"Ils ont essayé de fermer le lycée pour nous ralentir", la mobilisation des lycéens reprend à Tarbes et Pau ce mardi
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Défensif 100 %
Questions et réponses
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- 0:11OuverteRéponse directe
Bonjour, vous êtes au lycée Saint-Jean-Pers-à-Pau en terminale ?
- 0:20OuverteRéponse directe
Vous allez rejoindre les manifestations tout à l'heure à Tarbes à 8h30 devant votre lycée, Jules ?
- 0:31OuverteRéponse directe
On a vu hier que les blocages en Berne et en Bigorre n'ont pas vraiment repris. L'idée, là, aujourd'hui, c'est de relancer le mouvement avant les vacances ?
- 1:37ComplaisanteRéponse partielle
Je vous laisse écouter Sonia, puis je vous fais réagir après.
- 1:57OuverteRéponse directe
Ça vous fait quoi d'entendre des messages comme ça ?
- 2:25OuverteRéponse directe
Il y a des échanges un petit peu de violences ? Comment ça se fait qu'il y ait ces matraquages ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:53InvitéFait
« Marie Curie, c'est une manifestation qui a été déclarée par l'intersadicale, donc avec la CGT, FSU et tout ça. »
- 1:19InvitéFait
« Ils ont essayé de fermer le lycée pour nous ralentir. »
- 1:44InvitéFait
« Elle a utilisé des armes de guerre, des LVD. »
- 2:14InvitéFait
« Notamment devant Jean Dupuis, où on s'est fait lancer des gaz lacrymo. »
- 2:18InvitéFait
« Puis, on a des policiers en civil qui sont venus nous matraquer à la matraque télescopique. »
- 3:42InvitéFait
« Ça nous fait peur. »
- 5:08InvitéFait
« Alors qu'on nous dit que l'égalité des chances, ça se fait là. Et qu'il y a des gens qui, même en travaillant, en ayant des bons dossiers, qui se retrouvent sans école à la suite de Parcoursup. »
- 5:32InvitéFait
« C'est aussi toute la notion géographique. C'est-à-dire qu'on n'a plus cette chance-là de pouvoir aller s'inscrire à une université. »
- 6:00InvitéFait
« Je suis au Parti Communiste et je milite avec le mouvement des jeunes communistes de France. »
- 6:42InvitéFait
« Mais on essaye de ne pas les faire transparaître dans le mouvement ou au moins de faire quelque chose qui fait agréger quand même les gens un minimum et de rassembler tout le monde. »
Temps de parole
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Ici Berne Vigor, premier sur l'actu locale.
Et
à 7h44, deux lycéens sont dans notre studio qui répondent à vos questions, Shannon Marini. Oui, et Eulali, bonjour, vous êtes au lycée Saint-Jean-Pers-à-Pau. Oui,
c'est ça,
en terminale. Et bonjour, Jules, vous aussi en terminale au lycée Marie Curie à Tarbes.
Oui, c'est ça, bonjour.
Vous allez rejoindre les manifestations tout à l'heure à Tarbes à 8h30 devant votre lycée, Jules Marie Curie. Et puis à Pau, ce sera à 10h30 devant la préfecture. Alors, on a vu hier que les blocages en Berne et en Bigor n'ont pas vraiment repris. Il y
a
eu une tentative à Saint-Cric, à Pau, que ça n'a pas tenu longtemps. L'idée, là, aujourd'hui, c'est de relancer le mouvement avant les vacances de vendredi soir.
Oui, c'est ça, ce qu'on espère. Marie Curie, c'est une manifestation qui a été déclarée par l'intersadicale, donc avec la CGT, FSU et tout ça. Sauf que le lycée a fermé les portes pour aujourd'hui, comme ils l
'ont
fait déjà la semaine dernière. Et donc, on espère qu'on va quand même avoir des lycéens qui vont être mobilisés tout le long du trajet qui a été déclaré. Mais voilà, on espère.
Il
faut relancer, là, un petit peu, c'est ça, Eulalie ? Oui, de notre côté, c'est aussi compliqué en termes d'organisation. Mais il y a quand même des élèves mobilisés qui essayent, qui continuent.
Tous
les matins, il y en a. Après, c'est plus ou moins compliqué. Ils ont essayé de fermer le lycée pour nous ralentir. Mais certains élèves espéraient pouvoir refaire un blocus d'ici
aux
vacances.
Alors, Sonia, hier, a réagi sur ICB & Bigore dans notre émission consacrée au mouvement lycéen. Je vous laisse écouter, puis je vous fais réagir après. Je
suis tout à fait solidaire avec ce mouvement. Ce que je rétrouve aussi, c'est la façon dont la police les a traitées.
Elle
a utilisé des armes de guerre, des LVD. Et ils sont comme des robocops dans la rue. C'est inadmissible. Nos jeunes sont notre avenir. Et je salue les étudiants pour leur courage et leur détermination.
Ça vous fait quoi d'entendre des messages comme ça
?
Déjà, on est très contents de voir qu'on est soutenus aussi par les plus grands. Et on est d'accord,
en
fait. Moi, personnellement, je suis d'accord. À Tarbes, par exemple, on a eu une violente répression quand même. Notamment devant Jean Dupuis, où on s'est fait lancer des gaz lacrymo. Puis, on a des policiers en civil qui sont venus nous matraquer à la matraque télescopique. Donc, on a eu une violente répression quand même.
Il y a des échanges un petit peu de violences ? Comment ça se fait qu'il y ait ces matraquages, par exemple ?
Il y a des échanges. Après, ils sont un peu disproportionnés. Nous, c'est des mortiers de feu d'artifice. Alors, ce n
'est
pas sympa de recevoir des mortiers de feu d'artifice, je le conçois. Mais recevoir des lacrymos et des coups
de
matraque en échange, on trouve ça un peu quand même un peu gros.
Est-ce que, eux, Lali, par exemple, vos parents soutiennent le fait que vous
manifestiez
?
Ils
soutiennent le fait que vous manifestiez. Ils sont d'accord avec les revendications. En revanche, il y a un côté violent. Et ils me disent de faire attention. Mais ça, c'est tous les parents, je pense. Ils sont d'accord avec les faits. Et c'est juste compliqué au niveau sécurité. Mais après, ils ne vont pas aller m'interdire de manifester.
C
'est mes droits. Et du coup,
voilà.
Eulali et Jules sont nous invités ce matin, lycéens à Pau et Tarbes. Ils continuent de répondre à vos questions, Shannon. Alors, les absences avec Parcoursup peuvent vous pénaliser pour la suite, votre entrée en études supérieures. Est-ce que ça vous inquiète, ça ? Que le fait que vous manifestiez,
que
vous bloquiez le lycée, vous impacte votre futur, en fait
?
Ça nous fait peur. Moi, ça me fait peur. Mais on se dit aussi qu'on a peur d'avoir des conséquences plus graves si on ne
se
bat pas maintenant. On a peur de ne pas avoir un avenir assuré si on ne fait pas ce combat maintenant. Donc, on se dit que ce n
'est
peut-être pas cause perdue et qu'on fait ça pour quelque chose. Et que ça nous fera des rendements, mais plus tard.
Oui, donc ça vaut le coup en quelque sorte. Est-ce que Eulali, vous avez aussi calculé vos jours d'absence pour voir un petit peu si ça peut vous impacter sur Parcoursup ?
J'essaye de faire ça à l'avance, oui. Après, c'est toujours compliqué. On ne sait jamais comment ça va se passer. Mais on essaie de se dire que, comme je le disais, c'est toujours maintenant. Mais pour plus tard, on est en train de se battre pour notre avenir, pour nous. Et puis aussi pour ceux qui vont arriver derrière nous plus tard. Et donc, je sais que ça compte pour Parcoursup. Mais j'essaye de relativiser en me disant qu'après, ça comptera également pour la suite de mon avenir, en fait.
Oui, et ça compte et on ne sait pas à quel point ça compte, en fait, les absences dans Parcoursup. C'est ça, c'est vraiment pas du tout transparent. C'est ça que vous dénoncez aussi. Mais si on enlève Parcoursup, il faut le remplacer par quoi, selon vous ?
Je
pense qu'il ne faudrait pas l'enlever, mais améliorer le système de manière à égaliser. Parce que là, il y a une inégalité. Alors qu'on nous dit que l'égalité des chances, ça se fait là. Et qu'il y a des gens qui, même en travaillant, en ayant des bons dossiers, qui se retrouvent sans école à la suite de Parcoursup. Et en fait, c'est ici le problème. C'est qu'ils nous disent que tout est égal, mais en fait, on voit bien que les gens, ils n'ont pas les mêmes chances. Il faut améliorer Parcoursup aussi, Jules ? Oui, c'est ça. Et puis sur Parcoursup, il y a quelque chose qui nous pose problème. C'est aussi toute la notion géographique.
C'est-à-dire qu'on n'a plus cette chance-là de pouvoir aller s'inscrire à une université. Si on est loin de celle-ci, il y a tout ce problème-là.
Alors,
on voit des jeunes qui parlent au nom du mouvement lycéen sur les plateaux télé, qui prennent la lumière parce qu'ils sont très bons orateurs, mais qui sont aussi engagés politiquement dans des partis comme la France Insoumise. Est-ce que ça, ça vous pose problème personnellement, Jules
?
Moi, je suis engagé aussi politiquement.
Avec quel parti ?
Je suis au Parti Communiste et je milite avec le mouvement des jeunes communistes de France. Mais moi, ça ne me pose pas tellement problème parce que je vois beaucoup de jeunes dire qu'ils ne veulent pas que le mouvement soit politisé. Mais en fait, c'est un mouvement qui, par nature, est politisé parce que toutes les réactions derrière sont politiques. Donc, si les réactions sont politiques, c'est que le cœur du mouvement l'est aussi. Donc, voilà.
Après, ça peut être un mouvement politique, mais sans qu'il y ait des partis derrière. C'est deux choses différentes ?
Après, ce que disait Elwane, par exemple, c'est qu
'on ne sait pas...
C
'est vrai
qu'il
y a
un jeune qu'on a vu dans une vidéo faire un bisou à Jean-Luc Mélenchon.
Eh
bien, on essaye de ne pas politiser le mouvement. C'est-à-dire qu'on a nos convictions personnelles, mais on essaye de ne
pas
les faire transparaître dans le mouvement ou au moins de faire quelque chose qui fait agréger quand même les gens un minimum et de rassembler tout le monde. C'est aussi le but.
La litée, vous êtes, pardon, j'ai du mal à vous voyez, mais vous êtes engagée aussi politiquement
? Oui,
mais j'essaie de ne pas trop en parler. Mais je suis d'accord. En fait, on nous dit que ce n
'est
pas un mouvement politique, mais en réalité, tout part de là. Et c'est quand même important de se dire que même si on ne discute pas de là où ça vient, parce qu'en fait, ça vient forcément de quelque part, mais ce n
'est
pas pour autant qu'il ne faut pas discuter politique autour de ces thèmes-là. Il
n
'y a
pas un risque quand même de voir des lycéens qui ne sont pas du même bord politique ou qui ne s'intéressent pas aussi pour l'instant à la politique quitter le mouvement
?
Il y a un risque, mais je le trouve assez faible, parce qu'on a réussi à mener quand même un projet qui, je trouve, a réussi quand même à rassembler pas mal de monde, même qui ont des idées différentes. Je sais que dans mon lycée, on est quand même un lycée de gauche à Marie Curie, mais on a quand même pas mal de personnes de droite aussi. Et je sais que ces personnes-là, par exemple, ont rejoint notre mouvement et on s'est alliés sur ces questions-là. Donc, c'est un mouvement quand même qui est assez...
Transpartisan aussi, d'une manière. Merci beaucoup, Jules. Et Eulalie, lycéen à Pau et Tarbes. Et donc, il y a deux manifestations aujourd'hui en ce qui nous concerne. Tarbes, rassemblement devant le lycée Marie Curie à 8h30 pour un départ en cortège à 9h jusqu'à la Bourse du Travail. Et puis à Pau, le rendez-vous, c'est à 10h30 devant la préfecture. Merci beaucoup d'avoir été nos invités ce matin.
Merci. Merci. Merci.