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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 21 mars 2018 30 minAutoproduitActualité / polémiqueTravail & emploiÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsDéfense

#RDLS58 : GRÈVE, MARCHE, SERVICE PUBLIC, FRANCOPHONIE, DÉFENSE, CYBERGUERRE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Aucun rapport avec le statut. Ni l'origine de la dette n'est dans le statut, ni le règlement de la dette n'est dans le statut. »
  • 6:00Jean-Luc MélenchonChiffre
    « En Angleterre, c'est 14% des revenus d'une famille qui passe dans le paiement des transports pour aller au boulot, pour en revenir, etc... En France, c'est 2 % »
  • 8:00Jean-Luc MélenchonFait
    « La langue française va devenir ce qu'elle est déjà pour une population moins importante. Elle est la langue en usage dans un pays mais elle va être la langue en usage dans plusieurs pays dont certains sont en compétition les uns avec les autres. »
  • 22:00Jean-Luc MélenchonFait
    « La France est le deuxième territoire maritime du monde »
  • 26:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Les effectifs de la marine qui surveillent notre territoire, c'est l'équivalent de deux voitures de police pour tout le système de la république du territoire français. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Allez 58e revue de la semaine ! Sans traîner : Générique ! Cette semaine va être un moment très important de la vie du pays naturellement, il se passe des dizaines de choses tous les jours dans un grand pays comme le nôtre et beaucoup mériteraient plus d'attention qu'ils n'en recueille mais franchement, on sait bien tous qu'avec la journée d'action sociale du 22 mars et la suite dans le temps de l'action,des cheminots une page nouvelle s'ouvre marquée par cette confrontation sociale entre le gouvernement et les principaux syndicats du pays.

C'est une affaire à prendre avec sérieux dans la mesure où elle engage pas seulement un rapport de force entre un gouvernement et des forces sociales mais une certaine vision du fonctionnement de la société. D'ailleurs les gens ne s'y trompent pas, ils ont bien compris que ce qui est en jeu est plus profond que la question du statut des cheminots ou bien la situation concrète présente des travailleurs du service public même si ces deux questions par elles-mêmes ont importance et dignité. On comprend qu'il s'agit d'une manière de faire vivre la société dans laquelle il y a ou il n'y a pas de service public, ou la notion d'intérêt général ou la notion de dévouement au bien public qui est le propre de la fonction des fonctionnaires a une place ou n'en a pas.

Le gouvernement, comme d'habitude, il n' entre pas frontale. Il transforme un rapport avec la société en un rapport frontal quand il sent qu'il a en main un certain nombre d'arguments donc pour l'instant on les entend surtout dire : "Mais non ! Nous ne voulons pas privatiser le chemin de fer mais non le statut des cheminots ne sera pas touché.

C'est ceux qui seront embauchés mais évidemment aucune personne qui approche d'à peu près le dossier ne peut croire des arguments de cette nature en effet Ce qui compte à propos des cheminots, c'est évidemment qu'il y a un ensemble de directives européennes dont les dernières s'appellent un paquet (ils adorent appeler ça comme ça) un paquet ferroviaire. Le quatrième paquet ferroviaire qui explique très clairement comment on passe à une privatisation de fait c'est à dire que tout dans le rail devient marchandise : une possibilité de faire passer en train, un équipement plutôt qu'un autre et ainsi de suite donc quand il modifie le statut des cheminots, le gouvernement, c'est pas le statut du cheminot qui est son objectif son objectif c'est le changement de statut des deux sociétés qui vont gérer le transport et gérer le réseau. Voilà et on a déjà vu ce genre de méthode être proposé. on y annonce qu'il n'y aura jamais une seule action vous inquiétez pas ça ne sera pas privatisé mais après il suffit de regrouper une société avec une autre et vous changez complètement la nature du capital.

C'est comme ça que ça a été fait avec Gaz de France et Suez. C'est par une opération de cette nature que le secteur privé est devenu majoritaire. Bien sûr, ça n'apportera absolument rien à la société.

Alors on entend souvent parler de la dette de la SNCF. Aucun rapport avec le statut. Ni l'origine de la dette n'est dans le statut, ni le règlement de la dette n'est dans le statut.

L'origine parce que c'est d'abord l'endettement qu'il a fallu consentir pour équiper principalement en réseau TGV le pays et c'est ça la cause principale de la dette et rien d'autre. Et quant au changement de statut du personnel de la SNCF, il fera pas gagné un seul euro à la compagnie pour pouvoir rembourser ses dettes donc ce n'est pas le sujet. En fait le fond de l'affaire est bien là.

Quelle est la place pour des services publics dont une société développée et avancée ? Nous, nous croyons que le service public est central, qu'il est essentiel, qu'il coûte moins cher que n'importe quel service privé pour la raison que quand surtout quand le service public est en situation de monopole eh bien il n'y a aucun frais de publicité de je ne sais pas quoi pour vous appâter, pour créer du besoin pour qu'il y ait de la clientèle. De la clientèle pour les trains, il y en a toujours quelles que soient les circonstances parce que nous en avons besoin de ces trains pour circuler dans tout le pays.

Vous savez ? C'est pas rien que ce service public...

D'abord, il a été créé parce que les compagnies privées étaient incapables d'organiser un réseau un tant soit peu cohérent donc il a fallu les nationaliser pour mettre de l'ordre. Ca a été le cas dans tous les pays d'europe pratiquement partout et puis la privatisation partout elle a été établie à déboucher sur des désastres. Vous le savez tous.

Mais quand on regarde les petits comptes quotidiens de la vie de famille, il faut se rendre compte de l'écart que ça fait. En Angleterre, c'est 14% des revenus d'une famille qui passe dans le paiement des transports pour aller au boulot, pour en revenir, etc...

En France, c'est 2 % Et l'objectif, ce serait que pratiquement, on puisse aller vers la gratuité Quand on a un énorme investissement qui est fait par tout le monde, qu'on a des installations...

L'idéal serait que ça ne coûte plus rien aux gens qui ont déjà cotisé par leurs impôts, par par tout ce que les uns et les autres nous faisons pour pour financer la SNCF. A partir de là, l'objectif, ce serait la gratuité. Pourquoi ?

Parce que la gratuité nous inciterait à moins circuler dans des véhicules privés ou le faire que quand on en a besoin parce que des fois, oui, on en a besoin, de circuler dans sa propre voiture, dans son... avec son propre transport.

Mais le plus souvent, non, ce n'est pas le cas. Et quand vous avez une bonne desserte confortable, propre, et bien les gens montent facilement dans les trains pour aller là où ils doivent aller, être certains d'être à l'heure, quand tout ça marche très bien. Bref.

Donc la semaine qui commence, C'est d'abord, elle va commencer par cette manifestation...

Ces manifestations parce qu'en réalité, il y en a plusieurs le 22 mars. C'est dans une ambiance qui touche de très très très très nombreux secteurs de la société parce que il y a aussi toutes les EHPAD qui sont les maisons qui accueillent les personnes âgées dépendantes. Vous avez le personnel de la santé qui n'en peut plus.

Vous avez les fonctionnaires qui voient bien qu'on est en train de détruire leur statut. Tout ça se mobilise le 22 mars. Et il y a une unité syndicale extrêmement ample donc j'estime pour ma part que une des conditions de base de la réussite est là.

Maintenant, nous...

Je dis "nous" : les gens en général, on doit approfondir notre réflexion sur cette situation parce que la grève, par exemple, des cheminots est programmée deux jours par semaine jusqu'à pratiquement à la fin du mois de Juin. Donc on voit bien que les cheminots vont avoir sur le dos une pression terrible parce qu'on va sans arrêt leur dire.... vous connaissez tous les numéros, "vous prenez les français en otage bla bla bla bla" et donc la question qui nous est posée, c'est de savoir si nous pouvons ou non participer à cette lutte.

Alors dans le passé, quand j'ai posé ce genre de questions, où il y a toujours les embrouilleurs de service pour imaginer des comptes parce que ça a permet de noircir du papier ou de faire du blabla du genre : "Oui, ils veulent prendre la place des syndicats" Mais ce n'est pas le sujet...

On a aucune vocation à prendre la place de quelques syndicats que ce soit et d'ailleurs, on n'en a, ni l'envie, ni rien de semblable. Ce qui est important, c'est de permettre à tout le monde d'entrer dans la lutte. Or tout le monde ne peut pas entrer dans la lutte notamment le 22 mars mais les autres journées de grève durable,tout simplement parce qu'il ya pas de préavis de grève dans votre propre branche.

Vous le savez aussi bien que moi. Par conséquent, tous ceux qui veulent défendre le service public du transport, tous ceux qui veulent défendre la fonction publique et de défendre l'hôpital public, nous avons besoin de pouvoir tous nous retrouver qu'il y ait ou pas d'appel à la grève dans notre secteur. C'est la raison pour laquelle j'ai appelé à plusieurs reprises à l'idée d'une marche commune et j'espère qu'elle finisse par faire son chemin qu'on entende mon appel et ma proposition. parce qu'elle permettrait une démonstration de force absolument universelle.

Tout le monde pourrait venir. Et alors, le pouvoir en place verrait bien que ce n'est pas une corporation qui l'affronte, mais tout un peuple et par conséquent le rapport de force serait beaucoup plus favorable non seulement pour la société toute entière mais aussi pour chacune des catégories comme les cheminots, les fonctionnaires, etc... comme je viens de vous le dire à l'instant.

Donc la proposition d'une marche, elle, c'est une proposition qui vise à élargir le champ de l'action et le nombre de ceux qui s'y mettent. Je crois qu'elle peut être entendue. Alors évidemment, chaque fois qu'une proposition de cette nature arrive sur la table, on dit : "Ah bah c'est Mélenchon qui propose ça".

Bah oui...

Ecoutez, je veux bien me mettre un masque pour passer pour quelqu'un d'autre. Mais oui, c'est moi, en effet, compte tenu de ma place particulière dans la vie politique du pays, compte tenu des dernières élections présidentielles...

Oui, je fais cette proposition mais j'ai pas l'impression de marcher en tête. C'est pas le sujet pour moi. Le sujet, c'est : "Est-ce que vous êtes d'accord, les syndicats, les associations, les organisations politiques ?".

La preuve, toutes ces organisations politiques qui se sont mises d'accord, notamment avec notre groupe parlementaire La France Insoumise pour appeler à la solidarité avec le mouvement du 22 Mars. Vous voyez bien que c'est possible ! Donc qu'est ce qui ferait obstacle ?

Pourquoi ça ne serait pas possible d'avoir une marche en commun puisque tout le monde a l'air si content quand il y a des initiatives communes ? Bah en voilà une ! Et après moi, je ne réclame de droit d'auteur.

Si vous voulez, on peut dire qui vous voulez qui a convoqué à cette marche. Mais surtout, ce qu'il faudrait, c'est que les mouvements et les associations puissent y avoir leur place. Bien sûr, les mouvements politiques...

Il n'est pas question de les éliminer s'ils veulent participer et faire quelque chose, ils sont les bienvenus mais je pense surtout aux associations, au monde associatif des usagers des transports. Et puis, il y a les citoyens ! Il faut que ce soit une initiative cette marche qui ait un contenu, une volonté citoyenne forte.

Vous verrez...

Peut-être que vous vous demandez de quoi je suis en train de parler. Est ce que c'est une marotte qui me reprend, mais, d'ici quelques jours, vous allez voir, vous même, que quand la lutte est engagée dans un secteur, il y a intérêt à l'aider. Et à lui donner les moyens de gagner, de vaincre et de l'emporter.

C'est à ça que sert une marche. Si nous laissons les cheminots tout seuls dans leur coin et que toutes les autres corporations, branches, activités, etc... va attendre que l'épisode cheminots soit terminé alors on peut dire que par la force des choses, ça sera très mauvais et ça ne donnera pas un résultat positif.

A l'inverse, si on est capable de se rassembler, tous ensemble, à un moment donné, un week end...

Je répète, je redis pour qu'on me comprenne bien...

Un week-end ! Pourquoi un week-end ? Parce que dans un week-end, vous ne perdez pas la journée de travail.

Vous ne perdez pas la paye d'une journée de travail et il y a beaucoup de gens pour qui une perte de cette nature, une journée de travail, c'est une perte considérable. Et qu'ils ne peuvent pas porter. Par conséquent ce n'est pas qu'ils ne veulent pas agir, c'est qu'ils ne peuvent pas agir et c'est aux responsables de le comprendre et de donner la possibilité à tout le monde de pouvoir entrer dans l'action.

Voilà. Cette proposition d'une marche un samedi, c'est à dire un jour qui n'est pas un jour travaillé, et bien c'est celle que je pose sur la table en vous disant, écoutez bien, cette fois-ci, il faut obtenir un résultat. On ne peut pas se contenter d'avoir des successions de batailles limitées sur des fronts qui terminent plus ou moins bien d'ailleurs en général.

Voilà, je voulais vous dire tout ça à propos de cette semaine qui commence. Et maintenant, je passe à un autre sujet. Hier, c'était un moment qui avait un peu de... (hier ou avant-hier, je ne sais plus comment on vit), ...de solennité parce qu'il était question de la francophonie.

C'est pas un sujet qu'on aborde souvent. Mais comme vous le savez, moi, si ! Je le fais assez souvent et assez régulièrement.

Pourquoi ? Parce que beaucoup de gens pensaient que le français, c'était terminé, en tant que langue. Et puis, bon, des gens ont commencé à travailler, à étudier et à s'apercevoir que c'était tout le contraire.

C'est-à-dire que le nombre de locuteurs en français (le nombre de gens qui parlent la langue française) va plutôt en augmentant jusqu'au point de faire de nous le troisième groupe de locuteurs dans le monde dans les trois ou quatre prochaines décennies. Et, ça, ça change beaucoup de choses parce que d'abord c'est un coin dans l'empire absolu de l'anglo-saxon et de l'anglais qui est une langue qui se parle avec beaucoup d'intérêt, c'est pas le sujet, mais qui est la langue de l'empire. C'est la langue des Etats-Unis d'Amérique.

C'est la langue de ceux qui donnent des ordres. C'est la langue de la norme. Souvent, vous trouvez, par exemple, dans les histoires de défense européenne, cette mauvaise plaisanterie : On vous met : La langue du travail est l'anglais.

Ah bon ? Alors pourquoi on parlerait en anglais et pourquoi ce serait une langue de travail ? Le français, beaucoup plus accessible y compris pour ce type de tâche, mais c'est pour dire : Il y a une espèce de domination hégémonique qui se confond avec celle des Etats-Unis d'Amérique.

Il est tout à fait évident que la langue française ne sera jamais un instrument d'hégémonie politique pour la République française. Ça paraît assez évident. Mais justement, ça vaut la peine d'y réfléchir !

Pourquoi ? Parce que le 70% des prochains locuteurs en français sont en afrique donc il faut bien que tout le monde comprenne une chose : le français va devenir d'abord une langue africaine Et le français est parlé en Afrique comme langue de contact, langue d'échange, par des masses humaines considérables qui elles mêmes sont en plein mouvement. C'est à dire que le continent africain, aujourd'hui, n'est pas un continent inerte.

Ce n'est pas un continent de gens qui supportent les événements d'un temps qui passe. C'est tout le contraire. C'est une population en expansion, extrêmement dynamique, extrêmement créative, aussi bien en littérature, en musique, dans tous les domaines car il n'y a pas de raison que des domaines échappent à l'esprit humain quel qu'il soit.

Donc, la langue française va devenir ce qu'elle est déjà pour une population moins importante. Elle est la langue en usage dans un pays mais elle va être la langue en usage dans plusieurs pays dont certains sont en compétition les uns avec les autres et donc elle va être travaillée par une dynamique de type tout à fait nouveau. Une dynamique d'une population très jeune et surgissant sur la scène du monde : Celle de l'Afrique et de notre côté, travaillée par le fait qu'elle va être la langue en commun d'un continent où toute une série de nations, parfois avec des objectifs contradictoires les unes avec les autres vont l'utiliser.

Voilà pourquoi il faut faire très attention à notre façon d'utiliser le français et la francophonie. Dans mon esprit, par sa variété, sa bigarrure du terrain qu'elle occupe, la francophonie peut être aussi un espace politique. Evidemment, un espace politique, donc il faut parler avec raison et mesure.

On ne va pas faire une république universelle francophone (encore que, pourquoi pas ?) mais ce n'est pas le sujet aujourd'hui, tout le monde le comprend. Par contre, que ce soit un moyen de rencontres et d'échanges sur un plan culturel d'une part, et d'autre part sur un plan des relations entre les états, de relations un peu privilégiées, oui, ça, c'est une idée et en ce sens, notre idée de francophonie politique est appelée à entrer sur la scène des grands événements qui peuvent animer le monde et le moment venu, évidemment, quand ce sera à nous de diriger la France, et bien, cette question de la francophonie sera traitée de cette manière.

Non comme l'appropriation par un pays singulier, la France d'une langue, mais comme l'appropriation par une population qui a, en commun, l'usage d'une langue et qui, par conséquent, peu en commun désigner, nommer des choses de façon politique et ensemble. Bon...

J'aborde un dernier sujet qui lui non plus n'est pas souvent dans les conversations politiques ordinaires. C'est la question de la loi de programmation militaire. Encore un sujet pas très joyeux.

Parler d'armes, d'armement donc ça veut dire de parler de morts et de guerre. Alors, la France, à intervalles réguliers, a une loi de programmation militaire qui prévoit les investissements qu'on va faire, comment ils sont programmés, etc....

Bon, alors, normalement ça devrait pas être une discussion de comptables. Bon alors, si c'est pas votre sujet les lois de programmation militaire, quand même, je vous mets un peu le pied dedans. D'abord, vous devez dire quels sont vos ennemis potentiels.

Qui est ce que vous combattez ? Si vous préparez des armements, il faut dire pourquoi faire. Quels ennemis vous combattez ?

Quelles sont vos priorités dans le combat ? Et ensuite...

Quel effort vous êtes prêts à faire pour mener ce type de bataille ? Alors là, on a un texte qui arrive, qui est fait d'une manière très politicienne, c'est à dire, ils disent : "Oui, on va augmenter les dépenses pour aider l'armée à renouveler son matériel, etc...".

Bon, d'accord ! Et puis quand on regarde de plus près, on s'aperçoit que c'est une loi de programmation dont il y a le quinquennat de monsieur Macron et elle, elle va un peu plus loin trois ans après et c'est dans les trois ans qui suivent le quinquennat de Macron qu'il a mis l'essentiel des dépenses supplémentaires à faire. C'est pas bête ?

C'est-à-dire qu'ils décident des dépenses avec la gloire que ça peut lui rapporter et qui est ce qui va aller les payer et les financer ? C'est le quinquennat suivant. la méthode à elle-même vous montre que toute la dimension politicienne de cette histoire.

Et de toute façon, c'est pas une bonne chose de parler de programmation militaire uniquement à partir des gros sous parce que ça finit par des aberrations. Regardez là, par exemple, ils disent : "Nous voulons que 2% de la richesse totale du pays soit consacrée aux armées !".

Ah bon ? Alors, on a fait remarquer à la ministre : "Ecoutez, c'est justement ce que M.Trump a dit qu'il fallait faire : Consacrer 2% de la richesse à l'armée.

Alors, peut-être que vous allez nous expliquer à partir de là, à quoi ça correspond dans les questions de problèmes de dépendances. Pourquoi vous dites 2% ? Si si nous sommes en danger, 4%, ce n'est pas trop.

Si nous ne sommes pas en danger, 2% c'est déjà trop. En gros, ça se résume en une formule. En matière militaire, tout ce qui est nécessaire, ce n'est jamais trop cher.

Mais ce qui sert à rien, c'est au premier euro que ça coûte trop cher. Par exemple, le premier franc de l'époque, pour créer la ligne Maginot, c'était déjà un franc de trop. Parce que la Ligne Maginot servait à rien.

Si le gouvernement passe des commandes d'arbalètes pour affronter les fusils-mitrailleurs, vous pourrez dire qu'au premier euro ça sert à rien, c'est du gâchis, parce que tout simplement, tout cela ne nous sert à rien. Alors, donc, vous ne pouvez pas avoir une discussion qui soit juste sur des chiffres, des quantités...

Là, j'ai pris l'arbalète, c'est un peu ridicule, mais on pourrait dire : "Nous voulons tant de véhicules légers blindés." Bon, très bien...

Pourquoi faire ? C'est une question. Pour aller où ?

C'est aussi une question. Donc il faut adapter les moyens que vous mettez à ce que vous comptez faire. Alors dans ce domaine, avec le groupe La France Insoumise, moi, je défends des idées simples.

La première tâche de l'armée, de la défense nationale, c'est la défense du territoire et on n'y touche pas. Alors le général De Gaulle avait trouvé la réponse. C'était la dissuasion.

C'est à dire, quiconque arrachait un cheveu le paye tellement cher que ça lui vient même pas à l'idée de lui arracher un cheveu. C'est la dissuasion nucléaire. Ça a des avantages et des inconvénients mais peu importe.

A nous de nous demander si aujourd'hui c'est comme ça que ça se présente. Tout le monde sais très bien que la France, si elle devait avoir un adversaire, cet adversaire ne frapperait pas de cette manière. Il enverrait pas des chars et des avions pour nous envahir.

C'est pas comme ça que ça se passerait. Le cas le plus probable d'une agression, si on met de côté les actes à caractère terroriste qu'on connaît (les voitures béliers, les gens qui tirent dans le tas comme l'ont fait tous ces barbares et ses assassins) mais je parle d' une menace qui concernerait l'ensemble du territoire de la patrie et qui nécessite d'avoir une réplique. Qu'est-ce que ça peut bien être ?

Ecoutez, pas besoin d'avoir internet pour deviner. C'est évidemment une cyberattaque. Parce qu'une cyberattaque est capable de paralyser totalement le pays et une cyberattaque, c'est quelque chose qui s'en prend au système actuel : Des objets connectés, les grands objets, des centrales nucléaires, l'alimentation électrique des villes de tous le pays...

Que sais-je encore ? Et puis ça c'est les grandes masses et puis après vous avez dans le détail, votre compteur Linky qui vous permet d'avoir l'adversaire à domicile qui regarde : Qu'est ce que vous dépensez le plus ? Comment vous allez faire ?

Et puis qui décide que vous dépenserez plus rien parce qu'il vous coupent tout ! Ça c'est clair. On comprend que c'est une cyberattaque.

Le système des cyberattaques ont pour objet la désorganisation de la vie du pays. Donc la parade, c'est comment on reste organisé et comment on empêche la propagation d'une cyberattaque ? Ça c'est la réponse.

C'est plus le XIIème siècle. C'est pas "chacun a une arbalète et tire depuis sa fenêtre" Parce que il y aura personne dans la rue sur qui tirer donc c'est pas le sujet. C'est très important de comprendre ça.

Donc, nous, nous nous sommes exprimés hier pour la première fois. On a entendu ça sur les bancs de l'Assemblée Nationale. Nous avons dit que la priorité de la défense du territoire, il nous faut une cyber armée.

Pas un peu d'unité de contre attaque cyber dans chaque corps d'armes qui se protégeraient contre les infiltrations. Une cyber armée. C'est à dire : Qui fait face à une attaque globale du pays et qui réplique par une attaque globale de quelqu'un d'autre quand on sait qui est-ce qui a lancé l'offensive.

Parce qu'en plus l'agresseur, il vous prévient pas toujours à l'avance. Dans ces conditions, si on réfléchit aux questions de défense de cette manière, on voit bien qu'on a d'autres aspects qui se deviennent plus simples à comprendre. Par exemple, pourquoi faire la conscription ?

C'est à dire, demander à tout le monde de participer à un service national. A quoi ça sert ? Alors, il y en a qui vous dit : Ça permet d'unifier les français.

Mais pas du tout. L'unification des français, c'est à l'école que ça se passe. On va pas à l'armée pour s'unifier avec ses voisins. c'est pas le sujet Evidemment que non.

Donc on ne fait pas la conscription pour rencontrer du monde et sortir de son village. On fait la conscription parce qu'on en a besoin. Donc, autrefois, de quoi avait-on besoin ?

De tous ce que les gens savaient faire en sortant de l'école. Et c'était une élite puisqu'on avait les meilleurs de chaque génération. Et donc l'armée, après, triait entre ceux qui feraient ceci et ceux qui feraient cela.

Donc quand l'armée n'était pas une armée professionnelle mais une armée de conscrits, c'était déjà une armée de très haut niveau professionnel, c'est pas une armée d'amateurs. Nous, c'est pareil. Si on fait appel à la conscription, c'est pour avoir les meilleurs à l'intérieur de chaque génération dans les domaines qui permettent la formation d'une cyberattaque.

Alors c'est là qu'on trouve les français, c'est des petits malins. c'est dans notre pays qu'il y a le plus de gens qui sont créatifs en matière de jeux vidéos, en matière de programmation, etc...

Pourquoi ? Parce que c'est un peuple très éduquée qui est fertile en imagination. Donc nous avons une réserve intellectuelle considérable dans le pays et cette réserve intellectuelle,considérable c'est la première cyber force qu'on est capable de déployer.

Je vais pas vous faire tout un discours sur la loi de programmation militaire. Nous sommes intervenus à plusieurs. Bastien Lachaud, Danièle Obono, notre ami Alexis Corbière et moi même, bien sûr, je participe à ce débat.

Et vous voyez à travers sa qu'on se pose la question de la défense du futur. Alors, évidemment, là dedans, il n'y a aucune place pour les zozotteries genre... défense européenne et tous ces trucs qui n'ont aucun sens.

Vous les verriez s'agiter. "Nous voulons la France" disent-ils "la deuxième armée du monde libre". Alors, évidemment, tout le monde monte sur ses ergots. "Formidable !

Deuxième armée du monde libre !" Mais c'est quoi le monde libre ? Personne ne s'est posé la question ?

C'est quoi le monde libre ? C'est qui ? De qui vous parlez ?

Qu'est ce qu'il y a dans le monde libre ? La dictature turc qui est membre de l'OTAN et l'Arabie Saoudite...

Des membres de l'OTAN ? Des occidentaux si convaincants que les Japonais ? De quoi vous parlez ?

Où est la liberté là-dedans ? De quoi on parle ? Non !

Vous dites : "La deuxième armée de l'OTAN". C'est-à-dire, des Américains et les Américains ne tournent pas autour du pot. Ils viennent pas ici écouter comment on raconte les choses pour prendre des précautions avec nous.

Ils disent "Vous devez faire 2% de votre richesse intérieur parce que ça représentent tant de milliards et puis vous devez acheter du matériel et le matériel, il doit être moderne et inter opérationnel, c'est-à-dire qu'il parle en anglais avec des logiciels de chez Microsoft et du matériel fabriqué aux Etats-Unis d'Amérique. Point ! C'est tout...

Ils s'emmerdent pas avec des considérations pour essayer de nous engeler. Et puis là-dessus, toute la bande des beaux parleurs de la défense européenne, ils n'ont qu'à aller voir leurs chers amis du gouvernement de droite allemand pour leur dire "Alors ! Les amis !

Faisons la grande défense européenne ! On parlera une autre fois de savoir contre qui mais bon, on le sait bien !" Mais que répondent les allemands ?

Ils disent : "Quoi ? De quoi vous parlez ? "Oui, oui, défense européenne !

Très bien ! Bonne idée ! En attendant, rachetez des avions !" Qu'est-ce qu'on va acheter comme avion comme le disent les allemands ?

Bah, ils hésitent ! Pas entre le Rafale et je ne sais pas quoi. Ils hésitent entre l'Eurofighter qui n'est pas vraiment un avion et deuxièmement, l'avion F-35, américain, parce que c'est lui qui s'est porté avec les bombes qu'il faut, le matériel qu'il faut...

C'est tout ! Donc, l'histoire de la grande concorde et militaires qui s'entendent, ça fait tourner les industries...

Tout ça, c'est bidon ! Tout ça est tout bidon. De la première à la dernière ligne avec des gens qui n'ont qu'une hâte, c'est se cacher sous les jupons des Etats-Unis d'Amérique pour ne pas avoir à penser, parce que de tête, ils en ont pas.

Voilà, je suis un peu brutal. Evidemment, c'est fait exprès mais c'est parce que je suis dans la chaleur de la discussion. Une discussion de loi de programmation militaire, ça peut paraître très technique, ça peut paraître très guerrier mais ça concerne des choses très précises parce que le matin où vous vous réveillerez et qu'il n'y a plus de lumière et qu'il n'y a plus rien qui marche, à ce moment là, c'est pas le jour où il faut se dire : "Bon, allez, qu'est ce qu'on fait pour faire une cyber contre attaque ?".

C'est trop tard. La guerre est perdue. Il faut le prendre comme ça, comme je le présente à moitié avec des plaisanteries, à moitié avec des choses très dures pour réfléchir sérieusement.

Les questions de défense sont des questions très sérieuses. Quand vous dites : "La France est le deuxième territoire maritime du monde" vous ne pouvez pas avoir comme réponse pour dire : "Pour la protection de ce territoire, nous avons deux voitures de police pour tout le territoire national français", là, c'est pareil. Les effectifs de la marine qui surveillent notre territoire, c'est l'équivalent de deux voitures de police pour tout le système de la république du territoire français.

Là, il y a une vraie discussion. Il y a un vrai besoin. Ensuite, vous ne pouvez pas dire : "Nous sommes une puissance qui a des fusées, qui est capable de placer sur orbite des dizaines de satellites et ensuite, quand on vous parle de la défense et de la place de l'espace dans la défense : Silence radio !

Il y a plus personne. Personne n'est au courant. Or, tout le monde sait que les principales cyber attaques seront portées depuis l'espace et que par conséquent, l'interactivité entre le sol et l'espace étant des enjeux des guerres du XXIe siècle.

C'est moi qui doit dire ça ? Il paraît que c'est eux les intelligents, que c'est eux qui comprennent comment on doit faire les choses avec sérieux, etc...

Ce qu'ils font n'est pas sérieux. Ils ont inventé pour la énième fois la même ligne Maginot. C''est à dire, il se joue la guerre de la fois d'avant.

Et maintenant, les gens, vous pouvez vous demander si vous voulez vraiment vous battre. Bah avec qui vous allez vous battre ? Mais surtout, comment appliquer ce qui a déjà gagner des guerres il n'y a pas longtemps.

Allez ! Réfléchissons ! Qui a gagné des guerres ?

Qui a gagné où que ce soit une guerre ces temps derniers ? C'est pas en Afghanistan. On était allé là-bas pour la liberté, le droit de représailles !

Bla bla bla ! Et libérer les femmes et retablir la démocratie pure et parfaite. Résultat : Zéro Et on avait annoncé qu'on s'en allait.

Voilà que les américains reviennent parce que c'est la même pagaille. C'est pas non plus au Vietnam que les américains ont gagné la guerre. C'est les pauvres gens qui se sont battus contre l'invasion et ainsi de suite.

Vous n'avez pas d'exemple de guerre qui ait été gagnée d'une manière qui ait une quelconque valeur significative. Rappelez vous que la dernière qu'on a mené avec un grand tralala, c'était contre Saddam Hussein et ses armes de destruction massive. Vous vous souvenez de ça ?

On a envahi deux fois l'Irak. L'Irak a été détruite par la grande armada nord-américaine mais personne n'a cru que c'était cette bataille-là qui était la bataille décisive de la guerre et des années et des années et des années et des années après, on y est encore. On y est encore.

Et le dernier épisode, c'était le bombardement de Mossoul, histoire que je ne vais pas reprendre depuis le départ. Donc tout ça est une manière de penser le futur et le présent qui est assez irresponsable parce qu'elle ne tient ni compte de l'expérience, ni compte des besoins, ni compte de ce que l'on veut. Et hier soir, j'ai encore entendu toutes sortes de phrases sur le thème : "Quel est le prix de la paix ?

C'est le coût de la guerre !". Et ben non...

C'est pas comme ça. C'est pas par ce bout là qu'il faut le prendre. Il faut le prendre par : "Comment on fait pour ne jamais pouvoir être attaqué" et deuxièmement, "comment on fait, nous, pour détruire personne ?" Parce que nous sommes une puissance pacifique.

Et évidemment, ça nous amène à la question du désarmement nucléaire dans le monde qui est une priorité. Le désarmement (alors, évidemment à la fin du nucléaire civil) mais le désarmement nucléaire militaire. ...Militaire, c'est nous qui en avons je crois peut-être le deuxième, le troisième ou le quatrième paquet de bombes.

Donc on peut le dire aux autres, c'est vous qui commencez. Et là, il y a une proposition mais elle vient des chinois. C'est pas de chance ça !

Comme ça vient des chinois, donc les américains sont pas d'accord. Evidemment, les chinois disent : "Nous sommes d'accord pour commencer une discussion sur le désarmement nucléaire". Dans les années où il y avait l'équilibre de la terreur en URSS, on discutait.

On discutait de comment on allait réduire les volumes d'armement, etc...

Maintenant, on ne discute plus de rien. Maintenant, chacun peut s'armer jusqu'aux dents et on pense que tout ça va bien finir à la fin parce que les gens vont être raisonnables. Moi, je crois pas du tout ça que les gens vont être raisonnables.

Je crois qu'il faut les rendre raisonnable et qu'il faut d'abord se rendre soi même raisonnable en utilisant des moyens de combat qui sont adaptés aux circonstances mais surtout, qui ne vous donne pas la tentation d'aller chez les autres pour leur expliquer comment ils doivent se comporter parce que ça se termine toujours très mal. Bon, là-dessus, je crois que j'ai déjà beaucoup parlé. Je vous dis au revoir si vous voulez nous aider, des petits pouces bleus, ça fait beaucoup de bien.

à Antoine comme à moi qui organisons cette revue de la semaine chaque semaine. Et puis vous pouvez vous abonner si ça vous paraît intéressant de savoir ce que, chaque semaine, je peux avoir à dire sur tel ou tel événement et cette semaine, j'en avais plein encore dont j'aurais aimé parler devant cette caméra mais je mets cette caméra et cette revue de la semaine à sa place et dans son délai. Voilà !

A bientôt les amis !

#RDLS58 : GRÈVE, MARCHE, SERVICE PUBLIC, FRANCOPHONIE, DÉFENSE, CYBERGUERRE — Jean-Luc Mélenchon · Pourquijevote