Agnès Evren : "La protection de l'enfance dépasse les clivages partisans"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Et Agnès Évoine, vous êtes sénatrice à l'Ère de Paris et vous êtes donc rapporteur de cette mission d'information sur les violences dans le périscolaire. Vous en êtes à l'origine, c'est vous qui avez poussé pour qu'elle soit créée. Le scandale qui a éclaté pendant les municipales à Paris, depuis le parquet a ouvert des enquêtes sur 84 écoles maternelles, une vingtaine d'écoles élémentaires et une dizaine de crèches.
Depuis le début de l'année, 132 animateurs ont été suspendus. Mais les signalements ne se limitent pas à Paris et on l'a vu hier lors de vos premières auditions. Et c'est pourquoi vous souhaitez plus largement faire la lumière sur le périscolaire.
D'abord, Agnès Évrenne, pour qu'on comprenne bien pourquoi vous avez souhaité vous pencher sur ce scandale du périscolaire ? D'abord parce qu'on a tous été sidérés quand il y a un an, au mois d'avril 2025, on a entendu ce qui s'est passé via la presse d'ailleurs à l'école Alphonse Baudin, où on a vu qu'il y avait des pédocriminels qui avaient agi sur des enfants. On parle d'enfants de 2 ans, de 3 ans, de 4 ans, de 5 ans.
Et donc il me semblait essentiel qu'en tant que responsable politique, on puisse prendre nos responsabilités. Aujourd'hui, c'est pour ça qu'il faut contextualiser ce sujet. Je considère en France que la protection de l'enfance est un sujet qui a été trop longtemps sous-traité et que la parole de l enfant beaucoup trop minimisés, mis en doute voire ignorés.
Et donc j'ai demandé cette commission d'enquête. D'ailleurs, Gérard Larcher m'a apporté un soutien absolument constant et on se rend bien compte qu'aujourd'hui, le scandale du périscolaire à concernent aussi plusieurs villes en France. Ça a été dit hier, 70 départements, 16 régions.
Donc aujourd'hui, on doit faire la lumière pour les parents, parce que les familles aujourd'hui n'ont plus confiance, non seulement dans les communes, puisque ce sont les communes en fait qui ont la responsabilité du périscolaire, mais non plus dans le service public de l'éducation nationale parce qu'une des parents ne peuvent pas comprendre que dans un lieu sacré comme l'école, on puisse craindre pour la sécurité de son enfant. Ça veut dire, pour qu'on comprenne bien que votre mission d'information qui a les pouvoirs d'une commission d'enquête, elle ne cible pas particulièrement la mairie de Paris ? Non, et vous savez, la protection de l'enfance, elle dépasse les clévages partisans.
L'enjeu, là encore, c'est de se dire qu'aujourd'hui, à l'heure actuelle, on a chaque année 160 000 enfants qui sont victimes d'actes pédo-criminels. C'est un enfant toutes les 3 minutes. Et pourtant, il y a seulement...
Les classements sans suite, c'est 90 %. Ces chiffres sont vertigineux. Donc l'enjeu, ce n'est pas de savoir si c'est Paris, si c'est de rejouer un match politique des municipales.
Absolument pas. Cette commission, elle est évidemment transpartisane. Et donc, je le redis, l'enjeu, c'est de mettre fin à cette Omerta à ce déni qui, pour ma part, à mes yeux en tout cas, est totalement systémique en France, y compris dans les communautés scolaires où chacun se renvoie la balle.
Et on l'a vu hier à l'audition parce qu'il y a en fait une forme de zone grise, le périscolaire est en France un angle mort. Pourquoi ? Parce qu'il y a, il faut le savoir, et ça c'est illisible pour les familles, une direction bicéphale où on a d'un côté en fait le scolaire qui dépend évidemment de l'éducation nationale et le périscolaire qui dépend des collectivités.
Sauf que pour toutes les familles, il n'y a pas de frontière entre les deux théoriquement. Et chacun se renvoie la balle quand il y a des actes, des délits qui sont commis. On va voir la directrice d qui disent que ce n'est pas de ma responsabilité, c'est de la responsabilité de la collectivité.
Quand ils vont voir les maires, les maires ne sont pas informés, ils disent qu'il y a une enquête judiciaire, je ne peux rien dire. Et c'est ce silence qui fait que l'Omerta est, j'allais dire entretenu et donc c'est non-assistance à personne en danger aujourd'hui. Qui vous allez auditionner ?
On va parler dans quelques instants avec Audrey de ce que vous avez fait hier, les premières auditions des associations, mais est-ce que vous allez auditionner par exemple Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire, l'actuel maire de Paris. Oui bien évidemment je vais auditionner vous savez l'enjeu de cette commission dans un premier temps c'est d'abord d'établir une cartographie. L'état a failli de ce point de vue l'état est en incapacité d'avoir une vision nationale et globale.
Pourquoi ? Parce qu'en fait, le périscolaire est géré par secteur dans chaque commune. Et donc SOS Périscolaire a fait un travail remarquable d'ailleurs pour commencer en fait à faire une cartographie. – On va en parler. – Et c ça, c'est le premier objectif.
Le second, c'est de pointer les responsabilités et les failles au plan national, recrutement, formation, organisation du Paris scolaire, et dans un troisième temps, faire des recommandations, mais écouter évidemment tous les responsables politiques, parce qu'à la différence de toutes ces villes, Paris en 2015 avait été alertée via un rapport de l'inspection générale qui disait attention les process ne sont pas clairs, les process sont très permissifs, et donc on le sait, les pédocriminels sont attirés par les maternelles, les élémentaires où ils peuvent vivre leur déviance. Attention, attention, et malgré ça, aucune initiative n'a été C'est un cas particulier, vous dites la mairie, les élus savaient, ils n'ont rien fait ? Absolument.
Ce qui n'est pas le cas dans les zones-villes ? Eh bien on va enquêter justement. En tout cas, vous savez, la non-dénonciation d'un crime est un délit et c'est ce qui s'est produit à Paris.
Alors on va justement regarder ce qui s'est passé hier puisqu'on le disait vous avez donc lancé vos travaux une mission d'information qui a les pouvoirs d'une commission d'enquête ça veut dire qu'elle peut si besoin mener des auditions sous serment et hier pour commencer C'est Audrey, ce sont les associations de victimes SES Périscolaire, Innocence en danger et Mitouécole qui étaient entendues Et on le disait, on constate que le périscolaire finalement c'est une zone grise Oui Auriane, parce qu'il n'existe aujourd'hui aucune donnée national sur cet accueil qui concerne pourtant entre 3 et 4 millions d'enfants chaque jour. Quand on parle du périscolaire, on parle de l'accueil le matin et le soir en dehors des horaires de l'école, de la cantine mais aussi des activités du mercredi, des vacances scolaires, des temps qui sont organisées par les communes. Commune par commune, sous la responsabilité des mairies, vous l'avez dit.
Ce n'est pas l'éducation nationale qui s'en charge. Résultat ? Personne n est capable de dire précisément combien de structures existent dans le public, dans le privé, combien d'enfants elles accueillent et surtout, combien de faits et quels sont les faits et violences recensées.
C'est d'ailleurs l'un des premiers objectifs de votre mission, établir un En état des lieux, alors une information peut-être, même si elle est très parcellaire. SOS Périscolaire hier dit avoir été contacté par 530 familles dans 70 départements et donc 16 régions en métropole et en outre-mer et tout ça depuis 2021 preuve que le phénomène dépasse largement le périscolaire parisien alors il y a quelque chose moi qui a retenu mon attention hier dans les auditions c'est qu'il existe deux formes de périscolaire et notamment une forme de périscolaire dit de garderie, où il n'y a aucun contrôle. Oui, en fait, il faut bien comprendre que les communes parfois ne déclarent pas ce qu'on appelle les accueils collectifs de mineurs, ACM, et donc n'ont pas les mêmes obligations que dans les villes qui, elles, ont déclarées.
Et donc quand on a déclaré aux autorités accueil collectif mineur, on a des obligations. BAFA, taux d d'encadrement, formation, qualification. Or là, aucune obligation.
Et donc les communes peuvent recruter par exemple le jardien, le jardinier municipal qui va faire de la garderie. Et c'est là où en fait il y a une zone grise, c'est qu en fait il y a une telle hétérogénéité, moi je pense qu'il faudra d'ailleurs harmoniser pour que l'on puisse vérifier la vocation des animateurs qu'on emploie, leur qualification parce que c'est une vocation prendre un jardinier municipal, ça s'est produit dans certaines communes, il n'a pas l'empathie, il n'a pas la considération, il n'a pas tout simplement l'habitude d'être au contact des enfants. Et c'est ça qui crée un vrai problème. – Et les associations, Audrey, elles parlent même d'un problème systémique. – Oui, elles insistent sur un point, il ne faut plus considérer ces affaires comme des cas isolés.
Selon elles, il existe des dysfonctionnements profonds dans l'organisation du périscolaire qui créent les conditions de ces violences. On les écoute. qui est un peu réglé comme une horloge.
C'est la famille qui alerte quand il y a un cas, c'est l'institution qui bien souvent minimise ou alors se tait, ne donne plus de nouvelles et l'agent qui reste en poste bien souvent ou alors qui changent d'école pour continuer ailleurs soit dans une autre ville soit même juste dans l'école privée d'à côté c'est pas un problème aujourd'hui et la famille qui insiste et qui subit des pressions soit par l'institution soit par la mairie soit par l'école et c'est l'enfant bien sûr toujours qui trinque cette répétition d'un bout à l'autre du pays c'est pas une marque d'accident isolé c'est bien la signature de ce système là alors vous commencez les auditions mais vous l'avez un peu évoqué pour vous c'est systémique mais c'est systémique les chiffres sont glaçants 110 écoles vous l'avez dit à paris 84 écoles maternelles 20 élémentaires 10 crèches à montreuil par exemple 52 écoles 11 sont concernés dans le département du rhône 55 animateurs suspendus donc le sujet et c'est là où il faudra regarder toute la chaîne de protection de l'enfant à paris par exemple le Le vrai sujet pour moi, il est dans l'application de la réforme des rythmes scolaires de 2013 où il a fallu, parce que ça a été un passage en force, recruter massivement des animateurs, même des milliers. Et que donc, entre le recrutement très peu regardant, parce qu'il fallait boucher des trous en fait. On a pris des vacataires, la formation n'était pas suffisante.
Vous savez qu'aujourd'hui le BAFA, en fait tout le monde l'a. C'est deux jours de formation. Comment est-ce qu'en deux jours on peut apprendre un métier, encore une fois, qui est 13 sensibles, puisque c'est la protection de l'enfance.
Voilà donc le sujet est systémique et l'enjeu c'est de voir comment est-ce qu'on peut justement dans toute cette chaîne de protection, depuis le recrutement jusqu'aux évolutions législatives et pénales, faire en sorte qu'aujourd'hui la circulation de l'information soit plus importante. On a passé beaucoup de temps hier là-dessus parce qu'il y a une omerta systémique au sein des écoles, c'est-à-dire que dès qu'un parent apprend qu'il y a un délit ou un crime, il va voir la directrice d'école et elle dit « attention, il ne faut pas affoler les autres parents ». Mais ne pas affoler les autres parents, ça augmente l'angoisse parce que désormais tout se passe dans des boucles WhatsApp.
On va nous dire « tiens, aujourd'hui tel animateur a été suspendu sans dire les raisons pour lesquelles ». Vous savez, j'ai été très touchée. J'ai un parent qui m'a dit « moi j'ai la chance dans mon malheur de savoir que mon enfant a le statut de victime, il est victime ».
Mais d'autres parents ne savent pas encore s'ils sont victimes. Il y a aussi tout le problème de la brigade de protection des mineurs où on sait qu'en fait la parole de l'enfant s'efface au bout de 2-3 mois. Et il y a aujourd'hui, par manque de moyens... – Des délais trop longs ? – Des délais qui sont beaucoup trop longs et donc des enfants qui pendant des mois n'ont pas été entendus.
Donc moi, cette circulation de l'information, je reviens sur le fait que ce soit systémique. C'est qu'en fait, à tous les niveaux, il y a des obstacles sur la libération de la parole parce que c certains parents ne veulent surtout pas savoir parce que certains directeurs d'école pensent que c'est pas de leurs compétences. Vous voyez, à chaque fois, chacun se renvoie la balle.
Moi, je pense qu'il faut que tous les parents qui ont été témoins ou qui savent des choses devraient s'exprimer aujourd'hui. Et ce sujet de l'information des familles, il en a été question hier, Audrey ? Oui, parce que vous l'avez dit, certaines familles ne savent même pas si leur enfant a été victime, concerné, résultat justement les victimes ne peuvent pas être prises en charge correctement, ni même entendues.
Et alors, c'est ce qui a révélé l'audition d'hier, ces situations, elles perdurent, même après la déflagration du périscolaire parisien, dans une école à Annières, commune Limitrov de Paris. Hier j'ai été informé de ce qu'une procédure de suspension avait eu lieu dans l'une des écoles, l'école Concorde à Annières-sur-Seine et de la même manière que dans plein d'autres situations et malgré tous les retours qu'on a pu avoir de ce que la réponse n'était pas suffisante, eh bien la mairie fait le black-out. On n'a aucune information donnée ni aux parents ni évidemment aux personnes concernées, ce qui est absolument dramatique, qu'il n'y a pas de réunion en public.
Il n'y a aucune information sur la nature des faits qui ont été reprochés à la personne mise en cause. Aucune information sur la période non plus des faits qui sont reprochés à cette personne. Ça vous surprend, ça vous interpelle que même à la lumière des scandales qui ont été révélés, il n'y a encore aucune information.
Parce que je vous le disais, l'Omerta est encore très puissant et l'Omerta les puissants, pas seulement au au niveau des écoles, mais au niveau de l'État aussi. Il faut savoir qu'aujourd'hui, les parents sont complètement paniqués parce qu'on voit encore ce type d'informations et qu'il y a un chiffre qui est très inquiétant et qui démontrent désormais la défiance qu'il y a vis-à-vis des communes et vis-à-vis de l'éducation nationale. On a 13 % à Paris d'inscriptions en moins dans les centres de loisirs pour cet été.
C'est-à-dire que désormais, ça va être le système Les parents vont s'arranger. L'un ne va pas aller travailler pour garder son enfant, l'autre va faire du télétravail. Cette défiance est anormale.
Et moi, encore une fois, le sujet de la confiance est aussi important que celui de la sécurité. Comment se fait-il aujourd'hui que dans nos écoles, encore une fois, dans un lieu qui est censé être sacré, on puisse craindre pour l'intégrité physique de son enfant ? Ça, c'est inadmissible et moi, je ne l n'admets pas.
Et je pense encore une fois à tous ces parents que j'ai au téléphone et qui sont encore aujourd'hui traumatisés, vous savez, dans certaines familles, ça fait remonter aussi des faits qui sont très anciens, qui ont été tués depuis très longtemps. C'est un véritable séisme dans les familles qui sont concernées. Et on le disait, cette question des violences dans le périscolaire ne se limite pas à Paris.
On va aller à Marseille. Justement, on retrouve Pascaline Lécorché. Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous.
Vous êtes adjointe au maire de Marseille, en charge de l'éducation et du périscolaire. Chez vous, un seul cas de violence a été recensé. De quelle manière la municipalité a réagi ? – Alors je tiens déjà à préciser que c'est un seul cas qui a été recensé gravissime ces derniers mois sur les violences sexistes et sexuelles mais qu'en réalité évidemment qu'il y a des cas qui peuvent être remontés également par ailleurs, notamment des cas qui peuvent être remontés pour les violences intrafamiliales, mais également des violences ordinaires ou tout type de violence, quelle qu'il soit.
Ce cas-là qui nous a été remonté, évidemment, il a été pris à bras le corps, comme toutes ces situations. C C'était il y a quelques mois maintenant, dans une école du centre-ville où un intervenant qui se rendait dans cette école pour des raisons techniques a commis une agression sexuelle sur un enfant. Et évidemment tout de suite, une cellule a été mise en place en lien avec l'éducation nationale, un lien a été fait avec les familles de manière à ce qu'il y ait une information qui puisse être donnée.
Il y a eu un rétex, un retour d'expérience aussi de cette situation pour comprendre ce qui s'était passé et évidemment pouvoir réagir. Mais je tiens aussi à vous dire que nous, depuis 2023, nous avions mis en place à la ville de Marseille une mission droit des enfants qui a été enrichie en en 2024 pour devenir une mission de lutte contre les violences faites aux enfants. Et qu'en 2026, c'est une adjointe qui a été nommée au droit des enfants, en plus de mon adjointure à l'éducation et au périscolaire, de manière à ce que ce sujet soit traité de manière massive et à la hauteur des enjeux et bien c'est vrai écoutez je me dis ce serait intéressant de vous auditionner justement parce que voilà il ya des il ya des lieux où ça se passe bien on a vu hier d'ailleurs un témoignage d'une d'un animateur qui avait embrassé sur la bouche un élève et qui a été condamné et c'est comme ça qu'il faut agir en fait le sujet c'est aussi d'ailleurs le traitement des signalements et à paris on a vu qu'il y avait une chaîne de défaillance c'est à dire que parfois il n'y a même pas de signalement et une des auditionnés d'ailleurs le disait je crois que c'est SOS périscolaire les maires parfois ne savent même pas qu'ils peuvent faire un article 40 ils ne savent même pas que l'article 40 existe or n'importe quel citoyen aujourd'hui s'il a pris connaissance en fait d'un délit ou d'un crime peut immédiatement saisir le procureur et donc moi je suis rassurée parce qu'il faut aussi le dire vous savez il y a 90 % des animateurs qui font parfaitement bien leur travail mais aujourd'hui encore une fois je le redis il n'y a pas suffisamment de contrôles et de recrutement en amont qui vérifie en fait la vocation et les profils et ça ça me semble vraiment essentiel mais ça m'intéresserait d'avoir le cas de marseille pendant nos auditions merci madame pascaline les corchets qu'est ce que vous attendez vous de cette mission d'information au regard de votre expérience d'élu est-ce que vous vivez à Alors déjà, je voudrais aussi rajouter par rapport à ce qui vient d'être dit en disant que tout va bien à Marseille.
Je pense que comme nous, ce qu'on a décidé de prendre en main, c'est cette question fondamentale et de se dire qu'encore une fois, on n'a pas le droit de ne plus regarder les choses en face. On se doit d'être à la hauteur et on a la responsabilité des enfants qui nous sont confiés sur le temps scolaire et périscolaire. Le maire de Marseille a utilisé vendredi dans l'hémicycle le mot intraitable.
Moi, je voudrais parler aussi d'intransigeance et c'est vraiment la manière avec laquelle on veut travailler. Ça ne veut pas dire qu'aujourd'hui, tout est encore bien fait. Il y a une marge de manœuvre et donc nous sommes comme justement dans la disposition de nous améliorer, de mettre en place cette stratégie de lutte contre les violences faites aux enfants de manière transversale avec la ville de Marseille et en particulier en ce qui me concerne dans le milieu scolaire et paris scolaire.
Ce que nous on attend je dirais d'une mission parlementaire comme celle-ci, c'est justement qu'elle objective un certain nombre de chiffres. Je crois qu'aujourd'hui il y a vraiment un tabou encore très présent sur ces questions des violences faites aux enfants et qu'il faut lever absolument ce tabou. Et pour le lever, on a besoin d'avoir des chiffres, de connaître la réalité des faits pour pouvoir également la prendre en charge de manière adéquate.
Oui, d'ailleurs, c'est comment dire...
C'est le commencement, justement, de cette commission d'enquête. D'avoir un état des lieux, c'est ce que vous disiez, exhaustif, parce qu'aujourd'hui, il n'y a pas de recensement national. Parce qu'encore une fois, c'est cette zone Gris, c'est cet angle mort qui est le périscolaire où en fait, c'est chaque commune gère son périscolaire.
Et c'est ça la difficulté, c'est qu'en l'occurrence, comme parfois il y a des affaires qui ne sont pas judiciarisées, il est très difficile de savoir à peu près précisément le nombre de traitements de signalement donc c'est notre premier objectif c'est pour ça que je proposais éventuellement donc de devoir de vous rencontrer lors d'une audition mais est ce qu Est-ce qu'il y a eu tout de même des signalements qui ont été faits dans d'autres villes de Marseille ? Parce que là, vous donnez un exemple, mais j'ai entendu dire qu'à Marseille, il y avait quand même aussi quelques délits qui avaient été signalés. Je vous parle là du fait le plus grave avéré chez nous.
Nous avons mis en place à la ville de Marseille, il y a quelques mois, une adresse signalement pour être en mesure de centraliser l'ensemble des doutes qui sont remontés à la ville de de Marseille, d'où qu'ils viennent, par ailleurs, d'où qu'ils viennent. Et tous ces doutes sont traités selon ce qui ressort. Tout est transmis au département, c'est partagé, le cas échéant avec l'éducation nationale et évidemment avec les acteurs du périscolaire pour que la décision puisse être en adéquation avec le signalement qui est fait donc évidemment et nous avons des un nombre de signalements qui est effectivement de quelques dizaines depuis le début de l'année et qui ont été traités de manière à ce que ces signalements ne se transforment pas en faits.
Et lorsqu'il y a des faits, il peut y avoir, il y a eu, il y a quelques semaines, un fait de violence qui n'est pas caractérisable par de la violence sexiste ou sexuelle, mais il en fait de violence, et l'animateur a immédiatement été suspendu. Donc des signalements, il y en a, ils sont traités dans les 48 heures pour qu'en effet ces signalements ne donnent pas lieu à des faits si ça n'a pas encore été fait ou ne s'étendent pas et que la personne qui est mise en doute puisse être retirée du contact des enfants immédiatement. Mais qui a fait le signalement ?
Est-ce que vous-même vous avez été amené à en faire ou non à la demande d'Ali Matel ? En tant qu'élu, non, puisque c'est au niveau des écoles, c'est du terrain que doivent partir ces signalements. Les élus peuvent le faire aussi.
C'est bien ce qu'on reproche à la ville de Paris. Les élus peuvent le faire. Oui, si j'en avais connaissance, évidemment.
Mais nous, les signalements, quand il m'arrive, ils ont déjà été pris en compte. Et moi, je suis les ensembles des signalements qui sont faits au niveau de la ville de Marseille par les personnes qui sont sur le terrain. Évidemment que nous avons le devoir de traiter ce signalement.
Merci beaucoup, merci Pascaline Lécorché d'avoir été avec nous, adjointe au maire de Marseille en charge de l'éducation et du périscolaire. On entend ce que demandent les élus. Audrey, pour terminer, que demandent les associations – D'abord, une meilleure prévention, meilleure formation des animateurs.
Elle souhaite aussi que les contrôles ne se limitent pas au moment du recrutement car certains fichiers mettent du temps à être mis à jour. Donc il veut que les contrôles soient réalisés tout au long de la période d d'embauche. Autre sujet soulevé, les outils de vérification des antécédents.
Les associations estiment que les fichiers actuels présentent des limites, notamment parce que certaines mises en examen n'y figurent pas. Et c'est là que le gros du Le sujet arrive, elle demande que le principe de précaution soit davantage appliqué lorsqu'un professionnel fait l'objet de soupçons graves, même sans condamnation définitive. D'après vous, est-ce qu'il faut un principe de précaution dès la mise en examen, même sans condamnation ?
Oui. Alors il faut faire attention à ne pas tomber dans les excès. Désormais, le principe de précaution égale suspension fait qu'on a des animateurs qui sont chez eux parce qu'ils ont tiré par la manche un un enfant et qui sont, je le dis, au bord du suicide.
Parce qu'en fait, ils sont chez eux depuis six mois sans aucune information, sans aucune perspective sur le fait de retourner ou non devant l'école. Donc il faut avoir du discernement et c'est le cas de le dire du bon sens. Attention, encore une fois ne pas jeter l'opprobre sur tous les animateurs mais moi je suis pour le principe de précaution par principe, c'est-à-dire que dès lors qu'il y a une suspicion, évidemment qu'il faut retirer l'animateur.
Mais attention, encore une fois, aujourd'hui, il y a des situations où les animateurs sont chez eux et sont assez traumatisés aussi, alors que pour le coup, pour certains, ils n'ont rien à se reprocher. Brenne va nous parler du début de cette mission d'information, commission d'enquête. Le rapport est attendu pour l'automne et on suivra évidemment avec attention vos travaux.
Un petit mot politique avant de terminer. On l'a vu dans le journal ce matin dans le Figaro, Laurent Wauquiez qui dit en parlant de Bruno Retailleau sans le citer toutefois il faut savoir se retirer si nécessaire et ce pour éviter un duel entre le RN et la France insoumise à la présidentielle. Est-ce que c'est un peu le coup de poignard fatal pour Bruno Retailleau, est-ce qu'on peut rassembler le pays quand on arrive à rassembler son parti ?
Écoutez franchement cette désignation elle panique nos électeurs parce que l'enjeu c'est la qualification au second tour et moi ce que j'ai envie de dire à Laurent Wauquiez je comprends son idée de vouloir rassembler toute l à droite mais pourquoi est-ce que en fait Gabriel Attal et Edouard Philippe se mettrait se déciderait eux au mois de février 2027 puisqu'ils ont décidé d'un accord d'une clause de revoyure et ils se décideraient quand nous on est en juillet 2026 et on doit d'ores et déjà se retirer ça n'a pas de sens c'est à dire qu'il n'y a pas de raison qu'il y ait aujourd'hui 50 nuances de gauche entre des candidats gauche sociale démocrate gauche radicale gauche républicaine et que on dise à des millions d'électeurs qui veulent une offre politique de droite mais vous avez le choix entre où le centre ou le rassemblement national eh bien moi je dis au milieu entre le centre et le rassemblement national il y a la droite nous n'allons pas mettre notre drapeau dans la poche et bruno retailleux aujourd'hui il porte tout simplement le drapeau des républicains parce qu'il y a des électeurs de droite qui par définition veulent voter à droite. Merci Agnès Évren merci beaucoup d'avoir été avec nous ce matin et Audrey on se retrouve dans 20 minutes pour la revue de presse régionale. Oui je vous parlerai notamment de la prison de Vars c'est près de Grenoble épinglée par la contrôleuse générale de privation des libertés.
Et on voit ça et Marc Fénaud est notre invité il nous
Agnès Evren