Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFMTV — BFM Politique· 14 mai 2023 48 min

Sandrine Rousseau, députée "EELV-Nupes" de Paris - 14/05

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:08
Présentateur

Et nous recevons ce midi Sandrine Rousseau. Madame Rousseau, un an après son arrivée à Matignon, Elisabeth Borne donne une interview aujourd'hui à nos confrères du JDD. Elle vante un bilan solide et affirme, je la cite, vouloir continuer à faire du travail une priorité avec le projet de loi Plein Emploi et la création de France Travail. Est-ce que c'est la bonne priorité ?

0:27
Locuteur non identifié

En tout cas, je pense qu'elle veut continuer. Oui, je pense que ça fait de doute pour personne qu'elle ne veut continuer à être Première ministre.

0:33
Invité

Elle le dit d'ailleurs. Oui, ça se voit beaucoup même dans sa stratégie. Mais c'est un bilan solide quand on a eu des manifestations historiques, une intersyndicale qui ne lâche pas 3,5 millions de personnes dans la rue, qu'on a un projet de réforme des retraites qui est toujours aussi contesté dans la rue, qu'on a une défiance du politique au temps. Non, c'est un bilan qui est catastrophique. Et en l'occurrence, la question du travail, elle aurait dû se faire avant la question des retraites. C'est-à-dire que faire une loi travail maintenant pour essayer de réparer quelque chose qui est quand même de l'exploitation.

Enfin, je veux dire, quand on impose à tout le monde, y compris quand on a mal partout, quand on a des troubles musculosquelettiques, d'aller jusqu'à 64 ans, c'est une forme d'exploitation. D'exploitation ? Oui. Oui, quand on a des métiers précaires, quand on est dans des situations de pénibilité, quand on est exposé aux produits chimiques, quand on a des troubles musculosquelettiques, comme dans la plupart des métiers du soin, par exemple. Mais pas que. Dans la grande distribution... Les mots sont forts. Les complétations, ça ramène à des précédents dans l'histoire. Oui, quand on a un corps qui est usé, abîmé, malade du travail, et qu'on impose d'aller à 64 ans, alors on est...

1:44
Présentateur

Tout le monde ne va pas jusqu'à 64 ans, Mme Rousseau.

1:46
Invité

Quand on a des carrières longues, on ne va pas jusqu'à 64 ans. Mais quand on a des métiers pénibles et qui ne sont pas reconnus comme pénibles, alors on va jusqu'à 64 ans. Et je rappelle quand même que les critères de pénibilité, c'était une des batailles à l'Assemblée nationale. Et que l'exposition aux produits chimiques n'a pas été reconnue comme critère de pénibilité. L'exposition à des vibrations. Les personnes qui sont sur des marteaux-piqueurs ne sont pas reconnues comme exerçant des métiers pénibles. Mais on est où ? On est où ? Les postures pénibles.

Toutes les personnes qui sont auprès de personnes âgées, qui doivent porter, qui doivent avoir des postures difficiles pour laver, par exemple, les personnes. Mais ça vaut aussi, par exemple, des personnes qui sont coiffeurs ou coiffeuses, qui ont aussi des postures pénibles. Tout cela n'est pas reconnu comme pénibilité. Ces gens devront aller jusqu'à 64 ans.

2:33
Présentateur

Vous avez dit qu'elle veut continuer, on a bien compris. C'est-à-dire que vous pensez, comme d'autres, qu'elle devrait partir ?

2:39
Invité

Je pense que ça fait partie des solutions de sortie de crise, un remaniement ministériel. Et je pense que... Vous demandez son départ. Non, je ne demande pas son départ. Je demande juste à ce qu'on entende la contestation sociale importante qu'il y a dans la rue. Et en même temps, Mme Rousseau, s'il y avait un remaniement, vous seriez la première à dire « ça ne change rien, c'est que des personnes, ce qu'on attend, c'est un changement d'orientation politique ». Est-ce que, vraiment, d'avoir Bruno Le Maire, Gérald Darmanin à Matignon, ça changerait fondamentalement les choses pour vous ? C'est vrai aussi que c'est un changement d'orientation politique que nous attendons, bien sûr.

Mais pour l'instant, il n'y a zéro geste d'aucune manière. Quand la Première Ministre affirme dans le JDD que...

3:15
Locuteur non identifié

Et quand j'entends qu'Elisabeth Borne est de gauche et que c'est comme ça, c'est pour ça qu'elle reste, j'aimerais voir la partie de gauche d'Elisabeth Zandt parce que pour l'instant, je ne m'ai toujours pas observé. Ça ne vous convainc pas.

3:27
Invité

Dans cet interview au JDD, elle affirme que certaines oppositions ont laissé croire qu'il n'y avait pas de problème de financement sur la question des retraites. Clairement, elle vous vise en disant cela. Oui, mais c'est incroyable. C'est-à-dire que ne pas voir les solutions que nous avons proposées dans l'hémicycle, ne pas en étudier une seule. On en avait proposé plus de 1 000. Il n'y en a pas une seule qui a été étudiée. Et en attendant, on a eu une loi de programmation militaire sur plus de 400 milliards d'euros. Donc, il y avait de l'argent. Quand on en veut, on en trouve.

Je dis juste qu'on avait plein de solutions et notamment sur la taxation des surprofits, sur la taxation des plus riches, mais aussi une augmentation des cotisations patronales, par exemple, ce qui ne s'est pas fait. Donc, c'est bien qu'il y avait un problème de financement parce que beaucoup d'oppositions disaient, au fond, le système est équilibré, il n'y a pas besoin de trouver d'argent. Non, mais il y avait un pic à 12 milliards d'euros qu'il fallait trouver pendant 3 ans ou 3-4 ans. Voilà, on pouvait trouver une solution sur une durée temporaire.

Mais le Conseil d'orientation des retraites, je le rappelle, disait quand même qu'il finissait par être équilibré et que le système des retraites était lui-même résilient au pic démographique que nous connaissons. Je veux dire, ce n'est pas vrai qu'il y avait un problème insurmontable de financement. Et surtout, je rappelle qu'il est toujours aussi injuste d'imposer à tout le monde un âge de 64 ans et que ça, tout le monde le sait, y compris Elisabeth Borne.

4:51
Sandrine Rousseau

Madame Rousseau, la première ministre regrette de ne pas avoir plus négocié avec les partenaires sociaux. Vous êtes d'accord ? Ou elle veut le faire maintenant ? Qu'est-ce que ça vous inspire ? Ça m'invite à sourire

5:05
Invité

et je reprendrai les mots de la secrétaire générale de la CGT qui disait « lol ». Voilà, ils ont demandé à être reçus, l'intersyndicale a demandé à être reçus et par Emmanuel Macron et par Elisabeth Borne. Il n'y a jamais eu d'invitation pendant tout le débat sur les retraites.

5:22
Sandrine Rousseau

Elle dit qu'elle a continué à parler avec eux quand même.

5:24
Invité

Non, elle a échangé peut-être éventuellement par téléphone avec l'un ou l'autre, mais elle n'a pas organisé de réunion officielle avec les syndicats et avec l'intersyndical.

5:34
Sandrine Rousseau

Vous trouvez que lol, c'est sérieux ? Vous dites vous-même qu'on est dans une période quand même critique, qu'il y a encore des choses à négocier, des choses à obtenir. Vous parlez de pénibilité, il y a des décrets qui sont en préparation. Est-ce que lol, c'est vraiment une formule adéquate ?

5:49
Invité

Est-ce qu'il est sérieux quand on est dans un conflit historique que l'intersyndicale n'a jamais été aussi unie, qu'il n'y a jamais eu autant de personnes aussi longtemps dans les rues depuis bien des années ? Est-ce qu'il est sérieux de ne pas recevoir les forces syndicales ? C'est ça la question. On est dans une situation où le gouvernement nie l'histoire et le rôle que jouent les syndicats comme étant des forces avec lesquelles nous devons discuter dans un dialogue social, dans une négociation sociale.

Je rappelle quand même que les syndicats ne sont pas autoproclamés, qu'ils sont reconnus par l'État, qu'ils ont des élus, qu'ils sont élus à l'intérieur des entreprises et des administrations et donc qu'ils ont une légitimité dans notre démocratie. Ce sont des acteurs de notre démocratie et en l'occurrence des acteurs qui protègent les salariés. Pourquoi à aucun moment il n'a été jugé utile de les recevoir et de les entendre ? Nous, nous les avons entendus à l'Assemblée nationale et je peux vous dire qu'en l'espace, je crois que nous les avons reçus une heure simplement. Eh bien déjà rien qu'en l'espace d'une heure ils avaient bien des choses à dire et bien des choses

6:56
Présentateur

intéressantes à dire. Vous félicitez que la CGT accepte de retourner aux négociations, en tout cas d'aller voir Elisabeth Borne à Matignon ? Ce sera le 15 ou le 17 ? On n'a pas encore la date précise. La CGT sera le 17.

7:05
Invité

Oui, je pense que c'est bien que la CGT accepte d'aller voir Elisabeth Borne, notamment parce que ça maintient l'intersyndicale. Maintenant, on va voir aussi quelle est la sincérité de la démarche d'Elisabeth Borne. A-t-elle envie de parler des retraites ou pas ? Et en fait, on va voir ce sur quoi porte l'agenda politique. Et moi, je fais le pari qu'en fait, ça n'est qu'une invitation de façade, mais peut-être je me trompe et dans ces cas-là, tant mieux.

7:31
Présentateur

Alors, l'actualité est également marquée par des violences qui se multiplient contre les élus. La Première ministre, ce matin, annonce la création du centre d'analyse et de lutte des atteintes suite à ces différentes affaires. Est-ce que vous soutenez la création de ce centre ?

7:47
Invité

Non, mais je propose qu'on fasse un numéro vert aussi pour les élus. Mais c'est ridicule. C'est ridicule. Mais parce que les élus, on connaît les menaces. Moi, j'en reçois, par exemple, de nombreuses. J'ai déjà obtenu trois condamnations par la justice de personnes qui me menaçaient soit de mort, soit de viol. Trois. Je veux dire, on les connaît, les menaces. On n'a pas besoin d'avoir un centre d'études et un centre de lutte. Il y a besoin de quoi, alors ? On a besoin d'avoir une mobilisation de l'État qui protège ses élus, c'est tout. Vous considérez que ce n'est pas le cas ? Mais pas du tout. Pas du tout. Moi, par exemple, je n'ai bénéficié d'aucune protection, jamais.

Peut-être n'en avais-je pas besoin, mais je n'ai même pas... Enfin, je veux dire, il y a quand même eu trois condamnations pour menace de mort et de viol. Vous l'avez demandé, la protection ? J'ai envoyé un dossier au cabinet de Gérald Darmanin qui m'a répondu par une lettre liminaire en disant qu'il y a circulé, il n'y a rien à voir. Bon, je n'ai même pas eu un entretien avec une personne des services de renseignement me disant quelle était la nature de la menace ou pas. Donc, je n'en sais rien, en fait. Et quand on voit le maire de Saint-Brévin, il a été seul face aux menaces qu'il subissait. Alors, oui, la préfecture...

8:54
Présentateur

Lui soutenait l'installation sur sa commune d'un centre pour les migrants. Et évidemment, les regards se portent vers une opposition à ce projet. Et il a été... Enfin, son véhicule et sa maison, de fait, ont été incendiés. C'était au mois de mars que ça s'est produit. Et d'ailleurs, Elisabeth Borne dit ce matin, elle reconnaît avoir tardé à réagir.

9:13
Invité

Non mais, en fait, non seulement elle a tardé à réagir, c'est-à-dire qu'en fait, elle n'a pas réagi. Et la deuxième chose, c'est que ce maire faisait œuvre d'utilité publique. C'est-à-dire qu'il fout... Enfin, voilà, c'était un projet qui était un projet d'accueil de personnes qui étaient très vulnérables. Est-ce qu'il y a un ministre qui l'a soutenu ? Est-ce qu'il y a un ministre qui s'est déplacé sur place pour dire que... Alors, il y a Olivier Véran qui l'a appelé et qui l'a dit avoir transmis au cabinet du ministre de l'Intérieur le cas de ce maire de Saint-Brément ? Est-ce qu'il y a eu un signe politique d'un soutien de l'État à la démarche qu'il n'avait aucun ?

Donc, en fait, aucun signe, aucun signe symbolique, aucun déplacement, aucun soutien. C'était le 22 mars, on n'a pas beaucoup entendu non plus les oppositions. Moi, je l'ai soutenu dès le jour. Dès le 20 mars ? Mais bien sûr, je l'ai soutenu immédiatement. Comment est-ce que vous l'avez soutenu ? Je l'ai soutenu publiquement. J'en ai parlé dans les interviews et j'en ai fait un tweet. Donc, je veux dire, je l'ai soutenu immédiatement, immédiatement, dès que ça s'est produit. Pourquoi ? Parce que je sais exactement ce que c'est d'avoir sa maison menacée. Moi-même, j'ai eu, quand j'étais à Lille, ma façade qui a été dégradée par l'extrême droite.

Je savais que l'extrême droite savait exactement où j'habitais. Je rappelle qu'à l'époque, j'avais quand même ma fille qui était seule à la maison, par exemple. Ça n'est pas complètement anodin comme type de menace. Donc, je veux dire, je savais exactement ce que vivait cet homme. Et je lui ai témoigné mon soutien dès qu'il a été possible de le faire. Ce que je veux dire aussi, c'est que tant qu'on laisse les propos d'extrême droite se diffuser comme étant une opinion, et non pas comme étant des délits quand il s'agit de racisme ou quand il s'agit de xénophobie, eh bien, alors, on laisse aussi une forme d'impunité sur ces actes.

10:53
Présentateur

Ça veut dire qu'en un sens, si je poursuis votre raisonnement, j'imagine que vous soutenez la démarche de Gérald Darmanin qui, publiquement, dans l'Assemblée nationale, a souhaité faire interdire par principe tous les mouvements, enfin, les rassemblements des mouvements d'ultra-droite, même si la justice, à plusieurs reprises, ce week-end, lui a donné tort.

11:10
Invité

Non, mais Gérald Darmanin, il navigue à vue. C'est-à-dire qu'un coup, il laisse, un coup, il laisse pas, un coup, il dit que Marine Le Pen est trop molle et de l'autre côté, il veut interdire, enfin, on sait pas quelle est sa politique. On interdit une manifestation d'extrême-droite, non pas sur la base d'un droit ou pas à manifester, on interdit une manifestation d'extrême-droite au nom des propos qui sont tenus par le mouvement qui organise, là, en l'occurrence, l'Action française. Je suis sûre que si on regardait dans les archives de l'Action française récente, on trouverait bien des propos qui pourraient relever du racisme, qui pourraient relever de la haine de l'autre.

C'est au nom de cela qu'on interdit, en fait, les rassemblements.

11:47
Présentateur

Manifestement, non, pas de point de vue du droit puisque le juge administratif a jugé que ça n'était pas...

11:51
Invité

Non, le juge administratif a jugé l'autorisation ou pas de se rassembler. Oui, mais on interdit un rassemblement sur la base des propos qui sont tenus en amont. Il n'y a pas eu d'études sur les propos qui ont été tenus en amont. Dieudonné, par exemple, ses spectacles ont été interdits sur la base de condamnations pour antisémitisme. Là, l'Action française, on connaît l'histoire de l'Action française.

12:12
Présentateur

C'est le risque de troubles à l'ordre public, Madame Rousseau. C'est le risque de troubles à l'ordre public qui caractérise l'interdiction. Ce n'est pas le fait que quelqu'un a X années et dit quelque chose et qu'il soit toujours membre de cette organisation. C'est le risque caractérisable de troubles à l'ordre public.

12:28
Invité

Quel est le message politique qui est envoyé par cette organisation ? A-t-on regardé les publications de cette organisation ? A-t-on analysé les publications de cette organisation en regard du droit ? Quand est-ce qu'aujourd'hui les propos racistes deviennent légitimes ? Madame Rousseau, concrètement, l'Action française se fonde là-dessus. Ça veut dire que vous considérez que la justice administrative, en l'espèce, quand elle autorise un colloque hier, un rassemblement ce matin, elle est laxiste ? Non, je dis juste qu'on n'a pas fait tout le processus. Je dis que l'action du Conseil d'État devrait porter d'abord sur les propos qui sont tenus dans ces organisations-là.

Étape 1, étape 2, sur la base de la décision sur les condamnations potentielles de racisme ou d'antisémitisme, alors on interdit leur rassemblement. Et en fait, comme il n'y a pas eu cette première étape, il n'y a pas la seconde étape. Et encore une fois, je reviens sur Dieudonné, comment on a interdit ? Donc c'est la justice qui ne va pas assez loin, selon vous ? La justice n'a même pas été saisie, elle ne peut pas aller assez loin ou pas assez loin, elle n'a pas été saisie. En fait, ce que vous voulez, c'est une dissolution.

13:27
Sandrine Rousseau

Parce que si on regarde tout le corpus de ces mouvements-là, qu'on considère qu'ils sont raciques, xénophobes, haines de l'autre, bon, ça veut dire qu'il faut demander la dissolution de ces mouvements.

13:38
Invité

Je rappelle que le racisme n'est pas une opinion, c'est un délit. Bien sûr. C'est un délit. Ben voilà, donc si on a des mouvements qui sont délictueux et qui tiennent des propos délictuels, il faut pouvoir les condamner, bien sûr. Mais est-ce qu'il faut

13:49
Sandrine Rousseau

changer la loi ? Est-ce qu'il faut changer la loi ?

13:51
Invité

Mais le racisme existe, simplement, on ne demande pas, on ne regarde... En fait, je pourrais le dire de manière plus directe en disant que le racisme aujourd'hui n'est plus condamné comme il devrait l'être. Ou n'est pas condamné comme il devrait l'être, parce que je ne sais pas si d'ailleurs à une époque il l'a réellement été. Mais n'est pas condamné comme il devrait l'être. Or, le racisme n'est pas une opinion. C'est un délit. Et en fait, aujourd'hui en France, les propos racistes ne devraient pas être...

14:20
Présentateur

Je voudrais revenir, Madame Rousseau, s'il vous plaît, en ce qui vous concerne, vous recevez encore des menaces. Est-ce que c'est quotidien ? Ça ressemble à quoi ? Parce qu'on entend parfois certaines où vous communiquez, vous et d'autres, parfois sur le pire. Est-ce que ça se cantonne au pire, si je puis dire les choses ainsi ? Est-ce que c'est ponctuel ? Est-ce que c'est quotidien ? Ça ressemble à quoi ? Est-ce que vous voulez bien l'expliquer ?

14:44
Invité

C'est quotidien. Mais il suffit que je fasse un tweet pour voir le cyberharcèlement qu'il y a derrière. Je veux dire, c'est quand même pas secret. Et évidemment, je reçois des lettres à l'Assemblée nationale. Je reçois des insultes dans l'espace public. Je reçois sur mes mails. Ça m'arrive sur les messageries privées de réseaux sociaux. Dès que tous les moyens sont utilisés. Et évidemment, que j'ai des menaces absolument directes. Je veux dire... Est-ce que vous portez plainte systématiquement ? Alors, je ne porte pas plainte systématiquement, faute de quoi je passerai ma vie au commissariat. Après, il y a des moments qui sont plus tendus que d'autres.

Donc, dans ces moments-là, je vais déposer plainte. Et c'est la raison pour laquelle j'ai déjà obtenu trois condamnations. Je rappelle quand même qu'obtenir trois condamnations pour menace de viol et de meurtre, ce n'est pas rien. Et vous continuez à vous étonner que la demande de protection que vous avez faite ne soit pas suivie des faits ? Est-ce que vous continuez à dire à Gérald Darmanin au ministère de l'Intérieur J'aimerais avoir une protection policière ? Une protection fonctionnelle ? Ce dont je m'étonne, mais je pense que ça rejoint la position du maire de Saint-Brévin. C'est-à-dire que je fais partie des personnes menacées, je pense. On peut le dire.

La question, c'est pourquoi je n'ai pas un rendez-vous avec quelqu'un de la sécurité des élus, avec quelqu'un de la sécurité des personnes en vue, avec quelqu'un du renseignement, je ne sais pas, avec une personne qui est en charge des questions de menace. Pourquoi je n'ai pas un entretien avec cette personne m'expliquant quelle est la nature des menaces ? Où est-ce que je dois faire attention et pas faire attention ? Comment je dois me comporter dans l'espace public ? Moi, ça va. Je vis bien la chose. Mais il faut comprendre que c'est quand même quelque chose.

C'est-à-dire qu'on ne sait pas, par exemple, si on peut continuer à prendre les transports en commun ou si on ne peut pas continuer à prendre le métro. Ne serait-ce que ça ? Je ne le sais pas aujourd'hui. Vous avez renoncé ou pas ? Non, je prends le métro et d'ailleurs, c'est à chaque fois des expériences, mais je prends beaucoup de métro, énormément de métro. Mais quand c'est tendu, je prends plus le taxi, oui, parce qu'il y a des moments où je ne me sens pas en sécurité dans l'espace public. Et je sais qu'un jour, il va y avoir sans doute un truc, Sandrine Rousseau, l'écologiste, qui prend le taxi. Allez-y, faites votre... Mais est-ce que vous avez

17:02
Sandrine Rousseau

pensé, comme le maire de Saint-Brévin, arrêter ? En vous disant, finalement, c'est trop violent ? Est-ce que vous vous êtes dit pour ma fille, pour mon entourage ? Non,

17:12
Invité

les menaces ne m'ont jamais... Non, je ne me suis jamais dit qu'il fallait arrêter. Non. Mais parce que... parce que j'ai une carapace, voilà. Et je ne suis pas sûre que tous les élus puissent l'avoir. Et j'ai non seulement une carapace, mais j'ai aussi... Enfin, je veux dire, je n'ai pas d'enfants en bas âge chez moi. Ça joue aussi. C'est-à-dire que j'aurais mis en danger mes propres enfants. Je pense que j'aurais réfléchi davantage. Là, bon, voilà, ça n'est que... Voilà, c'est plus facile pour moi aussi.

17:43
Présentateur

Madame Rousseau, je voudrais revenir sur les propos d'Emmanuel Macron qui ont provoqué la colère d'une partie de la gauche, d'une partie des écologistes, quand il a demandé une pause réglementaire au niveau européen. Il fait allusion aux normes écologiques. Pour lui, la logique, c'est de pouvoir être compétitif face à la Chine, notamment face aux États-Unis et au niveau européen. Est-ce qu'il n'y a pas une logique si on veut continuer à être attractif face à ces deux géants ?

18:09
Invité

Il n'y a pas de logique à demander une mise en pause des mesures écologiques et des normes écologiques quand on est dans une situation d'une bascule ? On est vraiment là, je ne sais plus comment le dire parce que je le dis à chaque fois, mais on est dans une situation d'une gravité extrême sur la crise écologique. Extrême ! On ne se rend pas compte. On est complètement aveugle à ce qui se prépare. Le GIEC pourtant nous le dit. C'est pour ça que moi je suis absolument fascinée par les discours qui se veulent rationnels, appuyés sur la science, sur la technologie et qui n'entendent pas les analyses scientifiques du GIEC.

On est dans une situation extrêmement critique mais même ces mots-là sont faibles par rapport à la réalité de ce qui se prépare. On a trois ans pour agir, on a trois ans pour changer radicalement nos modes de production et nos modes de consommation et on fait comme si, et moi je qualifie Emmanuel Macron de techno-utopiste, c'est-à-dire on fait comme si on allait avoir des innovations, des machins, des trucs et des bidules qui vont faire en sorte qu'on émette plus de carbone. Mais l'ampleur de la crise n'est pas à ce niveau-là. C'est-à-dire que même si on trouve des bidules et des trucs, ça ne résoudra pas notre problème.

Pour préciser ce que dit le président par rapport à la question que vous posez Jean-Baptiste, il dit qu'il faut qu'on fasse une pause et qu'on applique les normes qui ont été décidées, qu'on n'en fasse pas de nouvelles parce que sinon on risque, notamment par rapport à la Chine aux Etats-Unis, à imposer tellement de normes que les entreprises ne s'implanteront plus en France, des entreprises qui parfois sont des industries vertes et qui permettent précisément de décarboner l'économie. Voilà la pensée du président de la République. J'ai bien compris la pensée du président de la République. Simplement, ça n'est pas une pensée écologique.

Ça n'est pas une pensée qui pense la limite de la planète. C'est-à-dire que là, on ne négocie pas avec les limites planétaires, on ne négocie pas avec le réchauffement climatique. On ne peut pas demander une pause au réchauffement climatique de 3-4 ans. Ça n'existe pas. Donc là, il est à nos portes. Il est là, on le voit en plus. On a la sécheresse.

20:15
Sandrine Rousseau

Il fait un effort, le président de la République, puisque pour qu'il se décarbone, il propose de subventionner des entreprises comme ArcelorMittal, comme Total, comme ExxonMobil, de très nombreux groupes. Est-ce que ça, vous trouvez finalement, même si ces entreprises font des très gros profits, c'est normal de les aider et d'avancer ou est-ce que ça vous scandalise ?

20:41
Invité

Total est absolument écocidaire. Total est une entreprise écocidaire. Et en France, c'est dans le monde. Total a un projet qui s'appelle Ecop, qui est un projet qui va traverser la Tanzanie et qui fait un pipeline aérien qu'on doit chauffer parce que le pétrole qui va passer dedans est visqueux. Et donc, ça passe par le lac Victoria, qui est une réserve de biodiversité incroyable. Ça déplace quantité de population, tout ça pour fournir du pétrole. Emmanuel Macron n'est pas capable de surtaxer les profits de Total. Mais est-ce qu'il faut les aider à se décarboner en France ?

Non, il faut leur interdire de détruire les écosystèmes, il faut les condamner pour leur responsabilité dans la destruction des écosystèmes. Et ils ont des profits qui leur permettent de faire la bascule. Je veux dire, on ne va pas dépenser de l'argent de l'État alors que les profits de Total sont historiques. En plus, ils bénéficient de ce qu'on appelle en économie une situation de rente. C'est-à-dire que parce qu'ils extraient du pétrole, ils ont une rente de monopole ou d'oligopole sur cette extraction de pétrole. Donc, je veux dire, on ne va pas aider des entreprises comme ça, on va les contraindre à bouger. On n'a pas besoin de dépenser de l'impôt des Français pour aider Total.

Ça n'est pas vrai, ça.

21:56
Présentateur

Justement, Mme Rousseau, pour revenir aux Français, au quotidien des Français, évidemment, vous êtes contre les moteurs à explosion, je peux dire, les choses ainsi, en tout cas, la pollution liée aux véhicules. Sauf qu'il y a des Français en zone rurale, notamment, ils n'ont pas le choix, ils prennent la voiture pour aller bosser. Et ils trouvent que le prix à la pompe est très élevé malgré le fait que le prix du baril est baissé. Vous comprenez pourquoi, vous ?

22:18
Invité

Ça s'appelle une rente. Ça s'appelle une rente, c'est ce que j'expliquais. C'est-à-dire que dans la mesure où vous êtes en monopole de distribution ou d'extraction du pétrole, vous pouvez vous en mettre plein les poches. Pardon de le dire aussi crûment, mais enfin, c'est quand même ça. Et donc, on sait qu'à chaque fois que les prix augmentent, les prix du brut augmentent, le prix de l'essence raffinée augmente parce que les distributeurs et les extracteurs reportent les prix. Mais par contre, quand les prix diminuent, alors il n'y a pas une baisse de la même ampleur que la baisse sur les marchés internationaux. C'est ça la rente en fait.

Pendant la campagne interne face à Yannick Jadot au moment de la désignation du candidat écologiste à l'élection présidentielle, vous étiez plutôt favorable à ce que les prix de l'essence augmentent pour que ça envoie un signal prix qui permette de désinciter notamment l'utilisation de la voiture. Est-ce que vous dites toujours la même chose ? Il faudrait que les prix continuent d'augmenter pour essayer d'éviter que les gens aient de l'essence ? Les prix ont augmenté bien plus que ce que je proposais. Moi, je proposais quelques centimes. Je rappelle ça. Je proposais quelques centimes étalées sur le temps avec des politiques publiques pour aider les personnes qui ont besoin.

Continuez à dire qu'il faut que la tendance aille à l'augmentation ? Je pose toujours, oui, le fait qu'on a absolument besoin de penser l'alternative à la voiture. Ce qui n'est toujours pas pensé. C'est-à-dire que vous dites dans les milieux ruraux, on a besoin de la voiture. C'est absolument vrai. Et ces personnes-là ne peuvent pas se passer de voiture aujourd'hui. Donc comment on fait en sorte non pas de les prendre à la gorge avec le prix de l'essence, mais comment on fait en sorte de leur offrir des alternatives de mobilité à ces personnes ? Aujourd'hui, rien n'est pensé en ce sens.

23:51
Présentateur

Quand vous voyez chez nos voisins, par exemple en Allemagne, en Espagne, en Autriche, qui a un billet tarif unique sur le transport ferroviaire.

23:58
Invité

À votre place,

23:59
Présentateur

le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, la semaine dernière, nous l'avons interrogé à ce sujet. Il dit que les investissements seraient trop lourds. Nous ne pourrions pas aujourd'hui le financer.

24:07
Invité

Ben voilà. Ben voilà. Ça dit tout. CQFD, encore une fois. Ça dit tout. C'est-à-dire que dès qu'il s'agit d'écologie, on n'a pas les moyens de financer. Par contre, on est capable de soutenir Total. Ça n'a aucun sens. Ça n'a aucun sens. C'est du capitalisme libéral le plus pur et le plus violent, en réalité, ce que fait Emmanuel Macron. Mais évidemment qu'on a les moyens, si on le veut, de faire ça. Et par ailleurs, il y a quand même quelque chose qui manque dans notre système fiscal qui s'appelle le système pollueur-payeur. C'est-à-dire que pour financer la transformation écologique, il nous faut trouver les moyens de faire payer les pollueurs, les plus gros pollueurs.

Et c'est comme ça qu'on va financer la transformation écologique. Comme il n'y a aucun moyen d'aller vers une taxation pollueur-payeur, parce que dès qu'on parle de taxation, on a l'impression de passer pour de dangereux individus qui allons entamer la liberté d'entreprendre alors qu'il s'agit de taxer un peu Total sur les super profits et les plus gros émetteurs de carbone. Vous dites aussi augmenter les taxes sur l'essence pour les particuliers. Donc là, ce n'est pas les grands pollueurs. Non, ce que vous faites là n'est pas honnête parce que moi, ce que j'ai dit, c'est de le faire sur 5 ans de manière extrêmement limitée et bien moins que ce qu'il y a actuellement.

Donc ne me faites pas porter quelque chose qui n'existe pas. Par ailleurs, je le dis, on a absolument besoin d'investir sur les mobilités alternatives. C'est-à-dire, on ne peut pas laisser les gens pris à la gorge par le prix de l'essence. Ça, c'est impossible.

25:36
Sandrine Rousseau

L'inflation est confirmée à 5,9 % en avril. Et les prix de l'alimentaire continuent à s'envoler. Les distributeurs font-ils le métier ? Le gouvernement agit-il suffisamment ? Qu'est-ce qu'il faut ? Qu'est-ce qu'il se passe, en fait ? Que les prix de l'alimentaire continuent à s'envoler tels qu'ils le font ?

26:01
Invité

Il se passe plusieurs choses sur les prix de l'alimentaire. Il se passe qu'à chaque étape, chacun garde un peu d'argent dans les poches et augmente ses bénéfices. Et il se passe aussi qu'aujourd'hui, l'alimentaire fait partie des biens les plus spéculatifs qui soient. Et la dernière chose qui se passe sur l'alimentaire, c'est que dans l'agriculture intensive, aujourd'hui, le pétrole et les dérivés du pétrole sont le premier intrant en valeur. C'est-à-dire qui finalement conditionnent le plus le prix des produits alimentaires.

C'est pour cela qu'il faut réformer l'agriculture et faire en sorte qu'on ait une agriculture qui soit résistante, résiliente et qui permette de nourrir les populations localement, qu'on ne soit pas dépendant des cours mondiaux des prix des matières premières. Et ça ne permet pas de se faire baisser les prix rapidement ? Bien sûr que si. Si on avait une agriculture locale et une agriculture qui ne dépendent pas des dérivés du pétrole, on ne serait pas dans une situation d'inflation telle qu'aujourd'hui. Après, là je le dis, maintenant, il faut aider les personnes qui sont en plus grande précarité vis-à-vis de l'inflation.

Et ça nécessite notamment, moi je pense qu'on devrait revoir le taux de TVA sur la nourriture et sur la nourriture de première nécessité. Je ne sais pas si elle l'a dit, mais en tout cas, je pense qu'il y a un panier de produits de première nécessité. On l'a porté dès la politique pouvoir d'achat. On l'avait porté dans le... Si, ça marche... En Espagne, ça ne marche pas. Ça ne marche pas en Espagne parce qu'on n'a pas obligé les entreprises à reporter le prix et à reporter la baisse de prix. C'est ce qu'on avait fait dans la baisse de TVA sur la restauration sous Sarkozy parce qu'on n'a pas obligé les entreprises à répercuter sur les prix de vente la baisse de TVA.

C'est ça qui manque dans la politique qui a été menée par Nicolas Sarkozy ou qui manque en Espagne. C'est ça qu'il faut faire.

28:02
Présentateur

C'est une tradition dans cette émission à mi-chemin. Voici trois photos liées à l'actualité. Derrière chacune des photos, il y a une question. Vous allez donc voir apparaître derrière moi les Jeux Olympiques à Paris, Lazara et Charles III avec ses héritiers. Quelle première photo choisissez-vous ?

28:21
Locuteur non identifié

Je ne sais pas du tout. Allez, Charles III.

28:24
Présentateur

Photo officielle du nouveau roi dont celle-ci présentant le roi avec son fils et son petit-fils, donc ses héritiers. Est-ce que vous saluez la tradition ou vous dénoncez l'expression quasi parfaite du patriarcat ?

28:37
Invité

Au moins, eux, ils ont accepté les rênes contrairement en France où la loi Salique a toujours interdit que les femmes règnent. Donc au moins, on sort d'Élisabeth II. Mais là, c'est vraiment, pour moi, c'est une image d'un autre temps. C'est une image complètement désuète. Après, je ne sais pas trop quoi en dire si ce n'est que... Nous, on a coupé la tête de notre roi. On ne s'en est jamais complètement remis parce que je pense que la Ve République est quand même une forme de monarchie républicaine et on met comme ça à l'honneur et au pinacle un homme. Mais quand même, il y a des élections tous les cinq ans et je suis attachée, moi, à ces élections tous les cinq ans.

29:18
Présentateur

Il reste deux photos. La Tour Eiffel, les JO à Paris sera l'année prochaine et puis Lazara qui représente la France et l'Eurovision.

29:24
Locuteur non identifié

Je sais sur ce sur quoi vous voudriez m'interroger sur Lazara donc je vais prendre les JO.

29:29
Présentateur

Pour le coup, c'est un sujet vraiment sérieux. Des étudiants ont été sommés de quitter leur logement afin de libérer de l'espace pour les organisateurs, pour les partenaires qui vont participer à ces Jeux Olympiques. Est-ce que les JO doivent passer avant tout le reste ?

29:43
Invité

Alors, moi, je m'étais déjà battue parce que avant, là, on est sur les étudiants mais avant, il y avait les hôtels sociaux qui ont subi la même chose et dans les hôtels sociaux, il y avait des personnes qui étaient très précaires, qui étaient en grande vulnérabilité, des personnes qui n'avaient pas de ressources et qui ont été mis à la rue ou qui ont été mis en très grande banlieue parisienne pour libérer la place et pour rénover ces hôtels pour du logement pour les JO. Et là, je pense qu'on atteint la limite de ce qu'est l'organisation des Jeux Olympiques.

C'est-à-dire qu'on ne peut pas mettre dehors des étudiants qui sont en très grande précarité, on ne peut pas mettre les personnes les plus vulnérables en dehors de chez eux, les expulser du lieu précaire dans lequel ils habitent pour les JO. Les JO ne peuvent pas être un lieu où on nettoie, où on écarte, où on fait partir les personnes les plus pauvres de la capitale.

30:40
Présentateur

Dans un instant, nous allons revenir sur ce qui va se passer le 8 juin avec la niche parlementaire et la proposition Liot. Mais avant ça, je voudrais vous soumettre les propos de Marine Tondelier qui est donc la patronne d'Europe Écologie Les Verts. Elle est invitée d'une émission qui s'appelle Backseat. Et au sujet de l'accident nucléaire de Fukushima, elle dit, on va voir les propos s'afficher, c'est au moment de Fukushima qu'on a tout perdu. Moi, en 2015, quand il y a eu Fukushima, je me suis dit, on a gagné. Ça veut dire, notre message est passé sur le nucléaire. Qu'est-ce que vous pensez, comment est-ce que vous réagissez à cette phrase, on a gagné, après ce drame au Japon ?

31:19
Invité

Je pense qu'on n'a jamais gagné quand il y a eu une catastrophe de cette nature. Après, j'imagine que ce qu'elle voulait dire, je n'avais pas entendu cette phrase, mais j'imagine que ce qu'elle voulait dire, c'est qu'en fait, elle espérait sans doute une prise de conscience sur les dangers du nucléaire. Ce qui a été le cas, d'ailleurs, juste après cette catastrophe, comme ça a été le cas juste après la catastrophe de Tchernobyl. Et puis, finalement, on oublie et la logique économique prend toujours le dessus.

31:47
Présentateur

Mais est-ce que la patronne, en partie, comme Europe Écologie Les Verts, peut utiliser ce genre de phrase ? Peut dire, on a gagné, après un drame de cette ampleur ?

31:54
Invité

Je pense que ce qu'elle voulait dire était une espèce de... Enfin, elle se référait plus à la bataille sur le nucléaire et on ne gagne jamais quand il y a des catastrophes. Enfin, là-dessus, je crois qu'il n'y a pas de doute.

32:05
Présentateur

Revenons à ce qui va se passer le 8 juin, Mme Rousseau. Donc, le groupe Liotte va profiter de la niche parlementaire pour proposer un texte qui vise à abroger le départ à la retraite à 64 ans puisque désormais, il a été promulgué, il est donc entré en vigueur. Est-ce que vous allez voter ce texte ? Bien sûr. Est-ce que vous pensez que ça va réussir ? Est-ce que ça va aller au bout ?

32:23
Invité

Je pense qu'il y a une chance, oui. Et j'appelle les Républicains, d'ailleurs, là-dessus parce qu'on sait que le vote des Républicains va être un vote décisif. Et je voudrais dire aux Républicains qui nous écoutent qu'en fait, il y avait des mesures dans la loi qui nous avait été proposée à l'Assemblée nationale auxquelles ils s'accrochaient pour dire qu'ils allaient voter ce texte. Donc, c'était le CDI senior, c'était l'index senior. Toutes ces parties-là du texte ont été balayées par le Conseil constitutionnel. Et vous l'avez promis

32:59
Présentateur

dans une loi ?

33:00
Invité

Ça a été balayé par le Conseil constitutionnel. Et par ailleurs, sur l'âge,

33:03
Présentateur

les Républicains, il faut le rappeler à nos téléspectateurs, ils voulaient 65 ans.

33:07
Invité

Oui, mais ils avaient dit dans l'hémicycle que pour eux, les mesures d'accompagnement étaient indispensables au vote de la loi. Là, ces mesures d'accompagnement ne sont plus dans la loi telle qu'elle a été appliquée. Donc, s'ils sont logiques avec eux-mêmes, ils devraient voter pour l'abrogation puisqu'il n'y a pas les mesures compensatrices. Et comme un tien vaut mieux que deux, tu l'auras, il y a des promesses sur les mesures compensatrices, mais aujourd'hui, nous n'en avons pas de certitude. Donc, ils devraient voter pour l'abrogation de cette loi.

Et je rappelle que, et pour moi, c'est ce qui fait un peu la spécificité du macronisme, c'est que les républicains ont dans leur base sociale des personnes qui sont des personnes précaires, pauvres, et qui sont des ouvriers, qui sont des employés, qui sont... Ce que je ne pense pas à le macronisme. Je pense que le macronisme vraiment se caractérise par une sociologie qui évacue la question sociale et qui n'a pas de pauvres, en fait. Et là, chez les républicains, il y a des personnes qui ont vraiment des problèmes de fin de mois et qui ont des problèmes de posture, de corps, de pénibilité dans leur métier.

Donc, je leur dis, écoutez aussi ces gens-là, là, vraiment, c'est une question de cohésion sociale.

34:21
Sandrine Rousseau

On sait que le Sénat ne votera pas cette loi. Donc, tout ça pour ça,

34:27
Invité

ça va servir à quoi ? Oui, mais la loi retraite n'a jamais été votée à l'Assemblée nationale puisqu'il y avait un risque qu'elle ne passe pas et donc il y a eu recours au 49-3. Donc, en fait, il n'y a jamais eu de vote à l'Assemblée nationale sur cette loi. Mais vous vendez des illusions aux Français. Les Français, quand ils vous écoutent, ils se disent peut-être que la loi va être abrogée. En réalité, tout le monde sait très bien que même si c'est voté à l'Assemblée nationale, ça ne sera pas voté au Sénat. Il faudra réattendre que ce soit inscrit à l'ordre du jour à l'Assemblée nationale. Enfin bref, vous voyez bien que la réforme ne sera pas abrogée. Je ne vends rien du tout aux Français.

Vous ne croyez pas vous-même à l'abrogation des 64 ans ? Moi, je dis que si la loi du 8 juin déposée par le groupe Liot est votée, alors ça sera quelque chose d'important dans la mobilisation contre la réforme des retraites parce que pour la première fois, l'Assemblée nationale, donc une des deux chambres, montrera qu'elle est contre ce texte. C'est très important. C'est seulement symbolique. Non, ce n'est pas symbolique. Ce sera une entrave au discours selon lequel ça y est, c'est passé, c'est derrière nous, il n'y a plus rien à jouer, il n'y a plus rien à faire, etc.

Et ça montrera que la mobilisation continue à la fois dans la rue pour les personnes qui se lèvent et qui manifestent et à l'Assemblée nationale. Et c'est important. Un mot sur ce 8 juin, juste rapidement. Le gouvernement, la majorité, se pose la question de faire au nom de l'obstruction pour éviter que ce texte soit adopté. Est-ce que ça vous choquerait s'il faisait de l'obstruction ? Ça me ferait beaucoup rire, je vais vous dire, parce que vu ce qu'ils nous ont reproché sur l'obstruction, alors là, je vais regarder les choses. Ils font la même chose que vous.

Ça veut dire qu'ils ne sont pas très à l'aise avec l'idée qu'on puisse voter cette abrogation et que donc, ça n'est pas si symbolique et si inutile que vous le dites.

36:03
Présentateur

On parlait des JO tout à l'heure, ce sera l'été 24. Il y aura une autre échéance importante juste avant, ce sont les européennes. Et votre parti, comme d'autres, commence évidemment à se pencher très sérieusement là-dessus. Europe Écologie Les Verts a commandé une étude à Harris Interactive sur les différentes options en vue de ces européennes. L'option des listes autonomes a fait plus en cumulé qu'une liste commune. Marine Tondelier s'en réjouit. Est-ce que ça veut dire qu'il n'y aura pas de liste NUPES pour ces européennes ?

36:30
Invité

Je dis que il est quand même important de discuter. Pourquoi il est important de discuter ? Parce que là, c'est un sondage à un an. En plus, on sait que l'électorat sur les européennes est un électorat qui est extrêmement volatil et qui change très facilement de positionnement. C'est l'élection où la volatilité du vote est parmi les plus grandes. Donc ça, c'est la première chose. Et la deuxième chose, c'est que si on regarde un peu ce sondage, on se dit que toutes les forces progressent. Toutes les forces de gauche et de la NUPES progressent. Mais précisément parce qu'on est aussi dans une configuration de la NUPES sur les législatives, etc. Donc tout progresse.

Et en fait, la question qui est posée sur ces européennes ? Pour moi, il y a deux questions. La première, c'est comment on fait en sorte qu'à l'issue du scrutin des européennes, le récit qui s'installe est que le RN n'ait pas gagné toute l'Europe ? Puisque je rappelle

37:25
Présentateur

que Vox en Espagne

37:28
Invité

fait une percée énorme, que le parti des Finlandais en Finlande fait une percée énorme, qu'en Suède, l'extrême droite est extrêmement présente, que Mélanie est présidente du Conseil en Italie. Donc en fait, on est dans une poussée extrêmement puissante de l'extrême droite partout en Europe. Et si, à la fin, on arrive avec l'extrême droite en tête, les républicains qui sont affaiblis et qu'ils soient obligés de faire alliance avec l'extrême droite comme ils l'ont fait dans bien des pays européens pour gouverner l'Europe, est-ce qu'on veut que l'extrême droite gouverne l'Europe ? Et donc, je...

38:06
Présentateur

Donc vous voulez une liste commune pour des choses simplement ?

38:08
Invité

Moi, je pense qu'il faut qu'on discute et qu'on dise aux Français et Françaises qu'on est toujours dans une forme d'alliance quand bien même à la fin on y va ensemble ou séparément. C'est-à-dire que pour moi, l'important est qu'on soit capable d'additionner les scores à la fin du scrutin quand bien même on n'y va pas ensemble. Et moi, je pense qu'il faut vraiment réfléchir à l'hypothèse d'y aller ensemble mais si on n'y va pas ensemble, comment on réfléchisse à comment on installe dans l'esprit des Français et Françaises que oui, nous continuons à travailler ensemble et que oui, ces voix s'additionnent. C'est une addition

38:42
Sandrine Rousseau

avec des soustractions parce qu'il y a aussi des dissidents dans vos trois formations. Au PS, chez vous, il y aura des listes dissidents. Est-ce que vous êtes sûres que ce sera une addition performante ?

38:56
Invité

Vous vous posez déjà cette question. Oui. C'est pour ça que moi, je veux qu'on discute et je veux qu'on fasse un bout de chemin en commun

39:05
Sandrine Rousseau

au moins jusqu'à cette élection. aussi à certains électeurs de vos familles politiques et on voit que le RN progresse encore plus lorsque vous avez une liste d'union. Donc, on est à un an certes mais il y a plusieurs lectures de cette idée. Non,

39:22
Invité

le RN ne fait pas plus. Ça se joue sur l'épaisseur, sur la marge d'erreur. Le RN ne fait pas plus quand on est en liste d'union. par contre, ce qui se passe sur la NUPES, en fait, pour moi, il y a un enjeu très important, c'est qu'on s'installe dans le paysage politique français comme étant une alternative possible, une alternative en capacité de gagner aux prochaines élections. Et quand je mets aux prochaines élections, c'est au pluriel, à toutes les prochaines élections. Qu'on s'inscrive dans le paysage de la gauche et de l'écologie comme étant l'alternative qui va grimper, qui va monter, qui va se solidifier et qui va présenter une alternative.

40:07
Présentateur

Vous avez tellement de visions différentes. Là, typiquement, sur l'Europe, on n'est absolument pas le même point de vue que LFI. Quand on se projette sur 2027, Fabien Roussel, qui n'était déjà pas dans la NUPES à la précédente présidentielle, commence à dire « Moi, je veux que notre programme soit présent, que ce soit lui qui mène la danse, etc. » C'est toujours compliqué, évidemment, de faire des unions. Mais là, ça paraît de plus en plus compliqué.

40:26
Invité

Moi, je ne suis pas si certaine que ça, qu'on ait un programme si différent que ça de la NUPES, enfin de LFI aux élections européennes. Manon Brigitte, le drapeau européen, c'est une forfaiture démocratique. Vous ne pouvez pas être en phase avec ça ? Non. Je le redis ici, le drapeau européen n'est pas une forfaiture démocratique. C'est un détail. Le JDD, je crois, ou l'OPS, je ne sais plus quel D2, je crois que c'est... Je ne sais plus, je ne voudrais pas dire grande mandature et montrer que ELV au Parlement européen votait à 81% comme LFI. Je veux dire, il n'y a pas de différence majeure. Et oui, on sait qu'on a 20% de différence, on les assume.

Mais ce que je veux vraiment imposer, enfin, ce que je veux dire là et ce que je veux réussir à imposer dans la discussion politique, c'est le fait qu'on discute. Parce que pour moi, c'est important. Après, on peut ne pas arriver à se mettre d'accord ou juger qu'il est préférable de ne pas se mettre d'accord, c'est possible. Mais par contre, on a à discuter. Parce que fermer la porte là et dire il n'y a pas de discussion possible et c'est comme ça, je pense que c'est une erreur.

41:30
Présentateur

Donc c'est un message que vous envoyez à Marine Tondelier ? C'est un message que j'envoie à tout le monde,

41:34
Invité

y compris à Fabien Roussel. Un mot rapidement, Sandrine Rousseau, l'actrice Adèle Haenel a écrit cette semaine à Télérama pour annoncer l'arrêt de sa carrière au cinéma au motif d'une trop grande complaisance à l'égard, je cite, d'un ordre mortifère, écocide, raciste. Vous l'avez soutenu sur Twitter. La nuit du 12 contre les féminicides, Lajli qui tourne sur les banlieues sont complices d'un ordre mortifère, écocide et raciste ? C'est Adèle Haenel qui a écrit ça et moi je salue son courage à Adèle Haenel parce que je dis Vous l'avez soutenu très vivement, très fortement. Je dis qu'elle n'est pas dans une forme de... Comment je pourrais dire ça ?

Elle ne s'habitue pas en fait à la violence qu'il peut y avoir dans le monde du cinéma et en fait on a aussi besoin de personnes qui ne s'habituent pas et qui ne veulent pas s'habituer à cette violence. Moi je pense que... Mais tout le monde dans le même sac au sein du monde du cinéma c'est ce qui a pu parfois choquer les uns et les autres. C'est pour ça que je vous citais Dominique Molle qui tourne sur ce film sur les féminicides. Dans tous les systèmes il y a toujours des exceptions et gloire à eux. C'est pas des exceptions. Mais bien sûr et il y a toujours des personnes qui font différemment et gloire à eux et merci.

Mais quand on voit les difficultés qu'il y a à condamner des comportements qui sont manifestement déviants on a aussi un problème et un problème qui dépasse juste les personnes qui ont ces comportements qu'on l'a vu au moment des cérémonies des Césars. je veux dire on va pas se voler la face quand Polanski a eu le prix du meilleur réalisateur alors qu'Adèle Haenel venait de dénoncer la complaisance avec la pédocriminalité qu'il pouvait y avoir dans le cinéma. Il y a des mesures qui ont été prises d'ailleurs un an après. Oui très bien ce qu'elle dit c'est que ces mesures manifestement ne sont pas suffisantes à transformer en profondeur le monde du cinéma. Pour revenir à votre propre milieu.

Je crois qu'on devrait écouter ce qu'elle a à dire vraiment parce qu'en plus elle le dit avec des mots qui sont certes des mots crus mais des mots intéressants à écouter.

43:45
Présentateur

Il faut qu'on avance dans encore trois questions.

43:46
Sandrine Rousseau

Juste, vos déclarations sur Adèle Haenel font forcément penser à ce qui s'est passé dans la classe politique et dans des partis dont vous êtes proches donc LFI avec l'affaire Catenins ELV avec l'affaire Bayou là aussi vous considérez que les comportements n'ont pas été exemplaires et que les mesures nécessaires n'ont pas été prises. Bien sûr.

44:07
Invité

Bien sûr. et j'ajoute même que je pense qu'il n'y a aucun parti aujourd'hui qui peut se revendiquer de traiter correctement la question des violences sexistes et sexuelles. Donc voilà. Oui, bien sûr ça n'a pas été géré correctement et j'ai élevé la voix d'ailleurs pour dire que ça n'avait pas été géré correctement et nous avons été plusieurs à le faire. Mais aujourd'hui

44:26
Sandrine Rousseau

vous travaillez avec M. Bayou à l'Assemblée nationale. Oui parce que

44:30
Invité

mais ça c'est un ça a été par ailleurs ça n'a pas blanchi la cellule en question à considérer qu'il n'y avait rien à lui reprocher donc d'autre point là il n'y a pas eu d'enquête non mais voyez comment vous faites voyez comment vous faites le pas c'est très intéressant ce que vous dites parce qu'il dit vous dites la cellule a considéré qu'il était blanchi il n'y a pas eu d'enquête il n'y a eu zéro enquête il n'y a eu zéro personne auditionnée zéro personne auditionnée je veux dire c'est votre parti Mme Rousseau mais oui c'est pour ça que je dis que ça a été mal géré

45:01
Présentateur

deux questions pour terminer s'il vous plaît Mme Rousseau la première concerne Sandra Regol qui a été interdite explique-t-elle sur Twitter là d'entrer en Turquie elle souhaitait se rendre sur place pour l'élection présidentielle qui est donc lue aujourd'hui comme elle l'avait fait il y a 5 ans est-ce que vous avez eu des informations est-ce que vous l'avez eue est-ce qu'elle en sait un peu plus sur son thread sur Twitter elle dit je ne sais absolument pas pourquoi on m'a interdit et demandé de repartir

45:24
Invité

alors moi je n'ai eu que des échanges avec elle par message sur le groupe des députés écologistes où elle nous disait qu'elle était enfermée à l'aéroport d'Istanbul qu'elle n'arrivait pas à en sortir que Daniel Simonnet et d'autres députés ont réussi à partir mais qu'elle on lui avait pris ses papiers et qu'elle n'a pas eu le droit de poser un pied en Turquie et qu'elle est repartie immédiatement sinon elle était mise en garde à vue en Turquie les soupçons portent sur le fait qu'elle ait soutenu les Arméniens qui dénonçaient le génocide arménien si c'est cela c'est très grave en fait parce que c'est une députée de la nation et vraiment là ce qui se passe mérite une enquête et mérite vraiment notre attention parce que si c'est cela c'est très grave

46:04
Présentateur

vous soutenez l'opposant à Erdogan ? Est-ce que vous souhaitez qu'il s'impose ? Est-ce que vous souhaitez qu'il gagne ?

46:10
Invité

C'est les Turcs qui choisissent et je ne commenterai pas au-delà de dire que moi je suis toujours du côté des démocrates jamais du côté des nationalistes

46:21
Sandrine Rousseau

Mais sur l'affaire Sandra Regol vous pensez que le gouvernement doit interroger ?

46:24
Invité

Bien sûr que le gouvernement doit intervenir il est absolument anormal qu'un député ou qu'une députée ne puisse pas mettre un pied dans un pays alors même qu'elle n'a pas été condamnée je rappelle que Sandra Regol n'a pas été condamnée elle fait partie de l'arc démocrate donc il est absolument impossible qu'une députée soit interdite de séjour donc oui je pense que c'est un sujet diplomatique C'est un sujet diplomatique

46:47
Présentateur

Un tout dernier mot qui n'a rien à voir avec le sujet que nous avons d'évoquer ni avec le reste par ailleurs Lyon a remporté la coupe de France de foot féminin hier face au Paris Saint-Germain 2 buts à 1 un match qui s'est joué à Orléans dans un stade de 6 800 places ce dimanche là cet après-midi l'équivalent britannique entre Chelsea et Manchester United finale de la coupe anglaise a lieu à Wembley 90 000 places qui ont été vendues c'est sold out c'est quoi le problème en France ? Pourquoi est-ce qu'on met les filles pour jouer dans un stade de 6 800 places alors qu'en Angleterre ça se passe dans un stade de 90 000 ?

47:20
Invité

Le sexisme peut-être ? Le patriarcat ? Et là bas le patriarcat ?

47:26
Présentateur

Merci Sandrine Rousseau d'avoir été avec nous aujourd'hui en direct sur BFM TV merci beaucoup Marie-Christine Benjamin voici affaire suivante avec Philippe Godin Dominique Rizet je vous redonne rendez-vous tout à l'heure à 18h c'est ça