 150 000 personnes, manifestement, qui adhèrent aux idées fascistes ou aux idées de l'extrême droite.

33:53
Présentateur

– Ce matin, un député RN qui s'appelle Mathias Renaud, député RN de la Somme, vous connaissez peut-être, appelle à une mobilisation massive en France comme en Angleterre. À quand une mobilisation massive en France comme en Angleterre, dit-il ?

34:03
Manuel Bompard

– La dernière fois que l'extrême droite a essayé de manifester en France, c'était pour protester contre une décision de justice, vous vous en rappelez, contre le procès de Mme Le Pen qui a détourné 2 millions d'euros d'argent public. On ne peut pas dire que ça a été un grand succès populaire. Maintenant, moi, je veux dire aux gens qui nous écoutent, vous vous trompez si vous adhérez aux idées qui consistent à laisser entendre ou à laisser penser que le problème de la France aujourd'hui, c'est l'immigration.

Et j'aimerais bien d'ailleurs que quand vous avez en face de vous des représentants de l'extrême droite ou du Rassemblement national qui racontent n'importe quoi sur le sujet, j'ai entendu Mme Le Pen dire on va faire 60 milliards d'euros d'économie sur l'immigration, alors que toutes les études économiques montrent qu'aujourd'hui, l'immigration en France rapporte 7 à 10 milliards d'euros d'argent par an. Pourquoi ? Parce que les immigrés en France, souvent, c'est une population moins âgée, c'est une population qui travaille, c'est une population qui finance la protection sociale, contrairement à ce que dit Mme Le Pen.

Donc, quand j'entends des absurdités comme celles qui consistent à dire on va faire de l'économie en supprimant l'aide médicale d'État, alors que l'Espagne qui a supprimé l'aide médicale d'État a été obligée de la rétablir quelques années plus tard parce qu'ils se sont rendus compte que ça a coûté à la fin plus cher parce que les gens, vous devez les soigner. Et si vous ne les soignez pas tout de suite, vous les soignez après quand ils arrivent à l'hôpital. Est-ce qu'à un moment, il y a quelqu'un qui peut confronter aussi l'extrême droite face à l'absurdité de ses propositions ?

Et oui, après, il y a des gens malheureusement qui se tournent vers eux en se disant peut-être que c'est eux qui ont raison. Non, ce n'est pas eux qui ont raison. Et l'extrême droite, elle est responsable de la continuité de la politique macroniste en France. Moi, je voudrais rappeler à tout le monde que si le budget de M. Bayrou a pu voir le jour, c'est parce que l'extrême droite a refusé de censurer M. Bayrou, que si les factures d'électricité et de gaz ont augmenté au 1er août de cette année, c'est parce que l'extrême droite a refusé de censurer M. Bayrou.

35:38
Présentateur

Vous parlez de l'extrême droite. Il y a une partie de l'extrême droite qui vous cible la France insoumise après ce qui s'est passé aux États-Unis. L'assassinat de Charlie Kirk, conservateur proche de Donald Trump, influenceur très suivi et très populaire aux États-Unis. Une partie de la droite dure conservatrice et de l'extrême droite française, finalement, cible aujourd'hui la gauche et l'extrême gauche. On a vu tout un mouvement sur les réseaux sociaux avec un hashtag « la gauche tue ». Marion Maréchal, regardez, par exemple, va encore plus loin. Regardez ce qu'elle écrit sur les réseaux sociaux.

Elle évoque, vous allez le découvrir dans un instant, l'idéologie de la gauche radicale antifasciste qui a tué un militant de la liberté du débat. En France aussi, les soldats de Mélenchon, les soldats de Mélenchon, dit-elle, propagent la haine et la violence. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

36:24
Manuel Bompard

Mais monsieur, qu'est-ce que vous, vous lui répondez ? On connaît le profil de la personne qui manifestement a tué cette personne. Tout le monde vous dit que ce n'est pas du tout un militant qui est un militant de gauche, etc. C'est plutôt quelqu'un issu des idées conservatrices. Madame Maréchal Le Pen raconte juste n'importe quoi, en vérité. La vérité, parce que moi, je veux bien qu'on parle de ce sujet. Mais comme d'habitude, l'extrême droite essaie en quelque sorte d'enverser les responsabilités. C'est la technique classique de l'extrême droite dans l'histoire. Les fascistes deviennent les antifascistes, les racistes deviennent les antiracistes.

36:52
Présentateur

Jordan Bardella dit la rhétorique déshumanisante de la gauche

36:54
Manuel Bompard

et son intégrance alimentent la violence politique. Monsieur Daré, 93% des meurtres qui ont été commis ces dernières années aux États-Unis par des extrémistes ont été commis par l'extrême droite. Vous pourrez vérifier ce chiffre. Et en France, qui tue en France ? Qui a tué Djamal Benjabala l'année dernière, si ce n'est le représentant d'un groupuscule d'extrême droite ? Qui a tué Hichem Miraoui cette année dans le Var, si ce n'est une personne qui avait des idées racistes et des idées d'extrême droite ? Qui a tué le rugbyman argentin ? Monsieur Arambouroui en France il y a quelques années, si ce n'est des groupuscules d'extrême droite. Donc en France, c'est l'extrême droite qui tue.

Et à un moment, ce serait bien que ce travail de démonstration y soit fait parce que le jour où vous me présenterez quelqu'un qui a été tué par un militant de la France insoumise, vous ne le trouverez pas. L'extrême gauche... Parce que la France insoumise, elle mène ses batailles politiques par les voies démocratiques, tout simplement.

37:44
Invité

L'extrême gauche a déjà tué en France. Mais revenons aux États-Unis...

37:46
Manuel Bompard

Qui ? Qui ? Qui depuis 20 ans, madame ? Non, pas depuis 20 ans. Et la France insoumise, ce n'est pas l'extrême gauche.

37:51
Invité

Est-ce que cette attaque contre Charlie Kirk est quand même une attaque contre la liberté d'expression ? Est-ce que vous reconnaissez ça ?

37:56
Manuel Bompard

Mais attendez, moi je ne suis pas d'accord avec le fait qu'on tue des gens, même quand on ne partage pas leurs idées. Simplement. Donc je ne suis pas d'accord avec... Mais essayer de faire de cette personne une sorte de héros ou de martyr, alors que je vous le rappelle, cette personne disait par exemple que, je cite, les juifs contrôlent les universités, que cette personne appelait à participer aux manifestations contre le Capitole après la défaite de Donald Trump. Moi, pardon, je ne suis pas d'accord pour qu'on tue des gens, mais jamais je ne ferai de cette personne un héros ou un martyr comme l'extrême droite française et essaye de le faire.

38:25
Présentateur

Manuel Bompard, j'ai deux livres à vous proposer. Savoir ce que vous mettriez sur votre table de chevet. Si vous deviez choisir un livre, regardez ces images derrière moi, entre la meute de nos confrères Olivier Perrault et Charlotte Belaïch, qui évoquaient les dérives à leurs yeux de la France insoumise, ou les complices du mal d'Omar Oussef Souleymane. Je vous parle de ce livre, parce que selon nos confrères... Au cas des deux, selon nos confrères Dupont, la France insoumise tenterait d'empêcher la parution de ce livre situé à droite, « Les complices du mal », qui est une enquête sur le lien supposé entre certains candidats de la France insoumise et des réseaux islamistes.

L'avocat de la France insoumise, effectivement, aurait mené une requête auprès de l'éditeur Plon pour, je cite, « propos infondés et attentatoires à l'honneur et à la réputation de la France insoumise ».

39:10
Manuel Bompard

Est-ce que vous avez peur de quelque chose ? Non, mais monsieur, cette information est fausse. C'est faux ? C'est faux. Il y a eu une démarche, qu'on appelle une démarche en référé, pour obtenir connaissance de l'ouvrage. Pas du tout pour l'interdire. Donc c'est complètement faux. Le point raconte n'importe quoi. Donc pardonnez-moi, mais vous m'interrogez sur un sujet qui est totalement inéclat. D'accord, donc c'est faux ? Il y a eu une démarche pour obtenir connaissance de l'ouvrage, comme ça se fait généralement, puisqu'il y a des accusations très graves qui sont formulées contre la France insoumise.

Et il est normal qu'on puisse en avoir connaissance pour savoir si ça doit donner lieu à des procédures judiciaires. Mais il n'y a pas eu de volonté de l'interdire sans connaissance de ce qu'il y a à l'intérieur. Je n'en sais rien, ça dépend ce qu'il y a dedans. Enfin madame, si demain je sors un livre dans lequel je raconte des choses qui sont complètement fausses sur vous, peut-être que vous allez essayer d'interdire la publication de cet ouvrage, non ? Enfin pardon, mais on n'a pas le droit d'écrire n'importe quoi en France. On n'a pas le droit de raconter des bêtises. Déjà, l'arrière-couverture de ce livre raconte n'importe quoi.

Explique qu'il y aurait soi-disant des liens entre la France insoumise et des groupuscules islamistes, etc. qui ne s'appuient sur aucun élément réel. Personne ne les a jamais démontrés. D'ailleurs, M. Wauquiez a essayé, vous vous rappelez, à l'Assemblée nationale d'imposer une commission d'enquête sur ce sujet. Et dans un premier temps, tous les députés lui ont dit « Mais qu'est-ce que vous racontez ? » Ils ont empêché cette création de commission d'enquête. – Ce matin, vous pouvez nous dire

40:18
Présentateur

qu'il n'y a jamais eu aucun lien entre un quelconque candidat de la France insoumise et des réseaux islamistes. – Mais évidemment.

40:29
Manuel Bompard

Je trouve que cette manière d'essayer de disqualifier les idées qui sont les nôtres par des moyens qui sont des moyens détournés est vraiment une négation du débat démocratique. Vous avez le droit de ne pas être d'accord avec les idées de la France insoumise. Vous avez le droit de considérer que d'un point de vue économique, ce n'est pas ce qu'il faut pour le pays. Mais pourquoi être toujours dans la forme de disqualification outrancière, outrageuse et diffamante comme ces deux ouvrages aussi livres d'ailleurs ? Pourquoi faire ça ? Analysez notre programme. Dites-nous quels sont les points de votre programme qui ne vous conviennent pas.

40:58
Invité

– Un Premier ministre illégitime si ce n'est pas de la disqualification dans l'autre sens.

41:01
Manuel Bompard

– Mais madame, comment vous appelez un Premier ministre qui est nommé dans la négation du résultat des élections législatives ?

41:07
Invité

– C'est la liberté du Président de la République.

41:08
Manuel Bompard

– Mais d'accord, mais moi j'ai le droit de considérer que c'est illégitime. Ensuite, je n'ai pas dit que parce qu'il était illégitime, j'allais arrêter de siéger à l'Assemblée nationale.

41:16
Invité

– Le Président de la République, il est illégitime aussi pour vous ?

41:18
Manuel Bompard

– Je pense que le Président de la République, il a été battu toutes les dernières élections, sur les dernières élections qu'il a convoquées et qu'il a la légitimité institutionnelle, je ne la conteste pas, mais je pense qu'il n'a plus la légitimité populaire.

41:30
Présentateur

– Où en est votre proposition de destitution ? Combien de candidats européens ?

41:32
Manuel Bompard

– Je vais y venir, mais vous savez, dans l'histoire, madame Atalaïa, il y a eu des présidents de la République, M. Charles de Gaulle par exemple, qui à un moment, quand ils ont perdu un vote devant les Françaises et les Français, alors qu'ils étaient élus normalement aussi pour 7 ans à l'époque, – Oui, oui, c'est arrivé tout à fait. – Ils sont partis avant, parce qu'ils se sont dit, c'est pas l'idée que je me fais de la démocratie. Et demander à M. Macron de faire la même chose, ça vous paraît nécessiter des procès comme ça totalement ineptes ? Non, franchement.

Donc notre motion de destitution, elle est aujourd'hui signée, je crois, par 104 parlementaires, l'ensemble des députés de la France insoumise et une majorité des députés du groupe écologiste et du groupe copuniste. De telle sorte que je peux vous dire aujourd'hui qu'une majorité absolue des députés élus sous l'étiquette du nouveau Front populaire ont aujourd'hui signé cette motion de destitution. Et cette motion de destitution, j'espère, passera l'étape du bureau de l'Assemblée nationale et sera soumise au vote des parlementaires. Et alors chacun devra prendre ses responsabilités.

Et on verra si, comme l'année dernière, Mme Le Pen empêchera à cette motion de destitution d'aller jusqu'à son terme. Et alors ceux qui croient que Mme Le Pen veut incarner l'alternative au Macronisme se rendront compte qu'elle en est en quelque sorte la meilleure alliée.

42:35
Présentateur

Merci d'avoir été notre invité, Mme Le Pen, qui nous a donc annoncé ce matin qu'il ne se rendrait pas à Matignon avant un éventuel vote de confiance s'il est invité par le Premier ministre.