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Podcast / conversationyoutube.com· 12 septembre 2025 45 minComplaisantActualité / polémiqueTravail & emploiSolidarités & familleRetraitesImmigration & asile

Anasse Kazib : Après le 10 septembre, la grève massive !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:50OuverteRéponse directe

    Quel bilan tirez-vous de la mobilisation sociale du 10 septembre ?

  • 6:11OuverteRéponse directe

    Pourquoi tous les syndicats n'ont-ils pas répondu présent à cette mobilisation ?

  • 9:41OuverteRéponse directe

    Comment analysez-vous les 675 arrestations et la répression policière ?

  • 14:40OuverteRéponse directe

    La police a-t-elle joué un rôle d'allié objectif en bloquant l'accès à la gare du Nord ?

  • 19:17OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui manque aujourd'hui pour organiser une grève générale ?

  • 24:51OuverteRéponse directe

    Les syndicats sont-ils compromis avec le pouvoir en place ?

Temps de parole

  • ?100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

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que peut-être que la stratégie routinière des directions syndicales, elle ne permettent pas en réalité de pouvoir en finir avec le macronisme parce que je pense que ça c'est le point et le dénominateur commun entre toutes et tous qui étaient dans la rue, c'est que les gens n'en peuvent plus de Macron. On dit souvent euh "Ah mais Bernard Arnaud, il fait vivre des milliers de familles." Non, c'est les milliers de familles ouvrières qui font vivre Bernard Arnaud. C'est pas lui qui les fait vivre. Mais c'est quoi l'avenir de tes enfants ? Si tu ne te préoccupes pas de quelque chose qui est primordial, c'est qu'est-ce que tu leur laisses demain ? Est-ce que tu vas leur laisser toi un avenir de cimetière, d'emploi, un avenir de guerre, de génocide, de misère, de racisme et cetera ou est-ce

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que tu vas leur laisser un avenir débarrassé de ça ? Il hors de question que je fasse partie d'une génération qui je suis content parce que j'ai acheté une PlayStation 5 à mes enfants, je suis content parce que mon fils, il a une belle paire de basket mais par contre pour son avenir, je lui dis "Ah mon fils, démerde de toi. Moi je fais pas ça, ça, je m'occupe pas de ça. Si demain tu es au chômage, bah à quoi ça sert ? Alors, pourquoi même pourquoi même tu lui achètes une PlayStation 5 ? achète pas de PlayStation 5 et c'est les 500 € de la PlayStation fait 5 jours de grève, ça va lui profiter. Alors peut-être il dira "Moi, mon père, il m'a pas acheté des PlayStation mais moi mon père il est venu, il s'est battu pour faire en sorte que moi j'ai un j'ai du travail et et

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j'ai j'ai un avenir qui est différent de celui de de regarder sur sur Twitter, Instagram des enfants en Palestine qui sont en train de se faire massacrer." Ça c'est quelque chose de primordial. Moi mon père il me dit "Jamais de la vie mon fils, j'aurais cru que des gens ils ont bac + 5, ils arrivent même pas à trouver un emploi". Alors qu'il dit "Nous, on était juste des des immigré, on savait même pas ni écrire français ni parler français. On sort de l'entreprise, on trouve tout de suite un autre boulot et cetera. On a réussi à construire des pavillons, on a réussi à envoyer de l'argent au Bled, construire des maisons et cetera, alors qu'on avait même pas le certificat d'étude. Et quand je vois qu'il y a des gens, ils ont des bacs + 5, ils arrivent même pas à trouver un

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emploi ici, il me dit "Je comprends, je comprends pas ce qui est en train de se passer." Et donc il y a pas de solution pacifique, il y a pas de solution tranquille où depuis son canapé tout ça ça va se régler. Si on s'occupe pas de la situation, c'est eux qui vont s'occuper de nous et ils savent le faire et ils ont des siècles de d'expérience pour réprimer et et nous fracasser la gueule. Quel bilan faut-il tirer de la mobilisation sociale du 10 septembre ? On en parle tout de suite avec Anas Kazib sur Misan TV. Bonjour Anas Kazib. Bonjour. Je vais vous présenter très rapidement. Vous êtes syndicaliste chez Sudraille et vous faites partie de Révolution permanente, une organisation politique issue d'une ciss pour ceux qui vous suivent de toutes les

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mobilisations sociales et vous étiez naturellement présent à cette journée du 10 septembre puisque vous organisiez le blocage de la Gere Nord à Paris. Au lendemain de cette mobilisation, quel bilan de cette journée tirez-vous ? Euh bah déjà, écoutez, bon c'était pas un blocage qu'on organisait autour de la gare du Nord, mais c'était déjà une assemblée générale euh parce qu'il nous semblait important déjà de voir ce qui était en train de d'émerger de du la colère qui s'exprimait sur les réseaux sociaux notamment qui a commencé petit à petit. Euh à cette colère autour du budget de François Bairou, euh on a vu émerger des appels euh de secteurs

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syndicaux euh de la CGT, je pense par exemple la CGT chimie à l'énergie. Il y a également notre fédération euh la Fédération Sudraille à la SNCF qui a appelé aussi très clairement à à la grève sur cette journée du 10. Donc pour nous, il était primordial de de s'inscrire dans cette date là, de la militer à fond et généralement on a l'habitude de faire des des assemblée générale de cheminot entre nous et cetera au moment des grèves à la SNCF. Et puis là, on s'est dit que le mouvement, il était pas encore inscrit réellement dans la grève, qu'il y avait des assemblées générales avec des jeunes, des étudiants, des travailleurs précair ou non, qui se mobilisaient le 10 et qui peut-être allaient être seul et qu'il fallait qu'on mette aussi au service de de cette lutte-elà l'expérience

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des chemins, l'expérience aussi en tant que syndicaliste sudra pour faire en sorte de d'essayer de d'apporter et de mettre notre pierre à l'édifice dans dans ce mouvement-là. Après, plus sur la question, ce que j'en tire comme premier bilan, c'est que c'est un bilan ultra positif parce que souvent on est dans dans les expectatives pour dire d'une certaine manière, on est euh attentiste de de ce qui va se passer parce que c'est sur les réseaux sociaux, c'est sur des boucles télégramal et cetera. Donc bon, c'est normal, on sait pas est-ce que va y avoir pour dire d'une certaine manière une matérialité de de cette colère sur les boucles télégramysiquement ? Est-ce que les gens ils vont sortir, manifester et cetera et cetera et forcer de constater que oui, les gens ils

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étaient euh euh très nombreux pour une pour une première date euh sans les grandes directions syndicales qui ont plutôt boycotté d'une certaine manière cette journée-là. Donc moi, je trouve que c'est assez satisfaisant et je dirais simplement que avec ma ma petite expérience, ça fait à peu près une dizaine d'années que je milite et que je me mobilise. Souvent, on dit que la rentrée, elle va être explosive. la rentrée va être explosive et puis ça arrive jamais. Euh là, moi j'ai pas souvenir qu'un 10 septembre, c'est-à-dire que on pour ceux qui ont qui étaient en vacances jusqu'à la fin août, on reprend à peine. Généralement, voilà, le 10 septembre, on est encore un peu dans la question de la rentrée scolaire. Moi, j'ai trois enfants. Il y a encore une semaine, j'étais en train

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de faire les les protèges cahiers de mes enfants, voir si la trousse, il y a bien le nombre de stylos et cetera. Donc généralement début septembre, la tête, elle est pas encore vraiment à comment on lutte et là on a un disque qui est euh euh assez explosif et un 18 septembre qui qui s'annonce avec là euh euh une grève euh importante dans le pays. Alors euh quelques chiffres euh sur sur cette mobilisation. Donc ce sont des chiffres euh tirés du ministère de l'intérieur euh qui annoncent hein 197000 personnes qui auraient répondu présents à cette mobilisation du 10 septembre qui a été lancé par le mouvement donc bloquons tout. Euh alors, les syndicats eux avancent le chiffre de 250000 manifestants. Euh et toujours selon les chiffres de la place Bovau,

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euh il est annoncé 812 actions qui ont été menées, 550 rassemblements et 262 blocages. Euh donc c'est quand même des chiffres qui sont importants hein. C'est c'est c'est une journée de mobilisation nationale. Vous disiez précédemment que tous les syndicats n'avaient pas n'avaient pas voté la la mobilisation ou n'avez pas répondu présent à cette mobilisation. Est-ce que vous pouvez nous expliquer pourquoi ? Bah il leur appel l'appel de l'intersyndical déjà du 1er septembre, il est assez clair. Il est d'enjambé le 10, c'est-à-dire en appelant au 18. Euh c'est euh pour éviter notamment de de préparer et de mettre ses forces dans le 10 septembre parce que si l'intersyndicale elle se réunit et

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qu'elle est dans l'obligation de sortir une date et de faire quelque chose, c'est parce qu'il y a la colère qui émerge autour du disque. Il y a des fédérations localement, des unités locales, unités départementales qui disent qu'il faut absolument se joindre au disque, qu'il faut tirer le bilan de ce cordon sanitaire qu'il y avait autour des gilets jaunes. Donc c'est sous la pression de la base syndicale qui s'est exprimé en faveur du 10 mais également sous la la pression populaire pour dire d'une certaine manière qui s'exprimait sur les réseaux sociaux que l'intersyndical elle s'est réunie et qu'elle a été dans dans l'obligation de répondre quelque chose. Il y avait pas 36000 solutions. S'il ne faisaient rien, c'était catastrophique pour eux. s'il appelé au 10 ça les obligait et ce

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qu'ils détestent par-dessus tout à suivre quelque chose qu'il ne maîtrise pas. Donc la question et la stratégie pour eux était de manœuvrer en montrant qu'on fait quelque chose contre le gouvernement tout en gardant avec habilité le fait de rester quand même à distance de ce disel pour pas lui donner plus de force qu'il n'aurait pu qu'il n'aurait pu avoir. Pour quelle raison ? Parce que moi je considère même si je suis syndicaliste, moi je suis un syndicaliste de terrain. C'estàd que je travaille, je milite, je défends l'intérêt de de mes collègues et pas d'une corporation ou d'une chapelle. Le problème c'est que la bureaucratie syndicale, elle joue un rôle intermédiaire. On les appelle comme on dit les corps intermédiaires. Corps intermédiaire entre qui et qui ? On dit

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pas ils sont le corps ouvrier, on dit ils sont intermédiaires. Donc c'est bien qu'on voit bien que leur place elle est au centre. Euh moi je pense qu'il y a pas d'arbitre de la Ligue des Champions aujourd'hui. Il y a pas de il y a pas de de d'entre deux. C'est soit on est du camp euh des travailleur et on fait en sorte de donner euh toute l'énergie euh euh mettre l'outil syndical au service de la lutte. Soit on essaie de se dire moi il faut que je vois comment je tire les marrons du feu euh de de ces mobilisations là. Et donc, ils ont posé cette date du 18 qui, je le dis très sincèrement, moi je l'ai vu sur le terrain, euh a servi aussi à un peu euh dynamiter la date. Parce que quand vous avez des collègues qui vous disent "Moi je comprends pas, l'autre syndicat, il

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me dit qu'il faut mobiliser le 18, qu' faut pas faire grève le 10 parce qu'il y a pas d'appel à la grève le 10, c'est le 18, vous faites comment ? Donc faut passer une demi-heure, une heure à le convaincre. Et puis les gens, ils aiment pas aussi la division, ils comprennent pas. Ils se disent "Bon, moi je comprends pas pourquoi il y a des dates déjà qui qui divisent alors que il y avait quelque chose qui était posé." Et il y a il y a une volonté en réalité des des bureaucraties syndicales euh d'essayer de d'apparaître comme l'interlocuteur responsable et cetera que nous on sait faire, on sait faire les mobilisations, c'est toujours en ren serré, ça se passe très bien et cetera et cetera et que ça a été dit notamment par Maris Léon, la patronne de la CFDT, elle dit "Non, on

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n'appelle pas au 10 parce qu'on veut un interlocuteur." Donc quand le 10 il se construit autour du blocage de l'économie, autour de la démission de Macron et que de l'autre côté vous avez une bureaucratie syndicale qui dit "Nous, il nous faut un interlocuteur et qui ne pose même pas la question de la démission de Macron." Vous voyez bien que déjà il y a quelque chose qui qui ne va pas et qui montre pourquoi pourquoi il y a eu cet appel différent. Alors, j'aurais j'aurais une question ensuite encore sur les sur les autres syndicats, mais avant ça, on va revenir aussi sur comment dire les les les chiffres de de des arrestations puisquil y a eu aussi pas mal d'arrestations, hein. 675, donc c'est toujours les chiffres du ministère de l'intérieur. 675 personnes ont été

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arrêtées, 549 ont été placés en garde à vue. Euh est-ce que cette répression, est-ce que vous l'avez senti plus importante que d'habitude étant donné la dimension nationale ? de l'événement. Bah oui, on on l'a on l'a fortement senti. Moi, je disais en en 10 ans de de grève, de lutte, d'assemblée générale, c'est la première fois de ma vie où j'ai dû présenter ma carte SNCF pour pouvoir rentrer dans mon âger parce que on avait ceinturé tous les accès par la police, les CRS et cetera. il fallait faire pte blanche pour pouvoir rentrer dans l'assemblée générale. Euh euh donc ça dit quelque chose. Il y a une volonté de répression mais il y a aussi une volonté politique parce que cet appel que nous on a formulé, il

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était interprofessionnel, il était aussi vis-à-vis des étudiants et cetera, de toutes celles et ceux qui se mobilisaient et que on voit qu'il y a une volonté politique d'empêcher qu'il y ait une vraie véritable jonction entre des secteurs importants, des secteurs du syndicalisme et cetera et notamment les cheminotes et les chemineaux avec euh les personnes qui euh euh se mobilisent spontanément euh euh autour de de la date du 10. Donc oui, on a vu comment la gare du Nord, elle a été boomkerisée. On a fermé toutes les portes d'accès de la gare du Nord. Il y avait des policiers, des surtout les quai des camions de CRS tout autour. Et oui, cette répression, elle est elle est elle est incroyable. Euh, ils ont appris aussi des luttes du passé, ils ont appris des gilets jaunes,

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ils ont appris des grèves euh qui ont existé et on voit comment ils renforcent de plus en plus euh euh l'arsenal, la vidéosurveillance, les drones qui euh étaient autour euh des différents euh euh actions, coup de point qui ont pu exister. Moi, je le je le dénonce avec euh avec force et euh je trouve que notamment à gauche et parmi les directions syndicales, j'ai pas entendu avec force euh cette condamnation en fait de cette violence. Et cette répression policière et c'est primordial en fait de le dénoncer parce que la répression policière, elle sert aussi à dissuader et empêcher que les gens ils se mobilisent parce que oui, il y en a beaucoup qui ont peur. Il y en a beaucoup qui ont peur qui se disent "Moi, j'ai peur de me retrouver Bornier parce que j'ai vu les gilets jaunes.

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J'ai peur de me retrouver en garde à vue, de me retrouver avec une comparion immédiate et cetera." Et donc il y a si on veut que le mouvement et que n'importe quel mouvement réussisse, ça passe également par faire en sorte que ça soit pas un mouvement qui soit livré à la répression policière et à la violence comme cela et et de laisser les manifestants subir. D'ailleurs, j'en profite, mais actuellement nous avec notamment les camarades de révolution permanente, on appelle à aller devant l'ensemble des commissariats de Paris dans lequel il y a eu des des manifestants parfois par dizaines qui ont été interpellés qui ont dormi depuis hier en garde à vue. C'est des centaines de de de personnes qui ont été pris comme ça parce que il faut euh

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faire des exemples. D'ailleurs, les camarades avocat qui militent avec moi et qui font partie d'un collectif qui s'appelle le collectif d'action judiciaire et qui a été ultra sollicité depuis hier, disent euh vous allez dans des gardes à vue, il y a même pas de procès verbal, il y a même pas de fait en fait. On on prend les gens, on on les amène euh on les met dans une camionnette de police, on les fout en garde à vue et ensuite bon bah s'il y a rien, on les relâche et puis s'il y a quelque chose, on essaie de pousser le le truc pour les envoyer en prison. On est dans cette situation là et c'est des choses qu'on a déjà vu dans les mobilisations précédentes. Et elle disait notamment que ça ça leur rappelait cette date en 2023. Souvenez-vous après le 493 quand il y avait ce qui se

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passait place de la Concorde après le passage en force du gouvernement d'Élisabeth Borne pour la réforme des retraites, il y avait eu jusqu'à très tard le soir des gens qui étaient place de la Concorde et ça ça ça leur a rappelé ces gardes à vue là où en fait il y a même pas de procès verbal, il y a rien du tout, il y a même pas le moindre fait. C'est des gens qui voilà, on les a attrapé parce que ils étaient là, ils étaient pas euh ils étaient au mauvais moment, au mauvais endroit et il fallait les embarquer. Vous disiez euh précédemment que la la police avait donc bloqué l'accès à la gare du Nord par exemple hein, mais certainement à d'autres à d'autres regardes ou à d'autres lieux où il y avait des opérations de blocage. Est-ce que finalement ça fait pas de la police

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un ça a pas fait de la police un allié objectif dans cette dans cette action puisque votre action était de de bloquer la gare du Nord ? Est-ce que vous diriez paradoxalement que que la police en empêchant en bloquant les entrées de la gare ? Alors peut-être les entrées extérieures et pas les correspondance, ça je ça je ne sais pas. Est-ce que Est-ce que paradoxalement ils ont pas joué le rôle de de soutien objectif à cette action ? Bah j'ai envie de dire de très sincèrement l'objectif des premiers n'était pas le blocage de la garere du Nord. C'est vraiment le le premier objectif pour nous parce qu'on on met un point d'honneur euh euh à construire des assemblées générales parce que pour nous un mouvement il ne il n'existe pas uniquement à travers les actions parce

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qu'OK on peut faire des actions spectaculaires et cetera, mais nous on a besoin qu'un mouvement il soit victorieux et pour qu'il soit victorieux, il demande aussi de l'organisation, de la coordination et beaucoup de discussions. Donc les assemblées générales de cheminotte, c'est pas juste un moment où on se retrouve, c'est aussi un moment de décision, de choix. Quelle action aurait pu être fait derrière ? on allait le soumettre, on allait le discuter collectivement, mais ça a même pas pu être fait comme comme on souhaitait. Mais des fois, vous savez, juste on manifeste dans la gare symboliquement et cetera. Il y a même pas spécialement parfois de d'action incroyable. Mais c'est vrai que ça a joué ce rôle-elà. euh ils ont participé euh à bloquer la gare alors que ils

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voulaient l'éviter eux-mêmes. Et moi, j'ai envie de dire que de toute façon, la gare du Nord hier, elle a subi un blocage par la grève parce que notamment vu qu'on a milité depuis euh 10 jours avant cette date-là, euh la grève dans les postes d'aiguillage chez les conducteurs, les agents du commercial et cetera, on est arrivé avec des taux de grévis ce qui était ultra important. Pour vous dire, sur le RERB hier, il y avait quasiment 66 % de conducteurs de train qui étaient en grève. Vous imaginez plus de 2 ti3 des conducteurs en grève sur une journée dans laquelle il y avait pas de d'appel à la grève interprofessionnel et cetera où c'était encore plutôt flou. Les gens ils voyaient des appels à pas consommer. Il pensaient que le 10 c'était surtout pas consommer rester chez soi. Et forcé de

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constater que d'un appel au départ mi-juillet qui disait faut pas consommer, faut rester chez soi, on peut quand même s'entendre sur le fait que les gens étaient étaient dehors et ont manifesté et se sont mobilisés. Donc comme quoi euh euh il y a il y a des bougés au fur et à mesure. Je pense que d'ici le 18, il va y avoir encore une évolution de de ce mouvement. Il va être encore plus efficace, mieux coordonné et cetera. Et donc et donc voilà et c'est pour ça moi mon rôle en tant que militant et aussi en tant que syndicaliste, c'est d'essayer de de voir comment on impose la question de la grève dans ce mouvement. Parce que comme je l'ai dit hier, on a on a réussi malgré tout, malgré les NAS, tout ça, on était presque 800 devant la gare du Nord. Il y a des des images

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spectaculaires avec les gens assis euh euh des comment dire euh des travailleurs de la santé, de la RATP, des étudiants et cetera qui se sont exprimés au micro. C'était symboliquement euh euh très fort. Euh moi, j'ai dit que les actions les plus spectaculaires, les plus radicales possibles avec une grève minoritaire, nous en verrons de toute façon à l'échec. Parce que si la grève, elle est minoritaire, à un moment donné, c'est un mouvement qui sera écrasé et que nous ce dont on a besoin, on a besoin d'action mais on a besoin aussi surtout d'une grève massive. Moi je moi je me fiche qu'on bloque un bus, je me fiche qu'on bloque un métro. Moi ce que je veux c'est que les conducteurs de métro et de bus, ils soient tous en grève. Et si les conducteurs de bus et de métro, ils sont

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tous en grève massivement, il y a il y a pas il y a rien à bloquer parce que les métros, ils sortiront ni du dépôt, ni quoi que ce soit. Vous voyez ce que je veux dire ? Donc c'est ça notre stratégie. La stratégie, elle est pas l'action et le blocage euh euh par l'extérieur. mon militantisme, je le mets au service du fait de convaincre les travailleuses et travailleurs que là, il y a un ralbol généralisé, que il y a la possibilité d'un tous ensemble et qu'il y a la possibilité dans un moment de crise politique, d'un moment de crise du régime de faire en sorte de pousser Macron à la démission et que ensuite on puis on peut commencer à avancer notamment sur d'autres mots d'ordre et cetera économiqu, sociaux et cetera et cetera. Mais que oui, il y a il y a il y

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a une brèche aujourd'hui qu'on a fait tomber le gouvernement de Baï et son budget avant même que le mouvement il commence. Alors oui, si on commence à travailler vraiment la grève et les actions, il y a possibilité de de faire quelque chose euh d'énorme dans cette période. Qu'est-ce qui manque aujourd'hui à Naskazi pour obtenir l'organisation d'une grèffe générale puisque c'est souvent la critique qui est faite, on a des grèves sectorielles, souvent, on n pas de grève générale. Alors, on on affiche aussi le le faible taux de syndicalisation chez les chez les travailleurs par rapport à à des à de à des périodes plus importantes, hein, dans dans l'histoire. Mais au-delà de au-delà des travailleurs, qu'est-ce qui qu'est-ce qui empêche aujourd'hui euh vous parliez d'intersyndical euh

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l'organisation de greffe générale ? Puisque c'est quand même ça qui ça comme ça c'est comme c'est quand même ça le nerf de la guerre sociale, j'allais dire. Bah il y a plusieurs il y a plusieurs raisons. Après, je vais pas pouvoir tous les lister mais mais pour dire déjà pour vouloir une greffe générale, pour arriver à une grve générale, il faut déjà le vouloir. Ça c'est la première chose. Euh parce que la grève générale, c'est pas juste des petites grèves éparses dans différentes entreprises. La grève générale, ça se construit, ça ça et c'est une grève éminemment politique, c'est-à-dire que vous décidez de vous affronter au pouvoir. D'accord ? Parce que la grève générale euh euh elle pose aussi la question de qui doit décider dans la société. Et quand vous voyez euh comme

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je vous disais sur le communiqué de l'intersyndical qu'on cherche un interlocuteur, bah quand vous cherchez un interlocuteur et que vous fichez du nom de l'interlocuteur, l'essentiel c'est que vous ayez euh euh une un homme ou une femme en face de vous assis sur une chaise pour lui exposer vos doléances, vous voyez bien que vous êtes pas dans la stratégie de de porter une grèffe politique comme est la grève générale. Ça pour moi c'est la la première chose. Après, il y a aussi le fait que pour réunir les les conditions de la greffe générale, il faut faire en sorte qu'elle dépasse les questions corporatistes et les questions simples de économique qu'on peut se poser. C'est difficile de faire une greffe générale autour d'un mot d'ordre qui soit le petit le plus petit dénominateur commun.

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Par exemple, comme au moment de la réforme des retraites où c'était euh euh non à 64 ans. OK. Bon non à 64 ans, pourquoi pas demander la retraite à 60 ans ? Ah non mais tu comprends, si on dit la retraite à 60 ans, la CFDT elle est pas pour donc elle viendra pas. Donc au final le l'unité elle se fait toujours sur le plus petit dénominateur commun, c'est-à-dire toujours sur la droite. Voilà, sur celui qu'il faut euh avec lequel il faut être complaisant pour pas qu'il se barre. Moi, je trouve que c'est pas ça l'unité. Si l'unité c'est juste avoir des logos autour du au-dessus d'une feuille, c'est c'est pas les conditions d'avoir la grève générale. Et puis après de dire "Ah mais vous comprenez, il y a plein de travailleurs qui ne se sont pas mobilisés. Pour que des travailleurs se

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mobilisent, il faut aussi que ils se sentent concernés et qu'il se disent il y a des risques." Mais aussi au bout du tunnel, il y a quand même quelque chose de de d'important si je prends ces risques-là. Parce que si je prends euh l'exemple de certains secteurs stratégiques où il y a des personnes racisées issus de l'immigration euh euh des gens qui ont des titres de séjour et autres. Euh si vous êtes euh euh marocain euh que vous êtes arrivé euh à l'âge de de 32 ans, euh que vous travaillez je sais pas moi, dans la logistique à Amazon, bah en France, il vous faut 43 annuités de cotisation. Voilà, moi j'ai pas fait comme je dis MATSUP, mais quand on a commencé à 32 ans et que j'ai 43 ans à cotiser, euh je vais partir à à 70 ans et même pas avec une retraite correcte. Donc votre slogan

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de nom à 64 ans, il me touche même pas parce que moi déjà je suis au-delà de 64 ans. Par contre, si vous dites retraite sans durée de cotisation à 60 ans pour tous, ah bah là moi le travailleur qui vient du Maroc, OK, j'ai un titre de séjour, je risque des choses mais c'est intéressant parce qu'au bout du tunnel, il y a quelque chose pour moi. Sans parler de la régularisation des travailleurs sans papiers et cetera parce que quel est le quand je vois Rotaillo, quel est le le le l'avantage pour moi de prendre autant de risque si je sais même pas si dans 10 ans, dans 15 ans, dans 20 ans on va pas vouloir me renouveler mon mon titre de séjour. Si dans 10 ans ou je sais quoi, on va m'expulser, on va me dire "Ah non, finalement tu dois retourner chez toi." Qu'est-ce que je fais de ces années de

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travail et de cotisation ? Il y a énormément de choses. Et que oui, la classe ouvrière, elle est aussi issue de l'immigration de manière importante. Regardez les conducteurs de bus, regardez les conducteurs de de métro, de train, regarder la logistique, le nettoyage, la sécurité, l'agroalimentaire, la grande distribution. On peut pas en fait sans considérer de prendre aussi euh euh à bras le corps et de poser centralement des revendications qui touche pas uniquement les secteurs les plus protégés du monde du travail, mais qui touchent tout le monde. Et là, on commence à toucher à la question de de des prémisses de de la de la grève générale. Et la dernière chose peut-être qui pour moi me semble important, c'est l'auto-organisation. C'est qu'il ne peut pas y avoir de conditions de greffe

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générale sans auto-organisation par en bas. C'est-à-dire que si en fait les gens il n'y a pas de comité de grève, il n'y a pas de piquet devant les entreprises, il n'y a pas de travailleuse, travailleurs, de jeunes qui décident, qui réfléchissent le mouvement et notamment par sa radicalité, bah c'est difficile de faire tomber un gouvernement parce que vous êtes tributaire de quoi ? de huit dirigeants syndicaux qui se réunissent et qui décident entre eux qu'est-ce qu'ils veulent et puis s'il considèrent que ça y est c'est fini, il faut s'arrêter là et ben ils disent allez ça c'est fini, on a obtenu nous satisfaction, considère que ça suffit, il faut s'arrêter là et vous vous retrouvez comme ça avec des gens qui sont totalement trahis pour qui c'est la désillusion. C'est aussi pour ça que le

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syndicaliste, comme vous disiez, le pourcentage il est il est faible parce que beaucoup de gens disent "Moi, je vois pas de syndicaliste qui est en train de faire quelque chose pour moi. Euh, j'ai aussi même souvenir que des syndicalistes dans l'histoire nous ont trahi." Donc et je dirais une dernière chose, c'est que quand on voit que le 10 il s'est fait sans locaux syndicaux, sans imprimante, sans moyen, sans argent, sans temps syndical et qu'on arrive, je prends même juste les chiffres du ministère de l'intérieur et on sait que c'est toujours mis à la baisse, mais c'est quand même des chiffres même mis à la baisse qui restent important autour de 200000 personnes. Ben moi, je dis aux dirigeants syndicaux : "Assz asseyez-vous à la table de ces gens-là

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qui juste avec des boucles télégram et signal ont réussi à mettre plus de radicalité et de bazar et et de frayeur vis-à-vis du gouvernement que vous l'avez fait avec tous vos appareils et et tous vos adhérents et cetera et que ça doit interroger profondément que peut-être que la stratégie routinière des directions syndicales, elle ne permettent pas en réalité de pouvoir en en finir avec le macronisme. Parce que je pense que ça c'est le point et le dénominateur commun entre toutes et tous qui étaient dans la rue, c'est que les gens n'en peuvent plus de Macron et ils veulent vraiment en en en découdre avec ce système là. Et si ça c'est pas mis au cœur, ça c'est difficile. Est-ce que les Est-ce que les syndicats sur aujourd'hui ou un certain nombre de syndicats, il faut jamais généraliser

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euh sont compromis ? parce que vous parliez de vous disiez ces syndicats qui veulent avoir un interlocuteur et donc finalement qui sont pas dans une logique de de de conflit social, enfin d'affrontement social, de rapport de force sociale pour dire les choses comme ça. Est-ce que est-ce que vous vous dites oui, il aujourd'hui il y a une compromission d'un certain nombre de syndicats avec le pouvoir en place et que finalement la solution c'est une refonte syndicale ou alors je ne sais pas un mouvement interne au sein des syndicats, je ne sais pas. Mais est-ce que votre critique est de cet ordre-là ? Bah de toute façon, pour moi, le syndicalisme tel qu'il est pensé notamment ici en France et même dans l'ensemble des des pays hein, euh c'est la c'est le compromis. Euh ce qu'on

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demande au au aux organisations syndicales, c'est de trouver du compromis euh et que même quand il y a grève, on va vous demander de d'accepter des compromis. C'est cette fameuse phrase du dialogue social. Le dialogue social, on vous fait croire qu'en fait c'est pas une question de rapport de force, mais c'est une question d'être de dialoguer, d'être autour de de la table. Euh euh et on refuse que les organisations syndicales fassent de la politique. Euh on dit "Ah non non, ça c'est politique ça. Dès que vous formulez quelque chose, ah non non, ça c'est politique. Mais tout est éminemment politique. La retraite à 60 ans, c'est politique. L'augmentation des salaires, c'est politique. Parce que de l'autre côté, le patron du MEDEF, il va vous dire "Bah moi, je suis pour la

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retraite à 70 ans. Moi, je suis pour en finir avec le SMIC. je suis pour en finir avec les 35 heures. Donc lui aussi il formule de son point de vue de patron, de bourgeois, des positions politiques. Donc c'est c'est on on est dans dans une forme de de schizophrénie où on dit aux gens non, vous il faut juste apporter quelques doléances et essayer de discuter très tranquillement et puis bon de temps en temps, s'il y a grève, bon bah faites grève mais faut que ça soit très encadré et cetera. Il faut pas que la il y ait de la colère, faut pas qu'il y ait de la rage et cetera et cetera. Donc oui, d'une certaine manière il y a il y a un problème profond. Moi, je suis syndicaliste, mais la différence c'est pourquoi notamment j'ai ce discours-là, c'est parce que je suis un syndicaliste

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qui milite aussi politiquement. Et moi, je suis marxiste, c'est-à-dire que j'ai un objectif euh euh politique de transformation de la société. Ça c'est concret. et et les syndicats à la base leur création elle s'est faite autour notamment d'un objectif politique qui était la rupture avec le système capitaliste. Et vous voyez bien qu'entre le syndicalme tel qu'il était pensé à ces premières heures pour être un outil pour renverser le système bourgeois et le capitalisme aujourd'hui vous avez des bureaucrates syndicaux qui disent "Moi, je veux un interlocuteur". Voyez, ils sont pas dans ils sont pas en train de dire "Ah oui oui, nous il faut absolument qu'on soutienne le 10 parce qu'on veut renverser le système capital." Ils disent nous, on veut un interlocuteur, nous on veut juste

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quelqu'un qui veut veut bien prendre note de ce qu'on a à dire. Voilà, on n'est pas là pour je me rappellerai toujours de cette phrase de Laurent Berger en 2023 au moment du passage du 493 où tout le monde, c'était le point le plus culminant de la mobilisation, les gens ils disaient "Mais pourquoi il y a il y a le 493 ce jour-là ? Pourquoi il y a pas grève ? Pourquoi vous appelez pas la grève ? C'est bizarre quand même de donner des dates comme ça par-ci par là et il y a une journée dans lequelle le texte va être passé en force au parlement et vous appelez pas à la grève. Et quand on a posé cette question là à Laurent Berger, il a dit clairement "Nous ne sommes pas là pour faire tomber un gouvernement. Nous ne sommes pas pour la greffe politique et moi j'ai un

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désaccord euh euh incroyable avec ça, c'est-à-dire de considérer que la grève c'est pas politique. Si la grève c'est politique et les patrons, le gouvernement le sait pertinemment parce que la grève c'est aussi un moment où vous envoyez un message terrible pour le patronat, c'est que vous leur montrez que vous pouvez être le plus grand patron, le plus riche. Vous êtes incapable de faire quoi que ce soit, de sortir 1 € de votre usine, de votre entreprise, si les travailleurs ils sont en grève et ils sont devant l'entreprise. C'est terrible ça pour eux parce queon vous explique que c'est des capitaines d'industrie, que c'est des patrons que le monde entier vous envie et cetera, mais prenez le patron de Renault, mettez le patron de Renault dans une usine, sortez tous les ouvriers

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et qui nous montre combien de Renault Clio et de Twingo il est capable de sortir. Il est incapable de sortir quoi que ce soit. Mais l'inversement, si vous sortez le patron et que vous mettez les ouvriers, oui, les ouvriers, ils vont produire. Donc c'est ça aussi ce que ça posait. Oui, c'est éminemment politique parce que le patron, il vous dit "Non, vous êtes des collaborateurs, on est ensemble, c'est moi qui vous donne." On dit souvent "Ah mais Bernard Arnaud, il fait vivre des milliers de familles." Non, c'est les milliers de familles ouvrières qui font vivre Bernard Arnaud. C'est pas lui qui les fait vivre. Donc c'est dans ce sens-là. Et si on n' pas euh euh une volonté de montrer ça, de révéler ça en disant "Non, non, moi je fais pas de de grève politique, oui, on

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se retrouve comme vous le disiez tout à l'heure dans la question euh dans une forme de de compromis, de collaboration de classe où derrière on essaie de masquer ces choses-là. Mais moi je pense que la crise du système, la crise du régime, le fait même que l'appel du 10 n'émane pas d'organisation syndicale montre qu'il y a quelque chose qui ne va pas et que la méthodologie routinière des directions syndicales de faire des manifestations très tranquilles entre République et Bastille où on met de la musique house des mergises des Morito ou où on participe à bourrer la gueule des gens parce qu' aussi on participe à à bourrer la gueule des gens. Voilà comme ça ils pensent pas, ils réfléchissent pas. Voilà, vaut mieux que les gens ils passent 2h 3h à à à boire des chotes de

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whisky comme ça ils savent même pas euh euh où ça en est le reste. Par contre, nous les bureaucrates syndicaux, on va se retrouver dans une réunion fermée et c'est nous on va discuter. Toi Jean-Pierre qui a perdu 100 € tu fermes ta gueule et tu retournes derrière le la camionnette pour danser. Ça ça te regarde pas Jean-Pierre. La décision, qu'est-ce qu'on discute ? Comment on décide, quelle est la prochaine date ? Ça Jean-Pierre ça te regarde pas. Toi, tu perds ta journée de grève et tu la fermes. Et ben moi, je suis opposé à ça parce que moi, je considère que Jean-Pierre, il perd de l'argent et il a le droit de décider parce queil fait des sacrifices. Parce que peut-être les 100 € c'est des jouets en moins pour ses enfants. C'est peut-être 1 kg de viande

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en moins, 1 kg de légumes en moins, cetera et cetera. Et pourquoi il aurait pas le droit de décider ? Au quotidien, il décide, il discute avec sa famille. Mais pour l'avenir de ses enfants, l'avenir de son travail, l'avenir des générations futures, on lui dit h pep toi tu as rien à dire, mets ton gilet et marche tout droit. Et ça, vous voyez bien que le discours que j'ai, il ne plaît pas parce que il est de je pense qu'il est clair et qu'il touche et que si on disait ça aux gens Jean-Pierre, tu as le droit de décider, viens viens en assemblée générale, tu peux penser bah je pense que il y aurait beaucoup de gens qui seraient syndiqués. Il y aurait beaucoup de parce que moi personnellement, je donne juste un exemple, moi dans mon secteur, j'ai quasiment 60 % de mes collègues qui sont

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syndiqués. 60 % de mes collègues qui sont syndiqué. Moi, je fais un score aux élections qui est J'ai même pas de concurrence. Il y a j'ai il y a aucune concurrence parce qu'en fait moi que tu sois syndiqué ou non je te défends et que quand on est en grève syndiqué et non syndiqué ils connaissent tout et ils décident de tout et c'est la main levée ou baissée qui décide de la suite. Et ça ça permet aussi aux gens de se dire bah si c'est ça le syndicalisme si c'est la démocratie bah moi je veux me syndiquer. Si c'est comme ça ça me va. Par contre, quand c'est l'inverse, j'en ai pas j'ai pas envie de de mettre dedans. Oui. Et puis donc comme en fait, on on assiste peut-être à de nouvelles formes tout simplement de mobilisation sociale, de nouvelles formes historiques hein euh

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avec Bloont tout, on les les gilets jaunes déjà les gilets jaunes et et Bloquont tout. Peut-être qu'on assiste à de nouvelles formes de de mobilisation sociale qui dépasse et qui déborde les appareils syndicaux tout simplement. H euh alors pour terminer cet entretien, est-ce que donc vous vous vous estimez que les objectifs fixés par ce mouvement bloquons tout ces objectifs du 10 septembre, est-ce que pour vous ils ont été largement atteints et est-ce qu'ils annoncent est-ce qu'ils préfigurent euh un succès de la mobilisation du 18 justement dont vous parliez tout à l'heure ? Bah je trouve que les objectifs ont déjà été dépassés pour la journée du 10 parce que moi je suis agréablement surpris. Je m'attendais à peut-être un peu moins que ce qu'on a que ce qu'on a vu euh et que

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ça dit quelque chose de de la suite. Maintenant euh tout n'est pas tout n'est pas acquis parce que le 18 septembre, on le disait au départ, il était là pour enjamber le 10. Le problème c'est que maintenant cette date du 18 septembre, elle dérange d'une certaine manière aussi la bureaucratie syndicale parce qu'il faut en faire quelque chose. Parce que quand vous écrivez qu'il faut faire du 18 septembre une grève d'ampleur historique, on voit pas vraiment le travail qui se prépare d'une grève d'ampleur historique. Moi je vois dans mon secteur, il y a quasiment aucun tracte pour le 18 septembre. C'est nous qui commençons aujourd'hui après au lendemain de ce 10 qui avons fait des tournées dans les postes d'aiguage de mon secteur pour commencer à mettre les gens en grève pour le 18 septembre et

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c'est ultra bien accueilli. Voilà, tous ceux qu'on a croisé, ils disent "Moi le 18 je je me mettrai en grève, il y a pas de problème." Donc il faut une force militante. Le problème c'est que maintenant les directions syndicales elles sont un peu bloquées parce que elles voit qu'il y a le 10 qui va commencer à braquer le 18 avec les méthodologies du 10 et ça les arrange pas parce que elles auraient préféré un 10 faible pour faire un 18 routinier et c'est pas ce qui se se profile. Maintenant dans le 10 il y a du bon et des choses qu'il va falloir améliorer. par ex par exemple justement là bah moi je pense que il va falloir faire en sorte que maintenant que les assemblées générales qui qui se sont mis en place et ça c'est quelque chose de de nouveau par rapport au gilets jaunes

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souvent on fait la comparaison avec les gilets jaunes et cetera si on se souvient bien les gilets jaunes il y avait pas d'assemblée générale avant le la première date qui était le 17 novembre là par exemple à Saint-en pas loin de chez moi, il y a eu déjà quatre assemblées générales avant même le mouvement c'est dire à quel point les gens ils comprennent queil faut réfléchir s'organiser bien en amont. Maintenant, moi je pense que ces assemblées générales, elles doivent elles doivent déjà s'étendre partout en France. Il faut qu'il y ait des assemblées générales qui se constituent partout en France, qu'elles soient décisionnaire. C'est comme ça aussi comme je disais tout à l'heure, éviter que le mouvement il soit dirigé par en haut mais plutôt qu'il soit dirigé par

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euh par en bas par la base. Et il va falloir faire aussi en sorte que ces assemblées générales, elles ne se cantonnent pas à la réflexion de qu'est-ce qu'on fait le jour J, qu'est-ce qu'on fait le 18, où est-ce qu'on bloque, où est-ce qu'on fait une action, mais comment ces assemblées générales, elles deviennent un véritable comité d'action qui prépare la date du 18. Moi, je donnais par exemple euh dans un poste que j'ai fait euh cet après-midi, je disais pour moi, il faudrait deux trois exemples euh pour les personnes qui qui vous regardent, mais ce serait par exemple déjà de cartographier l'ensemble des entreprises du secteur dans lequel vous rassemblez. S'il y a une une âgée à Saint-Denis, bah de prendre de cartographier la gare, le dépôt de bus de Saint-Denis, l'hôpital

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de Saint-Denis, d'aller voir les lycées, les profs et cetera, de tracter, d'aller discuter, de se dire "Voilà, il y a la date du 18 maintenant, il faut qu'on la construise, il faut qu'il y ait des grèves partout et cetera et cetera." euh prendre l'exemple des des de ce qu'on peut voir dans les élections. Vous prenez le Nouveau Front populaire, si on se souvient le nouveau Front populaire en 2024, parfois des collectifs de de 40 50 personnes, ils se réunissent dans un café et ils font du porte à porte partout et ils tiennent les marchés et ils tractent partout. Pourquoi ? Pour préparer le 18 si dans votre assemblée générale, il y a des des âgés où il y a eu 400 500 personnes mais c'est énorme 400 personnes avant même le la date du mouvement. Mais si vous avez 400

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personnes qui qui se répartissent des quartiers populaires, qui se répartissent des marchés, qui traquent, qui difent et cetera et qui chauffe l'ambiance pour le 18, qui font en sorte que dans toute la ville, on bataille pour que jusqu'au dernier on met on mette au cœur cette lutte politique parce que ça reste une lutte politique contre le gouvernement. Moi, je pense qu'on peut faire énormément de choses parce que peut-être une des limites, c'est que pour l'heure, d'une certaine manière, les quartiers populaires aussi n'ont pas ne sont pas encore véritablement rentré dedans. Euh euh c'est beaucoup euh des secteurs d'avant-garde euh euh étudiantes, syndicalistes et cetera, des gens un peu peuple de gauche qui se sont mobilisés. Mais la réalité c'est que notamment pour

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corriger ce que je disais en prenant l'exemple de ce travailleur marocain, bah ce travailleur marocain si vous toquez chez lui à Sevran Bedotte à Bagnolet à Bobini, il va vous ouvrir la porte et peut-être il va vous dire "Ah bah moi je travaille chez Geodice, ah moi je travaille chez dans un dépôt Amazon et si on discute avec lui, on le convainc, il y a possibilité de faire des choses, vous voyez ? Donc c'est c'est de passer d'une certaine manière d'une assemblée générale qui discute le jour J à une assemblée générale qui devient un comité d'action et de préparation et de militantisme de de de chaque étape. parce que c'est pas uniquement d'action qu'on a besoin, mais on a besoin de se coordonner, de réfléchir parce que si on voit bien quelque chose, c'est que en face de

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nous, ils sont ultra organisé, ils sont dit qu'est-ce que vous dites à ceux qui vous disent "Oui, alors les les âgés c'est très bien les les manifestations et cetera, mais finalement pour échapper à la répression et justement à toutes ces toutes ces actions qui visent à à justement à empêcher les les les comment on appelle ça ? des actions de blocage et et tout et tout tout ce type de mobilisation. Bien finalement, le mieux c'est des actions des mobilisations spontanées, un peu comme les gilets jaunes, he je reprends encore cet exemple dans les ronds-points et que c'est comme ça qu'on échappe finalement à la répression étatique. Qu'est-ce que vous leur répondez à ceux qui pensent comme ça ? Ben moi, je pense que déjà euh il il faut voir alors oui euh ça disperse les forces de police. La

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réalité c'est que les policiers, ils peuvent courir. Euh le problème c'est est-ce que l'État il continue à pouvoir s'en sortir ? Est-ce que le patronat continue à pouvoir s'en sortir ? Si les gens, ils se disent "Bon, ça bloque un peu des ronds-points, ça fait quelques actions, ça fait quelques bris de glace et cetera, mais globalement l'économie elle continue à tourner, les entreprises elles continuent à tourner." Bon, à un moment donné, ils savent pertinemment que les gens, à force de garde à vue, à force de procès, à force de répression, les gens vont commencer à rester chez eux parce que c'est pas la la grosse majorité. Il y a il y a tout il y a il y a peut-être une une petite partie de gens qui sont prêts à des actions euh radicales et cetera euh euh frontal avec

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les forces de l'ordre. l'écrasante majorité, elle est pas prête à ça parce que les gens, ils ont aussi des enfants, les gens ils sont inquiets aussi vis-à-vis d'eux et ils se disent il faut que le le jeu en vaut en val la chandelle. Euh si je dois prendre des risques, c'est je pense vous pouvez prendre n'importe qui. Les gens ils ont ils ont pas une crainte de la garde à vue. La question c'est qu' sils se disent "OK, si je risque une garde à vue, mais qu'est-ce qui est au bout du tunnel ? En fait, si c'est une garde à vue pour rien du tout, moi ça m'intéresse pas." C'est aussi ça. C'est pour ça que les assemblées générales, elles servent aussi à définir des des à à définir des mots d'ordre et imposer des choses qui dépassent des petites résolution un peu économique et cetera.

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Comme je disais, non à 64 ans ou hausse des salaires. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est comment on va euh chercher chercher autre chose. Et je dirais simplement que la violence, elle elle scantonne pas la répression policière dans des mobilisations. D'accord ? Vous voyez bien qu'on est dans un monde où où il y a un génocide en Palestine. D'accord, on est dans un monde de guerre, de remilitarisation où si on vient aussi nous attaquer sur des jours fériers ou sur du remboursement de médicaments, c'est pour financer des drones, des famass, des tanks, des hélicoptères et cetera. C'est pour proposer un avenir de misère aussi aux générations futures. C'est ça aussi. Et moi, je pense que les gens quand ils se réveillent le matin, ils vont au travail. C'est pas pour leur pomme,

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c'est pour mettre à manger dans l'assiette de leurs enfants. Moi je pense que quand tu es fatigué après une semaine de travail à l'usine et que le samedi tu te retrouve en plus à devoir accompagner ton fils au club de foot pour les matchs et les entraînements et cetera, c'est parce que tu espères l'avenir de tes enfants. Mais c'est quoi l'avenir de tes enfants ? Si tu ne te préoccupes pas de quelque chose qui est primordial, c'est qu'est-ce que tu leur laisses demain ? Est-ce que tu vas leur laisser toi un avenir de cimetière, d'emploi, un avenir de guerre, de génocide, de misère, de racisme et cetera ? ou est-ce que tu vas leur laisser un avenir débarrasser de ça ? Moi, je pense que nos parents, ils ont fait, je parle de nos parents à tous les deux, de de des parents qui viennent de

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de d'Afrique et cetera et d'ailleurs, est-ce que c'était plus facile de lutter contre l'impérialisme français et l'armée française ? Est-ce que c'était plus facile de lutter contre ceux qui qui dans des cartes postales décapitaient des Algériens, mettaient sur des piquets et il disaient "Bonjour Sophie, tout va bien à Alger et cetera et cetera, embrasse les enfants Ils sont ils ont lutté contre ça avec rien avec des des des sandales et des et de la caillasse. Et pourtant, ils ont lutté contre quelque chose qui est plus dur, c'est l'armée coloniale française qui a fait des boucheries et des boucheries. Pourtant, ils ont lutté et ils ont lâché aussi leur famille pour venir essayer de nous offrir un avenir meilleur. Et moi, il est hors de question, j'ai 38 ans, il

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est hors de question que je fasse partie d'une génération qui je suis content parce que j'ai acheté une PlayStation 5 à mes enfants. Je suis content parce que mon fils, il a une belle paire de basket mais par contre pour son avenir, je lui dis "Ah mon fils, démerde-toi, moi je fais pas ça, ça, je m'occupe pas de ça. Si demain tu es au chômage, bah à quoi ça sert ? Alors, pourquoi même ? Pourquoi même tu lui achètes une PlayStation 5 ? achète pas de PlayStation 5 et c'est les 500 € de la PlayStation, fais 5 jours de grève, ça va lui profiter. Alors peut-être il dira "Moi, mon père, il m'a pas acheté des PlayStation mais moi mon père il est venu, il s'est battu pour faire en sorte que moi j'ai un j'ai du travail et et j'ai un avenir qui est différent de celui de de regarder sur Twitter,

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Instagram des enfants en Palestine qui sont en train de se faire massacrer." Ça c'est quelque chose de primordial et ça doit réveiller en fait euh euh euh tout le monde, notamment les les parents parce que parfois on se dit "Ah moi j'ai pas d'argent pour ça, j'ai pas le temps pour ça, j'ai des enfants, j'ai ceci, j'ai pas que ça à faire." Non, il faut aussi voir autre chose. Nos parents, ils nous ont peut-être pas tous acheté des PlayStation quand on était petit, mais on se dit nos parents, ils ont fait quelque chose pour nous, c'est qu'ils ont ils ont lutté avec leur leurs forces pour nous construire euh un avenir. Et aujourd'hui, ils sont inquiets parce qu'ils se disent "Quand je vois comment nous on sortait d'une entreprise à l'autre et que derrière on avait du boulot."

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Moi mon père il me dit jamais de la vie mon fils, j'aurais cru que des gens ils ont bac + 5, ils arrivent même pas à trouver un emploi alors qu'il dit "Nous, on était juste des des immigrés, on savait même pas ni écrire français ni parler français. On sort de l'entreprise, on trouve tout de suite un autre boulot et cetera. On a réussi à construire des pavillons, on a réussi à envoyer de l'argent au Bled, construire des maisons et cetera, alors qu'on avait même pas le certificat d'étude. Et quand je vois qu'il y a des gens, ils ont des bacs + 5, ils arrivent même pas à trouver un emploi ici, il me dit, je comprends, je comprends pas ce qui est en train de se passer. Donc on est dans dans dans cette situation là et il y a pas de solution pacifique, il y a pas de

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solution tranquille où depuis son canapé tout ça va se régler. Si on s'occupe pas de la situation, c'est eux qui vont s'occuper de nous et ils savent le faire et ils ont euh des siècles de d'expérience pour réprimer et et nous fracasser la gueule. Merci Anas Kazib. Je rappelle je rappelle que vous êtes syndicaliste chez Sudraille et que vous êtes membre de Révolution permanente et donc on vous recevait sur Misen TV pour dresser un bilan de cette mobilisation nationale du 10 septembre et on sera évidemment attentif à ce qui se passera le 18 septembre pour cette mobilisation intersyndicale. Merci aussi à tous nos éditeurs pour leur soutien et donc je vous donne rendez-vous à très bientôt pour un prochain entretien sur Misan TV.

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Merci.