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interviewFrance Culture — Sens politique· 8 février 2025 43 min

Sébastien Peytavie, député de Dordogne : “Nous n'avons pas besoin de changer le regard sur le handicap, mais de droits”

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:08
Présentateur

Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans Sens Politique, l'émission qui prend le temps de connaître un invité pour décrypter avec lui son parcours, son engagement et sa personnalité au rythme de l'actualité. Le handicap concerne en fait chacun d'entre nous. Il y a 20 ans, très exactement, le 8 février 2005, Jacques Chirac prononce ses mots quelques jours avant de promulguer la loi sur le handicap qui fait date. A cette époque, notre invité a 23 ans et cela fait 20 ans qu'il est en fauteuil roulant. Paraplégique à l'âge de 3 ans après une opération à cœur ouvert, il ne s'est jamais dit « ça, je ne peux pas le faire ». Mais le lui a-t-on dit parfois.

Il grandit à Borez, un village de 400 habitants à l'est de la Dordogne, frontière du Lot. Dès la classe de 5e, il sait qu'il sera psychologue, un métier pas si loin de la politique puisqu'il consiste, dit-il, à écouter les personnes en souffrance. Et le municipal de son village d'enfance, c'est à Toulouse qu'il étudie et à Sarlalacaneda qu'il exerce en psychiatrie à l'hôpital public. Depuis, son engagement est intact pour aider le secteur de la santé malade. Que pense-t-il du nouveau budget de la sécurité sociale qu'il vient de censurer ? Le nouveau Front populaire est-il réduit d'un parti, comme le dit Jean-Luc Mélenchon ?

Et surtout, les avancées pour l'hôpital et les EHPAD sont-elles suffisantes pour ce député qui siège depuis 2022 à la Commission des Affaires Sociales ? Bonjour Sébastien Peitaville. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes député de la Dordogne Génération, vous siégez au groupe Écologiste et Social. Et merci à vous de nous écouter comme chaque samedi. Nous sommes ensemble jusqu'à 13h30. Alors comme ça, il y aurait de la drogue qui circule à l'Assemblée Nationale ?

1:55
Sébastien Peytavie

Il semblerait. Bon, a priori, il y a M. Piolle qui voudrait tous nous tester pour vérifier si effectivement il y a de la drogue. Mais je crois que c'est un grand sujet. On a eu jeudi quelques problèmes d'alcool également. On voit que le soir, quand on reprend les séances après 21h30, il y a quelques députés qui ont peut-être un peu trop bu. Et puis on voit que dans les paroles, enfin on voit que voilà, certains pouvaient traiter des collègues d'antisémites par exemple. Donc oui, c'est un sujet. Mais je crois que nos rythmes de vie posent question. Et certainement un accès, enfin ce que l'on attend peut-être d'une personnalité politique pose question. Et la manière dont...

C'est vrai que la question des addictions est rarement posée. Enfin on sait que cette question-là, et la drogue, il y en a à l'hôpital, chez les urgentistes par exemple. Vous en avez vu ? Non, je n'en ai pas vu. Mais enfin voilà, ce sont des choses... Il y en a dans tous les milieux. Il y en a dans tous les milieux. Et c'est une vraie question de santé publique, oui.

3:01
Présentateur

Vous êtes comme Éric Piolle, le maire de Grenoble dont vous parliez, pour la légalisation du cannabis ?

3:06
Sébastien Peytavie

En fait, je crois que sur cette question de la drogue, on n'a pas une mesure, on légalise, on interdit, qui est si simple. Quand on voit en fait, qu'est-ce qui fait que dans un parcours, on se retrouve à en consommer par exemple ? Qu'est-ce qui fait que l'on peut avoir un terrain avec quelques facilités ? Et quand on commence, comment on est accompagné là-dedans ? Donc ça, c'est une grande question. Il y a tous les tabous qu'il y a autour de ça. Et c'est vrai que le fait de ne pas en parler, il fait que beaucoup de personnes vont prendre ça en cachette. Et puis, il y a certaines drogues.

Enfin, quand on parle de la cocaïne par exemple, c'est quand même quelque chose qui vient enlever toutes les limites. On n'est pas fatigué. Ça ne vient pas emmener, comme certains autres produits, des éléments hallucinatoires ou je ne sais quoi. Donc en fait, c'est la drogue de la performance. Et c'est vrai que dans une société dans laquelle il faudrait être tout le temps performant, c'est le produit idéal. Mais on voit ce que certains cherchent avec le Red Bull, avec la caféine, avec je ne sais quoi.

4:14
Présentateur

Vous diriez qu'il y a un problème de rythme au Parlement ?

4:18
Sébastien Peytavie

Il y a totalement un problème de rythme. Bon, enfin, quand on commence... Là, on a eu la période budgétaire. Quand on commence à 9h du matin, la séance, on finit à minuit et on tient 15 jours, 3 semaines comme ça. On n'est pas dans des bonnes conditions pour pouvoir travailler. Quand on découvre un texte une semaine avant son passage en commission et ensuite en hémicycle, on n'est pas dans des bonnes conditions pour faire un travail de fond. Donc effectivement, ça pose question.

4:49
Présentateur

Alors Sébastien Peytavi, député de la Dordogne, vous siégez au groupe écologiste. Et comme la plupart de vos collègues, vous avez censuré le gouvernement Bayrou. Ça n'a pas fonctionné. Mais pourquoi l'avoir fait ?

5:01
Sébastien Peytavie

Il y a plusieurs problèmes. Déjà, le contenu du texte. Parce qu'en fait, bon, là, la censure était sur le texte, sur le PLF, notamment, et ensuite sur le PLFSS. Le projet de loi de finance et le plan de financement de la Sécurité sociale. Et donc, bon, le texte n'est pas bon. Le texte ne répond pas aux urgences aujourd'hui. Quand on voit sur les questions d'écologie, quand on voit les coupes budgétaires, en fait, ça n'y répond pas. Quand on voit la crise économique et les entreprises aujourd'hui qui sont en difficulté, ça n'y répond pas. Donc on va se retrouver... On avait l'injonction d'un côté avec il faut avoir un budget. Et on ne serait pas sérieux de venir déstabiliser le pays.

Donc il y a cette question. Sauf que ce budget-là va générer la frustration des problèmes et la colère et l'incompréhension des gens. Donc on a trouvé cette ligne de crête qui était très compliquée. Et puis on a eu de nombreuses réunions de est-ce qu'on le fait, est-ce qu'on censure, est-ce qu'on ne censure pas. Mais en fait, on ne peut pas là. Et puis la manière dont ça a été fait, parce que le texte, le budget de l'État, a poursuivi donc au Sénat, n'a pas été débattu à l'Assemblée. Et donc il y a un passage en force avec le 49-3 sans qu'il y ait un débat. Vous êtes élu de la Dordogne, une zone plutôt rurale.

6:16
Présentateur

Est-ce qu'on vous l'a reproché, cette censure ? Alors peut-être que vous allez rentrer ce week-end dans votre circonscription, mais la première, celle du gouvernement Barnier. Est-ce que vous avez, comme certains socialistes, ceux qui peut-être expliquent d'ailleurs leur choix de cette fois ne pas avoir censuré le gouvernement. Est-ce que sur le terrain, certains de vos administrés, des citoyens qui habitent votre circonscription, vous l'ont reproché ? Je pense par exemple aux agriculteurs dont on a beaucoup parlé.

6:37
Sébastien Peytavie

Les agriculteurs, eux, m'ont reproché la première censure qui a fait tomber le gouvernement Barnier parce qu'ils attendaient des mesures qui, bon, là, ont été adoptées et vont arriver. Donc il y a du monde. Enfin, il y a une telle tension, une telle attente que les moindres retards viennent générer et une incompréhension et quelque chose d'assez violent. Il y a beaucoup d'élus qui sont très, très inquiets aujourd'hui de ne pas avoir de budget. Il y a des élus à la région qui ont voté un budget sans connaître le montant du budget. Donc on voit qu'il y a beaucoup de choses aujourd'hui qui sont difficiles, mais le budget là qui a été proposé emmène des coupes budgétaires.

Donc en fait, se retrouver à devoir laisser passer un budget qui n'est pas bon ne va pas résoudre. Donc après, il faut expliquer, il faut prendre le temps d'expliquer. Mais c'est vrai que quand on explique la manière dont ça se passe et quand on regarde notamment à l'automne la manière dont le budget de la sécurité sociale est passé, parce qu'on est arrivé à trouver des majorités pour pouvoir dégager de l'argent. Il faut arriver à prendre la mesure de ça et en commission et en hémicycle. Donc sur la partie recette, on avait dégagé à peu près 16 milliards, ce qui est conséquent.

Ensuite, pour la partie dépenses, il nous manquait quelques heures avant que le texte parte au Sénat et le gouvernement a refusé d'ouvrir quelques heures de plus, ce qui fait que le texte n'étant pas allé au bout, ce n'est pas le texte que nous avions adopté à l'Assemblée qui est parti au Sénat, mais le texte qui a été proposé par le gouvernement. Donc on passe trois semaines de travail et tout est balayé alors qu'on a eu des avancées. Et on a trouvé pour le coup des majorités pour pouvoir dégager de l'argent. Et donc ça, quand c'est balayé, et ça quand je l'explique pour le coup aux habitants de la Dordogne, ils comprennent tout à fait qu'il y a un problème là-dedans.

8:30
Présentateur

C'est un problème institutionnel selon vous de parlement qui n'a pas assez de poids sous la cinquième ?

8:35
Sébastien Peytavie

En fait, je crois que le Parlement se retrouve assez central, là, avec une crise politique, avec Emmanuel Macron qui se retrouve avec, pour le coup, beaucoup moins de pouvoir aujourd'hui. Enfin, même s'il en a, mais on voit que sa parole ne porte plus aujourd'hui. Donc l'Assemblée devrait, mais on voit bien qu'il manque certainement une maturité de parlementarisme pour pouvoir arriver à fonctionner. Et j'en reviens à cette question de présidentialisme. Mais on voit qu'aujourd'hui, les yeux rivés par certains sur 2027 ou avant s'il y avait une démission d'Emmanuel Macron viennent complètement bloquer tout travail et toute recherche de consensus.

9:16
Présentateur

Est-ce que les socialistes sont toujours membres du nouveau Front populaire, Sébastien Pétavi ?

9:21
Sébastien Peytavie

Ben oui. Après, on a un désaccord. On a un désaccord stratégique. Et on a été nombreux du NFP à ne pas être d'accord avec eux. Maintenant, quand on regarde, enfin, qu'est-ce que le NFP ? Est-ce que nous avons une base programmatique ? Et est-ce qu'en commission, en hémicycle, dans les prochains mois, nous allons voter les mêmes choses et nous allons défendre les mêmes choses ? Oui. Et donc, c'est évident que là, on a un projet qui est le même. Après, on n'a pas la même stratégie. Pour les retraites, on a eu des désaccords de stratégie il y a deux ans également. Et donc, ce sont des choses qui arrivent.

Et je crois que c'est important de pouvoir traiter ça autrement que la manière dont ça a pu se faire.

10:05
Présentateur

Dimanche dernier, le 2 février, le candidat à la France Insoumise, Louis Boyard, a perdu l'élection municipale à Ville-Neuve-Saint-Georges dans le Val-de-Marne. Il y avait des divisions à droite comme à gauche. C'est la candidate LR Christelle Niasme qui l'a emportée. Quelle est votre lecture de ce scrutin ?

10:22
Sébastien Peytavie

Après, dès qu'il y a des élections partielles, on n'a pas la même mobilisation de la population. Donc, c'est toujours très difficile d'arriver à repérer comment les choses fonctionnent. Après, on voit bien que même s'il n'y avait qu'une liste à gauche pour le deuxième tour, pour le coup, il y avait un bloc de vouloir faire barrage à la gauche. Donc voilà, et après, je regrette effectivement qu'on n'ait pas pu tous s'embarquer, que chacun y ait sa place là-dedans.

Et le signal pour moi qu'il y a, et c'est ce que vous évoquiez à l'instant avec la question de la censure, mais si la gauche et les écologistes ne sont pas unis et n'arrivent pas à laisser de la place à tout le monde là-dedans, jamais nous ne pourrons gagner.

11:12
Présentateur

Mais si les socialistes et les écologistes, d'ailleurs, n'ont pas fusionné avec la liste insoumise, c'est notamment parce qu'ils regrettaient les publications pro Hamas du 7e de liste Mohamed Benyakled. Est-ce que vous croyez à cette théorie des gauches irréconciliables ? Est-ce que finalement, ce ne sont pas des désaccords de fond qui vous condamnent à avoir deux candidats à la présidentielle ?

11:32
Sébastien Peytavie

En fait, cette question des gauches irréconciliables, on nous la sort depuis les gauches, en fait. Il n'y a pas une gauche, il y a des gauches. Et à partir de là, aujourd'hui, on a pu voir quand même, et après la présidentielle en 2022, avec la création de la NUPES, et là en quelques jours pour le NFP, quand on se montre responsable, on arrive à le faire. C'est nécessaire de le faire. Maintenant, il faut que quand on arrive à faire ça, ce ne soit pas juste le temps d'une élection, mais que l'on arrive à travailler sur la durée, justement, dans le fonctionnement.

12:05
Présentateur

Et cette question de Samuel qui nous écrit sur Instagram, quel processus pour une candidature unique à gauche en 2027 ?

12:10
Sébastien Peytavie

En fait, c'est une bonne question, mais on se retrouve coincés aujourd'hui, s'il y a une dissolution dans six mois. On voit bien comment les stratégies des uns et des autres, de qui va être devant, qui va être en force, de, est-ce que l'on met en place un processus pour pouvoir désigner un candidat ? Si on imagine une démission éventuellement d'Emmanuel Macron, est-ce qu'on part là-dedans ? Et donc, en fait, ça pose tellement de questions et de fictions, et il y a une telle instabilité aujourd'hui. Il y a surtout deux visions, ou trois visions à gauche.

Il y a plusieurs visions, mais pour moi, il faut que l'on arrive à trouver la méthode et la personne qui permettra d'embarquer tout le monde. Tout le monde. Voilà. Et c'est qui cette personne ? Je ne sais pas qui est cette personne.

12:58
Présentateur

Certains disent que c'est Jean-Luc Mélenchon le mieux placé.

13:01
Sébastien Peytavie

En fait, on voit que si c'est Jean-Luc Mélenchon, on voit qu'il y a une partie de la gauche qui ne va pas s'embarquer. On voit que Mélenchon peut être très très fort dans certains quartiers. Mais par exemple, moi, en milieu rural, c'est quelque chose qui est beaucoup plus compliqué. Donc on voit que là-dedans, il y a des choses. Mais quand on dit pas Mélenchon, ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas qu'il y ait les insoumis. Et il faut pouvoir embarquer les insoumis. Donc la grande question, c'est comment on part de la France insoumise jusqu'à un centre-gauche. Et je pense que si on n'arrive pas à avoir ça pour la présidentielle, on ne le gagnera pas.

13:33
Locuteur non identifié

C'était complètement absurde.

13:51
Sébastien Peytavie

Les huissiers étaient présents ici et appelaient les députés pour aller voter en haut de la tribune. Et donc il fallait monter les marches pour aller voter. Donc nous, on avait écrit au service pour s'assurer qu'ils avaient prévu une solution pour que je puisse voter. Donc un huissier allait voter pour moi. Donc j'aurais demandé s'ils pouvaient descendre l'urne pour que je puisse voter. Donc là, il m'a dit que ce n'était pas prévu au niveau du protocole pour le troisième tour. Je me suis planté là devant les marches et puis bon, plus personne ne pouvait monter.

14:24
Présentateur

Le 18 juillet 2024, lors du vote pour la présidence de l'Assemblée nationale à la tribune où vous n'avez pas accès, Sébastien Peitavi, une scène captée par nos confrères de Brut. Ça vous a fait sourire de réentendre cette...

14:36
Sébastien Peytavie

Oui, oui, mais c'est complètement... Enfin, on en est à ce moment complètement absurde, complètement absurde, du vote le plus important à l'Assemblée, à savoir celui de la présidence, avec... Parce que rien n'est écrit. Rien n'oblige de devoir monter à la tribune pour pouvoir voter. Et donc voilà comment les choses sont installées parce que ça s'est toujours fait comme ça. Il y a un protocole qui veut que ça se passe comme ça. Et en fait, je crois que sur la question du handicap, on voit comment... Et puis on peut le regarder sur tous les pans de la société. Il y a les habitudes et puis il y a ce que ça vient bouger, questionner. Et effectivement, à aucun moment, cette idée de...

Il y a démarche, il y a une tribune, il y a un gars qui est en fauteuil roulant et qui ne peut pas monter. À aucun moment, on s'est dit, on change tout ça. C'est-à-dire qu'on s'est dit, tiens, il y a quelqu'un qui va voter pour lui. En sachant que dans le code électoral, on n'a pas le droit de voter pour quelqu'un, sauf s'il y a une procuration. Quand vous dites, on s'est dit, c'est qui ? C'est la présidence ? C'est les huissiers ? C'est tout le monde ? Voilà, c'est collectif. C'est collectif et puis pour eux, en fait, une réponse était pensée. Bon, maintenant, est-ce que cette réponse était satisfaisante ? Non. Est-ce qu'elle était légale ? Je ne suis pas sûr, en fait, qu'un huissier.

Parce qu'en fait, une fois que je lui transmets l'enveloppe, il pouvait très bien lui mettre une autre enveloppe ou quoi que ce soit. Enfin, il faut qu'il y ait la garantie, quand on vote, de pouvoir mettre son bulletin dans l'urne. Et c'est inscrit dans tous les bureaux de vote, ça se passe comme ça. Je crois que vous n'avez pu voter qu'au troisième tour de scrutin.

16:10
Présentateur

Parce qu'il y a eu ces séries.

16:12
Sébastien Peytavie

J'ai été bloqué. Premier, il m'explique ça et je leur dis, mais vous ne pouvez pas descendre l'urne. Et puis, ils me disent, ah bah non. Sur le deuxième, ils disent, mais en fait, on a commencé d'une manière, donc on ne peut pas changer. Et puis sur le troisième, je n'ai pas donné le bulletin à l'huissier. Et puis, je me suis planté devant les marches. Et vous avez été soutenu sur tous les bains. Oui, oui, bon, c'était logique. Mais même les huissiers, en fait, les huissiers étaient eux-mêmes embêtés. Et en fait, quand c'est bloqué, ils me regardent, enfin ils regardent tous, pour le coup, la présidence avec, parce que sans autorisation de la présidence, ils ne peuvent pas descendre l'urne.

Et donc, eux, ils attendent, parce qu'ils n'attendent qu'une seule chose, c'est de pouvoir le descendre. Mais voilà. Et donc, cette chose-là n'est pas réfléchie. Et puis, il faut savoir que le vote pour les vice-présidents, pour les secrétaires, pour les questeurs, se passe dans les couloirs, avec quelque chose de totalement accessible. C'est que le vote de la présidence.

17:01
Présentateur

Mais vous étiez déjà élu en 2022. Oui. Donc, est-ce que ça s'était passé déjà de la même façon ?

17:06
Sébastien Peytavie

En fait, en 2022, j'ai été élu. Et une semaine après, j'ai un souci de santé et je me retrouve hospitalisé pendant six mois. Donc, je n'avais pas voté.

17:13
Présentateur

Et j'ai appris, en préparant cette émission, grâce à Léa Varin, que l'Assemblée nationale n'avait jamais vu de député en fauteuil roulant depuis la Révolution française. Et le député du Puy-de-Dôme de l'époque, révolutionnaire, Georges Couton, dont le fauteuil, d'ailleurs, est conservé par le musée Carnavalet. Vous aviez en tête cette anecdote avant de vous lancer aux législatives ? Absolument pas.

17:35
Sébastien Peytavie

La question du handicap n'avait pas été, pour moi, un sujet. Enfin, je n'ai pas fait campagne en en parlant. Ce n'était absolument pas un sujet. Et je ne savais même pas qu'il n'y avait pas eu de député en fauteuil roulant avant moi. Enfin, ce n'était absolument pas une question. Quand je suis arrivé dans la cour le premier jour, il y a eu une horde de journalistes qui sont venus avec. Est-ce que vous êtes député ? Est-ce qu'il y a déjà eu un député en fauteuil ? Et donc là, je découvre que non. Pas sous la cinquième. Pas sous la cinquième. Et c'est là que les huissiers m'avaient dit qu'il y avait eu.

Et que lui, pour le coup, comme l'Assemblée n'était pas accessible, était avec les chaises-porteurs.

18:12
Présentateur

Vous avez un positionnement qu'on entend rarement sur l'accès aux fonctions politiques des personnes en situation de handicap. Vous estimez qu'il faut prendre en compte les aides humaines dans une campagne, notamment par les frais remboursés. C'est-à-dire, ça consiste en quoi ? Dans des frais de campagne, on aurait, si on est handicapé, plus d'argent pour les aides ?

18:31
Sébastien Peytavie

En fait, ça pose une grande question. Quand vous êtes candidat, vous avez un plafond pour votre campagne. Vous avez un montant qui est éventuellement... Soit que vous avancez par votre argent, soit que votre parti avance. Et effectivement, si vous avez besoin, parce que vous n'êtes pas en mesure de vous débrouiller en toute autonomie, vous avez besoin d'une aide humaine. Et en fait, si vous avez besoin de payer quelqu'un qui vous accompagne sur tous vos déplacements, cet argent-là, forcément, vient faire gonfler le budget. Et donc, se pose la question de, est-ce que c'est au parti de le payer ? Est-ce que le plafond doit bouger ? Et donc, ça, c'est un enjeu.

Parce que quand on se pose la question de pourquoi il n'y a pas plus de candidats en situation de handicap, se pose également cette question-là. Et quand on est élu, il y a le cas, par exemple, d'Odile Morin, qui est élue dans l'opposition à Toulouse, qui, elle, est en fauteuil électrique, qui a besoin d'un accompagnement. Et en fait, la majorité ne paye pas l'aide humaine. Donc, elle est obligée de prendre sur son aide au quotidien pour pouvoir faire son travail d'élu ou s'endetter. Et donc, ça, c'est quelque chose qui est juste absolument insupportable.

19:46
Présentateur

C'est un impensé total. Tout à fait. Est-ce que vous avez déposé un amendement ? Est-ce que vous vous êtes emparé, vous, politiquement, de cette question ?

19:53
Sébastien Peytavie

En fait, on devait avoir un texte sur le statut d'élu qui devait arriver à l'Assemblée. Donc, c'était l'occasion... Avant la dissolution. Voilà, avant la dissolution. C'était l'occasion, à travers ce texte, de pouvoir proposer ça. Mais je ne suis pas sûr que ça ait sa place, en fait, que dans ce texte-là. Je pense que, là, on va attaquer une mission d'évaluation sur la loi du 11 février 2005, sur le handicap. Et, en fait, ça va être l'occasion, dans l'aide humaine, dans le volet de plan de compensation du handicap, sur le volet PCH, peut-être d'avoir, de réfléchir, en fait, à cette question, sur l'accès à la citoyenneté. Parce que, là, on parle de la question politique.

Mais, par exemple, si quelqu'un veut être dans une association, veut être président d'une association, en fait, c'est la même chose aujourd'hui. Quand on voit le nombre d'associations de personnes handicapées avec personne dans le conseil d'administration qui est en situation de handicap, ou très peu, il faut se poser la question aussi de pourquoi. France Culture. Sens politique.

20:51
Invité

Astrid De Villene. Cette nouvelle prestation sera mise en place avant la fin du premier semestre de cette année pour les personnes les plus lourdement handicapées et, au 1er janvier 2006, pour toutes les autres. Les personnes handicapées qui travaillent pourront accéder à une retraite anticipée à taux plein et celles que le handicap empêche de travailler disposeront de ressources revalorisées à hauteur de 80% du SWIC. Le Parlement a institué une journée nationale de solidarité qui va permettre de consacrer 2 milliards d'euros de plus chaque année au handicap et à la dépendance. Il fallait agir pour développer l'accessibilité. Toutes les préfectures de France seront aménagées dans l'année.

Je souhaite aussi que les services publics, qui ont déjà accompli des efforts importants, les renforcent encore. Le refus de l'isolement et de l'exclusion conférera à notre société, n'en doutez pas, un supplément d'âme dont chacun profitera.

21:55
Présentateur

Un supplément d'âme dont chacun profitera. Jacques Chirac, le 8 février 2005, lors de son discours juste avant la promulgation de la loi pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. Vous en parliez à l'instant, Sébastien Païtavi.

22:09
Sébastien Peytavie

Oui, ce supplément d'âme.

22:10
Présentateur

Il a changé beaucoup le regard qu'on a pu porter sur le handicap, ce discours, ou pas. Vous, à ce moment-là, vous avez 23 ans. Est-ce que vous vous en souvenez, tout simplement ?

22:21
Sébastien Peytavie

Oui, je m'en souviens. Je m'en souviens. C'était une attente importante. On voit que, et quand on entend tous ceux qui ont pu y travailler pendant trois ans, tout le monde a été mobilisé. Et en fait, c'est la dernière fois, et peut-être une des seules fois, où une grande loi sur la question du handicap a pu être pensée et écrite avec de nombreuses avancées. Et puis, on voit que là, on arrive à la date d'anniversaire et effectivement, on se pose la question de où nous en sommes.

22:56
Présentateur

Alors qu'elle n'est pas totalement appliquée, cette loi.

22:58
Sébastien Peytavie

En fait, quand on voit sur les bâtiments qui reçoivent du public, il n'y en a que 40% aujourd'hui qui ont été mis aux normes. Donc en fait, en 20 ans, on voit que les choses se sont mises en place assez rapidement. Et puis, dès que c'est devenu un petit peu compliqué, et on voit que sous Hollande, quand il y a de nombreux retours de communes, de départements qui se retrouvent un petit peu en difficulté, donc se mettent en place les plans d'aménagement. Et donc là, par catégorie, on donne des délais. Et donc, depuis septembre, tous les délais sont terminés. Sauf que ça n'a pas été fait pour la plupart. Et donc, aujourd'hui, tous ces établissements sont hors la loi.

Et donc, techniquement, à partir d'aujourd'hui, on peut mener des actions collectives contre. Et c'est ce qui, peut-être, va faire bouger les choses. Alors c'est dommage d'en arriver là. Je pense qu'on a loupé le coche en 2008, quand il y a eu la crise des subprimes, et quand Sarkozy lance un grand plan, notamment pour rénover les cathédrales, je pense que ça aurait été beaucoup mieux, pour parler de reprendre le supplément d'âme, de le mettre plutôt dans toutes les communes, de pouvoir faire fonctionner tous les artisans pour pouvoir mettre véritablement aux normes la France pour toutes les personnes en situation de handicap.

24:21
Présentateur

Emmanuel Macron, en 2023, lors de la conférence nationale du handicap, annonce le remboursement intégral des fauteuils manuels et électriques dès 2024. Ce n'est pas arrivé. Cette semaine, dans une vidéo publiée sur le réseau TikTok, il annonce que le remboursement des fauteuils roulants par la Sécurité sociale sera en place le 1er décembre 2025. Vous y croyez cette fois, Sébastien Péitaville ?

24:39
Sébastien Peytavie

J'aimerais y croire. Et voilà, je crois que dans cette histoire, il faut arrêter d'essayer d'y croire ou quoi que ce soit. Vous savez, pour reprendre un petit peu ce moment-là, j'étais présent à l'Elysée quand Emmanuel Macron fait cette annonce. Il faut savoir que, avant cette conférence nationale du handicap, beaucoup d'associations boycottaient cette conférence parce qu'il n'y avait aucune visibilité et aucun engagement du président. Donc on a vu quand Emmanuel Macron est un peu vexé, on a pu le voir au mois de juin, de la manière dont il peut réagir après les européennes. Donc là, il fait une annonce du remboursement intégral des fauteuils, mais à la surprise de tout le monde.

Moi, quand je vais le voir, il y a une personne qui est en fauteuil électrique à côté de moi et donc il commence en me disant « Oui, mais je tiens toujours mes promesses » et il me demande le coût de mon fauteuil et celui de la personne à côté. Quand on dit le coût de nos fauteuils, donc la personne à côté de moi, son fauteuil coûtait 20 000 euros, le mien 8 500. Et donc là, il dit « Ah, c'est si cher ! » Et donc je comprends qu'il fait une annonce sans savoir de quoi il parle. Quand je rencontre en commission des affaires sociales le directeur de la sécurité sociale sur un autre texte et quand il commence à me dire « Oui, enfin, vous savez, ça ne va pas tout à fait être comme ça.

» Et puis ensuite, je n'ai pas arrêté d'être interpellé par les fabricants, par les distributeurs. Et en fait, il y a un gros sujet. Et donc là, il y a une annonce avec une vidéo TikTok. Mais quand on voit jeudi, une vidéo TikTok qui nous dit « Demain, vous pourrez... » Alors, qui annonce le remboursement intégral de tous les fauteuils et qui, une phrase après, nous dit « Demain, vous pourrez vérifier... » La liste. La liste. Donc on voit que déjà, s'il y a une liste, ça veut dire « Pas tous les fauteuils ». Et donc, la liste est sortie hier. La liste, en fait, est exactement la même qu'au mois de novembre. Donc il n'y a pas de changement là-dedans.

Mais en fait, dans l'intitulé, dans la nomenclature, dans la liste, évidemment, il y a quasiment tous les fauteuils qui sont intégrés. Mais ce qui n'est pas annoncé et dont on ne sait aujourd'hui rien, c'est le montant de remboursement. Et donc, effectivement, selon le plafond de remboursement, il y a certains fauteuils qui sortiront, de facto, du remboursement. Et ça, on n'a aucune garantie. Donc ça ne vous convient pas du tout ? Mais en fait, si ça se trouve, si le montant est suffisamment haut et prend en compte tous les fauteuils, ce sera très bien. Mais ce n'est absolument pas dit que ce soit le cas parce qu'ils veulent maintenir un prélimi de vente.

Moi, j'avais déposé un texte à l'Assemblée, justement, pour être contre carré.

27:07
Présentateur

Le remboursement intégral des fauteuils roulants par l'assurance maladie, qui a d'ailleurs été adopté à l'unanimité de l'Assemblée. C'était le 3 décembre 2024. J'allais vous demander où en est cette proposition de loi qui a été adoptée par l'Assemblée. Est-ce qu'elle est au Sénat ? Est-ce que le gouvernement qui peut le faire vous a suivi, non, visiblement, par un décret ? Est-ce que c'est ce que vous souhaitez ?

27:24
Sébastien Peytavie

En fait, ce qui était terrible dans ce temps d'échange, quand un texte passe à l'Assemblée, quand il est adopté à l'unanimité en commission, avant le passage dans l'hémicycle, le gouvernement arrive et on commence à négocier en fait de ce qui peut se faire. Là, pour la première fois, les administrateurs m'ont dit que pour la première fois, il n'y a eu aucune nouvelle du ministère. Aucune proposition. Donc ça voulait dire qu'ils étaient d'accord avec vous ? Non, parce qu'en fait, ils ont donné un avis de sagesse, mais sans dire qu'ils étaient d'accord. Et en fait, ils n'étaient pas d'accord, parce qu'en fait, on avait un point de désaccord très important sur...

On est d'accord sur la question du remboursement intégral des fauteuils. Maintenant, comment on le met en musique ? Et il y a l'idée de la sécurité sociale que l'on a derrière. C'est-à-dire qu'on l'a vu avec les lunettes et le 100% santé. On l'a vu avec les prothèses auditives. Donc il y a un modèle, premier prix, qui est remboursé. Le reste pour les lunettes, c'est la mutuelle. Et si vous voulez autre chose, c'est de votre poche. Et pour les fauteuils roulants, en fait, c'était un petit peu la même chose. Donc il y a un modèle qui est remboursé. Et donc moi, je n'ai cessé pendant deux ans de les interpeller pour être sûr que ça fonctionne.

Parce que si sur des lunettes, il n'y a pas 50 possibilités de variation pour un fauteuil roulant, selon le type de handicap que l'on a, ça a des conséquences qui sont terribles. Si on n'a pas un fauteuil sur mesure, et avoir un fauteuil standard qui pèse 18 kilos, vous n'allez pas avoir la même activité avec.

28:55
Présentateur

Mais donc, qu'est-ce que vous attendez très concrètement pour finir sur ce sujet ? Est-ce qu'il faut qu'ils reprennent par décret votre proposition de loi à Emmanuel Macron, enfin le gouvernement ?

29:02
Sébastien Peytavie

En fait, je pense que quand on a un texte qui est adopté à l'unanimité sur un sujet qui est attendu par tant de monde, ils auraient pu faire ça. Il y a une bataille, c'est ce que j'évoquais sur le modèle de sécurité sociale que l'on veut. Là, ils sortent un décret avant que le texte puisse passer au Sénat. Donc voilà. Maintenant, j'espère juste que dans les montants qu'ils vont mettre en place, ce sera à la hauteur, parce que sinon, ce sera quand même une très grosse escroquerie.

29:31
Invité

Sens politique. L'archive de l'invité.

29:36
Locuteur non identifié

Le 1er juillet 1946, commenceront à fonctionner les nouvelles caisses de sécurité sociale et les nouvelles caisses d'allocations familiales. Aussi, dès le début de 1946, les assurés sociaux verront leur situation considérablement améliorée. Le nouveau régime d'assurance maladie les couvrira à peu près intégralement contre toutes les charges, résultant des dépenses médicales et pharmaceutiques. Mais est-ce que vous n'avez pas observé qu'il y avait dans la presse ou dans certains milieux une certaine attitude hostile contre la politique que vous entendez instaurer à ce ministère du Travail ? C'est exact.

On déclenche contre l'organisation nouvelle une campagne qui paraît systématiquement orchestrée. Le contraire nous aurait étonné, n'est-ce pas ? Eh bien, monsieur le ministre, je me permets de dire que votre bonne volonté ne peut pas être mise en doute et je suis certain que tous les auditeurs qui auront entendu cette interview souhaiteront que vous réussissiez dans votre taf.

30:32
Présentateur

La voix d'Ambroise croise un ministre du Travail communiste du général de Gaulle ici au micro de la radiodiffusion française ancêtre de l'ORTF en 1945 à propos de la mise en place de la sécurité sociale. On en parlait. Pourquoi le choix de cet extrait, Sébastien Pétavie ?

30:49
Sébastien Peytavie

On vient de passer, bon, avec la censure, un mois de plus à discuter du budget de la sécurité sociale et on se retrouve avec des débats en fait qui sont aujourd'hui essentiels avec une augmentation des besoins et des dépenses et avec beaucoup de personnes dans la majorité qui nous parlent d'une crise des dépenses et un dérapage des dépenses.

31:18
Présentateur

Il y a un déficit important, la ministre du Travail, la ministre de la Santé qui a fait 23 milliards d'euros.

31:23
Sébastien Peytavie

Oui, alors que la question, c'est une crise du financement. C'est-à-dire que là, depuis 8 ans, il y a chaque année 80 milliards d'exonérations, de charges, donc qui ne font pas rentrer cet argent-là pour pouvoir payer, justement, rentrer de l'argent pour la sécurité sociale. Il y a, quand le Ségur de la Santé a été mis en place, il y a 11 milliards pour le Ségur qui n'a pas été financé. et le ministre du budget a pu l'avouer enfin, là, au mois de novembre, en commission des affaires sociales. Donc, en fait, sur les 17 milliards de déficit aujourd'hui, il y en a 11 milliards qui n'ont pas été financés et donc, l'État qui se prive de rentrée d'argent.

Et on a un enjeu essentiel parce que quand on voit le vieillissement de la population avec le nombre de personnes dépendantes de plus de 80 ans qui vont arriver là dans 5 années. Quand on voit l'état de notre hôpital aujourd'hui et que tous les budgets proposés depuis 4 ou 5 ans ne répondent même pas à l'inflation. Quand on sait que 80% des EHPAD sont en déficit, on a quand même un gros sujet.

32:32
Présentateur

Alors, parlons-en des EHPAD et de l'hôpital, si vous le voulez bien, puisque quand même, dans ce budget, on a 300 millions d'euros c'est-à-dire triplement du fonds d'urgence pour les EHPAD et les dépenses de l'ONDAM, l'objectif national de dépense de l'assurance maladie qui augmente d'un milliard d'euros. Les socialistes disent que c'est satisfaisant. Pour vous, c'est insuffisant ?

32:53
Sébastien Peytavie

À côté du budget qui nous était proposé d'avoir un milliard de plus, on le prend, assurément. Mais à côté de ce que demande la Fédération française hospitalière, il en manque encore deux pour répondre à l'inflation. Mais quand on voit l'état de nos hôpitaux aujourd'hui, moi, pour avoir passé six mois dans un hôpital l'été, dans une chambre qui n'est pas climatisée, quand on doit fermer les volets et passer six mois dans le noir comme ça, c'est quelque chose qui aujourd'hui n'est pas suffisant. Quand on voit qu'avec le réchauffement climatique, il y a des blocs opératoires qui ont du mal à maintenir le froid pour pouvoir faire des opérations, on a un sujet.

Quand on voit l'état de nos EHPAD aujourd'hui, on a un sujet. Quand on voit l'explosion des maladies chroniques, on a un sujet. et donc effectivement, il va falloir que l'on pense un petit peu notre sécurité sociale de demain, de comment on va la financer, comment on ne va pas passer tel que ça nous est proposé aujourd'hui par le privé, par les mutuelles, par du déremboursement, mais comment on va se donner les moyens de pouvoir le financer. Et là où on veut faire des économies, chiche, allons-y. Mais quand on sait que sur la question de la malbouffe, avec toutes les maladies, diabète, obésité, maladies cardiovasculaires, il y en a pour 80 milliards.

Quand on voit que les maladies respiratoires à cause de la pollution, il y en a pour 60 milliards. Si on veut aller chercher de l'argent, allons-y, mais arrêtons de mettre cette question aujourd'hui de la prévention, pour le coup, pas dans le PLFSS, mais dans le PLF sur le volet santé, où en fait, on a là une partie, un et quelques milliards, pour faire de la pub, parce que c'est ça, en gros, pour pouvoir faire de la prévention. Si on veut faire de la prévention, il faut la faire véritablement et c'est le seul moyen aujourd'hui pour penser demain.

34:34
Présentateur

Et justement, Sébastien Peitavi, député de la Dordogne, vous allez avec le groupe écologiste au sein duquel vous siégez déposer plusieurs propositions de loi lors de votre niche parlementaire consacrée à l'opposition le 20 février prochain et parmi ces textes, vous voulez en effet expérimenter, et ça nous ramène à Ambroise Croizat, la sécurité sociale alimentaire. Qu'est-ce que c'est ?

34:56
Sébastien Peytavie

En fait, quand on voit aujourd'hui qu'une personne qui a peu de revenus qui va acheter un produit d'une marque premier prix se retrouve en achetant ce produit avec 3-4 fois plus de sucre qu'un autre produit. Donc en fait, aujourd'hui, on est en train, en tout cas, l'agro-industrie est en train d'abîmer la santé de nos enfants. quand on sait qu'aujourd'hui un enfant de 8 ans a mangé autant de sucre que ses grands-parents, les deux réunis, dans sa vie, c'est quelque chose qui est terrible et de donner accès à une alimentation locale et de qualité avec toutes les conséquences que ça va avoir de bien manger, mais on a cette question-là, on a un texte sur l'eau. Attendez,

35:42
Présentateur

juste restons là-dessus si vous le voulez bien, c'est intéressant comme proposition. Ça veut dire concrètement que si vous êtes une famille modeste, vous allez acheter au marché des produits locaux ou bio la sécurité sociale alimentaire que vous appelez de vos voeux, la rembourse, rembourse ce panier.

35:58
Sébastien Peytavie

L'idée est que l'on puisse avoir accès justement parce qu'on voit bien qu'aujourd'hui, on se retrouve avec cette question d'une écologie qui serait pour les beaux beaux. Mais ça fonctionne comment Sébastien Paye-Tavi ? En fait, c'est tout le débat aujourd'hui qu'il faut avoir. Est-ce qu'on vient payer un panier de produits de base essentiels ? Et donc ça, c'est quelque chose qui peut tout à fait se faire. Mais quand on voit les conséquences que ça peut avoir de ne pas avoir de sucre, de ne pas avoir de pesticides, de toutes ces questions-là, c'est un enjeu considérable.

36:30
Présentateur

Vous le disiez, vous avez aussi ce texte sur la qualité de l'eau potable. Protéger durablement la qualité de l'eau potable et même interdire l'épiphas. C'est un sujet de criant d'actualité puisqu'on a découvert récemment notamment en Ile-de-France, que l'eau, j'allais dire potable, en tout cas, est très polluée, beaucoup plus que la limite classique. Comment on fait concrètement pour interdire l'épiphas ? Ces polluants éternels qui se retrouvent un peu partout et notamment dans l'eau.

36:54
Sébastien Peytavie

En fait, tout ce qui a déjà été pollué nous pose un problème et quand on voit, il y avait un article dans Le Monde il n'y a pas très longtemps, il faudrait plus de 2000 milliards sur toute l'Europe pour pouvoir dépolluer l'Europe. Donc, en fait, c'est considérable. Déjà, si on arrive à interdire tous les produits et si on pouvait éviter que les jeunes qui vont se maquiller aient des pifas, par exemple, dans le maquillage, si on peut éviter dans tous les produits aujourd'hui où il y a, où on peut enlever ce passé des pifas, si on peut déjà les interdire, ce serait une bonne chose.

37:27
Présentateur

Puisqu'on vient d'entendre la voix d'Ambroise Croisa, Sébastien Peitavi, faut-il, comme certains le réclament à gauche, le panthéoniser ?

37:34
Sébastien Peytavie

Ce serait une excellente idée. Quand on voit le parcours de cette personne, d'où il vient, ce qu'il a fait et ce dont on est fier et ce qui existe nulle part ailleurs, je pense que ce serait une très très bonne chose.

37:46
Présentateur

On va parler un petit peu de votre parcours Sébastien Peitavi, si vous le voulez bien. Vous vous êtes engagé en politique en 2008 dans votre village de Dordogne. Pourquoi est-ce qu'à un moment vous vous êtes dit je suis en fauteuil roulant, je ne pourrai jamais faire de la politique ? Ou, comme je le dis en introduction, vous vous êtes dit vous ne vous êtes jamais dit ça, je ne peux pas le faire ?

38:09
Sébastien Peytavie

En tout cas, je ne l'ai pas lié à ça. Il y avait les élections municipales. Après, moi, j'ai été dès le collège délégué, j'ai pu être président d'association. L'idée d'être impliqué dans la vie citoyenne parce qu'il y a plein de manières d'être impliqué dans la vie de notre société. Et donc, je l'avais fait de cette manière-là.

Après, sur la question quand en 2017 je m'embarque, on va dire, davantage en tant que militant avec Génération, notamment et après l'élection présidentielle et la candidature de Benoît Hamon, là, l'asset du personnel politique, parce qu'on avait l'affaire Fillon, il y avait vraiment des choses qui posaient question et je me suis dit bon, c'est bien gentil de râler mais si à un moment on ne vient pas s'impliquer aussi, ça ne bougera pas. Mais à ce moment-là, à aucun moment je n'ai l'ambition d'être élu, d'être candidat à quoi que ce soit. Arrivent les élections européennes et là, une candidate sortante me demande si j'ai pensé à être candidat.

Et donc là, je lui dis, en fait, moi, psychologue du fin fond de la Dordogne en fauteuil roulant qui n'a pas fait Sciences Po ou quoi que ce soit, qu'est-ce que je peux bien faire au Parlement européen ? Et dans les quelques secondes qui ont suivi, je me suis dit, voilà, nous sommes au cœur du problème. Le sentiment de légitimité mais que des femmes ont, que quelqu'un en milieu rural a, que quelqu'un qui n'a pas fait d'études a, que quelqu'un qui est handicapé peut avoir également.

Et donc, en fait, c'est cette question-là de oui, on a quelque chose à dire, oui, il faut avoir quelque chose à dire et prendre la parole et c'est ce qui manque aujourd'hui dans la diversité, on peut le voir à l'Assemblée mais dans les médias en général et c'est quelque chose qui est important.

39:59
Présentateur

Est-ce que vous avez vécu ce qu'on appelle le validisme, la discrimination parce qu'on est handicapé ?

40:05
Sébastien Peytavie

En fait, là-dedans, je pense qu'il y a déjà les limites que l'on se met soi-même par rapport à cette question-là. Après, la question du validisme, bon, quand on a une ville qui n'est pas adaptée et aménagée, on se retrouve de fait victime du validisme. Après cette question-là, on l'a dans l'attitude, enfin, je n'ai pas pu aller au collège le plus proche de mon village parce que la directrice du collège, la salle de musique était à l'étage, n'était pas accessible et donc, pour cette raison, m'a dit que je ne pouvais pas venir au collège. Donc, on voit qu'il y a des choses comme ça qui sont...

Et je suis allé dans un collège à quelques kilomètres plus loin, qui n'étaient pas plus accessibles, mais avec un directeur qui voulait bien m'y accueillir.

40:52
Présentateur

On parlait tout à l'heure de Jacques Chirac et de son discours de 2005. Il estimait à ce moment-là que le regard sur le handicap était en train de changer, que c'était collectif, qu'on était tous concernés. Selon les chiffres, il y a environ 10 millions de personnes handicapées en France. Et vous, vous n'aimez pas le duo des, par exemple. Vous dites que c'est folklorique, que ça fait « je promène mon handicapé ». Vous avez dit ça sur LCP. C'est cet événement où on accueille une personne handicapée dans une entreprise. Est-ce que, par exemple, les Jeux olympiques et paralympiques ont plus contribué à encore changer le regard de la société sur cette question ?

41:29
Sébastien Peytavie

C'est surtout que moi, je suis agacé de cette idée de changer le regard. En fait, je crois qu'il ne faut pas changer le regard. Il faut juste respecter nos droits et appliquer la loi, tout simplement.

41:40
Présentateur

Vous avez bien entendu. Merci Sébastien Peitavi, député Génération de la Dordogne. Vous siégez au sein du groupe écologiste à l'Assemblée. Vous pouvez retrouver cette émission et toutes les autres sur franceculture.fr et sur l'application Radio France. Je rappelle pour toutes celles et ceux qui se posent la question sur le choix de nos invités que nous respectons les règles de l'ARCOM qui imposent le pluralisme en fonction des forces politiques représentées au Parlement et au gouvernement y compris hors période électorale.

Merci à Léa Varin qui m'a aidé à préparer cette émission à la réalisation comme chaque semaine Luc-Jean Reynaud, à la technique aujourd'hui François Saint-Jour et à la vidéo Sacha Crin. Très bel après-midi sur France Culture à samedi.