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Podcast / conversationLe Média (sur Podcast)· 25 mai 2023 46 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiSolidarités & familleÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

France Travail : la nouvelle arme de guerre sociale de la macronie

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 9 %Attaque 73 %Défensif 18 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:37OuverteRéponse directe

    Quels sont les principaux points à retenir de ce projet plein emploi ? Quelles sont les principales innovations et les principales menaces ?

  • 1:59FerméeRéponse directe

    Surtout, c'est ce que vous visez, l'obligation d'effectuer 15 à 20 heures d'insertion par semaine sous forme de formation, d'atelier CV ou de stage en entreprise. Pour vous, c'est travailler gratuitement ?

  • 3:23OuverteRéponse directe

    Vous soutenez que ce projet de loi ne demande pas aux bénéficiaires du RSA de travailler gratuitement. Vous l'avez expliqué dans un long thread sur Twitter. C'est peut-être l'occasion de revenir dessus.

  • 5:38FerméeRéponse directe

    Donc, un dispositif qui ne serait pas contraignant. S'il n'est est pas inscrit dans la loi, ce sera un dispositif qui ne serait pas contraignant ?

  • 8:09FerméeRéponse directe

    La suspension, remobilisation, c'est cette sanction que vous disiez.

  • 11:25OuverteRéponse directe

    Si vous aviez un bénéficiaire de l'assurance chômage ou un allocataire RSA, comment vous lui expliqueriez ce qui va changer pour lui ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:52Invité politiqueFait
    « Le premier, c'est un problème d'humanité. C'est-à-dire que l'idée qui préside même à la création de France Travail comme il l'appelle, elle est assez simple. C'est l'idée que finalement, tout bénéficiaire d'une allocation sociale, toute personne qui est inoccupée, qui n'a pas d'accès à un emploi, en est responsable. »
  • 1:07Invité politiqueFait
    « Et que donc dès lors qu'elle est responsable, il faut la forcer, la contraindre. »
  • 1:16Invité politiqueFait
    « Et donc, ça nous donne le projet gouvernemental qui veut imposer aux bénéficiaires d'aides sociales minimum de devoir faire des activités obligatoires. »
  • 1:42Invité politiqueChiffre
    « Il y a une offre d'emploi pour, ça dépend les mois, entre 20 et 30 chômeurs. »
  • 3:49InvitéFait
    « Il n'est pas prévu du tout de faire travailler les bénéficiaires du RSA gratuitement. »
  • 4:15InvitéFait
    « Il y aura aussi, en fait, pour les BRSA qui sont les plus éloignés de l'emploi et qui ont des problématiques périphériques de santé, de logement, de garde d'enfants, etc. Il y aura des activités qui seront sans rapport vraiment avec l'emploi et qui existent aussi déjà. »
  • 6:17InvitéFait
    « Si le conseiller estime que l'usager BRSA ou pas, ça pourrait être un bénéficiaire de l'ASS, c'est l'autre minimum social, équivalent au BRSA, on est sur les mêmes montants. Si le conseiller estime qu'il y a besoin de tous ces ateliers, eh bien, et si l'usager, lui, estime qu'il n'y a pas besoin, c'est là où ça risque d'être un peu conflictuel. »
  • 7:03InvitéFait
    « Il est dit, oui, bon, aujourd'hui, les sanctions sont trop mécaniques et donc, il y aura une graduation, apparemment, des sanctions. »
  • 7:14InvitéFait
    « Il y aura une nouvelle sanction qui sera une sanction provisoire et sur laquelle on pourra revenir si l'usager le mérite. »
  • 7:50InvitéFait
    « On pourrait aussi, du coup, à la lecture du rapport, penser que les sanctions sont peut-être moins brutales. »
  • 7:59PrésentateurFait
    « Elles vont être facilitées, d'ailleurs, avec ce nouveau dispositif. »
  • 10:37Invité politiqueChiffre
    « Il y en a 2 millions en France. C'est-à-dire qu'il faut embaucher 50 000 personnes à France Travail. »
  • 10:43Invité politiqueChiffre
    « Aujourd'hui, ils sont 50 000 à Pôle emploi à gérer l'ensemble des demandeurs d'emploi. »
  • 13:18InvitéChiffre
    « On nous annonce encore 1 milliard de plus. »
  • 28:12InvitéFait
    « il y en a quelques-uns qui se prennent pour des shérifs et qui veulent faire la loi sur leur territoire »
  • 28:49Invité politiqueFait
    « depuis la création de l'NPE en 1967, c'est l'idée selon laquelle finalement c'est au service public d'emploi de résoudre le chômage »
  • 28:56Invité politiqueFait
    « le but d'un service public d'emploi, c'est d'aider les gens à trouver des emplois, et c'est pas de résoudre le chômage »
  • 33:39Invité politiqueFait
    « les salariés ne cotisent plus »
  • 35:27Invité politiqueFait
    « de supprimer le fait d'être concerné par le mode de financement, et bien vous affaiblissez l'idée même du chômage »
  • 41:56Invité politiqueFait
    « cette espèce de guerre qui est menée de haine qu'on les macronise pour la qualification des gens »
  • 43:20Invité politiqueFait
    « vous savez utiliser tous les fours à pain du pays parce que vous comprenez ce qu'est un four à pain »

Temps de parole

  • Hadrien Clouet42 %
  • Invité38 %
  • Présentateur18 %
  • Locuteur non identifié2 %

0,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Le projet de loi plein emploi que le gouvernement présentera le 7 juin prochain portera la création de la très décriée institution France Travail qui viendra remplacer le pôle emploi à compter du 1er janvier 2024. Alors la structure viserait à atteindre le plein emploi d'ici la fin du quinquennat d'Emmanuel Macron. Alors ce changement conduira à une transformation profonde du pôle emploi que l'on connaît actuellement mais pas seulement, on en discute avec nos invités Yann Godin, lanceur d'alerte sur le pôle emploi. Adrien Chouet, député LFI NUPES. Bonjour messieurs.

0:32
Hadrien Clouet

Bonjour.

0:33
Présentateur

Est-ce que vous m'entendez Yann ? Parfait. Bonsoir. Alors selon vous, quels sont les principaux points à retenir de ce projet plein emploi de la création de France Travail ? Quelles sont les principales innovations et les principales menaces ? Je me tourne vers Adrien Chouet.

0:49
Hadrien Clouet

Moi je pointerais deux sujets qui sont vraiment essentiels. Le premier, c'est un problème d'humanité. C'est-à-dire que l'idée qui préside même à la création de France Travail comme il l'appelle, elle est assez simple. C'est l'idée que finalement, tout bénéficiaire d'une allocation sociale, toute personne qui est inoccupée, qui n'a pas d'accès à un emploi, en est responsable. Et que donc dès lors qu'elle est responsable, il faut la forcer, la contraindre. Et donc, ça nous donne le projet gouvernemental qui veut imposer aux bénéficiaires d'aides sociales minimum de devoir faire des activités obligatoires. Donc dès lors, deux choses l'une.

Soit ça veut dire qu'il n'y a plus de minimum vital en France, puisque un minimum contre une activité, on appelle ça un salaire d'ordinaire, sauf qu'ils ne sont pas payés. Soit ça veut dire qu'il y a du boulot pour des gens, mais qu'on n'a pas envie de leur verser un salaire, puisqu'apparemment on trouve des choses à leur faire faire. Donc dans les deux options, c'est évidemment dramatique. Et puis tout cela prend place dans un moment où il y a une offre d'emploi pour, ça dépend les mois, entre 20 et 30 chômeurs.

Donc dès lors qu'on est dans une situation de pénurie d'emploi, ça n'a pas de sens de contraindre les gens, de leur faire pression pour qu'ils accèdent à des emplois qui n'existent pas. Pourtant, c'est ce qu'on appelle le macronisme.

1:53
Présentateur

Oui. Alors le projet de loi prévoit l'inscription de tous les allocataires du RSA Pôle emploi devenus France Travail. Surtout, c'est ce que vous visez, l'obligation d'effectuer 15 ans, 20 heures d'insertion par semaine sous forme de formation, d'atelier CV ou de stage en entreprise. Pour vous, c'est travailler gratuitement ?

2:09
Hadrien Clouet

Ça dépend de ce qu'ils mettent derrière. C'est-à-dire que la difficulté, on est dans un moment où les départements, il y en a plusieurs qui sont pilotes, expérimentent des choses. Il y a un peu de tout. Il y a des départements où, effectivement, les gens ont une formation, ils apprennent à faire leur CV. D'autres, ils ont des activités sportives ou de théâtre. Ça veut dire qu'on va radier les gens parce qu'ils ne veulent pas jouer au tennis. D'autres encore, ils ont des activités de stage en entreprise. Un stage en entreprise, c'est censé être productif. Donc ça pose problème.

Si vous voulez, c'est quand même l'idée que finalement, on peut et on doit contraindre les gens à des activités forcées. C'est l'idée que finalement, lorsque quelqu'un n'arrive pas à retrouver du boulot, il faut le forcer à faire son CV différemment. Et c'est ça qui va l'amener au boulot. Ce qui, d'une part, est faux. D'autre part, me semble moralement contestable. Et puis surtout, on sait que ça ne marche pas comme ça. Il y a quand même des dizaines d'années de travaux en sciences sociales qui montrent une chose simple. Les gens qui retrouvent du boulot, ce sont ceux, d'abord, qui ont un soutien extérieur. Ce sont ceux qui arrivent à limiter le temps passé dans la recherche d'emploi.

Et ce sont celles et ceux qui ont aussi d'autres activités en dehors de la recherche d'emploi. Là, on fait l'inverse. On veut enfermer les gens sur leur recherche, c'est-à-dire les obliger à se heurter à des échecs. Parce que si vous faites 200 candidatures par jour, forcément, vous aurez beaucoup d'échecs. Vous n'aurez pas le temps de passer des heures à préparer chacune. Et donc, on met les gens dans cette situation-là. C'est une situation qui vise ouvertement à les humilier pour leur faire revoir à la baisse leur revendication salariale.

3:23
Présentateur

Alors, Yann Godin, en tout cas, vous, vous soutenez que ce projet de loi ne demande pas aux bénéficiaires du RSA de travailler gratuitement. Vous l'avez expliqué dans un long trade sur Twitter. C'est peut-être l'occasion de revenir dessus.

3:38
Invité

Oui, effectivement. Il y a une confusion, je pense, qui est entretenue à dessein par le gouvernement en parlant d'activité, de 15 à 20 heures d'activité. Or, il n'est pas prévu du tout de faire travailler les bénéficiaires du RSA gratuitement. Donc, Adrien l'a très bien dit dans ses activités. Bon, il y a ce qu'on connaît déjà, qui n'a rien de nouveau du tout. Donc, les ateliers pour bien faire son CV, pour se préparer à un entretien d'embauche, découvrir des métiers, découvrir des formations. Donc, tout ça n'est pas nouveau.

Alors, il y aura aussi, en fait, pour les BRSA qui sont les plus éloignés de l'emploi et qui ont des problématiques périphériques de santé, de logement, de garde d'enfants, etc. Il y aura des activités qui seront sans rapport vraiment avec l'emploi et qui existent aussi déjà. Alors, il est même question de séjour de rupture, donc de, quelque part, de vacances. Sur le papier, ça fait plutôt joli. Il est question aussi de repas partagés pour sortir de l'isolement. Il y a plein de jolies choses et de jolis mots dans le rapport de 274 pages, plein de belles intentions, mais techniquement, il y a beaucoup de flou. Il y a très peu de détails techniques.

Et donc, je rassure effectivement, les BRSA, on ne va pas les obliger à travailler 15 à 20 heures semaine et ça ne concernera pas forcément tous les bénéficiaires du RSA. Ceux qui apparaîtront comme les plus autonomes, bon, a priori, ils seront peut-être dans un suivi, je dirais, un peu ordinaire à Pôle emploi et pas dans ce suivi intensif.

Mais moi, j'ai du mal, effectivement, à comprendre que cette rumeur du travail forcé, bon, perdure, mais je pense que c'est un peu lié à la communication, notamment d'Olivier Dussopt, qui, aujourd'hui même, disait même que ça ne serait pas dans la loi, finalement, que les 15 à 20 heures semaine ne seraient pas dans la loi, que c'est un dispositif qui est envisagé. Donc, reste à voir exactement comment il sera fait.

5:38
Présentateur

Donc, un dispositif qui ne serait pas contraignant. S'il n'est pas inscrit dans la loi, ce sera un dispositif qui ne serait pas contraignant ?

5:45
Invité

Disons qu'il y aura un contrat d'engagement, comme ça existe déjà d'ailleurs aussi. Il n'y a pas grand-chose de nouveau, en fait, dans ce projet France Travail. Il y aura un contrat d'engagement, mais qui, là, concernera tous les usagers de Pôle emploi. Aujourd'hui, on appelle ça le PPE, le projet personnalisé d'accès à l'emploi. Et puis, demain, on appellera ça le contrat d'engagement. Et donc, si le conseiller estime que l'usager BRSA ou pas, ça pourrait être un bénéficiaire de l'ASS, c'est l'autre minimum social, équivalent au BRSA, on est sur les mêmes montants.

Si le conseiller estime qu'il y a besoin de tous ces ateliers, eh bien, et si l'usager, lui, estime qu'il n'y a pas besoin, c'est là où ça risque d'être un peu conflictuel, un peu beaucoup. Et surtout, si l'usager estime qu'il n'a pas besoin de tout ça et qu'on le force quand même, j'ai un peu peur pour les animateurs de ces ateliers qui vont avoir un public quand même assez récalcitrant. Donc, j'ai peur qu'il y ait beaucoup de tensions, peut-être des violences. On verra, on ne va pas crier.

6:47
Présentateur

Donc, on pourrait les forcer. Donc, ça rejoint un peu ce que disait Adrien Clouet quand il parlait d'activités forcées.

6:56
Invité

Bien sûr qu'il risque d'y avoir de la coercition, peut-être beaucoup. On verra comment c'est mis en application. Alors, il y a aussi des nouveautés, par contre, au niveau des sanctions. Il est dit, oui, bon, aujourd'hui, les sanctions sont trop mécaniques et donc, il y aura une graduation, apparemment, des sanctions. Mais ça reste encore assez flou. Par contre, il y aura une nouvelle sanction qui sera une sanction provisoire et sur laquelle on pourra revenir si l'usager le mérite.

7:20
Présentateur

La suspension, remobilisation, c'est cette sanction que vous disiez.

7:24
Invité

C'est ça, la suspension, remobilisation. Donc, c'est une sanction effaçable, on va dire. Et puis, dans le mécanisme des sanctions, il est prévu aussi un peu plus de contradictoires de la part de l'usager. Donc, dans le rapport, il est dit que tout ça est fait pour simplifier, alors que finalement, ça devient plus complexe au niveau des sanctions. Bon, pareil, il faudra voir comment ça se met en œuvre. On pourrait aussi, du coup, à la lecture du rapport, penser que les sanctions sont peut-être moins brutales. Alors, il est dit aussi qu'il y aura plus de radiation de la liste.

7:59
Présentateur

Elles vont être facilitées, d'ailleurs, avec ce nouveau dispositif. Elles vont être facilitées. Et peut-être, j'ai vu Adrien Clouvé un peu réagir à cette sanction de suspension de remobilisation.

8:09
Hadrien Clouet

Oui, oui, tout à fait. Mais parce que je suis toujours d'accord avec Anne là-dessus. Disons que ça pose la question de ce qu'est une sanction dans une République. Est-ce qu'une personne qui est bénéficiaire d'une aide publique doit se voir retirer le minimum vital parce qu'elle ne se comporte pas de la manière dont envie qu'elle se comporte ? Mais c'est un vieux débat. C'est le débat déjà au moment du RMI, qu'on a créé l'idée d'un minimum vital. Vous avez des réactionnaires patentés qui faisaient « Non, mais si jamais la personne, elle ne fait pas exactement ce qu'on lui dit, il faut lui retirer et qu'elle crève dans la rue. » Voilà, ça, c'est un discours réactionnaire qui existe.

Et donc, c'est ça qui est en jeu. C'est ce qu'on estime, qu'il y a une dignité humaine fondamentale non négociable et que même la personne qui accomplit la pire des activités, qui ne se comporte pas comme on le voudrait, qui ne cherche pas le bon boulot, etc., eh bien, elle doit vivre. Ou est-ce qu'on estime, au contraire, que cette personne doit se voir suspendre le minimum vital ? Et c'est une question qui n'est pas qu'un engagement de celui ou celle dont on parle. Parce qu'en fait, les gens qui ont mis en cause ici, ils ont une famille, ils ont des enfants. Donc, on sait très bien ce qui se passe derrière. C'est du châtiment collectif, ce dont on parle ici.

La suspension et remobilisation, ça veut dire le gamin ne mangera plus le soir parce que son père ou sa mère a mal cherché du boulot. C'est ça, la réelle signification, notamment dans une allocation type RSA, qui prend en compte l'ensemble du ménage. Et donc, il y a cette question qui se pose. C'est le retour des formes de punitions collectives. Et effectivement, souvent, c'est annoncé de la manière suivante. On dit, on va faire une graduation. C'est-à-dire, on a eu ça pour l'assurance chômage depuis 40 ans. Chaque fois, on dit, regardez, c'est compliqué. Il y a une sanction mécanique. Alors, ce serait quand même plus simple qu'il y ait plus de sanctions différentes qu'on puisse apprécier.

Bilan, qu'est-ce qui se passe ? On crée quatre sanctions différentes. Au fur et à mesure du temps, on se concentre sur les sanctions les plus lourdes. Et les sanctions les plus légères disparaissent. Là où avant, elles étaient mécaniques. Mais bon, donc, je n'ai aucune confiance. Bon, alors, dans M. Dussault, en général, évidemment, comme personne, mais comme dirigeant politique, ça va de soi. Mais surtout, je pense, ça va mettre effectivement les personnels dans une situation inexplicable. Puisque ceux qui vont gérer les formations obligatoires seront en dehors de France Travail. Donc, ceux qui prononcent les sanctions ne seront pas ceux qui vont effectivement assurer les activités forcées.

Et donc, dès lors, en plus, on rend impossible pour l'animateur de la formation de pouvoir faire un retour d'expérience ou de pouvoir pondérer la décision de France Travail. Donc, en plus, ce truc est bureaucratique totalement. On ne voit pas comment il peut être mis en place. Et enfin, je conclue là-dessus. Il y a quand même une histoire qui est de fou dans France Travail. Une histoire de fou. Il nous annonce, chaque bénéficiaire du RSA doit être suivi par France Travail. Il faut des conseillers qui suivent chacun 40 allocataires du RSA. Il y en a 2 millions en France. C'est-à-dire qu'il faut embaucher 50 000 personnes à France Travail.

Aujourd'hui, ils sont 50 000 à Pôle emploi à gérer l'ensemble des demandeurs d'emploi. C'est-à-dire qu'il faut doubler l'effectif pour accueillir les gens au RSA. Ça n'aura pas lieu. Donc, il n'y aura pas ce suivi de 40 personnes. Donc, les gens ne seront pas suivis. Donc, ils seront envoyés de manière extrêmement rapide après un coup de fil parce que les agents n'auront pas le moyen de faire autrement. Ils seront expédiés dans des formations qu'ils n'auront pas choisis, qu'ils n'auront pas été discutées avec des gens qu'ils n'auront pas envie de voir.

11:02
Présentateur

Ce qui se passe actuellement avec le Pôle emploi, en fait ? Il n'y a pas grand-chose qui change.

11:06
Hadrien Clouet

Ce qui se passe un peu moins, quand même, parce que c'est assez rare, finalement, d'être expédié vers une formation sans discussion avec le conseiller. En revanche, là, rajouter 2 millions d'inscrits en plus, sans personnel pour les accompagner, ça signifie clairement qu'ils vont être dépossédés et les allocataires usagés et les professionnels de la capacité à parler, en fait, du parcours de vie que l'allocataire souhaiterait.

11:25
Présentateur

Alors, Yann Godin, je rappelle, vous êtes lanceur d'alerte sur le Pôle emploi. Plus concrètement, voilà, si vous aviez un bénéficiaire de l'assurance chômage ou un allocataire RSA, comment vous lui expliqueriez ce qui va changer pour lui ? Parce que, c'est vrai qu'on a évoqué un projet de loi qui est plutôt flou, mais si on devait aller à l'essentiel, qu'est-ce que vous leur diriez ?

11:48
Invité

Ça ne va pas changer grand-chose. Je voulais juste revenir sur ce que disait Adrien. Effectivement, c'est très dangereux de menacer des gens qui n'ont qu'un subside de 600 euros. Le RSA, c'est le montant mensuel de les menacer, de couper complètement les vives. C'est dangereux parce que ces gens n'auront plus rien à perdre. Après, voilà, le gouvernement en sera comptable. Non, pour les usagers, pas grand-chose. Pardon ?

12:14
Présentateur

Comptable devant qui ? Est-ce que ce gouvernement a une conscience, déjà ?

12:20
Invité

Non, ils n'ont pas de conscience, mais parfois, ils ont les chocottes. C'est déjà ça de pris.

12:23
Présentateur

D'accord. Bon, pardon, je vous en prie, Yann Godin.

12:26
Invité

Oui, oui, non, mais ça pourrait devenir très dangereux. Donc, ça ne va pas changer grand-chose pour les usagers. où il y a le fait qu'avant, la mission locale qui s'occupe des jeunes, qui va devenir France Travail Jeunes, pourquoi pas le nom est du coup plus explicite, elle était quand même assez hermétiquement, comment dire, différenciée de Pôle emploi. On n'avait pas accès, par exemple, à Pôle emploi, quand j'y travaillais, on n'avait pas accès aux entretiens, aux conclusions d'entretien de la mission locale avec les jeunes. Là, maintenant, il y aura un logiciel commun. Donc, le dossier sera ouvert et il y aura un historique de bout en bout.

Donc, bon, il y a quelques petites améliorations techniques, mais est-ce que ça valait le coup de consacrer pour ça près de 1 milliard par an, près de 1 milliard par an supplémentaire pour le service public de l'emploi qui coûte déjà très cher puisque rien que le fonctionnement de Pôle emploi, c'est 4,5 milliards. Si on y ajoute 600 millions pour la mission locale, 70 millions pour Cap emploi qui s'occupe des personnes en situation de handicap et demain, donc, on nous annonce encore 1 milliard de plus.

Alors, on n'a pas assez d'argent pour les retraites, mais par contre, on a de l'argent pour France Travail pour ripolliner une nouvelle fois puisqu'il y avait eu le fameux changement de logo de la NPE, puis encore, on change tout avec Pôle emploi, puis là, on rechange tout avec France Travail. On va mettre tous les supports de communication à la poubelle et puis tout ça va coûter plusieurs dizaines de millions d'euros rien que pour le changement d'identité visuelle. Mais, donc, on va être sur une augmentation de 15 à 20% du coût pour les Français, du coût du service public de l'emploi. Est-ce qu'on en attend 15 à 20% de croissance économique, 15 à 20% de création d'emploi ?

Parce que rien que parce qu'on aurait changé le logo de Pôle emploi. Non, moi, ce que je regrette surtout, c'est que...

14:27
Présentateur

On aurait pu partir du Pôle emploi, l'institution qui existe, l'adapter et la réformer plutôt de créer une nouvelle institution. C'était possible ? Peut-être Adrien Clouet ?

14:36
Invité

Exactement, mais bon, là, il y a un genre de bluff, il y a un genre d'illusion. Voilà, on change tout. C'est une grande réforme de plus alors qu'en fait, pas grand-chose ne change. Et puis comme ça, Emmanuel Macron aura eu son machin. Chirac avait créé l'ANPE, Sarkozy avait créé Pôle emploi, Macron aura son France Travail mais qui sait, peut-être qu'après 2027, on changera nouveau. D'ailleurs, parce que le mot travail, je le trouve moins pertinent que le mot emploi. Le travail, toutes les activités de la vie quotidienne sont du travail. Tous les bénéficiaires du RSA travaillent tous les jours. Quand on fait sa cuisine, quand on fait son ménage, eh bien, c'est du travail.

Il y a des gens qui en font un métier mais il y a des gens qui le font eux-mêmes. C'est un travail, ce n'est pas un emploi, ce n'est pas formalisé mais c'est un travail.

15:22
Présentateur

Adrien Clouet, est-ce qu'on aurait pu garder l'institution, la réadapter ?

15:26
Hadrien Clouet

De toute façon, on peut tout faire, c'est une question de volonté politique, bien sûr. Qu'est-ce que c'est aujourd'hui Pôle emploi ? C'est un service public dans lequel il y a des agents qui travaillent, souvent d'arrache-pied, qui pour une part d'entre eux, d'entre elles, reçoivent des demandeurs d'emploi pour essayer de leur trouver des emplois existants qui correspondent à leur qualification, à ce qu'ils ont envie de faire, à leur parcours et pour d'autres parts, calculent les droits, c'est-à-dire s'assure que les gens reçoivent leur argent à temps et que l'argent correspond effectivement à leur emploi précédent. La question qui se pose, c'est le modèle. Qu'est-ce qu'on veut ?

Il y a deux manières de faire un service public d'emploi. Il y a la manière Macroniste, c'est-à-dire on crée un espèce de bitonio géant qui vise à absorber les offres d'emploi les plus précaires et les rediffuser de force auprès des usagers. Ça, c'est une version libérale. Le service public d'emploi servirait à ça. Eh bien, moi, je ne défends pas ça. Je défends un service public d'emploi. On pourrait l'appeler France Calife, par exemple, si on voulait nous aussi trouver des slogans publicitaires.

France Calife, ça serait un service public où les demandeurs d'emploi sont accueillis et on ne leur propose que des offres qui sont plus qualifiées, mieux formées, mieux payées, mieux rémunérées, mieux indemnisées selon les différentes logiques qui existent au sein de l'institution. Bref, qui les mettent dans un parcours de vie qui améliore leurs conditions. Ben voilà, contre-proposition, faisons un service public d'emploi dans la mission exclusive et d'élever la rémunération des gens qui sont accueillis. Ça, c'est un vrai projet.

Ça, c'est un vrai projet parce que ça veut dire que le patronat saura qu'il ne peut se tourner vers ce service public d'emploi qu'avec des offres qui sont valables, qui sont potables. Ça, c'est un beau projet parce que ça veut dire que les conseillers et les conseillères auront un sens à l'activité. Elles recevront des personnes qui, parfois, ont eu des difficultés à bosser à temps partiel ou au SMIC. Elles auront un objectif de on peut faire mieux avec la personne. On peut la mettre sur un parcours qui la sécurise plus pour son existence. Et je souhaiterais également sonner l'alerte sur un point qu'a évoqué Yann à l'instant. C'est l'émission locale.

On est dans un risque de disparition d'émissions locales qui risquent d'être englouties dans cette espèce de monstre bureaucratique que va être France Travail si jamais ils y arrivent. Comptez sur nous pour qu'ils n'y arrivent pas. Mais s'ils y arrivent, ils veulent l'engloutir. Or, l'émission locale, c'est quelque chose de très important parce que ce n'est pas Pôle emploi. Ça a été dit à l'instant. Ça ne l'est pas. Ce sont d'autres agents des usagers et des usagères selon un mode de gestion qui est très autonome.

Les mettre sur le même logiciel que Pôle emploi, les mettre sous la même tutelle avec les mêmes objectifs, c'est extrêmement dangereux parce que c'est la fin de leur autonomie et de leur esprit d'initiative. Un exemple, chez moi, en Haute-Garonne, la mission locale, par exemple, a fait des bus pour aller dans le commun, côté Pyrénées, et passer dans les toutes petites communes pour expliquer leurs droits aux plus jeunes, aux moins de 25 ans. La mission locale fait de l'intervention en milieu scolaire. La mission locale passe par des employés en poste pour savoir qui dans la famille, les petits frères, les petites sœurs, n'a pas de boulot et peut être accueillie et aidée.

La mission locale aide à l'élévation du niveau de formation des jeunes. La mission locale n'a pas comme objectif exclusif de mettre les gens à l'emploi. Ils peuvent se dire on a reçu quelqu'un, cette personne, elle veut faire une licence pro, on l'accompagne, on lui explique comment faire une licence pro. Donc ça, ce sont des missions qui risquent de disparaître dès lors que France Travail triomphe des missions locales et qu'on met fin à ce qui se fait de mieux dans le pays.

18:21
Présentateur

Alors, messieurs, tous les deux, clairement, vous êtes en train de décrire une structure infantilisante qui va condamner, on va dire, les bénéficiaires de ces prestations sociales à du travail forcé, que du négatif et un projet de loi qui intervient quand même après la réforme des retraites contre laquelle on est encore très mobilisés. C'est quand même une drôle de manière de passer à autre chose. C'est quoi l'agenda politique d'Emmanuel Macron ?

18:47
Hadrien Clouet

C'est logique. C'est très logique. Il y a eu, en novembre dernier, la réforme de l'assurance chômage. On a limité dans le temps la perception des indemnisations chômage pour que les gens, en fait, les chômeurs de longue durée, c'est qui ? C'est des salariés de plus de 55 ans. Donc, pour leur retirer la perception de l'allocation chômage et faire en sorte qu'ils soient obligés d'accepter un boulot moins bien payé que celui d'avant. Bon, maintenant qu'ils ont ce boulot moins bien payé, ils vont avoir une allocation chômage qui sera moins bonne.

Et en plus, on leur oblige à se taper entre 6 mois et un an et demi pour les plus âgés parce que ça ne va pas rentrer en application tout de suite, mais on les oblige à se taper des mois de travail en plus, des mois d'emploi en plus et donc vous avez un peu face, tu perds, pile, ils gagnent, eux. Puisque ces mêmes personnes donc ont moins de droits, doivent rester plus longtemps en emploi. Et bien maintenant, comment on articule les deux ? Comment vous faites lorsque vous avez baissé les droits des gens qui doivent rester au boulot plus longtemps ?

Vous trouvez une structure pour les obliger à passer de l'état du dernier boulot à l'état d'un futur boulot précaire pour tenir les un an et demi, deux ans de plus ?

19:38
Présentateur

C'est juste la temporalité qui questionne. Vous avez peut-être une idée pour vous, Yann Godin, pourquoi penser cette réforme-là à travers la France travaille alors qu'aujourd'hui encore la France travaille

19:50
Hadrien Clouet

à une crise profonde ? Peut-être vous demandez à McKinsey quand même plutôt qu'à nous

19:53
Présentateur

mais j'aimerais bien avoir l'avis du lanceur d'alerte du Pôle emploi.

19:58
Invité

Le gros problème en fait de la politique de l'emploi avec la Macronie c'est que c'est une approche purement quantitative, uniquement quantitative des chiffres et finalement considérer que les actifs dans toute leur diversité avec toute leur qualification effectivement avec toutes les différences selon les territoires etc.

Tous ces gens-là ne sont que des pions des chiffres et on gère ça avec des tableurs Excel et donc c'est la même logique que rallonger l'âge de la retraite c'est faire des Français désolé pour la formule mais un peu de la chair à patron interchangeable mais d'ailleurs c'est ce qu'on observe parce que dans les chiffres justement il y a une explosion des licenciements depuis 2016 il y a un phénomène qui est très inquiétant il y a une instabilité du marché de l'emploi on a parlé aussi des démissions côté salarié mais il y a aussi donc une explosion des licenciements et on nous dit que les employeurs auraient du mal à recruter alors qu'ils licencient de plus en plus donc qu'ils commencent à garder leurs salariés plutôt que d'en chercher de nouveau donc moi j'aimerais bien qu'il y ait une approche beaucoup plus qualitative et Adrien en a très bien parlé une approche beaucoup plus humaine et qu'on intervienne aussi en médiation comme ils le font en Allemagne Adrien connaît bien le service public de l'emploi allemand et il me semble si je ne me trompe pas qu'ils interviennent en médiation en prévention des licenciements des ruptures de contrats pour éviter que le chômeur n'arrive que le chômeur ne s'inscrive voilà donc il y a une approche réellement qualitative dans ce cas dans la relation au travail enfin voilà et à Pôle emploi aussi on serait bien inspiré d'avoir un souci par rapport à la relation que peuvent avoir les conseillers avec les usagers puis notamment tous ces conseillers qui sont au service contrôle de la recherche d'emploi et qui font quelque part un peu un sale boulot qui vont être d'ailleurs un peu plus nombreux avec France Travail encore et qui sont chargés voilà de contrôler puis de décider si on sanctionne ou pas bon tout ça n'est pas très tout ça n'est pas très heureux tout ça n'est pas très humain

22:18
Présentateur

et est-ce qu'il n'y a pas une volonté aussi à travers France Travail de fracturer davantage les classes populaires en dressant les travailleurs contre les personnes privées d'emploi

22:26
Hadrien Clouet

si bien sûr il y a une dimension morale très forte dans ce type de dispositif et là aussi c'est la réhabilitation d'un vieux discours un peu réactionnaire qui consiste à dire il y a ceux qui bossent et ceux qui bossent pas ce qui évidemment dans un moment où il y a un emploi pour 30 chômeurs n'a rigoureusement aucun sens mais ce discours existe et d'ailleurs si je peux faire la petite parenthèse moi je trouve intéressant de voir ce qui se passe depuis le premier quinquennat d'Emmanuel Macron c'est-à-dire en gros on est passé d'un discours à un autre entre 2017-2022 il y avait le discours un peu à la castanère c'est-à-dire le discours poujadiste ouais mais il y a des gens ils bossent pas il faut aller chercher chez eux pour montrer qu'ils truandent etc et les remettre au boulot de force à la schlag bon ça c'était le discours castanère maintenant depuis 2022 on a le discours plus à la ferrachi vous voyez l'économiste qui conseille Macron qui dit mais en fait c'est prouvé scientifiquement par les chiffres on fait des régressions logistiques qui montrent que les gens de toute façon ils cherchent pas si on les force pas donc en fait c'est scientifique et les gens ils ont besoin de la schlag c'est scientifiquement prouvé mais il y a un peu un décalage assez intéressant à observer c'est-à-dire que c'est la même thèse c'est les mêmes zanneries qui sont dites dans les deux cas mais la justification est devenue très différente on est passé de je connais le voisin de la belle-sœur de mon pote qui bosse pas à je peux vous faire un modèle extrêmement raffiné statistiquement pour vous montrer que les gens de toute façon ils bossent pas donc c'est assez intéressant de voir cette évolution mais elle conduit finalement à renouveler le discours on a l'impression que ces gens racontent des choses différentes alors que c'est exactement pareil et surtout qu'ils ont accumulé les différentes étapes c'est-à-dire depuis 2017 il y a quand même eu trois réformes de l'assurance chômage une qui a baissé le montant des allocations une qui a baissé la durée de perception et une qui a baissé le nombre de gens qui avaient le droit de le percevoir donc si vous voulez à chaque fois ils vous font le coup ils vous disent attendez cette fois-ci on bouge juste la durée de perception mais promis on touche pas ni au montant ni à l'éligibilité du coup d'après ils vous font alors on bouge l'éligibilité mais on touche pas ni à la durée ni au montant ils vous font le coup à chaque fois donc maintenant ils sont aussi dans un moment où ils ont un peu tout épuisé ils ont rogné partout la prochaine étape c'est juste que les gens soient totalement en insécurité et puissent même pas subvenir à leurs besoins alors qu'ils ont baissé pendant dix ans

24:29
Présentateur

dans la situation des bénéficiaires l'assurance chômage étaient déjà très fragilisés vous en savez quelque chose Yann Godin ils étaient énormément contrôlés est-ce qu'à travers ce guichet unique à travers France Travail il n'y a pas cette volonté d'étendre ces contrôles renforcés aux allocataires du RSA

24:46
Invité

si bien sûr bah oui ça faciliterait les contrôles ah bah tout le monde se sera tout le monde sera soumis au contrôle bon il y a un petit garde-fou quand même dans le projet c'est que les sanctions pour les bénéficiaires du RSA seront prononcées toujours par le président du département et non par France Travail bon on verra là aussi pour le moment dans l'application oui comment

25:12
Présentateur

je disais pour le moment

25:13
Invité

ouais mais par rapport justement aux bénéficiaires du RSA si le travail était tellement désirable de manière globale est-ce que vous croyez que les gens préféraient vivre avec 600 euros par mois plutôt que de travailler d'avoir au moins le SMIC donc il y a une vraie question à se poser sur la qualité de vie la vraie qualité de vie au travail sur la qualité du management au travail parce que vous savez je crois que c'est un peu les mêmes qui traumatisent des salariés donc qui créent des chômeurs de longue durée quand on a été traumatisé et bien on met du temps avant d'envisager de retourner à la torture quelque part qu'on a connue et ce sont les mêmes qui créent les chômeurs de longue durée et qui aussi les vilipendes et les traîtent de feignants donc voilà je pense qu'il y a une espèce d'état d'esprit mais qu'est-ce qui est fait justement par rapport à la vie au travail je ne sais pas si c'est prévu de l'aborder dans le cadre des échanges parlementaires Adrien pourra peut-être le dire mais il faudrait pour moi qu'on s'intéresse vraiment à la qualité du management comment on traite les salariés qui sont en emploi et comment on évite de les maltraiter de les traumatiser et de faire qu'ils préfèrent vivre avec trois fois rien plutôt que de s'exposer à des souffrances psychiques donc voilà il y a une réflexion puis j'aurais aimé aussi que dans ce projet de France Travail il y ait la création d'un organe réellement indépendant pour veiller aux devoirs de Pôle emploi parce qu'on parle toujours des droits et des devoirs des usagers de Pôle emploi et on parle rarement des devoirs de Pôle emploi qui sont inscrits dans le code du travail Pôle emploi a des obligations et je peux vous dire qu'aujourd'hui elles sont loin d'être totalement remplies donc j'aimerais qu'il y ait un organe réellement indépendant qui pourrait aussi faire office de médiation parce que pour le moment les médiateurs de Pôle emploi sont des salariés de Pôle emploi ils ne sont pas vraiment indépendants ils travaillent dans les mêmes bureaux dans les directions régionales que leurs collègues de Pôle emploi donc j'aimerais qu'il y ait un organe et pourquoi pas citoyen pourquoi pas des citoyens qui iraient contrôler ici ou là dans les agences si le service est bien rendu si les droits sont bien accordés puisque comme vous le savez j'ai révélé beaucoup d'anomalies on va dire de spoliation de droits de malversations quelque part qui ont été pour beaucoup heureusement régularisées mais ils perdurent encore beaucoup d'erreurs et puis même quelques pratiques illégales d'ailleurs j'ai un peu peur avec France Travail il y a un risque c'est au niveau de la gouvernance il est dit qu'on aura une gouvernance morcelée par territoire alors déjà qui sera le chef est-ce que ça sera l'actuel directeur de Pôle emploi ou est-ce que ça sera le directeur de la mission locale qui va prendre la place du directeur de Pôle emploi il y a des risques un peu de conflits internes et puis surtout le problème c'est qu'avec des directeurs territoriaux que ce soit un directeur départemental ou régional il y en a quelques-uns qui se prennent pour des shérifs et qui veulent faire la loi sur leur territoire et qui oublient totalement le principe républicain qui fait que normalement on a les mêmes droits partout sur le territoire et qu'on n'a pas à inventer des règles sur un département ou sur une région donc là il y a aussi un risque avec France Travail

28:30
Présentateur

alors on va donc vous poser la question de Yann Godin comment rendre l'emploi attractif pour pousser effectivement ces bénéficiaires du RSA à trouver un emploi ça c'est une belle question à garder

28:42
Hadrien Clouet

ça c'est une belle question d'abord pour répondre juste quand même écarter un sujet il y a un malentendu dans le service public d'emploi qui est fondateur depuis la création de l'NPE en 1967 c'est l'idée selon laquelle finalement c'est au service public d'emploi de résoudre le chômage c'est pas le but d'un service public d'emploi le but d'un service public d'emploi c'est d'aider les gens à trouver des emplois et c'est pas de résoudre le chômage c'est pas d'emploi le SPE le service public d'emploi ne peut pas résoudre maintenant une fois qu'on a posé ça on voit bien à quel point tout se joue dans le monde du travail enfin dans le monde de l'emploi pour être plus précis et qu'est-ce qu'est-ce qu'un emploi ?

on va dire pour le dire rapidement c'est trois choses un emploi bon d'abord c'est des conditions de vie immédiates un emploi c'est la capacité lorsqu'on signe un contrat de pouvoir subvenir à ses besoins et celui de ses proches donc c'est une rémunération c'est une distance qui est raisonnable pour y aller ce sont des horaires etc etc évidemment que là-dessus il y a énormément de choses à faire il y a encore beaucoup trop de CDD d'intérim de travail de nuit etc deuxièmement un travail c'est une activité ce sont des gestes là depuis tout à l'heure on est ici sur ce plateau il y a des personnes qui sont techniciennes qui travaillent à côté qui ont des qualifications qui savent faire des choses on a parfois des notes des choses qu'on manipule bref ce sont des gestes un travail ce sont des gestes qu'on apprécie et dans lesquels on a le sentiment de s'améliorer au fur et à mesure qu'on les fait pour être fier de soi et avoir la capacité de se dire que les autres sont fiers aussi de ce qu'on fait et de leur rendre un service c'est à dire typiquement tous les gens qui nous écoutent ici Olivier Dussault si tu nous écoutes je pense sont très fiers de ce qu'on fait donc c'est ça un emploi c'est la capacité à rendre à être utile au plus grand nombre et beaucoup de gens aujourd'hui ont le sentiment de ne pas l'être et ça c'est une souffrance lorsque vous faites une activité et que vous dites pourquoi j'y vais vivement que je rentre et ça n'a servi à rien et bien vous êtes en difficulté très forte et enfin troisièmement un emploi c'est une relation entre une personne et les activités qu'elle mène qui est plus ou moins équilibrée je m'explique c'est l'idée selon laquelle on est qualifié ou pas assez ou trop par rapport à ce qu'on fait est-ce qu'on est en capacité dans ce qu'on fait non pas juste d'être utile mais de déployer au maximum ce qu'on sait faire est-ce qu'on a le sentiment de pouvoir atteindre les limites qu'on se donne à nous on a envie de se dire bon ben voilà j'aurais bien réussi à faire ça à faire ci à faire ça est-ce que je suis en capacité dans mon activité dans mon emploi d'atteindre les limites que je me suis fixé et me dire voilà je peux partir en me disant non seulement j'étais utile c'est le premier point que j'évoquais mais en plus et bien je me suis fait plaisir je suis arrivé un peu au bout de ce que je sais faire et donc ces questions-là posent un celle du code du travail plus on autorise des emplois précaires à proliférer ben plus ils prolifèrent c'est une loi de la physique sur le marché du travail assez basique deuxièmement ça veut dire une obligation d'avoir un accès à la formation pour tout le monde une formation de droit pas une formation on vous envoie dans un opérateur privé qui fait faillite deux mois plus tard une formation ça veut dire la capacité vous avez envie de faire des cours d'anglais ben oui vous avez le droit de faire des cours d'anglais même si c'est pas immédiatement utile dans votre boulot c'est pas parce que parler anglais n'est pas requis sur votre chaîne de production que vous n'avez pas le droit de parler anglais parce qu'après vous saurez faire plein de choses vous saurez lire des modes d'emploi en anglais aller sur des sites étrangers etc tout le monde sait utiliser ses savoirs dans son travail c'est toujours le cas donc élever les savoirs c'est toujours être utile au boulot et enfin troisièmement avoir une capacité des salariés d'intervenir sur le contenu du travail dire ce que je fais là n'est pas bien n'est pas juste n'est pas heureux n'est pas utile au plus grand nombre et pouvoir par cette intervention là rectifier ce qu'elle travaille et donc si on ne pose pas ces trois questions là on n'en pose aucune

31:53
Présentateur

c'est la question que vous poserez lorsque ce projet de loi sera débattu

31:55
Hadrien Clouet

oui alors on n'a pas attendu ce projet de loi évidemment mais on va les reposer juste histoire que monsieur Dussault les comprenne déjà ce serait déjà un beau début

32:01
Présentateur

alors si si Emmanuel Macron et son gouvernement peuvent faire passer en force des réformes aussi impopulaires que la réduction de la prestation chômage ou encore la création de France Travail c'est parce qu'il a mis fin à la gestion paritaire de l'assurance chômage qui était co-gérée par les syndicats et supprimer les cotisations salariales pour l'assurance chômage je vous propose de réécouter ce que Emmanuel Macron disait devant les parlementaires réunis en congrès à Versailles c'était déjà en juillet 2018

32:29
Locuteur non identifié

la solidarité nationale est de plus en plus financée par l'impôt ceci conduit aussi à transformer la philosophie même de notre solidarité nationale et en quelque sorte d'en retrouver le sel cette solidarité est de moins en moins une assurance individuelle assortie d'un droit de tirage financée par l'ensemble des contribuables elle implique des droits et des devoirs car chacun est alors comptable de tous et tous de chacun par la réforme que vous avez votée l'assurance chômage aujourd'hui n'est plus du tout financée par les cotisations des salariés elle est financée par les cotisations des employeurs et par la CSG cette transformation il faut en tirer toutes les conséquences il n'y a plus un droit au chômage au sens où on l'entendait classiquement il y a l'accès à un droit qu'offre la société mais sur lequel on ne s'est pas garantie à titre individuel puisque tous les contribuables l'ont payé

33:31
Présentateur

pour le chômage depuis 2017 c'est une part les salariés

33:39
Hadrien Clouet

ne cotisent plus

33:39
Présentateur

oui c'est pour ça qu'on parlait de la suppression des cotisations salariales

33:42
Hadrien Clouet

vu que l'employeur cotise et que la part patronale c'est aussi notre salaire on cotise toujours

33:45
Présentateur

et donc c'est l'Etat qui va via les impôts financer cette prestation d'assurance chômage et donc si c'est l'Etat qui finance et bien c'est l'Etat qui décide Nicolas Framont que vous connaissez certainement sociologue qui a écrit un article très fourni sur France Travail il voit une façon d'ériger l'Etat en pourvoyeur du nomone et de stigmatiser davantage les pauvres est-ce que vous partagez son avis ?

34:09
Hadrien Clouet

Oui tout à fait ce qu'on voit là chez M. Macron est extrêmement clair il annonce le programme il y avait ce qu'on appelle une assurance chômage donc c'est une assurance c'est-à-dire vous mettez de l'argent au pot commun parce qu'il y a un risque il y a un risque de perdre l'emploi on sait bien qu'il y a un risque c'est-à-dire quel salarié décide du contrat qui signe ?

Aucun donc si vous ne décidez pas c'est bien que vous n'êtes pas en capacité de tout contrôler si vous ne pouvez pas contrôler c'est qu'il y a des risques point donc il y a des risques on était assuré c'est-à-dire qu'on mettait une partie de notre salaire au pot commun et on touchait une partie du pot commun en cas de difficulté ça c'est le principe de l'assurance au sens général du terme maintenant Emmanuel Macron a décidé de tordre le bras à tout le monde pour substituer à l'assurance un régime qui est effectivement un régime qu'on appelle bevridgien dans le langage en question mais en gros un régime fiscalisé où c'est l'impôt qui vient financer cela cela veut dire que des personnes qui ne sont pas elles-mêmes exposées au risque payent pour d'autres qui le sont ou les fonctionnaires et donc vous avez une situation où par définition vous jetez des populations les unes contre les autres puisque là où avant chacun s'assure et assure les autres pour se protéger c'est une situation où on dit vous vous n'êtes pas concerné mais quand même payé évidemment que celui qui paye dans ces conditions se dit moi je paye je pouvais payer moins je préférerais payer moins mais ça ne me concerne pas et donc par le fait de supprimer le fait d'être concerné par le mode de financement et bien vous affaiblissez l'idée même du chômage et c'est ce que dit Emmanuel Macron il dit il y avait un droit au chômage alors on ne sait pas trop ce que c'est le droit au chômage il y a un mec qui se levait le matin il disait je m'en vais sachant que s'il s'en va il est de façon démissionnaire donc il ne peut pas toucher le chômage donc c'est du délire absolu mais l'idée de Macron c'était il y a un droit au chômage maintenant il n'y en a plus je vais reformuler ce que fait Emmanuel Macron c'est de dire vous aviez un droit à être protégé si vous perdiez votre boulot

35:58
Présentateur

et 2018 il nous préparait à la création de ce France Travail il est quelque part cohérent

36:03
Invité

oui enfin bon je ne vois pas tellement le rapport entre tout ce qui est annoncé par rapport à France Travail et puis ce glissement effectivement il reprend la main

36:20
Présentateur

l'Etat reprend la main sur le financement de l'assurance chômage il exclut de manière il exclut de manière progressive les syndicats de cette association qui gérait le financement de l'assurance chômage oui

36:33
Invité

alors ils reprennent la main et puis du coup ils font plein de bêtises regardez donc avec le nouveau système là où on prend pour calculer le montant des allocations chômage on prend aussi les périodes sans travail sans salaire donc les périodes de trou les périodes de salaire à zéro on appelle ça quand même le salaire journalier de référence même si on met des jours sans salaire et puis du coup qu'est-ce qui se passe les gens maintenant n'acceptent plus ou en tout cas réfléchissent à deux fois avant d'accepter une mission intérime ou un CDD qui va créer des trous entre les contrats et moi j'ai été sollicité par des gens qui réfléchissent ce ne sont pas encore une fois ce ne sont pas des pions ce sont des gens nos concitoyens qui sont sans emploi et du coup ils se disent mais moi j'ai été sollicité est-ce que je fais bien si j'accepte ce petit CDD est-ce que ça ne va pas me pénaliser moi je le dis techniquement si bien sûr que ça va vous pénaliser donc la personne n'accepte pas ce contrat et qu'est-ce qui se passe les employeurs saisonniers ne trouvent plus de personnel par exemple et tout le monde tout le monde est perdant c'est vraiment une politique perdant-perdant tout le monde est perdant même les clients des hôteliers de la restauration pendant leurs vacances du coup mettent plus de temps à être servis etc.

parce qu'il y a moins de personnel et tout simplement ça c'est la faute au gouvernement qui a décidé d'une règle idiote sans réfléchir aux conséquences et évidemment que les partenaires sociaux eux auraient dans la discussion identifié ce risque-là donc il n'y a plus de garde-fou effectivement les partenaires sociaux dans leur diversité les représentants des employeurs le MEDEF la CPME et puis les représentants des salariés et bien voilà ils mêlaient leurs intelligences pour convenir on appelait ça une convention d'assurance chômage pour convenir de règles saines et saines aussi pour l'économie voilà et là on a je ne sais qui on ne sait même plus si c'est d'ailleurs des gens du ministère ou alors des cabinets comme McKinsey qui décident qui bricolent des trucs on fait et puis après on voit ce que ça donne ah bah zut alors ça fait de la casse ça fait que des employeurs dans certains secteurs sont très pénalisés bah oui il fallait y penser avant

38:47
Présentateur

d'ailleurs il y a la prochaine mobilisation à l'appel de l'intersyndical c'est le 8 juin le 6 juin

38:54
Hadrien Clouet

le 6 parce que le 8 c'est le jour on abroge la réforme des retraites

38:56
Présentateur

voilà on y croit donc c'est le 6 juin prochain est-ce que justement c'est pas l'occasion aussi de se mobiliser et de dénoncer ce projet de loi quand il y a énormément de monde dans la rue

39:07
Hadrien Clouet

non mais c'est ce qu'ils font enfin moi j'ai l'impression qu'il n'y a pas un syndicat dans le pays qui est favorable au projet et que tous le mettent dans leur revendication ils montrent tous leur hostilité avec le même discours ils ont raison tous disent si vous voulez mieux accompagner les bénéficiaires et allocataires très bien en attendant il n'y a pas les moyens et tout ce que vous mettez c'est de la contrainte et du renforcement de la logique qu'on évoque depuis tout à l'heure fiscalisation de l'assurance chômage le contrôle de l'état renforcement des sanctions donc moi j'ai pas de conseils à donner aux syndicalistes je suis moi-même syndiqué mais j'ai ma fédée mais je pense que c'est déjà le cas moi en tout cas je vais marcher le 6 juin avec mes collègues syndicalistes et il y en aura beaucoup du service public de l'emploi

39:52
Présentateur

vous dénoncerez la réforme des retraites et ce projet de loi et j'ai une dernière question messieurs vous savez il y a une autre aussi réforme qui est très décriée en ce moment c'est celle du lycée professionnel qui vise en substance à réduire les modules théoriques et à augmenter le volume de stages exactement est-ce que vous y voyez un lien entre ce projet de loi qui vise à créer France Travail et la réforme du lycée professionnel peut-être d'abord Yann Godin et ensuite Adrien Clouet

40:23
Invité

je pense même si c'est l'état qui va indemniser les jeunes je pense que les employeurs considéreront qu'ils ont des genres des semi-salariés un peu comme les services civiques qui sont d'ailleurs largement utilisés je dirais même exploités à Pôle emploi on va avoir des genres de sous-salariés alors ce ne sera pas réellement un salaire versé par l'employeur mais l'employeur je pense aura moins de scrupules à se sentir dans une relation ordinaire de subordination et à demander aux jeunes d'obéir aux ordres aux consignes et puis peut-être de prendre des risques il y aura peut-être davantage de risques d'accident du travail pour ces jeunes-là donc oui ça ça expose ça donne une toute puissance je dirais un peu aux employeurs sans aucun garde-fou encore une fois par rapport à la qualité du management en entreprise voilà par rapport aux conditions de travail de subordination par rapport à la relation entre le salarié et l'employeur il n'y a pour le moment pas de grande réforme en la matière et moi ce que par rapport à la mobilisation du 8 juin et pour les suivantes évidemment je pense qu'Adrien sera d'accord avec moi ce que j'aimerais surtout c'est un grand reset de l'exécutif voilà qu'on revote et puis qu'on en finisse avec avec ces gens qui font n'importe quoi depuis 2017

41:51
Hadrien Clouet

on essaye alors Adrien oui oui il y a un point commun qui est très important c'est cette espèce de guerre qui est menée de haine qu'on les macronise pour la qualification des gens c'est à dire pour leur valeur dans le travail et c'est quelque chose qui est partagé à la fois par France Travail et par la réforme des lycées pro dans France Travail qu'est-ce qu'on se dit depuis tout à l'heure si on devait résumer c'est que finalement n'importe quelle activité quelle que soit sa valeur son intérêt son attractivité peut être opposé à quelqu'un du simple fait que cette personne est allocataire d'une prestation sociale c'est l'idée que finalement les gens n'ont plus de valeur sur le marché du travail et n'ont plus de valeur par rapport à l'activité qu'on peut les obliger à faire n'importe quoi et donc on les dévalorise eux et c'est pareil que ce qui se passe dans la réforme du lycée professionnel où on a comme vous l'avez évoqué juste à l'instant un remplacement des heures de formation en atelier donc interne au lycée pour des heures de stage en entreprise ça veut dire qu'au lieu de bosser leur qualification dans un atelier avec un corps enseignant des pédagogues qui leur disent voilà comment marche une machine théoriquement voilà comment marche cette machine spécifiquement voilà comment on passe de l'un à l'autre voilà comment généralement on comprend le mode d'emploi permettant ainsi aux jeunes de pouvoir aller dans n'importe quelle boîte du pays faire fonctionner une machine similaire on passe au stage dans la boîte du coin ce qui veut dire que vous serez formé à utiliser uniquement la machine qui est localement existante et donc que lorsque vous sortez du lycée pour trouver du boulot vous devrez aller bosser là on vous a fait cette formation généralement assez peu pédagogique et surtout sans aucun contenu théorique et donc au lieu d'avoir une qualification valable partout en France parce que vous savez utiliser tous les fours à pain du pays parce que vous comprenez ce qu'est un four à pain vous aurez une compétence utilisable à côté de chez vous parce que vous savez le four à pain de la boulangerie la plus proche et donc en faisant ça vous réduisez là aussi les connaissances les savoir-faire et donc en fait la valeur des gens sur le marché du travail et surtout la valeur des gens par rapport à leurs proches et par rapport à eux-mêmes

43:38
Présentateur

merci beaucoup à Adrien Clouet et Yann Godin d'avoir tenté de clarifier un projet de loi plein emploi et France Travail qui pour le coup est un projet très flou mais vous avez réussi l'exercice tous les deux merci beaucoup je rappelle que vous êtes député France Insoumise NUPES de Haute-Garonne et vous Yann Godin lanceur d'alerte sur le pôle emploi et conseiller formateur pour les usagers de pôle emploi et merci également à toutes et tous d'avoir suivi cette émission prochain rendez-vous en direct demain 13h pour le premier Flash Info de la journée suivi des autres 15 et 17h avant l'émission de Toujours Debout à 18h30 qui sera animée par Théophile Cuomo soyez connectés avant de vous laisser il est important de vous rappeler que si le média existe et que si nos programmes sont accessibles gratuitement et bien c'est grâce à vous qui partagez nos vidéos et qui nous finançaient merci pour les autres n'hésitez plus rendez-vous sur le Mediatv.fr pour vous abonner des 5 euros par mois afin de faire vivre la première chaîne d'info indépendante du pays aussi vous le savez nous sommes dans une campagne qui vise à faire débarquer le média à la télévision notre dossier a été déposé auprès de l'ARCOM mais les réticences persistent chez certains opérateurs de boxe qui ne trouvent pas notre modèle économique viable alors nous avons lancé une pétition dont l'objectif est de démontrer le contraire et de dire qu'il y a dans ce pays des dizaines voire des centaines de milliers de citoyennes citoyens qui pensent que le paysage audiovisuel français a besoin d'une chaîne d'info et de combats comme le média plus de 40 000 signatures déjà merci beaucoup on continue de se mobiliser signer faites signer vos proches Yann Godin Adrien Clouet vous avez signé la pétition

45:13
Hadrien Clouet

alors je ne sais plus parce qu'en fait vu que j'en signe entre 15 et 30 par jour honnêtement je ne sais plus si j'ai signé celle-là

45:19
Présentateur

on va vous la renvoyer Yann Godin

45:21
Invité

je vais la signer avec la compétition

45:24
Présentateur

merci à tous les deux et merci également à vous et je vous dis à très bientôt