Loi sur l’aide à mourir: «Le droit de choisir de mourir dans la dignité», salue Olga Givernet, députée Renaissance
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Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Olga Givernais, bienvenue à RFI en cette journée, on l'a dit, de vote historique à l'Assemblée Nationale où les députés devraient, sauf énorme surprise, adopter la loi sur l'aide à mourir pour les personnes incurables. Après des décennies de batailles législatives, des débats houleux, c'est un nouveau droit qui va être accordé aux Français et comme la grande majorité d'entre eux, vous y êtes favorable, Olga Givernais, vous allez voter en faveur de cette réforme sociétale cet après-midi.
Je vais voter comme j'ai pu voter sur les précédentes lectures, on est sur la troisième lecture à l'Assemblée Nationale et la dernière, la finale, après un processus long, j'en conviens, un processus difficile, non je dirais pas, je pense que vu la réforme sociétale que ça implique, eh bien il faut prendre le temps, c'est plusieurs années, alors moi je suis députée de l'Ain à la frontière avec la Suisse, je connais le système de la Suisse et du suicide assisté, j'ai pu m'y déplacer, me déplacer également en Belgique pour voir comment est-ce que tout cela se passe et je crois que la France va se doter d'un droit qui lui est tout particulier, avec les critères et les conditions que j'aime à rappeler, il faut être majeur, on ne parle pas de personnes mineures, il faut être résident français évidemment, toucher d'une maladie incurable, avoir une souffrance également physique ou morale qui en découle et évidemment avoir une décision libre et éclairée, ce n'est pas une histoire de consentement, c'est vraiment une demande faite par le patient.
C'est une réforme qui consacre un véritable progrès sociétal comme l'ont pu être en leur temps, l'abolition de la peine de mort ou bien encore l'IVG ?
C'est un progrès oui, parce que nous abordons aujourd'hui la mort en face, comme a dû le dire le président de la République, c'est une réforme qui lui sera attribuée à son deuxième quinquennat et c'est important de le rappeler et c'est une réforme qui nous permet d'avancer effectivement sur ce que nous attendons de la vie et ce que nous attendons de la mort et ce que nous attendons aussi de notre communauté médicale dans cet accompagnement. Et cet accompagnement doit être à la vie et à la mort. Et donc la prise en compte des difficultés de certains patients doit être mise sur le tapis.
Nous avons les soins palliatifs qu'il faut aussi développer, on le sait très bien, mais par contre sur le territoire français aujourd'hui, il y a encore une disparité sur ce développement. La question du droit de choisir, de mourir dans la dignité est un droit nouveau très attendu par les Français.
Et en attendant le vote cet après-midi, les opposants à cette réforme ne désarment pas. Après le président du Sénat, Gérard Larcher, c'est aux surprises le Premier ministre Sébastien Lecornu qui a annoncé également hier sa volonté de saisir le Conseil constitutionnel sur trois points qui lui posent question, notamment la clause de conscience pour les personnels médicaux. Est-ce un signe de défiance du Premier ministre, Olga Givernet, qui semble douter là où le président aimerait passer en force ?
Non, je pense que c'est un signe de la part du Premier ministre d'assurer le consensus jusqu'au bout de cette loi. Pendant les discussions, évidemment, le Conseil constitutionnel est souvent saisi sur des projets de loi. Il est important d'identifier s'il y a des points qui restent en suspens. Je regrette que le Sénat n'ait pas fait la démarche de discussion et de débat, comme nous l'avons fait à l'Assemblée nationale. C'est aujourd'hui une démarche, pour moi, qui est normale et qui doit aboutir finalement à un texte qui ne sera plus contestable de part et d'autre. Il n'y a pas de désaccord au sommet de l'État ? Je ne crois pas qu'il y ait un désaccord.
Il y avait une question de calendrier et de priorité. Je suis heureuse que le président de la République ait remis ce sujet du droit de mourir dans la dignité à l'ordre du jour et comme une priorité de la fin de ce quinquennat.
Avec cette saisine probable du Conseil constitutionnel, est-ce que vous craignez une possible censure partielle de la réforme qui pourrait impacter l'accès à tous à ce nouveau droit ?
S'il y a des éléments qui méritent censure de la part du Conseil constitutionnel, je crois que c'est dans notre droit de s'assurer que les droits que nous ouvrons soient en corrélation avec notre droit constitutionnel. Donc je n'ai pas de crainte, je pense que ce sera la dernière finition à cette loi qui devra s'appliquer ensuite pleinement sur tout le territoire français.
Et le vote solennel sur la loi fin de vie, c'est donc à suivre cet après-midi à l'Assemblée nationale. L'actualité, c'est également aujourd'hui le gouvernement toujours sous le feu des critiques de l'opposition en pleine vague de chaleur, accusée d'impréparation, d'inaction climatique alors que les Français suffoquent et que les forêts brûlent. La France, Olga Givernais, a pris beaucoup de retard sous la présidence Macron sur l'adaptation face au réchauffement climatique.
Je crois que le retard a surtout été pris par les oppositions à toutes les volontés que nous avions depuis dix ans à faire avancer cette lutte contre le réchauffement climatique. Il y a eu des reculs aussi. Il y a eu des reculs parce que dans les consensus avec des opposants politiques qui niaient le réchauffement climatique et qui aujourd'hui finalement nous attaquent en disant qu'on n'a rien fait, je trouve ça un peu fort de café. Donc oui, aujourd'hui, il faut consolider nos trajectoires. Nous allons sortir la trajectoire de la stratégie nationale bas carbone.
Vous le savez, le carbone et les émissions font ce réchauffement climatique et engendrent des risques importants dans les intempéries et aussi dans les incendies.
On va rejeter la balle sur les oppositions. Mais par exemple, le fonds vert qui a vu ces fonds diminuer par trois, ça, ce n'est pas de la responsabilité de l'opposition ? C'est quoi ?
C'est des choix effectivement qui sont malheureux. On va encore se battre pour ce budget pour remettre les priorités. On l'a vu. Malheureusement, il faut attendre les crises successives pour prendre conscience. Mais je crois qu'aujourd'hui, ces trajectoires-là, nous essayons de les tenir au mieux. Il faut mettre des moyens en face. Ils ne peuvent pas être que budgétaires. Il faut aussi faire de l'incitatif. Il faut trouver des moyens fiscaux et démontrer aussi que cette politique doit embarquer tout le monde. On a plusieurs possibilités et outils pour la réussir. On va pouvoir en parler.
Alors, vous l'avez mentionné, le gouvernement publie aujourd'hui sa stratégie pour une France neutre en carbone en 2050. On n'y est pas. L'ambition d'une baisse des émissions de gaz et de serre était de 4% par an. On est aujourd'hui à 1,5%. Comment on revient dans la bonne trajectoire, le gaz et l'hernerie ? Est-ce qu'il faut accélérer le plan d'électrification de l'économie, de l'industrie, des transports ?
Oui, il faut le remettre à l'ordre du jour et remettre ses priorités sur cette électrification. Nous avons une électricité décarbonée. Elle doit pouvoir répondre à tous nos besoins de chauffage, mais aussi de climatisation, de production industrielle. Et donc, c'est vraiment un coup de pouce, encore une fois, pour remettre cela à l'ordre du jour. Il y a du chemin de parcouru. Et la France est là en premier lieu. Il y a des questions de sobriété aussi. Et il faut bien sûr développer tout ce qui est puits de carbone. Ça, c'est important pour pouvoir faire cette captation carbone. Donc, le gouvernement est toujours présent avec des volontés. Concrètement, ça se traduit comment ?
Vous-même, vous êtes en charge des transports ? Je suis en charge des transports. Donc, il y a la question de... Cette accélération se traduit comment ? L'atténuation, c'est d'abord du report modal, sortir de la dépendance aux énergies fossiles. Et vous le savez, les voitures, le transport de marchandises en est très dépendant. Il y en a également dans le logement avec l'utilisation du gaz. Et faire du report sur des consommations beaucoup plus décarbonées en utilisant de l'électricité. Il faut accélérer. Ça veut dire du leasing social également qui va être reconduit avec une annonce très prochainement pour avoir ces véhicules à disposition de tous les publics.
Donc, on n'y est pas encore, mais on avance.
Merci beaucoup, Olga Givernais, députée Renaissance, ancienne ministre de l'Énergie. Une très bonne journée à vous.
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Olga Givernet