L'édito de Thomas Bonnet : «Référendum RN : R. Ferrand menace déjà»
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Richard Ferrand se rappelle au bon souvenirs des électeurs et surtout de certains candidats. »
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« Pour résumer cette interview, Richard Ferrand menace ceux qui comme le RN proposent un ou plusieurs référendum dès leur arrivée au pouvoir. »
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« l'article 89, ça voudrait dire devoir faire d'abord voter cette révision par le parlement et forcément ça compliquerait les choses pour Marine Le Pen si elle était élu, il faudrait l'aval du Sénat et de l'Assemblée nationale. »
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« le Conseil constitutionnel n'a jamais été imaginé pour ça. On peut être attaché au respect de la Constitution, tout en reconnaissant ses limites et admettre qu'en démocratie à la fin, c'est le peuple qui décide. »
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« Est-ce que les institutions sauront reconnaître une victoire dans les urnes ou est-ce qu'elles vont s'ériger un obstacle à la politique choisie par une majorité de Français ? »
Temps de parole
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Alors, c'est une piqû de rappel à tous ceux qui pensaient naïvement que l'élection suprême de mai prochain aurait la valeur d'un choix absolu et incontesté. Richard Ferrand se rappelle au bon souvenirs des électeurs et surtout de certains candidats. Dans une interview accordée ce weekend, le président du Conseil constitutionnel rappelle les règles qui encadrent le référendum dans notre constitution. Marine Le Pen, on le sait, voudrait convoquer un référendum au nom de l'article 11 de la Constitution et ce pour procéder à une révision constitutionnelle qui permettrait notamment de mettre en place la priorité nationale et d'instaurer une politique migratoire différente.
D'où cet avertissement de Richard Ferrand aujourd'hui vouloir réformer la constitution par l'article 11, ça n'existe pas. C'est l'article 89. Alors, l'article 89, ça voudrait dire devoir faire d'abord voter cette révision par le parlement et forcément ça compliquerait les choses pour Marine Le Pen si elle était élu, il faudrait l'aval du Sénat et de l'Assemblée nationale. N'est pas de Gaul qui veut ajoute même Richard Ferrand en référence bien sûr au général de Gaulle qui en 62 et en 69 s'était affranchi de ses limites. En clair, pour résumer cette interview, Richard Ferrand menace ceux qui comme le RN proposent un ou plusieurs référendum dès leur arrivée au pouvoir. Ouais.
Pourquoi est-ce que vous dites qu'il sort de son rôle ? Bah déjà parce que contrairement à l'apelom dont il fait preuve dans cette interview, il y a un débat juridique. Un débat juridique peut exister sur cette question du référendum et puis surtout le soute-texte de toute cette interview, c'est de se placer comme un rempart contre une éventuelle attaque contre l'état de droit. Par exemple, quand on lui soumet les propositions de Bruno Rotaillot qui veut dernier donner le dernier mot au peuple français, voilà ce qui répond.
Moi quand je pratiquais le rugby et le football euh dit Richard Ferrand, c'est vrai que quand je trouvais que l'arbitre sifflait mal, je me disais que ce serait mieux si on faisait voter les supporters. Bon bah pour la démocratie comme pour le sport, on ne doit pas l'appliquer. Au-delà du dédain qui découle de ces quelques lignes, on sent que Richard Ferrant vit en mission, celle de demain devenir le premier opposant à Marine Le Pen ou Bruno Rotaillot. Or, ce n'est pas son rôle et le Conseil constitutionnel n'a jamais été imaginé pour ça. On peut être attaché au respect de la Constitution, tout en reconnaissant ses limites et admettre qu'en démocratie à la fin, c'est le peuple qui décide.
Oui. Euh Thomas, ça remet la question de l'impuissance publique au cœur du débat. Ah oui, parce qu'avant de savoir si le prochain président ou la prochaine présidente appliquera ses promesses, on doit d'abord se demander si elle en aura la possibilité. Est-ce que les institutions sauront reconnaître une victoire dans les urnes ou est-ce qu'elles vont s'ériger un obstacle à la politique choisie par une majorité de Français ? On est en droit d'avoir des doutes quand on lit les déclarations de Richard Ferrand et quand on observe le maillage administratif tissé depuis des années qui pourrait demain être un verrou de l'intérieur.
Beaucoup se vivent dans ces institutions comme des résistants de palais chargés de maintenir le pays dans la direction qu'ils ont eux-mêmes choisie avec cette pensée pleine de mépris qui veut qu'au fond si les Français veulent du changement c'est qu'il c'est qu'il votent mal. Le désert de rupture a rarement été aussi fort en France et aucun élan ne devrait être freiné par des personnalités non élues placées bien au chaud sous les ordres de la République.
Richard Ferrand