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Interviewfranceinfo (sur YouTube)· 27 février 2017 26 minComplaisantPortrait personnelImmigration & asileInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & international

Présidentielle : Najat Vallaud-Belkacem veut "défendre la gauche maintenant" avec Benoît Hamon

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Vous racontez votre enfance au Maroc et votre arrivée en France à 5 ans. Qu'est-ce que ce parcours vous a appris sur l'intégration en France ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    On vous a reproché votre double allégeance. Vous dites dans votre livre que vous n'irez pas au Maroc avec vos enfants par prudence. Pourquoi cette concession ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Vous évoquez Marion Maréchal-Le Pen qualifiant les enfants du regroupement familial de 'Français de papier'. Comment analysez-vous ces propos ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Vous dites que la société se persuade que l'ascension sociale est impossible. Votre parcours est-il encore possible aujourd'hui ?

  • 12:00RelanceRéponse directe

    Beaucoup de ministres ne soutiennent pas Benoît Hamon. Pourquoi vous assumez ce choix ?

  • 15:00RelanceRéponse partielle

    Emmanuel Macron complique la campagne de la gauche. Est-ce un aveu d'impuissance ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Et bienvenue à tous dans l'émission politique de France Info, une demi-heure ensemble comme tous les matins avec Jean-Michel Apathie, bonjour. Gilles Bornstein est là avec Guy Birenbaum et notre invité ce matin est ministre de l'éducation nationale. Bonjour Najat Vallaud-Belkacem.

Bonjour. Vous publiez un livre aux éditions Grasset, La vie a plus d'imagination que toi. Vous racontez avec pudeur votre enfance au Maroc.

Vous avez quitté le Maroc à 5 ans avec votre mère et votre sœur. Vous êtes venus en France pour rejoindre votre père qui travaillait. Il y a beaucoup de pudeur dans votre récit.

On laissera les les auditeurs en en découvrir la substance. Vous racontez notamment, il y a beaucoup de portes d'entrée possibles, mais nous avons choisi celle-là ce matin. Vous êtes adolescente à Amiens et l'une de vos amies vous dit, et ça vous surprend, ça vous fait mal, "Oui Najat, c'est vrai que tu es jolie, mais tu es différente.

Tu es arabe." Est-ce que vous avez le sentiment qu'aujourd'hui encore on vous regarde comme ça, comme une ? Alors, en même temps, je je le dis, je raconte cette anecdote, j'en raconte peut-être une ou deux autres, mais en même temps, j'ai pas beaucoup rencontré de racisme dans ma vie et paradoxalement, c'est en effet en venant en politique, bien plus tard, que j'y ai été confrontée dans le débat, dans dans le combat politique qui pourtant, en même temps, est sans doute le meilleur antidote contre le racisme.

Donc, oui, il m'arrive aujourd'hui qu'on me fasse sentir, évidemment, l'origine qui est la mienne ou la différence, la singularité qui est la mienne et pas forcément de façon positive. Mais je je si vous voulez, c'est pas tant de moi que je parle au fond à travers ce livre. C'est de la France et s'agissant de racisme, c'est pas tant de moi victime que je parle que de tous les autres moins carapacés que moi parce que Vous vous parlez de la France. la carapace.

Bien sûr, vous en parlez. Vous dites vous dites que vous êtes française, que vous aimez ce pays, que vous avez envie de le servir. Mais en même temps, vous êtes une enfant, vous le dites aussi, du regroupement familial qui est très contesté.

Vous êtes à l'exemple d'une intégration réussie, ce que sur les réseaux sociaux, dans une certaine presse on a visiblement du mal à à reconnaître, il y a quand même quelque chose de déchiré dans votre identité ou de difficile à recoller en tout cas. Mais Non pas que vous vous le viviez comme ça mais le regard que les gens portent sur vous. C'est-à-dire que très naturellement moi je trouve que c'est quand même une richesse.

Honnêtement, c'est quand même formidable d'appartenir à une culture différente et donc du coup d'adjoindre la culture d'origine et la culture d'adoption et et d'en être que plus fort, c'est ça la vérité de de ces histoires de regroupement familial ou d'immigration. Mais dans le débat actuel et dans les tensions identitaires qui traversent notre société, c'est vrai que moi j'ai été particulièrement choquée, je le raconte dans le livre au lendemain de Nice de l'attentat de Nice lorsque on a pu voir une Marion Maréchal-Le Pen parler de guerre mondiale, de Français de papier euh Ça c'est après l'attentat de Nice C'était Marion Maréchal-Le Pen dans un message posté sur YouTube qui vous qualifie enfin qui qualifie très durement les enfants du regroupement familial du regroupement familial, on l'écoute. Puisqu'on a Qui est ?

Avant tout ces terroristes bien sûr, étrangers comme à Nice ou Français de papier, le plus souvent multirécidivistes, enfants du laxisme pénal, enfants du regroupement familial et du droit du sol, enfants de la haine de soi que les élites françaises ont distillé depuis des décennies dans nos esprits. Donc là euh à l'écouter, il y a des Français qui sont moins Français que d'autres. Voilà voilà le type de propos qu'on entend aujourd'hui en 2016-2017 en France.

C'est quand même terrifiant, il faut songer à ce que ressentent ceux qui sont dans cette situation et ceux qui sont visés par cette appellation de Français de papier qui eux jusqu'à présent en fait se sentaient totalement Français adhérant aux valeurs, à l'histoire, au pays. Et donc c'est de ça que j'ai voulu parler dans ce livre pour dire aussi que ces discours de fracturation là malheureusement on les entend trop, ils prennent trop de place alors même qu'ils ne sont pas représentatifs de ce qu'est la France. Moi qui ai la la chance d'être un personnage public, je reçois de si nombreux témoignages de Français, je peux vraiment vous l'assurer, qui disent autre chose, qui sont dans le soutien, qui sont euh euh ravis que à la tête du ministère de l'Éducation nationale, qui est sans doute le ministère le plus important de France, on puisse avoir une Najat Vallaud-Belkacem.

Mais est-ce que c'est ce discours-là qu'on entend à longueur de ? Malheureusement, le discours de rabougrissement semble l'avoir emporté. Et c'est ce discours de rabougrissement qui nous prépare par des lendemains qui déchantent et on voit bien, on est à quelques semaines de l'échéance présidentielle, à quel point aujourd'hui tout nous semble possible, y compris une victoire du Front national.

Je pense que c'est d'avoir trop laissé prospérer ce type de discours et ce livre a vocation à dire autre chose. Gilles Bouleau et Najat Vallaud-Belkacem. On savait votre parcours hors norme, mais c'est vrai, vous ne jouez pas perpétuellement de vos origines et avec vos origines.

Et à vous lire, on se rend compte à quel point il est hors norme. Vous êtes né dans une famille euh dans une ferme sans eau, sans électricité et vous êtes aujourd'hui ministre de l'Éducation nationale de la 5e puissance du monde. Est-ce que ce parcours serait encore possible ?

Écoutez, oui, je le pense. Je le pense. En fait, euh il y a aujourd'hui en France des tas de très belles histoires.

Simplement, je pense qu'on en témoigne pas suffisamment. Et c'est d'ailleurs ça qui m'a euh convaincue de prendre la plume aussi. Longtemps, en effet, par sorte de pudeur personnelle et puis aussi par envie d'être une femme politique comme les autres, j'avais pas envie de mettre l'accent sur ma singularité, mes origines, mes racines et cetera, puisque je voulais représenter tous les Français et je voulais qu'on arrête de me ranger dans la case diversité, immigration et cetera. fonctionne encore, ?

Mais en vérité, ce qui m'a convaincue, en effet, d'écrire, c'est que on j'ai j'ai j'ai fini par comprendre que euh la société se persuadait que les histoires d'intégration et d'ascension sociale étaient devenues impossibles. Mais c'est faux. Moi, j'en vois tous les jours autour de moi de ces belles histoires. les revendiquer.

Ce que vous dites, c'est qu'il faut les revendiquer, en fait. Il faut les porter comme une comme une bannière. Absolument parce que c'est une forme de contre-discours au discours que j'évoquais tout à l'heure de rabougrissement.

La vérité, c'est que dans tous les secteurs de la vie professionnelle, sociale, associative, politique, vous avez des belles histoires d'ascension sociale et que c'est d'en parler qui donnera envie à d'autres à leur tour d'être ambitieux, de se dépasser et de réaliser d'autres belles histoires. Et je crois que on en manque cruellement aujourd'hui. Donc mon récit, il est pas fait pour donner l'exemple genre regardez-moi et faites comme j'ai fait.

C'est pas le sujet. Moi je ne veux pas être l'arbre qui cache la forêt. Et pourquoi et Je je pense être un exemple parmi d'autres.

Mais il y a d'autres exemples et il faut qu'on sache collectivement les mettre en valeur, les valoriser. Ça vaut pour pour les médias, ça vaut pour les responsables politiques. À chaque fois qu'on est à la tête d'un ministère par exemple, on peut faire de telles choses.

Par exemple à l'éducation nationale, j'ai fait beaucoup pour ouvrir les portes des grandes écoles, y compris à des élèves venant de quartiers difficiles. Donc c'est toute cette dynamique dont on a besoin aujourd'hui pour faire espérer. Et on se retrouve dans une minute.

Tout pile, il est 8h40. Voici Victor Matet. Six Oscars cette nuit pour La La Land, meilleur réalisateur, meilleure actrice, mais pas meilleur film.

Incroyable rebondissement, l'équipe du film a dû laisser sa place sur scène à celle de Moonlight après une erreur d'enveloppe. Quelques autres lauréats, meilleur acteur pour Casey Affleck, meilleur film étranger pour Le Client. Pas de prix en revanche pour Isabelle Huppert.

Les juges, Emmanuel Macron et l'immigration, là ce n'est pas du cinéma mais les principales cibles de Marine Le Pen hier en meeting à Nantes. La candidate du Front National menacée par de nombreuses affaires judiciaires. Benoît Hamon considère que sa place est au centre de la gauche.

Le candidat du PS sur France Inter ce matin confirme qu'il n'y aura pas d'alliance pour la présidentielle avec Jean-Luc Mélenchon. Tout près de Nantes, à Orvault, l'enquête continue. Mystère autour de la disparition depuis le 16 février de deux parents et de leurs enfants.

Des traces de sang appartenant à cette famille ont été retrouvées dans leur maison et puis cinq buteurs différents comme les cinq doigts de la main pour une claque infligée à l'OM. Le PSG écrase Marseille cinq buts à un et reprend la deuxième place de la Ligue 1 de football. France Info C'est Najat Vallaud-Belkacem qui est avec nous ce matin dans l'émission politique sur France Info question Guy Birenbaum.

J'étais un peu stupéfait par un passage de votre livre qui est page 63 où vous expliquez qu'en gros on vous a tellement reproché votre double allégeance sur les réseaux sociaux, c'est-à-dire le fait que vous soyez marocaine et française, et ben que voilà cette cette ce ce reproche fait que vous n'allez pas au Maroc, vous voulez pas y aller, vous allez pas y emmener vos enfants. Vous dites que en tant que ministre et au vu des confusions actuelles, des tensions identitaires liées à l'Islam, liées à mon histoire, ma place est pleinement en France et c'est seulement plus tard que vous leur ferez découvrir leurs racines. C'est fou.

C'est une concession à l'esprit du temps, écrivez-vous. Oui, parce que il faut prendre conscience d'abord de la lourdeur de cette suspicion permanente qui pèse sur mes épaules. Je je crois que On n'en a pas forcément conscience quand on est extérieur.

Et fort heureusement cette suspicion elle se traduit moins en presse papier, c'est pas le fait de la presse, c'est plus le fait de réseaux sociaux mais sur lesquels s'expriment des gens euh des vrais gens d'une certaine façon et Mais il y a aussi de la presse papier. vrais gens ou c'est la ? C'est la fachosphère mais qui impacte la fachosphère.

Vous n'imaginez pas à quel point c'est c'est d'ailleurs mon mon immense inquiétude, la fachosphère impacte les gens. C'est-à-dire que moi je vais vous raconter une anecdote. Un jour je me suis rendu compte je me suis retrouvée, c'était l'été dernier dans le sud-ouest de la France, un coin que j'adore en vacances en train de participer à un déjeuner banqué avec plein de gens différents absolument charmants.

Les gens sont charmants dans le sud-ouest. Et une dame d'un certain âge en face de moi, je dis pas ça pour Jean-Michel Apathie mais c'est vrai je le pense Je le confirmais mentalement. Et une dame d'un certain âge, en plus d'un certain âge, les détails comptent, en en de moi vraiment très gentille depuis début qui plutôt me complimente et cetera au bout d'un moment dans le repas me dit par contre il y a une chose que je comprends pas que vous faites à la tête du ministère de l'éducation nationale je dis à bon quoi me dit pourquoi vous voulez imposer l'arabe obligatoire en CP à tous nos enfants.

Je vous assure je suis devenue livide je lui ai dit mais mais madame c'est faux mais mais où avez-vous trouvé cette information parce que fort heureusement pour une fois cette information n'avait pas été reprise par la presse c'était une information qui circulait par la face chose faire sur le web. Elle m'a dit bah j'ai reçu des tas de mailing ou enfin de comment dire de mail envoyé à plusieurs mailing listes et cetera sur internet puis je l'ai lu tellement souvent que j'ai fini par penser que c'était évidemment vrai. Donc voilà donc il y a cette suspicion permanente qui pèse sur moi et puis parfois c'est vrai vous avez cité des journaux valeurs actuelles et d'autres qui jouent aussi beaucoup là-dessus.

C'est vous qui venez de le dire. Il y avait un temps et là il y a tout là. Voilà des journaux qui laissent croire que finalement l'intérêt que je poursuis n'est pas l'intérêt national n'est pas l'intérêt du pays bien sûr puisque je suis de double nationalité et tout ça est extrêmement dangereux donc c'est vrai que par prudence et puis aussi par manque de disponibilité je vais vous dire comme ministre j'attendrai de ne plus être ministre pour pouvoir emmener mes enfants découvrir ce pays qui est le mon pays de racine et d'origine.

On va donc renvoyer les auditeurs et les téléspectateurs à votre livre la vie a plus d'imagination que toi chez Grasset nous allons peut-être parler maintenant de la campagne présidentielle. Vous avez dit hier ça un peu étonné c'est le journal le Parisien qui a recueilli votre interview que la vie serait plus simple s'il y avait pas la vie politique et la campagne présidentielle serait plus simple si Emmanuel Macron existait pas. Les choses seraient plus simples sans Emmanuel Macron c'est votre phrase exacte.

Oui enfin il faut bien la replacer dans le cadre de de mon développement mon développement c'est que euh au fond la comparaison était faite entre euh la campagne présidentielle de 2007 et celle d'aujourd'hui à gauche. Et je disais d'abord euh c'est très rare qu'un candidat à gauche fasse totalement l'unanimité y compris au sein de ses propres troupes socialistes. Euh rappelez-vous euh notamment 2007 mais même 2012 il y avait aussi des mécontents.

Et euh cette situation là on la retrouve cette fois-ci sauf que cette fois-ci il y a un élément supplémentaire qui est une espèce d'apparence de concurrence portée par Emmanuel Macron auprès d'un certain nombre des nôtres. Je dis bien apparence de concurrence. Je ne pense pas qu'Emmanuel Macron soit euh un véritable concurrent sur la gauche puisque de lui-même s'inscrit dans autre chose.

Mais c'est une apparence de concurrence. des députés socialistes, des cadres socialistes. arrive en effet à Gérard Collomb, sénateur-maire de Lyon que vous connaissez bien. termes en d'autres termes en effet si euh si Emmanuel Macron n'avait pas fait le choix qui a été le sien de se lancer dans cette aventure euh et bien aujourd'hui nous aurions un candidat Benoît Hamon qui quoi qu'on en pense a gagné la primaire qui aurait peut-être mis un certain temps à rassembler tout le monde derrière lui mais qu'il l'aurait fait puisque par définition à la fin tous les gens de gauche se rassemblent derrière le candidat de gauche.

Euh donc c'est vrai que ça complique euh la vie mais c'est pas une raison pour considérer que les jeux sont faits. C'est absolument pas mon cas soyons clairs. curieuse Emmanuel Macron existe vous devez faire avec et et on y voit comme l'aveu de quoi d'une impuissance oui ça serait plus simple s'il y avait pas Emmanuel Macron.

Mais si j'ai bien compris Gilles Bonstein il y a Emmanuel Macron. Mais c'est moins pardon c'est moins un non non c'est moins un aveu d'impuissance qu'une alerte euh c'est euh un signal d'alarme qui est tiré pour dire à mes camarades que euh aujourd'hui si on veut que la gauche continue à exister qu'elle soit une gauche de poids une gauche susceptible de gouverner et bien il faut évidemment euh la défendre maintenant que c'est pas maintenant que le bateau tangue qu'il faut le quitter, que euh si on rejoint une aventure dans laquelle gauche et droite sont brouillées dans une espèce de de chose improbable, la gauche va s'assécher dans cette espèce d'improbable alliance, qu'il n'y aura plus les valeurs auxquelles on croit et que on défendait en les hiérarchisant, en en faisant des priorités parce que il faudra composer avec cet attelage curieux qui est fait de gens de droite, qui est fait d'Alain Minc, qui est fait Gilles Minc Stein. Voilà.

Mais Daniel Cohn-Bendit vous dit que cet alliage en question est peut-être celui qui peut vous éviter d'avoir Marine Le Pen ou d'avoir à choisir entre Marine Le Pen et François Fillon. On l'écoute, c'était hier sur France Inter. Je crois que si c'est François Fillon qui gagne euh qui dit au 2e tour, la gauche n'ira pas voter.

Si c'est si c'est Benoît Hamon, euh la droite n'ira pas voter. Donc, si vous voulez vraiment nous éviter Marine Le Pen, eh bien Emmanuel Macron est le aujourd'hui au jour d'aujourd'hui est le mieux placé. Pour éviter Marine Le Pen, Emmanuel Macron est le mieux placé.

Qu'est-ce que vous lui ? Ce que beaucoup de ministres dit hollandais partagent. Non mais en fait enfin moi personnellement, c'est ma conception de la politique.

Ma conception de l'engagement politique, ça n'est pas de parier sur le vainqueur, c'est de défendre des idées. Donc déjà, vraiment quand on s'engage derrière tel ou tel candidat, la première question à se poser qui me paraît assez naturelle et simple, c'est qu'est-ce que je veux voir défendu demain si ce candidat devait accéder au pouvoir. On regarde les propositions politiques, je vous accorde qu'elles ne sont pas forcément très connues, quoi qu'elles commencent à l'être de plus en plus y compris chez Emmanuel Macron.

D'ailleurs, c'est intéressant du coup de se plonger dedans. Et on se demande avec quoi on est le plus d'accord. Et moi honnêtement, aujourd'hui, je suis le plus d'accord avec Benoît Hamon.

Mais j'en viens juste à votre question quid de Marine Le Pen et cetera. Le sujet, c'est que aujourd'hui, on a une panoplie de sondages qui tombent tous tous jours, qui parfois d'ailleurs se contredisent, mais qui globalement euh dessinent quelque chose qui serait déjà tout joué, tout fait. Et c'est à partir de ce que nous disent ces sondages qu'on va décider de quitter sa famille politique, ses valeurs, son histoire pour aller soutenir un candidat qui n'y correspond pas en vérité, mais parce que on aura été convaincu par les sondages.

Tout ça pour se rendre compte à la fin que les sondages se sont trompés. Non, mais franchement, c'est pas sérieux. La politique, c'est quand même un peu plus beaucoup de gens ont voté utile et Mélenchon pour défendre des convictions, ils se sont retrouvés avec Marine Le Pen et Jacques Chirac au 2e tour.

Vous n'aviez pas voté, vous étiez jeune, vous aviez 25 ans. On a le le traumatisme du vote utile, on va dire. En gros, vous l'avez pas, c'est ça que vous êtes en train de nous dire.

Euh, au contraire. c'est il faudra voter utile, c'est ça qu'il dit. Il dit peut-être en 2007, mais il faudra voter utile. mais vous savez euh Fabienne Sintes, moi je suis persuadée d'une chose, c'est que le Front National, il a prospéré aussi ces dernières années euh dans l'absence de défense résolue et assumée euh notamment à gauche des valeurs de la gauche.

Je pense sincèrement, je ne dis pas que ce quinquennat n'aura pas été suffisamment à gauche, c'est pas mon propos, ne me le faites pas dire. Ce que je veux dire, c'est que la gauche, depuis des années, a perdu beaucoup de batailles culturelles face à une droite qui elle était dans la course à l'échalote derrière l'extrême droite et qui a finalement normalisé beaucoup de thèmes de l'extrême droite. J'ai pas besoin de vous le dire autour de l'identité nationale et cetera et que face à cela, nous à gauche, finalement, on s'est pas suffisamment affirmé.

Donc aujourd'hui, on est à 2 mois d'une échéance présidentielle, j'ai envie que la gauche s'affirme, j'ai pas envie qu'on aille se noyer, se brouiller dans un ni droite ni gauche qui est incompréhensible et qui nous affaiblira à long terme. Voilà ce qui me pose problème. Et la discussion continue dans une minute, 8h50 et Victor Matet pour le rappel de l'essentiel.

Avec d'abord cette bourde qui restera dans l'histoire des Oscars, erreur d'enveloppe cette nuit à Hollywood au moment d'annoncer le meilleur film. Au final, Moonlight est sacré alors que l'équipe de La La Land était déjà sur scène, la comédie musicale qui repart tout de même avec six prix dont celui de meilleur réalisateur et meilleure actrice. Pas de statuette donc pour Isabelle Huppert.

Météo France place sept départements de la côte Atlantique en vigilance orange pour des risques de vagues et submersion. Prudence particulièrement la nuit prochaine du Finistère aux Pyrénées-Atlantiques. La candidature unique Mélenchon-Hamon bel et bien enterrée, le candidat du PS le confirme ce matin chez nos confrères de France Inter.

François Fillon lui accuse le gouvernement de laisser se développer un climat de quasi guerre civile dans la campagne. Le candidat de la droite met en avant les incidents en marge des meetings d'Emmanuel Macron ou de Marine Le Pen, accusant accusation tout simplement pas responsable réagit le Premier ministre Bernard Cazeneuve ce matin depuis le salon de l'agriculture. Et puis la Ligue 1 de football, le PSG revient à trois points du leader Monaco en écrasant l'Olympique de Marseille cinq buts à un au Vélodrome.

France Info. Najat Vallaud-Belkacem est avec nous jusqu'à 9h sur France Info question Jean-Michel Apathie. Vous dites Najat Vallaud-Belkacem qu'il faut choisir en fonction des idées, euh on note quand même qu'au gouvernement beaucoup de gens ne choisissent pas.

Stéphane Le Foll, Jean-Yves Le Drian, Ségolène Royal par exemple ne disent pas comme vous le dites "Je soutiens Benoît Hamon." C'est troublant quand même. Oui, enfin il faut leur poser la question.

Moi je a posé la question mais ils ne disent Vous croyez ? Je veux pas m'exprimer à leur place. Et je crois même que ça vous a troublé une demi-seconde.

Euh non mais chacun fait comme il le sent. Moi je peux vous parler de de mon choix à moi. Moi je je vais qu'une équipe gouvernementale soit pas capable de manière assez unanime de dire "Oui voilà, notre candidat c'est celui de notre parti." C'est quand même troublant.

Oui oui, enfin vous aurez remarqué euh observateur aguerri que il y avait pas de non plus d'unanimité au moment de la primaire euh pour ce qui était du soutien aux candidats de la primaire. Donc bon, c'est ainsi. Euh moi je j'estime que au-delà de notre personne, voilà ce qui m'importe.

Au-delà de notre personne, ce qui fait qu'on est ce qu'on est aujourd'hui, ministre, parlementaire, élu local, socialiste, c'est qu'on a été porté par un parti, une famille politique, des valeurs, une histoire, un héritage, des militants, des militants qui nous ont amené à être aussi là où on est. Et que par fidélité, par loyauté, je sais que c'est sont des mots qui paraissent dépassés dans le débat actuel, et ben oui, il faut se maintenir et essayer d'aider cette famille. Alors vraiment, on peut pas leur faire de procès d'infidélité ou de déloyauté, c'est pas du tout ce que je dis.

Non, je je parle de moi, je parle de moi et je ne donne de leçons à personne d'autre. C'est ma conception des choses et c'est, je crois, ce qui raffermira le Parti socialiste à terme et donc c'est évidemment le conseil que que je donne aux militants ou aux élus locaux qui peuvent m'interroger sur ce qu'il y a à faire. Aujourd'hui, je pense que il faut réarmer le Parti socialiste et réarmer le Parti socialiste, c'est accompagner le candidat qui est sorti quand même assez largement vainqueur de la primaire et qui par ailleurs a su trouver un écho chez les Français.

C'est pas comme si vous voyez, encore une fois, les jeux ne sont pas faits. Message à destination de vos collègues ministres qui ne soutiennent pas encore Benoît Hamon. Benoît Hamon, justement, invité du journal de TF1 hier soir et qui a confirmé ce que l'on savait, la gauche sera divisée dans cette élection présidentielle.

On écoute Benoît Hamon. Je l'ai vu, il m'a confirmé ce que je savais, c'est qu'il sera candidat. Donc la situation est maintenant claire et c'est pour ça que moi maintenant je me tourne vers les Français et je me tourne vers les Français, tous les Français de gauche.

Donc il évoquait Jean-Luc Mélenchon qui sera candidat, on n'en doutait pas, mais c'est une confirmation. La gauche est divisée, c'est un ? Écoutez, moi je pense que Benoît Hamon a eu raison de faire les efforts et de consacrer le l'énergie qu'il a consacrée à chercher l'union de la gauche.

D'ailleurs, il a réussi avec Yannick Jadot, c'est très bien, c'est un bon point. Avec Mélenchon, certes, Mélenchon ne se retire pas, mais je suis persuadée que la stratégie de Benoît Hamon sera payante dans le sens où un certain nombre d'électeurs de Mélenchon vont finir par venir voter Benoît Hamon parce que il y a beaucoup d'électeurs vous le ? Ben je je oui, quelque chose me dit qu'il y a quand même beaucoup d'électeurs chez chez Mélenchon qui sont désireux d'une union de la gauche, qui sont désireux d'une union de la gauche.

Donc voilà, ça aura des effets vertueux, quoi qu'il en soit. Je dis pas l'intégralité du vote Mélenchon, mais il y en aura. à Benoît Hamon d'être qualifié pour le 2nd tour, que des électeurs de Jean-Luc Mélenchon le rejoignent Bah bien sûr, d'abord parce que ça fait des électeurs en plus, mais c'est surtout le ce rassemblement à gauche c'était la condition préalable, si vous voulez, ensuite à un rassemblement plus large.

Faut toujours rassembler sa famille avant d'aller chercher plus loin. Par ailleurs, contrairement à ce qui est dit parfois, ce rassemblement à gauche ne s'est pas fait comment dire contre ou ou en excluant un rassemblement de sa propre famille politique et notamment de ceux qui ont voté pour Manuel Valls puisque en parallèle de ses démarches, Benoît Hamon a également ouvert un conseil politique très large et ils sont bienvenus tous ceux qui veulent y participer. Donc il y a quand même un voilà, un organigramme de campagne qui prend en compte différentes sensibilités courants du Parti socialiste.

Voilà, je pense que aujourd'hui, en effet, c'est le début d'une autre campagne qui commence avec une capacité à se projeter vers les Français et à les convaincre le plus largement possible. Le Maire alors campagne avec quelques incidents à Nantes hier en marge d'un meeting du Front national et j'ai devant les yeux un communiqué de François Fillon. J'accuse le Premier ministre et le gouvernement de ne pas assurer un exercice serein de la démocratie.

Il porte une très lourde responsabilité en laissant se développer un climat de quasi guerre civile dans le pays. Qu'en pensez-vous Najat ? Oh ben écoutez, moi je pense que François Fillon cherche tous les moyens possibles de détourner l'attention de ses turpitudes et et et on peut le comprendre hein, c'est vrai qu'il n'est pas dans une très belle passe euh et que aujourd'hui euh il est devenu totalement inaudible, il lui est devenu impossible de parler euh du fond de son programme parce que il y a toujours cette suspicion de malhonnêteté euh qui lui pèse dessus.

Donc voilà, donc euh son son nouveau euh cheval de bataille quand même son Ah mais qu'il y ait des incidents, qu'il y ait de la violence, je suis la première à les condamner totalement, soyons clairs hein. Voilà. Euh maintenant euh prétendre ou laisser entendre que ce serait euh la faute du gouvernement ou que ce serait même piloté par le gouvernement, allez savoir.

Après le coup d'État institutionnel euh dans lequel le gouvernement euh a fait en sorte qu'il embauche sa femme sans doute en emploi fictif pendant des années et des années, enfin arrêtons quoi, c'est n'importe quoi tout ça. C'est vraiment n'importe quoi. Il faut euh prendre les Français euh pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire des gens intelligents.

Guillaume Erner vous Vous évoquez euh dans le livre, pour y revenir un instant, la question de la colonisation et de la décolonisation. Vous parlez page 98, il faudrait enseigner à nos enfants qu'on a décolonisé mais surtout pas qu'on a colonisé. Les propos d'Emmanuel Macron sur la colonisation crime contre l'humanité, qu'est-ce qu'ils vous ?

Mais euh ce qui est reproché à Emmanuel Macron euh dans cette phrase qu'il a tenue à Alger, c'est pas tant ce qu'il a dit. Si, bah si. Non non, excusez-moi.

Colonisation crime contre l'humanité ou ? ce qu'il a dit. Donc ça n'est pas tant ce qu'il a dit parce que sur ce propos vous allez trouver des écoles Vous allez trouver des écoles de pensée, vous allez trouver des écoles de pensée, des historiens, je parle hein, qui vont vous dire oui non.

Ce qui lui est reproché, ce que je lui reproche moi, c'est que ce qu'il dit à ce moment-là à Alger est en contradiction totale avec ce qu'il disait 15 jours plus tôt dans les colonnes du Point en France disait en novembre. disait où il disait où il disait mais il y a il ne faut pas l'oublier des aspects positifs dans la colonisation. Pour ?

Colonisation crime contre l'humanité ou ? Mais la colonisation n'aurait pas dû avoir lieu. Voilà ce que moi j'en pense.

Elle n'aurait pas dû avoir lieu. Je n'emploierai pas ce terme-là parce qu'en plus, ça résonne de façon désagréable à mes oreilles parce que j'ai l'impression qu'on joue sur la concurrence des mémoires. Et je pense que vous comprenez très bien de quoi je parle.

Et ce qu'on lui reproche, c'est de ne pas tenir les mêmes propos. Ça vaut sur la colonisation, ça vaut sur beaucoup d'autres sujets. Je pense que quand on croit vraiment à quelque chose, on est capable normalement de tenir les mêmes propos à Paris qu'à Alger.

Voilà. Trop tard pour la dernière question. Je vous la poserai C'était ?

Et demain, merci à tous.