Edwige Diaz : "Il y a un acharnement bancaire à l’encontre du RN" (LCP)
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Edwige Diaz, une campagne, ça peut coûter plus de 10 millions d'euros.
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En tout cas, l'État rembourse à hauteur de 10,7 millions pour un candidat du second tour.
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Où en est le Rassemblement National ? Là, on est le 6 mai.
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Alors, quels arguments vous opposent les banques que vous démarchez ?
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Est-ce que le PS va contracter un prêt pour la campagne de 2027 ?
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Même avec le score d'Anne Hidalgo en 2022 ?
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« En tout cas, l'État rembourse à hauteur de 10,7 millions pour un candidat du second tour. »
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« Hélas, c'est un mauvais scénario qui se répète pour nous à chaque élection présidentielle. »
- 0:23Invité politiqueFait
« Il y a vraiment une stigmatisation du Rassemblement National, un acharnement bancaire à l'encontre du Rassemblement National. »
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« En 2027, nous devrions, grâce à tous nos députés, obtenir nos parrainages. »
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« Bon, sauf si tous les instituts de sondage se trompent depuis des années sur notre capacité à excéder au second tour. »
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« Mais ça, c'était avant que le RN ait plus de 100 députés à l'Assemblée nationale. »
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« Et d'ailleurs, je le dis parce que le RN a une dotation annuelle de plus de 14 millions d'euros. »
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« Je peux vous dire que, par exemple, à chaque fois qu'il y a un candidat du RN qui se présente à une élection et que ce candidat ne dépasse pas les 5%, comme ça s'est produit, par exemple, en 2020 sur les villes de Toulouse, de Bordeaux, au moment des élections municipales, il faut savoir que jamais le RN n'a abandonné ces candidats. »
- 3:38Invité politiqueFait
« C'était un peu la double peine pour nous, parce qu'en fait, non seulement il n'y a aucune banque française qui nous a prêté, mais en plus, nous avons donc dû aller se fournir, en quelque sorte, à l'étranger. »
- 3:49Invité politiqueFait
« Avoir un taux de 6% en 2014, c'était un taux extrêmement élevé, absolument. »
- 3:57Invité politiquePromesse
« Donc je peux d'ores et déjà vous annoncer que ce prêt a été bien évidemment remboursé. »
- 5:15InvitéFait
« Arthur Delaporte fait état de la bonne gestion du PS et très bien, dont acte, mais même bien géré. »
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« La France insoumise n'est pas totalement à l'écart de difficultés. »
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« qu'il y a eu peut-être des surfacturations de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. »
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« Et c'est un problème démocratique ? »
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Edwige Diaz, une campagne, ça peut coûter plus de 10 millions d'euros. En tout cas, l'État rembourse à hauteur de 10,7 millions pour un candidat du second tour. Où en est le Rassemblement National ? Là, on est le 6 mai.
Oui, mais nous sommes toujours en train de rechercher cette banque. Hélas, c'est un mauvais scénario qui se répète pour nous à chaque élection présidentielle. Il y a vraiment une stigmatisation du Rassemblement National, un acharnement bancaire à l'encontre du Rassemblement National. Et aujourd'hui, tous les arguments avancés par les banques ne tiennent pas. Alors, quels arguments vous opposent les banques que vous démarchez ? En fait, vous savez, ils n'ont pas l'obligation de nous dire. Mais en tout cas, nous nous apportons des garanties sérieuses. Il faut déjà avoir ces parrainages. En 2027, nous devrions, grâce à tous nos députés, obtenir nos parrainages.
Ensuite, il faut que le candidat à l'élection présidentielle dépasse les 5%. Bon, sauf si tous les instituts de sondage se trompent depuis des années sur notre capacité à excéder au second tour. Ça veut dire que nous allons dépasser les 5%. Je ne vois pas pourquoi nous n'obtiendrions pas ce seuil. Et donc, c'est vrai que je suis toujours, d'un côté, étonnée par ces réfugiés bancaires, mais aussi attristée, parce que c'est quelque part un verrouillage bancaire qui va à l'encontre de la vitalité démocratique de notre pays.
Arthur Delaporte, même question. Est-ce que le PS va contracter un prêt pour la campagne de 2027 ?
Alors, je ne peux pas vous dire où on en est aujourd'hui, parce que moi, je crois dans la nécessité du rassemblement de la gauche. Donc, on aura forcément une dynamique et un prêt collectif à ce candidat, qui sera, je l'espère, un socialiste. Mais on n'a jamais eu trop de problèmes, nous, à se financer, parce qu'on a une gestion saine et prudente de notre parti, et donc que les banques ont généralement fait confiance au parti socialiste. et on a notamment un siège qu'on peut hypothéquer sur une campagne. Donc, ça ne pose pas de difficultés particulières.
Même avec le score d'Anne Hidalgo en 2022 ?
Oui, et le score d'Anne Hidalgo, on avait été remboursé d'une partie, mais sur l'autre, on a pris sur les réserves.
Il reste encore des sous ?
Oui, oui, oui, à la différence d'autres partis.
Oh, pardon, je fais un peu la bancaire.
On a une gestion saine, on ne vit pas au-dessus de nos moyens. Et je crois que, voilà, ce qui a posé problème au rassemblement national, ça a été justement un fort déficit des difficultés financières qui les ont contraintes pendant des années aussi à ne pas paraître comme un bon emprunteur vis-à-vis des banques. Et donc, c'est aussi ça qui...
Mais ça, c'était avant que le RN ait plus de 100 députés à l'Assemblée nationale.
Et d'ailleurs, je le dis parce que le RN a une dotation annuelle de plus de 14 millions d'euros. Donc, voilà, de 18 millions d'euros. Et la part des législatives, c'est 14 millions d'euros. Donc, aujourd'hui, c'est vrai que si on gère bien ça, on peut réussir à mettre un peu de côté chaque année. Et finalement, les plafonds de dépenses de la présidentielle ne sont pas non plus si importants qu'une gestion saine ne permettent pas derrière, à minima...
Sauf que, je fais une parenthèse, mais en l'occurrence, les subventions que vous avez grâce à vos députés à l'Assemblée nationale, elles vous servent sans doute à éponger la dette du RN, non ?
Alors, déjà, je ne voudrais pas laisser dire que nous n'avons pas au RN une gestion saine. Je peux vous dire que, par exemple, à chaque fois qu'il y a un candidat du RN qui se présente à une élection et que ce candidat ne dépasse pas les 5%, comme ça s'est produit, par exemple, en 2020 sur les villes de Toulouse, de Bordeaux, au moment des élections municipales, il faut savoir que jamais le RN n'a abandonné ces candidats. Ce n'est pas le cas des autres parties. C'est ce qui a expliqué, en partie, que nous avions accumulé de la dette. Je voudrais aussi revenir sur la question du prêt de chez Corus qui nous a été consenti en 2014.
C'était un peu la double peine pour nous, parce qu'en fait, non seulement il n'y a aucune banque française qui nous a prêté, mais en plus, nous avons donc dû aller se fournir, en quelque sorte, à l'étranger. Mais je tiens à le préciser, ça n'était pas un taux d'ami. Avoir un taux de 6% en 2014, c'était un taux extrêmement élevé, absolument. Et donc forcément, il faut rembourser tout cela. Donc je peux d'ores et déjà vous annoncer que ce prêt a été bien évidemment remboursé. Ça y est ? Vous l'avez soldé ? Oui, absolument, il y a quelques mois, pour écarter toutes les polémiques et toutes les accusations de soumission.
Et donc là, vous devez encore de l'argent aux banques hongroises que vous aviez sollicitées pour la dernière présidentielle ? C'est en train d'être soldé. Voilà, en fait, nous avons vraiment une gestion financière saine. Et c'est pour ça que ça rend les raisons...
Vous vous interdisez de retourner chercher un prêt à l'étranger pour la prochaine élection ? Vous vous interdisez l'idée de retrouver un prêt à l'étranger ? Nous, nous souhaitons...
Enfin, nous sommes des patriotes, donc je le dis, nous souhaitons souscrire un emprunt Est-ce que vous vous interdisez de refaire la même chose ? En fait, monsieur, comment voulez-vous que l'on fasse ? Je ne sais pas si vous posez la question. Si jamais les banques françaises nous ferment la porte, je rappelle au passage qu'on nous avait promis en 2017 la Banque de la Démocratie promesse vite en derrière par Emmanuel Macron. Et donc, il va bien falloir que nous trouvions des solutions. Évidemment, nous lançons un appel aux patriotes de France pour qu'ils prennent leur adhésion au Rassemblement national, ce qui nous permettra, entre autres, de financer l'élection présidentielle.
Philippe Gosselin, d'abord, première question. Est-ce que ça va être un problème aussi pour les Républicains de financer leur campagne de 2027 ? Bruno Retailleau, il fait le tour des banques en ce moment ?
Oui, mais vous savez, la plupart des partis politiques peuvent être confrontés à cette question. Et Arthur Delaporte fait état de la bonne gestion du PS et très bien, dont acte, mais même bien géré. Je pense que les Républicains sont bien gérés. Daniel Fasquel et le trésorier actuel ont fait le nécessaire. Vous avez évidemment un financement public qui diminue en fonction des voix que vous obtenez et du nombre de députés. Donc, le financement qui est le nôtre aujourd'hui n'est pas celui que nous avions il y a quelques années, par exemple. Or, une campagne présidentielle, elle n'est pas proportionnelle au nombre de députés. Par définition, vous y mettez votre énergie.
Et le fait est qu'aujourd'hui, plusieurs partis politiques et pas que le RN pourraient avoir des difficultés de financement. Du reste... Alors, lesquels ? Vous dites pas que le RN, mais vous connaissez lesquels ? Le RN en a quelques-uns. La France insoumise n'est pas totalement à l'écart de difficultés. Je rappelle, et je ne porte pas d'accusation, je rapporte simplement des faits dont la tresse fait état, qu'il y a eu peut-être des surfacturations de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. Tout ça n'est pas encore totalement clair. Et puis, c'est à la justice de voir ce qu'il en sera.
Ça veut dire qu'éventuellement, à l'avenir, dans les mêmes conditions, des comptes pourraient être invalidés. On a eu les comptes, ça a été dit tout à l'heure, de Nicolas Sarkozy et le Sarkoton, qui avaient été... Voilà. Donc, beaucoup de prudence. Et je peux attester, puisqu'avec Yaël Broun-Pivet, nous avions fait un bilan de la loi confiance de 2017. Je peux attester, on a vu les preuves, que le RN, et je ne peux pas être suspecté de passer le plat au RN, n'a pas trouvé en France de financeurs. Et c'est un problème démocratique ? Oui, c'est un problème, parce qu'on a fait le choix, en France, de ne pas dépendre des entreprises ou des particuliers. Contrairement au choix américain.
Les Etats-Unis, vous avez les entreprises qui amènent des millions, voire des dizaines de millions. Voire des milliards. Voire des milliards. Alors après, c'est pas nouveau, c'est l'espoil système. Vous avez un tel qui se retrouve ambassadeur à Paris, à Berlin, ou je ne sais où, ce qu'on ne verrait jamais chez nous. La doublette Trump-Must ne fait pas spécialement envie. Non, mais voilà, des particuliers qui donnent des sommes extraordinaires. Nous, c'est plafonné à 7500 euros. 7500 euros pour un particulier. Les entreprises, enfin bref, les personnes morales, entreprises, collectivités, etc., ne peuvent pas donner. A juste titre. A juste titre, mais je n'ai pas de problème avec ça.
Je veux dire, rappelons quand même que... Oui, ça va me dire, mais en le disant. Non, mais à juste titre, je n'ai aucun problème avec ça. Mais ça veut dire qu'il y a une logique de financement qui est publique. Eh bien, si les partis politiques, le RN comme d'autres, ne peuvent pas se financer, c'est, me semble-t-il, à la collectivité, d'une façon ou d'une autre, dit pour voir, parce qu'on a fait le choix de ne pas avoir de conflit d'intérêt, de ne pas avoir une volonté de s'immiscer dans la vie démocratique. Et je rejoins ce qui a été dit, très bonne plaidoirie, je rejoins ce qui a été dit en introduction, c'est un sujet.
Si seuls des partis qui ont de l'argent ou seuls certains qui auraient de l'argent dans des particuliers, etc., pouvaient se présenter à une élection, il y a bien un sujet démocratique. Et je le dis aussi sans passer le plat, que ce soit Mélenchon, que ce soit Le Pen ou Bardella ou je ne sais qui, quand on a des partis politiques qui ont autant de députés, qui font autant de résultats dans les urnes, ne pas pouvoir financer une campagne présidentielle, ça va se faire un problème.
Alors, il y a plusieurs idées qui sont sur la table pour résoudre ce problème, dont une proposition de loi que vous avez déposée avec les Républicains et qui reprend l'idée de cette banque de la démocratie dont vous parliez. Les détails avec Nicolas Fleury.
Trop dur de trouver des crédits. Et si pour financer leur campagne, les partis politiques empruntaient directement à l'État ou plutôt à une banque publique créée spécialement pour l'occasion ? Le premier à proposer l'idée, c'est François Bayrou, tout juste nommé garde des Sceaux, en 2017.
Pour avoir fait l'expérience qu'une banque privée ait de fait droit de vie ou de mort sur une formation politique, je propose que nous mettions en place, que nous créions une banque de la démocratie.
François Bayrou démissionne quelques semaines plus tard. L'idée finit par être abandonnée. On se contente de créer un médiateur pour inciter les banques à prêter au parti. Mais il se révèle impuissant. Sur 13 saisines pour un prêt refusé, le médiateur n'a réussi qu'une seule fois à faire changer la banque d'avis. Alors l'idée revient régulièrement, notamment quand François Bayrou devient premier ministre.
Je souhaite la création d'une banque de la démocratie.
Cette semaine, c'est un député LR qui a déposé une proposition de loi sur le sujet. Quelle structure ? Quelles conditions ? Rien n'est tranché. Autre solution proposée par les banques privées. Elle demande à l'État de se porter caution pour les partis. Pourquoi n'y aurait-il pas une intervention publique dès le départ ? Une garantie donnée à la banque qui prêterait puisque l'État rembourse autant qu'il apporte totalement sa contribution. Dont, fonds publics selon leurs résultats électoraux, dans les comptes de campagne, les prêts bancaires restent minoritaires. En 2022, ils couvraient en moyenne 14% des dépenses pour les présidentielles et les législatives.
Donc, Philippe Gosselin, ce que vous voulez là, on a compris, ce n'est pas créer une banque, ce n'est pas créer un nouvel établissement et une nouvelle usine à gaz. Vous voulez adosser une structure à la Caisse des dépôts. Comment ça fonctionnerait ?
Ça, c'est le point de vue que j'ai défendu avec Yael Broun-Pivet il y a quelques années qu'on espérait mettre en place. Et puis, il se trouve que le Premier ministre qui s'appelait François Bayrou il y a quelques mois, le 25 août, s'est fait acquérir. Ce qui a été confirmé début septembre. Donc, notre projet est tombé à l'eau. Mais pour autant, il y a un vrai sujet, on l'a dit tout à l'heure. Moi, je pense qu'il ne faut pas recréer des structures. Il peut y avoir plusieurs solutions. On peut créer une vraie banque, entre guillemets, un établissement public. Moi, j'ai suggéré avec Yael Broun-Pivet il y a quelques mois qu'on puisse adosser l'ensemble à la Caisse des dépôts.
Alors, la Caisse des dépôts, c'est une vieille dame. Elle a plein de cordes à son arc. Elle sait faire. On a une structure qui a l'habitude et qui est assez souple. Et ça éviterait de créer quelque chose qui soit en effet une usine à gaz et coûteuse. Parce qu'il n'y a pas que l'élection présidentielle. D'ailleurs, le reportage le dit. Pour les candidatures aux législatives, c'est la même sujet. En gros, une campagne législative s'est plafonnée mais c'est aux alentours de... Alors, on peut faire beaucoup moins mais 15, 20 000 euros. Oui, là, on est sur
d'autres montants.
On est sur d'autres montants mais quel est le particulier qui peut apporter 15, 20 000 euros ? Ou alors, on considère qu'il faut être héritier. Ce n'est pas mon point de vue. Moi, je n'ai pas eu de problème à avoir un prêt parce que j'étais député sortant et qu'on a pensé que je ferais plus de 5 %, ce qui n'est pas tout à fait faux. Mais il n'empêche qu'on a eu notre candidate à la présidentielle, ce n'est plus les législatives. Moins de 5 % pas remboursés aujourd'hui, ça peut amener une frilosité non seulement pour le parti au niveau national mais pour les candidats LR à l'avenir. Donc, c'est vraiment un sujet de démocratie. La caisse des dépôts pourrait, je crois, jouer ce rôle.
Il peut y avoir une autre formule aussi, c'est que l'État se porte garant, c'est-à-dire caution d'une certaine façon des engagements des candidats, reste en déterminé C'est-à-dire que l'État
se porterait garant auprès d'une banque prêteuse et la banque serait remboursée en cas de défaut par l'État ?
Oui, mais ça veut dire que ça ne peut pas être open bar non plus parce qu'on ne peut pas permettre à n'importe quel candidat de se présenter de le faire, sinon ça sera ingérable.
Arthur Delaporte, vous êtes OK, mais vous voulez fixer des critères ?
Moi, je dis la banque de la démocratie sur le principe, sur le papier, c'est une bonne idée. Mais dès qu'on rentre dans le détail, ça devient tout de suite plus compliqué. Déjà, qui prête ? Et puis si la personne fait moins de 5% et n'est pas remboursée, qui paye ? Le citoyen ? Est-ce que n'importe qui peut déposer ? Donc du coup, quels sont les critères pour pouvoir être éligible à la banque de la démocratie ? Parce que si n'importe qui veut se présenter, aujourd'hui n'importe qui peut se présenter à une élection législative, fait 0,5% et engage des dépenses de façon importante, et bien derrière, ça pose un vrai sujet.
Donc il faudrait évidemment plafonner le maximum remboursable qui ne serait pas le plafond remboursable, c'est très technique, mais disons que si on va faire un petit score, alors on fait un petit budget de campagne. Et dans ce cas-là, on peut être remboursé sur la moitié de ce petit budget. Mais je veux dire, à un moment, c'est vrai que ça peut poser... Quel signal ? Si un candidat dont le compte de campagne serait invalidé, on trouverait là l'opportunité de se faire rembourser sa campagne par l'État. Ce qui serait un biais... Ce serait vraiment... Et le deuxième sujet que moi je veux dire, c'est qu'il faut aussi mettre des critères politiques et républicains.
C'est-à-dire que moi, je pense que quand on prête, quand l'État prête, il doit prêter à quelqu'un qui est net moralement, qui n'a pas été condamné, par exemple, pour des affaires de détournement d'argent, pour des affaires d'abus de biens sociaux ou d'usurpation d'identité... S'il a été condamné, il a purgé sa peine, a priori... S'il a été condamné, oui, mais par exemple, là vous voyez bien, vous avez des gens qui peuvent être inéligibles dans des partis ou des partis qui peuvent être condamnés parce qu'ils ont pris de l'argent public à Bruxelles, je pense au Rassemblement National. Moi, ça me poserait problème de dire que ce parti qui a piqué dans la Caisse de l'Europe
peut derrière emprunter à l'État et aux citoyens français.
Donc voilà, ça c'est un problème plus moral, politique qui mériterait d'être débattu.
Edwige Diaz, Nous, au Rassemblement National, nous considérons qu'en fait, comme un droit au compte, il faudrait qu'il y ait un droit au crédit avec une commission chargée, les candidats qui seraient pas sérieux, fantaisistes pour précisément éviter de faire porter le poids de ces dépenses électorales sur les épaules des citoyens. Et en fait, l'État apporte déjà la garantie parce que sur un parti comme le nôtre avec 120 députés, en fait, c'est l'État qui nous verse notre subvention annuelle. Donc en fait, l'État, si jamais ça se passait mal pour nous au niveau des résultats, l'État, en fait, pourrait utiliser l'argent qu'il nous verse tous les ans pour rembourser la banque.
Donc nous, en tout cas, c'est la proposition que nous formulons. Mais vous soutenez la proposition de loi de Philippe Brossin ? Oui, mais nous, on soutiendra tout ce qui va, évidemment, dans le bon sens parce que nous sommes les premières victimes de cette situation. Et permettez-moi de le dire parce que, voilà, pour l'instant, nous n'avons pas encore trouvé cet emprunt bancaire. Donc qu'est-ce qu'il nous reste ? Il nous reste les cotisations de nos adhérents, qui sont déductibles à hauteur de 66% des impôts. Il nous reste aussi les dons que les particuliers peuvent faire dans le cadre d'une campagne présidentielle qui sont plafonnées à 4 600 euros.
Madame, à un moment donné, il faudra bien qu'on trouve des solutions parce qu'on n'envisage pas de priver nos électeurs d'une représentation, de concourir à l'élection présidentielle. Tout ça parce qu'il y a un verrouillage bancaire qui empêcherait la démocratie de s'exprimer. C'est parti.
Edwige Diaz