Wauquiez - Calmels : 40 ans de guerre à droite - C l’hebdo - 23/06/2018
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 60 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:02OuverteÉludée
La politique, la rupture est consommée, divorce ou répudiation ?
- 0:34OuverteRéponse directe
Que raconte cette crise et quel est l'épilogue de ce feuilleton politique ?
- 1:41OuverteRéponse partielle
C'était écrit, ça vous a surpris ?
- 2:17OuverteRéponse directe
Vous allez nous la décrire justement parce que vous avez parlé de remake de chronique d'une heure annoncée.
- 2:50OuverteRéponse partielle
Cette brutalité-là, est-ce qu'elle vous a surpris ?
- 4:17OuverteRéponse directe
Vous qui connaissez Laurent Wauquiez, ce que ça dit de son caractère.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:35InvitéFait
« Il y a eu des vraies divergences idéologiques et puis aussi des querelles d'égo. »
- 2:04PrésentateurFait
« Le virage qu'on peut appeler populiste de Laurent Wauquiez était parfaitement connu. »
- 2:11PrésentateurFait
« Il est sur les modes de fonctionnement de l'ancien RPR, c'est-à-dire une gestion très verticale. »
- 2:53PrésentateurChiffre
« 186 jours. »
- 3:02PrésentateurFait
« Son pass pour le parking du siège des Républicains désactivé, ses affaires dans un carton, plus de bureau. »
- 3:29InvitéFait
« Elle a préparé minutieusement son offensive. »
- 3:43PrésentateurFait
« Il ne faut pas être une fleur coupée dans un vase pour survivre en politique. »
- 3:53PrésentateurFait
« elle n'avait rien de tout cela. »
- 4:09InvitéFait
« C'est la rigidité. C'est-à-dire, peut-être, l'incapacité à être chef de parti. »
- 4:55InvitéFait
« Ce dont souffre notre famille politique, c'est un excès d'égo. »
- 5:25InvitéFait
« C'est une famille politique qui, à un moment donné, a désigné une équipe. »
- 5:33InvitéChiffre
« Probablement, il aurait gagné, ça c'est certain. »
- 6:06PrésentateurFait
« On prévoit une catastrophe aux élections européennes. »
- 8:32InvitéFait
« Vous êtes fou, M. Chirac, d'envoyer M. Balladur à Matignon ? »
- 10:45InvitéFait
« Je décide et il exécute. »
- 12:02InvitéFait
« Le scrutin est vérolé au dernier degré. »
- 16:19PrésentateurChiffre
« Roselyne Bachelot, elle a appartenu pendant 5 ans à ce gouvernement. »
- 17:40PrésentateurFait
« J'ai utilisé le terme avant même qu'il soit utilisé par d'autres lors de l'élection présidentielle. »
Temps de parole
- Présentateur42 %
- Invité18 %
- Invité 214 %
- Invité 39 %
- ?8 %
- Invité 42 %
≈ 40,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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On
va parler d'un sujet dont vous êtes vraiment expert pour le coup,
Jean
-Michel, la politique, la rupture est consommée, divorce ou répudiation ? Laurent Wauquiez a viré sa numéro 2, Virginie Calmels.
Crise ouverte chez les Républicains, cette crise chez les Républicains, cette nouvelle crise à droite.
C'est bel et bien la guerre des droites. La fin d'un attelage assez improbable entre Laurent Wauquiez et Virginie Calmels.
Laurent Wauquiez qui n'a donc pas supporté les critiques de Virginie Calmels. L'entretien aux parisiens hier a été la goutte de trop. Un nom
de
malentendu qui se termine par cette pâline audite. Cette saga,
ce
feuilleton politique qui a donc trouvé son épilogue.
Que raconte cette crise et quel est justement l'épilogue de ce feuilleton politique ? Deux invités pour en parler, l'ancienne ministre Roselyne Bachelot et le journaliste Ludovic Vigogne de L'Opinion.
Bonjour Olivier.
Bonjour à tous
les deux. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation.
Roselyne, dans une vie avant la télévision et avant LCI, vous étiez une grande figure de la droite française. Plusieurs fois, ministre de Jacques Chirac et de Nicolas Sarkozy, Ludovic Vigogne, vous avez signé une enquête dans l'Opinion intitulée « Calmels Wauquiez, 186 jours pour divorcer », comme si c'était écrit.
Oui, c
'était écrit, je crois. Dès le début, ça avait mal commencé. Virginie Calmels avait mal accepté le fait d'avoir Guillaume Pelletier à ses côtés, alors qu'elle avait fait campagne durant tout l'automne avec Laurent Wauquiez pour la présidence des Républicains et qu'il ne l'avait pas prévenu de ce choix. Et puis ensuite, il y
a
une succession de malentendus entre eux. Elle a aussi découvert le management de Laurent Wauquiez. Il y a eu des vraies divergences idéologiques et puis aussi des querelles d'égo. Et il y a eu l'histoire de ce tract et la suite est connue.
On va y venir justement et rappeler les faits. Roselyne, c'était écrit, ça vous a surpris
? Non,
ça ne m'a pas surpris. Ce qui m'a surpris, c'est que Virginie Calmels rejoigne Laurent Wauquiez. Il y a comme ça des couples improbables. Ce
n'est pas la fin de l'histoire, c'est le début de l'histoire
qui m'a interpellé. Virginie Calmels,
c
'est une femme qui vient de l'entreprise, qui est clairement une ultra-libérale. Le virage qu'on peut appeler populiste de Laurent Wauquiez était parfaitement connu. Il est sur les modes de fonctionnement de l'ancien RPR, c'est-à-dire une gestion très verticale. Vous
allez nous la décrire justement parce que vous avez parlé de remake
de chronique d'une heure annoncée.
Oui.
Qu
'est-ce que
vous vouliez dire par là
?
C'était vraiment... Il y a des moments où on peut s'entendre avec quelqu'un. Chacun peut y mettre un peu du sien et abandonner certaines choses qui ne sont pas fondamentales. Mais quand on est à ce point différent, à la fois sur la structuration philosophique et idéologique de ses convictions et sur le mode de fonctionnement de ses habitudes, rien ne peut marcher. Donc je trouve même admirable qu'elle ait tenu combien ? 186 jours.
186 jours, il les a comptés
un
par un. Et ce
qui est étonnant, c'est qu'elle a été virée comme on licencie dans une grande entreprise. Son pass pour le parking du siège des Républicains désactivé, ses affaires dans un carton, plus de bureau. Cette brutalité-là, est-ce qu'elle vous a surpris ?
Non, pas vraiment. Est-ce qu'elle a surpris Virginie Calmet ? Je fais le sentiment un peu. Alors, elle a porté une attaque qui était lourde. Le contenu de l'interview qu'elle a accordé aux Parisiens était quand même très difficilement acceptable pour l'envoquer. Elle savait très bien ce qu'elle faisait. 15 jours avant, elle m'avait dit que
je
devais être obligée de lui faire la guerre. Donc tout était clair. Elle a préparé minutieusement son offensive. Après, est-ce qu'elle imaginait être comme ça du jour au lendemain, congédée dans ce poste de numéro 2 ? Moi, j'ai moins le sentiment.
Et c'est habitué, ça,
de se faire virer de cette façon ? Tout dépend de votre poids politique. Il ne
faut
pas être une fleur coupée dans un vase pour survivre en politique. Il faut être une plante de pleine terre. Vous êtes considéré, si vous avez un poids politique, si vous avez des troubles, si vous avez des réseaux, elle n'avait rien de tout cela. Donc on est viré comme une bonne capitale argenterie.
Moi, j'ai beaucoup aimé l'interview de Virginie Calmet dans Le Parisien. Parce que je trouve que c'est une interview intelligente qui expliquait bien le problème. Ce que décrit très bien Virginie Calmet, c'est la rigidité. C'est-à-dire, peut-être, l'incapacité à être chef de parti. Ça va au-delà de la brouille. Je pense que c'est un constat très négatif pour Laurent Wauquiez.
Je vais vous demander justement, vous qui connaissez Laurent Wauquiez, ce que ça dit de son caractère. Mais d'abord, regardez ces nombreuses réactions parmi les barons des Républicains.
Imaginons une seule seconde
que
Griezmann, Tolisso ou Varane mettent deux week-ends de suite un but volontairement contre leur camp. Vous croyez que Didier Deschamps ne va pas les renvoyer au
vestiaire
? On ne peut pas toujours tirer des buts contre son camp. Mettre un but contre son camp, ça ne marche pas. Vous êtes une équipe autour de cette table. Ce n
'est
pas sur le plateau que vous allez mettre sur la table vos différents... Est-ce que vous, vous entendez tout le monde sur la station Europe 1 ? Non, mais vous travaillez dans la même station. Non. Et vous essayez de faire progresser cette station. Ce dont souffre notre famille politique, c'est un excès d'égo. Moi, je pense que c'est plutôt une querelle d'égo. Je pense que c'est un conflit de personnes. C'est juste une querelle d'égo.
Et
la principale intéressée, Virginie Calmel, c'était l'invité d'Anne-Elisabeth Lemoyne dans C'est à vous.
Moi, je viens de l'entreprise, je me suis engagée en politique avec une autre vision. Je ne cherche pas un poste. C'est Laurent Wauquiez qui est venu me chercher avec tous les défauts que j'ai. On peut presque se demander pourquoi il a voulu que je fasse tant d'aime avec lui. Et qu'effectivement, ce n
'est
pas lui tout seul qui a été élu à 75%. C'est une famille politique qui, à un moment donné, a désigné une équipe. Et ils étaient bien contents de me... Sans vous,
il
n'aurait pas fait ce score-là ? Probablement, il aurait gagné, ça c'est certain. Après, est-ce qu'il aurait fait le même score ? Vous savez, moi, j'ai vu beaucoup de militants, et qui continuent aujourd'hui, je croule sous les messages, qui m'ont dit, vous avez dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.
Non,
mais il y a aussi derrière tout ça, évidemment, l'effondrement de la droite républicaine. Quand il n
'y
a plus d'avoine dans l'écurie, les chevaux se battent. C'est une vieille formule. Là, on voit bien que le parti a un chef qui est extrêmement contesté, sa cote est en berne dans les sondages. On prévoit une catastrophe aux élections européennes, parce que la ligne est extrêmement difficile à tenir, si tentait d'ailleurs qu
'il
y
ait
une ligne. Il y a aussi tout d'un coup la force de cette défaite qui s'annonce, de cette implosion, de cette déliquescence. Et tout ça, c'est quand même en toile de fond, on ne peut pas le punter. Vous y avez votre carte
?
Chez
les Républicains ? Non, non, quand les
Républicains ont été créés, ça ne me convenait pas. Puis ensuite, ce n'est pas conforme aux fonctions que j'exerce actuellement. Je pense que j'ai mes idées, mais elles ne sont pas conformes avec... Vous restez de droite,
mais pas de cette sensibilité.
Voilà. Gaulliste, c
'est
un peu différent que de droite. Des subtilités. Non,
ce n'est pas
des subtilités,
vous
savez très bien Jean-Michel Apathy. Parce que la guerre à droite, on peut dire, Jean-Michel, que ça fait combien ? 40 ans que ça dure ?
Émilie, qui est toute jeune, pense que ça a commencé là, avec Almel, c'est Wauquiez. Mais c'est ancien, Giscard Chirac. Valéry Giscard d'Estaing a été élu en 1974. Et il a 49 ans, alors il veut nommer un Premier ministre plus jeune que lui, donc il choisit Jacques Chirac. Mais alors, les deux se détestent du premier jour. Et vous allez voir cette archive, nous sommes le 14 juillet 1974. C'est le 1er 14 juillet de Valéry Giscard d'Estaing, à Toulon, sur le Fauche ou le Clémenceau. Je ne
sais
plus lequel des deux, mais c'est un porte-avions. Regardez la tête de Jacques Chirac pendant que Giscard donne son interview. Il a un regard, mais assassin. Il ne peut pas le blairer, Giscard. Et entre les deux, ça va être une guerre permanente qui va aboutir à la démission. C'est la seule fois où un Premier ministre démission sur la Ve République. Parce que d'habitude, il accepte d'être congédié par le Président. Là, Giscard Chirac convoque les journalistes et il leur dit « Je ne
peux
plus exercer ma mission », sous-entendu l'autre, je ne le supporte plus. Et on écoute Jacques Chirac.
Je
ne dispose pas
des
moyens
que
j'estime
aujourd
'hui nécessaires pour assumer efficacement
mes
fonctions
de
Premier ministre.
Et
dans ces conditions,
j
'ai décidé
d
'y mettre fin. Jacques Chirac a un nouvel ami, il s'appelle Édouard Balladur. La droite a gagné les élections législatives de mars 1993. Mais Jacques Chirac, qui a déjà été à Matignon avec Mitterrand, il ne veut plus y aller. Et donc, il envoie son nouvel ami, Édouard Balladur.
Et
très vite, on va dire, il y aura un conflit entre le… Vous êtes fou, M. Chirac, d'envoyer M. Balladur à Matignon ? Parce qu'après, il voudrait être candidat à l'Élysée en 1995. Jacques Chirac dit « Mais pas du tout ! Mais vous rêvez, mes amis ! » Et alors, tous les deux mettent en scène, nous nous sommes en 1793, vous étiez peut-être à La Rochelle. Une marche amicale sur le quai de La Rochelle.
On
va les voir tous les deux.
Ils
devisent comme deux amis. Mais jamais !
Mais
nous sommes amis, on vous dit ! Et d'ailleurs, pour que tout le monde comprenne bien, à la tribune, cette fois-là, Édouard Balladur et Jacques Chirac vont jurer, mais jurer, jurer, jurer, que plus copains que ça n'existe pas, on les écoute. Sachons faire en sorte que cette union entre nous soit réelle, qu'elle soit solide,
qu
'elle soit loyale. Qu'elle soit sincère,
c
'est en tout cas notre résolution commune
à
Jacques Chirac et à moi-même. Lui et moi, nous servons
la
même cause.
Et
sachez-le, nos rapports
ne
s'inscriront jamais
dans
un contexte de concurrence.
Pas,
pas,
pas, pas, pas.
Quand
on sait ce qu'ils aient nazi à vrai, c'est quand même assez drôle.
Vous y étiez, vous élevez les coulisses, il y avait...
Ah oui, bien sûr. Déjà, la guerre avait commencé. Chacun comptait ses troupes. Chacun jouait l'intoxication. C'était vraiment épouvantable. Moi, je me suis retrouvée sur un banc. On jouait Jeanne Sourza et Raymond Souplex avec Jacques Chirac. Et je lui expliquais que Baladur était... J'étais un des rares fidèles de Chirac, que Baladur était en train de terroriser ses troupes en leur disant « Si vous me trahissez, je ne l'oublierai pas ». Et j'ai dit à Chirac « Jacques, écoute, le problème, c'est que tu devrais les terroriser toi aussi ». Il faisait bon, c'était agréable. On n
'a
pas
la politique. Ça a été une sacrée bataille.
Alors
Jacques Chirac n
'a
pas eu de chance parce que après, il vient tomber dessus un petit jeune avec qui il a une relation compliquée qui s'appelle Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy, 2002, ministre de l'Intérieur, qui commence à dire tout bas, puis plus haut que quand même Chirac c
'est
un fainéant et qu'il faudra faire mieux très vite sans lui. Il devient ministre des Finances, Nicolas Sarkozy. Il veut manager tout ça à sa façon.
Et
Jacques Chirac, ça l'excède. 14 juillet 2004, la mise au point est radicale.
Il
n'y
a
pas de différent
entre
le ministre des Finances et moi.
Pour
une raison simple, c'est que notamment s'agissant de la dépense, je décide et il exécute. Et voilà, je décide et il exécute,
c'est
la phrase de
la Céline.
Parce que celle-là, elle claque. Je décide et il exécute. C'est la réalité. C
'est la réalité. C'est la réalité des institutions. En général,
on ne le dit pas. Quand on le dit, c'est qu
'il
y
a
quelque chose qui ne va pas. Et alors du coup, Jacques Chirac, qu'est-ce qu'il fait ? Après, il s'appuie sur Dominique de Villepin pour embêter Nicolas Sarkozy. On l'a un peu oublié. Mais c'est qui Dominique de Villepin quand il entre à Matignon ? C'est le beau gosse à qui tout réussit. Et comme je suis beau gosse, je vous le montre. Journée d'été de
la
Bôle.
Regardez Dominique de
Villepin.
Ce
matin, il courait sur la plage, allant même piquer une petite tête. Il avait aussi rendez-vous pour un petit déjeuner avec Nicolas Sarkozy. Une demi-heure de retard. Là encore, le Premier ministre donnait le tempo, comme pour bien montrer que c'est lui le patron. Alors là, Nicolas Sarkozy, il aurait pu manger la table du restaurant. Il aurait mangé. Mais
tous les coups sont
permis. Fou de rage. Tous les coups, toutes les mises en scène sont permises.
Et
toutes les humiliations sont permises. Mais enfin, là, Nicolas Sarkozy a été humilié par Dominique de Villepin. Mais enfin, Dominique de Villepin, il n
'a
pas emporté au paradis non plus. Ça ne s
'est
pas fini à son avantage. Et donc, on en arrive à Jean-François Copé, François Fillon, novembre 2012. Il s'agit là de conquérir la présidence de l'UMP. Le scrutin est vérolé au dernier degré. Je ne
sais
pas qui a triché.
Mais
enfin, personne n'est content du résultat. Tout le monde
a
tout patouillé dans les urnes. Et ça donne ça, François Fillon, d'abord Jean-François Copé, après.
Je
mesure tous les dégâts de cette crise. Mais en même temps, je veux dire qu'un parti politique, ce n
'est
pas une mafia.
Un
parti politique, ce n
'est
pas un endroit où on peut étouffer les affaires, refuser de dire la
vérité.
Il a des mots extrêmement blessants et injurieux pour l'ensemble de notre famille politique. Des mots qui provoquent l'indignation de tous.
On
ne peut pas donner des leçons de morale à tout le monde. En permanence, et refuser de se les appliquer à soi-même. Quand on a vu tout ce qu'on a vu là, on se dit que Wauquiez-Calmel, c'est le niveau baisse quand même.
C'est normal.
Oui,
le niveau. Mais ça veut dire que la droite au singulier, ça n'existe pas et ça n'a peut-être jamais existé. Il y a toujours eu des droites. Et est-ce que là, par exemple, Laurent Wauquiez n'est pas en train d'écraser les autres droites pour imposer la sienne ?
Si, il y a quelque chose de cet ordre-là. Je le disais, je pense qu'il y
a
aussi une vraie guerre idéologique qui est en train de se mettre en place. Ce
qui
n
'est
pas forcément le cas des affrontements précédents. Il y avait quand même plus de points communs sur le fond qu'il y en a aujourd'hui. Après, ce qu'on peut voir dans tout le résumé de Jean-Michel, c'est qu'il y en a quand même beaucoup qui ont fini à l'Élysée dans ce casting-là. Là, entre Virginie Calmes et Laurent Wauquiez, quand on voit l'état de
la droite aujourd'hui,
c'est moins certain.
Et vous, vous avez justement participé à de nombreux combats. Comment est-ce qu'on vit ces guerres dans un parti politique ? Est-ce que vous, par exemple, ça vous est souffrir ou est-ce que ça glisse
? Ça
fait souffrir. Ça fait souffrir parce qu'il faut faire des choix. Mais les choix sont d'autant plus faciles que vous n'attendez rien en retour. Si vous faites des choix en vous disant « je fais ce choix parce que je vais gagner quelque chose », évidemment, c'est extrêmement douloureux parce que vous attendez un retour sur investissement.
Mais ça excite aussi ces guerres parce qu'il faut le dire, on fait ça, on fait aussi de la politique pour ça. Souvent, quand on s'engage, moi je me souviens très bien, Laurent Wauquiez en 2012, quand il est lieutenant de François Fillon pour la conquête de l'UMP face à Jean-François Copé, il était galvanisé, il mettait des poignards dans le dos avec un grand sourire au lèvres. Ça avait quelque chose de très chiracien, moi je trouvais d'ailleurs. Donc la politique, c'est ça aussi. Donc ça galvanise, ça excite.
On voulait vous entendre aussi, Rosine, parce que vous avez été une combattante justement et vous saviez mener la guerre, Émilie.
Oui, alors moi qui suis très jeune, comme dit Jean-Michel Apathy, je lis « Les
vieux sages ».
C
'est un compliment, hein. « Les vieux sages ». Et je suis donc une
citation d'un « vieux sages ». Dans la politique, il y a des snipers, des trahisons, des complots, du danger partout. On y trouve de l'irrationnel, du charme, de la solitude, des drames. La politique prête à la tragédie. Est-ce que vous l'entendez
exactement ? C'est bon, pas si vieux que ça, pas si vieux que ça. Non,
c'est Jean-Michel Apathy. Donc moi, j'ai des trahisons même plus récentes pour dire que c'est encore ça la politique. Effectivement, on parlait de Virginie Calmes et Laurent Wauquiez. Mais il y avait aussi cette phrase de François Fillon adressée à Nicolas Sarkozy quand il dit clairement qu'il imagine le général de Gaulle mis en examen lors de la campagne au primaire. Vous aussi, vous avez été actrice de ces trahisons, de
ces...
Alors, je trouve qu'il ne faut pas tout appeler trahison. Il y a des trahisons qui sont le
fait... Des changements de camp, des changements de... Oui,
moi je ne mets pas tout ça dans le même sac. Non. Et parler de trahison, ça ne convient pas.
Alors, parlons du différent et de la guerre entre François Fillon et Nicolas Sarkozy.
Vous aussi, vous avez quitté d'ailleurs Nicolas Sarkozy
un peu
avant.
Non, je ne
l
'ai pas quitté.
Dans votre
livre, quand
même, quand vous dites... Oui, mais il est
écrit après mon... après le... 2012. Enfin, il est écrit
après la sortie du gouvernement. Je n'ai
jamais trahi Nicolas Sarkozy.
Je
ne
parle
pas de trahison, je parle de quitter. On parle de quitter. Quand vous dites Nicolas Sarkozy a gâché ses chances à la présidentielle par les choix stratégiques ou tactiques contestables, et vous dites alors que son bilan de président était bon. En fait, vous aviez demandé un bilan, Nicolas Sarkozy refuse de le faire, et là vous vous en éloignez, et vous finissez par soutenir François Fillon d'ailleurs à cette primaire-là. À cette primaire plus tard, quelques années plus tard.
Je ne
soutiens pas François Fillon, je n
'ai
jamais pris position.
Mais par contre, quelle position pour François Fillon ?
Non, j'ai dit qu'à titre personnel, je votais pour François Fillon.
Je
ne vote pas. Mais
c'est une forme
de soutien, un peu quoi. Je
ne sais pas si à l
'intérieur de la primaire, ma
voix
avait
beaucoup
de poids.
Quand il y a eu cette phrase sur Nicolas Sarkozy, après il y a eu aussi des attaques sur le gouvernement, sur Claude Guéant, etc. Laurent Wauquiez, ce certain Laurent Wauquiez, lui n'avait pas apprécié. Il disait que vous aviez un peu retourné votre veste, je vous rappelle cet
extrait. Ah, c'est
-à-dire que, alors non, je ne regrette pas quand j'ai dit effectivement que Patrick Buisson et Claude Guéant étaient les âmes noires de Sarkozy. J'ai eu raison trop tôt, certains m'ont bien voulu m'en créditer par la suite.
J
'ai une certaine estime pour Roselyne Bachelot, mais j'aime bien aussi quand les gens ne retournent pas leur veste. Roselyne Bachelot, elle a appartenu pendant 5 ans à ce gouvernement. Tout d'un coup, elle se met à dire des choses dans tous les sens. On est dans les procès staliniens, elle a des idées sur tout. Quel dommage qu'elle ne les ait pas exprimées avant. Un tout petit peu de dignité en politique, ça ne fait parfois pas de mal. Ah ben, les leçons
de dignité. Ah c'est bien,
c'est bien, c
'est très très bien. On le rappelait, c'est très très très bien. J'adore,
je raffole.
Après ça, on parle de divorce enthousiament conçu avec Nicolas Sarkozy. Et quand on vous demande sur BFM si vous le soutenez encore, voilà ce que vous répondez.
Est
-ce qu'on va à un moment entendre le message des électeurs ? Qu'est-ce qu'ils viennent de nous redire, de redire aux politiques, puisque je n'en suis plus une ? Qu'est-ce qu'ils ont dit aux dernières élections régionales ? Ils ont dit dégage, dégage.
Si
on n
'est
pas capable d'entendre ça,
c
'est que ça ne va pas.
Je
ne renie rien, évidemment. Dégage.
C
'est ce qu'ils ont dit les électeurs. J
'en ai d'appris. J'ai utilisé le terme
avant même qu'il soit utilisé par d'autres lors de l'élection présidentielle. Et ça, quand on est politique, quand on est journaliste, quand on s'intéresse aux Français, on l'entend ce mot-là. Et
quand
on est politique, on est forcément un sniper aussi comme ça ? On peut dire les choses ?
J'ai toujours revendiqué ma liberté. Je n
'ai
jamais pris de consigne qui ne me convenait pas. J'ai toujours accepté de me situer en marge de mon parti politique. Regardez les positions que j'ai prises au moment de combats qui sont très forts pour moi, très importants, de lutte contre les discriminations sur le pacte civil de solidarité, par exemple, mais sur d'autres, comme la loi tabac-alcool, ou des choses où j'ai toujours été, pas contre mon camp, mais fidèle à mes convictions. Voilà. Je ne suis pas en politique pour suivre X, Y ou Z. J'essaie de les défendre le mieux possible. Vous êtes optimiste l'un et l'autre pour la droite française ? Je suis extrêmement pessimiste.
Extrêmement pessimiste ?
Ça
va être compliqué, je crois, mais bon, après, l'avenir
n
'est jamais créé en politique.
Et s'il n'y avait pas
eu les affaires, François Fillon, la France est à droite, François Fillon aurait été élu
? Je
pense que le programme de François Fillon aurait été bien difficile à mettre en œuvre et que, je ne sais pas si les mouvements, si la rue n'aurait pas fait quelques mouvements qui l'auraient mis en très grande difficulté quand on voit ce que les réformes bien modestes d'Emmanuel Macron à côté de celles que préconisaient François Fillon et l'ensemble des Républicains. C'est ça,
on ne le saura jamais.
Vous
avez
des nouvelles, François Fillon
?
Non.
Merci
à tous les deux.