Laurent Jacobelli : « Des millions de Français, veulent savoir si Marine le Pen peut se présenter »
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Bonjour Laurent Jacobelli, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes député de la Moselle, porte-parole du Rassemblement National. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Fabrice Vesséredon du groupe EBRAS. Ce sont tous les journaux régionaux de l'Est de la France. Bonjour Fabrice.
Chère Henriette, bonjour. Laurent Jacobelli, bonjour. Bonjour.
Laurent Jacobelli, les réquisitions sont donc tombées dans le procès des assistants parlementaires européens présumés fictifs du FN, 4 ans de prison dont un ferme, 5 ans d'inéligibilité contre Marine Le Pen, mais pas d'exécution provisoire. Comment vous avez réagi ?
D'abord, c'est la bonne nouvelle, j'allais dire, pas d'exécution provisoire. Ça prouve que tout ce que l'on disait lors de la première étape du procès était réaliste. Je me rappelle des plateaux de télévision, pas celui-ci, bien sûr, où on nous disait mais non, mais vous avez tort, l'exécution provisoire, c'est nécessaire, c'est obligatoire, c'est systématique. On voit bien finalement que cet axe de défense était juste. Après, je vais vous dire, pas énormément de surprises, les réquisitions correspondent à peu près à ce qu'on avait entendu en première instance. Maintenant, ce qui compte, c'est l'étape d'après.
Ce n'est pas le jugement qui a été donné hier, c'est l'avis des procureurs, j'explique aux téléspectateurs. Et donc, ce qu'on attend, c'est le jugement. Et entre les deux, il y aura la défense, c'est-à-dire Marine Le Pen, l'ensemble des prévenus, les avocats qui vont s'exprimer. Et donc, pour l'instant, on attend. Il y a une impatience, évidemment, parce qu'on a envie de savoir comment va se dérouler la présidentielle. On a envie, évidemment, comme des millions de Français, que Marine Le Pen puisse se présenter. Mais pour l'instant, j'allais dire, pas de scoop. – Ça va être long, très long pour vous.
– Ça va être long parce que sur les plateaux de télévision, comme aujourd'hui, et vous faites votre métier, c'est normal. – Et les électeurs aussi. – Imaginez, on va devoir répondre à ces questions. Mais les Français se posent d'autres questions aussi, sur leur pouvoir d'achat, la sécurité, sur leur identité et l'immigration. Il y a beaucoup de choses aujourd'hui dans un monde devenu fou. Les Français ont besoin d'avoir un câble, d'être rassurés. Et c'est vrai qu'il ne faudrait pas occulter non plus les débats de fond.
– Mais comment elle a réagi, Marine Le Pen ? Vous l'avez eu hier.
– Marine Le Pen, c'est Marine Le Pen. C'est un roc. C'est-à-dire qu'elle est d'une capacité, d'une résilience, d'une force, d'une combativité hors normes, de celles qui font les chefs d'État. Et je crois que, vous savez, moi j'ai rejoint le Rassemblement National et Marine Le Pen en 2017, justement pour cette force de caractère. Vous savez, on l'annonçait, fini, c'est la mort de Marine Le Pen pour la 15e fois. Et moi, j'ai rencontré une femme déterminée qui préparait déjà l'avenir. Marine Le Pen, c'est ça. C'est quelqu'un qui traverse les épreuves mais qui garde dans sa tête une ligne directrice. C'est l'intérêt général et l'intérêt de la France. Je crois qu'on l'a encore vu hier.
– Alors quand même, le réquisitoire est sévère. Organisation systémique durable assumée. L'argent public a été détourné goutte à goutte au point de former un fleuve pour arroser le parti. Je cite ce qu'a dit le parquet. Visiblement, la ligne de défense de Marine Le Pen qui dit qu'elle est innocente n'a pas fonctionné.
– Mais nous verrons bien. Une fois encore, attendons le jugement. Moi, vous savez, je ne suis ni juge ni avocat. Je sais Marine Le Pen sincère. Je sais tout cela. – Vous n'avez pas l'air d'avoir convaincu. – Nous sommes en plein milieu du procès. Vous imaginez bien que je ne vais pas vous sortir des éléments qui n'ont pas été sortis au procès parce que je n'en ai pas. Moi, j'attends avec confiance, sérénité et impatience le jugement comme tout le monde parce qu'on veut savoir comment va se dérouler notre élection présidentielle.
– Mais compte tenu des réquisitions, Laurent Jacobelli, vous pensez vraiment qu'elle ne sera pas déclarée coupable à l'issue du jugement ?
– Je n'en sais rien. Je ne suis pas devin, vous savez. – Mais vous espérez encore ? – Ce n'est pas une question d'espoir. – Mais honnêtement, est-ce que là, vous vous dites
que compte tenu des réquisitions, le mieux qu'on puisse espérer, ce n'est pas d'exécution provisoire ?
– J'ai eu des sourires plus francs dans ma vie. – Mais pour le moment, le jugement n'est pas prononcé. Vous savez, en politique, quand on fait de la politique, on a l'habitude de se prendre des murs, on a l'habitude des obstacles. Si on arrête et qu'on se désillusionne au premier obstacle, il ne faut pas faire de politique. Donc nous, on est confiants, on continue à travailler. On a un duo, Marine Le Pen, Jordan Bardella, qui travaillent ensemble. Marine Le Pen est aux affaires, comme Jordan Bardella. On travaille, on travaille pour les Français. Et on ne va pas se congeler, on ne va pas se stériliser pendant quelques mois.
On n'a pas de mois à perdre, on n'a pas de semaine à perdre, donc on continue à travailler.
– Et justement, vous dites, se congeler pendant quelques mois, aucune décision avant juin. La justice ne va pas se prononcer avant l'été. – Non, je ne pense pas, oui. – Vous ne prenez pas un risque, le Rassemblement national, à attendre cette échéance-là pour vous organiser. Vous avez un candidat bis, qui est plus que bis d'ailleurs, quand on regarde les sondages. Vous ne vous dites pas, on aurait intérêt à capitaliser tout de suite sur lui,
plutôt que d'attendre une décision de justice. – Je vais vous rassurer, on ne va pas attendre juin pour travailler. On travaille déjà sur les programmes, l'ensemble des cadres est mobilisé. Les équipes de Jordan et les équipes de Marine sont les mêmes. Ils travaillent en duo, donc nous, la campagne présidentielle, on est déjà dedans.
– Ils sont à la chance d'après, c'est ce que vous nous dites.
– Je ne dis pas ça. Je dis simplement qu'ils défendent les Français, ils défendent la même idée de la France, ils défendent le même programme. Il y a un besoin d'alternance, cette alternance, ils l'incarnent ensemble. Moi, je pense qu'on a un duo, que ce duo, il va perdurer. Et qu'une fois encore, la présidentielle, elle est dans tous les esprits, y compris le nôtre, parce qu'on voit bien que l'ère Macron est à sa fin. On voit bien qu'il faut reprendre les rênes. 3 400 milliards de dettes, une pression fiscale intenable, une insécurité qui explose, une immigration qui explose.
Il y a une urgence, je le répète, nous ne perdrons pas un jour, une heure, une minute dans l'élaboration de notre programme.
– Juste pour qu'on soit clair, Laurent Jacobelli, et si jamais le jugement suit les réquisitions, est-ce que Marine Le Pen sera candidate à la présidentielle ou pas ?
– Marine Le Pen donnera sa réponse après le jugement d'appel. – On imagine qu'elle vous a déjà fait part… – Elle a été très claire, elle l'a dit d'ailleurs publiquement. Ce que veut Marine Le Pen, et c'est l'engagement de sa vie, c'est que nos idées arrivent au pouvoir. Bien évidemment, on ne va pas faire campagne pendant un mois seulement. D'abord pour des questions administratives, ce ne serait pas possible, et puis parce que ce serait faire défaut par rapport aux Français qui veulent une campagne de fond, une campagne longue. Donc elle prendra ses décisions après le jugement, mais elle ne mettra jamais en péril la campagne électorale.
– Donc si le jugement suit les réquisitions, elle ne sera pas candidate à la présidentielle ?
– C'est elle qui se prononcera, c'est elle qui se prononcera, mais en tout cas, on n'attendra pas l'éventuel recours au Conseil constitutionnel quelques semaines avant l'élection présidentielle, parce que je le répète, une campagne présidentielle ne se fait pas en deux semaines.
– Donc en juin, on saura si elle est candidate ou pas ? – Oui. – Est-ce que Jordan Bardella se tient prêt ?
– Il se tient prêt depuis des mois, ils se tiennent prêts ensemble. En fait, ce que j'aimerais faire passer comme message, c'est qu'on a un duo. Bien sûr, il y a deux personnalités, deux parcours, deux personnages différents, mais ils travaillent sur le même projet, ils travaillent ensemble, ils travaillent avec les mêmes équipes. Je vais peut-être vous choquer, mais on a commencé cette campagne depuis longtemps, et même si effectivement il y a cette épée de Damoclès au-dessus de la candidature de Marine Le Pen, ça ne nous a jamais empêché de travailler, et de travailler avec un duo. On travaille avec les deux dans les équipes du Rassemblement national. On verra bien qui part au combat.
– Il se tient prêt, dites-vous, mais est-il prêt ? Est-il prêt pour aller par exemple dans un débat de second tour ?
– Écoutez, moi vous savez, j'aime beaucoup notre pays, j'aime beaucoup son peuple et je lui fais confiance. Apparemment les Français pensent que Marine Le Pen et Jordan Bardella seraient des bons présidents de la République. Pourquoi ne pas faire confiance aux Français ? Moi je travaille avec Jordan Bardella, oui il a l'étoffe, il a la capacité, il a la résilience, il a les épaules pour être demain président de la République, mais Jordan Bardella c'est encore Jordan Bardella qui en parle le mieux. Jordan Bardella, il se définit lui-même aujourd'hui comme le premier soutien de Marine Le Pen. C'est clair.
– Et donc pas comme un président de la République potentiel ?
– Mais potentiel, oui, mais aujourd'hui notre candidat naturel, et je cite une fois encore Jordan Bardella, c'est Marine Le Pen. – Et vous, lequel des deux à votre préférence ?
Pour vous, lequel des deux serait le meilleur candidat pour le RN compte tenu du contexte judiciaire à la présidentielle ?
– Les deux seront de très bons candidats et je vais vous dire, je n'ai jamais senti… – Toi c'est un peu de langue de voix. – Non pas du tout, je n'ai jamais, et je ne me réveille pas le matin en me disant lequel des deux tu vas soutenir. Je soutiens les deux, je le répète souvent et je l'ai déjà dit sur votre plateau, je suis porte-parole du parti dirigé par Jordan Bardella et vice-président à l'Assemblée nationale du groupe dirigé par Marine Le Pen. Donc franchement, et beaucoup de cadres, beaucoup d'élus sont dans mon cas, c'est-à-dire qu'on soutient vraiment les deux parce que c'est un travail collectif qu'ils représentent tous les deux.
– Et ce sera soit l'un soit l'autre. Marion Maréchal par exemple, qui revient dans le débat politique, qui sort un livre où elle parle beaucoup de Jean-Marie Le Pen, elle ne pourrait pas être votre candidate ?
– Une fois encore, je vais citer Marion Maréchal qui a dit qu'elle soutiendra notre candidat parce que le Rassemblement national est aujourd'hui le vaisseau amiral
– On est en jeudi 2026.
– Du courant patriarque. – Peut-être qu'elle ne voit pas la même chose en 2027. – Et que donc chacun, avec ses particularités, ses singularités, soutiendra le candidat du co-national le mieux placé. Et évidemment, ce sera Marine Le Pen. – Et vous ne lui prêtez aucune ambition ? – Marion Maréchal. – Je pense qu'elle a beaucoup d'ambition, Marion Maréchal. – Pour la présidentielle. – Notamment pour le pays, mais je pense que si elle avait une ambition présidentielle, elle l'aurait dit déjà. Moi, je crois en sincérité quand elle dit qu'elle soutiendra le candidat du Rassemblement national.
– Le fait qu'elle ait quitté Reconquête, qu'elle refasse un pas vers le Rassemblement national, pour vous, ça ne montre pas ? Ce n'est pas les prémices d'un ralliement à votre camp et du fait qu'elle pourrait être la candidate de votre camp ?
– Non, je crois que le camp patriote a aujourd'hui plusieurs sensibilités, plusieurs figures, qu'il faut qu'ils se réunissent. Évidemment que Marion Maréchal y a toute sa place, elle l'occupe d'ailleurs toute sa place. Je vous rappelle que les élus de son mouvement font partie du groupe Rassemblement national et apparenté à l'Assemblée nationale. Ça marche, donc il n'y a pas de raison que…
– Le camp patriote, il va jusqu'à Éric Zemmour ?
– Pardon ?
– Le camp patriote, il va jusqu'à Éric Zemmour ?
– Il irait jusqu'à Éric Zemmour, s'il n'avait pas une position hostile. Il se voit comme le grand remplaçant de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella, là où il devrait être un apport supplémentaire au mouvement patriote. – Donc il n'y aura pas de ticket ? – Je ne le pense pas.
– Un mot sur… parce qu'il n'y a pas que Marine Le Pen qui était jugée dans ce procès, il y a également notamment Louis Alliot qui est actuellement le maire de Perpignan.
– Le très bon maire de Perpignan.
– Le parquet requiert 18 mois de prison avec sursis une peine d'inégibilité de 3 ans sans exécution provisoire. Est-ce que moralement il peut être candidat au municipal dans ces conditions ?
– Mais oui, bien sûr, parce que d'abord Louis est quelqu'un de moralement très fort parce qu'il a un bilan excellent pour sa ville de Perpignan où notamment en matière de culture, de sécurité, il a montré qu'il savait faire…
– Non mais là on ne parle pas de son bilan, c'est-à-dire peine d'inégibilité de 3 ans requise, ça veut dire qu'il pourrait être condamné à l'inégibilité cet été. Il peut être moralement candidat dans ces conditions ?
– Mais bien sûr, parce que je le répète, vous savez quand vous êtes candidat du camp patriote, vous avez contre vous beaucoup d'institutions, beaucoup de bien-pensants et ça forge un caractère. Marine Le Pen, Jordan Bardella, Louis Alliot, beaucoup de nos candidats ont ce caractère, ils ont cette combativité et Louis, je crois, fait une très belle campagne.
– Il y a le caractère, mais il y a ce que dit par exemple le parquet, Louis Alliot s'est inscrit sans réserve dans le système frauduleux, ses explications ont souvent été incohérentes.
– Mais nous verrons bien le jugement.
– Ça fait quand même un bon candidat au municipal.
– Mais bien sûr, son bilan est excellent, c'est une personnalité aimée de ses concitoyens et je ne vois pas pourquoi Perpignan se priverait d'un tel talent.
– On va parler d'autres sujets d'actualité, notamment hier dans le Var, une professeure qui a été attaquée par son élève de 14 ans dans son collège en pleine après-midi, quelle a été votre réaction ?
– D'abord, beaucoup de tristesse, beaucoup de compassion et d'empathie pour cette professeure. On ne comprend pas ce qui s'est arrivé, comment dans notre société, un gamin peut s'en prendre violemment, blessé, grièvement, quelqu'un qui est là pour lui transmettre le savoir, les codes de la société et l'amener dans une vie, on l'espère, prospère et paisible. Tout cela casse un certain nombre de croyances et de codes. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, on est dans une société où la violence est généralisée jusqu'aux plus jeunes, où on a confondu liberté et permissivité et où on confond développement de l'enfant avec fin de l'autorité.
Je crois qu'il faut ramener l'autorité au cœur du débat, qu'il faut maintenant ramener aussi un peu d'apaisement dans l'école et je crois que, par exemple, la présence des infirmiers et des infirmières scolaires qui, à l'époque, décelait les premiers troubles chez les enfants, eh bien, ça manque, il faut les ramener. Et puis, il faut une justice des mineurs aussi. Parce qu'aujourd'hui, quand on a 13 ans, 14 ans, on croit qu'on peut dealer, agresser, violenter, sans aucun poids de la société derrière. Il faut que ça cesse.
Il faut notamment ramener des peines courtes pour les jeunes de plus de 13 ans dans des centres spécialisés où ils apprennent qu'il y a une différence entre le bien et le mal, entre l'ensauvagement et la civilité. Je crois qu'il faut remettre tout ça au cœur du débat.
Donc, quand Éric Ciotti, hier, appelle à des mesures qui rétablissent l'autorité, c'est ça là pour vous ?
Bien sûr, c'est ça. Et puis, l'autorité est la responsabilité des parents aussi. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il faut que, quand des parents touchent, par exemple, des aides sociales, eh bien, ces aides s'arrêtent quand l'enfant mineur se comporte mal. Un enfant qui est dans la rue à 3 heures du matin, eh bien, il y a évidemment quelque chose qui ne va pas dans la société, mais il y a une défaillance des parents. Et donc, il faut les ramener à leur responsabilité. Je crois que…
Là, l'enquête est encore en cours, évidemment, mais on parle d'un élève perturbateur. Est-ce qu'on est sur… Vous pensez être de la délinquance ou est-ce qu'on est sur un problème de santé mentale ?
Je l'ai dit, je pense qu'il y a aussi un problème de santé mentale et notamment, on manque aujourd'hui de détecteurs. Je parlais tout à l'heure des infirmiers et des infirmières scolaires qui étaient des capteurs aussi pour voir si les enfants allaient mal. Mais on est dans un tel refus de l'autorité aujourd'hui que si un professeur fait un signalement, et je crois que c'était le cas d'ailleurs, ou décèle un comportement suspect chez l'enfant et qu'il le dit, eh bien, les parents vont s'en prendre au professeur plutôt que d'essayer d'amener l'enfant, le jeune vers une amélioration de son état. Donc, retour de l'autorité, responsabilité des parents, justice des mineurs.
Il y a urgence parce que, je lisais une statistique, au cours de sa carrière, un professeur aura 50% de chances d'être agressé verbalement ou physiquement. Ce n'est pas tenable. Ce n'est pas tenable. Et on a une société de plus en plus violente. Plus aucun territoire n'est épargné. Plus aucune couche sociale n'est épargnée. Plus aucun âge n'est épargné. Et je pense que c'est grave et qu'il faut réagir.
Le Sénat examine en ce moment un texte qui renforce, qui élargit le pouvoir des polices municipales. Est-ce que c'est un texte que vous allez soutenir ?
Alors, sur le principe, ça va dans le même sens que ce que nous proposons. On verra le texte final. Vous savez, on n'a jamais à l'abri d'une surprise avec la gauche et la Macronie quand il revoit un texte. Pour nous, c'est très clair.
Au Sénat, il y a peu de chances que la Macronie... Oui, mais à l'Assemblée nationale, vous savez,
on a eu des choses parfois curieuses, soutenues par des alliances encore plus curieuses. Aujourd'hui, la police municipale, elle a un rôle important. Nos policiers municipaux sont des cibles vivantes. C'est-à-dire qu'ils sont vus avec un uniforme par les délinquants. Donc, pour eux, c'est la police. Mais ils n'ont pas les mêmes droits. Ils n'ont pas le même armement. Ils n'ont pas les mêmes prérogatives. Il faut évidemment autoriser le contrôle d'identité par la police municipale. Il faut évidemment qu'ils puissent fouiller un coffre. Et nous, on va même plus loin. Pour les villes de plus de 10 000 habitants, il faut rendre l'armement de la police municipale obligatoire.
C'est ce que vous allez proposer à l'Assemblée ?
Probablement. Mais attention, attention, danger. Parce que si la police municipale est complémentaire et qu'elle s'ajoute à la police nationale, c'est formidable, si en revanche, on décharge la police nationale d'un certain nombre de prérogatives vers la police municipale, attention, danger. Si vous habitez une commune de gauche, par exemple, vous savez, de ces communes qui détestent les caméras de surveillance, qui pensent que la police tue, alors vous serez moins bien protégé que si vous vivez dans une ville gérée par un maire rassemblement national. Donc tout cela, ça crée une inégalité. Il faut faire très attention.
Il y a quand même beaucoup de maires de gauche qui arment leur police municipale.
Oui, mais moins que les autres, en général. Et avec souvent un discours... Écoutez, moi j'entends à l'Assemblée nationale une gauche qui passe son temps à dire que la police est raciste et que la police tue. Moi, je pense que la police protège. C'est vrai de la police nationale et c'est vrai de la police municipale. Donc deux polices complémentaires avec un travail en commun, oui. Une police municipale renforcée pour ne pas faire de nos policiers municipaux des cibles ou simplement des agents de circulation, oui. Mais un transfert du poids de la police nationale vers la police municipale et donc un transfert des charges de l'État vers les municipalités, attention.
On parle des agriculteurs, Fabrice ? Oui, parce qu'Emmanuel Macron était hier en Haute-Saône et il a rencontré les paysans. Je cite, nous ne pouvons pas déléguer notre alimentation à d'autres. Ça doit vous parler, ça. J'imagine que vous souscrivez.
Oui, mais j'aime bien les pompiers pyromanes. Ça me fascine, en fait. Les gens qui saccagent, qui arrivent sur le lieu de leur saccage en disant, ah, c'est pas bien ce qui s'est passé, il faut faire l'inverse. Bah oui, mais excusez-moi, Emmanuel Macron, si vous nous regardez aujourd'hui, mais vous êtes l'homme de la mondialisation. Pour vous, le monde est un commerce ouvert. Le maire Cossure, depuis trois semaines, vous n'aimez pas, mais vous avez été un de ses artisans pour signer un accord avec l'Amérique du Sud. Vous faites partie de celui... Il s'est opposé, il a voté contre. Il a voté contre quand il savait que ça passait. Je veux dire, il y a un mot, il faut dire la vérité aux gens.
Pour vous, il a voté contre en sachant que ça allait passer ?
Évidemment, enfin, excusez-moi, une fourberie à un tel degré, c'est de l'art. Mais je crois que nos paysans ne sont pas dupes. Ils ont bien compris qu'ils étaient abandonnés depuis longtemps. Vous pensez qu'ils ont abandonné à une Union européenne qui d'ailleurs prévoit une baisse de 30% de l'activité agricole en Europe ? Pour elle, je ne sais pas, ce n'est pas noble. Nous, on pense que l'agriculture, au contraire, est un élément essentiel de l'économie. Emmanuel Macron n'est pas sincère.
Vous pensez que la crise agricole n'est pas retombée ?
Écoutez, moi, je ne suis pas dans la tête des agriculteurs, mais je crois que... Vous les voyez dans votre circonscription ? Moi, je les vois et ils sont tous sauf naïfs. Voilà. Ils savent qu'ils bossent beaucoup. Ils savent qu'ils bossent dans des conditions sociales et financières très difficiles, qu'ils croulent sous les normes. Quand je vois qu'à l'OFB, l'Office des forêts, qui s'occupe aussi d'agriculture et des contrôles, on a nommé quelqu'un qui est une écologiste militante. Tout ça fait très peur.
Je crois que depuis des années, on a sacrifié notre agriculture, comme, vous savez, je viens d'une région sidérurgiste, la Moselle, comme on avait sacrifié notre industrie juste avant, sur l'autel de l'Europe et de la mondialisation. Qui est plus européiste ? Qui est plus mondialiste qu'Emmanuel Macron ? Personne. Donc, vous pouvez mettre des lunettes de soleil, vous pouvez aller voir des agriculteurs une heure par an, mais ça ne changera pas le fond des choses. Ils sont aujourd'hui dans l'abandon de l'agriculture, comme si c'était quantité négligeable.
Emmanuel Macron a délégué notre industrie à la Chine, veut déléguer notre agriculture à l'Amérique du Sud, veut déléguer le pouvoir régalien à Bruxelles. C'est le grand faillitaire de la France.
Il y a un projet de l'agricole qui s'est examiné au Parlement avant l'été, c'est ce qu'a promis Sébastien Lecornu, vous allez le soutenir ?
Mais nous verrons bien ce qu'il y a dedans. Vous savez, j'ai peur, une fois encore, que ce soit beaucoup d'affichages et peu d'actions. C'est bien de réguler, c'est bien de normer, probablement. Mais il y a un moment, laissez les agriculteurs bosser, laissez-les tranquilles, ils font un travail formidable. Quel esprit tordu peut imaginer que lorsque l'on impose une norme à un agriculteur français, on n'est pas obligé d'imposer la même norme à un agriculteur brésilien ? Comment on peut imaginer que dans le même supermarché, on ait un produit qui vient d'Amérique du Sud et qui ne respecte pas les règles que l'on impose aux producteurs locaux ? C'est se tirer une balle dans le pied.
Eh bien, ceux qui ont tiré la balle dans le pied ne sont probablement pas ceux qui sont les plus bienveillants pour nos agriculteurs.
On parle du budget, Fabrice. Fin de séquence, budget 2026, ce début de semaine. Que dites-vous, Laurent Jacobelli, aux Français qui sont soulagés enfin que la France ait un budget ?
Moi, je ne sais pas quels Français vous avez rencontrés en arrivant ici, mais on n'a pas rencontré les mêmes. Tant mieux, c'est une complémentarité, ça nourrit le débat. Moi, je vois des Français qui sont inquiets de 10 milliards d'impôts supplémentaires, notamment 8 milliards sur les entreprises. Ça veut dire moins d'investissements, moins d'augmentation de salaire, moins d'embauches. Et je crois que mon micro est trop... Problème de micro, vous en avez un deuxième. Vous en avez un deuxième. Donc, c'est ça le problème pour les Français. Je vois que les Français...
Il y avait aussi une lassitude quand même, un ras-le-bol des Français, de voir que la classe politique ne s'en sortait pas avec son budget. Vous l'accordez.
Ces Français-là, vous les avez rencontrés aussi. Je les ai rencontrés aussi, mais je pense que le ras-le-bol est beaucoup plus fort de savoir qu'ils ne pourront plus passer leur permis de conduire, notamment les apprentis, avec la formation professionnelle, le crédit formation personnel. Donc, tout ça, c'est un amas de choses qui font qu'on a un très mauvais budget soutenu par un très mauvais gouvernement. Je rappelle quand même à ceux qui nous écoutent qu'à l'Assemblée nationale. Je sais qu'on est sur Public Sénat, mais je suis député.
On est sur la chaîne parlementaire.
Il y a un seul député qui a voté la première version du budget. Un seul. C'est donc un très mauvais budget. De l'aveu même, d'ailleurs, de tous ceux qui veulent nous l'imposer. Mais pourquoi on a un mauvais budget ? Parce que c'est l'association...
Le budget final n'est pas la version qui a été votée par le député.
Non, ce n'est pas lequel est le pire, en fait. C'est ça qui est terrible. Moi, je vois bien que la CSG va augmenter, notamment pour énormément de retraités. Enfin, on a un budget catastrophique.
Mais compte tenu de la composition de l'Assemblée nationale, c'était quoi l'alternative, Laurent Jacob ?
La réponse est dans la question. Cette Assemblée nationale ne peut pas pondre un bon budget parce qu'il n'y a pas de majorité. Notre Ve République, et vous savez à quel point nous y tenons, cette Ve République, elle tient par une majorité. Quand il n'y a pas de majorité, alors on arrive à un texte qui est le mélange des contraires et qui est un mauvais texte. Il aurait fallu un bon texte, soutenu par une majorité. C'est pour ça qu'il fallait retourner aux urnes.
Mais qu'est-ce qui vous garantit que la dissolution aurait débouché sur une majorité ?
La seule garantie que nous avons…
Vous étiez à la limite de vous voir à Matignon au moment de la dissolution et vous n'avez pas de majorité.
La seule garantie que nous avons aujourd'hui, c'est qu'il n'y a pas de majorité. Ça vaut le coup d'essayer. Et puis moi, vous savez, le front républicain avec énormément de guillemets autour de l'expression qui a eu lieu en 2024 n'aura pas lieu une deuxième fois. Moi, je ne peux pas imaginer qu'un électeur de droite mélange ses voix avec un LFI dont on voit bien aujourd'hui qu'ils sont les défenseurs de tout ce qu'il y a de pire dans le monde. Je ne vois pas aujourd'hui un militant et un adhérent socialiste sincère voté par l'équipe de vendeurs de voix que sont Olivier Faure et François Hollande.
Vous ne le voyez peut-être pas, mais par exemple, il y a des législatives partielles. Il y en a une dans le Loiret qui opposait la ministre sortant Stéphanie Riste. Il y a eu un fond républicain.
Oui. Vous vous rappelez de la législative partielle de ce dimanche en Haute-Savoie ?
Oui, enfin là, il y avait un LR face à un candidat siotiste.
Qui ont fait que le candidat du camp patriote UDR-RN est passé avec 60% des voix, qu'il y a eu un effondrement des républicains. Mais pourquoi ? Parce que les républicains se sont associés aux socialistes et aux centristes pour pondre ce très mauvais budget qui va accroître la dette, accroître les impôts, accroître les unités.
Mais dans celle qui opposait une macroniste au RN, c'est la macroniste qui l'a emportée.
Mais une fois. Une fois. Mais une fois encore, qui peut penser que demain, les macronistes auront la majorité quand vous voyez leur travail aujourd'hui ? Moi, je pense qu'il ne faut pas avoir peur des urnes. Il faut y aller. Et il faut y aller franchement. Mais je le redis, moi, à tous ceux qui nous regardent et qui sont traditionnellement des électeurs de la droite, ne vous laissez plus avoir. Ne vous laissez plus associer au Parti Socialiste. N'acceptez plus cette embouille. Résistez. Sauvez votre pays. Rejoignez-nous.
Un dernier mot fermé. Pas de dissolution. Donc, ça veut dire un gouvernement, a priori, avec Sébastien Lecornu. Un an à tenir jusqu'au prochain budget. Qu'est-ce que vous attendez de Sébastien Lecornu ? Rien. Quel rendez-vous vous lui donnez ?
Rien. Rien, puisque le travail de M. Lecornu, du matin au moment où il se lève, du soir où il se couche, c'est de rester en place. Qu'est-ce que vous voulez attendre de quelqu'un dont le seul but est de ne pas être sur un siège éjectable ? Et donc, il acceptera toutes les compromissions avec ce qu'il y a de pire. Et je pense par exemple au socialisme, mais aussi parfois avec la lâcheté de la droite. On a un groupement qui sont des opportunistes, qui s'allient avec des gens cent fois millois et des démissionnaires qui sont la droite. Honnêtement, nous n'en attendons rien. Ce qu'on attend, c'est l'alternance incarnée par le Rassemblement National.
Merci Laurent Jacobelli. Merci d'avoir été notre invité.
Merci. Merci. Merci.
Laurent Jacobelli