Interview exclusive d'Anne Le Hénanff, ministre du Numérique et de l'IA | Tech For Future 2026
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Bonjour à tous, bienvenue au Pâté Palace à Paris pour cette matinée de débats Tech for Future, le grand événement de la tribune et de BFM Business sur la tech européenne. On est également diffusé sur BFM Business pour ceux qui voudraient revivre encore les débats de la matinée. Bienvenue à tous, bonjour Marine Proté, journaliste à la tribune.
Bonjour à tous. Et je suis Sylvain Roland, rédacteur en chef du service tech à la tribune. Et pour débuter cette matinée, nous avons le plaisir d'accueillir la ministre de l'IA et du numérique, Madame Anne Le Hénanf.
Bonjour Madame. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous.
Je vous en prie. Alors pour commencer dans le vif du sujet, vous vous êtes définie depuis votre entrée en fonction comme la ministre de la Souveraineté numérique. Vous avez voulu porter ce sujet qui est la thématique de notre matinée.
La semaine dernière, lors d'une réunion en Bercy, l'État a lancé un chantier de cartographie des dépendances numériques les plus critiques via l'Observatoire de la Souveraineté numérique que vous avez également lancé en début d'année. Alors quelle est la méthode et pourquoi cette urgence maintenant à cartographier et puis à changer nos dépendances numériques ? Je pense qu'il y a un réveil des consciences en France, en Europe vis-à-vis de nos dépendances technologiques.
Il y a plusieurs facteurs, la guerre en Ukraine, le côté offensif de certains États sur les secteurs technologiques et puis surtout une prise de conscience que nous sommes dépendants à 70, 80% des technologies américaines ou chinoises, principalement américaines et que cela doit cesser. C'est une question de survie, non seulement pour notre pays, mais pour notre continent. Donc la méthode, elle est simple.
Le point de départ, la prise de conscience et pas à pas réduire ces dépendances technologiques pour maîtriser notre destin. Alors on part de loin, 264 milliards d'euros par an partent d'Europe vers les États-Unis pour financer justement le logiciel et les outils numériques américains. C'est un chiffre qui a été donné l'an dernier par le CYF.
Qu'est-ce que ça vous inspire et comment on réduit significativement cette part qui, du coup, ne va pas dans les poches des Français et des Européens ? Alors l'objectif, il est simple. Il est porté très fortement par le Président de la République, par le Premier ministre Sébastien Cornu.
Il faut non seulement réduire nos dépendances. C'est essentiel pour notre propre survie et la maîtrise de notre avenir. Ensuite, c'est un facteur de puissance.
Donc on souhaite retrouver la puissance sur les solutions numériques, sur notre destin technologique. Et puis défendre nos valeurs parce que certes puissance, certes indépendance, mais l'Europe n'a pas les mêmes positionnements en termes de valeurs que la Chine ou les États-Unis. Et que cette troisième voie, nous la défendons parce que non seulement nous avons des filières d'excellence, des start-up, des PME, des ETI dans les services numériques qui sont extrêmement performants et qu'il nous faut soutenir.
Donc ça passe par de la commande publique, par de la commande privée et puis surtout d'assumer, d'assumer politiquement. Et je le fais systématiquement où je me déplace, y compris face aux Américains quand ils viennent dans mon bureau. Alors au début, ça peut créer des frictions, mais en tout cas, on assume cette position.
Je l'assume totalement et j'avoue que pas à pas, cette dépendance se réduit. Il y a des secteurs, finalement, où on a raté le virage, je pense notamment au cloud, mais ce n'est pas définitif sur le sujet du cloud. Avec la stratégie France 2030, avec la French Tech, on arrive à grappiller des pourcentages d'indépendance.
Moi, je m'en réjouis parce qu'on ne va pas réduire en six mois, en un an, la dépendance de 20 ans d'intégration de technologies américaines. Le but, avec votre observatoire, c'est de cartographier, donc de déjà avoir une idée un petit peu plus précise de nos dépendances. Mais il y a déjà d'autres outils qui existent.
Je pense à l'indice de résilience numérique, le Cloud Sovereignty Framework au niveau européen. Comment s'articulent tous ces outils ? Comment mettre un peu d'ordre dans ces différents outils qui permettent de cartographier ?
Alors moi, je me réjouis qu'il y ait plusieurs initiatives, en fait. Ça veut dire qu'on a le même objectif. Donc on se retrouve sur la finalité.
Après, ce n'est pas dispersé. C'est-à-dire que la politique gouvernementale, la méthode que j'ai mise en place, c'est beaucoup de travailler en écosystème, en équipe de France, c'est-à-dire que ce soit l'IRN, donc l'indice de résilience numérique, ou l'observatoire d'indépendance numérique que nous avons mis en place auprès du haut commissariat, la stratégie et haut plan, ont la même finalité. Après, il faut qu'on se parle.
Et pour pouvoir réduire ces dépendances, pour pouvoir avoir une vraie politique publique efficace, il faut connaître exactement ce taux de dépendance. Donc toute initiative est bonne à prendre. Et puis, vous avez raison de l'indiquer, il y a une forte volonté française.
Nous sommes leaders en Europe. On l'assume dorénavant avec nos amis allemands. Et c'est bien au niveau européen que tout cela se joue, quand même.
Alors, pour que les entreprises soient au clair, du coup, l'observatoire, c'est pour le public, et l'IRN, c'est pour le privé, un petit peu ? C'est ça, on peut dire ? Alors, on pourrait dire ça, bien que l'observatoire que nous avons lancé avec le haut commissariat et Clément Beaune peut également contribuer à mesurer la dépendance technologique des collectivités territoriales, par exemple.
Parce que les collectivités territoriales, ce sont des acteurs qui, depuis 20 ans, comme toutes les organisations, se sont rendues dépendantes. Elles détiennent, comme l'État, des données extrêmement sensibles, dans certains cas. Et bien sûr, derrière cette reprise en main de notre avenir technologique sur les infrastructures, il y a aussi l'idée qu'il y a une ressource qui n'a pas de prix.
Ce sont les données, les données des Français, les données des Européens, et notamment les données sensibles dont on souhaite avoir la maîtrise à 100%. Alors, justement, dans le concret, vous avez un discours qui est offensif, qui est attrayant sur le papier, mais dans le concret, comment est-ce qu'on fait pour l'État pour réduire la dépendance ? On voit, par exemple, que ce n'est pas facile de changer de logiciel.
On l'a vu encore avec le ministère de l'Éducation nationale, qui a reconduit ses contrats. Il y a une dépendance à Oracle aussi, qui est très forte dans l'administration en plus. Donc, voilà.
Est-ce que chaque ministère s'est engagé, via votre initiative de la semaine dernière, à vraiment sortir des logiciels américains, notamment de Microsoft ? Ou alors, est-ce que c'est au petit bonheur la chance des volontés de chacun et de leur sensibilité sur le sujet ? Non, les petits bonheurs la chance, c'est fini.
C'est définitivement terminé. On a une vraie vision, on a une feuille de route. Après, comme je vous dis, il faut y aller de manière ferme, très directive.
On peut être directif, nous, le gouvernement, vis-à-vis de l'administration centrale, vis-à-vis des ministères, vis-à-vis des messages que nous passons tournés vers le secteur public, les hôpitaux, les collectivités locales. On passe des messages. Après, le destin des entreprises privées, entre leurs mains aussi, on les incite fortement à suivre la voie.
Ça se traduit concrètement de quelle manière ? Vous avez raison. Une feuille de route, des déclarations publiques sur un plateau, ça ne suffit pas.
Il faut mettre en place une méthode. Avec Roland Lescure, David Amiel, pour l'administration centrale, nous avons mis en place une doctrine de l'État sur la commande publique, parce que l'indépendance technologique, elle passe par nos acteurs, c'est-à-dire les entreprises, celles qui créent, qui innovent. Et donc, il faut les permettre de se développer, de passer à l'échelle.
Et pour cela, ça passe par la commande publique. La commande publique de produits numériques en France, pour les ministères, c'est autour de 4,7 milliards d'euros. Ça peut paraître énorme, mais en fait, sur un marché, c'est 10 fois moins, par exemple, que la commande privée des grands groupes français.
Donc, d'abord, c'est une obligation, je dirais, de porter la filière technologique française par des achats des ministères. Donc, dorénavant, la DINUM a directive, ça passe par une doctrine qui a été signée par les trois ministres, par moi-même, Roland Lescure et David Amiel, de privilégier, quand le service numérique existe, sur le marché français ou européen, d'acheter plutôt que de produire pour ses propres usages. Donc ça, c'est un premier pas.
Ensuite, nous faisons, la semaine dernière, j'ai fait se rencontrer par des opérations aussi, entre deux rencontres, on peut dire un matchmaking, comme on dit, des rencontres entre les acheteurs des ministères et les acteurs, les entreprises du secteur privé, notamment par le CSF, service numérique de confiance. Donc voilà, c'est des choses concrètes. Et puis, la DINUM a annoncé la semaine dernière, c'est un premier pas, parce qu'il faut qu'on soit exemplaire, que nous soyons exemplaires.
Ça passe par des décisions qui font un peu, je dirais, consensus et qui donnent l'exemple. La DINUM va passer dorénavant et quitter Microsoft et passer à Linux. Et on va inciter, évidemment, chaque ministère à le faire.
Open source, du coup, Linux. Exactement, c'est de l'open source, c'est éprouvé déjà. Il y a une administration qui l'a mis en œuvre il y a déjà plusieurs années, c'est la Gendarmerie nationale, ça fonctionne très bien.
C'est sûr, c'est un effort, ça demande à modifier les habitudes, ça nécessite un certain nombre de changements de comportement, mais c'est indispensable. Parce que certains outils de l'administration publique sont basés sur Microsoft, donc de ce changement, vous le prévoyez, ça va s'étaler sur combien de temps, vous pensez, ce virage ? C'est difficile à dire, c'est difficile à dire.
Nous, on est assez moteur, on est assez directif dans les suggestions, les demandes que nous avons vis-à-vis de l'administration centrale, et puis in fine, mais c'est difficile de le prévoir dans le temps. Le plus vite possible sera le mieux. Il faut faire ces démarches-là également au niveau de l'Europe.
Donc, certes, en France, c'est une chose, mais ça ne suffit pas. Au niveau européen, avec les Allemands, résultat du sommet de Berlin, nous avons convenu de définir avec les Allemands ce qu'est un service numérique européen. Une fois la définition claire de ce qu'est un service numérique européen, ça passe par le nombre de salariés en Europe, ça passe par le siège social où il se situe, qui maîtrise la technologie ou les réseaux.
À ce moment-là, on peut prendre des décisions. Mais sur le temps difficile à dire, le plus vite possible sera le mieux. Après, nous ne sommes pas naïfs non plus.
Une indépendance à 100%. L'idée n'est pas d'être dans une démarche d'autarcie, d'isolement total. C'est qu'on mesure nos dépendances.
Il y a des secteurs où on sait qu'on est dépendant. Je pense aux puces, par exemple, pour le quantique, pour l'IA, et qu'il faut réduire sur tout ce qu'on peut. Et après, sur les services stratégiques où les données sensibles atteignent une autonomie à 100%, par contre.
Il y a un sujet qui est un peu sensible, c'est le Health Data Hub, qui avait fait scandale parce qu'il avait été attribué à Microsoft sans appel d'offres il y a quelques années. Aujourd'hui, il y a une demande de migrer de Microsoft à un service de cloud souverain. Alors, c'est quels services qui sont éligibles à cette migration ?
Est-ce que, par exemple, Bleu, qui est une coentreprise entre Orange et Capgemini et qui permet de vendre Microsoft « emballée » par une entreprise française, est-ce que ça rentre à votre définition de la souveraineté pour le Health Data Hub qui sont nos données de santé ? Alors, comme je viens de le préciser, en fait, il faut hiérarchiser la sensibilité ou des systèmes d'information ou des données. Et toutes les données ne se valent pas.
Certains services numériques sont moins stratégiques que d'autres. Il est essentiel, et moi, c'est ce que je demande, je l'ai demandé à Bercy, ils doivent me fournir cela. Le Premier ministre a également, dans un VADMECOM, sur les données sensibles, demandé à ce que chaque ministère puisse définir une cartographie de ces données, et notamment de préciser quelles sont les données sensibles.
Il est clair que des données stratégiques, alors bien sûr, mais à part le ministère des Armées, ils sont autonomes et ils gèrent eux-mêmes la sensibilité et tout le réseau. Mais sur les autres ministères, cette définition et cette cartographie de ce qu'est une donnée sensible est indispensable pour pouvoir justement décider dans quel type de cloud on sauvegarde ces données et il y a des données qui peuvent être dans des clouds privés européens sans que cela représente le moindre risque. Des données un peu plus sensibles, pour moi, peuvent être déposées sans aucun souci sur des clouds qui sont labellisés Secnum Cloud, en l'occurrence, sans ces bleus, c'est le cas, puisque là, c'est la protection des données dont on parle.
De cyber, quoi. De cybersécurité, c'est-à-dire que la donnée, on est absolument certain avec bleu essence qu'ils ne sont pas soumis aux lois extraterritoriales et donc elles resteront sur le territoire français, elles resteront en Europe et donc sans ces bleus, à ce titre, ce sont des clouds, je dirais, que nous plébiscitons, que nous soutenons, qui sont souverains dans le sens où ils sont portés par des acteurs européens et français, en l'occurrence, et qu'il y a une étanchéité entre le porteur de technologies et celui qui opère le data center. Et enfin, il y a des clouds qui sont et souverains et sécurisés.
Évidemment, là, c'est pour les données stratégiques et ils ne doivent absolument pas être soumis au moindre risque d'atteinte extraterritoriale. Est-ce qu'il n'y a pas un risque quand même d'ouvrir le marché de la souveraineté à des acteurs qui, in fine, sont des couches logicielles américaines qui, du coup, traiteront les données ? Est-ce que le marché de la souveraineté, étant donné qu'il y a des acteurs souverains français, 100% français, est-ce qu'il n'y a pas un risque qu'au final, ce marché soit capté, in fine, par les offres souveraines des Américains ?
Disons que peut-être par le passé, potentiellement, oui. Aujourd'hui, non. Parce que nous, on a une vision du marché, on est exigeant sur les critères et parfois, on se donne le droit d'intervenir et d'avoir un certain nombre d'exigences, au moins Bercy, par exemple, et mon ministère, sur certaines infrastructures et notamment pour qu'elles puissent éviter, par exemple, des entrées en capital un peu trop importantes de partenaires étrangers.
Voilà, on a les moyens, quand même, à Bercy, de suivre cela de très près. Mais la souveraineté, ça se construit pas à pas. Je dirais que nous avons fait une avancée majeure.
C'est qu'aujourd'hui, on sait ce qu'on ne veut plus. Et donc, on est très, très vigilants et on se permet, État, de donner notre avis. On l'a fait avec Pascal, par exemple, sur le quantique.
Le Premier ministre a été très ferme là-dessus sur la protection de Pascal pour que ça reste en France et à la main des Français. Du capital, vous voulez dire ? Du capital, oui, tout à fait.
Donc la souveraineté, ça passe aussi par la maîtrise des capitaux et qu'il y a une vraie étanchéité entre la technologie et les investisseurs sur la filière, par exemple, data center que nous sommes en train de construire suite aux annonces d'Emmanuel Macron lors du sommet sur l'IA où il annonçait 109 milliards d'euros d'investissement. 109 milliards d'investissement dans la filière data center que nous sommes en train de créer in extenso. C'est forcément l'arrivée de capitaux étrangers.
Je vois des investisseurs américains au ministère, je vois des Indiens, je vois d'autres nations, mais c'est clair que sur la technologie, sur ces data centers, on sait où vont les investissements étrangers et sur lesquels nous ne souhaitons pas spécialement qu'il y ait des gros investissements. Mais il faut cartographier les choses. Tout n'est jamais blanc ou noir, que ce soit les systèmes d'information, la maîtrise technologique, les données, tout cela se cartographie et là on dit c'est une frontière à ne pas franchir, ça c'est du 100% européen et pour le reste, on regarde en fonction si ce sont les capitaux.
Elle est où la frontière justement entre vous évoquiez des données qui pouvaient être sur des clouds souverains type celui de Sens et Bleu et d'autres au contraire sur des clouds vraiment sécurisés qui ne sont pas une co-entreprise américaine. C'est quoi la frontière ? En fait, ça se mesure au cas par cas.
Par exemple, au ministère de la Santé, ils détiennent énormément de données sensibles. il y a des secteurs, des pans de la société qui sont plus sensibles que d'autres. On sait que sur la santé, sur les technologies de rupture, sur la sécurité, la justice, l'environnement, dans certains cas, il est nécessaire d'être sur des clouds souverains ou des technologies souveraines.
La maîtrise, ça demande finalement, la maîtrise de notre indépendance technologique, ça demande du travail. Ça demande de poser les choses. L'IRN y contribue, l'observatoire que nous avons lancé également.
Et puis, moi, je demande à chaque ministère dans la mesure du possible. Par exemple, vous voyez, hier j'étais avec mon collègue Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur de la recherche. Il y a des données extrêmement sensibles dans son ministère.
On a eu cet échange très intéressant de sa stratégie, lui, pour protéger les données des labos, les résultats des recherches des chercheurs français. Et donc, il y a une prise de conscience qui est assez récente finalement. Mais on va beaucoup plus vite que finalement, ce délitement ces 20 dernières années.
Là, on est assez offensif, très méthodique et on avance pas à pas. Vous avez évoqué la commande privée aussi qui constitue effectivement le plus gros des dépenses en fait vers les outils américains. Je crois que vous n'êtes pas favorable forcément à contraindre les entreprises pour qu'elles achètent européens.
Mais est-ce que vous voyez, est-ce qu'il pourrait y avoir une forme d'aide financière pour les pousser vers des clauses souverains ? Je ne pense pas que ce soit à l'ordre du jour. Mais qu'est-ce que vous pouvez imaginer pour les inciter un petit peu plus fortement à aller ?
Les entreprises privées, elles sont indépendantes et donc l'État n'a pas à leur imposer quoi que ce soit et c'est très bien comme ça. Nous sommes sur un marché libéral et les entreprises, elles ont leur propre destin, leur propre stratégie. Je crois beaucoup à l'exemplarité finalement.
Et comment puis-je être crédible en tant que ministre de l'IA et du numérique de dire à un chef d'entreprise d'une entreprise du CAC 40, il faut absolument que vous achetiez et que vous poussiez grâce à votre commande privée des start-up françaises, européennes et des PME françaises, européennes, si moi-même, je ne me l'applique pas moi-même. C'est pour ça que l'exemplarité, c'est quelque chose d'important. C'est ce que nous sommes en train de faire et c'est ce que nous...
C'est ce qu'aujourd'hui je peux finalement revendiquer quand je suis devant des chefs d'entreprise en disant mais regardez, nous on le fait. Donc, oser le faire. Parfois, la contrainte au niveau des grands groupes, ce que j'entends régulièrement comme argument, c'est oui, mais vous savez, pour nous c'est dangereux parce qu'on a 10 000 salariés, on a 300 applications et confier à une start-up émergente qui n'a pas passé encore l'échelle un service numérique de mon entreprise, ça peut être dangereux s'il y a un problème, en termes de maintenance, est-ce qu'ils auront les reins assez solides financièrement, humainement ?
En fait, moi je dis, il faut aussi cloisonner, c'est-à-dire qu'il faut confier à des petites entreprises des choses à leur niveau pour leur permettre de monter tranquillement. C'est sûr qu'il ne faut pas sur les 10 000 employés de Bercy leur confier d'emblée un grand marché qui concernerait tout le monde. Il faut y aller méthodiquement.
Mais il faut oser le faire et c'est nécessaire de le faire. Et puis après, moi j'essaie de toucher le cœur des chefs d'entreprise en leur disant, regardez, on a des vrais pépites, on a des filières d'excellence. Vous, je ne sais pas, on est fiers de ce qui est fait en France.
Contribuez à cette fierté et portez-les le plus loin possible. Merci beaucoup. En mot de la fin, vous avez assisté hier soir à la remise de prix de ces startups qui incarnent justement des défis pour la France et des nouvelles solutions. comment est-ce qu'on transforme la French Tech qui était du coup enrobée d'une copie du modèle américain avec la Startup Nation, comment on transforme la Startup Nation en quelque chose, en une arme de souveraineté ?
Alors, les startups font partie de l'écosystème économique, numérique français. Ce sera toujours le cas. C'est ce qui nous permet de découvrir des pépites qui deviennent des champions.
Je pense à Mistral, je pense à H Company, je pense à d'autres encore. Et Mistral n'est qu'un exemple. Il y en a forcément d'autres.
Donc, ces startups existeront toujours. On les accompagne avec le dispositif French Tech. Je choisis la French Tech avec France 2030.
Donc, les petits deviendront grands. C'est ça, notre ambition. Donc, il faut garder les petits.
Il faut accompagner les moyens pour qu'ils passent l'échelle. Et puis après, les grands, il faut aussi les plébisciter pour qu'on gagne en autonomie stratégique dans notre pays. Merci beaucoup, Anne Le Hénanf.
Merci. Merci. Merci.
Merci.
Anne Le Hénanff