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Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 21 septembre 2020 96 minAutoproduitFond programmatiqueInstitutions & électionsEurope & internationalEnvironnement & énergieSolidarités & famille

«La République n'est pas un régime neutre» - Lancement de l'institut La Boétie

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 71 %Attaque 27 %Défensif 1 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:30Jean-Luc MélenchonFait
    « La République a 228 ans. Elle est née un 21 septembre comme ce jour-ci, 1792, par un vote de l'Assemblée de nos députés au lendemain de la victoire contre l'envahisseur allemand qui venait rétablir l'ancien régime à la bataille de Valmi. »
  • 11:20Jean-Luc MélenchonFait
    « La République française n'est pas née parce qu'elle était française, ni même au nom des Français. Elle est née au nom des principes imprescriptibles et des droits de la personne humaine, quel qu'elle soit, où qu'elle soit. »
  • 14:10Jean-Luc MélenchonFait
    « La République ne connaît que des droits et l'obligation de les respecter. Des droits individuels et l'obligation collective de respecter ses droits. »
  • 22:30Jean-Luc MélenchonChiffre
    « 1 % de la population de ce pays possède deux fois plus que les 50 % les plus pauvres. »
  • 0:15Locuteur 1Fait
    « Du fait des incuries ajoutés d'un système politique impuissant, de la finance qui règne et qui fait n'importe quoi, de la crise écologique que vous êtes incapable de contenir »
  • 0:45Locuteur 1Fait
    « Nous en 228 ans, nous avons fait cinq Républiques, deux empires, trois monarchies et une dictature. »
  • 1:45Locuteur 1Fait
    « Celle-ci d'ailleurs de République a été réformée 24 fois et on vous dit "Ah mais c'est un régime extrêmement stable." »
  • 3:00Locuteur 1Fait
    « Notre peuple est devenu un peuple urbain. Quand la 5e République a été proclamée, la majorité était rurale. »
  • 3:30Locuteur 1Fait
    « Notre peuple s'est créé. Vous ne le savez pas. Vous ne voulez pas le savoir. Vous ne voulez pas en entendre parler. »
  • 4:30Locuteur 1Fait
    « La conscience est répandue, est tendue à des jeunes gens de plus en plus jeunes. »
  • 5:30Locuteur 1Fait
    « La nation française, parler de nation française, ce n'est pas exalter le nationalisme, c'est exalter la République. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonsoir à tous. Je suis Bernard Pignol et j'ai le plaisir et l'honneur d'être le président de l'Institut Labessie qui préfigure une future fondation politique qui portera le même nom. La soirée va se dérouler en trois temps.

Je vais vous dire quelques mots. Puis Jean-Luc Mélenchon nous parlera de la République et puis ensuite nous reviendrons sur scène avec Clémence Gueté pour vous parler du fonctionnement de cet institut et de ce qu'il s'apprête à faire. La seule chose que je vais vous dire en introduction, c'est pourquoi nous avons choisi comme nom la Boesséie, ce qui peut sembler pour certains étonnant.

Ce choix s'est fait inextrémiste au dernier moment et très souvent ce sont les meilleurs. La Boessie est un des premiers humanistes qui allie dans sa réflexion l'individu et le collectif. Il analyse dans son discours sur la certitude volontaire l'influence de la vie collective sur chacun d'entre nous et notre influence sur la société.

Accordons-nous puisque c'est un peu à la mode que nous traversons un temps de tempête. Dans ces tempêtes, certains réagissent par le sauf qui peut et ils jettent tout par-dessus bord. Et nous l'avons constaté dans la vie intellectuelle hélas depuis quelques années.

À l'inverse, en ce qui nous concerne, il nous faut rassembler et nous rassembler et rassembler autour de nous sur des causes communes. Comment définir celle-ci ? Faisons un instant l'effort de nous imaginer quelles seraient les servitudes volontaires que la Boesséie découvrirait aujourd'hui dans notre société.

Il a parlé d'un système de domination sociale. Nous en vivons un. Il a parlé d'un tyran qui organise la dépolitisation.

S'agissant de la dépolitisation de nos sociétés, nous sommes les dernières élections législatives partielles le montrent assez bien servi. Le tyran n'était un individu mais il y a une forme de tyrannie donc qui s'exerce. Il a aussi dit que cette tyrannie se maintenait par le travail fait par le tyran sur les inégalités, la répartition des colis fichets, des notabilités.

Donc la Boie, même si c'est un auteur finalement assez peu étudié en politique, a un rapport avec notre modernité et on en trouve des traces d'après moi, à la fois dans Antonio Gramchi lorsqu'il parle de l'hégémonie culturelle, de l'aliénation et à la fois même, puisqu'il le dit, il parle des spectacles et des jeux organisés par les tyrans d'angui de bord dans la société du spectacle. Je tenterai même un raccourci si nos servitudes volontaires sur nos servitudes volontaires pardon c'est au cours de l'histoire développer la banalité du mal. Nous en sommes là.

C'est une des tempêtes que nous allions affronter. Dans ce lien entre l'individu et la société, entre l'individu et le collectif, se créent les régimes politiques dans l'ensemble des sociétés humaines. Nature et leur forme ont été l'objet de bien des écrits depuis l'antiquité grecque et de bien d'études.

Et c'est pourquoi nous avons demandé pour cette soirée de lancement à Jean-Luc Mélenchon de nous parler de sa conception de la République. Nous lui avons demandé pourquoi et je ne peux pas m'en empêcher. parce que c'est lui, parce que c'est nous et il l'a accepté et je l'en remercie. [applaudissements] [applaudissements] Merci à l'institut la Boessie et à la fondation qui devrait être en résulté de m'avoir fait cette offre généreuse.

L'Institut Laboessie fait deorinavant partie de cette galaxie qui est en voie de formation à l'intérieur de laquelle se trouve désormais un certain nombre de clubs de cercles de pensée qui font suite dans l'histoire à ce mouvement qui est né à la Renaissance avec l'humanisme surgissant comme une lumière de l'esprit sur la société humaine de cette époque. avec le premier livre qu'il institue comme un manifeste de la dignité de l'homme de pic de la Mirandolle en 1487. Ce n'est pas d'hier, mais cette idée a fait son chemin, elle a couru et elle a été le foyer à partir duquel se sont ensuite développé toutes les idées de liberté et toutes les institutions politiques qui en rendent compte.

Il est étrange, pourrait-on se dire, mais non, c'est l'histoire, qu'un tel courant ressurgisse comme héritier de l'humanisme et des lumières radicales. Je dis radicales parce que c'est à elle qu'on attribue la naissance de la République au moment où de nouveau après avoir été vaincu tant deux fois déjà, l'obscurantisme ressurgit et semble ne rencontrer aucun obstacle. Bref, et pour faire plus contemporain, il est frappant qu'en pleine zémorisation de l'espace intellectuel ressurgisse le courant des lumières, de l'égalité et de la liberté.

Parole qui claque, c'est celle de ce jeune homme qui a ou 18 ans ou 24 ans, on ne sait trancher à quel moment il a écrit ce livre de la servitude de notre servitude volontaire. En 1576, c'est publié. Il faut se rendre compte que c'est seulement 4 ans après la Saint-Bartelémie, c'est-à-dire le massacre des protestants par la royauté catholique et qu'on entend cette belle petite musique peut-être pour la première fois sous une forme aussi crue en France.

Ce qu'il y a de clair et d'évident, nous dit la Boessie, et que personne ne sait ni, c'est que la nature nous a tous créé. et couler en quelque sorte aux mêmes moules pour nous montrer que nous sommes tous égaux. Tous égaux écoulés au même moule.

La question de l'égalité n'a jamais surgi aussi fort que lorsqu'elle a été posée dans son caractère le plus abrupte, c'est-à-dire face à la différence la plus évidente entre les êtres humains qui est leur constitution biologique et en particulier celle qui distingue les hommes des femmes, les femmes des hommes. C'est pourquoi en commençant je voudrais d'abord signaler qu'avant même qu'il y ait les lumières épiques de la Mirandole, il y a eu Christine de Pisan dans notre pays avec son livre La cité des dames en 1405 qui réclame pour l'égalité entre les hommes et les femmes. Et il y a au moment même où la Boessie écrit une conivance qui s'est établie entre Montaigne qui était son meilleur ami et une jeune femme dont il dit qu'elle est sa fille par alliance.

Elle s'appelle Christine de Gournet et elle écrira ensuite une lettre à la reine pour réclamer l'égalité entre les hommes et les femmes. Si j'évoque cette question de l'égalité entre les hommes et les femmes, c'est parce qu'elle montre dans sa radicalité la question de l'égalité. Queles que soient nos différences, nous avons été coulés au même moule, pour ainsi dire, et nous sommes tous égaux.

Dès lors, la Boie parle une deuxième fois dans un sens qui va éclairer ce qu'est la République et ce que nous sommes dans la République. La liberté, c'est la liberté et d'abord la première d'entre elles, la liberté de conscience, la capacité que nous avons à nous déterminer par nous-mêmes pour répondre aux défis qui nous sont lancés, qui sont ceux de la condition humaine. La liberté dit la Boie en 1576 est donc naturelle.

C'est pourquoi dit-il à mon avis nous ne sommes pas seulement nés avec elle mais avec la passion de la défendre. Et la Boessie attribue cette liberté, son instinct quasi naturel, point qui se discute. À une sensibilité que nous aurions nous autres, les êtres humains en commun avec les animaux dont la Boessie dit que quel qu'il soit, dès qu'on cherche à les mettre dans les fers et la servitude, il proteste.

Il dit même "Les oiseaux dans leur cage crient vivent la liberté. L'être humain créateur de lui-même, instaurant de cette manière sa dignité, ne l'est qu'à partir du sentiment profond de son égalité et de sa liberté. Je ne m'aventurerai pas ce soir, connaissant la composition de ce public, à une disertation sur la liberté au sens moral ou philosophique de la question.

Je ne m'y risque que dans son aspect politique et encore m'en tiendrais-je à l'essentiel car il y a bien des manières d'être républicain et je ne voudrais pas enlever à la République un seul de ces supports en montrant du doigt à tel ou tel qui me semble ne pas convenir à l'idée que je m'en fais et que nous sommes nombreux, je crois ici à nous en faire. Je ne parlerai donc que de ce qui saute aux yeux et qui doit être d'abord rappelé. Notre liberté politiquement s'accomplit dans un cadre institutionnel, la République.

Il y a bien des formes de République, mais la République ne sera jamais moins que ce que le mot lui-même désigne. La République, c'est la chose commune. Qu'est-ce que cette chose commune ? ce dont nous avons besoin pour produire et reproduire notre existence matérielle, notre existence culturelle, car nous sommes des êtres sociaux et des êtres culturels.

Et oserai-je ajouter, notre existence spirituelle, c'est-à-dire comme être pensant confronté au silence de l'univers et tâchant d'apposer sur ce silence la poésie et la fantaisie de nos existences. des institutions politiques que je viens de décrire au sens très général et puis un engagement personnel. Il n'y a pas de République sans républicain.

Il n'y a pas de républicain sans pratique de la vertu. Et la vertu au sens politique, c'est la capacité à se détacher de soi. Maavel dira de mourir à soi, de ses intérêts particuliers pour ne s'interroger que sur le sens de l'intérêt général et la manière de le décrire et de le définir.

Bref, participer à la vie commune non pour soi, mais pour ce qui est bon pour tous. Ces définitions de base donneront naturellement la matière première d'une ample critique des pratiques qui peuvent se faire au nom de la République et qui à notre sens en sont fort éloigné. Et c'est pourquoi ce fut une grande surprise pour nous de voir le chef de l'État décider de célébrer la République du 4 septembre 1870 et affirmer que cette vie en République nous en jouirions depuis 150 ans.

Et bien ça ne fait pas le compte. Il manque 78 ans. La République a 228 ans.

Elle est née un 21 septembre comme ce jour-ci, 1792, par un vote de l'Assemblée de nos députés au lendemain de la victoire contre l'envahisseur allemand qui venait rétablir l'ancien régime à la bataille de Valmi. Pourquoi aller chercher le 4 septembre 1870 ? Au demeurant le 4 septembre 1870, l'empire venait de s'effondrer à ce dent.

L'envahisseur allemand une nouvelle fois venait de battre les armées françaises et le peuple alors se précipite à l'Assemblée nationale où pontifie des gens qui avaient été élus dans des élections si on peut appeler ça comme ça en tant que candidat officiel. Les gens se tiennent d'amor bien, ils se regardent, le cadre les impressionn. Il y a là un personnage rempli de son importance qui les adjure de se tenir correctement dans un tel lieu.

Forme d'aduration qui a tendance à se reproduire, vous vous en souvenez. Alors, les gens se tiennent d'abord tranquilles et puis comme ils sont de plus en plus nombreux, ils descendent dans la salle et là on leur dit "Tenez-vous bien, allez-vous-en." Et alors Gambetta dit "Et ben alors, allons à l'hôtel de ville." Et à l'hôtel de ville au balcon, il proclame la République.

Mais il proclame la République, elle n'est pas proclamée pour autant. C'est un régime transitoire qui est établi et qui ne se dénoura qu'en 1875. Parce que comme les royalistes qui étaient majoritaires se disputaient entre eux pour savoir qui pouvait être le roi, alors on décide que le président que jusque-là en nommé de son nom, vous comprenez, on votait en disant le nom du président.

Le président, monsieur Machain, fera ceci et cela. Et ce jour-là, au lieu de mettre monsieur Macha, en l'occurrence monsieur Macman, on dit le président et un député qui s'appelle Valon dit je mets un amendement au voix, le président de la République. Stupeur de la République, il n'en est pas question pour ces gens.

Et pourtant si on discute et pour finir à une voie près, la République est adoptée en 1875 à l'occasion de cette discussion sur des lois constitutionnelles. Mais c'est la 2e rép la 3e République. Entre-temps, il y a eu la deuxème et il y a eu la première, celle de Valmi.

Pourquoi diable a-t-il été cherché ? la proclamation d'une République sur la base d'une défaite plutôt que celle qui se fit sur la base d'une victoire du peuple en arme. Pourquoi ?

Peut-être parce qu'il n'avait pas envie de parler de 1789. Parce que 1789, il faut faire comme dit Clémanceau, c'est en tout. On prend tout en même temps.

Robespierre et Danton et tous les événements qui vont avec la révolution. Alors, sans doute que lui, c'était trop. Je m'amuse à penser qu'en effet, il nous a régalé d'une étrange phrase dont vous souvenez peut-être.

Il avait dit le 1er juillet 2015, dans la politique française, il y a un absent, la figure du roi, dont je pense fondamentalement que le peuple français n'a pas voulu la mort. La terreur, dit monsieur Macron, a créé un vide émotionnel, imaginaire, collectif. Le roi n'est plus là.

C'est stupéfiant, non ? Personnellement, je n'ai jamais ressenti ce vide affectif et émotionnel. Au contraire, il m'est même arrivé de trouver que les rois chez les autres aussi étaient embarrassants, surtout quand ce sont des bourbons comme étaient les nôtres.

Et je pense à cet instant aux espagnols et à mon affection que tout le monde connaît et qui je dois pas être le seul dans ce cas dans cette salle pour la République espagnole. Alors naturellement nous ne sommes pas tous de cet avis en France et récemment on se souvient que monsieur Vals a rappelé son amour pour la monarchie espagnole. Bref, revenons à Macron.

Il dit, "On a essayé ensuite de réinvestir ce vide, le vide résultant de l'absence du roi et d'y placer d'autres figure. Ce sont les moments napoléoniens égaistes notamment. Le reste du temps, dit-il, c'est le président de la République française en 2015, le dit il c'est l'homme qui est aujourd'hui le monarque présidentiel.

Le reste du temps, la démocratie française ne remplit pas l'espace. Ah ! parle pour lui.

Quel homme étrange. En novembre 2016, quand il a annoncé sa candidature, le voilà rendu à la basilique de Saint-Denis où sont les tombeaux des rois de France. Et j'ai lu dans un indiscret dans le journal qu'il y était retourné après son élection.

C'est son droit. Si ce sont ses affections et si c'est sa source d'inspiration, je le comprends. J'en ai fait autant mais moi c'était à Rome devant les rostres des tribans du peuple.

Alors comme ça ne peut pas être que cette histoire personnelle, c'est forcément plus politique. Mais alors, je ne comprends pas. Préférer la République après la défaite plutôt qu'après la victoire. préférait la République après un massacre de masse, l'assassinat de 32000 communards, femmes et hommes fusillés sur les barricades et au mur des fédérés.

Alors ça c'est plus recommandable que ce qui s'est passé pendant la révolution de 1789. une République, la troisème République qui a été celle au cours de laquelle a été codifiée, organisé la politique coloniale sur l'inspiration de monsieur Bismar qui avait convoqué une conférence pour se partager l'Afrique. C'est ça dont nous français avons l'intention de nous réclamer devant les peuples.

Non, non, non, non et non. La République en 1870, sans dire un mot du fait que l'envahisseur a proclamé l'empire allemand à Versailles. Pourquoi l'a-t-il fait à Versailles ?

Pas seulement pour ajouter à notre humiliation de vaincu, mais parce qu'il s'agissait pour eux de dire qu'était clause la séquence politique ouverte par l'expulsion du roi de Versailles, par le peuple qui était venu l'y chercher et tout le cycle des lumières. L'histoire se fait avec des êtres humains et les êtres humains sont des êtres de culture, de rit, de mémoire, de souvenir, de polémique. Aucun de ces actes n'estutre.

La République de 1870, proclamé en 1875 réellement, espérait en quelque sorte se faufiler et n'avoir plus aucun compte à rendre aux idées de 1789. Et à l'inverse, nous sommes nous ici pour dire que nous en sommes la continuité assumée, les dépositaires volontaires et conquérant pour la suite de l'histoire, aussi longtemps qu'il y aura des êtres humains. Après quoi, le président dit à ces gens qu'il avait réuni au Panthéon à l'occasion de leur naturalisation comme citoyen français. que la République était faite de droit.

Oui, mais surtout d'abord dit-il de devoir erreur totale. Ça n'existe pas. La République ne connaît que des droits et l'obligation de les respecter.

Des droits individuels et l'obligation collective de respecter ses droits. Et c'est le jeu de ces droits et de ces obligations qui constituent la liberté. Le devoir est un devoir moral qu'on présente à sa propre conscience, une obligation que l'on se fait par soi-même.

Mais la loi n'impose aucun devoir sinon de la respecter. Et la loi ou bien propose, ou bien interdit, ou bien fait obligation, rien de plus. La loi peut-être changée.

La loi dépend des conditions dans lesquelles elle été dictée et des majorités politique qui la font par référence aux autres lois qu'il a précédé mais parfois sans aucune de ces références. Cette vision austère de la République et celle que nous portons, je dis austère, est exigeante parce qu'à chaque moment, aucun d'entre nous n'a aucune certitude. Il lui faut par son intelligence, par son esprit, par sa réflexion trouver la manière de trancher les questions les plus épineuses.

Et parfois, en ayant le souci du respect du point de vue des autres, comme nous avons dû le faire. récemment lorsqu' venue la loi bioéthique, il n'y a pas de vérité bioéthique. Il y a des points de vue politiques et philosophiques à propos des obligations que nous présentent les nouvelles possibilités.

Et il n'y avait pas non plus de vérité concernant l'affiliation qui est toujours en résultat culturel, [raclement de gorge] social, politique. Et dans ces moments où nous en avons délibéré si récemment, nous n'avions rien d'autre chacun que la loi de notre conscience, la mémoire, l'histoire dont nous nous sentions porteurs. Et c'est vrai qu'à ce moment-là, deux points de vue que je veux croire également républicain se confronter.

Les uns à droite de l'hémicycle se réclamaient de la tradition et de la transmission, c'est-à-dire de l'ordre préétabli. Et nous autres sur la montagne et à la gauche de l'hémicycle, plutôt que des racines qui plonge dans les profondeurs obscures, nous nous réclamions de la lumière que captent les feuilles, c'est-à-dire du futur où l'être humain est créateur de lui-même, comme cela avait été proclamé au début de l'humanisme. Oui. créateur de nous-mêmes, des lois qui vont nous organiser, des rapports de parenté que nous allons établir par la décision de la loi d'après notre seule conscience et non d'après je ne sais quel ordre préétabli ou quelques lois qui nous seraiit venu d'ailleurs que de nous-même.

Pour finir, le président a dit qu'on ne devait pas déboulonner les statutes et qu'on prenait l'histoire de France comme un tout. qu'on la prenne comme un tout, ça va de soi mais qu'on ne déboulonne pas, voilà qui est nouveau parce qu'on a beaucoup déboulonné dans le passé et ce qui n'a pas été déboulonné ou qui a été reboulonné ne se trouve là que pour des raisons politiques. Et moi, je trouve ça qu'on se pose la question de savoir si après tout la statuire ça n'est pas la prolongation de la politique par d'autres moyens.

Et si cette politique nous convient, on a beaucoup déboulonné. Et quand on parle de redoulonné, je trouve normal, je dis pas qu'il faille aller déboulonner par ça c'est illégal. Mais qu'on le demande, ça c'est pas illégal.

Et on peut et on doit si ça provoque une discussion politique qui élève le niveau de conscience, quelem a-t-il à parler ? Est-ce que nous allons nous tenir à genoux devant notre propre histoire, nous en toucher à rien, ne tirer le son de rien ? Bien sûr que si qu'il faut tirer le son personnellement comme me l'a proposé mon camarade Alexis Corbière, je ne verrai aucun inconvénient à ce qu'on transporte le statut la le portrait du premier député esclave affranchi d'Haïti qui fut élu et mis plus d'un an arrivé pour honorer le mandat qui lui avait été remis.

C'estàdire l'obstination qu'il avait dû y mettre. Et bien oui, qu'on amène ce tableau à l'Assemblée nationale et on pourrait enlever celui qui présente monsieur Tierre comme le libérateur de la France, lui qui a capitulé, massacré 32000 d'entre nous. Son tableau est là.

Que fait-il là celui-là ? Des boulon non ? Mettez-le dans un musée parce que c'est une œuvre qui mérite d'être regardée.

Mais est-elle à sa place à l'Assemblée nationale ? Non, bien sûr que non. Et puis je ne veux pas en rester à l'Assemblée nationale de peur queon pense que j'ai quelque chose contre elle.

Je pourrais suggérer quelque chose au Sénat dont j'ai été membre pendant assez longtemps pour avoir eu le temps d'admirer le paysage. Comment se fait-il que dans l'hémicycle à gauche on est une énorme à droite pardon une énorme statue d'un prétendu Saint-Louis que pour notre part nous appelons Louis I. Qu'est-ce qu'il fait là celui-là ?

Quels sont les mérites qui lui valent d'avoir à présider les séances du Sénat ? Il a inventé le premier un signe distinctif que les juifs devaient porter en France. Il a inventé les premiers incendies de textes de la Torah et il a inventé le percement de la langue au fer rouge pour les hérétiques.

C'est ça qu'on laisse au milieu de l'hémicycle des boulons. Vous voyez, monsieur le président, ce n'est pas aussi simple que ce que vous croyez. Et si je ne vous en avais pas parlé, combien parmi vous auraient continué d'ignorer qui est ce personnage ?

Grâce à Corbière, nous avons réappris qui était ce député. Et peut-être que grâce à moi, vous apprenez que Tierre trône à l'Assemblée nationale. La République n'est pas un régime neutre.

Ce matin, un de mes jeunes camarades me disait en t'écoutant, j'ai appris que ce n'était pas un régime neutre parce que jusque-là, on m'a toujours présenté la République à propos de l'ordre à maintenir ou d'une institution froide en quelque sorte surplombant les individus et leur intimement des consignes de toutes sortes. Non, la République c'est le contraire. et pour que ça puisse être le contraire, c'est-à-dire pour que nous puissions être des êtres libres, femmes et hommes.

Donc d'abord égau, il faut qu'il n'y ait qu'une seule communauté reconnue, une seule communauté qui a droit de citer la communauté légale, c'est-à-dire celle qui est définie par ceux qui votent la loi, le peuple souverain. Et le fait que la loi s'applique à tous. et à toutes évidemment.

La seule communauté acceptée en France est la communauté légale. Aucune autre communauté n'a le droit d'instituer des droits séparés qui ne s'appliqueraient qu'à ses membres. Aucune autre, aucune communauté ne peut se prévaloir de droits spécifiques.

Ceci est le cœur le plus intime de ce qu'est la République. La République française n'est pas née parce qu'elle était française, ni même au nom des Français. Elle est née au nom des principes imprescriptibles et des droits de la personne humaine, quel qu'elle soit, où qu'elle soit.

Et en quelque sorte, la France s'est faite la première, la terre de cette liberté qu'elle souhaitait voir répandu dans le monde entier et qu'à cette heure encore, elle doit être la première à porter la lumière sur le monde. Et cette lumière ne peut pas marcher au pas des militaires ou de la force ou de la violence. Nos militaires, bien sûr servent et obéissent.

Bien sûr, ils illustrent l'idée que nous nous faisons de la République. Mais l'idée essentielle qui doit être l'idée française, c'est que le monde dans les profondeurs inconnues des océans, dans l'infini de l'espace où il n'y a pas de droit, mais où les êtres humains vont se rendre, il faut qu'il y ait du droit de la communauté légale. Il faut refuser l'appropriation individuelle et privée des corps célestes et du contenu du fond des océans par le premier arrivé ou le plus fort.

Telle est la vocation universaliste de la France. L'universalisme, je veux le dire tout de suite, ne peut pas davantage que la liberté ou l'égalité rester un principe abstrait. Il faut bien qu'à un moment donné, travaillant la réalité, la pétrissant, il viennent à s'incarner.

Je le dis pour régler à cet instant même d'autres polémiques. L'universalisme dont nous nous réclamons en droit doit devenir un universalisme concret. Et de quelle manière le devient-il ?

Tant que cela vienne à brutaliser, mutiler, enrégimenter tel ou tel. C'est ce processus que décrivait notre poète Édouard Glissant. C'est le processus de la créolisation du monde.

Les cultures se rencontrant à travers les individus qui les portent par leur éducation ou leur tradition familiale se rencontre, se mixte, se mélange, se complète ou se différencie. Et si vous voulez voir des grandes nations créoles, aller au Brésil, aller au Mexique, aller dans toutes les Amériques et vous verrez des nations créoles, diriez-vous qu'elles sont moins humaines, moins intéressantes que d'autres ou se reproduit sans piternellement la même tradition ? Bien sûr que non. créolisation comme forme de l'universalisme et de l'unité des droits de la communauté humaine et de ses droits imprescriptifs.

Voilà qu'elle peut et doit être notre idéal et celui que nous proposerons à la patrie. La France s'est donc constituée autour d'une déclaration des droits de l'homme, on voulait dire des droits de la personne humaine et du citoyen. Un droit sans pouvoir n'est pas un droit, c'est une supercherie.

Les droits n'ont de pouvoir que si les citoyens peuvent les mettre en œuvre et vérifier qu'ils sont appliqués. C'est pourquoi il n'y a jamais eu de déclaration des droits de l'homme. Il y a une déclaration des droits de l'être humain et des citoyens et des citoyens.

Et c'est toujours le volet qu'on oublie parce que si sur les droits de l'homme d'une manière générale les bons sentiments étant ce qu'ils sont, tout le monde tombe vite d'accord. Par contre sur les droits du citoyen à vérifier l'application des 10 droits de l'être humain, il y a beaucoup moins d'enthousiasme, je l'ai remarqué. Alors en France, nous vérifions et nous devons vérifier sans cesse que les droits de l'être humain sont bien garantis et peuvent être protégés par les droits des citoyens.

De la sorte, la France porte en elle un contrat qu'elle pourrait étendre au monde entier s'il en voulait. un contrat qui s'appelle liberté, égalité, fraternité, qui se dit dans toutes les langues et peut s'appliquer à tous les groupes d'êtres humains. Nous ne sommes donc pas une nation ethnique.

Ce n'est pas sur nos frontons qu'on verra écrit, comme on peut le voir chez nos voisins d'ut folk, c'est-à-dire le peuple allemand au sens traditionnel du terme. leur droit, ils s'organisent comme ils veulent. Mais ce n'est pas notre conception.

Notre conception c'est qu'on fait France de tout bois en permanence dès lors que chacun sang a participer à la formulation de la loi et à son application ni plus ni moins. C'est pourquoi parce que rien de tout ce que je viens de dire n'est évident ni une ne découle de quelque processus spontané que ce soit. Toutes les Républiques en France sont nées toujours et sans exception de la conjugaison de crise majeure auxquelles les institutions politiques étaient incapables de répondre.

La première d'entre elles, la première République commence comme toutes les autres le plus souvent par une crise écologique. Un volcan a explosé en Finlande et pendant 3 ans, on a eu très froid dans toute la France. On raconte en Arle que l'eurone avait gelé.

À cette crise écologique, bien sûr a succédé immédiatement une crise alimentaire et la crise alimentaire a donné une crise sociale et cette crise sociale combinée à la crise financière a donné la révolution parce que les institutions politiques étaient incapables de répondre au défis. Le roi, la royauté n'avait aucun autre objectif que de maintenir les privilèges des seigneurs féod et de l'église qui refusaient de prendre leur part dans les forts communs pour faire face à la crise. Si ça vous rappelle quelque chose, ça ne doit pas être en hasard. puissance des structures politiques à faire face à des défis majeurs auxquels la population est confrontée.

Je n'ai pas parlé de défis idéologiqu, j'ai parlé de défis qui concernent la survie du très grand nombre. La même chose, je m'empresse de vous le dire si vous voulez aller le vérifier, arriva en 1846 et en 1847 avant les événements qui déclenchèrent la 2è République alors que le roi de l'époque ne voulait pas non plus changer les institutions politiques, c'est-à-dire accepter que le peuple tout entier puisse voter. Il voulait réserver ça à ceux qui avaient des sous.

On peut dire que d'une certaine manière la 3è République c'est de même. Crise financière comme en 1848 comme en 1789. Crise sociale.

Là aussi fait froid. Là aussi l'alimentation devient plus difficile à se procurer. Je ne dis pas que ça se reproduise mécaniquement à chaque fois.

D'autant qu'il me faudrait rajouter un critère de crise à ce moment, c'est la crise des frontières. Alors là, c'est tout le temps. En 1789, crise des frontières, nous sommes envahis.

En 1848, crise des frontières dans toute l'Europe. Parce que partout des peuples veulent se rassembler, d'autres veulent se séparer et cetera et cetera. À la 3e République, en 1870, crise des frontières, nous sommes envahis et amputés deux départements, c'est-à-dire toute l'Alsace et la Moselle.

Quand on arrivera à la 4e République, crise des frontières, toute l'Europe a été détruite par les activités des nazis et nous avons été envahis et nous-même à moitié détruits. Quant à l'émergence de la 5e République, crise des frontières puisque l'indépendance acquise par le peuple algérien conduite à la séparation d'avec 13 départements français d'alors si j'évoque les frontières, ça n'est pas pour marquer un territoire seulement, c'est pour marquer jusqu'où et à qui s'étend le domaine de la loi et qui participe à ces enunciations. Mais après vous avoir dit cela, je voudrais très solennellement vous dire la chose suivante, surtout à vous de la jeune génération.

Aucun empilement d'aucune circonstance, aucune commotion ou événement à lui tout seul ne produit une sortie par le haut des événements que l'on rencontre. Autrement dit, rien, ni la crise des frontières, ni la crise sociale, ni la crise de la dette, ni la crise du roi et de sa cour ne conduit directement aux décisions qui ont été prises par les premières assemblées républicaines, l'égalité des droits, l'abolition des privilèges et cetera et cetera. Pour qu'on y soit arrivé, il avait d'abord fallu que murisse les idées qui permettaient de rendre possible ce monde.

Il fallait l'utopie, la force du rêve, la création, la réflexion philosophique qui a permis de penser tout ça et de le voir travailler les consciences assez pour que le mouvement le moment venu, on s'en empare et on en fasse des lois. Il a fallu Rousseau, il a fallu d'Hydro, il a fallu Dolbac. Il a fallu ces hommes, ces femmes, ces deux tomes de femmes des lumières du dictionnaire des femmes des lumière pour permettre que les idées étaient assez travaillées pour qu'on finisse par trouver évident de faire ce qu'on était en train de faire et qu'une petite minorité hineuse se cramponne à ses privilèges, appelle l'étranger à la rescousse pour envahir la patrie et collabore avec.

Car le jour de la bataille de Valmi, bien sûr ce sont des Allemands qui sont là, mais au milieu d'eux, il y a plusieurs centaines d'émigrés qui ont trahi leur pays et qui ont préféré se joindre à l'invasion plutôt que d'être avec leurs compatriotes pour défendre leur liberté. Ah, vieille histoire que celle-là. Mais même ce jour-là, pour savoir de quel côté on doit se tenir sous la mitraille et la canonade qui dura 6 he sous la pluie, comme vous le savez, il fallait que l'idée vous ait envahie absolument et que vous ayez la certitude qu'à cet instant, ça valait la peine de mourir pour une idée pareille, la liberté et l'égalité.

En bref, il n'y a pas de révolution de 1789. sans [grognement] la Boessie. Il n'y a pas de révolution de 1789 sans Christine de Pisan et Marie de Gournet.

Car tous ont eu leur part à la formation de ces idées. Tous ont subi le martyre de la surveillance, de la répression, des bûchers. C'est Vanini accusé d'être corrupteur du peuple et de la jeunesse que l'on sacrifia à Toulouse.

Et ce fut un spectacle édifiant puisqu'on l'entendait hurler dans toutes les rues autour de la place centrale puisqu'on lui avait arraché la langue avant de le brûler. C'est Giordano Bruno qui, voyant d'un coup ce que personne ne voyait, que l'univers est infini et qu'il contient des mondes innombrables. raison pour laquelle il fut brûlé, c'est la mote le vaillé, c'est Sirano Bergerac, c'est tous ces hommes, toutes ces femmes qui au milieu de cette nuit-là qui semblait sans fin, la nuit des guerres de religion, la nuit de la guerre de 30 ans que l'on a fait entre français et États-Allemands pendant le siècle, pendant le 17e siècle, tous ont tenu le fil.

Et c'est à notre tour de le tenir. À notre tour, quoi qu'il arrive de le tenir. Nous ne serons jamais là pour séduire.

Nous sommes là pour convaincre. Éclairer le chemin. Éclairer le chemin.

Convaincre advienne que pourra. Mais chacun y aura sa part. Toi camarade dans ton usine, ton entreprise où tu défends les droits des salariés, toi femme homme qui lutte pour tel ou tel droit et liberté, toi lanceur d'alerte, vous voilà enfant de la Boessie de Degourné de Pisan.

C'est vous qui tenez ce fil. Un jour, il rencontre l'adhésion du grand nombre et alors explose comme un feu d'artifice de lumière. La semaine de 40h, la semaine de 35 heh, la sécurité sociale, le droit à la retraite, la liberté d'imprimer, d'écrire, de se réunir.

Et si vous faiblissez, alors vous avez ces entraves à la liberté que vous pouvez observer aujourd'hui. Cette manie de surveiller tout le monde tout le temps. caméra, fichage, fichiers à tout propos répression terrible contre le mouvement des gilets jaunes comme il ne s'en était pas vu depuis des décennies, mutilation, amputation et ainsi de suite.

Mais quoi qu'il arrive, autant de zémours qu'on voudra mettre sur les chaînes d'information, jamais ce fil-là ne se rompera. Ce n'est pas un paris, c'est une certitude appuyé sur 6 siècles d'histoire et de répression. Alors, je n'évoquerai que deux questions politiques soulevées par le principe républicain.

Le premier, c'est celui de la souveraineté du peuple. Le peuple est l'acteur de la République. Aujourd'hui, plus que jamais, le peuple ne concerne pas seulement les secteurs les plus avancés de la société qui ont été pendant des décennies, les travailleurs organisés, il concerne ceux qui sont en formation, ceux qui ne travaillent plus.

Enfin bref, il concerne tous ceux qui ont besoin pour produire et reproduire leur existence matérielle d'accéder au réseau collectif. Et quand cet accès est différent, suivant que le réseau est privé ou public, cela change leurs conditions sociales et leur manière de vivre et d'exister et de penser. Le peuple est l'acteur nouveau mais c'est l'acteur historique de l'histoire.

Qui a le pouvoir dans la société ? disent la volonté extérieure de tel ou tel principe fus une divinité. On a eu des rois de droits divin.

Les espagnols ont eu un dictateur qui se disait de droit divin par la grâce de Dieu. Francisco Franco d'Espagne pour la grâce à Didios. Le principe républicain dit que c'est le peuple le peuple seulement.

Le peuple exclusivement. Et à la première rencontre, cette chose a été tranchée. Donc disait le peuple peut-être et l'assemblée sans doute, mais à la fin le roi a le droit de véu.

Et vous connaissez tous cette scène fondatrice de la politique française et de la politique du monde. Le roi se lève et demande que ceux qui sont pour le droit de véto se mettent à droite. Comme dans le récit de la Bible, il dit que au jugement dernier, les élus se tiennent à droite et les damés vont à gauche pour aller cuire en enfer.

Donc ceux qui étaient contre le droit de BU passent à gauche. Il n'y en eu davantage que de l'autre côté. Mais c'est pour vous dire que ça s'est passé le 11 septembre 1789.

C'est quasiment le début de la révolution. Il ne peut pas y avoir de droit au-dessus du droit du peuple à délibérer. Alors, nous avons le droit de poser la question de savoir si aujourd'hui tel est bien le cas et la réponse est forcément non.

Deux principes s'opposent à nous. Le premier est un principe institutionnel. Il y a une assemblée de fonctionnaires désignés par des responsables politiques que sont les commissaires européens qui vérifie chaque année comment le budget de chaque nation qui est l'acte numéro 1 des nations est organisé et font des recommandations qui si elles ne sont pas suivies méritent des sanctions.

Le peuple dans cette circonstance n'est pas souverain. Non pas parce que ceux qui vérifient leur budget ne sont pas français. C'est même pas le sujet, c'est qu'ils n'ont été élus par personne et que l'élection est le seul moyen de transfert de la souveraineté d'un niveau à un autre.

Jamais les Français ne devraient accepter d'obéir à un quelconque principe qui n'est pas été établi démocratiquement. Violer cette règle, c'est comme tordre le bras à quelqu'un au point de le lui casser. Cette règle a été violée et la France ne s'en est pas remise.

Elle a été violée en 2005 quand le peuple a décidé qu'il ne voulait pas de cette constitution, c'est-à-dire des traités qu'elle contenait et que malgré cela, il a été décidé qu'il s'appliquerait. Et depuis tout va de travers, tout va de guingo d'abord parce que la volonté populaire a été violée et que donc le doute s'est installé. Est-ce que ça sert à quelque chose de voter ?

Est-ce que ça sert à quelque chose de discuter ? Est-ce que vous n'êtes pas tout simplement en train de vous moquer de nous ? Mais oui, c'est bien ce que vous êtes en train de faire car d'une élection à l'autre, vous nous dites que vous allez faire ceci et cela.

Une fois que vous êtes élu, vous dites "Eh bien, comme il y a des traités auxquels nous sommes assujettis, nous ne le pouvons pas." Alors, pourquoi êtes-vous candidat aux élections si vous ne pouvez rien faire ? Pourquoi êtes-vous candidat si vous ne voulez pas changer la règle du jeu ?

Oui, cette question travaille en profondeur. Ce doute travaille en profondeur notre peuple. J'ai dit d'abord, nous y avons un obstacle à notre liberté, ce sont des institutions.

Et puis nous avons ensuite une foi superstitieuse qui s'est imposée à tout le monde comme un article indiscutable, que ce serait la combinaison des égoïsmes individuels la main libre du marché, qui serait le meilleur organisateur de l'intérêt général. Mais quoi ? C'est le contraire qui se passe, ça ne marche pas.

Et qu'avez-vous à dire ? Si ça ne marche pas, c'est qu'il faut en faire davantage. Raison pour laquelle le seul principe qui aujourd'hui surplombe toute la hiérarchie des normes, toute la hiérarchie des normes, c'est la concurrence libre et non faussée.

Faussé signifierait que des lois s'y opposent. Nous avons donc un principe religieux métaphysique. Métaphysique signifie en dehors au-delà de la physique qui s'applique le libre marché, la main invisible et une institution qui en est le rouage.

Et il nous faudrait sans discuter l'accepter. Et si nous discutons, le seul fait de discuter vaudrait au peuple français d'être considéré comme nationaliste ou comme refusant la solidarité, la coopération avec les autres peuples. Cette forme de pression intellectuelle dénature le débat public, l'empêche, interdisent qu'on pense des alternatives.

Et c'est ce que ont toujours voulu faire les cléricatures dans l'histoire. Quand on pensait librement Marie de Gournet, Étienne de la Boessie et tous les autres, alors la cléricature intervenait pour qu'il y ait un procès et qu'on dise "Vous êtes les agents du diable. Non pas vous avez des idées, nous allons les combattre." et ont cherchait les prétextes les plus invraisemblables.

Les premières répressions se firent au nom du fait que les nôtres disaient que les êtres humains étaient des animaux comme les autres. Alors, ils en déduisaient toutes sortes de choses et d'abord que les êtres humains étaient maîtres d'eux mêmes. Mais c'est pas là-dessus qu'on les prenait.

On disait quoi ? Vous dites que les êtres humains sont des animaux comme les autres, mais ce qui est écrit dans le livre, c'est que les hommes sont à l'image de Dieu. Prétendriez-vous qu'une vache est à l'image de Dieu, un singe ?

Et sur ce mot, sur cet aspect- là se nourrissait les procès, les cruautés, les tortures, les enfermements, les embillements de toutes sortes. Voilà comment ils ont toujours été pour faire imposer un ordre dont plus personne ne voulait ou dont chacun sentait qu'il était une blessure à son intelligence ou à sa liberté. Dans ces conditions, la République a encore devant elle quelque chose qu'elle pensait avoir gagné dans le passé et qui est son indépendance, l'indépendance de son peuple.

L'indépendance, ce n'est pas un excès nationaliste, une fierté fermée d'un peuple contre les autres. C'est qu'on n'est pas maître de soi si on n'est pas indépendant. Et cette indépendance signifie que vous avez la souveraineté, souveraineté politique mais souveraineté alimentaire, souveraineté industrielle pour les produits indispensables notamment à la santé puisque nous en parlons en ce moment.

L'indépendance et la souveraineté sont deux mots qui désignent une même question. Le pouvoir du peuple et la capacité à avoir ces décisions se transformer en réalité. Après ce thème de la souveraineté du peuple, je veux aborder celui plus piquant ces temps-ci de l'unité et de l'indivisibilité de la République.

L'unité et l'indivisibilité de la République, naturellement, ça désigne d'abord ces frontières. Les Français ne peuvent pas admettre que leur frontière se remis en cause et ils comprennent que les autres en fassent autant. C'est la raison pour laquelle nous croyons à un ordre international où chacun respecte les frontières des autres et ne les supprime que si les peuples sont d'accord pour les supprimer.

Je ne crois pas qu'on ait jamais voté une chose pareille. En tout cas nous français et ça se constate pas trop. Cependant, nous savons bien que la question des frontières est posée en Europe.

Nous le savons parce que les Écossais veulent être indépendants. Nous le savons parce que les Catalans ont dit qu'ils voulaient être indépendants. Nous le savons parce qu'il y a un problème entre les deux Irlandes.

Nous le savons parce qu'il y a des revendications sur certains morceaux de l'Ukraine, par certains morceau morceaux de la Pologne ou de la Hongrie. Et donc, mieux vaudrait qu'il y ait une conférence des frontières pour discuter que d'attendre d'envenir Romain. Mais bon, comme souvent, nos alertes seront dédaignés jusqu'au moment où elles deviendront incontournables.

Mais ce n'est pas qu'une question de frontière, l'unité et l'indivisibilité de la République. Je dirais c'est presque secondaire en ce moment. C'est la question de l'unité de la communauté légale.

L'unité et l'indivisibilité de la République, c'est l'unité et l'indivisibilité de son peuple. Ce qui signifie que pour que ce peuple soit peuple, il faut que s'applique à lui partout les mêmes lois. et que le seul qui a le droit de dire la loi pour tout le monde, c'est le peuple tout entier et pas un morceau du peuple.

C'est la raison pour laquelle monsieur Macron en ce moment est peut-être par ignorance, sans doute par méconnaissance de l'histoire ou plus vraisemblablement par une sorte d'hallucination idéologique qui lui fait penser qu'il en va des nations comme des marchés de cacahuètes ou de rail ou de chocolat ou que sais-je encore que c'est en mettant tout le monde en compétition qu'on obtient le meilleur résultat et voilà pourquoi il voudrait organiser la compétition des territoires avec une loi dit de différenciation. Alors évidemment vous le vend toujours d'une manière plaisante, il y a des différences alors il faut en tenir compte. Rapprochons-nous du terrain et cetera et cetera.

Mais ça ça veut dire des lois particulières suivant les territoires comme il dit, c'est-à-dire des divisions administratives qu'on inventera. Ce n'est plus la même loi pour tout le monde. C'est une loi ici, une autre là-bas.

Bien sûr, il y a des Républiques fédérales qui vivent comme ça. C'est le cas de la République des États-Unis. Mais ce n'est pas notre tradition et ça n'est pas notre conception qui va avec du peuple.

Car l'unité et l'indivisibilité de la communauté légale, c'est l'unité du peuple lui-même. Question qui ne se poserait pas si nous décrétions que sont du même peuple les gens qui sont de la même religion ou de la même couleur de peau ou qui parlent la même langue au point de départ. Dans ces conditions, les lois qui se préparent sur la différenciation sont des lois contre républicaine.

De la même manière que le nouveau code du travail qui donne plus de force à un accord dans l'entreprise qu'au contenu de la loi ou de l'accord de branche sont des lois contre républicaines au sens de la République sociale telle que nous l'avons élaboré dans notre longue histoire de lutte sociale. L'unité de la loi n'est pas un gadget ou une sorte de luxe que nous nous permettrions. privat de notre identité et communauté légale elle-même.

Ceci posé, il faut encore parler de l'unité sous un autre angle. C'est la question que soulève ce qu'on appelle aujourd'hui à tort et à travers à tout propos laïcité. La laïcité, c'est le résultat de trois siècles de guerre civile en France, pas d'un colloque, de tr siècles de guerre civile pendant lesquels la religion dominante compte tenu des intérêts matériels avec lesquels elle se confondait, a persécuté d'abord les juifs pendant 1000 ans sans discontinuer d'une manière assez honteuse.

J'ai rappelé tout à l'heure les exploits de Louis I, je pourrais en citer d'autres. Et puis ensuite, ce furent les protestants. Par conséquent, nous savons-nous de quel prix se pai l'exacerbation des différences religieuses.

Parce que pour chaque religion, l'autre religion est blasphématoire et hérétique. Laïcité de l'État ne signifie pas que l'État propage l'athéisme. Vous pouvez être até croyant ou non.

Ce n'est pas la question de l'État. L'État ne reconnaît, ne salarie aucun culte. Il n'est pas neutre à l'égard des religions.

Il est indifférent. Ce n'est pas son sujet. Les religions ne se mêlent pas de la conduite de l'État et l'État n'a pas à se mêler de la conduite des religions.

Ce n'est pas à l'état de dire ce que doivent ou peuvent croire ou non les gens. Ils croient ce qui leur paraît juste de croire. et aussi longtemps qu'il respecte la loi, et bien il se comporte comme ils l'entendent.

La discussion porte donc sur le contenu de la loi et non pas sur les intentions qui mettent les gens, donc sur ce qu'ils seraiitent au départ, non pas sur ce qu'ils sont, mais sur ce qu'ils font. Voilà la règle républicaine simple à appliquer à condition de ne pas utiliser la laïcité comme un argument pour masquer la volonté de s'en prendre à une religion à un moment donné ou celle-là ou une autre pour eux c'est toujours pareil. Il s'agit surtout d'habiller avec des mots, avec des illusions des faits de domination.

Le racisme qui sépare le peuple, le sexisme qui sépare les êtres humains en général, la haine de telle ou telle religion, je veux dire que ce soit de l'islam ou du judaïsme ou du catholicisme ou du protestantisme, toutes sortes de sentiments rodieux. Tout cela est ferment de division et c'est au pire moment que cela se produit. Je mets en garde les apprentis sorciers parce qu'ils seront victimes comme les autres des conséquences de leurs actes.

Comme les autres. Nous sommes à l'heure ou devant la crise de l'écosystème, devant le changement climatique, devant le gardon qui monte en un quart d'heure de 4 m. Pour ne prendre que cet exemple récent, c'est le moment où tous les êtres humains doivent courir à la rescousse les uns des autres, se serrer les coudes.

Ce n'est pas le moment où il faut regarder pour voir quelle est la couleur de peau de celui qui vient vous aider ou la religion de celui qui est en train de se noyer. C'est le moment où il faut plus que jamais développer l'esprit d'entraide, de solidarité, de similitude, de communauté humaine. Voilà.

Et vous autres qui êtes en train de diviser tout le monde, de jeter de la haine de tous les côtés, de vouloir ranumer d'absurdes guerres de religion. C'est à ça que vous faites obstacle. C'est à la formation de cette entrée d'humaine sans laquelle il n'y a pas de perspective, ni dans le moyen ni dans le long terme.

La crise écologique vous invite plus que jamais à serrer l'Iran. Alors après cela, je vous ai dit, on a vu les obstacles qu'il y a aujourd'hui à la liberté. Je les ai résumé.

Je pourrais vous parler des obstacles qui divisent la communauté humaine, les êtres humains, que sont les obstacles à l'égalité. quand 1 % de la population de ce pays possède deux fois plus que les 50 % les plus pauvres. Quand certains font sécession, ont leur propre quartier fermé avec leur propre système de sécurité, leur propre alimentation.

Il y a à Paris de ça tant et plus. Il y en a aussi chez moi à Marseille dans le 8e arrondissement où la moitié des résidences sont des résidences fermées et on voit que ça se développe chacun pour soi, chacun sa petite loi et dans ses obstacles à l'égalité. Voici d'autres comportements plus régressifs aussi.

Voici de nouveau, il s'agit de contrôler quelle est la tenue des femmes. Ah, on parle des jeunes femmes ou des jeunes filles. Comme si ce serait jamais un jour le fait que les jeunes gens se construisent à travers les tensions de leur époque, les modes, les dominations culturelles et dans le regard des autres, ils cherchent ce qui peut se faire, ce qui ne se fait pas parce qu'ils sont pas plus fous que vous et moi.

Bien sûr, les parents aident. Bien sûr, les éducateurs aident. Mais rien ne doit être fait qui puisse donner à la jeune personne, fille ou garçon, mais là nous parlons de fille, le sentiment que par essence, du fait de leur corps, elles auraient des exigences supplémentaires qui s'appliqueraient à ell plutôt qu'au jeunes garçons.

C'est une erreur totale d'agir de cette façon. Ce n'est pas en procédant de cette façon qu'on éduque. L'éducation est fait d'émancipation, c'est-à-dire de conquête de la pleine possession de soi.

Et naturellement, ça s'apprend. Ça s'apprend jusqu'à 3 ans. Il faut apprendre l'art de dire non.

Il y a des enfants qui sont très doués pour ça. Il disent non tout le temps et à tout. Alors comme ça au moins, on est sûr que ils ont une existence personnelle tout à fait singularisée.

Et puis d'autres, c'est un peu plus long. Et certains vous font une crise d'adolescence à 15 ans, à 16 ans, d'autres même beaucoup plus tard et puis d'autres non, à 10 ans ça commence. Mais tous les êtres humains, on passent par les mêmes phases et le rôle des adultes et des éducateurs est d'accompagner pour que le risque soit le moins grand et surtout que l'autocontrôle soit le plus grand.

Et puisque je suis sur ce sujet, je vais venir à l'égalité en droit de ceux qui sont assujettis d'une manière similaire à la loi. Je vais être concret. Pourquoi un jeune homme ou une jeune femme qui a 16 ans qui peut donc voter au prudom à qui s'applique la loi pénale, il ne relève plus de la justice des mineurs qui peuvent être émancipés par leurs parents et exercer l'autorité parentale.

Pourquoi ces jeunes gens-là n'auraient pas aussi le droit de vote ? C'est une des propositions que contient pour ceux qui le connaissent le programme l'avenir en commun et que je crois être sans doute ce qui nous mettra dans l'obligation pour que les jeunes gens puissent à 16 ans prendre les bonnes décisions comme citoyens soucieux de l'intérêt général et pas de leur intérêt particulier de surveiller que leur éducation est du meilleur niveau possible que leurs connaissances sont assez étendues pour qu'ils puissent bien exercer cette responsabilité qu'on y arriverait J'appartiens à la génération qui avait la majorité à 21 ans. Je dois pas être le seul dans cette salle.

Je me rappelle les attitudes éberluées quand on disait qu'on donnerait la majorité à 18 ans. À 18 ans, vous n'y pensez pas, monsieur Mélenchon ? Mais si, bien sûr que si.

C'est marqué dans le programme commun. Non, c'est pas le programme commun, ça s'est fait avant. Donc c'est dire que si Giscar est capable de faire la majorité à 18 ans, bon ça devrait pas être trop dur pour les autres de comprendre les raisons qui conduisent à la vouloir à 16 ans.

Enfin, pour ce qui est de la fraternité, je vous ai dit ce qu'il en était du séparatisme des riches. Mais je veux, puisqu'on me donne la parole, aller un peu plus loin. J'ai parlé de la crise écologique.

Autrefois, toute la population masculine payait l'impôt du temps parce que les frontières étaient régulièrement percées comme je vous l'ai rappelé il y a un instant et donc il fallait tous courir aux frontières pour les protéger. Dorenavant, le danger essentiel ne vient pas de là. Le danger essentiel vient du dérèglement climatique et face au dérèglement climatique, nous avons besoin de l'aide de tout le monde.

Et quand je dis de l'aide, c'est de la capacité à mobiliser autant de monde qu'il en faut pour faire face à autant d'incendies qu'il y en qui s'en présenteraient en même temps, à autant d'inondation qu'il s'en présentera en même temps et de plus en plus souvent. Car le réchauffement fait que la mer méditerranée qui est une mer quasiment close puisque son seul passage avec l'océan mondial ne fait que 13 km au détroit de Gibraltar. La mer méditerranée s'évapore plus vite que les autres océans, provoquant ainsi des concentrations d'eau qui tombent sur une terre totalement desséchée et largement imperméabilisée.

Le cycle de l'eau est totalement détraqué. Le cycle de l'eau est le cycle fondamental de la vie humaine. Dès lors, il faut que l'on puisse disposer d'une capacité de conscription pour la sécurité civile.

La nôtre, mais aussi parfois celle de nos voisins à qui nous devons aller prêter main forte chaque fois qu'il le faudra. Je dis nos voisins de l'ensemble du petit bassin de la Méditerranée qui a des conditions météorologiques et souvent de la biosphère assez comparable. Alors pour faire tout ça, il faut des lois.

Pour faire des lois, il faut un peuple. Où en sommes-nous ? En 494 avant notre ère, comme les patriciens n'en faisaient qu'à leur tête, le peuple se retire sur l'aventin et dit "Puisque vous êtes si malin, débrouillez-vous." Naturellement, les autres ont pas eu d'autre choix que d'aller les chercher.

Et ils ont créé une institution qui a donné le pouvoir au peuple d'opposer un droit de vétoiciens, c'est-à-dire aux riches et aux sénateurs. Ce sont les tribans du peuple dont la personne était sacrée. Car quiconque touchait à un tribulement s'explosaur de graves ennuis, mais c'était considéré comme un crime religieux.

Depuis, apparemment, ce n'est même plus un crime que de les menacer. Mais enfin, on pourrait revenir à des relation plus normales. Et les tribans femmes et hommes, redeviendraient des personnes sacrées.

En droit, ils le sont, mais en pratique, ils ne le sont pas. En attendant, où en est-on de l'exercice de cette liberté ? Je ne vais pas faire un discours pendant une heure sur le thème, ni vous raconter les méfets de la monarchie présidentielle puisque vous assistez la plupart du temps un peu stupéfait à ces agitations parfois assez frénétiques, d'autrefois plus apaisé.

Mais quel qu'il soit d'ailleurs, l'occupant des lieux est promis à la folie du fait des pouvoirs qui lui sont donnés à ce moment et de la cadence de la vie que l'exercice d'un tel pouvoir inflige qui n'a rien à voir avec ce que des êtres humains peuvent faire et avoir comme délai pour se reconstituer et à décider. Mais sans aller si loin, je vous fais observer que comme en 494 avant notre ère, le peuple s'est réfugié sur l'avent, il ne vient pas voter. De moins en moins, aux élections municipales, c'est la plus plus fort niveau d'abstention qu'on n'est jamais observé pendant toute la 5e République.

Et aux dernières élections partielles, nous sommes entrés dans le ridicule. quand 12 % des électeurs se déplacent et que on va pouvoir être élu avec même pas 2 % des inscrits au premier tour, ça ne veut plus rien dire. La loi sans le peuple, ça ne veut rien dire.

Alors oui, ah les puissants peuvent se frotter les mains, ils décident entre eux parce que ils y vont voter. Ceux qui ont compris, ceux qui sont assez malades pour savoir, les autres, ils vont même pas. Ils disent c'est une comédie.

De toute façon, qui qu'on éise le résultat est toujours le même. Ils ne font pas ce qu'ils ont dit qu'ils feraient et ils ne le font pas parce qu'ils nous disent que ils en sont empêchés. Ils ne font rien contre cet empêchement.

La République est menacée non seulement par les divisions qu'on y introduit à coup de marteau d'heure en heure quand on veut séparer les Français entre eux d'après leur religion. Mais elle est menacé par le vide. de l'intervention populaire.

Il n'y a pas de République possible, c'est-à-dire de loi commune qui ne soit décidé autrement que par le grand nombre. Si le grand nombre ne vient pas voter les lois, la loi n'a pas de légitimité. Et vous pouvez toujours vous gargariser en disant "Mais la loi c'est la loi, nous le savons." Mais là encore, il faut passer du formel au réel comme de la liberté formelle à la liberté réelle comme de l'égalité formelle à à l'égalité réelle comme de la fraternité formelle à la fraternité réelle.

Il faut passer du pouvoir du peuple et de sa souveraineté formelle à sa souveraineté réelle. Il faut qu'il vienne voter. Et pour qu'il vienne voter, on ne peut faire autrement que de lui demander puisqu'il ne croit pas à ces règles du jeu-là, quelle règle du jeu il veut.

C'est la raison pour laquelle nous adjurons nos compatriotes de comprendre qu'il leur faut réunir une assemblée constituante dont les membres peuvent être aussi bien élus que tirer au sort. Une assemblée qui décide les règles du jeu. Je vous adjure de le comprendre si vous ne le faites pas au calme, si vous ne le faites pas dans l'ordre et parce que vous l'avez décidé, vous devrez le faire de toute façon dans le chaos et le désordre qui s'avance vers nous.

Du fait des incuries ajoutés d'un système politique impuissant, de la finance qui règne et qui fait n'importe quoi, de la crise écologique que vous êtes incapable de contenir et cetera et cetera. ce que je vous ai raconté à propos des cinq autres en République qui ont précédé celles que nous voudrions voir surgir de la volonté du peuple avec la 6e République. Pourquoi attendre que le blocage devienne violent ?

Pourquoi ne pas décider de le débloquer pacifiquement et tranquillement par nos votes ? Et bien c'est ce qui va se produire. Aussi bien nous avons besoin d'une constituante.

Nous autres français, nous sommes comme ça. Les anglais n'ont pas de constitution écrite. Ils n'en ont pas besoin.

Ils arrivent à vivre comme ça. C'est c'est leur c'est leur génie. Mais pas nous.

Nous en 228 ans, nous avons fait cinq Républiques, deux empires, trois monarchies et une dictature. C'est comme ça. Nous avons la tradition profonde de nous remettre en cause à intervalle régulier.

Mais apparemment, il faut attendre que ça tourne mal pour qu'on s'y mette. Celle-ci d'ailleurs de République a été réformée 24 fois et on vous dit "Ah mais c'est un régime extrêmement stable." Bah oui, en effet 24 fois la durée moyenne d'un ministre des finances est égale à celle de la 4e République.

Il a rien de changer de ce point de vue. Donc tout ce qui avait été promis à force est usé et n'a pas eu lieu. Notre peuple est devenu un peuple urbain.

Quand la 5e République a été proclamée, la majorité était rurale. Nous vivons dans de toutes autres conditions. Notre peuple s'est créé.

Vous ne le savez pas. Vous ne voulez pas le savoir. Vous ne voulez pas en entendre parler.

Vous n'avez pas vu comment est fait le peuple français aujourd'hui. Vous ne savez pas qui c'est. Vous ne vous baladez jamais.

Bien sûr que le peuple français a commencé une forme de créolisation qui est nouvelle dans notre histoire. Mais il faut pas en avoir peur. C'est bien.

On avance, on bouge, on respire, on vit. C'est mieux ça que d'être ces peuples qui vont décroissant où il y a de moins en moins de monde où on ne fait pas d'enfants parce que la vie n'est pas si intéressante que ça chez eux ou bien ils doivent se regarder bizarrement entre eux. Mais oui, faire des enfants, avoir des enfants, quand on peut, hein, c'est une une forme de confiance dans le futur qu'on peut faire et de responsabilité qu'on prend parce qu'on s'engage, on s'y intéresse beaucoup plus directement que si c'est une idée abstraite.

Et puis si on en a pas, on aime ceux des autres. Voilà. Et on s'emporte très bien mais à condition qu'il y en ait.

J'essaie de dire à demi mots des réalités que vous connaissez tous. D'accord ? Voilà pourquoi nous avons besoin d'une nouvelle règle du jeu.

Nous avons besoin dans certains pays, il mettaient ça sur les paquets de pâtes et de spaghettis pour que les gens discutent à la maison. Alors on discute avec ses enfants, comment on organise la République, qu'est-ce que c'est la République et cetera et nos mots m'y comprennent parfaitement. Moi, je me fais donner la leçon par un jeune garçon qui a 10 ans et qui me trouve trop modéré des fois.

Et oui, et d'autres fois, on me prend à partie sur l'insuffisance de ma sévérité écologique parce que c'est pas c'est pas normal. Pourquoi ? Alors que je suis député, je laisse faire la diffusion du glyphosate et des néonicotinoïdes.

Même si je dis "Mais j'ai voté contre, d'accord, mais tu fais quoi par voter ?" Bah, je fais ce que je peux, je milite déjà, je vote contre. Mais voilà, ils nous interpellent, ils sont conscients, c'est bien, non ?

La conscience est répandue, est tendue à des jeunes gens de plus en plus jeunes. C'est bien. C'est bien.

C'est la vie bon sang. Il s'intéresse à tout. Tant mieux.

J'en ai connu qui s'intéressaient à rien. Ils étaient mortels. Ceux-là sont vivants.

Voilà pourquoi cette 6e République, cette constituante est un besoin vital de la nation française. La nation française, parler de nation française, ce n'est pas exalter le nationalisme, c'est exalter la République. Parce que chez nous, c'est la République qui crée la nation et pas l'inverse.

Je vous l'ai dit tout à l'heure. C'est-à-dire que ce sont les institutions politiques qui créent la communauté légale et d'identité des individus. dire vive la nation en 1792, ça voulait dire vive le fait que nous sommes citoyens.

Nous ne sommes plus sujets, nous sommes citoyens. Ah ben la monarchie, elle est abolie. Ce n'est plus le pouvoir d'un seul.

Comme disait Saintjuste, les rois sont des monstres. L'affaire était entendue. Voilà.

Alors, qu'est-ce que tout ça à voir avec la réalité ? et bien que dans 18 mois, vous retournerez aux urnes pour désigner le prochain président de la République ou la prochaine présidente. C'est en France la seule élection qui donne du pouvoir à quelqu'un et suivant la personne qu'on élit, il en fait évidemment ce que vous voyez en général parce qu'il a dit qu'il allait faire.

Autre chose souvent assez contrariant. Mais pourquoi peut-il le faire ? Parce que tel est le système politique que le spectacle finit par l'emporter sur toute réalité.

C'est la raison pour laquelle je vous le dis solennellement. compte tenu des dangers que nous rencontrons, des difficultés qui s'avancent 18 mois, c'est peu de temps pour construire une conviction de masse en profondeur, une majorité d'adhésion parce que la République ne peut pas être la coalition de tous les refus. Elle doit être une volonté d'adhésion à un projet en plan, une méthode politique.

Je vais pas abuser de la situation, je crois la partager avec un certain nombre d'entre vous dans cette salle. Évidemment que pour nous, la question du programme l'avenir en commun est essentielle et nous avons besoin de ces 18 mois qui sont définitivement fort court pour convaincre et étendre le nombre de ceux qui demain après avoir beaucoup demandé devront se mettre au boulot pour appliquer le programme en question. Bref, nous avons un devoir d'opposition.

J'ai l'impression que je viens d'y souscrire en vous disant tout le mo que je pensais du discours du président de la République au Panthéon. J'ai dit le mal qu'il méritait et rien de plus. Mais je vous le dis encore une fois, il s'agit de construire et on peut le faire d'autant plus facilement qu'on partage en commun non pas des valeurs.

J'aime bien ce mot, je suis comme tout le monde. Enfin, les valeurs, ce sont des valeurs. On se croirait à la bourse, les valeurs, non, des principes ont comment.

Si l'égalité est un principe commun et si nous l'avons tous bien compris, on aura fait un grand pas. Mais beaucoup de gens n'ont pas bien compris jusqu'au bout ce que signifient les implications du principe d'égalité et de même pour la liberté et pour la fraternité. Tout ce qui élève le niveau, tout ce qui ajoute à l'éducation populaire, tout ce qui permet à la jeune génération d'entrer dans les débats que nous n'allons pas nous réserver à nous qui savons, est bon et profitable pour la vitalité de la nation.

Bon, alors pour le temps qui nous sépare de cette échéance, je vous donnerai un conseil tiré de la Boie. Il parle du tyran. Je ne pas faire de mauvais rapprochement ni attribuer des mots exagérés.

En fait, lui, il appelle tyran celui qui arrive à étourdir le peuple et il nous donne le conseil suivant. à nous qui des fois pouvons rester un peu ébêtés et quasi fascinés ou peut-être hypnotisé et dit je ne veux pas que vous le heuriez ni que vous les branliez quand même mais bon c'est pas le conseil de la boie je veux seulement vous demander Ne le soutenez plus et vous verrez comme un grand colosse dont on dérobe la base se laisser tomber de son propre poids et se briser. Je ne souhaite rien d'autre.

Vive la France et vive la République et la boissie. [applaudissements] [applaudissements] Bonsoir [applaudissements] [applaudissements] Merci surtout. Euh nous abordons maintenant le dernier petit volet de cette soirée qui sera nettement plus court que le 2è je vous rassure compte tenu de l'heure avancé pour vous présenter donc ce que va être cet institut la Boessie.

C'est un projet d'ensemble qui d'abord moi je suis très content de cette soirée parce que il a nécessité beaucoup de travail préalable de réflexion de fallait-il le faire ? Comme Jean-Luc l'a rappelé, il existe des réseaux de journaux, d'autres instituts. Fallait-il avoir un institut de plus ?

Ça a été une décision que nous avons prise parce que nous pensons que nous avons une forme de singularité dans l'expression et dans l'orientation, y compris des travaux que nous que nous mettrons en œuvre. Tout d'abord, cet institut sera un lieu de production intellectuelle. Elle est pour nous et dans la manière dont nous concevons la politique absolument nécessaire.

On n'élabore pas une politique avec des sondages. On nélabore pas une politique avec des mots d'ordre simplement qui seraient sortis de nulle part parce qu'il plairait à un moment donné. Il faut comprendre les réalités sociales.

Il faut étudier, travailler, y compris avec des scientifiques, avec, j'y reviendrai, je n'aime pas le terme, mais avec des sachants plutôt peut-être que experts. Je pense que le mot sachant est plus juste. Et dans ces sachants, il n'y a pas évidemment que des docteurs et sciences ou sociologie académique.

Il y en a il faut des chercheurs, il faut travailler avec de jeunes doctorants, avec des docteurs, avec des post-doctorants, il faut avec des intellectuels comme on disait autrefois et il faut aussi avoir autour des militants. Donc nous allons essayer des syndicalistes, autrefois on parlait même de temps en temps à propos d'un syndicat en particulier qui a bien dérivé d'un intellectuel organique. Peut-être qu'il faut recréer comme ça des intellectuels organiques et en tout cas c'est notre volonté.

Il faut aussi être doré avant dans des sociétés plus fluides que nous connaissons en réseau et il n'y aura chez nous pas de frontière. Nous travaillerons avec ceux qui se constituent. J'en vois quelques-uns dans la salle qu'il soit au vent se lève journal bien connu.

Donc je profite pour faire un peu en ligne un peu la publicité puisqu'ils en ont besoin. Ou que ce soit l'Institut Rousseau qui s'est créé récemment ou quelques autres. Je pense que nous avons là une famille de de structures et d'individus qui cherchent à réfléchir dans le même sens.

Il faut avec tout cela des créer des contrepoids au discours dominants et nous sortir effectivement d'une forme de servitude mentale, se défaire des états d'évidence, disait la boissie. Il faut également, je crois et c'est notre rôle de plus en plus surtout au plus âgé d'entre nous don Corte que j'ai maintenant rejoint depuis quelques temps, assurer la transmission et la diffusion. De ce point de vue-là, nous croyons encore à l'écrit.

Vous avez sur les tables à l'entrée déjà deux notes euh écrites qui vous permettent de les emporter, de les réfléchir. Je ne pas qu'on réfléchit pas en lisant sur des écrans, mais enfin le papier reste quand même un médium qu'il faut vénérer. Et je crois aussi parce que je déplore à cet instant, c'était pas notre famille de penser, mais la décision qu' prise Pierre Nora et Marcel gaucher d'arrêter la revue le débat est un signe assez grave dans notre société.

Peu importe finalement la l'orientation idéologique qu'il défendait, le fait que des intellectuels de cette qualité décident tout d'un coup qu'il n'y a plus place dans notre société, dans la société française avec son histoire pour une revue de cette ampleur et pour moi un signe assez grave de l'état dans laquel nous vivons, dans l'état dans laquel y compris le débat public peut se nouer. Et Dieu sait pourtant que je n'étais pas d'accord avec ce qu'ils écrivaient. Mais enfin, c'est comme ça.

Troisème chose, nous sommes aussi dans un réseau européen, l'Institut la Boessie comme institut pour l'instant, comme fondation après et membre d'une organisation dont vous n'avez sans doute jamais entendu parler, à part sans doute les députés européens et quelques-uns, Transforme Europe qui est un réseau de fondation dans laquelle il y a par exemple la fondation qui est liée à Potemos, dans laquelle il y a une fondation autrichienne, une fondation allemande. Souvent les Allemands sont les plus riches, mais bon, on essaiera de les concurrencer. Euh et en France, il y a deux autres organisations qui en sont membres.

Espace Marx, je sais pas si Yan Leland finalement est venu ce soir, j'ai du mal à voir. Et la fondation Gabrielle P qui est connue d'un certain nombre d'entre nous et nous allons disser des liens avec eux parce que là encore, je pense qu'il y a une mise en marche un peu comme une tortue romaine qui est une image que j'aimais bien autrefois sur le plan intellectuel évidemment à mettre en place. Cette diffusion se fera y compris au moyen d'écrit des notes.

Il y aura du travail. Je laisserai ensuite la parole à Clémence. Il y aura y compris des formations parce que sans cette transmission par les formations, les choses se perdent et je crois que ici tout le monde en est persuadé.

Un dernier mot pour vous dire quelle sera cette équipe au départ en dehors de ma modeste personne qui un président le plus proche possible mais pas forcément toujours présent pour des raisons professionnelles. Il y aura Bastien Lachot qui est député qui en sera le délégué général. C'est peut-être vraiment mon homme de confiance vous dire.

Il y aura qui est ici avec moi sur l'estrades Clémence Geté qui elle dirigera le secteur étude. Antoine Prat fera pra ou Prat fera les formations et Arnaud Legal l'international. Nous développerons ensuite d'abord sur deux niveaux.

D'abord, nous espérons très vite faire des binôes paritaires comme c'est la règle dans la toutes les organisations que nous essayons de mettre en place et par ailleurs de développer d'autres secteurs. Je laisse maintenant la parole à Clémence pour qu'elle présente le programme de travail tel qu'il s'annonce. Merci beaucoup. [applaudissements] Merci beaucoup.

Bonsoir à toutes et à tous. Bernard L. On est très content d'être là et on se fixe une tâche ambitieuse avec la création de cet institut parce que il le disait, la galaxie est déjà bien remplie mais on espère pouvoir créer un espace de réflexion intellectuelle, de dialogue qui nourrissent et continue de de faire perdurer nos idées au-delà des commentaires médiatiques qui ont parfois du mal à dépasser l'urgence et l'immédiateté.

C'est c'est la mission qu'on se fixe avec cet institut notamment. Il a parlé des supports euh des notes des séminaires de formation de de la revue de tout ce qu'on a on va essayer de de publier à l'Institut la BOESI. Euh je j'en profite pour vous dire qu'on va avoir un qu'on a dès ce soir un site internet euh dont je vous donne l'adresse institutaboessie.fr.

C'est important que vous alliez y faire un tour parce que on va l'alimenter et dès ce soir, Bernard le disait, il y a deux notes qui ont été mises en ligne et qui donnent une idée de notre programme de travail. programme de travail dont je veux dire un mot, on a choisi, on a priorisé entre différents sujets qui s'imposaient à nous par l'urgence et les conséquences intellectuelles de réflexion nécessaire posé par l'épidémie du du coronavirus. Le premier sujet qu'on va traiter, ce sera celui de la réappropriation politique du temps.

Je vais y venir vous expliquer un peu plus en détail ce qu'on entend par là. Et le deuxième, c'est celui de l'analyse des enjeux géopolitiques contemporains. Euh donc j'entre dans le détail un petit peu pour le premier sujet sur le temps.

Pourquoi se poser cette question ? Elle nous paraît fondamentale parce que la pandémie du coronavirus a remis sur scène la nécessité de planifier, vous le savez, de planifier l'industrie parce qu'on s'est retrouvé à cours de masque, de médicaments, de test d'à peu près tout à vrai dire et que une planification politique dans le temps aurait pu permettre de faire face de manière différente. Donc le temps s'est imposé à nous de cette façon-là et il s'est imposé aussi à nous par la planète, ce qui s'est manifesté.

Vous savez que c'est une pandémie euh qui a une origine animale et le temps long, le temps de la planète et des conséquences de ce que nous lui faisons subir s'est imposé à nous et ces événements extrêmes, pandémie, incendies et cetera vont se répéter, vont s'intensifier sans doute et que c'est urgent désormais de bifurquer tout de suite. Notre hypothèse, celle qu'on fait, c'est et on n'est pas la seule à la faire, c'est celle d'une accélération généralisée des temps, d'un dérèglement des rythmes globaux dans la société. Et on fait le le pari que il faut se réapproprier politiquement le temps.

Quand je parle des temps, je parle du temps du capital par exemple qui est le temps des profits, des échanges, des dividendes et cetera. Quand on sait que aujourd'hui une action est détenue pendant 22 secondes alors que c'était 2 ans en 2000 et 6 ans en 1975, on voit cette accélération très nette du temps. Quand je parle du temps, je parle aussi du temps de la technique et le débat actuel sur la 5G pose cette façon cette question de façon extrêmement prignante.

Est-ce que le progrès doit s'arrêter à un moment donné ? Quelle est cette course et freinée au progrès ? où est-ce qu'on met un un cran d'arrêt et puis je pense aussi au temps médiatique qui est celui du buzz de l'instantanéité.

J'en parlais au début de mon intervention. Comment ralentir de ce point de vue-là ? Le dernier des temps que que l'on peut citer, c'est le temps social qui est en fait celui qu'on a dont on a choisi de partir pour cette note.

Le temps social et notamment le temps de travail puisque vous le savez, c'est un sujet que historiquement notre dont notre camp historiquement emparé. La réduction du temps de travail d'abord dans la journée, puis dans la semaine, puis dans la vie avec le droit à la retraite et on veut continuer ce combat. Donc la première note que nous que nous publions sur notre site internet est une note sur la réduction du temps de travail avec de nouvelles solutions politique à savoir la semaine de 4 jours et des 32 hees comme une solution politique pour partager le temps de travail, partager l'activité au moment où des milliers de personnes se retrouvent au chômage après la pandémie et en rejoignent déjà des milliers d'autres malheureusement. partager l'activité et aussi un objectif d'émancipation individuelle et collective qui est que si on borne le travail dans le temps qu'il prend dans la vie, on aura plus de temps aussi pour les loisirs, pour s'occuper des nôtres, pour s'investir dans la vie de la cité et cetera et cetera.

Et c'est donc un objectif politique que l'on que l'on doit poursuivre. Ça c'était pour la question du temps et j'espère que ça vous aura donné envie de suivre tous les travaux que que l'on va développer sur la question. Le second cycle de séminaires et et de notes porte sur les enjeux géopolitiques contemporains qui là aussi se nous sont apparus de comme une question fondamentale après la gestion de la pandémie notamment parce que les réactions étatiques et des instances transnationales à cette à cette pandémie ont été bien souvent décevantes.

Je ne donne qu'un exemple mais qui est celui du plan de relance de l'Union européenne. Que peut-on attendre de l'Union européenne quand dans un moment comme ça la solidarité essentielle est inconcevable dans cette dans cette alliance dont nous on attendait pas grand-chose mais il est important de se reposer ces questions après une crise comme celle qu'on a vécu. C'est aussi la première note qui qui défriche tous ces tous ces enjeux géopolitiques. creux, on interroge la posture française qui est celle de Macron aujourd'hui. une posture occidentalo atlantiste forte et et revendiquée comme telle que l'on vient nous encreux questionner pour plutôt affirmer une position qu'on voudrait une position d'indépendance mais aussi de partenariat choisi de relations nouvelles avec d'autres pays pour faire face au défis écologiqu j'en parlais pour faire face à la mondialisation néolibérale et cetera et donc après cette analyse Dans cette première note toujours, on on en vient à étudier de près la stratégie du choc qui a été mise en place dans beaucoup de pays, en France aussi d'une certaine façon d'ailleurs avec l'état d'urgence sanitaire qui en fait a permis dans beaucoup d'endroits dans le monde de renier toujours un peu plus les droits et les libertés individuelles et publiques et on essaie de se donner un peu de de d'espoir, un peu de vision positive et Là, l'auteur de la note se penche en détail sur certains des soulèvements populaires qui ont eu lieu de par le monde cette année, mais grosso modo les 10 dernières années avec plein de pays où si on peut pas comparer ou dire que les phénomènes se sont déroulés de façon identique, on peut tout de même apercevoir que la dans la souveraineté réaffirmée du peuple, il y a quelque chose à étudier, à saisir et des moments en tout cas où le peuple réaffirme ses droits et ses libertés.

Et donc une fois qu'on a fait cette analyse, le on esquisse une série de solutions potentielles qui vous le verrez sonne comme un programme de travail qui est le programme du travail de de ce deuxème cycle de séminaire. Je je vous en cite quelques-unes pour vous donner un avant-goût, mais c'est par exemple le renforcement de l'ONU comme une instance primordiale dans la coopération entre les États. Ce sera aussi étudier la question de la résolution des dettes pour reprendre le contrôle sur les économies. il faut s'intéresser de près à la question des dettes.

Et c'est aussi par exemple sur le plan industriel prendre au sérieux l'impératif de relocaliser et définir un cadre juridique à l'international qui permettrait de le faire. Plein de questions, plein de défis qui nous permettent de de réaffirmer une vocation internationaliste qui est la nôtre, qui se combine avec la souveraineté des peuples dans la définition stricte des échanges qu'il souhaitent avoir avec le reste du monde. Voilà, donc un programme de travail ambitieux.

Euh j'espère que ça que ça vous intéressera et que d'une façon ou d'une autre, vous y prendrez part en participant, en rédigeant des notes, en assistant aux formations et cetera. On veut que ce soit une maison ouverte cet institut et donc j'espère que nos travaux vont vous intéresser. En attendant, je vous souhaite une bonne fin de soirée et j'en profite pour vous dire que il y a un cocktail juste après et que on peut poursuivre ces échanges juste à côté.

Merci beaucoup. Merci à vous. [applaudissements]

«La République n'est pas un régime neutre» - Lancement de l'institut La Boétie — Jean-Luc Mélenchon · Pourquijevote