BENALLA : LA MACRONIE MENT EN BANDE DÉSORGANISÉE
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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« Je m'adresse à vous parce que nous vivons un moment singulier et grave de la vie politique une personne qui n'est pas un policier se jeter sur des gens, les frapper, et tout ça en dehors de tout cadre légal. »
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« Le Premier Ministre a préféré commenter une étape du Tour de France plutôt que de répondre à l'appel de l'Assemblée Nationale, qui a le droit constitutionnel de lui demander de venir, il n'a pas répondu. »
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« Il ne vient pas. Comme il n'avait pas moyen d'y échapper il a été obligé de passer à la série des questions dites d'actualité. »
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« Le Président de la République peut venir, après tout c'est quand même lui qui a dit qu'il était prêt devant le Congrès à Versailles, c'est lui qui a dit : “ Dorénavant je resterai, j'écouterai ce qu'on me dit et puis je répondrai ” »
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« Le seul responsable de cette affaire, c'est moi seul. Dit-il avant de déclarer hâbleur et fanfaron : “ S'ils veulent un responsable, c'est moi et qu'ils viennent me chercher !” »
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« Il n'y a donc eu aucune sanction de prononcée réellement. Votre Ministre de l'Intérieur ment quand il dit qu'il ne connaît pas monsieur Benalla, c'est impossible, il l'a vu des dizaines de fois. »
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« Le Président devrait à l'honneur et au respect de l'Institution Parlementaire de se présenter pour une audition devant la Commission des lois de l'Assemblée Nationale. »
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« Le Président, par son comportement, le Président, par la proposition de réforme constitutionnelle qu'il présente, a décidé définitivement de contourner le Parlement. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonjour je m'adresse à vous parce que nous vivons un moment singulier et grave de la vie politique une personne qui n'est pas un policier se jeter sur des gens, les frapper, et tout ça en dehors de tout cadre légal. Je ne dis pas que ce soit bien de frapper des gens dans le cadre légal, mais c'est encore plus détestable quand ce sont des gens qui n'ont aucune autorité de police qui procède à des interpellations de cette nature. Bon, tout ça vous le connaissez, on a eu à la suite de la diffusion de cette vidéo plusieurs jours étranges : Aucun responsable ne voulait répondre, personne !
Le Premier Ministre a préféré commenter une étape du Tour de France plutôt que de répondre à l'appel de l'Assemblée Nationale, qui a le droit constitutionnel de lui demander de venir, il n'a pas répondu. Nous l'avons mis cette demande par écrit, il a répondu “ Ce n'est pas opportun ” Il ne vient pas. Comme il n'avait pas moyen d'y échapper il a été obligé de passer à la série des questions dites d'actualité.
Alors je sais que du point de vue du spectacle c'est une bonne chose, c'est plaisant à regarder, on voit plusieurs questions posées et des réponses, mais je voudrais que vous sachiez que c'est totalement insuffisant. Chacun d'entre nous a 2 minutes pour interpeller le Premier Ministre, deux minutes ! La France Insoumise qui représente plusieurs millions de personnes a eu deux minutes de temps de parole pour interpeller le Premier Ministre qui lui a le temps qu'il veut pour répondre. de même qu'il n'est pas normal que le Ministre chargé des relations avec le Parlement, c'est son boulot, Ce ministre où il était ?
Dans les couloirs en train de passer à des altercations avec des députés qui se trouvaient là, ou à la buvette, mais nous ne l'avons pas vu dans l'hémicycle, à aucun moment il n'a porté la parole du gouvernement devant nous. Ça déjà c'est pas des formes acceptables, dans tous les parlements du monde avec une affaire pareille, les ministres concernés viennent. Là c'était le Ministre de l'Intérieur, au bout de deux jours on voit bien que ça ne pouvait plus être le Ministre de l'Intérieur, mais le Premier Ministre ou le Ministre chargé des relations avec le Parlement.
Rien ! J'insiste, vous ne pouvez pas accepter que les choses se passent comme ça, parce que ça c'est la monarchie. Le monarque se tait et demande à tous ses subordonnés d'en faire autant, et donc pendant trois jours, on ne sait rien, et on est condamné, nous parlementaires, à intervenir en rafale, pour demander des explications ce qui permet ensuite à la majorité de dire “ Regardez, voyez leur comportement ” Mais ce comportement a été provoqué de manière délibérée par la majorité.
Au bout de dix heures, nous avons obtenu la création d'une Commission d'enquête à l'Assemblée Nationale. Juste avant, la même chose avait été décidée au Sénat. Dix heures de pression pour obtenir ça.
Une Commission d'enquête, ce n'est pas une instance administrative, ce n'est pas non plus un tribunal, et tous ceux qui viennent devant ne courent aucun risque s'ils ne mentent pas. S'ils mentent évidemment, ils courent le risque du mensonge. C'est d'ailleurs pourquoi on a demandé à entendre le Président de la République, parce que plusieurs constitutionnalistes sont d'accord avec nous pour dire que dans la mesure où une Commission d'enquête, qui est là la Commission des lois ne porte pas de jugement, ne vote pas, n'a pas d'appréciation sur les témoignages et les auditions qu'elle recueille, et bien le Président de la République peut venir, après tout c'est quand même lui qui a dit qu'il était prêt devant le Congrès à Versailles, c'est lui qui a dit : “ Dorénavant je resterai, j'écouterai ce qu'on me dit et puis je répondrai ” Donc il est d'accord pour répondre sans vote devant des parlementaires, pourquoi ne le fait-il pas là ?
Il n'a rien dit. À aucune occasion. Et hier soir à l'occasion d'un pot de fin d'année des députés de La République En Marche, il a surgi et fait un discours.
On peut beaucoup à se poser de questions sur cette façon de procéder, mais on s'en pose d'autant plus, qu'il y avait autour de lui quelques-uns des principaux personnages de l'État : le Président de l'Assemblée Nationale qui applaudissait certes fort mollement, mais qui applaudissait. La Ministre de la Justice, alors que vont être évoquées devant elle des questions judiciaires qui relèvent de de son autorité. Alors c'est la même femme qui était présente à l'Assemblée Nationale et qui disait : “ Moi je ne peux m'exprimer sur rien parce qu'il y a des instructions judiciaires qui sont en cours ” Et combien d'autres qui sont là, sur les images si vous les regardez, autour du Président de la République qui prend la parole et fait un discours.
C'est donc un discours de pot de fin d'année qui nous permet de savoir ce que le Chef de l'État pense. Ça aussi c'est pas banal. Ça manifeste tout de même un mépris incroyable, non seulement pour le reste de la représentation nationale, mais aussi pour les citoyens.
Comme on est dans la confusion la plus complète, à ce moment là, on a pu voir des membres de la Commission qui enquêtent sur les événements, être devant le Chef de l'État, qui refuse de venir en audition devant la Commission, entendre des mises en cause, dont celles du Parlement dont ils sont membres, et entendre des compliments faits à Monsieur Alexandre Benalla, jusqu'au point que, le public qui se trouve là se met à l'applaudir. Et tout ça, sans que personne dans cette salle de grands défenseurs de la morale, de la séparation des pouvoirs, eux qui nous ont donné toutes les leçons du monde sur la manière moderne et nouvelle de faire fonctionner la politique, ne sentent qu'il est en train de se livrer au plus malsain et au plus vil des copinages. C'est par copinage que tout ce monde applaudit, est d'accord et s'enthousiasme à l'audition de celui qui se présente à cet instant comme un chef de bande davantage que comme un Président de la République.
Au demeurant que dit-il ? Ce que les auditions ont démontré d'heure en heure, il dit : “ Le seul responsable de cette affaire, c'est moi seul. ” Dit-il avant de déclarer hâbleur et fanfaron : “ S'ils veulent un responsable, c'est moi et qu'ils viennent me chercher ! ” Venir vous chercher Monsieur le Président de la République ?
Oui pourquoi pas, dites nous où on doit aller vous chercher. Ceci est une rodomontade qui n'a aucune réalité. Soit on demande à vous auditionner et vous l'acceptez, soit on ne peut rien parce que telle est la Vème République, alors pourquoi se donner ses grands airs et dire “ Je suis responsable de tout ” et je réponds de tout alors que vous ne répondez de rien.
Vous ne répondez même pas des faits, car clairement vous avez tous menti. Vous, Monsieur le Président de la République, en disant qu'une sanction avait été prise mais il n'y en a aucune trace, ni écrite, ni dans le salaire de monsieur Benalla. Il n'y a donc eu aucune sanction de prononcée réellement.
Votre Ministre de l'Intérieur ment quand il dit qu'il ne connaît pas monsieur Benalla, c'est impossible, il l'a vu des dizaines de fois. et chacun à tour de rôle s'est déchargé sur le suivant, vous le premier parce que quand vous dites : “ Je ne me décharge pas sur des collaborateurs ” c'est pourtant ce que vous êtes en train de faire. Vous vous déchargez sur les autres parce que les autres, on peut les auditionner, les autres peuvent être traduits en justice.
Pas vous, vous le savez, vous vous déchargez sur eux. Par conséquent, le comportement qu'a eu le Président de la République hier soir est tout à fait inacceptable Nous sommes dans un régime de démocratie parlementaire et de présidentialisme très présidentialiste. Il faut en respecter les formes.
Tout ça n'est pas un jeu vidéo. Tout ça n'est pas un feuilleton dans lequel les personnages, entrent par une porte, sortent par l'autre, comme au théâtre de boulevard. Et pourtant c'est ce qu'ils sont en train de faire tous.
À cette heure, j'estime que le président devrait à l'honneur et au respect de l'Institution Parlementaire de se présenter pour une audition devant la Commission des lois de l'Assemblée Nationale puisque nous sommes nombreux à le demander, pour qu'il assume les décisions qu'il a prises. Pour ma part, en écoutant ceux qui sont venus, je suis dorénavant convaincu d'au moins une chose : le Président, par son comportement, le Président, par la proposition de réforme constitutionnelle qu'il présente, a décidé définitivement de contourner le Parlement, de le considérer comme une réunion de fâcheux, dont le nombre doit être diminué dont les pouvoirs doivent être restreints, dont les convocations doivent être totalement à la main du Gouvernement. Car c'est le contenu de sa réforme constitutionnelle.
Je considère comme un succès provisoire que cette réforme ait été retirée. Je suis convaincu qu'à l'Élysée, ils organisaient sans aucun doute sur la question, un nouveau service de sécurité du Président de la République qui aurait fonctionné comme une entité à part avec un corps particulier de fonctionnaires et de contractuels, puisque Monsieur Benalla était un contractuel, et que dans cette organisation, Alexandre Benalla et quelques autres personnages qui ne sont pas des fonctionnaires de police ni des gendarmes, jouaient un rôle essentiel, tant et si bien qu'ils ont fini par se comporter comme si ce service existait déjà comme s'ils en étaient déjà les chefs, sans se rendre compte que tout ça n'avait aucune espèce de réalité administrative, ni aucune légitimité politique. Voilà le point où nous en sommes.
Ah bien sûr l'été peut passer là dessus, le Tour de France reprendre la une de l'actualité, les faits divers revenir devant. Mais la blessure dont est dorénavant affligée notre République, elle, ne cicatrisera pas si vite. Dans la vie des peuples, il y a des moments qui sont fondateurs, et des mouvements qui sont défaisants.
Les moments fondateurs, c'est quand le peuple lui-même devient constituant, prend une décision à une très large majorité, et les moments qui le défont, ce sont des moments comme ceux-ci où tous les pouvoirs sont piétinés, ou un ou deux personnages se croient au dessus de toutes les lois et ne respectent plus rien des règles qui font notre vie commune. Avez-vous vu comment tous ces gens parlent dorénavant de l'opposition ? Ils la trouvent insupportable mais dans une démocratie il ya une opposition, toujours, sinon c'est plus une démocratie, c'est une dictature.
L'Assemblée Nationale n'est pas préposée à être une fabrique des lois comme ils disent, l'Assemblée Nationale vote la loi, en principe est censée pouvoir l'amender, ce qui ne se produit jamais avec La République En Marche, contrôle l'action du Gouvernement et a une respiration politique. Elle s'exprime devant le peuple, elle montre, elle donne à voir, c'est cela que nous faisons, c'est comme ça que ça se passe dans les sociétés civilisées. Alors on me dit : C'est violent.
Des fois oui c'est violent verbalement, mais ça fait aussi partie de la façon de fonctionner de tout ça. Autrefois on réglait ses problèmes à coups de fusil ou à coups de bâton, là on les règles avec des paroles, avec des procédures, et c'est pourquoi, dans toute la vie publique, le principe suprême est la vertu. C'est-à-dire d'agir toujours conformément à ce qui est bon pour tous.
On ne peut pas séparer la vertu du droit. Dans une société d'état de droit, le droit, s'il n'est pas référé à l'intérêt général et à la vertu, c'est plus le droit, c'est juste des contrats et le contrat comme vous le savez c'est toujours le plus fort qui en décide les termes, et c'est toujours le plus fort qui peut en rompre les termes. La France est en chinois, ça s'appelle “ le pays de la loi ” C'est comme ça.
La loi est votée par tous par l'intermédiaire des députés qui représentent le peuple tout entier, elle est placée sous l'égide de la vertu et elle s'applique à tous. Il peut arriver d'une manière qui se discute, que certains personnages soient mis en quelque sorte hors du champ de la loi. C'est le cas du Président de la République pour toutes sortes de raisons, des fois qu'on peut comprendre, d'autres moins.
Mais là, en plus de la loi, il y a le sens commun. Il n'est pas normal qu'un individu se soustraie à toute question, décide de faire des discours de bravache dans les pots de fin d'année pour narguer tout ceux qui lui déplaisent, montre du doigt d'une manière inacceptable l'opposition en disant qu'elle est l'ennemie de l'État et de la République. Pour l'instant, dans ce contexte les amis de l'État c'est nous la France Insoumise qui ne cessons de protester contre le démembrement de l'État au profit des sociétés privées.
Les amis de la République c'est nous, la France Insoumise, et d'autres bien sûr, qui la faisons vivre à travers nos interpellations et notre action. Voilà je vous ai dit ces choses parce qu'au moment même où je vous parle, j'apprends que imitant le style de leur grand chef, dorénavant tous les chefs intermédiaires et chefaillons de La République En Marche se comportent comme lui. Tout à l'heure nous avons vu la Présidente de la Commission des lois et les autres membres de cette Commission, qui sont aussi membres de La République En Marche, tenir une conférence de presse séparée, dans laquelle cette Présidente annonce qu'en gros la Commission d'enquête a terminé son travail, qu'elle ne recevra pas celui-ci, qu'elle n'entendra pas celui-là, mais qu'elle va ré-entendre celui-ci et celui-ci.
Tout ça est inacceptable, nous sommes pas un décor, ils ne sont pas tout seuls, c'est pas à eux de décider seuls de ce qui se fera et ne se fera pas. On voit bien à quoi ils veulent tous arriver : éteindre l'affaire. Le Président a parlé, dans son pot de fin d'année avec ses copains, vous avez vu derrière lui rangés tous les personnages de l'État, le Premier Ministre, le Président de l'Assemblée Nationale, la Garde des Sceaux etc le Président du groupe parlementaire, et cette bande a décidé que l'affairé était close et elle est en train de la fermer partout où elle le peut.
Ce ne sera pas le cas ici à l'Assemblée Nationale car nous ne laisserons pas faire. Je ne sais pas quel sera le succès de nos interventions. Peut-être que vous entendrez dire que nous profitons des circonstances, mais si nous ne le faisions pas, si nous n'intervenions pas comme nous le faisons, mais c'est vous qui seriez en droit de dire “ Mais qu'est ce que vous faites ? ” On vous a pas élus pour dire oui, on vous a pas élus pour approuver tout ce qui se présente et vous taire quand on vous dit vous taire, nous nous tairons pas.
Nous finirons par avoir le dernier mot. C'est à dire que cette réforme constitutionnelle ou bien ne se fera pas ou bien sera présentée au peuple français tout entier. Nous aurons le dernier mot parce que la Commission d'enquête si ce n'est celle de l'Assemblée, parce que La République En Marche aura réussi à la juguler, à la bâillonner, ce sera celle du Sénat qui fera connaître la vérité.
Tous ceux qui croient qu'ils peuvent contourner le Parlement et le peuple se sont toujours trompés dans notre histoire et vous allez en avoir une nouvelle démonstration. Ayons à cœur notre République, et vous verrez, elle sera bien défendue.
Jean-Luc Mélenchon