Alexis Corbière sur les gilets jaunes : "une grande protestation contre la vie chère"
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Questions et réponses
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Quel bilan tirez-vous de cette journée d'hier en jaune fluo à Paris comme en France en général ?
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Et vous portiez vous-même un gilet jaune ?
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Cette colère que vous mettez en évidence contre les corps intermédiaires, syndicats, partis politiques, vous en avez déjà tiré quelques conséquences à la France insoumise ?
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Quand les gilets jaunes disent que les casseurs hier leur ont volé leur manifestation, avez-vous une idée de qui était derrière les casseurs hier ?
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Mais quand Christophe Castaner parle des sédicieux qui ont répondu à l'appel de Marine Le Pen, vous ne croyez pas en l'influence du parti de Marine Le Pen dans ce mouvement des Gilets jaunes ?
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Emmanuel Macron envisage de parler mardi en direction des Gilets jaunes. Ce sera probablement un tournant dans ce conflit. Vous en attendez quoi de cette intervention du chef de l'État ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« C'est une grande protestation contre la vie chère. »
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« il y a une colère, une radicalisation, un sentiment de ne pas être entendu, un sentiment d'être méprisé »
- 1:44Invité politiqueFait
« une dame qui me raconte qu'elle gagne 800 euros »
- 3:20Invité politiqueChiffre
« l'ISF a été supprimé, l'impôt sur la grande fortune, 4,5 milliards »
- 3:27Invité politiqueChiffre
« cette augmentation à la pompe à partir du 1er janvier du diesel, ça va rapporter peu ou prou 3,8 milliards »
- 8:51Invité politiqueChiffre
« vous avez fait des cadeaux, pardon de ce terme un peu trivial, plus fortuné, où vous maintenez le CIC, vous savez, ce crédit d'impôt, notamment qui profite à des grands groupes qui n'en ont pas besoin, et ça coûte 40 milliards »
- 10:15Invité politiqueChiffre
« M. Macron a fait 24% au premier tour »
- 10:21Invité politiqueFait
« Des gens ont voté M. Macron parce qu'on leur expliquait que c'était une manière, dès le premier tour, de s'opposer à l'électeur de l'extrême droite »
- 11:11Invité politiqueChiffre
« Si on supprime le CICE, c'est 40 milliards qu'on a sous le coude »
- 11:12Invité politiqueChiffre
« Si on rétablit l'ISF, c'est 5 milliards qu'on a sous le coude »
Temps de parole
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France Inter, le 6-9 du week-end, Eric Delvaux. Bonjour Alexis Corbière, député de la France Insoumise. Quel bilan tirez-vous de cette journée d'hier en jaune fluo à Paris comme en France en général ?
Une nouvelle journée de grande protestation, de colère. C'est une grande protestation contre la vie chère. C'est comme ça que je résumerai les choses, avec la limite de l'exercice de résumer les choses, car ce qui s'exprime est large, complexe, avec des choses parfois même contradictoires. Moi hier j'ai beaucoup circulé dans la manifestation, je suis parti d'abord de Montreuil, de ma circonscription, puis après dans Paris, etc.
Et vous portiez vous-même un gilet jaune ? Parfois, parfois je ne le mettais pas.
Sur Twitter, on voyait la photo ? Oui, non mais là aussi je l'ai fait sur Twitter, mais après, parce que c'était un débat d'ailleurs, les gens me posaient la question, moi je ne veux pas récupérer, je ne veux pas donner l'impression non plus, parce que j'ai déjà un statut particulier, étant un peu porte-parole de mouvement, et puis aussi député. Mais j'ai discuté, avec parfois des gens qui me disaient, je ne vous serre pas la main parce que vous êtes un politicien. Alors on discutait, mais ce n'est pas après vous, et puis vous après tout, finalement je vous aime bien, mais les politiciens, il y a une colère contre la classe politique, contre même les syndicats.
Et puis des gens, des témoignages, j'ai encore en tête ces dames, en début de retraite on va dire, qui me disent qu'elles étaient assistantes de direction, qui n'avaient jamais manifesté de leur vie, et qui venaient là, et qui me racontaient, mais déjà la semaine dernière, me disent-elles, on a été gazés, et moi je leur dis, mais ça ne vous fait pas peur de revenir ? Elles me disent, non, ça nous donne envie de revenir, et elles me montrent son petit sérum physiologique, vous savez, pour se nettoyer les yeux, qui sont des habitudes militantes que moi j'ai vues chez des jeunes gens.
Mais là, ce que je vais exprimer là, et il y aurait beaucoup d'autres témoignages, il y a une colère, une radicalisation, un sentiment de ne pas être entendu, un sentiment d'être méprisé, et puis après les gens témoignent, 1200 euros, 1300 euros par mois, une dame qui me raconte qu'elle gagne 800 euros, et une impression, ils vivent la manière dont Emmanuel Macron, à la fois sur le fond et sur la forme, et sur la forme, un sentiment d'arrogance de ce pouvoir qui ne leur parle pas,
et qui fait monter la colère. Et c'est à ça qu'il faut répondre. Cette colère que vous mettez en évidence contre les corps intermédiaires, syndicats, partis politiques, vous en avez déjà tiré quelques conséquences à la France insoumise ?
Mais je voudrais dire sans être présomptueux que l'existence même de la France insoumise, c'est-à-dire le fait que nous avons, en février 2016, organisé les choses différemment, c'est-à-dire comme réseau, par internet, en n'essayant pas de refaire un parti politique traditionnel, comme j'ai envie de dire en marche au point de départ, et la démonstration qu'il y a une mise à distance très forte des organisations traditionnelles. D'accord ? Ça c'est assez classique. Et évidemment, cette mise à distance se retrouve aussi dans la manière dont ce mouvement s'est lancé.
Spontanément, par des gens qui disent, c'était aussi une discussion hier, moi je taquinais parfois les gens, ils me disent, moi je suis apolitique, je me dis, mais monsieur ou madame, vous faites de la politique, mais au sens beau du mot, vous manifestez, vous faites entendre, vous discutez, bon, c'est ça qu'il faut comprendre. Mais globalement, j'ai envie de dire, la métaphore a peut-être déjà été faite, les gilets jaunes, c'est des gens qui mettent un gilet pour être vus, comme le gilet initialement, ils sont dans la nuit médiatique, et ils mettent un gilet pour être vus, pour être pris par les phares médiatiques, pour être pris par les phares politiques, pour être vus.
Donc il faut les voir, et il faut les entendre. Et globalement, je dis bien globalement, ce que disent ces gens, c'est qu'on a du mal à boucler nos fins de mois, on n'en peut plus, et cette augmentation est là comme faisant déborder les choses, et c'est une colère contre l'injustice fiscale.
Les gens comprennent bien qu'il faut payer des impôts, mais ils ont un sentiment d'injustice, et notamment il y a cette idée, ça revient souvent, l'ISF a été supprimé, l'impôt sur la grande fortune, 4,5 milliards, et les gens ont fait le lien entre le fait que cette augmentation à la pompe à partir du 1er janvier du diesel, ça va rapporter peu ou prou 3,8 milliards, et ils font le lien, ils disent pourquoi nous, alors que c'est un juge.
Voilà, et vous voyez, les gens se politisent, en disant il faut être plus juste. On va parler des hypothèses, et du fond dans un instant, toujours sur la forme, quand les gilets jaunes disent que les casseurs hier leur ont volé, leur ont confisqué la manifestation, avez-vous une idée, vous Alexis Corbière, de qui était derrière les casseurs hier ?
Non, mais ce que j'ai vu par contre, et je vous assure que même ces gens qui n'ont jamais manifesté, qui sont vraiment soucieux de l'ordre public, ne protestaient pas contre parfois ces barricades qui n'étaient pas loin en train de brûler. Ce que je veux dire, c'est que les gens sont tellement en colère, que ce que j'ai vu hier, ils ne cherchaient pas à opposer, même s'ils ne veulent pas que ce soit violent.
Mais faisons attention, je comprends votre question, mais je vois la manière dont hier soir, il y a eu un traitement médiatique qui vise à résumer cette journée uniquement autour du thème de l'avion, ce que je n'approuve pas, et je pense vraiment qu'il faut être pacifique, puissant et démocratique, mais si on résume tout à « Êtes-vous pour ou contre la casse ? », les gens vont avoir l'impression qu'on leur a volé cette journée d'hier. C'est-à-dire que globalement, ce qui s'exprime, ce n'est pas « on veut casser » ou « on veut y compris trouver les raisons là-dedans de pourquoi les gens ont cassé », ils veulent surtout qu'on réponde à leurs problèmes du quotidien. Après, qui a cassé ?
Peut-être ici ou là. Vous savez, ça passe du supporter de foot qui a l'habitude un peu de se faire entendre et de manière un peu musclée, peut-être de groupuscule ici ou là politique, mais la façon dont le ministre de l'Intérieur, dès le début d'après-midi, a voulu en quelque sorte dresser un débat, c'est des groupuscules d'extrême droite, et en gros, c'est l'extrême droite ou moins, je parle là de Castaner, c'est-à-dire un peu comme veut le faire Emmanuel Macron, d'ailleurs Salvini ou moins Macron. Les progressistes d'un côté contre les violents de l'autre.
Je ne conteste pas, mais vous savez, moi hier, j'ai discuté, ce qui pour un homme comme moi est surprenant, des gens qui disent « moi j'ai voté Le Pen au deuxième tour ». Bon, bien sûr qu'il y a tout ça, mais globalement, ce qui s'est exprimé, et cette colère, quand une femme est en colère, ma question, ce n'est pas bien que vous criez fort, ou que vous utilisez des gros mots, ou que vous faites brûler une barricade, c'est comprendre pourquoi les gens sont en colère.
Mais quand Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, parle des sédicieux qui ont répondu à l'appel de Marine Le Pen, les sédicieux, c'est-à-dire une colère concertée, épaulée par, ici, Marine Le Pen, selon Christophe Castaner, vous ne croyez pas, vous, en l'influence du parti de Marine Le Pen dans ce mouvement des Gilets jaunes ?
Je vous invite, et vraiment, si des journalistes devaient être sur le terrain, quand vous... Ah ben, croyez-nous, ils sont, même si je suis au micro aujourd'hui... Non, non, mais je vous crois, et j'en ai vu beaucoup, et j'ai discuté, et bien sûr, et parfois c'est difficile. Il n'y avait pas de groupe concerté, ce n'est pas ça, il y avait au contraire un mouvement de gens qui allaient, qui venaient, qui venaient de partout, qui parfois pouvaient participer à mettre une planche dans une barricade en train de brûler, etc., ou qui regardaient, qui prenaient des photos...
Mais ce n'est pas vrai, une fois de plus, c'est résumé à une petite chose qui a peut-être eu lieu à un petit événement, une grande colère populaire. C'est pour ça que je pense que Castaner... Mais c'est une astuce ! Castaner ne veut pas parler du fond. Il veut entraîner les Français dans un débat à dire « Êtes-vous pour ou contre le fait que des vitrines soient cassées ? » Je ne suis pas pour qu'on casse, ce n'est pas le sujet.
Mais si, une fois de plus, on ne voit que le cri de colère autour duquel on va disserter pendant des heures, et on ne comprend pas pourquoi des gens qui n'ont jamais manifesté de leur vie, qui, jusque-là, sont respectueux des pouvoirs publics, des institutions, mais qui sont prêts, hier, à manifester, et même à ne pas désapprouver, est-ce que je me fais comprendre, ces violences, je dis que si on ne voit pas ça, ça va mal finir. Donc Castaner, il faut qu'il arrête un peu de prendre la pause, de vouloir jouer comme ça le proviseur général. Je lui dis « Monsieur Castaner, vous n'êtes pas proviseur, vous êtes juste provisoire. Baissez d'un ton, comprenez ce qui se passe.
» Et vos rhodomontades systématiques passent totalement à côté du sujet. Le paysage politique qu'il veut imposer, savoir l'ultra-droite ou noir Castaner, est bidon. Hier, c'est le peuple français qui manifestait. Écoutez-le, et si vous ne l'écoutez pas, vous dégagerez. Alexis Corbière,
après la forme, on va s'intéresser au fond, Emmanuel Macron envisage de parler mardi en direction des Gilets jaunes. Ce sera probablement, peut-être, un tournant dans ce conflit. Vous en attendez quoi de cette intervention du chef de l'État ?
Il faut qu'il réponde. Il y a une question très simple qui est posée. À partir du 1er janvier, il y a une augmentation que beaucoup de gens voient comme injuste. S'il la maintient, l'attention va continuer.
La réponse est non. Visiblement, on lit ce matin dans le JDD, sous la parole d'Elisabeth Borne, la ministre des Transports, nous ne changerons pas de fond. Maintenant, la forme, peut-être, renoncer à la taxe des carburants, ce sera non, pas la solution que propose le gouvernement. En revanche, il pourrait y avoir, peut-être, des modulations des taxes, selon qu'on habite en région, en province, ou bien dans les villes, il pourrait y avoir une sorte de modulation. On retire des centimes des taxes d'essence qui reviennent aux régions, ça fait de l'essence moins chère en région, et puis ensuite, c'est l'État qui va compenser aux régions. C'est une piste qu'on peut explorer ?
On va voir. Vous me donnez de commenté. Moi, je pense que le gouvernement va aussi prendre la mesure de ce qui a lieu. Le mouvement doit rester mobilisé, puissant, et en fonction de ça, la réponse sera sans doute, du moins je le souhaite, adaptée à cette mobilisation. Donc, j'invite les gens à rester mobilisés. Premier signal, le fait que mardi, pendant la République s'exprime, doit être un encouragement à rester mobilisé de différentes façons. Deuxièmement, il y a la question du pouvoir d'achat. Attention, si c'est une astuce, un peu comme la dernière fois, qui consiste à dire, en fait, c'est aux régions de compenser, c'est vraiment, donne-moi ta montre et je te dirai l'heure.
Mais c'est l'État qui compense.
Alors, on verra, on verra. D'où vient la fiscalité avec laquelle l'État va compenser ? C'est la question. Est-ce que, nous, ce qu'exprime cette idée de rétablir l'ISF est tout simple. C'est que les gens se disent, mais vous allez prendre où l'argent si vous voulez compenser ? Et jusque-là, vous avez fait des cadeaux, pardon de ce terme un peu trivial, plus fortuné, où vous maintenez le CIC, vous savez, ce crédit d'impôt, notamment qui profite à des grands groupes qui n'en ont pas besoin, et ça coûte 40 milliards. Donc, si le gouvernement bouge là-dessus, en rétablissant une forme de justice fiscale, c'est ce que j'exprimais tout à l'heure.
Moi, ce que les gens que j'ai vus hier, bien sûr, parfois, il y a des formules un peu bêtes, mais ils savent bien qu'il faut payer l'impôt. Mais ils disent, il y a une injustice fiscale. Notamment, il y a un impôt qui est le plus juste, c'est l'impôt sur le revenu. Parce que, bien souvent, ces TVA, ces augmentations à la pompe, ça vous frappe que vous soyez chômeur à 800 euros, ou que vous soyez... L'impôt injuste. Voilà, c'est l'impôt injuste. Les gens... Souvent décriés comme ça. Non, mais c'est une passion française qui est même à l'origine de la Révolution française. Quand l'impôt est injuste, le peuple se mobilise. C'est toute l'histoire de ce pays.
Alors, pour vous dire les choses, moi, je vais regarder ce que va nous proposer le Président de la République. S'il y a des formes de rétablissement d'une justice fiscale, on va voir. Si c'est des usines à gaz, qui, en vérité, ne règlent rien, qui consiste, y compris c'est très difficile à déterminer où habitent les gens, etc., je pense que ça passera mal. Il y a une manière aussi démocratique de régler les choses. Je le dis au Président de la République à travers ce micro. Revenir aux urnes, c'est pas injurieux. C'est le peuple qui doit décider. C'est le peuple. Mais le peuple a voté, et c'est Macron qui est en place. Mais je ne crois pas, justement. Ce que ce mouvement...
Et vous savez, Éric Delvaux, ce qui m'a frappé hier, c'est que dans ce mouvement, il y a la question sociale, fiscale, mais il y a aussi la question démocratique qui a été exprimée hier. Les gens ont un sentiment, parfois, que la dernière fois, il y a eu une élection présidentielle. M. Macron a fait 24% au premier tour. Vous-même, à ce micro, je suis auditeur de France Inter, vous avez bien expliqué qu'il était le candidat qui avait sans doute le plus faible taux d'adhésion par rapport à son programme. Des gens ont voté M. Macron parce qu'on leur expliquait que c'était une manière, dès le premier tour, de s'opposer à l'électeur de l'extrême droite.
Et au deuxième tour, il n'y avait pas de choix pour beaucoup de gens. Ce que je veux dire par là, c'est bien sûr Emmanuel Macron est Président de la République, mais il aurait tort de croire que la Ve République donne beaucoup de pouvoir, mais c'est une illusion. Donc il faut consulter. Le peuple n'est pas d'accord avec sa politique. Et pour le vérifier, un référendum, par exemple, ou une issue démocratique, ou un passage démocratique, sinon, c'est la puissance de la Ve République contre le peuple,
et ça, ça peut mal faire. Alexis Corbière, avant d'aller au standard avec les auditeurs, un dernier point sur ce haut conseil pour le climat, dont on prend connaissance ce matin, ce serait un haut conseil pour le climat, doté de moyens pour intervenir sous toutes les politiques publiques. On devrait donc en savoir plus mardi. doté de moyens, c'est plutôt un bon présage ?
Peut-être. Si on supprime le CICE, c'est 40 milliards qu'on a sous le coude. Si on rétablit l'ISF, c'est 5 milliards qu'on a sous le coude. Quelles sont les réformes fiscales qui visent à faire payer les plus fortunés ? Par exemple, les compagnies aériennes ne paient pas de taxes sur le gasoil. Par exemple, le grand déménagement de la planète fait qu'un bateau maritime, un bateau de transporteur qui vient de l'autre côté de la planète, consomme pour un seul voyage l'équivalent d'un million de véhicules. Si on réfléchit à une haute fiscalité, à une relocalisation de l'économie, à des circuits courts, écolo, on a des moyens de voir les choses.
Est-ce que c'est cette direction-là que va prendre le président de la République ?
On les couvrira ensemble mardi. Alexis Corbière, vous restez avec nous. On va poursuivre cette interview avec Patricia Martin avec les questions des auditeurs. Vos questions Alexis Corbière à Alexis Corbière. C'est au 01-45-24-7000. A tout de suite. On débriefe la journée des Gilets jaunes hier à Paris comme en province. On le fait avec Alexis Corbière, la France Insoumise, députée des Hauts-de-Seine avec une première question. De Seine-Saint-Denis. De Seine-Saint-Denis, j'ai dit des Hauts-de-Seine. Oui, pardon. Les gens de Hauts-de-Seine qui nous écoutent. De Seine-Saint-Denis, 93. Jean-Pierre est en ligne. Bonjour Jean-Pierre.
Bonjour. Bonjour France Inter. Bonjour Alexis. Bonjour Jean-Pierre. Voilà. Je souscris complètement à l'analyse que tu fais sur la mobilisation actuelle. Bon, ceci dit, j'ai un problème quand même. Quelque chose qui me chiffonne, c'est que quand le peuple, quand le peuple, comme tu dis, descend dans la rue, il ne se précipite pas dans les bras de la France Insoumise ni dans aucune autre opposition. Et là, il me semble qu'il y a un problème sur lequel tu devrais réfléchir. Alors, qu'est-ce que tu en penses ?
Alors, Jean-Pierre, puisque tu me tutoies, c'est qu'on est sans doute dans une communion d'idées. Mais j'apprécie. Merci Jean-Pierre. Écoute, je te comprends et tu as parfaitement raison. Spontanément, ce mouvement, j'ai beaucoup d'amis qui le sentaient mal, j'ai envie de dire, parce qu'il charrie en lui beaucoup de contradictions et de choses, puisque tu me tutoies, sans doute que toi et moi, nous n'apprécions pas. Il s'est passé des choses sur certains barrages qui sont inacceptables. Mais globalement, cette protestation, il faut l'accompagner, il faut la nourrir.
Si on ne la nourrit pas par notre présence, par le fait que nous disons que c'est bien que ce peuple ne soit pas résigné, il peut lui-même devenir autre chose. Vous savez, moi je pense que dans ce pays en grande ébullition, ça peut mal tourner comme ça peut aussi bien tourner. Je n'en sais rien. C'est pour ça que je trouve que si le gouvernement la joue en disant ce qui manifeste c'est uniquement l'extrême droite, il fait un cadeau à l'extrême droite et il participe à colorer politiquement les choses d'une certaine manière.
Si toi et moi, on va dans les manifestations en discutant, en disant il faut de la justice fiscale, il faut une grande remettre à plat le système fiscal, il faut des vraies mesures écologiques, on le nourrit différemment. C'est par notre capacité de dialogue. Sans chercher à manipuler, c'est difficile, c'est difficile. Mais on y arrivera. Rien n'est écrit Jean-Pierre, mais quand le peuple se mobilise, c'est plutôt bien. Moi j'aime ce pays quand il est comme ça un peuple en action et pas un peuple résigné. Mais l'histoire, on va l'écrire nous-mêmes, je ne sais pas ce que ça va devenir.
On va retourner au standard. D'abord une question de côté de Patricia Martin. Oui, ça fait déjà un moment que Jean-Luc Mélenchon s'en prend aux journalistes. Il ne veut d'ailleurs plus venir à France Inter. Il y a eu ce coup d'éclat au moment des perquisitions où il a dénoncé un acharnement. Dans quel état d'esprit d'abord est-il en ce moment puisque vous pensez que cette défiance vis-à-vis des médias est sain pour une démocratie ?
Écoutez, je ne crois pas que ce soit les médias. Après, on a le droit de critiquer certains médias. Notamment, Jean-Luc a dit sa manière de voir sur une équipe de chez vous dont nous trouvons qu'elle a particulièrement ciblé les camps de la France Insoumise, etc. Moi j'ai envie de dire de manière... Il n'y a pas de démocratie sans liberté de la presse. Franchement. Et je le crois. Faites-moi un crédit que je le dis vraiment, sincèrement. Bon. Deuxièmement, la liberté de la presse s'accompagne aussi de la liberté de critiquer la presse. Au sens large et puis avec des choses précises.
Nous avons besoin de journalistes mais nous avons besoin aussi d'une capacité d'une presse indépendante qui s'émancipe du fait que, ici c'est un peu différent, mais que vous avez 8 à 9 personnes qui possèdent 80% des médias, qu'un système de construction d'informations, à savoir une précarité imposée aux journalistes, un rythme qui est imposé par certaines chaînes d'informations qui fait que tout le monde est obligé de s'aligner là-dessus, dégrade l'information de mon point de vue. Et ça, on a le droit de l'interroger. Alors Jean-Luc, il le fait avec des mots pleins de passion parfois.
c'est une chose, mais on doit essayer de s'entendre vous et moi, à travers vous et moi, je veux dire, ce que nous représentons, pour se dire que peut-être nous parfois nous avons des excès, vous aussi vous en avez, et il faut essayer de se comprendre. Parfois, résumer les choses uniquement à travers la passion que nous mettons à dénoncer les perquisitions, à le mettre en scène, ne rend pas service aux choses. Une dernière question. Le sujet des manifestations, ce n'est pas nous et la presse, c'est la colère du peuple.
Il nous reste moins d'une minute, je voulais vous parler du Parti communiste français, votre ancien allié qui change de leader, qui change de logo, exite la faucille et le marteau. Certains d'ailleurs, y voient un abandon des valeurs historiques, une abdication des idéaux. D'autres, au contraire, voient dans la disparition de la faucille et le marteau une adaptation au XXIe siècle. Vous vous rangez dans quel camp ? Non, je ne sais pas.
Si la faucille et le marteau historiquement signifiaient l'alliance des paysans et des ouvriers, je pense qu'à travers ce mouvement des Gilets jaunes, ça reste le sujet de la France des campagnes et la France industrielle doivent se réconcilier. Après, moi, je souhaite bon vent à tous les amis qui sont au Parti communiste français. Fabien Roussel, nouveau leader. Oui, voilà, Fabien Roussel. Il y a des débats stratégiques qu'on n'a plus le temps d'en parler qui est, est-ce que c'est fédérer le peuple avec ce mouvement dont on a parlé au début, c'est-à-dire cette mise à distance des partis traditionnels ?
Moi, j'essaie de travailler à ça et ça amène à ce qu'un homme comme moi essaie de changer son vocabulaire ou est-ce que c'est revenir à des unions de la gauche classique que peut-être parfois certains dirigeants de ce parti préparent à savoir aux prochaines municipales on reprend les vieilles habitudes avec le PS, machin et lequel je ne suis pas d'accord. Bon, voilà, merci. Ceci dit, bon congrès aux communistes et puis ce qui est important c'est ce moment des Gilets jaunes auquel il faut répondre sinon ce pays peut mal tourner. Merci Alexis Corbière. Merci de m'avoir invité. Député de la France insoumise de Seine-Saint-Denis.
Merci et bonne journée. Bonne journée. Oui, il est 8h39. Merci.
Merci. Merci.
Alexis Corbière