"Le 1er mai, ça peut aussi être une mobilisation pour le blocage des prix", défend Manuel Bompard
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Alors sur la hausse du prix de l'essence qui est due à cette guerre au Moyen-Orient, le gouvernement veut encadrer les marges en tout cas envisage potentiellement d'encadrer les marges des distributeurs quand le litre d'essence sera au-dessus. À partir du moment où le litre d'essence est au-dessus d'un euro 70, ce serait plutôt une bonne mesure, ça va dans le bon sens. Alors écoutez, d'abord j'observe qu'enfin après un mois à ne faire strictement rien, le gouvernement commence à comprendre quelque chose, c'est qu'en fait il ne trouvera pas de solution pour soulager la difficulté des Françaises et des Français qui sont confrontés à des augmentations de 50 centimes du prix du carburant, sans passer par des mesures qui sont des mesures de contrôle des prix.
Ça fait depuis un mois qu'on leur dit, un mois qu'ils nous disent qu'ils gagnent du temps pour faire tout sauf ça, donc ils commencent à comprendre. Ça va dans la bonne direction. Sauf que le problème, c'est qu'il tape à côté du problème parce que les marges qui sont abusives aujourd'hui, elles ne sont pas à la distribution.
Tout le monde le sait. La distribution de carburant c'est soit des distributeurs indépendants qui font des marges assez limitées soit de la grande distribution pour qui souvent le carburant est un produit d'appel elles sont dans le raffinage tout le monde l'achat mais mais elles sont au moment du raffinage elles sont elles sont en amont dans la chaîne d'approvisionnement d'ailleurs elles ont été multipliées par quatre depuis le début de la guerre c'est simple donc si aujourd'hui le gouvernement c'est que si on bloque les prix à ce niveau là les raffineurs vont préférer vendre ailleurs qu'en France je ne crois absolument pas et que là on risque une pénurie mais regardez par exemple vous avez passé tout à l'heure un reportage à un interviewant monsieur Lurel sur les dispositifs qui existent dans les outre-mer où il y a des mesures de fixation des prix il n'y a pas de pénurie aujourd'hui de carburant dans les outre-mer vous avez un certain nombre de pays la Croatie, la Corée du Sud, la Pologne, la Hongrie et la Grèce qui envisagent des mesures de contrôle des prix il n'y a pas de pénurie quand en France dans les années 90 on a encadré les marges du raffinage parce qu'il y avait un décret pour encadrer les marges du raffinage pendant la première guerre du Golfe gouvernement de mémoire de Michel Rocard il n'y avait pas de pénurie moi je vous dis que cet argument c'est l'argument qui est utilisé pour s'en prendre jamais mais aux profiteurs de crise là vous avez des profiteurs de crise vous avez des entreprises comme Total qui ont multiplié leur marge par 4 depuis la guerre Mais pourquoi à votre avis on évite de s'en prendre aux profiteurs de crise ? Parce qu'on a peur de créer un rapport de force avec total, parce que… – Parce que le gouvernement a aussi peur de la réaction des Français. – Non, je pense que les Français seront très contents si demain vous créez les conditions pour bloquer les prix à 1 ,70€ comme on le propose.
Là, je vous promets que les Français sont très contents. Et aussi parce qu'un certain nombre de députés macronistes sont largement profiteurs de cette situation, puisqu'ils bénéficient eux-mêmes dans leur portefeuille d'actions, d'actions du groupe Total et qui bénéficient aussi du fait que quand les marges augmentent, les profits augmentent, les dividendes versée aux actionnaires augmente. Voilà pourquoi on ne veut pas s'attaquer à Total. – Donc là, vous dites que certains membres du gouvernement sont intéressés au fait de ne pas bloquer les... – Je le pense, oui, bien sûr.
Donc qu'est-ce qu'il faut faire ? Vous avez chaque jour des entreprises comme Total... – Vous pensez à quel député, quel membre du gouvernement qui toucherait des actions de total ?
Ah ben vous avez une quinzaine de députés, 20 parlementaires, 14 de la coalition présidentielle qui possèdent près de 400 000 euros d'actions de total et qui ont déjà gagné 50 000 euros. Voilà je ne vous dis pas que c'est la seule raison mais vous pouvez pas faire abstraction. Vous connaissez leur portefeuille d'action ?
Vous avez une liste sous les yeux ? Je n'ai pas la liste des députés mais je pourrais vous la faire parvenir si vous voulez, tout ça est public, je ne dévoile pas de scoop là. Mais vous avez l'intention de la rendre publique ?
Mais je n'ai pas besoin de la rendre publique, elle l'est déjà publique. Mais attendez, moi mon sujet ce n'est pas d'aller pointer du doigt à telle ou telle personne parce qu'ils ont des actions. Mon sujet c'est de faire en sorte que le prix du carburant baisse.
Et je dis que si vous voulez que le prix du carburant baisse, il faut encadrer les marges des raffineurs. C'est la seule solution. Ou alors c'est la seule solution qui coûte 0 euro au budget de l'Etat.
C'est la seule et qui permet de baisser immédiatement le prix. Est-ce que vous appelez à une mobilisation citoyenne type celle des Gilets jaunes qui a déjà germé sur une hausse du prix des carburants pour justement pousser le gouvernement à bloquer les prix ? Oui, bien sûr.
Moi j'appelle toujours à une mobilisation citoyenne, mobilisation des salariés aussi, j'ai lu un communiqué par exemple des salariés de Total qui eux-mêmes disent il faut encadrer les marges parce qu'eux-mêmes ils se rendent compte que… Parce que pour l'instant les citoyens ne réagissent pas trop, ils râlent mais rien ne s'organise. Je crois qu'ils sont très en colère quand même. Regardez, fixons-nous un objectif et il y a une date de mobilisation le 1er mai.
Le 1er mai ça peut être aussi une mobilisation évidemment d'abord pour les salaires, pour les droits sociaux mais aussi pour le blocage des prix et contre la guerre parce que par ailleurs si la guerre s'arrête, ça permet aussi assez vite de mettre un terme aux conséquences économiques de la guerre même si malheureusement je crains qu'elle soit durable.
Manuel Bompard