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interviewC à vous· 4 juillet 2025 13 min

Retraite pour Alain Duhamel : l’hommage de son neveu Benjamin - Le 5/5 de Lorrain Sénéchal

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Le seul contre-pouvoir mondial aujourd'hui, c'est la Chine. Ce n'est pas la chose la plus réjouissante. - A.-E.Lemoine: Merci à tous les 2.

Vous restez avec nous. C'est l'heure du 5/5 de L.Sénéchal.

Un 5/5 consacré à la carrière d'A.Duhamel. Pardon, Pierre!

Votre tour viendra. - P.Haski: Je suis patient. - L.Sénéchal: Il prend sa vraie fausse retraite, comme le dit "Le Parisien".

Vous resterez visible le vendredi sur BFM et audible le lundi sur RTL. Vous continuerez aussi d'écrire, sans doute. C'est officiellement la retraite, la fin de 60 ans de figures imposées, comme vous le dites si bien.

Vous passez aux figures libres. Vous officiez à la chaîne depuis 6 ans. Votre neveu vous a rendu hommage. - B.Duhamel: J'ai beaucoup appris en t'écoutant, en te regardant.

Je souhaite à tous les journalistes de France, et je me le souhaite à moi aussi, d'avoir autant d'énergie, d'acuité et d'envie dans quelques dizaines d'années et qu'on se retrouvera ici...

Bon vent. J'ai cru comprendre que ça ne s'arrêtait pas tout à fait, et tant mieux! - A.-E.Lemoine: Il est bien informé.

C'est la première fois. Jamais à l'antenne il ne l'avait évoqué ni n'avait parlé de votre lien familial. - A.Duhamel: D'ailleurs, on évitait d'être sur le même plateau.

Ce n'était pas la peine d'alimenter la mythologie. Quand l'un était sur un plateau, jamais l'autre. Quand l'un dirigeait, l'autre n'était pas dirigé. - A.-E.Lemoine: Il marche sur vos traces, dans vos pas? - A.Duhamel: Si je dis qu'il est formidable et qu'il marche sur mes pas, c'est une façon de dire que je suis formidable!

Ce n'est peut-être pas souhaitable. - L.Sénéchal: Vous avez reçu toute la semaine des Premiers ministres en fonction ou des anciens Premiers ministres. - A.Duhamel: Et S.Royal. - L.Sénéchal: Ancienne candidate à la présidentielle. - M.Valls: Son succès, c'est qu'il y a une constance concernant A.Duhamel.

Il peut se tromper ou pas...

Ca nous arrive à tous. - J.-P.Raffarin: On ne peut pas s'engager dans des arguments légers car il trouve vite la parade. - F.Bayrou: Cette personnalité est suffisamment riche pour qu'on puisse honorer ensemble les années passées à défendre une certaine éthique du journalisme.

Qu'est-ce que c'est, un grand journaliste? Quelqu'un qui a non seulement de la science, mais de la conscience. - A.-E.Lemoine: Ce qui est étonnant, c'est de vous voir écouter tous ces compliments presque comme s'ils ne vous étaient pas destinés. - A.Duhamel: C'est peut-être une forme de décence.

Si je prenais l'air illuminé en disant: "Cette fois-ci, on me met là où je dois être..." Il y aurait des ricanements, quand même, non? - A.-E.Lemoine: Vous restez de marbre. - A.Duhamel: Je me contrôle.

Quand on fait de la télévision depuis aussi longtemps que moi, on sait se contrôler de temps en temps. - A.-E.Lemoine: Vous avez la réputation d'avoir interviewé tous les présidents ou presque de la Ve République.

Ce n'est pas une réputation! - L.Sénéchal: Vous voici par exemple face à V.Giscard d'Estaing, F.Mitterrand et J.Chirac. - A.Duhamel: On présente souvent la situation de la France comme si nous étions au bord d'une crise, une crise du régime ou dans le régime.

Qu'en pensez-vous? - V.Giscard d'Estaing: Si on prend la vie politique de la France, il ne s'est pas passé de grands événements.

Il y a des excès concernant les mots. - A.Duhamel: Les dirigeants des pays de l'Est se plaignent souvent que les industriels français, pas l'Etat français, soient moins actifs, moins présents et moins efficaces que les Allemands et les Italiens. - F.Mitterrand: Qu'est-ce que vous dites là?

C'est moi qui m'en plains. - A.Duhamel: N'avez-vous pas, dans l'ivresse de la campagne, sous-estimé... - J.Chirac: J'ai dit pendant la campagne que la France vivait au-dessus de ses moyens et qu'il était indispensable de réduire nos déficits pour réduire le chômage.

Je n'ai pas changé d'avis mais vous avez peut-être raison en disant que j'ai sous-estimé l'ampleur du problème. - L.Sénéchal: Le début de la fin pour J.Chirac.

Il va faire tout l'inverse à partir de cette interview. - A.Duhamel: Il m'avait demandé de l'interroger Avec comme argument: "Comme vous avez beaucoup critiqué ma campagne, j'aime mieux que ce soit vous qui m'interrogiez.

Ce sera plus crédible." - L.Sénéchal: Il y a aussi N.Sarkozy, F.Hollande...

Il y en a 2 que vous n'avez pas interviewés, les 2 premiers, le général de Gaulle et Georges Pompidou, contrairement à la légende. Certains ont été plus durs à interviewer que d'autres? - A.Duhamel: Vraiment difficiles, non.

Il y a ceux qui adorent la télévision et ceux qui ne l'aiment pas. F.Mitterrand, au début, détestait la télévision parce qu'il pensait qu'elle lui était hostile et parce qu'il était moins doué dans ce domaine que dans d'autres. - A.-E.Lemoine: Vous l'avez vu apprendre. - A.Duhamel: Il a été bon à la télévision après avoir été président, pas avant.

Il y a un phénomène télévisuel parmi les présidents français: N.Sarkozy. N.Sarkozy à la télévision, on est d'accord avec lui ou pas...

On est d'accord avec son vocabulaire ou pas, avec ses idées ou non, mais il avait une présence, une vivacité...

C'était un plaisir, même si on n'était pas content de ce qu'il disait. Je m'amusais beaucoup, intérieurement. - A.-E.Lemoine: Ca ne se voyait pas! - A.Duhamel: Je m'amusais.

Je me disais: "Il est quand même terrible, là!" - P.Cohen: Vous êtes l'auteur de la phrase: "A quoi pensez-vous en vous rasant le matin?" - A.-E.Lemoine: Ces personnalités politiques pensaient quoi de vos interviews et de votre façon de les interviewer?

Elles redoutaient ces moments? - A.Duhamel: Un peu.

Pas Giscard. Giscard était invulnérable. Enfin, c'était ce qu'il pensait.

J'ai posé une question, la 1re qui lui a été posée, sur les diamants...

Il a eu une réponse très sèche. Bon...

Autrement, globalement, ça s'est bien passé. Avec J.Chirac, ça a parfois été un peu agité.

F.Mitterrand se bloquait de temps en temps. Avec lui, le plus difficile, c'était le 14-Juillet.

Ca se faisait avec 2 journalistes, la 1 et la 2. Si par malheur il n'aimait pas un des deux journalistes, il se vengeait en direct et ça compliquait beaucoup les choses. Il m'est arrivé d'être obligé d'intervenir pour défendre P.Poivre d'Arvor que Mitterrand assaisonnait littéralement.

Ce n'était pas toujours un exercice si commode que ça. Avec F.Hollande, on sait très bien que si on a une conversation politique...

Il sait où il veut aller. Il prend un plaisir jubilatoire. La politique devient une forme de volupté. - A.-E.Lemoine: 60 ans de carrière avec des hauts et des bas, forcément. - L.Sénéchal: Tout en haut, vous avez dit sur France Inter que vous gardiez le moment de l'annonce des résultats de la présidentielle.

Vous avez dit qu'il y a eu 4,5 plaisirs au moment d'annoncer les résultats sur 11. Ca m'a interpellé. Pourquoi 4,5/11? - A.Duhamel: Il y en avait 4...

Je ne dirais pas une vraie satisfaction car je ne suis pas né de la dernière pluie, surtout maintenant...

Je savais que celui pour lequel j'avais voté n'était pas un archange non plus. La demie, c'est parce qu'il y a un moment où ce n'était pas la satisfaction de voter pour lui mais le soulagement de ne pas avoir voté pour l'autre et que l'autre n'ait pas sa chance. - L.Sénéchal: C'est 2002, j'imagine. - A.Duhamel: Vous imaginez bien. - L.Sénéchal: Vous gardez en mémoire des moments plus désagréables.

Maurice Clavel accuse l'équipe de l'émission "A armes égales" d'avoir censuré un mot de son livre. - Le film que vous venez de voir a été censuré par la télévision française! Peu importe qu'il ait été censuré d'un mot, d'une phrase, d'une séquence, d'un tiers, des trois quarts, d'un centième!

Messieurs les censeurs, bonsoir! Applaudissements. - A.Duhamel: Il faut ajouter à ceci un mot d'explication.

Ce n'était pas un film qui portait en lui-même la marque d'une censure particulièrement lourde. La censure dont il était question concernait un mot, un seul mot, à propos du président de la République et d'une interprétation faite d'une interview donnée par le président de la République. - L.Sénéchal: J'imagine que ce n'est pas un moment facile de devoir expliquer ce qui se passait. - A.Duhamel: D'autant plus que je n'avais pas 85 ans à ce moment-là.

C'était une expérience compliquée. En plus, je n'étais pas beaucoup aidé par celui qui était sur le plateau avec moi. Ce n'était pas Michel Bassi, comme d'ordinaire. - P.Cohen: C'était Campana. - A.Duhamel: Avec Clavel...

C'était un théâtreux qui écrivait très bien. Ses chroniques dans "Libération"...

Sa spécialité, c'était l'accumulation. Je lui ai dit: "Ce que vous reprochez au président Pompidou, je m'en fiche, mais vous dites qu'il avait de l'aversion pour la Résistance. Dites qu'il n'a rien fait, qu'il a été indifférent, qu'il n'a pas pris un risque..." La réalité, heureusement...

C'était théâtral, etc. Il n'y a rien eu du tout...

C'était drôle, si j'ose dire. Il faisait les 100 pas en récitant son texte avant que l'émission commence. Je savais très bien ce qu'il allait dire, au mot près.

A l'époque, le patron, qui a été celui que j'ai connu le mieux, Pierre Desgraupes, me téléphonait. Il me téléphonait tous les quarts d'heure en me disant: "Tiens encore..." Ca a duré 2 heures après le départ de Clavel. - L.Sénéchal: Votre retraite ne sera pas si passive.

C'est votre femme qui nous le dit. - Personne ne doit entrer sans permission. Il y a énormément de soldats.

Ca suffit comme ça! On ne va pas en mettre d'autres. Sinon, on en met dans le lit.

Ca ne va pas pas du tout. Quand il écrit un article, c'est ici. Il finit tard.

Je suis contente que ça s'arrête. Il engouffre les journaux de la journée sur le canapé.