Journées du patrimoine, préparation du budget 2027, plan d'économies pour France Télévisions... Catherine Pégard invitée de franceinfo
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Questions et réponses
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- 1:13OuverteRéponse directe
20% de monuments nécessitent des travaux. A-t-on les moyens de les assumer ?
- 2:44OuverteRéponse directe
Vous parliez de l'amour des Français pour leur patrimoine. Et le petit patrimoine ?
- 3:10RelanceÉludée
On est dans un moment de budget difficile. Les directions régionales évaluent une baisse de 30% de leur enveloppe. Vous confirmez ?
- 3:52OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'il y a une baisse de l'enveloppe pour le patrimoine ?
- 4:09OuverteRéponse directe
Les artisans du patrimoine disent qu'il y a une baisse des crédits et qu'ils vont devoir licencier. Qu'avez-vous à leur répondre ?
- 5:05OuverteRéponse directe
Comment rassurer les artisans du patrimoine ce matin ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42InvitéChiffre
« Il y a encore, on évalue à peu près à 20%, le nombre de monuments qui nécessiterait une restauration approfondie. »
- 1:58InvitéChiffre
« Plus de 1 000 projets depuis 2018. Près d'un milliard de projets soutenus en euros avec évidemment le concours de l'État. »
- 2:58PrésentateurChiffre
« Sur près de 300 000, il y en a plus de 65 000 qui sont établis comme étant dans un état critique. C'est à peu près un quart. »
- 4:59InvitéFait
« Ces métiers du patrimoine, ils sont uniques au monde. »
- 9:11InvitéChiffre
« Et donc, on a mis au point un plan, un plan de sûreté doté de 30 millions. »
- 11:14PrésentateurChiffre
« Le Premier ministre cherche 54 milliards d'euros d'efforts à faire dans les comptes de l'État. »
- 16:15PrésentateurChiffre
« On a appris cette semaine que le groupe France Télévisions allait devoir faire 90 millions d'euros d'économies en 2027. »
- 18:01InvitéFait
« La trajectoire d'économie avec France Télévisions, elle a été définie au printemps dernier. »
Temps de parole
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- Présentateur 210 %
- Locuteur non identifié6 %
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Bonjour Camille. Bonjour Benjamin. Et bonjour Catherine Pégard. Bonjour. Ministre de la Culture, merci d'être avec nous ce matin sur France Info à l'occasion des journées du patrimoine qui se tiennent tout ce week-end, un rendez-vous plébiscité par les Français depuis plus de 40 ans, mais un patrimoine fragile, tout de même en péril, même c'est le thème de ces journées du patrimoine cette année. Vous êtes vous aussi, en tant que ministre de la Culture, inquiète pour notre patrimoine, il est en danger.
Alors, je pense qu'il ne faut pas exagérer. C'est vrai que c'est le thème des journées du patrimoine, le thème choisi par l'Europe, patrimoine en péril. Donc, ça veut dire que ça regroupe toute l'Europe. Et je pense que la France se tient à un haut niveau de protection de son patrimoine et qu'on ne peut pas dire aujourd'hui que le patrimoine français est en péril. Il y a encore, on évalue à peu près à 20%, le nombre de monuments qui nécessiterait une restauration approfondie. Et donc, nous, nous y employons. Il faut dire que les crédits du patrimoine ont doublé dans les dix dernières années.
Et que l'intérêt pour le patrimoine que l'on peut mesurer ce week-end avec le public montre bien que c'est une des choses qu'il faut protéger au maximum parce que l'histoire d'hier fait l'histoire de demain et le patrimoine fait la création.
Et 20% tout de même de monuments qui nécessiteraient des travaux. Est-ce qu'on a les moyens aujourd'hui d'assumer ces travaux de rénovation ?
Encore une fois, on a des plans qui sont très très précis, très approfondis pour des monuments qui vont du château de Versailles jusqu'à l'église du plus petit village de France. Il faut aussi mesurer la grande diversité de nos patrimoines et pas non plus considérer que tout coûte des millions. Quelquefois, avec 20 000 euros, vous restaurez une partie d'un petit château qui va s'ouvrir au public et qui va pouvoir après développer son offre. Et ça, c'est très très important. Et on peut mesurer le chemin parcouru, par exemple, avec la Fondation du patrimoine qui aide beaucoup à développer les projets sur le patrimoine. Plus de 1 000 projets depuis 2018.
Près d'un milliard de projets soutenus en euros avec évidemment le concours de l'État. Et je crois qu'effectivement, la prise de conscience des dernières années, c'est que tout le monde doit s'intéresser à ce patrimoine qui nous intéresse. Et que toutes les bonnes volontés sont bienvenues. Celles de l'État, celles des collectivités locales qui sont très investies, celles des mécènes qui apportent un concours merveilleux. Derrière la Fondation du patrimoine, derrière ce loto du patrimoine dont on parle chaque année. Et je crois qu'effectivement, par ailleurs, tout n'est pas parfait. Moi, comme vous le savez, j'ai dirigé le château de Versailles.
Je sais, et je ne vous le dirai pas, ce qu'il reste encore à faire au château de Versailles est vrai et c'est vertigineux, bien sûr.
Alors justement, Catherine Pégard, vous parliez de l'amour des Français pour leur patrimoine. Et vous avez raison de le rappeler. Il y a le grand patrimoine, ces grands monuments. Et puis, il y a tout ce qu'on appelle le petit patrimoine. Tous ces édifices qui ne sont pas classés et qui font la France et auxquelles nous sommes attachés. Là aussi, sur près de 300 000, il y en a plus de 65 000 qui sont établis comme étant dans un état critique. C'est à peu près un quart. Et on entend votre volonté de protéger le patrimoine français. Mais on le voit, on est aussi dans un moment de budget difficile, de rigueur budgétaire en tout cas.
Et d'ailleurs, les directions en région qui s'occupent de financer tous ces projets et qui font vivre notre patrimoine évaluent la baisse de leur enveloppe budgétaire à environ 30%. Vous pouvez nous confirmer
ce chiffre ? Je
pense qu'il ne
faut
vraiment pas rentrer dans ces chiffres aujourd'hui, puisqu'on est encore dans les discussions budgétaires. Ensuite, il y aura les débats au Parlement. Il est vrai qu'on nous demande des efforts. On nous demande des efforts, d'ailleurs, pour éviter des sacrifices qui seraient plus brutaux plus tard. On est dans un contexte effectivement difficile. Le Premier ministre l'a rappelé. Mais
sur
le patrimoine en particulier, on parlera du budget plus globalement après. Est-ce que sur le patrimoine en particulier, il y
a
une baisse de l'enveloppe ? Il y avait encore un article dans Le Parisien, par exemple, aujourd'hui, avec les artisans qui font vivre aussi le patrimoine. On a bien vu avec Notre-Dame à Paris comment ils avaient réussi à le rénover. Ils disent que là, il y a une baisse des crédits et qu'ils vont devoir aussi se séparer de certains de leurs salariés. Qu'est-ce que vous pouvez leur répondre ce
matin ? Je
pense qu'il y a plusieurs niveaux dans ce que vous dites. Il y a effectivement tout ce patrimoine qui fait le tissu de la France. C'est notre maillage territorial. C'est ce à quoi nous sommes aujourd'hui le plus attachés. Notre priorité, c'est de réparer les urgences. Parce que quelquefois, si vous ne faites pas les travaux qui s'imposent, le lieu se dégrade encore plus. Et l'année suivante, ce lieu est encore plus en péril que l'année précédente. Ça paraît banal de le dire, mais ça veut dire qu'il faut faire des choix. Il y a certains monuments qui peuvent attendre encore un an, deux
ans. Il y a des priorités.
Donc,
il
faut faire des priorités. Par ailleurs, il y a les métiers du patrimoine. Et ça, on y est évidemment particulièrement attaché. Parce que je crois que là aussi, ces métiers du patrimoine, ils sont uniques au monde. Alors, on en a parlé au moment, effectivement, de Notre-Dame. Mais nous, on en parle tous les jours parce qu'on voit des doreurs.
Et comment les rassurer, Madame la Ministre, ce matin ? Parce qu'on entend
leur inquiétude. Là aussi, j'entends leur inquiétude. Je la partage. Je crois qu'il
y a
des moments et des endroits où, effectivement, ils peuvent être en difficulté. Et
là
aussi, c'est à nous de les épauler et de voir plus globalement les choses. Vous pouvez être un petit entrepreneur dans le nord de la France. Et peut-être à quelques kilomètres, un peu plus au sud, vous pourriez faire davantage de choses. Mais vous ne le savez pas. Donc, je pense qu'aujourd'hui, comme je l'ai dit tout à l'heure, il faut que les
collectivités locales... On devrait centraliser un
peu les choses.
Oui, en tous les cas, les partager plutôt que les centraliser. Je pense qu'avec les collectivités locales, notamment, j'ai commencé ce travail de voir les maires, de voir les présidents de région, de voir les priorités qu'on va partager et de voir, justement, les entreprises qu'on pourra associer pour aller plus vite, pour faire le travail.
L
'autre enjeu crucial, Catherine Pégard, pour le patrimoine, c'est bien souvent la sécurité. Et notamment dans les musées, on l'a vu ces derniers mois, notamment avec, évidemment, le casse du musée du Louvre, les vols des joyaux de la Couronne. On va y revenir en détail. D'abord, d'un mot sur l'enquête pour les retrouver. Est-ce qu'on a toujours un espoir de remettre la main dessus ?
Il
faut toujours avoir un espoir, parce que, quelquefois, on retrouve ces objets bien longtemps plus tard. Mais bon, l'enquête continue et je ne
peux
pas
vous en dire plus.
Sinon, j'aimerais vous en dire plus.
Est-ce que sur la sécurisation du Louvre, là aussi, selon vous, vous êtes arrivée, vous, juste après la démission de Laurence Descartes, l'ancienne présidente du Louvre, on a avancé sur le sujet, ce chantier qui est énorme pour le plus grand musée du monde
?
Effectivement, on a mis en urgence, en œuvre, un plan de développement de la sûreté et de la sécurité du Louvre. Là aussi,
c
'est toujours un travail itératif, la sûreté. Les responsables de la sûreté dans les musées, ils savent qu'il faut travailler régulièrement, avoir la conscience que la sûreté, c'est un enjeu fondamental pour les musées, pour les châteaux, et qu'il faut y penser toujours. Et ça, peut-être que parfois, on l'oublie un peu, parce que quand tout va bien, on oublie qu'il
y a
une
force qui est mal formée. C'est ce qui était ressorti
avec la commission d'enquête parlementaire, d'ailleurs, qui s'était penchée
sur ce qui s
'était passé avec ce casse du siècle au Louvre. Ce qui est intéressant aussi et inquiétant, c'est que ces vols, ils ont lieu aussi dans des plus petits musées. On a eu l'exemple récemment des vols au musée Renoir de Cagnes-sur-Mer, avec deux tableaux qui ont été volés. Ces vols qui se multiplient, ils soulignent quoi ? La fragilité de nos musées. Il faut prendre plus sérieusement cette question de la sécurité aujourd'hui ?
Je crois qu'aujourd'hui, effectivement, elles nous habitent constamment, parce que justement, on a vécu ces moments extrêmement difficiles, extrêmement choquants pour les équipes, parce que je dois dire que les gens font leur travail. Au musée de Cagnes-sur-Mer, il n'y avait aucun risque identifié. Et puis, il y a eu ce vol.
Mais comment faire pour
sécuriser tous ces petits musées ? Alors, avant de dire ça, il faut se dire qu'il faut, encore une fois, y veiller tout le temps et se dire que les attaques sont de plus en plus brutales. À Cagnes-sur-Mer, on a quand même parlé de commando qui était venu pour arracher ces tableaux avec une préparation formidable, parce qu'on a pu apprendre que les tableaux, les voleurs, avaient des housses exactement de la taille de tableaux pour pouvoir repartir. Et ça, c'est
nouveau, ce degré de professionnalisme. Je
crois que le degré de
professionnalisme de l'avis du ministère de l'Intérieur, en tous les cas, n'a jamais été vu précédemment.
Est-ce que la
France est particulièrement visée par ce type d'attaque nouvelle
? Pas du tout, parce que
justement, on a des échanges en ce moment avec les musées d'Europe, puisqu'on organise bientôt un G7 des musées d'Europe pour discuter justement des bonnes pratiques des musées, des échanges qu'on peut avoir, pas seulement en termes de conservation ou d'acquisition de chefs-d'oeuvre, et on s'aperçoit que dans tous les pays, il y a
des vols. Il y a les failles,
il y
a
les mêmes fragilités en tous les cas. Et donc, on a mis au point un plan, un plan de sûreté doté de 30 millions.
Que vous avez présenté au mois
de juillet ?
Le plan de sûreté, je l'ai présenté au mois de juillet. Mais en revanche, le fonds de sûreté, on l'a mis en œuvre déjà dès le printemps. 423 musées ont déjà été pris en considération. On est en train d'établir la liste des urgences pour les mois qui viennent. Et donc, là aussi, c'est un travail régulier qu'il faut mener. Et il ne faut jamais baisser la garde.
Mais justement,
c'est intéressant, cette liste que vous êtes en train de dresser, ça fait partie des six points prioritaires que vous avez établis cet été, Catherine Pégard. Mais ça veut dire qu'en fait, on n'avait pas de vision sur nos joyaux à protéger, nos œuvres d'art. On est surpris, on est rattrapés plus rapidement par
cette nouvelle délinquance. Non, je crois qu'on
avait une vision tout à fait précise de nos collections. On travaille sur des récollements sans fin. On essaie de comprendre les faiblesses de nos dispositifs, bien sûr. Mais là, je pense que dans l'urgence qui est la nôtre aujourd'hui d'échapper, encore une fois, à ces nouveaux types d'attaques, je crois que c'est ça qui est le plus difficile à comprendre. C'est qu'aujourd'hui, vous avez des gens, des voleurs, des escrocs qui s'attaquent à nos lieux. Comme ils s'attaquaient avant, quand vous voyez les films, on voyait s'attaquer à des bijouteries. Aujourd'hui, ce sont les musées. C'est très grave. Et donc, on travaille d'ailleurs en concertation de plus en plus étroite avec le ministère de
l
'Intérieur et le ministère de la Justice pour mettre au point, encore une fois, une prise de conscience de la sûreté. J'y insiste beaucoup. Ça paraît peut-être dérisoire. Mais si vous voyez quelque chose qui vous semble une anomalie, il faut tout de suite le signaler.
Catherine Pégard, ministre de la Culture, invitée du 8.30 France Info ce matin. On va parler du budget de votre ministère dans un instant, de Netflix aussi,
et
du financement de la production audiovisuelle de notre pays. C'est juste après l'info en une minute à 8h45 avec Laurette Pueau.
Un
policier placé en garde à vue en Indre-et-Loire, conducteur du véhicule de police impliqué dans une collision avec une moto à Saint-Pierre-des-Cores hier. Le jeune motard est gravement blessé. Incident qui a provoqué des violences dans plusieurs quartiers de la métropole de Tours. Huit policiers et un gendarme ont été blessés. Une vingtaine de voitures brûlées. Le Premier ministre canadien est attendu à Saint-Pierre-et-Miquelon. Aujourd'hui, reçu par Emmanuel Macron sur l'archipel français, situé à quelques kilomètres des côtes canadiennes, la France a la recherche d'autres sources d'approvisionnement en pétrole et en gaz, dont le Canada est producteur.
Les bureaux de vote sont ouverts dans deux landers allemands, Berlin et Meclambourg-Poméranien-Occidental. 4 millions d'électeurs sont appelés aux urnes. Élections très observées après la percée de l'extrême droite avec le parti AFD en Sachsen-Halt il y a deux semaines. Et puis en football, cinquième journée de Ligue 1, Lyon a pris la deuxième place du classement après sa victoire 4-0 face à Rennes hier soir. Match interrupus pendant près d'un quart d'heure à cause d'une banderole insultante envers Saint-Etienne. Ce soir, la classique au MPSG, coup d'envoi à 20h45. France Info
Le
8.30 France Info, Camille Girère, Benjamin Recouvreur. Catherine Pégard, ministre de la Culture, vous êtes notre invitée ce matin du 8.30 France Info. Le budget, ce que coûte la culture, ce qu'il faut y investir, c'est au cœur de cet entretien depuis tout à l'heure. Le Premier ministre cherche 54 milliards d'euros d'efforts à faire dans les comptes de l'État. Catherine Pégard, combien d'économies vous a-t-on demandé ?
Alors pour l'instant, comme je vous l'ai dit, je ne peux pas en parler en détail puisque nous sommes encore en train d'en discuter et nous n'avons pas reçu chacun notre feuille de route. Ce qui est évident, c'est qu'on nous a demandé des
efforts. Vous n'avez pas reçu
votre lettre de cadrage, comme on dit.
Non, je n'ai pas reçu ma lettre
de cadrage. Le ministre du Logement qui
était à votre place hier, Vincent Jean-Brun, l'avait reçu.
Elle devrait arriver
très bientôt
dans votre boîte-honneur.
Elles arrivent en ce moment, vous voyez. Vous
devez avoir
quand même une idée des efforts qu
'on vous a demandé.
Non, mais les efforts
qu'ils nous sont
demandés, ils sont évidemment incontestables. On en a déjà fait beaucoup dans les années précédentes. Mais là, il se trouve qu'on est soumis à des contraintes qui sont très fortes et qui surtout sont nouvelles. Donc nous en sommes comme tous les autres tributaires. Je crois qu'il faut le dire avec sincérité. Il faut le regarder avec lucidité. Il faut surtout travailler avec ceux qui sont évidemment impactés par ces budgets pour voir comment on peut faire pour ne pas casser la vie culturelle en France et pour ne pas casser l'image de la France dans le monde
qui
est liée à sa culture. Je veux dire, moi je vois beaucoup mes homologues étrangers. Eh bien, dès qu'ils vous rencontrent, ils vous parlent de ce qu'ils voudraient que la France leur apporte. Donc ça, ça a un coût. Il faut y travailler. Et je sais que vous attendez des chiffres, mais c'est plus que les chiffres. Les projets, c'est important. Le projet que l'on a pour notre culture, pour ce que l'on veut en dire au monde, c'est très important. Et évidemment, on peut dire, on nous demande des efforts assez considérables. Par exemple, sur le patrimoine, vous l'avez dit.
Par exemple,
quelles sont
les pistes
d
'économie
qui pourraient se dessiner
?
Et les pistes d'économie, c'est ce que je vous ai dit tout à l'heure, c'est de travailler avec
les uns et les autres. Mais par exemple,
c'est vrai aussi, ce n
'est
pas seulement pour les musées. Là, j'ai vu récemment les directeurs des grands théâtres parisiens, des opéras. On travaille ensemble pour voir ce qu'ils peuvent reporter. Parce que c'est ça le problème, c'est qu'on a une sorte de grosse bosse à
passer. Donc, reporter des spectacles, Catherine Pégat, c'est de ça qu'il s'agit ? On
essaie de garder au maximum la production. Parce que la production, c'est le tissu vital de nos théâtres, de nos télévisions.
Donc, reporter
quoi
?
De reporter certains engagements financiers qu'on peut différer.
Par
exemple,
on peut différer certains
investissements. On peut
différer certains travaux.
Parce que concrètement, ces pistes d'économie, on comprend que vous vouliez préserver le spectacle vivant, le patrimoine et les musées. Moi,
le problème, c'est que je veux
tout préserver.
Bien sûr, mais comment on y arrive sans justement affaiblir la vie culturelle du pays très concrètement ? Comment on y arrive alors qu'on nous a donné
une feuille de route qui, comme vous le dites, très précise, de faire des économies d'une manière très précise ? Eh bien, il faut les faire au cas par cas. Je ne crois pas que le coup de rabot systématique, où on dit qu'on supprime tant de crédits pour le spectacle vivant, tant de crédits pour le patrimoine est
la bonne solution aujourd'hui. Est-ce que l'acteur
du spectacle vivant, par exemple, dire qu
'il
n
'y
aura pas de crédits en moins pour
eux ? Bien sûr qu'il y aura des crédits en moins, mais
il y aura des crédits
en moins
au cas par cas qui ne mettra pas, qui ne rendront pas vulnérables nos établissements. C'est ça mon but.
Alors justement, Catherine Pégard, il y a de l'inquiétude dans le monde de l'audiovisuel, notamment avec cette question des économies jusqu'où. Est-ce que ça ira jusqu'à affaiblir l'exception culturelle française dont vous parliez à l'instant ? On a appris cette semaine que le groupe France Télévisions allait devoir faire 90 millions d'euros d'économies en 2027. Écoutez ce qu'en dit Pascal Rogard, directeur général de la SACD.
C
'est la Société des auteurs et compositeurs dramatiques. Il dénonce le désengagement de l'État.
Les
pouvoirs publics se désintéressent complètement du sort des télévisions françaises. Sur le plan du service public,
il
y a une forte diminution constante du financement qui va forcément frapper la création. Donc favoriser les plateformes étrangères et les réseaux sociaux, c'est un sabotage.
Catherine Pégard, qu
'est
-ce que vous répondez ? Ce terme de sabotage est très fort. Est-ce qu'à force de rabots, à force de coûts d'économie, on sabote la création française ?
Alors
je trouve que Pascal Rogard est quand même extrêmement sévère. J'ai l'occasion de discuter très souvent avec lui. Oui, je pense qu'il a une vision quand même extrêmement, oui, dure par rapport à ce que nous faisons. Dire que nous nous désintéressons de la production, je trouve que c'est extrêmement injuste.
Je
pense que tout le travail qui est fait, au contraire, et qui est fait avec France Télévisions, c'est pour préserver la production. On a demandé d'autres sources d'économie.
Mais
Catherine
Pégard, il
n'est pas le seul à être inquiet, Delphine Ernotte, la présidente
de France
Télévisions, face justement au géant américain des plateformes Netflix, qui est devenu en 2025 le premier financeur privé pour le cinéma. Elle va jusqu'à dire, est-ce qu'on souhaite cette forme de vassalisation ? C'est-à-dire que la création française soit financée majoritairement par une plateforme comme Netflix.
Alors
je verrai dans un très prochain, enfin ces prochains jours, Delphine Ernotte, et nous en parlerons toutes les deux, parce que la trajectoire d'économie avec France Télévisions, elle a été définie au printemps dernier. Donc avant même que nous ayons ces nouvelles mauvaises nouvelles au plan international.
Cette exigence budgétaire, je vous
tiens. Et donc cette trajectoire d'économie, elle sait qu'elle doit la mener. La mener aujourd'hui, c'est prévenir pire demain. Comme vous le savez, nous sommes attachés aux services publics, je le répète à chaque fois que je viens sur vos antennes, c'est un bien commun, c'est là qu'on peut développer aussi notre vie culturelle, parce que la plus grande scène culturelle, c'est France Télévisions, à travers ses programmes. Donc je suis bien consciente qu'il faut faire tout ce qui sera notre possible, pour qu'on s'attaque le moins possible à l'information et à la production. C'est mes deux combats pour France Télévisions.
Et là encore, nous en discuterons avec Delphine Ernotte la semaine prochaine. Je comprends son inquiétude, mais encore une fois, tout cela a été déterminé au printemps, à la demande du Premier ministre, début mars. Je venais d'arriver dans ce ministère. Et depuis début mars, nous travaillons ensemble pour corriger la trajectoire économique de France Télévisions, comme ça a été demandé par la Cour des Comptes, d'ailleurs. Merci
beaucoup, Catherine Pégard, ministre de la Culture, invitée du 8.30 France Info ce matin. L'info continue sur France Info. Restez avec nous.