François Hollande : "Il n'y a pas de bon moment pour une réforme des retraites, mais il y en a de mauvais"
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9-30.
Et avec Léa Salamé, nous recevons donc ce matin dans le grand entretien un ancien président de la République avec lequel vous pourrez dialoguer dans une dizaine de minutes. Question réaction 01-45-24-7000 et passez autrement par l'application de France Inter. François Hollande, bonjour. Bonjour. Bonjour. Et merci d'être à notre micro aujourd'hui. On voulait évidemment vous entendre sur la réforme des retraites, mais d'abord dans le sillage de la chronique de Pierre Rasky. Question sur l'Ukraine après cette frappe russe sur un immeuble d'habitation à Dnipro. Au moins 30 civils ont été tués. Pierre le disait, un missile de croisière extrêmement puissant a été utilisé par les Russes.
Dans ce contexte, le Royaume-Uni va livrer dans les prochaines semaines 14 chars lourds à l'Ukraine qui réclament des blindés. L'Allemagne et la France doivent-elles, François Hollande, suivre l'exemple du Royaume-Uni et livrer des chars lourds, des chars Leclerc en ce qui concerne la France ?
La stratégie de Vladimir Poutine, c'est de créer un enlisement et de provoquer l'effroi. L'enlisement pour qu'il n'y ait ni vainqueur ni vaincu et qu'il puisse avaler les territoires que son armée même sous-équipée et battue sur le champ de bataille a quand même conquis. Et deuxièmement, de faire en sorte que nous puissions d'une certaine manière accepter l'irrémédiable. Donc c'est ça qu'il cherche aujourd'hui. Et pour cela, il a besoin que l'effroi soit aussi dans la population ukrainienne, d'où le bombardement.
Les Occidentaux, les Européens, les Américains doivent donc savoir que ce qui se joue, ce n'est pas simplement une partie du territoire ukrainien, c'est de savoir si la démocratie gagne à la fin. Et si elle devait perdre, ça aurait des conséquences partout dans le monde. Ça a déjà des conséquences partout dans le monde. Donc il faut aider les Ukrainiens. Ça veut dire livrer des chars Leclerc ou pas ? Livrer des chars qui puissent être immédiatement utilisés. Si on livrait des chars Leclerc aujourd'hui, ça supposerait une disponibilité. Mais au-delà de cette question-là, ça supposerait qu'il puisse y avoir une formation. C'est long. Un an, deux ans peut-être pour les personnels concernés.
Donc le mieux, c'est de faire ce qui a été fait déjà, c'est de livrer des AMX-10. C'est des chars qui peuvent se déplacer plus facilement. Et deuxièmement, de se coordonner avec les Européens. Puisque aujourd'hui, tout le monde veut donner ses chars, mais ce n'est pas les mêmes. Et donc ça crée forcément pour les Ukrainiens une difficulté opérationnelle. On se demande si l'OTAN sert à quelque chose. Eh bien oui, l'OTAN devrait servir à coordonner et à fournir les mêmes matériels aux Ukrainiens qui en ont le besoin le plus impérieux. Car il faut bouger la ligne de front, il faut faire une offensive. Et elle aura lieu dans les mois qui vont venir.
Vous avez balayé la question de la disponibilité des chars Leclerc. Mais enfin, elle est là quand même la question. Puisque depuis 30 ans, où les budgets de la défense ont baissé, eh bien on a de moins en moins de chars Leclerc. Enfin, quand je dis ont baissé, là ça remonte. Le budget de la défense remonte sensiblement depuis quelques années sous Emmanuel Macron. Mais il a baissé pendant 30 ans ce budget de la défense. Et du coup, on n'a plus que 220, Charles Leclerc. Si jamais on a eu une attaque, 220, Charles Leclerc. On en avait 1500 il y a quelques années. Non, on n'a jamais eu 1500 Charles Leclerc. On avait 1500 chars, mais pas des Charles Leclerc.
Les chars Leclerc sont des outils très perfectionnés. 200 paraissaient être la bonne cible. Le territoire français ne va pas être envahi. Donc, Charles Leclerc n'était pas un outil pour aller se projeter à l'extérieur. Mais c'est vrai qu'il y a une logique aujourd'hui de fabriquer, ou plus exactement de réhabiliter des chars Leclerc, qui sont déjà usés pour certains, pour les mettre à la disposition le moment venu, si l'escalade, hélas, est possible de les mettre le moment venu à la disposition d'une force opérationnelle.
Venons-en maintenant, donc, à la réforme des retraites qu'ont présenté Emmanuel Macron et Elisabeth Borne. Décalage à 64 ans avec accélération de votre réforme, Touraine. La durée de cotisation passera à 43 ans en 2027 au lieu de 2035. Cette réforme, il la présente comme une réforme à la fois courageuse et juste qui permettra de sauver le système par répartition. Qu'en pensez-vous ? Ont-ils raison, François Hollande ?
L'avenir du système des retraites, c'est une responsabilité collective. Et s'il y a un déséquilibre structurel du régime des retraites, grâce à l'espérance de vie qui s'allonge ou à des difficultés financières liées au rapport entre les cotisants et les pensionnés, une réforme est possible. La preuve, c'est que j'en ai, moi-même, vous l'avez rappelé, engagé une en 2013-2014.
C'est pas le cas, là ?
Et là, aujourd'hui, pour qu'une réforme soit acceptée, donc acceptable, il y a deux conditions à réunir. La première, il faut que ça corresponde à une situation d'urgence. Sauver le système. Ce qui était le cas en 2013-2014 ou avant. La deuxième condition, c'est que la réforme soit juste. Aujourd'hui, ces deux conditions ne sont pas réunies. D'abord, parce que sur le plan du déséquilibre, il est à terme réel, il y aura 10, 15, 20 milliards d'ici 5 ou 10 ans. Elisabeth Borne parle d'un déficit de 150 milliards d'euros d'ici 10 ans si le système n'est pas réformé. Vous n'appelez pas ça une situation d'urgence ? Non, ce n'est pas une situation d'urgence.
Le déficit annuel serait de l'ordre de 10 à 15 milliards d'ici 5 ans. Mais aujourd'hui, chacun connaît les chiffres. Il y a eu un excédent du régime des retraites en 2021, un excédent en 2022. Donc, qu'il y ait une nécessité de corriger, oui, bien sûr. Mais tout de suite, au moment où les Français connaissent une inflation forte, une crise de l'énergie, une possible récession, la guerre en Ukraine, est-ce que c'est le meilleur moment ? Alors, vous me direz, il n'y a pas de bon moment pour la réforme des retraites. Oui, mais il y en a de mauvais. Celui-là est un mauvais moment.
Et il aurait pu y avoir, dans un mandat présidentiel, d'ici un an, deux ans, trois ans, une remise à plat des régimes de retraite. Deuxièmement, et c'est le point essentiel. Est-ce que la réforme est juste ? Oui, dit Elisabeth Borne, qui avance les 1 200 euros bruts minimum de pension, qui avance la prise en compte des carrières longues, de la pénibilité. Elle dit oui, elle est juste. Est-ce que la réforme est juste ? Ça supposerait que, pour qu'elle soit juste, que chacune et chacun puisse cotiser la même durée au regard de ce qu'a été son activité. Or, ce n'est pas le cas. Il y aura des personnes, notamment les plus modestes, qui vont être obligées de cotiser 44 ans.
Et puis d'autres qui n'auront que 42 ans ou 43 ans. Il y en a qui vont avoir des régimes qui vont les conduire à avoir une retraite qui sera diminuée, puisqu'ils n'auront pas une carrière complète. Et ce sont souvent ceux qui ont exercé des métiers pénibles, qui, grâce à la réforme des retraites que j'avais engagée, pouvaient partir à 60 ans après 42 ans d'activité, et qui seront obligées de travailler jusqu'à 62, 63 ans pour obtenir une retraite à taux plein. Vous me dites, et vous avez raison, il y a quelques corrections, notamment sur le minimum retraite. Faut-il encore avoir fait une carrière complète ?
Pour les femmes, il y aura des inégalités fortes selon qu'elles ont eu des enfants ou qu'elles ont eu des carrières fractionnées. Donc, le vrai problème qui est posé par cette réforme, ce n'est pas tant de demander un effort. C'est que l'effort n'est pas réparti. Pourquoi ? Rien n'est fait sur le travail des seniors. Pourquoi les entreprises ? Il y a un index. Je m'attendais à la remarque, elle est juste. Il y a un index. Est-ce que cet index va créer des obligations ? Non. Est-ce qu'il va être sanctionné s'il n'est pas respecté ? Non.
Et donc, il va y avoir des personnes qui vont être en retraite, qui n'auront qu'une petite retraite, et d'autres qui devront travailler plus longtemps sans avoir la certitude d'avoir un emploi. Donc, là aussi, injustice. Par ailleurs, est-ce qu'on a demandé un effort aux plus grandes fortunes, aux plus hauts revenus, pour financer les mesures de solidarité qui sont nécessaires dans le cadre d'une réforme des retraites ?
Donc, quand la réforme n'est pas justifiée par l'exigence d'un rétablissement rapide et n'est pas juste dans ces propositions qui sont faites, eh bien, vous avez cette colère ou cette inquiétude, ou en tout cas, ce refus de beaucoup de syndicats, et notamment la CFDT, qui, sur des réformes telles que je les avais faites, sur notamment les métiers pénibles, sur les carrières longues, avaient suivi les indications que nous avions données.
70% des Français sont hostiles à cette réforme des retraites, mais le gouvernement compte sur les voies de la droite au Parlement, et sur la lassitude, on l'entendait dans le journal tout à l'heure, sur la lassitude des Français pour faire passer cette réforme sans trop de difficultés. Est-ce qu'en toute honnêteté, vous n'auriez pas fait le même pari à leur place ?
J'ai fait, je vous l'ai dit, une réforme des retraites. Elle ne satisfaisait pas tous les syndicats, même si certains soutenaient la réforme. J'ai cité les syndicats réformistes parce qu'il y avait justement la reconnaissance des carrières longues, les critères de pénibilité qui permettaient donc à ceux qui avaient fait des métiers difficiles de partir plus tôt. Nous avions fait des corrections pour que les trimestres soient mieux valorisés, et donc même quand il y avait des carrières incomplètes. Et donc on avait des marges de négociation, et on a pu avoir le soutien. Là, qu'est-ce qui fait le problème principal ? Ce n'est pas tant l'allongement de la durée de cotisation, l'accélération.
Finalement, elle était dans la réforme que j'avais présentée avec Marisol Touraine et Jean-Marc Ayrault. Non, ce qui fait problème, c'est le report de l'âge légal. Donc il aurait dû faire quoi en fait ? Je pense qu'une bonne réforme des retraites, à un moment où elle aurait dû être lancée, c'est-à-dire dans quelques mois ou quelques années. La bonne réforme, c'est de ne pas relever l'âge légal de la retraite, de passer de 62 à 64 ans. Donc rester à 62 ans et accélérer ? De faire trois choses.
Le travail des seniors, qui doit être incité beaucoup plus fortement et avec des sanctions dans les entreprises qui mettent en retraite ou en pré-retraite des salariés qui veulent travailler et qui ne sont pas forcément en âge de pouvoir prendre leur retraite. Deuxièmement, d'avoir l'allongement de la durée de cotisation pour tout le monde, 43 ans, c'était prévu en 2035. Et l'accélérer en 2027 ? Mais c'était une mesure juste. Chacun connaissait la règle. Donc en fait, il fallait rester sur votre réforme, c'est ça ? Il fallait rester sur votre réforme et l'accélérer, c'est ça ? Oui, l'accélérer et tout en étant toujours respectueux des critères de pénibilité et des carrières longues.
Et enfin, appeler des recettes supplémentaires. Il faut des recettes supplémentaires. Vous dites, il faut trouver 10 à 15 milliards chaque année à partir de 3 ou 4 ans. Et comment on les trouve, François Hollande ? Je vais vous les donner. Vous savez, ce que j'avais fait moi-même, un relèvement des cotisations sociales, aussi bien patronales que salariales, on va me dire, un point de cotisation sociale, c'est 9 milliards. Il ne s'agissait pas de le faire en une seule fois. On pouvait l'étaler sur 5 ans. On trouvait donc, à l'horizon de 2030, 10 milliards d'euros. Donc, augmenter les impôts. C'est votre solution. Oui, mais j'y reviens.
Je vais même en citer un autre impôt, qui est celui de la taxation des hauts patrimoines et des hauts revenus, qui permettait d'avoir le complément sur le financement des mesures de solidarité. Ce qui n'est pas contributif. Ce qui est contributif, c'est les cotisations sociales. Ce qui n'est pas contributif, c'est les mesures de solidarité, justement, minimum vieillesse, aussi pour les carrières longues, ou pour les femmes, ou pour les personnes handicapées. Là, c'est l'effort qu'on devait demander aux plus revenus. Vous dites impôts.
Mais pour ceux qui vont travailler plus longtemps, pour ceux qui avaient pensé partir au bout de 42 ans d'activité, qui vont partir après 43 ans, 44 ans, ce n'est pas un impôt ? Ce n'est pas l'impôt du temps ? Ce n'est pas l'impôt de la vie ? Alors pour certains, on dira non, il ne faut pas qu'ils payent d'impôt. Mais vous savez, beaucoup de salariés préfèrent payer 0,1% de cotisation en plus que de vouloir travailler un an ou deux ans de plus. Donc la justice, ce n'est pas considérer que l'impôt serait forcément à proscrire. La justice, c'est de permettre que ceux qui ont le plus donnent davantage que ceux qui ont le moins. Vous espérez une grande mobilisation ?
Vous pensez encore qu'il peut faire arrêter, empêcher la réforme ? Moi, je ne suis pas dirigeant syndical, je ne suis pas là pour dire qu'il y a une grande ou une petite mobilisation. Je pense qu'elle sera très forte, je dis, si on en croit ce que disent les principaux dirigeants syndicaux. Ensuite, la vraie question, elle est politique. Il y aura un débat au Parlement, est-ce que le gouvernement va faire des gestes, des concessions, compte tenu de l'ampleur de la mobilisation, ou pas ? Et si le gouvernement arrivait à passer sa réforme, ce qui est possible dans une démocratie, c'est le Parlement qui décide, s'il arrivait à passer sa réforme, il y aura une frustration, il y aura une colère.
Comment elle va déboucher cette frustration et cette colère ? C'est toute la question. Et donc, il y a un moment, s'il n'y a pas une alternative de gauche sérieuse, crédible, qui se porte, on sait bien où ça va aller. Ça, c'est un risque démocratique sérieux, ce que le gouvernement et le président de la République devraient entendre.
On est au standard avec Dominique, que je salue. Bonjour, vous avez 60 ans, je crois, et dites-nous, expliquez-nous votre situation.
Bonjour, M. de Morin, M. le président. Voilà, je m'appelle Dominique Morel, je vais avoir 60 ans en 2024. J'ai commencé à travailler à l'âge de 15 ans. Je vais partir à 60 ans en retraite. Je fais partie de la petite minorité de gens qui vont continuer à partir à 60 ans. M. Hollande, vous avez fait une réforme des retraites en 2013. Ce que vous oubliez de dire, M. Hollande, c'est que des gens comme moi, qui partent à 60 ans, se voient amputés de 10 % de leur retraite complémentaire. C'est vous et votre ministre de l'économie, M. Macron, qui avez sorti cette loi. Je vais donc, après 45 ans de travail, perdre 10 % de ma complémentaire pendant des ans.
Il y a des milliers de gens qui ont travaillé toutes les années comme des bruts et qui se font voler sur leur retraite. Et c'est vous, M. Hollande, qui avez sorti cette loi qui va m'empêcher d'avoir une retraite complète. 10 % c'est peut-être pas grand-chose pour vous avec votre retraite. Pour nous, les petits, les sans-grade. C'est énorme. Alors, vous avez mis en place M. Macron Dominique,
Dominique, on entend votre émotion. Malheureusement, la ligne est assez mauvaise, mais on a entendu aussi à la fois quelle était votre situation et quelle était la question que vous posiez à François Hollande qui va vous répondre.
Oui, oui, mais je vous entends et je peux comprendre l'émotion qui vous étreint, mais je dois rétablir un certain nombre de faits. Le premier fait, c'est que la réforme des retraites qui a été engagée sous mon quinquennat permettait justement à des salariés qui avaient commencé très tôt, 15 ans, 16 ans, de pouvoir partir à la retraite à 60 ans et même avant 60 ans avec un taux complet de retraite. M. Macron n'a jamais été ministre en charge de quoi que ce soit en matière de retraite.
Donc, lorsqu'il y a eu des décisions qui ont pu être prises, si vous faites allusion à la majoration des 10% pour les charges familiales qui, bien sûr, ont été maintenues mais ont été imposées à l'impôt sur le revenu, ce n'était pas la réforme des retraites telle que je l'avais engagée, c'était une mesure fiscale. Donc, je peux comprendre l'émotion qui est la vôtre mais je veux rétablir et comprenez-le bien un certain nombre de faits.
François Hollande, venons-en maintenant rapidement au Parti Socialiste puisque le 19 janvier, il y a la mobilisation syndicale, il y a la grève comme vous dites mais il y a aussi le vote au Parti Socialiste avec ce second tour pour désigner le premier secrétaire. En octobre dernier, vous aviez demandé à la direction actuelle, celle d'Olivier Faure, de laisser la place estimant qu'elle avait failli. Finalement, Olivier Faure est arrivé en tête du premier toit avec 49,15% presque la majorité. En seconde position, Nicolas Maillard-Rossignol avec 30%. Est-ce que vous saluez la performance d'Olivier Faure ?
Ben non, je ne salue pas cette performance parce qu'il y a 5 ans, le Parti Socialiste, c'était à peu près 80 000 adhérents. Aujourd'hui, c'est la moitié, 40 000. Sur les 40 000, il y en a la moitié qui sont venus voter, 20 000. Sur les 20 000, il y en a la moitié qui sont venus voter à peine pour Olivier Faure. C'est-à-dire parler d'une performance. Donc, qu'est-ce qui est en cause aujourd'hui ?
C'est de savoir si, compte tenu de la situation que je viens de décrire, sociale, politique, il est possible de redresser la gauche et ça suppose qu'il y ait une force centrale qui a longtemps été le Parti Socialiste et qui ne se confond pas avec simplement LFI dont on voit bien l'État aujourd'hui et l'impossibilité que cette organisation... Quel est l'État d'LFI aujourd'hui ? Vous voyez, ils ont même des frondeurs, c'est vous dire où ils en sont arrivés. Donc, il y a la nécessité de redresser la gauche et je pense que vous avez évoqué Nicolas Meyer-Rossignol... Vous appelez à voter clairement pour lui ce matin ?
Je suis adhérent encore du Parti Socialiste, je vais voter pour Meyer-Rossignol mais je ne veux pas le compromettre, je ne veux pas le mettre en difficulté, je vous dis simplement qu'il me paraît être celui qui peut rassembler les socialistes et tout en étant attaché à l'union de la gauche de faire en sorte que le Parti Socialiste existe. la vraie question c'est est-ce qu'on veut qu'il y ait une alternance en France en 2027 ou avant qui puisse offrir une espérance au pays et si cette alternance ne vient pas de la gauche elle viendra de l'extrême droite.
Et si Olivier Faure l'emporte vous appelez ce matin les opposants à la nu par respecter le fait majoritaire à l'intérieur du PS ou vous leur dites maintenant il faut partir et créer autre chose ailleurs ?
Je pense que quand il y a un vote il faut toujours accepter le verdict du vote. Après ça n'empêche pas qu'il y ait des illisives pour réfléchir à ce que peut être la gauche de demain mais je ne me place pas dans cette hypothèse. Je pense que Nicolas Meyer-Rossignol peut gagner et même s'il n'y parvenait pas ce qui serait tout à fait fâcheux je pense qu'ils auront tous à cœur les uns et les autres pour travailler justement à cette alternative. Mais quelle alternative ?
En fait depuis que vous êtes plus au pouvoir depuis 5 ans on vous reçoit assez souvent à la matinale et vous nous dites il est temps de réformer la gauche d'avoir une alternative enfin il y avait une élection présidentielle il y a 6 mois où il y a eu une alternative elle s'appelle Anne Hidalgo je ne vais pas rappeler son score mais Jean-Luc Mélenchon on connaît vos réserves à son endroit mais il a fait 22% non ?
Oui mais écoutez moi je ne suis pas le dirigeant du parti socialiste je n'étais pas aux responsabilités d'un mouvement politique pendant ces 5 ans là ça donne peut-être des regrets mais je ne l'étais pas bon deuxièmement vous dites Jean-Luc Mélenchon il a fait un score qui lui a permis de faire plus de 20% mais il n'était pas au second tour il a prétendu après qu'il pouvait être le fédérateur d'une gauche qui n'a fait que 27 ou 28% dans les élections législatives et il n'est pas devenu premier ministre on sait bien que la position de radicalité qui est la sienne ou celle de son mouvement ne permet pas d'avoir une vocation majoritaire donc on peut rester dans une culture de protestation ça peut durer des décennies comme ça où la gauche restera dans la rue quand elle aura à se manifester c'est tout à fait légitime et puis elle restera aux marges parce qu'elle ne veut pas même proposer une contre-réforme des retraites c'est-à-dire qu'à un moment il y a une nécessité de s'opposer puis il y a une nécessité de proposer et moi ce que je fais là aujourd'hui il y a une autre réforme des retraites vous n'entendez pas le parti socialiste dire il y a une autre réforme vous l'avez entendu vous il a dit non enfin le parti socialiste il a dit je suis pour le retour de la retraite à 60 ans mais c'est un slogan qui remonte à longtemps et qui n'est même pas crédible moi j'ai fait une réforme qui permet de partir à 60 ans on pourrait au moins la saluer en disant ben là revenons restons sur ce qui se passe aujourd'hui en améliorant et en demandant des efforts supplémentaires si c'est nécessaire la contre-proposition elle est dans la dans la fonction même d'une formation politique
question politique précisément au standard inter avec Sylvain bonjour et bienvenue oui bonjour l'équipe de France Inter
bonjour monsieur le président
bonjour
je voulais vous interroger monsieur le président sur savoir si la si vous aviez vraiment conscience que à la prochaine échéance présidentielle le risque rassemblement national était plus que présent navrant mais présent et je voulais avoir aussi votre avis et ça vient à la suite de toutes les questions qui m'ont précédé sur l'état de la gauche sur votre part de responsabilité suite à votre mandat présidentiel dans cette perspective vraiment navrante qui voilà qui est vraiment effrayante
merci Sylvain pour cette question François Hollande
sur la perspective je viens de l'évoquer et je vous remercie d'y insister c'est à dire que s'il ne se recrée pas une force centrale en l'occurrence ce qu'a pu être le parti socialiste s'il n'y a pas une union qui soit fondée sur l'audace sur un certain de transformation mais sur la crédibilité ben voilà vous aurez forcément le risque d'avoir une extrêmement qui ne s'appellera d'ailleurs même plus ainsi et qui fera face à une autre droite plus modérée à l'élection présidentielle on connaît maintenant à peu près le scénario donc si on veut éviter le scénario on peut toujours revenir sur le passé moi je vous ai dit je revendique ce que j'ai fait je suis conscient de ce que nous n'avons pas pu tout réussir mais la gauche elle a vocation à regarder l'avenir Maxime vous dit un peu comme notre éditeur Maxime sur l'appui France Inter incroyable que monsieur Hollande ne se sente pas responsable de la chute du PS qui a eu lieu durant son mandat non je suis désolé de le dire d'abord commençons par le début j'ai été élu président de la république je suis le deuxième socialiste à l'avoir été bon donc je peux parler en connaissance de cause de la manière avec laquelle on peut être élu président de la république de gauche ça suppose de rassembler au-delà même de sa propre famille du parti socialiste en l'occurrence et de la gauche pour avoir cette majorité deuxièmement je revendique ce que j'ai fait pendant 5 ans et je ne vais pas ici faire la liste de toutes les réformes vous avez fait mais vous n'avez pas pu vous représenter qu'il y ait eu des divisions de la gauche qui m'ont empêché de me représenter c'est exact et on voit bien où ça nous a conduit et on peut continuer à avoir effectivement cette radicalité qui ne veut jamais regarder en face la réalité donc si on veut être plus à gauche que tout le monde et bien on aura un gouvernement ou un président de la république qui sera de plus en plus à droite jusqu'à l'extrême droite donc il faut en tirer des conséquences je ne parle pas de moi en l'occurrence il faut en tirer les conséquences est-ce que l'on veut aller vers la reconstitution d'une gauche capable de gouverner et bien moi je l'assume et si on veut simplement revenir sur le passé en se tapant en battant la coupe et en disant c'est pas de notre faute c'est la faute de celui qui a été président de la république comme on pouvait le dire de François Mitterrand avant moi ou de Lionel Jospin qui a fait des réformes aussi importantes et qui a été victime de la division de la gauche continuons ainsi et moi je ne veux pas continuer ainsi je veux que ça se termine je veux que la gauche se remette à travailler mais la NUP c'est pas l'alliance de la gauche ?
la NUP c'est une alliance c'est pas l'anti-division de la gauche ? mais c'est une alliance électorale qui ne est fondée sur aucun programme crédible et qui aujourd'hui est incapable de faire une contre-proposition sur les retraites et pire encore est incapable d'avoir à LFI puisque c'est le parti principal d'avoir des élections pour désigner ses dirigeants donc si vous pensez que c'est un modèle pour la gauche que d'avoir un parti qui est dirigé par un homme qui désigne lui-même ses candidats et ses dirigeants et qui n'accepte pas la contradiction moi je pense que la gauche c'est la gauche qui assume la démocratie jusqu'au bout
François Hollande merci d'avoir été au micro d'Inter ce matin il est 8h47
François Hollande