Faut-il apprendre à vivre avec un gaz cher ?
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Questions et réponses
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Pourquoi le prix du gaz s'envole, Nicolas Goldberg ?
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C'est à cause de la guerre en Iran ?
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Ça se traduit comment sur les factures ? C'est une très forte hausse en deux ans, par exemple ?
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Et alors, comment font les gens ?
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Quelle est la part des taxes dans le gaz ? Sur quoi on peut agir ?
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Je vous demande la part des taxes. Parce qu'évidemment, on se dit, c'est peut-être là que le gouvernement pourrait agir s'il voulait donner un coup de pouce à ceux qui consomment du gaz.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Plus de 6 millions de Français vont voir leur facture de gaz augmenter de 5,6%. »
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« Les cours du gaz sont au plus haut depuis 2023. »
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« Vous avez la guerre en Iran, évidemment, qui a mis une grosse tension sur les prix, sachant que sur le gaz, on n'a plus le gaz russe. »
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« Et il est prévu de s'en priver complètement à partir du début d'année prochaine. »
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« Et un cinquième est produit par le Qatar, qui ne peut plus sortir de gaz suite à la fermeture du détroit d'Hormuz et la destruction de ces trains de liquéfaction. »
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« Les stockages gaz en Europe sont peu remplis. Anormalement bas en ce moment. »
- 2:52InvitéChiffre
« En deux ans, on est quasiment à 20%. »
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« Sur 20 ans, vous regardez, c'est devenu l'énergie, le premier poste du logement. »
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« Les gens qui sont chauffés avec du fuel, on connaît ce même problème, encore plus violemment, parce que c'est 50% de hausse depuis un an. »
- 4:31InvitéPromesse
« À moyen terme, bien sûr, il faut isoler son logement. »
- 4:36InvitéFait
« Vous l'avez expliqué, le gaz, il est un peu condamné. »
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« La part, c'est un peu moins de 30%. »
- 7:56InvitéFait
« On avait un taux de TVA réduit sur la part abonnement qui était à 5,5 et qui est passée à 20%. »
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« On sera entre une division par deux et une division par quatre. »
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« l'électricité a pris 2% le mois dernier et le fuel, 50%. »
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Au quotidien, prenez les transports en commun. 18h-20h, c'est RTL Soir. Mauvaise nouvelle pour la rentrée. C'est très très très très cher. Là, le prix a explosé, donc j'aimerais bien que ça redescende. Le retour de vacances est brutal. Plus de 6 millions de Français vont voir leur facture de gaz augmenter de 5,6%. Les cours du gaz sont au plus haut depuis 2023. Est-ce que ça va durer ? Est-ce que ça va s'aggraver ? Faut-il apprendre à vivre avec un gaz cher et commencer d'ores et déjà à se sevrer ? On en débat dans les grands esprits, se rencontre face à face. Nicolas Goldberg, directeur associé du cabinet de conseil Columbus Consulting, spécialisé dans l'énergie. Bonsoir. Bonsoir.
Et Grégory Carré, directeur de l'Observatoire de la consommation à l'UFC Que Choisir. Bonsoir. Bonsoir. D'abord, pourquoi le prix du gaz s'envole, Nicolas Goldberg ? C'est à cause de la guerre en Iran ?
Il y a plusieurs effets. Vous avez la guerre en Iran, évidemment, qui a mis une grosse tension sur les prix, sachant que sur le gaz, on n'a plus le gaz russe. Et il est prévu de s'en priver complètement à partir du début d'année prochaine. Donc on est passé sur du gaz naturel liquéfié. Et un cinquième est produit par le Qatar, qui ne peut plus sortir de gaz suite à la fermeture du détroit d'Hormuz et la destruction de ces trains de liquéfaction. Donc on a une vraie tension sur l'offre. Les stockages gaz en Europe sont peu remplis. Anormalement bas en ce moment. Très anormalement bas. C'est inédit. Ils n'ont jamais été aussi vides, même pendant la guerre en Ukraine. Pourquoi ?
Parce que comme vous avez des prix qui sont très élevés, les opérateurs de gaz se disent que ce n'est pas très malin de stocker quand les prix sont très élevés pour potentiellement vendre plus tard un prix plus cher.
Donc ils attendent, ils espèrent que ça va baisser.
Donc ils attendent, ce qui est une position un peu dangereuse, parce qu'à un moment, c'est physique. Ce n'est pas quand c'est à moitié vide et que les prix baissent que vous pouvez vous dire que vous pouvez tout remplir d'un coup. Typiquement, des pays comme l'Italie, la Pologne ont bien rempli leur stockage de gaz. Mais ce n'est absolument pas le cas de l'Allemagne qui a quasiment les plus gros stockages de gaz. Donc il y a une vraie tension sur l'offre qui fait monter les prix. Et il y a aussi une composante réseau dans le gaz qui augmente.
Parce que comme la consommation baisse et elle va continuer de baisser et que l'infrastructure est à cofix, forcément, vous savez, une petite augmentation. C'est pour ça que là, on parle des prix de marché. Un marché, ça monte, ça descend. Mais toutefois, pour les consommateurs eux-mêmes, les différentes composantes de leurs factures font qu'il ne faut pas vraiment s'attendre à une baisse, ni à une baisse vraiment pérenne, même si les prix de marché baissent à un moment.
Grégory Carré, ça se traduit comment sur les factures ? C'est une très forte hausse en deux ans, par exemple ?
En deux ans, on est quasiment à 20%. Donc effectivement, on oublie très vite. Alors le tarif de la molécule peut varier tous les mois. Des fois, elle baisse de 2%. Mais généralement, le mois d'après, elle augmente de 5, 6, 7%. Donc effectivement, on est sur une très forte hausse. Sur 20 ans, vous regardez, c'est devenu l'énergie, le premier poste du logement. Le logement est devenu le premier poste budgétaire des familles. Avant, c'était l'alimentaire. Maintenant, c'est le logement. Dans le logement, avant, c'était l'équipement. Parce que que choisir, on connaît bien ça, on testait les machines à laver, etc. Maintenant, ça, c'est le troisième poste seulement dans le logement.
Le premier, c'est l'énergie.
Et alors, comment font les gens ?
Comment font les gens ?
Est-ce que déjà, ils réduisent les usages ? Pour l'essence, on comprend assez vite comment ils s'adaptent. Pour le gaz, on fait comment ? Ils font un peu la même chose, en fait.
Ils font un peu la même chose. Alors, on parle du gaz, on peut aussi parler du fuel. Les gens qui sont chauffés avec du fuel, on connaît ce même problème, encore plus violemment, parce que c'est 50% de hausse depuis un an. Alors, comment font les gens ? Ce qu'ils nous ont expliqué, parce qu'on connaît cette crise. On a déjà connu en 2022 une inflation des prix énergétiques. Ils vont chauffer un peu moins. Ils vont chauffer moins de pièces. Donc, c'est quand même le confort qu'ils laissent à désirer. Et là, par exemple, pour les gens qui ont du fuel, ils remplissent des demi-cubes. C'est-à-dire qu'ils disent, on va attendre que ça aille un peu mieux.
Et puis, on va essayer, justement, de remplir peut-être un peu plus tard. Sur le long terme, il y a bien sûr des solutions qui existent. Mais ça, on est tellement, c'est comme pour les carburants, on est tellement en train de se... Dans l'urgence, que l'urgence, c'est d'essayer de faire baisser la facture. À moyen terme, bien sûr, il faut isoler son logement. Il faut changer, probablement, sa source d'énergie. Vous l'avez expliqué, le gaz, il est un peu condamné. À terme, on n'aura plus de gaz, on aura d'autres énergies à utiliser.
Quelle est la part des taxes dans le gaz ? Sur quoi on peut agir ?
Sur les parts de taxes dans le prix du gaz, c'est un peu moins élevé que pour l'électricité.
Ça, c'est fou, déjà. Ce n'est pas dans le sens...
Vous savez, les taxes, elles ne sont pas toujours placées en fonction de comment on veut orienter le comportement des consommateurs sur les taxes. Elles sont placées aussi avec un objectif de rendement. Quand vous mettez un euro de taxe sur l'électricité, vous gagnez trois fois plus. Enfin, vous gagnez. L'État gagne trois fois plus que quand il met un euro de taxe sur le gaz. Donc, les arbitrages sont aussi pris comme ça. Qui plus est, la consommation d'électricité, elle est amenée à augmenter. Donc, si vous mettez un euro de taxe maintenant, il vous rapporte plus demain.
Alors que si vous mettez un euro de taxe sur le gaz, comme la consommation va baisser, je ne suis pas sûr qu'on ira à zéro. On gardera une consommation de gaz, ce sera juste des nouveaux gaz. Mais en tout cas, si vous mettez un euro de taxe sur le gaz, ça vous rapporte beaucoup moins que sur l'électricité.
Donc, la part, c'est quoi dans le prix ?
La part, c'est un peu moins de 30%. Surtout en ce moment-là où le prix de la molécule occupe plus de place ou le prix de réseau occupe aussi un peu de place. Il y avait une proposition qui a été faite l'an dernier de baisser un petit peu les taxes sur l'électricité, de les augmenter sur le gaz. Ça a été avorté. Donc, tout ça fait que les taxes sur le gaz ont un peu moins de place. Mais vous avez d'autres dispositifs sur le gaz qui vont renchirer la facture. Moi, je ne pense pas qu'on ira à zéro consommation de gaz. Ça va bien baisser et ça va continuer à baisser. L'effet prix, là, joue son rôle.
Mais on va avoir des nouveaux gaz, des gaz qui seront issus de la décomposition des déchets, de la décomposition des déchets agricoles. Et donc, pour ça, les opérateurs de gaz ont ce qu'on appelle des mandats d'incorporation. C'est-à-dire qu'ils ont obligation de mettre ça dans leurs injections de gaz. Mais ça coûte un petit peu plus cher. Donc, effectivement, ça va renchérir la facture de gaz. C'est ce qui fait qu'aujourd'hui, ce qui peut peser sur une facture de gaz, vous avez certes les taxes, mais vous avez aussi le changement de paradigme qu'on va avoir sur le gaz. C'est-à-dire consommer moins avec un réseau qui est là et qui a un complexe.
Oui, il faut expliquer. Moins il y a de gens qui consomment, plus ce sont eux qui doivent supporter le coût de l'entretien du réseau.
C'est un peu ça, ou tout simplement de son existence. Donc, c'est pour ça qu'il y a une vraie réflexion à avoir sur ce réseau de gaz qui apportera toujours des services. Parce que si on crée du biométhane agricole, il faut quand même l'acheminer, il faut quand même l'injecter dans un réseau. Mais c'est un réseau qui sera plus resserré, qui coûtera un peu plus cher. Donc, c'est pour ça qu'il faut surtout baisser la consommation. Parce qu'une facture, c'est un prix unitaire multiplié par une consommation. Donc, il faut baisser la consommation. Et attention, ce n'est pas directement les taxes, mais c'est le fait que les gaz qu'on va avoir dans notre réseau vont changer.
Et ils seront plus chers, mais ils ne causeront aussi pas le réchauffement climatique. Donc, quelque part, on y gagne aussi.
Je vous demande la part des taxes. Parce qu'évidemment, on se dit, c'est peut-être là que le gouvernement pourrait agir s'il voulait donner un coup de pouce à ceux qui consomment du gaz. Vous, Grégory Carré, vous pensez qu'il doit le faire aujourd'hui ?
Alors, dans l'urgence, malheureusement, ce ne sera qu'une réponse à très court terme. Et on va repousser le problème de quelques mois. On peut se dire aussi que la crise ne va pas durer peut-être... L'année dernière, l'augmentation du gaz s'expliquait notamment par le fait qu'on a changé un taux de TVA. C'est soi-disant l'Europe qui nous a imposé de changer. On avait un taux de TVA réduit sur la part abonnement qui était à 5,5 et qui est passée à 20%. L'année dernière, si on a connu l'été dernier une augmentation du prix du gaz, on n'en a pas beaucoup parlé, c'était la part abonnement. On en a parlé ici.
Oui, mais la problématique, vous avez raison, qui va venir, c'est qu'on va sortir du gaz progressivement, mais on va être de moins en moins nombreux à être au gaz. Et ces personnes vont devoir amortir quasiment le même réseau dans leur part fixe. Donc là, il y a une vraie problématique à se poser parce que je pense que le schéma ne va pas pouvoir être prolongé parce que les derniers qui seront au gaz vont se retrouver à amortir, à payer des sommes faramineuses.
Mais ce n'est pas toujours si facile de sortir du gaz ? Non, ce n'est pas tout à fait... Parfois dans des copropriétés, dans des...
Parfois ça ne se fera pas. Enfin, on aura toujours des consommateurs de gaz. On sera entre une division par deux et une division par quatre. Donc, c'est conséquent. Et voilà, suivant qu'on divise par deux ou par quatre, ce n'est pas le même impact pour le consommateur de gaz. Mais effectivement, il faut réduire de toute façon la consommation si on veut maîtriser les factures. Mais effectivement, ce n'est pas toujours facile quand vous êtes dans une copropriété.
Et même, il faut avoir un budget aussi pour changer de mode. Il faut avoir un budget, mais le budget...
En fait, à terme, vous vous y retrouvez. Aujourd'hui, il y a des C2E, il y a des dispositifs. Mais à terme, c'est sûr que vous vous y retrouvez. Ou alors, il faut vraiment bien isoler, hybrider, c'est-à-dire mettre une pompe à chaud et garder juste le gaz en appoint. Il faut avoir une chaudière efficace. Mais effectivement, il faut agir sur la consommation de gaz, sinon les factures explosent.
Agir sur la consommation, mais vous ne m'avez pas répondu, Gréco-Garré. Et Gréco-Garré, est-ce qu'il faut demander un nouveau bouclier tarifaire pour aider les gens qui sont au gaz et qui ne peuvent pas sortir comme ça tout de suite ?
S'il y a une mécanique qui va sortir, on risque d'avoir une mécanique assez complexe à côté de laquelle beaucoup de gens vont passer. Malheureusement, je ne suis pas sûr que ce sera une réponse satisfaisante. On a fait ça un peu pour les carburants. Vous savez, on a mis une aide à la pompe. Et puis finalement, deux ans après, on a eu le même problème. Une aide à la pompe qui a coûté très cher, qui nous explique qu'on ne peut plus rien faire aujourd'hui, qu'il n'y a plus rien derrière. Très vite quand même, il va falloir essayer de modifier, d'améliorer l'habitat, de mieux l'isoler, y compris l'été. On a compris qu'on a eu très chaud.
Les techniques énergétiques, c'est vrai que l'électricité a des avantages. Mettre un peu de solaire, ça peut aider. Une clim réversible qui permet de refroidir un peu l'été et de réchauffer l'hiver, ça peut être une bonne solution. Complémentaire avec une voiture, tout ça, c'est des programmes d'investissement ambitieux, lointains. C'est vrai qu'on repousse tout ça parce qu'on est vraiment là dans l'urgence pour effectivement boucler les fins de mois. Je vous dis, on peut parler du gaz, mais l'électricité a pris 2% le mois dernier et le fuel, 50%. C'est toute l'énergie qui est concernée.
Merci à tous les deux d'être venus débattre dans RTL Soir et dans les grands esprits de rencontre. À présent, je vous propose d'entendre le meilleur de nos invités toute la journée. C'est la story RTL de Florian Gazon, juste après la pause.
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