Édouard Philippe : "Nous mettons le paquet sur l’école primaire"
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Et un grand entretien spécial ce matin avec Léa Salamé, notre invité jusqu'à 9h, et le Premier ministre Edouard Philippe. Pas de carrefour du 7-9 ce matin, vous pouvez retrouver néanmoins la revue de presse de Claude Askolovic en ligne sur le site d'Inter. Vous aurez la parole, amis auditeurs, dans une vingtaine de minutes. Vos questions par téléphone, 01-45-24-7000. Questions réactions également sur les réseaux sociaux et l'application France Inter. Edouard Philippe, Monsieur le Premier ministre, bonjour.
Bonjour Nicolas Demorand.
Merci d'être au micro d'Inter. Une question de climat, de moment pour commencer. Vous avez déclaré que l'année qui commençait là serait une année de bagarre sur le plan économique. Commençons par là. Le tableau s'assombrit, la croissance, on le sait, ralentit, les déficits publics augmentent, l'inflation repart à la hausse, le pouvoir d'achat des Français s'en ressent. Bruno Le Maire, à ce micro, disait qu'il fallait du temps pour que les résultats soient perceptibles. Alors, Monsieur le Premier ministre, combien de temps et quand est-ce que ça va marcher ?
D'abord, je ne me retrouve pas dans le tableau presque apocalyptique, en tout cas très sombre, que vous venez de décrire, qui ne me semble pas correspondre à la réalité. La croissance sera cette année d'environ 1,7 et je me permets de vous faire observer, Nicolas Demorand, même si ça peut sembler très théorique, que c'est exactement le niveau que nous avions indiqué l'année dernière lorsque nous avons fait la prévision pour l'année 2018. Il n'y a donc pas de ralentissement qui serait subi. Nous savions que l'année 2018 serait probablement un peu moins rapide que l'année 2017. 1,7% de croissance, Monsieur Demorand, c'est deux fois plus que la moyenne des dix dernières années.
Donc rien de nouveau et pas de quoi s'inquiéter ?
Non, mais c'est moins que l'année dernière.
C'est moins que l'année dernière, c'est vrai, c'est moins que l'année dernière un peu partout d'ailleurs. Et nous sommes à 1,7. C'est trop peu. Je vous rejoins volontiers, c'est trop peu et nous pourrions faire mieux. Ce qui est fascinant et inquiétant, c'est que dans notre pays, à 1,7% de taux de croissance, c'est-à-dire avec une croissance réelle, nous sommes encore à 9,1% de taux de chômage. Et partout en France, quel que soit le secteur d'activité, dans l'industrie, dans les services, dans l'agriculture, nous peinons à recruter la main d'oeuvre dont nous avons besoin pour permettre d'avoir plus de croissance et de créer plus de richesses.
Donc, c'est vrai qu'il y a un sujet de libération de notre capacité à croître, mais nous nous y attaquons en levant les freins un par un, en investissant massivement dans la formation et dans la compétence, parce qu'en vérité, c'est là qu'est le frein le plus massif à ce redémarrage de la croissance. Et donc voilà, nous regardons la situation en face, nous mettons en oeuvre nos politiques publiques. Dans un certain nombre de cas, les résultats sont présents, et dans un certain nombre d'autres cas, ils seront plus lointains. Mais vous savez, quand on change les choses, c'est toujours comme ça, il y a des résultats très rapidement, puis il y en a d'autres qui vont prendre plus de temps.
Sur le chômage, quand les réformes vont-elles commencer à apporter leurs fruits ? Vous dites, on est à 9% environ aujourd'hui. Le chômage va-t-il baisser en 2019 ? Est-ce qu'on passera sous la barre des 8% dès l'an prochain ?
Je me garderais bien de faire des prévisions sur des chiffres précis. Ce que je sais, c'est que le chômage baisse, et il va continuer à baisser.
Il va continuer à baisser parce que, sans faire aucun traitement statistique du chômage, je n'y crois pas, j'ai toujours été contre, sans maquiller les chiffres, car parfois ils ont été maquillés, y compris en recourant à des artifices, ou à des contrats qui permettaient de faire semblant de faire baisser le chômage, alors qu'en vérité, il ne baissait pas, nous allons continuer sur cette voie de la croissance, et nous allons investir massivement, et vraiment massivement, pour faire en sorte que nous puissions trouver les compétences, que ceux qui sont parfois le plus éloignés de l'emploi, ou ceux qui sont juste à côté de l'emploi, puissent y retourner.
Et je voudrais dire que cette question du retour à l'activité est au cœur de l'ensemble des politiques publiques que nous menons. C'est ce qui explique l'invitation que nous avons faite aux partenaires sociaux à discuter sur la réforme de l'assurance chômage. C'est ce qui explique une bonne partie du plan de lutte contre la pauvreté présenté par le Président de la République la semaine dernière. C'est ce qui explique l'investissement massif dans les compétences auxquelles nous puissions. C'est ce qui explique le développement de l'apprentissage, parce que nous sommes convaincus que l'apprentissage est la voie royale pour trouver un métier, pour trouver un emploi.
C'est au cœur de notre politique, c'est très important. C'est par le travail, par un travail qui paye mieux, que nous allons créer plus de prospérité et plus de richesse dans ce pays.
Monsieur le Premier ministre, pardon de vous ramener au chiffre, mais c'est le chiffre donné par votre ministre Muriel Pénicaud. Est-ce que vous maintenez l'objectif de ramener à 7% le chômage à la fin du quinquennat ?
Mais bien entendu. L'objectif, c'est de faire en sorte que le chômage baisse, et qu'il baisse nettement. Et nous pouvons le faire, mais nous ne pouvons pas le faire en regardant les chiffres et en se contentant de faire de la météo. Il faut prendre des mesures, des mesures qui sont parfois difficiles à expliquer, parfois, mais qui sont indispensables. Nous l'avons fait avec les ordonnances travail. Nous l'avons fait avec... Nous sommes en train de le faire avec les négociations sur l'assurance chômage. Nous le faisons avec la transformation du système scolaire. Encore une fois, c'est un objectif qui est parfaitement atteignable.
Ce qui est scandaleux, c'est le niveau très élevé du chômage aujourd'hui dans notre pays.
Edouard Philippe, le budget va être annoncé, détaillé. Jean-Michel Blanquer, pour l'éducation, a déjà indiqué qu'il y aurait 1800 postes en moins dans le secondaire, 1400 de professeurs, 400 pour des personnels administratifs. Mais en fait, ce sont 2600 postes en moins dans le secondaire, a-t-on appris hier soir ? J'avoue qu'on n'y comprend plus grand-chose. Combien de postes, au final, supprimés dans 7 parties du système scolaire ?
Collège et lycée ? Je suis assez sûr, au contraire, Nicolas Demorand, que vous comprenez très bien. D'abord, vous comprenez très bien, et vous allez parfaitement comprendre ce que je dis. Nous avons dit, dès le début, que l'éducation, l'enseignement supérieur, tout ce qui contribue à faire en sorte que notre population soit mieux formée, était une priorité. Ça se traduira comment ? L'année prochaine, dans le budget 2019, le budget du ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation augmentera d'environ 500 millions. Le budget de l'éducation nationale, qui est de l'ordre de 50 milliards, augmentera de 850 millions.
C'est-à-dire que nous investissons dans l'avenir, nous consacrons une part croissante de nos moyens au système de l'éducation nationale.
En supprimant des postes de profs. C'est un investissement dans l'avenir.
Absolument. En supprimant un certain nombre de postes, parce qu'investir dans l'avenir, ça ne veut pas dire ajouter sans transformer. Nous allons mettre plus de moyens, et nous assumons le fait de vouloir transformer. Quelques éléments. Une priorité. La priorité absolue, c'est l'école primaire.
Donc il y a 1900 postes en plus, c'est ça ?
C'est là que ça se joue. Mais c'est là que ça se joue. Parce que nous avons des résultats, il y a des éléments objectifs qui permettent de montrer que notre système ne fonctionne pas aussi bien qu'il devrait fonctionner. Et nous savons que pour faire en sorte que la population française soit mieux éduquée, mieux armée face au monde qui vient, il faut mettre le paquet sur l'école primaire. C'est ce que nous faisons. avec le dédoublement des classes, avec des systèmes d'évaluation qui vont nous permettre de mieux identifier à la fois individuellement les difficultés et collectivement les faiblesses.
Donc nous sommes en train de transformer profondément les premières phases de l'éducation avec l'école maternelle obligatoire, ce qui n'était pas le cas. Avec ce dédoublement des classes en primaire, qui fonctionne très bien et vous le savez. Et ça veut dire que nous mettons le paquet sur l'école primaire et ça veut dire que nous sommes parfaitement déterminés à transformer le système d'éducation pour faire en sorte que, oui, on puisse supprimer quelques postes quand c'est possible pour pouvoir développer d'autres activités là où c'est nécessaire.
1800 postes au global, comme vous le dites, 1800, qui ne sont pas 1800 postes de professeurs, mais enfin 1800 postes au global à l'éducation nationale, c'est 0,2% du nombre de postes à l'éducation nationale. Il est absolument certain, monsieur de Morin, que nous pouvons réorganiser le cycle secondaire de façon à mettre le paquet sur le primaire et absorber cela. Et un mot, je suis totalement convaincu que si l'on veut améliorer les choses, il faut réorganiser le système, c'est la réforme du baccalauréat que nous sommes en train d'engager, c'est beaucoup d'éléments que nous sommes en train d'engager, et il faut mieux payer les professeurs. Attendez, monsieur de Morin.
Est-ce que vous avez une annonce sur les professeurs, sur leur salaire ?
Lorsque nous nous sommes engagés, nous avons commencé à mettre en œuvre cette mesure. Dès 2018, nous avons dit, pour les professeurs qui sont, et qui enseignent dans les classes, qu'elles soient primaires, collèges ou lycées, les plus difficiles, celles qui sont classées dans ce qu'on appelle les REP+, nous donnons 1 000 euros de plus en 2018, 1 000 euros de plus en 2019, 1 000 euros de plus en 2020. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'en 2020, le professeur qui est encore enseignant en REP+, il aura 3 000 euros de plus par an. Pourquoi ? Parce que c'est redoutablement difficile, et parce qu'il faut aider les professeurs.
Nous développons les heures supplémentaires pour les professeurs, pas 50 heures supplémentaires, mais nous ouvrons la possibilité pour les chefs d'établissement de faire des heures supplémentaires dans leurs établissements, et nous ferons en sorte, grâce à la mesure sur les heures supplémentaires, qu'elles payent mieux et qu'elles payent plus ceux qui les font. Donc, encore une fois, je le dis, je le dis parce que sur France Inter, il y a une appétence particulière sur ces questions d'éducation, et à juste titre. C'est la priorité. Le combat des années qui viennent, c'est le combat de l'intelligence. Et nous allons le livrer.
Monsieur le Premier ministre, le temps presse, il y a beaucoup de questions à vous poser. Il n'y a pas une matinale, vous écoutez cette radio, il n'y a pas une matinale sans qu'on ait un appel d'auditeurs retraités qui dit qu'il n'en peut plus de voir son pouvoir d'achat baisser entre la hausse de la CSG et le quasi-gel de leur pension. Cette année, l'année prochaine, les retraités s'estiment lésés, mal aimés. Est-ce que vous entendez leur colère, monsieur le Premier ministre, et est-ce que vous allez faire un geste en leur direction ?
D'abord, je veux dire qu'ils ne sont pas mal aimés. Ils ne sont pas mal aimés du tout. Ils le ressentent. Non, mais vous me posez la question, je dis ce que moi je sens aussi et ce que je ressens. Ils ne sont pas mal aimés. Nous avons pris un certain nombre de décisions. L'année dernière, l'augmentation de la CSG pour les retraités qui se trouvaient disposés de pensions supérieures à un certain seuil. et cette année et l'année prochaine, une progression limitée des dépenses de transfert, une progression limitée des pensions dont ils vont bénéficier. Il y aura progression, mais elle sera limitée.
0,3%, c'est presque rien.
Mais elle sera limitée, c'est vrai. Pourquoi est-ce que nous le faisons ?
Est-ce que vous allez faire un geste, monsieur le Premier ministre ?
Pourquoi est-ce que nous le faisons ? Nous le faisons parce que nous faisons des choix. Et nous voulons que le travail paye. Nous voulons que ceux qui, aujourd'hui, payent les pensions puissent bénéficier de leur effort accru. Un chiffre, et je vous dirai ensuite quelque chose sur la CSG. En 2002, il n'y a pas très longtemps en 2002, il y avait 100 actifs qui payaient 50 retraités. Aujourd'hui, ces 100 actifs, ils payent 60 retraités. Et c'est très bien ainsi. Et ces retraités vivent plus longtemps. Et c'est très bien ainsi.
Mais si on ne veut pas faire peser un fardeau considérable sur ceux qui créent de la prospérité, alors il faut qu'on ait un système qui permette d'encadrer la progression des pensions. Mais un mot. Parce que cet argent, il va au financement d'éléments qui sont indispensables pour les retraités. Quand nous investissons plus de 400 millions supplémentaires dans le système de santé, comme l'a annoncé le Président de la République, pour l'hôpital, ce n'est pas un choix qui est sans intérêt pour les retraités.
Quand nous nous engageons dans une réforme pour trouver les mécanismes de financement pérenne et durable sur les questions de dépendance, ce n'est pas du tout un choix sans intérêt pour les retraités.
Sur le sonant et le trébuchant, pardonnez-moi, est-ce qu'il va y avoir un geste ? Est-ce qu'un certain nombre de retraités vont voir un geste très clair sur leur retraite ?
Vous vous souvenez peut-être que l'année dernière, nous avions identifié dans la mesure d'augmentation de la CSG une question technique qui faisait qu'environ 100 000 retraités, alors qu'ils étaient individuellement en dessous du seuil, mais en couple, tous les deux individuellement en dessous du seuil, passés au-dessus du seuil à deux et donc voyaient une augmentation de leur CSG. Et j'avais dit qu'il y avait là quelque chose qui était à corriger. Nous allons le corriger cette année de la façon suivante.
Nous allons indiquer cette année qu'il faudra être passé deux ans, pendant deux ans en continu, au-dessus du seuil qui a été arrêté l'année dernière pour être frappé par l'augmentation de cette CSG. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il y a 300 000 personnes qui n'auront pas à payer cette augmentation de la CSG dans les années qui viennent parce que justement, leurs revenus sont très variables ou même un tout petit peu variables et le fait de basculer un tout petit peu au-dessus du seuil les aurait fortement pénalisés.
Donc les 300 000 qui l'ont payé cette année ne le paieront pas l'année prochaine et les années qui suivent ?
300 000 personnes à partir de 2019, au moment où la mesure va rentrer en vigueur, ne paieront pas cette augmentation de la CSG. C'est un effort de 350 millions d'euros.
Et sur les emplois aidés, M. le Premier ministre, il y en avait 320 000 en 2017, 200 000 cette année. Vous avez annoncé, Edouard Philippe, vouloir poursuivre la réduction de ces emplois aidés. Combien il y en aura-t-il en 2019 ?
Là encore, nous avons décidé de changer de pied sur cette question des contrats aidés. Ça n'est pas sans lien d'ailleurs avec ce que je disais tout à l'heure sur l'habillage des chiffres lorsqu'on avait envie de faire baisser le chômage sans très bien savoir comment est-ce qu'on pouvait le faire baisser. Vous vous souvenez sans doute, parce que vous êtes un observateur attentif, qu'il y avait des très forts pics de contrats aidés, en général, une année avant des élections majeures. Et on voit bien pourquoi. Ça n'avait pas grand-chose à voir avec l'activité. Ça n'avait beaucoup à voir avec la présentation des chiffres. Moi, je veux sortir de cette logique. Elle est absurde.
Elle n'est pas digne. Et surtout, et surtout, elle ne prend rien. Et donc, ce que nous voulons, c'est consacrer nos moyens sur des politiques efficaces. Les contrats aidés, pendant longtemps, ça n'a pas été une politique très efficace. Moi, je pense qu'il faut aider les personnes plus que les contrats. Et donc, notre objectif, ça a été de corriger cela. Nous avons baissé le nombre de contrats aidés. Cette année, en 2018, il y en aura environ, peut-être entre 130 000 et 150 000 parce que nous les avons transformés. Il marche mieux d'ailleurs. Parcours emploi compétence, ça marche mieux parce qu'on vérifie qu'il y a effectivement de la formation et de l'accompagnement.
Et il y en aura, pour l'année 2019, environ le même montant, c'est-à-dire de l'ordre de 130 000.
Vous avez entendu le cri du cœur de Nicolas Hulot pour l'environnement et le climat il y a trois semaines à ce micro. Il avait qualifié le nucléaire de folie inutile. Est-ce que vous prenez l'engagement de ne pas construire et de ne pas lancer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires d'ici la fin du quinquennat ?
C'est une question qui se posera dans le cadre de la PPE, de la Programmation Pluriannuelle de l'énergie. C'est une discussion qui est en cours, c'est une étude qui est en cours pour savoir comment est-ce qu'on organise, et c'est un sacré sujet, nos investissements en termes de production d'énergie dans les 15 ou 20 ans qui viennent. L'engagement qui a été pris par le Président de la République et que nous allons tenir, c'est de faire en sorte que la production d'électricité atteigne un mix, un équilibre où il y aura 50% à terme qui relèveront du nucléaire et 50% qui n'en relèveront pas sans charbon.
C'est quand le terme ?
Là encore, c'est la PPE qui va le dire.
Ça fait un an et demi qu'on attend ce calendrier.
Oui, mais vous savez, Madame Salamé, on brûle d'impatience. Mais je vous comprends, moi aussi, et c'est redoutablement complexe. Parce qu'on parle de décisions d'investissement considérables, de sécurité d'approvisionnement, de prix de l'électricité dans 5, dans 10, dans 15 ans, et c'est des sujets qui sont redoutablement complexes avec des questions de sécurité d'approvisionnement, avec des questions de sécurité technique, avec des questions d'évolution des prix en fonction des technologies. C'est difficile et ça nous engage très fortement.
Et donc, oui, nous prenons le temps d'en discuter, nous prenons le temps d'expertiser et de contre-expertiser et la PPE sortira à la fin du mois d'octobre. Elle dessinera le chemin et les hypothèses qui nous permettront de documenter l'engagement qui a été pris par le président
Donc vous n'explriez pas l'idée d'en construire peut-être ?
Je ne réponds pas aujourd'hui, je vous dis que c'est la PPE, que c'est un document qui sera discuté, ça arrivera à la fin du mois d'octobre et il y aura là toutes les hypothèses qui seront sur la table, qui seront publiques et qui seront discutées.
D'ici la fin du quinquennat, il va y avoir une hausse substantielle des prix des carburants, 30 centimes. Pourquoi ne pas assumer clairement, Edouard Philippe, cette hausse en disant aux Français c'est douloureux, ça coûte cher, c'est pour la planète.
Je l'assume complètement, Monsieur de Borreau.
Pour finir, c'est une bonne décision
de nature écologique. Je l'assume complètement mais vous avez observé comme moi qu'il arrive parfois que dans notre monde politique et public il y ait des gens qui aient du mal à assumer y compris les décisions difficiles. Eh bien écoutez, moi de ce point de vue là, je l'assume cette décision. C'est vrai que le prix du gazole et le prix de l'essence vont augmenter. Ils vont augmenter d'ailleurs du fait de décisions que nous prenons en partie et que j'assume ici et puis du fait de décisions que nous subissons qui ne relèvent absolument pas du gouvernement.
Si vous regardez l'augmentation du prix du gazole et de l'essence cette année en 2018 il y a entre 50 et 70% de l'augmentation qui est due à l'évolution du prix des matières premières qui n'est pas lié au gouvernement. Mais c'est vrai, il y a une augmentation de la taxe carbone que nous assumons. Pourquoi ? Si je devais le dire en une formule parce que nous avons fait le choix de baisser l'impôt sur le travail et d'augmenter l'impôt sur la pollution. Et tout le monde peut comprendre ça. Je ne dis pas que c'est agréable et je ne dis pas que ça ne pose pas des difficultés à certains.
Et je peux y revenir si vous me laissez une seconde pour expliquer ce que nous allons faire pour ceux qui subissent l'augmentation de la fiscalité sur le gazole et sur l'essence. Mais l'objectif du gouvernement c'est de favoriser le travail. Donc on baisse la fiscalité sur le travail en baissant les cotisations salariales. On fait en sorte que le travail paye et on augmente la taxation d'éléments qui posent un problème pour la collectivité. La pollution avec la pollution engendrée par les transports. Le tabac. On augmente le prix du tabac. C'est vrai. Et je l'assume. C'est un choix politique. Je pense que c'est un bon choix.
Et c'est un choix qui sera d'autant mieux compris parce qu'il pose des problèmes pour les plus modestes pour ceux qui sont les plus loin des centres-villes. Je vois très bien les problèmes qu'il pose. Il sera d'autant mieux compris que nous mettrons en place les instruments qui accompagnent. Et c'est ce que nous faisons. Un exemple. Vous connaissez peut-être l'existence de ce qu'on appelle la prime à la conversion. Nous l'avons lancée avec Nicolas Hulot. Cette prime à la conversion elle accompagne les propriétaires de véhicules anciens et donc très polluants pour qu'ils achètent des véhicules nouveaux et donc très peu polluants.
C'est une prime importante qui marche beaucoup mieux que ce qu'on pensait. C'est-à-dire que les Français se précipitent sur le dispositif. 95% de ces primes à la conversion ont été versées à des automobilistes qui habitent hors Île-de-France. 70% ont été versés à des automobilistes ou à des foyers qui sont, M. Demorand, non imposables. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que avec cet instrument nous accompagnons ceux qui subissent de plein fouet cette décision et ce choix et qu'il faut accompagner. Et je pourrais vous dire la même chose sur le chèque énergie, je pourrais vous dire la même chose sur toute une série de dispositifs que nous mettons en place pour accompagner cette transition. M.
le Premier ministre... Pardon, mais c'est pas spectaculaire. C'est sûr que c'est pas des grandes décisions spectaculaires. C'est sûr que quand vous subissez l'augmentation du gazole vous dites mais mon pouvoir d'achat. Mais c'est parfaitement assumé. Et la transition écologique qui est un vrai sujet, un vrai sujet de transformation de nos sociétés, c'est ça aussi. Mais il faut pouvoir l'expliquer et il faut aussi pouvoir assumer les décisions qui parfois font mal.
M. le Premier ministre, on a beaucoup parlé de chiffres depuis le début de cet entretien. C'est parfois un peu technique mais c'est normal parce qu'on est autour du budget et de l'annonce du budget 2019. Parlons, si vous le voulez bien, un petit peu du climat, de la vision et du cap pour cette prochaine année. Depuis cet été, il y a eu le feuilleton Benalla, la démission fracassante de Nicolas Hulot, celle annoncée de Gérard Collomb. Il y a eu les hésitations autour du prélèvement sur l'impôt à la source. Pour la première fois depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir, on a senti que vous aviez perdu la main, que la machine gouvernementale s'était déréglée.
Est-ce que vous reconnaissez des erreurs et si oui, lesquelles ?
Alors là, moi, je suis tout à fait prêt à reconnaître qu'on peut s'améliorer. J'ai toujours pensé qu'on pouvait s'améliorer dans tous les domaines. C'est vrai pour moi, c'est vrai pour le gouvernement, c'est vrai pour tout le monde. C'est vrai pour le président de la République ? Mais c'est vrai pour tout le monde. Enfin, je veux dire, les gens qui pensent qui ne peuvent pas s'améliorer sont des dingues. Donc, évidemment qu'on peut s'améliorer. Évidemment qu'on peut s'améliorer. Et évidemment qu'on apprend. Je n'ai pas de problème à assumer ça. Vraiment, au contraire, ça me semble du bon sens. Alors, quelles erreurs avez-vous fait ?
Le minimum de bon sens nécessaire quand on exerce quelles que soient les responsabilités qu'on exerce. Je n'ai aucun sujet là-dessus. En revanche, je conteste totalement l'idée que nous aurions, comme vous dites, je ne sais pas, perdu le fil ou perdu le cap. Le cap, il est très clair. Quand vous regardez le programme de travail que nous nous sommes imposés, le nombre de réformes majeures avec, pardon, mais avec un vrai sens, avec une vraie ambition, avec une vraie méthode. Parlons du plan de lutte contre la pauvreté. Parlons du plan de transformation des systèmes de santé. Parlons du plan vélo puisque nous parlions d'environnement il y a quelques minutes.
Vous avez, et d'ailleurs, ce qui est fascinant, pardon de le dire là aussi, c'est que les associations qui ne sont pas naïves, qui sont exigeantes, elles ont raison de l'être, ont toutes salué ce que je suis en train de dire. C'est-à-dire le fait que les ambitions affichées étaient bonnes, que la méthode affichée était respectable et que, il fallait voir si ça se transformait en réalité. Ils sont parfaitement raisons d'être exigeants. Mais qu'on était sur le bon chemin. Donc, moi, j'assume parfaitement ça. Il y a une volonté, il y a des engagements qui ont été pris par le président de la République.
Et pas de démesure ni d'arrogance comme l'a dit votre ministre de l'Intérieur. Et c'est ce que je fais. Pas de démesure, d'arrogance ?
Non, je ne crois pas. Chacun peut avoir ses lectures des faits. Après tout, c'est très bien ainsi.
Pas n'importe qui, quand même.
Mais j'ai pas dit ça. Chacun peut avoir sa lecture des faits. Moi, je suis tout à ma tâche et je sais que le président de la République est tout entier à sa tâche. Et notre objectif, c'est de faire en sorte de tenir ce sur quoi il s'est engagé.
Donc, les mots du Brice, les mots d'orgueil, vous les réfutez ce matin.
Mais qu'il y ait une part d'orgueil dans l'esprit de ceux qui exercent des responsabilités, quelles que soient ces responsabilités. Peut-être. Peut-être. On ne vit pas dans un monde de machines. On vit dans un monde d'êtres humains. Quand vous êtes confronté à des décisions qui sont redoutablement complexes, quand vous êtes confronté à des situations qui sont redoutablement complexes, il peut arriver que vous exprimiez ici ou là une réaction qui, pardon, mais est une réaction humaine. Alors justement, Nicolas.
La vidéo de l'horticulteur au chômage auquel le président de la République dit de traverser la rue pour trouver du travail dans la restauration. Cette vidéo, vous le savez, a fait grand bruit. une question sur le fond. Est-ce que c'est ça le macronisme ? Oubliez vos désirs de vie et allez en cuisine.
Mais arrêtez de dire ça, Nicolas Demorand. Vous savez bien que... D'abord, pour formuler la question en disant est-ce que le macronisme, ce serait ça ? Mais bien sûr que non. Alors, quel est le sens
d'un tel conseil ? Le sens de la réponse du président de la République, à mon avis, c'est le suivant. Et en plus, ça peut ne pas être infamant de dire, comme vous l'avez dit tout à l'heure, aller travailler quoi qu'il en soit et quelles que soient les conditions...
Je ne vous le fais pas dire, ça va être le sens de ma réponse. Le sens de ma réponse c'est celui-là. Le président de la République, moi-même, lorsqu'on va, comme on dit parfois sur le terrain, c'est-à-dire lorsqu'on fait, quand on remplit notre fonction, lorsqu'on va dans telle ou telle partie de la France, il n'y a pas un secteur de l'activité économique, pas un, industrie, services, agriculture, il n'y a pas une région française où on ne nous dit pas qu'on veut recruter et on n'y arrive pas. Alors, une fois, vous rencontrez quelqu'un qui vous dit ça, bon oui, est-ce que c'est vrai vraiment, est-ce qu'il s'y prend vraiment bien ?
Deux fois, vous dites, tiens, mais ce n'est pas deux, trois, c'est systématique, M. Demorand. Ça veut dire quoi ? C'est ce que je disais tout à l'heure en le disant avec des chiffres, donc c'était un petit peu plus théorique, c'est qu'il y a énormément, énormément d'entreprises en France qui veulent recruter et qui ne trouvent pas, ils ne trouvent pas la bonne personne. Mais ça veut dire abandonner son projet de vie, abandonner son ambition professionnelle, c'est ça la question aussi. Je termine. Ça veut dire qu'il y a un vrai problème. Et je n'accuse pas ceux qui ne travaillent pas, je dis qu'il y a un vrai problème. Bon.
Et quand on voit un jeune homme, quand le président de la République rencontre un jeune homme qui lui dit je veux travailler mais je n'y arrive pas. Dans l'horticulture. Et que le président de la République lui dit il y a du boulot. Il dit en traversant la rue on va trouver du boulot. D'ailleurs je crois qu'il y a des journalistes qui l'ont fait et qui ont vu qu'effectivement il y avait du boulot. Bon. Passons. Il lui dit quelque chose que certains ont pu trouver difficile mais quelque chose qui est vrai. On peut retourner dans l'activité. Et c'est ça qu'il dit.
Et il le dit directement et je pense qu'il a raison il a raison de dire nous avons raison de dire que le retour à l'activité c'est la solution pour plus de prospérité dans notre pays et que ce retour à l'activité il passe par le fait qu'on arrête d'enlever enfin pardon on enlève les freins qui permettent de retourner vers l'activité.
Lui il veut changer de boulot Gérard Collomb il a annoncé qu'il quitterait le gouvernement après les élections européennes pour être candidat à nouveau à la mairie de Lyon. Gérard Collomb est le numéro 2 du gouvernement il porte des dossiers très lourds l'islam l'immigration la sécurité est-ce qu'il peut rester au gouvernement tout en pensant à Lyon ?
Mais je trouve que toute cette histoire relève un peu de la tempête dans un verre d'eau.
Gérard Collomb a été maire de Lyon pendant très longtemps moi j'étais maire du Havre Gérald Darmanin était maire de Tourcoing lorsque le président de la république m'a nommé lorsque je lui fais des propositions pour la composition du gouvernement nous avons indiqué qu'il faudrait abandonner cette fonction de maire c'est la plus belle des fonctions électives je n'ai aucun problème à le dire je n'ai aucun doute là-dessus c'est la plus belle des fonctions électives j'ai aimé être maire du Havre comme je n'ai jamais rien aimé d'autre autant dans ma vie publique ou professionnelle c'est très simple et c'est la même chose pour Gérard Collomb la même chose pour Gérard Collomb
est-ce qu'il peut rester est-ce qu'il ne faut pas clarifier les choses et qu'il part du gouvernement maintenant ?
ça veut dire que quand on est ministre on se consacre à temps plein à sa fonction de ministre et ça veut dire que lorsqu'il sera au futur lorsqu'il sera en campagne s'il décide et en l'occurrence il a indiqué que c'était sa préférence s'il décide d'être pleinement candidat à la mairie de Lyon ou à la métropole lyonnaise il se consacrera à temps plein à cette conquête ou reconquête électorale donc il reste jusqu'aux européennes aujourd'hui il est ministre d'Etat ministre de l'Intérieur en charge vous l'avez dit de missions redoutablement complexes et importantes et il se consacre pleinement à sa tâche
il est 8h48 vous écoutez France Inter invité exceptionnel ce matin le premier ministre Edouard Philippe et vous avez tout de suite la parole
France Inter Nicolas Demorand
et c'est Laura qui est en ligne bonjour et bienvenue
bonjour monsieur Demorand bonjour madame monsieur le premier ministre bonjour je voulais intervenir concernant votre plan santé malheureusement les infirmières sont les grandes baissées pour compte tout a été axé sur les médecins et malheureusement pas grand chose pour nous je suis moi-même infirmière je voulais juste passer un petit coup de gueule parce que vraiment on a un salaire indigne au vu de nos compétences de nos responsabilités on a on a manque de reconnaissance énormément de travail et et une charge une charge toujours plus importante on nous en demande toujours plus mais mais rien ne suit et ça c'est vraiment dommage dommage parce que dans le système de santé je pense que nous avons une place primordiale Laura
Laura restez en ligne pour dialoguer avec Edouard Philippe avec le premier ministre bonjour madame
je voudrais juste vous poser une question vous exercez vous exercez dans quel cadre
alors je suis infirmière à l'hôpital mon mari est infirmière anesthésiste 5 ans d'études monsieur le premier ministre 5 ans d'études pour très peu un salaire de misère vraiment et un manque de reconnaissance tout est axé sur les médecins et malheureusement les infirmières sont vraiment les grandes laissées pour compte et c'est malheureux
merci Laura pour cette question Edouard Philippe merci beaucoup pour cette question ce que vous dites et vous le dites très justement c'est la fatigue et c'est même à certains égards le découragement même si individuellement je sais que l'ensemble de ceux qui contribuent au système de santé ils sont dynamiques ils y croient mais c'est une forme de découragement c'est exactement la raison pour laquelle nous pensons qu'on doit changer de logique et qu'il faut très profondément reconstruire le système de santé le système de santé tel qu'il prévaut aujourd'hui l'hôpital dans lequel vous exercez ce sont les résultats de choix qui ont été faits et de choix que je ne conteste pas parce que je crois qu'à l'époque ils étaient excellents qui ont été faits il y a 60 ans maintenant il faut qu'on construise le système des 60 prochaines années et ce système là par définition il ne va pas être exactement comme celui d'aujourd'hui parce que celui d'aujourd'hui il ne marche plus et donc c'est ça qu'a voulu dire le président de la République l'hôpital doit fonctionner mieux avec la médecine de ville sinon on ne s'en sortira pas la formation des médecins doit être revue sinon on ne s'en sortira pas le temps le temps d'exercice médical doit être libéré et on ne doit pas écraser les médecins sous l'activité administrative sinon on ne s'en sortira pas c'est pour ça que le président de la République a annoncé la création de 4000 assistants médicaux ces 4000 assistants médicaux ils seront financés par l'assurance maladie ils vont permettre quoi ?
ils vont permettre aux médecins de faire de la médecine et les mesures pardon et les mesures sur les infirmières parce que c'est un métier indispensable et il suffit d'être passé dans un hôpital pour savoir combien c'est indispensable elles viendront il s'agit de mieux les associer à la pratique médicale de leur faire confiance et je pense que c'est indispensable il faut leur faire confiance j'en suis absolument correct
une petite précision monsieur le premier ministre un rapport remis mardiel par l'inspection générale des affaires sociales préconise de rendre le congé paternité partiellement obligatoire pour favoriser l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes est-ce que vous y êtes favorable et est-ce que par ailleurs vous allez unifier rendre plus juste le congé maternité pour toutes les femmes
on va commencer à bouger sur le congé maternité il y a un très bon rapport qui a été rendu par une députée de la majorité qui s'appelle Marie-Pierre Rixin et on va s'en inspirer avec Agnès Buzyn et Marlène Schiappa pour faire en sorte en effet d'améliorer la situation je pense notamment aux exploitantes agricoles ou aux travailleurs indépendants ou travailleuses indépendantes en matière de congé maternité l'idée ça va être d'augmenter la durée minimale du congé maternité en la faisant passer à 8 semaines 2 semaines avant l'accouchement 6 semaines ensuite et de porter d'augmenter de 16 semaines plus exactement la durée du congé maternité alors en prenant en compte les spécificités des activités je vous donne juste un exemple parce qu'il est sensible s'agissant des exploitantes agricoles c'est bien de prévoir l'arrêt d'une femme qui met un enfant au monde c'est bien pour sa santé c'est bien pour la santé de l'enfant à tous égards c'est parfait mais enfin si vous exploitez une ferme il faut qu'elle tourne on peut vous donner un revenu mais ça n'a pas de sens donc il faut trouver du remplacement ça veut dire qu'il faut augmenter les droits et prendre en compte les spécificités c'est ce qu'on va faire et on va s'engager très fortement là-dedans c'était un engagement du président de la république cette question du congé maternité elle est sensible et ensuite on regardera sur le congé de paternité
on retourne au standard je salue Paul bonjour bienvenue
bonjour toute l'équipe bonjour monsieur le premier ministre
bonjour madame
alors un deuxième petit coup de gueule n'est-ce pas pour votre des petits déjeuners je suis retraitée ma compagne aussi nous avons 2300 euros chacune environ par mois vous nous avez pris 100 euros par mois nous nos pensions ne monteront pas ou quasiment pas nous serons nous continuerons à payer la taxe d'habitation parce que nous sommes sans doute beaucoup trop riches alors je vous entends parler du travail du travail soit nous avons elle et moi travaillé 43 et 44 ans elle dans l'enseignement moi dans une grande entreprise publique j'ai la sensation et le sentiment que nous avons contribué à la productivité du pays c'est vrai or là on a le sentiment que vous vous demandez des efforts alors je vais vous donner on va terminer là parce que je suis curieuse j'ai voté pour Emmanuel Macron et on l'entend je vous ai voué arriver vous je vous ai voué arriver vous monsieur le premier ministre avec enthousiasme je suis dit tiens voilà et maintenant
Paul vous êtes en colère et on l'entend alors Edouard Philippe va vous répondre rapidement s'il vous plaît monsieur le premier ministre d'abord j'entends votre question
et j'entends le ton marqué par la colère et l'agacement et peut-être même à certains égards l'incompréhension j'essaie de vous répondre d'abord vous dites que vous n'allez pas bénéficier de la réduction de la taxe d'habitation je ne crois pas madame attendez de recevoir votre feuille sur la taxe d'habitation on va baisser d'un tiers la taxe d'habitation pour 80% des français et compte tenu de ce que vous m'avez indiqué s'agissant de vos revenus je pense que vous êtes parfaitement dans la cible et donc vous allez voir votre taxe d'habitation baisser d'un tiers cette année grâce à la mesure décidée par le gouvernement la deuxième chose c'est que bien sûr vous avez contribué à l'activité bien sûr ceux qui sont aujourd'hui à la retraite et qui touchent leur pension ils ont contribué à l'activité évidemment mais quand ils travaillaient ils payaient la retraite de ceux qui étaient à la retraite aujourd'hui ce sont ceux qui travaillent qui payent leur retraite ils se trouvent et encore une fois c'est tant mieux qu'il y en a de plus en plus et qui heureusement vivent de plus en plus longtemps et on doit aussi en tenir compte parce que ce sont nos enfants nos petits-enfants voilà donc je l'ai indiqué tout à l'heure il n'y a aucune aucune malveillance mais mais beaucoup de détermination
Alexandre Benalla a finalement été entendu hier par la commission des lois du Sénat est-ce que vous avez écouté l'audition ?
non parce que j'étais en conseil des ministres pendant l'audition
il a dit alors je vous le dis il a dit qu'il avait l'impression d'avoir été instrumentalisé et à des fins politiques par le Sénat notamment est-ce qu'il a raison Alexandre Benalla ?
écoutez dans ce dossier dans cette affaire dont on parle beaucoup et c'est pas à moi de dire si on en parle pas assez ou si on en parle trop je crois avoir répondu à toutes les questions et m'être exprimé complètement sur le sujet je l'ai fait à l'Assemblée nationale puis au Sénat où en une après-midi j'ai répondu à 17 questions sur le sujet 10 à l'Assemblée nationale 7 au Sénat
mais ça c'était pendant l'été
oui c'était pendant l'été et ensuite j'ai répondu à la tribune de l'Assemblée nationale et publiquement à une double motion de censure qui était déposée et j'ai dit ce que je pensais de l'affaire des procédures administratives judiciaires et parlementaires qui avaient été engagées de la question de la séparation des pouvoirs je l'ai dit publiquement j'en pense tous les mots et je n'ai pas changé
est-ce que le Sénat a outrepassé ses droits dans ces affaires dans cette affaire je n'ai pas
à me prononcer là-dessus j'ai dit ce que j'en pensais la séparation des pouvoirs est un concept précieux qui s'applique à l'exécutif qui doit respecter l'institution judiciaire qui doit respecter le parlementaire mais qui s'applique aux autres c'est-à-dire aux législatifs et aux judiciaires c'est un principe qui s'applique à tout le monde et j'essaie de le respecter strictement
le vent mauvais du populisme souffle dans le monde et en Europe critique des élites critique aussi des médias et du travail des journalistes Edouard Philippe est-ce que vous remerciez le monde d'avoir enquêté et rendu public les agissements d'Alexandre Benalla et les dysfonctionnements graves au coeur de l'Elysée
il m'arrive comme beaucoup de français d'être parfois étonné par le traitement que prend une affaire par rapport à d'autres et vous savez qu'on vit dans un monde où parfois ça monte et puis parfois on parle pas de sujets qui sont à mes yeux au moins aussi important et souvent bien plus important bon c'est comme ça c'est la vie j'ai pas de sujet là-dessus vous ne m'avez jamais entendu critiquer la presse et certainement pas sa liberté elle doit en faire le meilleur usage et je lui fais confiance pour en faire un usage qui est souvent critique
une petite question vous parlez de l'égalité entre les hommes et les femmes au ministère de l'écologie il y a désormais un homme François de Rugy au perchoir un homme Richard Ferrand à la présidence du groupe La République en marche un homme Gilles Le Gendre pour plagier le président de la République
c'était le cas avant
pour plagier le président de la République je croyais que c'était fini le règne des mâles blancs de 50 ans qui se partagent les postes
vous auriez pu utilement aussi rappeler que du fait des choix qui avaient été faits par le président de la République porté très fortement par Richard Ferrand lorsqu'il s'est occupé de la campagne présidentielle et des campagnes législatives il y avait eu un nombre d'investitures accordées données confiées à des femmes records au sein de la République en marche ce qui faisait que grâce à la République en marche et au modem on était presque presque pas encore complètement mais presque à la parité entre les hommes et les femmes dans l'Assemblée nationale pour les postes stratégiques
il n'y avait pas de femmes compétentes sur ces trois postes là
mais il y avait évidemment des femmes compétentes enfin c'est pas moi qui élit le président de l'Assemblée nationale je ne suis pas député c'est pas moi qui élit le président du groupe mais il y a aussi un moment où dans une élection il y a des candidats il y a eu une vraie élection vous savez j'ai des souvenirs de groupe où l'élection du président de groupe ne se faisait pas véritablement par une élection ou alors elle était très formelle il y a eu une vraie élection les gens se sont prononcés et voilà et je me permets de dire que le choix de François de Rugy pour venir au ministère d'état en charge de la transition écologique traduit la volonté pour quelqu'un qui était président de l'Assemblée nationale de redescendre dans l'arène de prendre des coups de faire vous voyez pas simplement de dire pas simplement d'incarner de faire et de transformer la réalité je pense que c'est un très bon choix
allez il est bientôt 9h on est très en retard évidemment c'était prévu dans quelques instants Christ
Édouard Philippe