«La gauche s'est marginalisée en se coupant de ses électeurs», considère Aquilino Morel
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Vous dites que la réélection de Trump en 2024 est une lettre ouverte à la France. Qu'entendez-vous par là ?
- 4:00OuverteRéponse directe
Trump est-il de droite ou cette classification est-elle trop simple ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Pourquoi la gauche a-t-elle abandonné les classes populaires pour les minorités ?
- 9:00OuverteRéponse directe
Vous parlez de racisme institutionnel de la gauche envers l'extrême droite. Comment est-ce reçu à gauche ?
- 13:00OuverteRéponse directe
Quel programme proposez-vous pour un populisme de gauche, notamment sur l'immigration ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Aquilino MorelFait
« la réélection de Trump en 2024, c'est une lettre ouverte à la France et aux Français »
- 4:00Aquilino MorelFait
« il a pris le pouvoir du parti républicain en 2016 et il a complètement transformé »
- 8:00Aquilino MorelFait
« la gauche institutionnelle inflige une sorte de racisme institutionnel à ce qu'elle appelle l'extrême droite »
- 14:00Aquilino MorelFait
« la vraie gauche, c'est la gauche de l'assimilation des immigrés »
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Europein matin, il est 7h11 sur Europe 1. Dimitri [musique] Pavlenko, vous recevez ce matin l'essée et ancien conseiller de François Hollande, Ailino Morel. Bonjour Akilino Morel.
Bonjour. Bienvenue sur Europein. Vous publiez ces jours-ci chez Grassé un livre passionnant, la France au miroir de l'Amérique quand les progressistes font triompher le populisme.
Alors, vous mettez dans ce livre en parallèle l'ascension du trumpisme aux États-Unis et du rassemblement national en France qui n'ont pas tout à fait la même ADN politique, mais la dynamique est assez intéressante à comparer. On va peut-être commencer par les États-Unis, Kilino Morel si vous le voulez bien. Donald Trump qu'on a beaucoup de mal à saisir dans toute son ampleur politique notamment en France.
Au début de votre livre, vous écrivez qu'on a de lui, de Donald Trump en Europe pas qu'en France, une vision paresseuse. Et alors, vous avez cette phrase que j'ai trouvé intéressante. Vous dites que la réélection de Trump en 2024, c'est une lettre ouverte à la France et aux Français.
Qu'est-ce que vous voulez dire par cette formule ? Je veux dire par là que d'abord, chacun le sait, les États-Unis précèdent souvent les les autres pays du monde et singulièrement la France. Et ce qui arrive chez eux souvent arrive chez nous avec une dizaine d'années de retard ou une vingtaine d'années de retard.
C'est un phénomène bien connu. Et puis par ailleurs, vous le soulignez vous-même, il y a une parentée. Il y a une parenté dans l'électorat des des deux camps, l'électorat Maga, l'électorat trumpiste et l'électorat Ren.
Dans les deux cas, ce sont des classes populaires puis moyennes qui ont été soit abandonné dans le cas des classes populaires, soit déclassées pour ce qui concerne les classes moyennes et qui se sentent orphelines de ce qui fut autrefois leur camp, c'est-à-dire la gauche, les démocrates aux États-Unis et ici en France, le Parti socialiste et les autres forces de gauche. L'icône de la gauche mondiale, Naomi Clin a dit les choses très bien. Elle a dit le trumpisme est le miroir déformé des idées qui furent autrefois centrales dans la gauche américaine. ce constat là, on peut faire le même constat en France et par ailleurs, comme vous l'avez rappelé, il y a cette force, cette dynamique très puissante qui a conduit un homme qui était totalement rejeté par l'establishment à être élu une première fois en 2016 puis contre l' vie générale de tout le camp de la des démocrates qui disaient que ça qu'il constituit une menace existentielle ou mortelle pour la démocratie américaine à être réélu.
Et chez nous en France, nous avons cette progression très puissante du Rassemblement national depuis 40 ans. Mais est-ce que je dois comprendre que Donald Trump vous le classez euh à droite à Kilino Morel ou vous dites "C'est plus compliqué que ça ? C'est plus subtile que ça ?" C'est plus compliqué que ça dans la mesure où bien entendu il est de droite puisqu'il est le le candidat et le chef du parti républicain.
Oui. Mais qui n'a plus rien à voir avec les était il y a 25 ans. Rien.
Qu'il a complètement transformé. Il a pris le pouvoir du parti républicain en 2016 et il a complètement transformé. Il a chassé les vieilles familles, les BUh, les Rometis, tous les gens qui étaient des conservateurs classiques et il a transformé le parti républicain en un nouveau parti MAGA qui est un parti qui prend sa force, ses idées, ses thèmes et ses propositions électorales dans ce qui fut autrefois le je dirais le vivier intellectuel et humain de la gauche.
Et vous avez la même chose avec le RN en France. captation d'héritage, vous pensez qu'ino mor captation d'héritage mais enfin captation non il reprend un héritage abandonné par la gauche elle-même. Mais la question que je voudrais vous poser parce que finalement c'est assez connu cette idée d'une gauche française, la gauche américaine aussi qui aurait entre guillemets changé de peuple lâchant les classes laborieuses pour les minorités.
C'est assez connu. Moi ce que j'aimerais vous m'expliquiez et vous le faites dans votre livre, vous avancez des explications. Pourquoi la gauche a-t-elle fait ça ?
À quel moment s'est-elle dit c'est gagnant d'abandonner les classes laborieuses, les classes populaires qui sont nombreuses pour les minorités ? C'est venu progressivement à partir de la de la fin des années 80 lorsque ce qu'on appelle la mondialisation, la globalisation s'est installée parce qu'à ce moment-là et bien plus d'alternative économique hein, c'est la fameuse phrase de de madame Thatcher, there is no alternative, il y a pas d'alternative. Donc soit vous vous soumettez à la mondialisation et au marché, soit vous disparaissez.
Et à ce moment-là, elle a bien fallu trouver des thèmes nouveaux, des catégories sociales nouvelles, des une forme d'idéologie nouvelle. Et c'est ce qui est apparu à ce moment-là. C'est ce que Fukuyama appel le libéralisme he le libéreralisme c'est-à-dire bah on va dire à ses aux minorités aux jeunes, aux femmes, aux travailleurs de la de l'économie de la connaissance de se réunir dans une forme de coalition, ce qu'on avait appelé à l'époque la coalition BAM pour essayer de l'emporter parce que on pensait ces ces stratèges là pensaient que c'est cette coalition était démographiquement gagnante.
Et alors vous diriez que c on a vu le résultat le résultat c'est tout ça pat àra s'est écroulé avec Trump et chez nous ça n'a jamais même pris forme et et depuis la fin de Mitteran qui était le grand instigateur de cette de cette nouvelle vision avec SOS racisme et cetera, bien on voit que la gauche progressivement s'est marginalisé en se coupant de ses électeurs. Vous étiez venu nous parler à Kilino Morel sur l'antenne d'Europain de votre précédent livre aussi et et je je vous le dis publiquement mais je vous l'ai dit à titre personnel mais j'apprécie votre honnêteté intellectuel parce que vous pensez un peu aussi contre vous-même, contre votre camp aussi qui euh je pense n'apprécie pas tout ce que vous dites. Alors vous avez une phrase, je voudrais que vous me la commentiez.
Vous dites qu'en France comme aux États-Unis, la gauche institutionnelle inflige une sorte de racisme institutionnel à ce qu'elle appelle l'extrême droite dans une logique absurde de suicide électoral suite sur le plan électoral. Donc quand vous dites ça, vous êtes en train de nous dire, vous coupez le cordon sanitaire, quoi. Vous dites euh mettre l'extrême droite à l'amende finalement systématiquement euh vouloir la sortir du du champ de l'arc républicain comme on dit en France est politique suicide et électoralement suicidaire.
Comment c'est reçu aujourd'hui à gauche ce que ce que vous dites ? Est-ce que vous êtes aujourd'hui considérez vous-même comme encore de gauche ? Je nenais pas la moindre idée et j'aurais envie de vous répondre que je n'en ai absolument absolument pas cur.
Ça ne m'intéresse pas. Moi, je suis un homme de gauche, si on l'entend, dans son acception classique, celle qui celle de millions de Français qui d'ailleurs ne votent plus pour les partis de gauche. J'ai vu les le parti auquel j'appartenais dérivé lentement mais très sûrement vers une position qui n'est pas la mienne, qui est une position minoritaire sociologiquement et politiquement.
Et je le vois effectivement, comme vous rappelez, lui et l'ensemble des autres forces de gauche, systématiquement mépriser et insulter les électeurs qui l'ont quitté, ce qui est à la fois immoral. C'est certain absurde sur le plan politique et suicidaire sur le plan électoral. Parce que cet électoral là qui est centrale pour la gauche qui est à peu près 30 % des voix, si vous lui dites "Écoutez, vous nous intéressez pas, vous êtes devenu en fait un ramassi d'homophobe, de transphobes, de de sexistes, de racistes, des gens infréquentables." C'est ce qu'avait dit d'ailleurs Hillary Clinton, vous le savez, en 2016, le panier des déplorables.
Et bien, qu'est-ce qui se passe ? Vous perdez votre raison d'être qui est précisément de défendre ces classes populaires laborieuses et vous condamner à la à la comment dire à la marginalité politique électorale. C'est le choix qu'a fait une partie de la gauche la gauche des partis la gauche des citoyens partie ailleurs.
C'est triste mais c'est ainsi. dans d'autres formations, certaines d'entre elles, certains d'entre eux chez Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise beaucoup beaucoup plus nombreux au rassemblement national et ça c'est la la tragédie actuelle de la de la gauche française. Alors vous plaidez d'ailleurs dans votre livre pour un populisme de gauche, ce qui est intéressant donc déjà vous ne repoussez pas cette notion de populisme dans les poubelles de la politique avec Kilino Morel hein.
Mais ça dépend ce qu'on appelle le populisme aujourd'hui. Le populisme c'est un mot qui sert à disqualifier l'adversaire et non à le qualifier, qui sert à à le mettre de de côté dans le débat. Mais moi, mon populisme, celui que je défends, c'est le populisme de Roosevelt, le populisme d'Obama, celui qui n'a jamais séparé le combat pour l'égalité, l'égalité sociale, sociétale entre les races, entre les personnes, du combat pour le progrès social.
Jamais. Ces hommes-là ont toujours été capables de mener les deux combats de front. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'ils ont été des grands présidents très largement élus et qui ont marqué l'histoire de leur pays.
C'est ça qu'il nous faut aujourd'hui. On dit que le populisme est un cheval sauvage qu'il faut savoir dompter. parce que dans le populisme il y a le pire potentiellement la discrimination l'autoritarisme l'extrémisme mais il y a aussi le meilleur c'est une une énergie démocratique aussi et aussi comment vous dire la nécessité l'impératif de renouer le dialogue avec des gens ceux des classes populaires et moyennes que l'on a abandonné et écarté alors qu'à concret vous faites quoi de l'immigration par exemple du sujet immigration dans votre logique d'un populisme de gauche quel programme bah le programme c'est une maîtrise la plus stricte possible de l'immigration qu'elle soit légale ou illégale.
Je vous parlais tout à l'heure d'Obama. Obama est resté en France et ailleurs dans le monde comme une icône progressiste parce qu'il avait été le premier président noir avait avoir été élu. Mais Obama lorsqu'il a été président des États-Unis, il a déporté comme on dit aux États-Unis, c'est-à-dire refoulé hors du territoire américain 3 millions 3 millions d'immigrés illégaux.
Il a été traité à l'époque par les wistes radicaux, par la gauche démocrate radicalisée de porter in chief, déportateur en chef. Donc c'est c'est lui qui l'a fait. C'est pas euh même monsieur Trump qui qui procède d'une manière très différente et et très cruelle, très violente.
Obama l'a fait. Donc la vraie gauche, c'est la gauche de l'assimilation des immigrés. Et pour assimiler les immigrés, pour en faire des Français, il faut maîtriser l'immigration.
C'est un impératif. Les deux questions vont ensemble et doivent être traités ensemble. La France au miroir de l'Amérique quand les progressistes font triompher le populisme, c'est donc le titre de l'ouvrage d'Aquilino Morel par Rucher Grass, merci d'être venu nous en parler ce matin.