Natalité : Quelle école en 2035 ? | Chaque voix compte - 17/04/26
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonsoir à tous et bienvenue dans chaque voix compte sur LCP. Nous sommes vendredi et comme chaque vendredi puisque chaque voix compte, c'est à vous que nous donnons la parole pour une émission en public consacrée ce soir à un endroit où a priori nous sommes tous passés et c'est sans doute l'une des premières chances de notre vie, l'école. Question ce soir : quoi ressemblera-t-elle d'ici 10 ans ?
L'éducation nationale va devoir faire face à une chute inédite du nombre d'élèves en raison de la baisse de la natalité. 1 million et demi d'élèves en moins d'ici 2035. Moins d'élèves, est-ce que ça veut forcément dire moins de profs ?
L'équation n'est pas si simple. Et on en parle ce soir avec vous Jadab. Bonsoir.
Bonsoir. Vous êtes porte-parole et secrétaire national du Parti Renaissance. Merci d'être là au côté de Rodrigo Arenas.
Bonsoir. Député insoumis de Paris. Vous êtes également membre du Conseil supérieur des programmes et vous avez présidé pendant 4 ans la FCPE, la Fédération de parents d'élèves.
Merci d'être là. Et je salue également Stéphane Boni. Bonsoir universitaire, professeur en sciences de l'éducation à l'université de Paris 8.
Merci à tous les trois d'avoir accepté de vous prêter au jeu des questions-réponses avec notre public. J'ai autour de moi des parents, des enseignants, des directeurs d'école, des maires de petites communes également. Ce soir, on retourne à l'école avec un crayon, une feuille et vous avez une heure.
Installez-vous confortablement chaque voix compte. C'est parti. En fait, c'est ce soir l'histoire de deux courbes qui vont fatalement afficher la même trajectoire mais avec un léger décalage dans le temps.
D'un côté, la baisse de la natalité, de l'autre la baisse du nombre d'élèves à l'école. En 2035, le système scolaire comptera 1,7 million d'élèves de moins qu'aujourd'hui. Cette chute des effectifs va toucher toute la France et en premier lieu les zones rurales et les grandes villes comme Paris.
Faut-il en profiter pour faire des économies ou pour réduire la taille de nos classes ? Et bien, c'est toute la question qu'on se pose ce soir, mais d'abord tous les chiffre avec Hélène Banduel. À quoi ressemblera l'école en 2035 ?
Avec la chute démographique inédite dans le pays, l'éducation nationale est percutée de plein fouet. Si on ne se prépare pas au choc démographique inédit et absolument considérable qu'on est en train de connaître, je peux vous promettre que dans quelques années pour le coup, on sera face à un mur. Avec le recul de la natalité, l'école devrait perdre près d' 1700000 élèves d'ici 2035.
C'est 14 % de moins sur 10 ans dans le second degré comme dans le premier degré. Fermiton, c'est dire non à l'inclusion. Résultat, à la rentrée prochaine, 3 à 4000 classes pourraient être fermées et près de 4000 postes d'enseignants supprimés.
Cette semaine, le débat s'est invité à l'Assemblée nationale. Ces suppressions de postes sont autant de fermeture d'école, de baisse de dotation horaire globale, de fin de certains enseignements, de manque d'accompagnement pour les élèves les plus en difficulté, autant d'attaque envers l'école publique, partout sur le territoire. Dans ma seule circonscription, la deuxième de Soné Loire, ce sont 10 fermetures qui sont prévues à la rentrée prochaine.
Tant que l'école rurale sera considéré comme une dépense à réduire plutôt qu'un bien commun à protéger, alors la fracture territoriale continuera de s'élargir et la ruralité de se dévitaliser. Oui, nous avons une baisse massive de nos élèves et non, nous ne pouvons pas totalement l'ignorer. Quand on quand on perd 25 % de ces élèves en 15 ans, on ne peut pas ignorer le caractère sismique de la secousse à laquelle on est confronté.
Et quand dans certains territoires c'est 40 ou 50 % des élèves, on ne peut pas l'ignorer. Depuis plusieurs semaines, les mobilisations contre ces fermetures de classe se multiplient un peu partout en France. Alors, d'abord un premier tour de table avec vous trois. 1700000 élèves en moins d'ici 2035.
Le ministre de l'éducation parle du caractère sismique de cette secousse. Est-ce que vous posez vous aussi le même constat ? Rodrigo Arenas.
Le constat, c'est pas Édouard Gefrey, le ministre de l'éducation qui le pose. Il est connu des parents d'élèves, des enseignants, des élèves aussi depuis très longtemps. La question c'est qu'est-ce qu'on en fait ?
Moi, j'y vois au contraire un tsunami d'opportunité parce que enfin la France va pouvoir renouer avec la moyenne des pays de l'OCDE. Il faut rappeler qu'en France, nous sommes pas des bons élèves en terme d'encadrement euh c'est-à-dire de nombre d'élèves pour les enseignants. Pour être très précis, en France, nous avons 100 100 enseignants pour 100 élèves.
La moyenne des pays de C est de 8 pour 100 élèves. Donc on voit bien qu'il y a un un gap à rattraper. Encore une fois, c'est une opportunité pour les élèves et je l'initiative qui avait été portée à l'époque par le ministre Jean-Michel Blancard de dédoubler notamment les CPCE1 permet aujourd'hui d'envisager ce que les parents d'élèves proposaient déjà à l'époque de élargir ce dédoublement de l'universaliser parce que ce ne sont pas seulement les élèves qui sont RP et en R plus surtout à la sortie du Covid qui ont besoin de de cette attention particulière en milieu scolaire et vous l' rappelé tout à l'heure c'est ce que nous avons tous en commun.
Nous allons tous à l'école publique. Jadab, que fait-on de cette secousse, de cette vague sismique dont parle Édouard Gefrey ? Je pense que déjà il faut la préparer, l'anticiper et c'est l'objet de du débat d'aujourd'hui et même de l'alerte qu'a fait le ministre de l'éducation nationale.
C'était dit à l'instant 17 élèves en moins d'ici 2035 et en réalité déjà 700000 en moins depuis 10 ans. Donc c'est une réalité et notre école publique affronte déjà cette situation. Donc je pense que déjà le débat qu'on va avoir là est nécessaire.
Le fait que les politiques s'en saisissent, c'est tant mieux. Ensuite, il faut qu'on soit pragmatique sans être idéologue. Le le premier point déjà, c'est de dire que on est toutes et tous attachés à l'école publique qui est un pilier de de la République française.
Moi, je suis la première génération née en France et c'est grâce à l'école de la République, mes parents sont venus pendant la guerre civile libanaise. Je suis franco-libanais et c'est grâce à l'école de la République que je suis un citoyen pleinement engagé. et vous avez cité tout à l'heure euh mes fonctions.
Je suis par ailleurs secrétaire national en charge des valeurs de la République et de la laïcité euh au sein du Parti Renaissance et donc je sais combien à la fois nos enseignants et à la fois l'école de la République est un vecteur pour lutter contre les inégalités sociales et notamment les inégalités de destin. Donc on pose la question, je veux pas tout de suite tout dire mais je pense qu'on va avoir des échanges. En réalité il y a il y a il y a deux situation il y a deux comment dire deux scénarios extrêmes.
Soit effectivement on profite de cette baisse de la démographie scolaire pour limiter considérablement les pour réduire pardon le nombre de personnes par classe, soit on supprime massivement des postes. Vous l'avez compris, moi je pense qu'il faut faire ni l'un ni l'autre et en réalité il faut qu'on ait des des solutions qui soient pragmatiques et on on va y venir ensemble je pense tout à l'heure. Si on ne fait ni l'un ni l'autre, on fait quoi ?
Alors je vais juste revenir d'abord sur le chiffre que tout le monde répète en boucle mais qui vaudrait mieux interroger. Donc c'est c'est un modèle ce chiffre de 1,7 million d'élèves en moins. Oui.
Oui. Parce qu'en fait il est construit sur le raisonnement suivant. Il faut que l'administration anticipe.
Si la baisse continue à être toujours de la même ampleur pendant 8 ans, alors on en sera là. La baisse de la natalité. Et oui, mais enfin c'est la statistique fiction quoi, enfin doucement quoi.
Donc actuellement ce qu'on sait parce que jamais on a on a fait on a publié les modèles qui disaient pendant le baby boom de l'an 2000, si ça avait continué comme ça pendant 10 ans, alors au lieu de réduire les postes quand la natalité montait, ce qui a été fait, il aurait fallu augmenter les postes. Et donc je trouve que il faut pas instrumentaliser la science pour imposer des conclusions, toujours fermer des postes, ce qui est fait depuis 20 ans. Parce qu'en fait que ça monte ou que ça descende au niveau natalité, on ferme toujours des postes.
Donc faut, moi je suis un scientifique, l'important c'est on fait pas dire n'importe quoi. Il y a de la baisse, elle est plus importante. Par exemple là, 659000 élèv en moins depuis que ça descend pendant la période de montée, c'était 450000.
Donc c'est un fait, ça baisse plus que ça a monté. de là en déduire qu'on double les chiffres par tr parce que la baisse va continuer la même ampleur pour faire peur et imposer des des conclusions à l'avance. Je pense qu'il faut y aller doucement.
Est-ce qu'il s'agit de faire peur ou est-ce qu'il s'agit aussi d'être réaliste quand même quand on voit la baisse de la natalité ici même à l'Assemblée nationale ? Il y a une mission d'information sur cette baisse de la natalité. Faut pas être grand clair pour deviner que en 2027, il n'y aura pas deux enfants par femme en France.
On est en dessous désormais et autour de nous, tous nos voisins européens sont dans cette même trajectoire. Bien sûr, mais n'empêche que à laver du bébé boom de l'an 2000, on se disait la même chose. Et donc je pense que il faut y aller prudent qu' a 25 ans, on a rien fait quand on est on a même empêché que ça se sache parce que voilà, on a été quelques chercheurs à écrire tous les médias, écrire partout, silence, radio et donc il y a une instrumentalisation des arguments chiffrés scientifiques.
Les chiffres sont bons hein. Voilà. Si le euh le chiffre d' 1,7, il est juste si ça continue comme ça, mais il y a un gros euh et puis la natalité, vous vous pensez à une relance de la natalité ?
Ben la natalité, c'est pas un effet du hasard. Euh il y a une tendance générale, elle baisse du nombre de femmes mais euh d'enfant par femme. Ceci étant, euh quand le prix la spéculation on la laisse faire, le prix du mètre carré fait que on se pose des questions sur ce qu'on va faire un deuxè ou un trisè.
Enfin, c'est quand même pas le voilà, c'est pas la météo, quoi. Voilà, on maîtrise. Donc il y a aussi des politiques qui peuvent relancer la natalité puis surtout quand bien même ça baisse, est-ce que c'est si catastrophique que ça ?
Parce que euh on pourra y revenir. Il y a des mesures qui ont été prises pendant que les effectifs montés. On a supprimé quasiment partout les classes de toute petite section maternelle et pour votre émission, j'ai préparé un truc et le résultat m'a moi-même sidéré.
On est à 9,2 % de taux de scolarisation des enfants de 2 ans en toute petite section de maternelle alors qu'on était à 35,7 en 19 dans les années 80. Autrement dit, on est revenu en dessous de ce qui était l'autoscolarisation toutes petits sections en 1960 avant que la maternelle et l'élémentaire prépare aux études longues. Est-ce que ça veut dire que sans le dire on prépare que l'école ne prépare plus tout le monde à faire des études longues ?
Et donc il y a il y a les arguments chiffrés, c'est très important, ça baisse mais c'est une occasion peut-être de se dire ce qui a été supprimé pendant que la natalité est montée, ben peut-être qu'on pourrait le recréer. On a des voilà, il y a des choses à faire ou simplement le garder puisque maintenant qu'elle redescend, ben on va rester comme ça puisqu'on était resté comme ça quand la natalité était repartie à descendre le nombre d'élèves par classe et puis j'ai d'autres propositions. Enfin, il y a plein de choses à inventer.
On a une opportunité historique, soit pour continuer la pénurie, soit pour au contraire relancer l'école publique. Mais au fond, ça donne raison aussi quelque part au ministre de l'éducation de dire "Bah, il faut qu'on ait une vision de l'école à 10 ans. Ce qu'on a pardon, mais jamais eu." Oh, je pense qu'il y en avait qui l'avait mais qui voulait pas la Ah bah oui, il savait très bien que la vague du baby boom de l'an 2000 parce que quand même le même ministre il ne nous dit pas que la vague du baby boom de l'an 2000 est en 4e et donc elle est à plein au lycée, il n'augmente pas les postes au lycée, il les ferme.
Le baby boom de l'an 2000, on est en duré jusqu'à 2011, il a duré jusqu'à 2011 le pic à l'école aujourd'hui le baby boom hein. Ah bah si, ils sont au lycée et ils entrent à la fac et il nous supprime des bosses. Et si sont nés en 2000, on est en 2026.
Oui, mais les derniers 2011 j'espère qu'ils sont pas encore en primaire pas écouté 2011 ils ont 15 ans. Oui. Ils sortent du collège donc ils sont à plein au lycé jusqu'en 2011.
Oui. Donc il ils sont au ils sont au lycée et donc et on supprime des postes au lycée et on supprime des postes à l'université où le baby boom va être pendant 10 ans et donc ça au lycée. Oui, je vous confirme.
Moi je pense qu'il y a un torticoli argumentatif. On voit que sur surtout dans le professionnel. Je vois que Julien se manifeste dans dans le public.
Julien Julien vous êtes enseignant au lycée justement. C'est ça. Les élèves de la fin du baby boom des années 2000-20, ils sont dans vos classes aujourd'hui.
Ils sont dans mes classes et on les sacrifie tous les jours. Vous vous avez combien d'élèves dans votre classe de lcée ? Alors moi je suis en j'ai des classes de CAP de bac pro donc c'est ça peut sembler des petits effectifs puisque j'ai des classes à selon les spécialités entre 12 et 23.
Mais faut se rendre compte quand même que c'est ces élèves-là qui ont systématiquement pris le manque d'effectif d'enseignant tout le long de leur scolarité. C'est ces élèves qui ont accumulé les difficultés et qu'on est avec lesquels on essaie de faire ce qu'on peut justement comme ils sont en professionnel avant que ce soit la fin de leurs études. Et moi je suis en en français et en histoire géographie.
Donc ma mission, elle fait par c'est de dans de les aider à devenir des citoyens et des citoyennes. Et donc en fait on nous on nous a systématiquement, moi depuis que j'enseigne casser les jambes. On fait tout pour dégoûter.
D'ailleurs, on a des démissions de collègues en masse. On a des réformes qui se succèdent les unes après les autres sans aucune vision, sauf peut-être la vision justement de nous dégoûter. Et euh l'actuel ministre est quand même celui qui a porté une grande partie de ces réformes de casse de l'école et de casse du lycée professionnel ces dernières années.
Donc oui, on a besoin de souffle. Là, on est là franchement on manque d'air. Ouais.
Jadab, quand vous entendez des professeurs de lycée qui disent "On nous casse les jambes". Bah déjà, je les entends et je pense qu'il faut qu'on ait effectivement un débat, ça a échappé à personne. 2027, c'est dans quelques mois un débat où on se projette à 10 ans et qu'on soit en capacité de dire qu'est-ce qu'on va faire pendant 10 ans pour faire de l'école de la République le pilier qu'elle doit être à la fois d'intégration, de lutte contre les inégalités.
Mais je dis souvent l'école, et c'est la même chose pour l'État, c'est la chance de ceux qui n'en ont pas. Donc le rôle de l'école, c'est d'être à l'avant-garde pour accompagner tout le monde. Est-ce que tout ce qui a été fait pendant 10 ans, moi je suis je suis engagé depuis 9 mois dans ce mouvement Renaissance, je suis là donc je vais vous répondre de manière très tranquille.
Est-ce que tout a été bien fait ? Non. Est-ce qu'on peut faire mieux demain ?
Oui, évidemment. Et il faut en réalité que sur la question de l'école, vous êtes dans une filière professionnelle. Moi j'ai fait ma scolarité au lycée, notamment dans un lycée qui était agricole.
C'est pas la la filière pro, mais il faut aussi euh revaloriser, vous parliez de euh des enseignants, reparler de la question euh des ressources humaines, c'està-dire aussi de comment est-ce que quand on est un enseignant, on est considéré, on est rémunéré parce que c'est évidemment aussi un sujet et comment on redonne confiance en l'institution de l'école. Donc moi, je pense qu'il faut il y a aucun tabou dans le débat et je vous répondrai et vous me reposerez toutes les questions si je je tourne autour ce que je vais essayer de pas faire, j'ai aucun problème à entendre qu'il faut qu'on remette les moyens à l'école. Je précise quand même que l'école est le premier budget de l'État, qu'on a sanctuarisé cette dépense et que c'est une bonne chose, que euh l'école de la République et monsieur le député, vous ne direz pas le contraire, enfin j'espère ça reste le but du budget de l'école et de l'enseignement euh reste le premier budget de l'État que c'est une bonne chose et que c'est pas qu'une question de dépense.
Je pense que en France, on est très fort pour mettre les moyens et il faut qu'on mette les moyens mais c'est pas toujours qu'une question dépense, c'est une question de fidélisation, de carrière et donc il faut qu'on ait ces débats là et moi j'y suis. Vous comprenez qu'aujourd'hui toute la communauté éducative s'inquiète de se dire on est dans une période où les les finances publiques ne vont pas très bien. On se dit bon, il va y avoir par endroit 30 % d'élèves en moins.
C'est une formidable occasion aussi de faire des économies. Ça pourrait l'être entre les mains d'un gouvernement qui n'assumerait pas ses choix. Ça a été dit à l'instant, le chiffre de projection sur les 1,7 millions, c'est si jamais la natalité ne bouge pas et qu'on est sur une, on va dire, une projection arithmétique.
Le fait qu'on ait ce débat, ben c'est une bonne chose qu'on en débatte. Et si jamais les chiffres sont ce qu'ils sont et qui bougent pas, à savoir 1,7 million d'ici 2035, oui, moi je pars du principe et je vous l'ai dit tout à l'heure, sans essayer de caricaturer qu'il y a deux choix. Soit effectivement on en profite pour baisser le nombre d'élèves par classe.
Aujourd'hui, on est en moyenne à 21. On pour élève par classe, on pour en moyenne hein, je bien disant que c'est une moyenne classe pour voilà, on pourrait passer à 18 donc ce serait pas en soi une mauvaise chose même si les études scientifiques et la littérature montrent qu'en réalité c'est pas uniquement le nombre d'élèves par classe qui joue sur la capacité d'apprentissage et le succès des élèves. Ou alors on pourrait bah non, il y a aussi la pédagogie, le rythme scolaire, il a tout un nom de professeur en fin maintenant quand même sur ce point moins d'élève c'est pas c'est pas mieux décol pas le seul facteur c'est ce que je disais disons que ça soit pas le seul facteur est une évidence mais mais faire comme si c'était deux choses qui n'étaient pas reliées en fait mécaniquement quand on a plus d'élèves bah ça ça fait plus de copies et si on a plus de copies on fait moins écrire parce que ça fait plus de correction et donc je pense que une possibilité ce serait par exemple dans le premier degré on a une occasion histoire historique.
On pourrait dire, on a vu pendant le Covid combien les parents ont pris conscience de la difficulté du métier d'enseignant. Donc euh les élèves français ont perdu 2 ans et demi de scolarité en heure de cours parce que quand la génération du baby boom est rentrée à l'école, on a supprimé les toutes petites sections en masse, on en zep parce queil faudrait avoir les chiffres parce que les chiffres que j'ai donné tout à l'heure étaient affolant mais je crois qu'ils sont encore pire en zep et en zone rurale. On a supprimé les samedis matins, ce qui équivaut à une année scolaire.
Quand quand la vague du baby boom est rentrée au collège, réforme du collège, on a supprimé 2/3 d'enseignement disciplinaires parce que ça faisait des économies de prof. Quand la vague du baby boom est rentrée au lycée, réforme blancaire pour supprimer des heures, regrouper et donner des emplois du temps délirant au lycéens parce que comme il y a plus de filières, on les regroupe un peu n'importe comment. Ça ça donne des conditions d'étude déplorables.
Donc bien sûr qu' la pédagogie mais on peut pas tout le temps dire aux enseignants dans les conditions les pires, faites la meilleure pédagogie. En fait, je pense que il y a quand même un lien entre les deux qui n'est pas mécanique. Maintenant, je pense que il y a du mieux à faire.
Je voudrais donner la parole à Thomas. Thomas, où est le micro pour Thomas, s'il vous plaît ? Thomas Vert Morel, vous êtes président de l'association des directeurs d'école, c'est ça ?
Tout à fait. De Paris. Vous vouliez intervenir ?
Je vous voyais réagir. Oui, oui, je je réagissais à à à plusieurs titres. Euh d'abord dire que le le le budget de de l'éducation nationale, c'est le premier de France.
Je crois pas que ce soit tout à fait exact. Et pour euh pour donner une une idée un peu plus justement en comparaison internationale, la France dépense 11 % de moins par enfant que c'est vo que que la moyenne de pays de l'OCDE. la France n'est pas ne n'est pas généreuse avec les élèves français.
C'est pas vrai. 11 % de moins, c'est c'est quand même très important, très significatif. Donc ça ça c'est pas c'est important de de voilà euh si on balance des chiffres, il faut être quand même dans dans dans des dans des registres un petit peu un petit peu réalistes.
Euh je vais j'avais un petit peu les chiffres, voilà, le taux d'encadrement moyen, l'OCDE, c'est un c'est 19 élèves par enseignant. Euh non, c'est pas non, c'est 14 élèves par enseignant. En France, c'est 19.
Donc oui, mais par en renseignant, c'est c'est-à-dire euh on fait la totalité, la direction d'école qui est partiellement déchargée. Euh voilà, donc c'est ça veut pas dire qu'il y a qu'il y a 19 élèves par classe. Ça veut dire que c'est un c'est un taux moyen.
Mais vous voyez qu'on est quand même déjà très très très au-dessus. Euh et euh et si bien sûr s'il y a une seule chose sur le consensus euh parce que des des des études sur les différentes pédagogies possibles, il y en a plein. Des études qui soient définitives en disant cette pédagogie là, elle marche mieux que celle-là, il y en a pas.
Alors que des études qui disent quand vous réduisez le nombre d'enfants euh dans les classes et ben ça fait meilleurs résultats, elles sont toutes d'accord. C'est incontestable. Quand on parle justement pas d'idéologie mais de réalisme, vous voulez de meilleurs résultats, vous baissez le nombre d'élèves.
Alors, je vais essayer de l'incarner un peu plus. Je suis euh directeur d'école maternelle. J'ai j'ai travaillé euh dans dans l'école maternelle et dans l'école élémentaire et même en en SECPA et dans dans le milieu de du handicap aussi.
Euh c'est évident que en maternel le langage c'est le véhicule, le vaisseau amiral de des apprentissages. C'est évident que si j'ai 18 élèves, je vais pouvoir parler à chacun d'entre eux tous les jours à plusieurs reprises et que ils vont être pris dans la relation pédagogique bien mieux que si j'en ai 25, voir quand j'ai commencé, c'était 30 en petite section. Je vous raconte pas le machin.
Bon euh c'est évident que euh on a un un rapport bien plus efficace sur le plan de la relation pédagogique euh et que les enfants apprennent bien mieux. Donc la question effectivement c'est comment peut-on ne sera que imaginer défendre le fait de ne pas faire baisser les effectifs ? Et c'est ça comment comment des parlementaires peuvent argumenter en faveur de ne pas faire baisser les effectifs quand on sait qu'on est des mauvais élèves de ce point de vue-là et que ça impacte directement directement la destinée des plus fragiles en particulier parce qu'évidemment les autres ils peuvent aller dans le privé par exemple.
Rodrigo Arenas vous voulez lui répondre ? bah lui répondre plutôt à moi la question puisque je crois que monsieur il y a pas vrai vraiment de réponse mais euh vous avez dit tout à l'heure euh une projection à 10 ans, on y est à 10 ans puisque je rappelle que c'est le deuxème quinquena d'Emmanuel Macron que nous avons là et et les ministres successifs depuis Jean-Michel Banquer en passant par Odéa Castera de triste mémoire sur l'école privée et le et la pierre dans le dans le jardin public qu'elle a qu'elle a balancé de la pierre des façons qui lui a d'ailleurs coûté son poste pour être clair. Des fois en politique, on sait aussi faire des choses intéressantes du point de vue de la défense des élèves et du symbole que représente l'école.
Et là et il y a une régularité dans les choses. On parlait tout à l'heure de de la de la division des classes par deux. C'était CPCE1 en RP en RP plus à l'époque mais d'abord ça c'est une idéologie mais il y a eu une gestion RH qui s'est mis en place.
C'est-à-dire qu'on a supprimé un dispositif qui avait fait ses preuves. À l'époque, on appelait ça le plus de maître que de classe, c'est-à-dire un enseignant chevroné qui permettait d'être enant surnuméraire dans une classe et aussi d'accompagner les enseignants qui débutaient parce que vous avez rappelé tout à l'heure monsieur Bon, enseign c'est un métier. Et comme c'est un métier, on a besoin dans un dans la transmission d'un savoir-faire d'avoir des enseignants qui permettent de transmettre ce savoir-faire parce qu'il ne s'apprend pas seulement sur les bans de l'école.
Et aujourd'hui, nous sommes dans cette situation là. Alors vous dites que ce n'est pas idéologique. Moi, j'assume d'être idéologique sur l'école parce que par exemple, vous êtes sur la laïcité.
La laïcité à la française, c'est une idologie. Ce n'est pas la laïcité anglo-saxonne. La loi de 2004 sur l'interdiction des signes religieux ostensibles et ostentatoires dans l'école publique et pas dans l'école privée.
L'école privée est absente de ce registreel là. Elle le fait de façon volontaire mais pas de façon obligatoire. C'est une idéologie.
Donc, j'assume de dire que partir des besoins des enfants, c'est-à-dire baisser les effectives, former les enseignants, les payer correctement, c'est une logie de concevoir quelle est la mission de l'école. Et j'insiste, la mission de l'école française, c'est de former des citoyens, non pas former des travailleurs. Et en ce moment, en France, le premier budget de la France n'est pas l'école, c'est les deux entreprises.
Léo, vous vouliez prendre la parole ? Oui. Vous êtes parents d'élèves, c'est ça ?
Je suis parent d'élèves et je suis à la FCPE 93 et en scène Saint-Denis, donc en scène Saint-Denis. Euh et justement pour poursuivre ce qui vient d'être dit, le dispositif de dédoublement des classes qui a été ouvert par Emmanuel Macron est en train d'être détruit. C'est-à-dire que la manière dont on est en train de supprimer des classes, les 4000 classes qui sont en train de qui vont être supprimées en septembre, on utilise justement le dédoublement qui était à 12 à l'instauration d'Emmanuel Macron pour l'augmenter en permanence.
Nous quand on rencontre le rectorat, ils nous disent que le seuil des classes dédoublées aujourd'hui, enfin il y a 2 ans c'était 14, l'année dernière c'était 15 et cette année c'est 16. Dans dans l'école où est mon fils, ils vont supprimer en septembre deux classes. Pour quelle raison ?
On vous l'a dit, on on ne comprend pas et c'est le dialogue qu'on essaie d'avoir mais le avec le rectorat, il n'y a aucun dialogue. Premièrement, le le le nombre de suppressions, les classes qui vont être supprimées à la rentrée ont été annoncées après les élections municipales. C'est-à-dire qu'il y a un désir du côté du ministre de l'éducation de refuser que la question du suppression et de la politique éducative s'invite dans les élections.
Vous parliez de 2027, moi je vous propose de discuter de l'idée de faire un moratoire tout de suite cette année sur les suppressions de classe cette année et l'année prochaine jusqu'à l'élection présidentielle justement pour avoir ce débat sur ça avec elle pardonnez-moi il se trouve que la période de la carte scolaire chaque année c'est à peu près la même. en ce moment forment non mais justement le ministère de l'éducation a décalé les dates de de de ces réunions qui annoncent les suppressions des classes pour que ça tape pas avec les élections municipales et qui les ont annoncé juste après les élections alors que les réunions doivent avoir lieu avant. D'accord.
C'est fait janvier, février. Euh c'est décalé parfois un peu mais là cette année ça a été décalé de plusieurs mois pour enjamber les élections municipales. Dans la classe de mon fils, l'année dernière la projection d'effectif pour septembre c'était de 262 élèves.
Cette année la projection d'effectif c'est de 257. Il y a 5 élèves en moins. Il suppriment deux classes.
On essaie donc d'avoir un dialogue avec le rectorat pour savoir pourquoi il supprime deux classes puisque cinq élèves, ils ne nous répondent pas. à Aubvillet, on a lancé une pétition en ligne pour envoyer des mails au rectorat. On a 500 mails envoyés depuis 3 semaines.
Aucune réponse du rectorat. Il est on a décidé dans l'école au conseil d'école d'aller se rassembler un peu occuper l'école ce matin. Le rectorat nous a envoyé la police nationale.
Heureusement, il y avait le maire de la ville d'AUBier et les élus qui sont venus. La police a dit que c'était pas vraiment son rôle de s'occuper de parents qui voulaient dialoguer. Et on a eu trois personnes du rectorat.
Malheureusement, c'est ni des décisionnaires ni connaissaient les dossiers et donc ils peuvent pas nous répondre. Mais il y a aucun moment il y a des espaces de dialogue sur c'est il il répète en boucle ces indicateurs en disant le le taux d'encadrement, donc le nombre d'effectifs par classe sur l'école de mon fils. Du coup, ce n'est pas la raison, c'est-à-dire cinq élèves en moins d'une année sur l'autre, ce n'est pas ça qui explique.
Par ailleurs, ces taux d'encadrement qu'on qu'on rabâche et et qu'on explique là, qu'on rabâche dans cette émission faux. Ils sont faux parce que on se base tous sur l'idée théorique des tableurs Excel qui existe au sein du ministère de l'éducation nationale. En pratique, il y a des absences parce que les enseignants sont malades.
Parce que est-ce que ces enseignants sont remplacés dans le 93 ? Non. Sur l'école de mon fils encore sur l'ensemble de l'année, la directrice a compté, il y a 110 jours d'absence cumulé des enseignants.
C'est normal, il y a pas de sur ou de sous. Euh combien de journées d'enseignants sont remplacés ? 10 depuis le début de l'année sur 110.
C'estàd 90 % des jours où il y a des enseignants qui sont absents ne sont pas remplacés. Ces jours-là, qu'est-ce qui se passe ? On bascule les élèves dans les autres classes.
Donc le taux d'encadrement qui est affiché, il ne prend pas en compte que en pratique au quotidien, ces élèves sont basculés ou dans le pire des cas, il y a de la déscolarisation. C'est-à-dire qu'on demande aux parents de garder leurs enfants à la maison. Donc je veux dire penser qu'il faudrait faire des économies sur le ministère de l'éducation nationale à une à un moment où on ne peut pas remplacer les enseignants.
Je dire la situation de l'école de mon fils, je peux pas vous dire dans tout auer ni dans tout 93 parce que le rectorat n'est pas transparent. C'estd il ne nous donne pas pire je vais vous dire la vérité, ils ne le savent pas puisque ça ça on ne sait même pas s'ils ont les tableaux qui remontent de l'absence des enseignants et qu'ils arrivent à calculer en moyenne à la qui peut répondre à Léo ? Moi, je veux bien vous répondre là-dessus.
Alors, je connais pas le la situation particulière que vous évoquez et je vais évidemment me renseigner, mais déjà je veux vous redire que moi je suis fier et nous sommes fier et nous continuerons de défendre le dédoublement des CPCE1 dans les RPRE plus parce que c'est une véritable mesure de correction, de lutte contre les inégalités sociales de destin et c'est une mesure à laquelle on est attaché. Encore une fois, moi je vous réponds pas au nom du gouvernement, je fais pas partie du gouvernement, je vous parle au nom du mouvement que je représente et ce que vous dites voilà, je vais aller regarder mais en tout cas on est fier de l'avoir fait. J'ai l'impression que ça recueille l'assentiment parce qu'encore une fois dans les endroits où on part avec ben tant mieux mais très bien sa vie nous on travaille avec tout le monde hein cela dit j'ai des parents qui disent une fois passé le CE1 où les enfants étaient 12 ils se retrouvent à 24 en CO2 il vous savez nous on a aucun tabou donc on je suis désolé j'insiste c'est pas l'école de mon fils qui a une particularité hein on le seuil c'est le rectorat qui nous disent nous on monte à 16 on a pas de problème bien sûr juste pour terminer du coup moi sur cette mesure là en tant que telle sur le dédoublement des RP plus des CPC1 C'est à peu près 300000 élèves qui en ont bénéficié.
Moi mon sentiment c'est qu'il faut qu'on voit plutôt que de limiter comment on peut élargir. Donc c'est des choses sur lesquelles on travaille. Après pour répondre sur le contexte global.
Alors évidemment chaque situation est particulière mais vous avez cité tout à l'heure en introduction le contexte financier et budgétaire. Hélas on a on n pas des moyens illimités. Et donc je veux corriger tout de suite quelque chose qui a été dit.
Nous ne sommes pas pour baisser les dépenses. Par contre nous sommes pour gérer la situation de manière pragmatique au regard de ce qui se présente à nous. Et donc nous, on n'est pas des idéologues.
Même si on fait de l'école et de l'école républicaine un pilier, on considère qu'il faut qu'on s'adapte, qu'on se prépare entre guillemets au pire si jamais la prédiction est confirmée. Mais on parlait tout à l'heure de du nombre de classes, il faut aussi parler des RH, c'est-à-dire de la carrière d'enseignant, de ces gens qui donnent des heures et des heures pour pour accompagner et pour former les générations. Et en en 2023, typiquement, on peut toujours faire mieux, mais il y a eu un plan de d'augmentation des rémunérations prix de 4 plus de 4 milliards d'euros.
Alors, c'est peut-être pas assez mais ce que je veux dire, c'est que ce qu'on prend un endroit, on le met ailleurs et donc en réalité moi je pense qu'il faut qu'on fasse du cas par cas, qu'on voit comment dans les milieux ruraux par exemple, on peut accompagner parce que dans des villes rurales, l'école c'est quand même un lieu de vie. Mais voilà, moi je on n'est pas pour Merci pour la transition. Rodrigo Arenas, je vais vous donner la parole dans un instant, mais euh ce qu'on voit c'est que là, on se projette à 2035, mais on entend ici que dans l'immédiat c'est les fermeture de classe de la prochaine rentrée qui inquiète les parents.
Euh je propose d'aller ce soir dans les Yvelines, 177 fermetures de classe annoncées pour septembre prochain et notamment dans un village qui est qui s'appelle Flex enville, 600 habitants et une école qui ne compterait plus que deux classes en septembre prochain. C'est un reportage cinéma Martin Bornet et Asuse. Regardez.
Une école déserte sans aucun enfant. Devant les gris ce matin-là, les parents bloquent l'établissement. On continue voilà à à étaler un maximum de de banderoles pour montrer qu'on est mobilisé, qu'on est tous présents.
Leur objectif sauver une classe menacée de fermeture à la rentrée. On essaie de faire un maximum de bruit pour pour une cause qui est très très importante pour notre village. Voilà.
On un petit un petit village rural, il faut maintenir nos trois classes. Parents, instituteurs, maire, tout le monde est mobilisé. Dans ce village rural de 600 habitants, l'école est bien plus qu'un lieu d'apprentissage.
C'est un lieu de vie. L'école, c'est pour le bien de tous. C'est c'est un lieu où on se croise, on parle, on évolue.
Des petites communes rurales comme les nôtres. C'est vrai qu' il est important de d'avoir un lien social. À la rentrée prochaine, il ne restera plus que deux classes pour 48 élèves de la moyenne section OCM2.
Les parents dénoncent une décision qu'il juge incompréhensible. Ça va entraîner du triple ou du quadruple niveau, des difficultés d'apprentissage. Donc les enfants qui ont certaines capacités euh ça va pas trop les impacter.
Mais les enfants qui ont des difficultés euh ils vont prendre du retard, ils vont arriver euh sur le cycle du collège avec des difficultés. On prend pas de considération pour le bien-être de nos enfants et la manière dont ils vont pouvoir apprendre dans des bonnes conditions. Parce qu'en fait, c'est ça la clé.
La clé, c'est que nos enfants, c'est les la société de demain, c'est les citoyens de demain et on leur donne pas les moyens d'être des bons citoyens, des bons travailleurs, des bons entrepreneur. Les familles espèrent encore faire reculer l'éducation nationale. D'autres actions pourraient être organisées dans les prochains jours.
C'est aussi votre sujet. Fabrice, bonsoir. Vous avez un micro Fabrice ?
Fabrice Drieux, vous êtes le maire de Colombie. Alors, 300 habitants, hein. 340 340.
Non, mais vous avez raison, c'est important. Chaque voix compte. Mais exactement habitant faire quelques enfants à la clé aussi.
On est d'accord. Les enfants de v de votre commune de 300 40 habitants vont dans quelle école ? Alors justement, je suis aussi président d'un regroupement scolaire qui qui regroupe quatre communes dont la mienne.
Euh et donc la majorité des enfants de de ma collectivité vont dans ce regroupement scolaire qui compte combien de classes ? Aujourd'hui, on est sur H8 classes euh et prévisions 7 puisque'il y a une fermeture en cours. Euh et euh je moi je souhaitais rebondir sur alors il y a peut-être deux trois sujets euh importants.
On parlait de la démographie. A trois ou voilà, on parlait de la démographie. Alors là, on la voit à l'échelle d'un d'un territoire, on peut aussi la centraliser à l'échelle d'un département et on peut aussi également la regarder à l'échelle du local, encore plus petit.
Et euh le le l'exemple que j'ai euh à vous fournir, c'est que sur euh sur euh les quatre communes qui représentent le regroupement scolaire, on a une population stable, elle ne bouge pas. On est dans un territoire où euh demain euh il va y avoir une implantation d'un centre hospitalier, donc potentiellement 2200 emplois euh qui vont qui vont arriver. On est du bon côté de de du centre hospitalier.
On a également une communauté urbaine qui regroupe 31 communes à notre échelle et qui a investi presque 1,2 million d'euros de fonds public dans un restaurant scolaire. Mais pourquoi vous fermez une classe à la rentrée ? Alors, ben c'est la question la question elle est elle est pertinente.
Fermer une classe pour un effectif qui va diminuer de quelques élèves. On va on aujourd'hui on est à 152 enfants, on va passer à 146 enfants. Donc ça veut dire que j'ai le contreexemple, on est on est dans une dépréciation démographique et puis de l'autre côté nous on est stable mais on ferme aussi des classes.
Donc ça ça c'est une première stéphanie. Il y a une explication parce que c'est vrai que tout ça paraît toujours très obscur au moment de la carte scolaire. On dit bah tiens tant pis, c'est tombé sur vous une classe en moins.
Alors obscur, je pense que on a des députés qui pourraient demander plus de transparence au rectorat déjà hein tout ce que tout temp qui Mais justement justement je crois qu'il faut que ça se sache parce que ça c'est ça se sait pas trop. Le seuil pour ouvrir une classe et le seuil pour fermer une classe n'est pas c'est pas le même chiffre. Donc on a l'impression que voilà partout où je vais enquêter pardon vous pouvez nous les dire ces seuils ?
Alors en plus il varient selon les département. Voilà donc mais c'est toujours la même le même principe. Il y a il y a un delta de 3 4 5 entre les deux.
C'est-à-dire qu'on ferme plus facilement une classe qu'on ne l'ouvre. Et donc je pense que pour assaignir apaiser déjà il y a une mesure simple qui est que la règle c'est que on ouvre on ferme une classe au même chiffre. Déjà ça ça permettrait de discuter plus tranquillement entre parents d'élèves, enseignant et et rectorat.
Euh puisqu'on en est là, il me semble que euh se pose des questions sur les dépenses. Euh il me semble que un, il y a des mesures à faire qui ne nécessitent pas de dépenser plus. On parlait de réduire les le nombre d'élèves par classe.
Les les toutes petites sections de maternelle, ben j'en profite, j'ai deux députés, j'y vais hein. Allez-y. Moi, je suis pas député, pardon. futur futur mais on pourrait demander à ce que pardon on pourrait demander quand même à ce queil y ait davantage de transparence sur les chiffre de scolarisation par département euh à l'âge de 2 ans parce que la classe de 2 ans, monsieur qui qui est en maternel, on peut pas accueillir les enfants dans des conditions à 25 élèves par classe.
C'est pas possible. Ça fait débat chaque année la scolarisation des enfants de mon Oui, mais sauf qu'il y a une politique idéologique et pas éducative qui a été menée de les supprimer parce que si on les accueille de mauvaises conditions, personne n'est pour. Mais par contre si on les accueille de bonnes conditions, pardon, on va dire les choses.
Si on les accueille, s'ils sont pas propres, c'est on les accueille pas. Non non non non, c'est pas le problème numéro 1, c'est est-ce qu'ils sont nombreux ? Est-ce qu'on va pouvoir une attention et cetera ?
Et il me semble que là on a une mesure. Moi, les chiffres dont je dispose, ils sont nationaux. J'ai des éléments locaux grâce à des élus, des maires des parents, d'élèves où j'ai l'impression que en zone rurale, en Zep, dans tous les quartiers où il y aurait besoin de faire rentrer les élèves plutôt dans le langage scolaire qui n'est pas le langage de tous les jours qui est autre chose, un langage pour apprendre, c'est là qu'on a le plus supprimé de toutes petites sections de maternelle, ce qui est quand même un peu fou.
Et donc il me semble que en maintenant les moyens déjà avec moins d'enfants, on fait mieux et ensuite sur les les dépenses, je peux pas m'empêcher en tant qu'universitaire quand même, il y a des millions qui sont gâchés tous les ans en crédit impôt recherche où on donne de l'argent à ça nos filles et à d'autres alors qu'ils ne le réinvestissent pas dans la recherche et la formation de de jeunes chercheurs quand même il y a de l'argent qui part en fumée. Fabrice Oui. Une une autre une autre réalité, c'est que dans le comptage des effectifs ne sont pas comptabilisés les très petites sections.
Et ça c'est problématique parce que justement les très petites sections, c'est ceux qui amorcent les cohortes et qui après vont aller plus loin dans leur dans leurs études. nous pour le regroupement scolaire qui qui nous concerne aujourd'hui, c'est 5 petites sections, peut-être sep mais finalement on a un devoir civique de de les accueillir ces petites sections, mais techniquement on n'en tient pas compte. Donc ça c'est une c'est un problème.
Je vous disais que nous on baisse de 5 si enfants mais cin six petites sections on arrive statut court au même chiffre et pour le coup la la fermeture de classe est pas justifiée. Et puis dernier point et puis je passerai la parole à mes collègues, c'est que euh on on a parlé de la méthode. La méthode euh elle est somme toute un peu cavalière quand même.
Euh on est dans un dans un contexte où on a tous les moyens de communiquer. Or il y a pas eu de communication, ça c'est une réalité. Il y a pas de de c'est pas de négociation mais euh il y a pas d'échange en amont qui permettrait justement euh à nous élus de pouvoir regarder d'un peu plus près ce que ça donne sur nos territoires locaux en fait.
Et et ça c'est un vrai problème. Se cacher derrière la politique d'un chiffre pour justifier justement euh qu'il y a trop de moyens et qu'il faut en supprimer. Si on ne sort pas de la règle mathématique et qu'on prend pas en considération la règle pédago-éducative entre autres, et ben euh on mathématiquement c'est simple hein.
Si tous les ans on ferme 4000 4000 classes, à un moment donné la moyenne elle augmente hein. De toute façon, elle augmente la moyenne. Donc euh peut-être qu'infiné, il restera qu'une classe peut-être.
Mais vous pourre commune, vous vous craignez les effets que peut avoir cette fermeture de classe l'année prochaine ? Oui, oui, oui. Ça alors ça a été dit dans le reportage, nous c'est une commune rurale, on est quatre communes rurales.
C'est-à-dire que euh sans commerce, puisque on est proche d'une ville qui est un peu plus importante qui est la ville d'Alançon, nous l'école c'est le c'est le cœur battant euh de notre territoire. Ça veut dire que une classe en moins, ça veut dire aussi moins d'attractivité de nos territoires. Pourtant, nous élus euh on fait un effort considérable pour essayer d'attirer euh les familles euh qui quand vous avez mis en place, j'imagine des transports, euh des ramassages de bien sûr.
Il y a il y a les transports, mais il y a aussi rien le fait rien que le fait que les familles viennent s'installer dans nos communes. L'école est un signe d'attractivité, de dynamisme des communes. Et et donc si on fait la le raisonnement par l'absurde et ben moins moins d'attractivité, moins de personnes qui viennent, moins de tissus associatif et cetera et cetera et cetera.
Oui. Bah je je vous rejoins. Je veux dire que déjà on ferme jamais une école de gaié de cœur et not et surtout en milieu rural, c'est souvent condamné à un village fermé, une école rurale.
C'est souvent le dernier service public qui reste et donc on peut pas s'en satisfaire. Et le modèle que vous avez euh mis en œuvre qui est un peu le celui du regroupement d'écoles peut être dans certains cas évidemment différents d'un endroit à l'autre en France une solution. On peut aussi imaginer ce qu'on appelle des cités scolaires du CP à la 3e pour essayer aussi de rassembler, de coaliser les forces qui existent sur des territoires.
Vous parlez des transports à l'instant aussi, des conventions qui existent avec les départements, avec les États pour mailler de manière forte le le transport solaire. Et je veux juste dire quelque chose que souvent cette baisse démographique, elle touche parfois souvent beaucoup plus le public que le privé. Et donc ça peut aussi ça peut aussi amener à mécaniquement renforcer une forme de ségrégation sociale à l'école dont on ne peut pas se satisfaire.
Et donc c'est aussi un sujet sur lequel on travaille et en avocation adressé parce que c'est une réalité sur ce que dit notre maire et sur ce que dit le maillage territorial. C'est c'est aussi ça planifié d'ici 10 ans. C'est central.
Les écoles sont les nouvelles agoras de la République. C'est une réalité. C'est là où se retrouvent les parents, où ils s'inventent des rêves, des destins, des projets qui soient du coup.
Alors, il y a ça s'est déplacé sur l'école vraiment. J'ai vu ces 10 dernières années puisque parler de façon en disant, j'ai vu ce déplacement réellement autour de l'école se passe beaucoup de choses. C'est vraiment les nouvelles agora et à partir de là dans le bon sens du terme et et la réalité qui est décrite aujourd'h est une réalité nationale.
Monsieur parlait tout à l'heure d'Aubertvilier. Vous savez moi j'ai une école dans le 14e arrondissement dans ma circonscription qui est l'école à l'infournier. En gros, ils ont une absence non remplacée sauf qu'elle est remplacée de temps en temps.
Donc c'est pas considéré comme une absence longue durée puisque ce qu'on appelle les absences perlées. C'est ça la réalité. Donc quand vous avez en face de vous une administration à qui vous dites "Mais ça fait 2 3 mois qu'on a pas de prof, on n pas d'institute, on a pas on a pas d'AVS, on a pas d'AESH", mais que le rectorat ou la DSD ou l'IEN vous dit "Mais attendez, moi je regarde sur le temps long quand vous dites sur 10 ans, là c'est sur quelques mois".
Bah en fait c'est pas une réalité mais pour les enfants c'est une réalité et la réalité c'est aussi pour les enseignants. La difficulté qu'on a dans tout ça c'est pas une question de gestion. Moi je pense que les parents et les enseignants comme moi quand je l'ai fait, on n'est pas là pour discuter des virgules.
On n'est pas là discuter est-ce que c'est à 18,1, 18,2 ou 19 qu'on qu'on négocie parce qu'en fait les espaces de de révision de cartes scolaire au niveau de la DSDEN, la direction académique départementale d'éducation nationale, c'est des lieux de négociation. C'est ça qu'on est en train de parler. De vous l'entendre dire, mais quand j'entends à la fois Fabrice, à la fois Léo, à la fois Stéphane, moi j'ai l'impression d'un d'une part d'une opacité et d'autre part d'une incommunicabilité.
Mais l'opacité est nécessaire pour la négociation. Si vous avez une transparence de ce qui se dit dans les discussions avec les rectorats ou les DSD, mais il y a plus de discussion, il y a plus de négociation puisque vous avez l'information de ce qui se passe dans le département d'à côté et est-ce que vous allez comparer la réalité parisienne dans lesquels les directeurs directrices d'école sont déchargés de classe à partir de classe alors qu'en Saint-Si là où mes enfants ont fait leur scolarité, ils ne savent même pas que les autres directeurs sont déchargés de classe à Paris. Vous voyez, il ont qu'il y a les collectivités territoriales parce que les maires font les efforts, les départements et les régions font les efforts.
L'école en République n'est pas la même. Et la difficulté dans tout ça, c'est qu'il y en a assez de discuter des gestions. Ils il convient aujourd'hui de se mettre à la place des enfants.
Il convient de partir des besoins. Et il y a quelque chose qui est universel en France aujourd'hui, c'est que nous devons recapter l'attention des enfants parce qu'il y a quelque chose qui s'est inventé dans nos quotidien qui est le téléphone portable et les tablettes et que les enfants ne peuvent pas se concentrer aussi longtemps qu'ils pouvaient se concentrer il y a 15 ou 20 ans. Donc vous voyez ce cette réalité aujourd'hui qui est objective où on voit des enfants avec des téléphones portables y compris dans les transports à l'âge de 3 ans alors que ça devrait être interdit et bien s'invite dans les classes dans les salles de classe.
Donc les petits effectifs, c'est pas pour tenir une classe, on ne tient pas une classe. C'est pas pour gérer des effectifs, on ne gère pas des effectifs. Nos enfants sont pas des ouvriers qu'il faut tenir avec un prompteur.
C'est pas c'est que nos enfants là vous commencez une autre émission. C'est ça c'est le cœur du c'est le cœur de la situation. C'est que si vous augmentez les effectifs, que vous ne formez pas les enseignants, vous ne pourrez pas répondre à la à la difficulté d'attention des enfants et nous avons à foir à faire à un problème éducatif.
C'est une catastrophe éducative qui arrive en France, mais aussi un cataclysme psychique qui arrive dans les enfants. Et nous le voyons y compris au niveau des lycéens et des étudiants avec des élèves et des étudiants qui aujourd'hui ont perdu pied parce que la captation de l'attention par les gars femmes s'est invité dans les écoles et le gouvernement l'a mis en place à 10 ans en faisant rentrer les ordinateurs et aujourd'hui l'intelligence artificielle dans les lycées. On a quand même aussi défendu pardon la fin des réseaux sociaux pour les mineurs de moins de 15 ans le fait numérique un certain nombre de choses.
Non mais quand même le texte sur la question de l'attention. Moi je je me fie aux recherches que j'ai faites hein. Donc désolé de l'éducation ce bouquin est sorti il y a quelques il y a quelques mois.
L'une l'une des raisons des difficultés de l'attention vient d'être évoqué mais il y en a d'autres. C'est-à-dire que aujourd'hui les élèves qui rentrent à l'université en ils ont on leur a supprimé la toute petite section. On leur a supprimé tous les samedis matins l'école primaire qui font un an de scolarité.
S'ils sont en z les profs non remplacés, ça fait 1 an de scolarité en moins. Ils ont perdu 2/3 d'années de cours disciplinaires au collège et ils ont encore perdu du temps en seconde général. Ça veut dire que on peut pas passer notre temps à dire les élèves ne se concentrent plus.
Des politiques ont été conduites qui font que ils ont été moins longtemps scolarisés, donc ils ont été moins exercés à la concentration de type scolaire. Et pourquoi ça ait eu lieu ? Parce qu'il fallait faire des économies de poste.
Parce que il y avait un effet démographique ascendant dont il ne fallait pas parler. Donc aujourd'hui, on a une démographie qui baisse chouette. Recréons du temps pour les élèves.
Revenons au nombre d'heures annuel à 27 par semaine. Et c'est l'occasion pour que les enseignants dans le 1er degré ne soient plus que 3 jours et demi devant élève et que les élèves une de une journée complète avec un autre enseignant. On a plus d'enseignants qu'avant mais répartissons-les dans le premier degré.
On peut avoir deux enseignants par classe qui se relait des enfants handicapés dans les classes et cetera. C'est on a économisé beaucoup de postes d'éducateurs spécialisés quand même hein et ça ça revient beaucoup moins cher. Mais une fois qu'ils y sont, ben l'enseignant, il a eu travail de concertation avec le psychologue, avec l'assistant sociale et cetera.
Et donc ce travail-là, si on veut qu'il se fasse bien, etth bien je pense qu'on a une occasion historique de dire ben dans la semaine, un élève de maternel ou élémentaire, il a deux enseignants, un 3 jours et demi et un un jour. On regarde du temps de d'exercice à la concentration pour les élèves et ça coûte pas plus cher puisqu'on les a les enseignants. Il suffit de pas supprimer de poste.
Thomas, vous voyez réagir ? Vous avez un micro près de vous Thomas ? Euh non mais euh effectivement le le le la question je je rejoins ce les Vous avez le même discours, c'est-à-dire qu'il faut remettre un petit peu le projet alors vous dites pas d'idéologie, d'accord, mais le projet politique de de de l'éducation nationale, on peut se dire que c'est un projet politique.
Effectivement, on décide que on veut pour les enfants quelque chose qui qui leur permet de dépasser les déterminismes sociaux, quelque chose que qui est de l'ordre de l'humanisme où chacun a ses chances même quand il a pas la chance d'avoir de la chance. Bon euh il y a des dispositifs, toute petites sections qui sont tout à fait efficaces pour ça. Il y a il y a tous ces sujets-là.
Et euh je crois enfin moi j'ai j'ai le sentiment j'ai envie de de quand même de de mettre un peu les pieds dans le plat là-dessus, c'est que le fait de de de sabrer dans les dépenses de l'éducation ou de ne pas les démonter alors qu'il faudrait les avoir montés et cetera, en fait il y a aussi une politique et une idéologie même très très forte qui est derrière qui est de l'ordre de la de la start-up nation parce que ce qui est très très favorisé par la la le déficit la désagrégation de l'école publique et ben c'est l'école privée qu'elle soit sous contrat ou hors contrat et les deux font des bons monstrueux en France. Euh les deux bénéficient de l'aide directe de l'État. 75 % du financement de l'école privée sous contrat, mais aussi l'école hors contrat avec les les les postes citoyen là, les les j'ai j'ai perdu le le terme euh les services civiques, merci.
Les services civiques qui qui qui sont massivement utilisés euh dans le dans leur contrat et donc financé par l'État. Et donc il y a euh en fait il y a de l'aide de l'entreprise de la concurrence privée qui est qui est organisée de fait à ça se rajoute la question des AOS qui sont enfin le traitement de donc des personnes qui accompagnent les les enfants situation de handicap essentiellement accueilli dans dans le public, on est d'accord. Euh et avec on organise la pénurie d'H en en méprisant leur leur statut. l'Assemblée a encore il y a pas si longtemps que ça refusé de de les titulariser.
Bon, ça c'est l'organisation de la de la de l'échec de la mission du service public de l'éducation nationale au profit de de la start-up nation de l'éducation au profit de de de d'investisseur quoi. Je crois que c'est un sujet qui vous inquiète aussi d'oriane. Vous êtes parents d'élèves, vous avez une petite fille qui est en maternelle à Paris.
C'est bien ça. Paris donc qui va perdre 30 % de ses élèves d'ici 2035. Et vous, vous êtes confronté d'abord dans votre école au au d'abord au sujet des fermetures de classe dans votre maternelle.
C'est ça ? Vous allez perdre une classe ? Ex on perd une classe et on en a déjà perdu une l'année dernière.
Euh et donc vous êtes à combien d'élèves par classe ? Donc aujourd'hui, ma fille est dans une classe où ils sont 24 élèves. Euh, on nous annonce une fermeture, une nouvelle fermeture à la rentrée qui arrive euh dans des conditions qui sont déjà pas optimales et et et assez dégradé.
Euh on a des sanitaires dans l'école qui respectent pas l'intimité des enfants. On a des locaux qui sont plutôt jeunes. On a la présence des de plombs dans des quantités au-delà de des seuils.
Et en fait, on nous annonce aujourd'hui que potentiellement à la rentrée, on perd une nouvelle classe et qu'on montrait donc dans certaines classes l'effectif à 29 enfants par classe. Euh à côté de ça euh Et qu'est-ce qui vient d'ouvrir en face de l'école de votre fille ? Ben justement à côté une école privée euh bilingue qui ouvre euh en face de l'école en septembre dernier et n'a aucune difficulté à attirer des enfants.
H euh remarque à toute chose malheur est bon. Peut-être que ça va vider un peu les classes de l'école de votre fille, vous aurez un peu d'air. Sauf qu'il y a des écoles bilingues privées, madame publique à Paris, madame.
Et et et ce qui se passe concrètement, c'est que aujourd'hui les parents de notre école de la cour des nous dans le 20e arrondissement qui est d'ailleurs un des arrondissements les plus touchés par les fermetures scolaires dans Paris aujourd'hui. Euh notre école, certains parents décident tout simplement d'aller dans le privé à côté. Ouais.
Vous-même vous vous êtes interrogé à un moment ? Je pense qu'on s'interroge tous. Euh parce que les conditions qui sont offertes aujourd'hui euh au niveau de l'éducation publique sont pas celles qui devraient être espérées par chacun de nos enfants qui sont encore une fois nos futurs citoyens.
Et quand vous comparez par exemple les conditions dans votre école maternelle publique et les conditions de l'école privée en face qui va ouvrir la vous vous dites que c'est qu'est-ce qui pourrait vous faire basculer ? Moi je pense que je basculerai pas. C'est pour ça que je l'ai mis au conditionnel.
Qu'est-ce qui pourrait ? Vous dites on s'interroge tous. Donc quel est vous l'argument ou en tout cas autour de vous ?
Je je pense le manque de moyen et la fermeture d'une classe supplémentaire. En fait, j'invite n'importe lequel de nos politiques à venir passer ne serait-ce qu'une heure dans une classe de petite section avec des enfants de 3 ans qui comptent 24 élèves aujourd'hui et voir ce que c'est et et et de m'expliquer comment on en met 29 dans cette même classe. Euh ça me semble complètement lunaire en fait.
Donc donc oui, je comprends que certains parents euh fassent le choix de quitter l'école et et c'est triste et ma question c'est à quel moment est-ce qu'on va décider de réinvestir dans l'école publique euh et et de de mettre les moyens nécessaires tant financiers que humain dans notre éducation, dans l'éducation de nos enfants. Là aussi, il y a un grand privé. Euh alors, je fais de la promotion pour les résultats de recherche parce qu'en fait, on est toujours frustré, non, les chercheurs qui soient si peu connus.
Donc dans la revue que j'ai le plaisir de diriger, euh on a quand même euh publié, j'ai publié un article qui montrait que dans les 20 dernières années euh pour toutes les périodes, le euh si on compare proportionnellement l'évolution du nombre d'enfants dans le public et dans le privé et le nombre de postes attribués dans le public et dans le privé, la différence des politiques d'attribution de poste est toujours en faveur du privé. Donc les conditions du public, c'est pas une une fatalité, une autodégradation interne, c'est une décision de donner un peu plus de moyens au privé qu'au public. Donc euh c'est les effets me semblent mais aussi, pardonnez-moi, peut-être question un peu béocienne, mais aussi parce que bah il y a de plus en plus d'élèves dans le privé.
Non non, c'est en proportion d'une évolutions d'élèves. C'est-à-dire que y compris les seuils d'attribution au privés ne sont pas communiqués. On sait pas si c'est les mêmes qu'au public.
Voilà. Voilà. Aussi.
Voilà. Et donc il me semble que il faudrait pas qu'on sorte de l'émission en se mettant sous antidépresseur mais il y a des réalités lourdes. Voilà.
Non mais il y a une réalité lourde. En même temps, cette baisse du nombre d'enfants, c'est une c'est une formidable opportunité parce qu'il y a des choses à gagner. On peut faire mieux avec avec nos enfants si on s'en donne les moyens et les moyens existent.
Moi, il me semble que on peut proposer davantage de choses. Il y a des alfants pourront davantage parler en classe s'ils sont moins nombreux et s'exercer au langage. Enfin, il y a des choses formules.
Je bien cette cette guerre, pardonnez-moi le mot, entre le public et le privé. Cette guerre qui est menée au public. Oui, c'est une guerre qui est menée systématiquement au public par un pouvoir qui de toute façon fonctionne comme un comme un système rentier qui aujourd'hui ne veut plus investir dans l'avenir.
On sacrifie les enfants parce que de toute façon on n pas de projet d'avenir. En fait, c'est même pas la startup nation parce que si on voulait vraiment investir dans le futur, même d'un point de vue libéral, on mettrait des moyens pour que les enfants puissent aller massivement faire des études supérieures et produire de la richesse. Moi, c'est pas mon but.
Mon but, c'est que c'est que c'est ces enfants, ils puissent devenir des citoyens, des citoyennes libres, qu'on puisse les qu'on puisse garantir leur émancipation. Mais en fait, c'est pas du on fait ni l'un ni l'autre. On se sert, on se sacrifie, on dit tant pis.
Ah de toute façon on sera plus là quand ce sera le chaos qu'on a construit. C'est ça en fait qu'on est en train de faire aujourd'hui. Et ils sont pas en train Moi je moi franchement je ne veux plus je ne peux plus croire que il y a une ambition de on va essayer de faire mieux avec moi.
Non sait qu'on fait pire mais on s'en fiche parce que de toute façon euh c'est plus notre projet. Le projet c'est de se servir et c'est dur. Non mais c'est hyper dur d'entendre un un enseignant parler comme ça.
Moi ça me ça me fend le cœur pour lui, ça me fend le cœur pour les élèves. Ben bien sûr. Enfin, je veux dire euh moi je peux pas vous laisser dire qu'on abandonne l'école publique où le projet serait de s'attaquer à l'école publique.
Je vous ai dit en toute transparence et sans tabou que la baisse des effectifs démographiques a tendance à défavoriser le public au détriment du privé et que on ne pourrait pas accepter. Moi, je n'accepterai pas, les gens de ma famille politique n'accepteraient pas. nous n'accepterions pas d'avoir sacrifié non d'avoir sacrifié l'école publique sur l'hôtel du privé et de cette baisse de la démographie.
Donc évidemment qu'il faut nous sans aucun tabou, c'est un sujet qu'on va adresser mais encore une fois je peux pas vous laisser dire qu'on a pas que qu'on aurait fait de l'école un sujet qui serait pas prioritaire sur le dédoublement des RPRP plus sur l'école de la confiance où on a abaissé l'âge d'instruction à partir de 3 ans sur sur les rémunérations depuis tout à l'heure on parle pas de la rémunération des enseignants. Je dis pas que c'est soit l'un soit l'autre mais on a commencé l'émission mais on a on a commencé l'émission en disant qu'on a pas des ressources illimitées. Évidemment que si on avait on on dépenserait autant que possible, mais dans un contexte contraint et je vous ai dit tout à l'heure les deux scénarios.
Moi, je suis ni pour qu'on supprime 75000 postes, ni effectivement pour que partout on baisse les effectifs. Moi je pense qu'il faut qu'on fasse du cas par cas, qu'il faut qu'on soit raisonnable, que là où il le faut dans les RR plus, pourquoi pas étendre dans les milieux ruraux public et le privé. Moi, j'ai trouvé il y a un chiffre de l'institut des des politiques publiques qui qui a été publié il y a très peu de temps.
En 2035, à Paris, le privé devrait représenter la moitié des élèves de 6e. Aujourd'hui, c'est déjà 38 % la moitié des élèves de 6e à Paris seront dans des écoles privées en 2035. Rodrigo Arenas, qu'est-ce que qu'est-ce qu'on a raté pour qu'à un moment les parents se ruent sur le privé ? leur projet, je vous dis c'est pas un ratage simple, c'est pas un problème de demande des parents.
Les il y a beaucoup d'enquêtes qui montrent que pardon, il y a beaucoup d'enquêtes qui montrent que il y a beaucoup de parents qui vont dans le public dans le privé par dépôté ça les conditions ont été sabotées. Enfin, pardon, quand on a quand on a du dépose qui a été raté quand même à un moment mais raté ça veut dire que on a essayé moi il me semble qu'on a favorisé l'école privée. Je sais pas si c'est raté ou c'est trop bien réussi.
Je sais pas. C'est c'est une politique qui a été conduite d'attribution de moyenne préférenci à l'école privée. Il y a une chose qui a été mise en évidence par la FCPE pour le coup puisque quand j'étais en responsabilité, nous avons commandé un sondage où nous avions interrogé autant les enfants du privé que du public et ça avait été fait par un institut de sondage.
C'était pas le le le sondage maison pour aller vite parce que ça c'est pas très utile. La réalité c'est que les parents d'élèves mais comme la société française ne ne s'inscrit plus dans des projets collectifs. et s'inscrit davantage dans des parcours individuels dans lequels les parents investissent pour que leur enfant s'en sortent et les autres on verra.
Alors cette vision idéologique qui est portée c'est ces deux derniers quinquena qui a été incarné d'ailleurs par madame Castera qui a dénigré l'école publique pour justifier déjà fait tout à l'heure elle est pas là pour se défendre. Oh vous savez elle a pas besoin de moi pour se défendre d'ailleurs d'ailleurs. Je pense que la défense ne résisterait pas longtemps.
Mais c'est pourquoi je vous dis ça ? Parce que il y a il y a des réponses pour le coup technique à faire un contreprojet. Vous parlez du privé à Paris, madame le dit.
Quand une école privée ouvre à Paris ou quand des classes ouvrent, c'est pas ce que le rectorat autorise et rien ne l'y oblige. Quand vous avez les écoles privées à Paris, vous pouvez les soumettre à la carte scolaire parce qu'elles choisissent leurs enfants. Quand les écoles privées à Paris choisissent parce que c'est leur projet de ne pas accueillir les enfants à besoin particuliers et que c'est l'école publique qui les accueille de façon universel sans lui donner les moyens de le faire et bien oui les parents se disent je vais pas mettre mon gamin ou ma gamine dans une école publique parce que les moyens ne sont pas adaptés pour qu'elle puisse avoir un parcours d'excellence parce que c'est ce qu'on vend.
Voyez c'est comme ça que idéologiquement on casse le projet de l'école réplique je pense qu'il faut se dresser contre ça collectivement. Dommage, je vous compte sur vous pour faire cours pour que Stéphan vous répond. Autre exemple idéologique de ce qui se passe pour Paris parce que c'est que on le le le ministère rechigne à permettre à la ville de Paris donc sans que ça implique leur finances hein, ça fait rechigner à ce que la ville de Paris finance les décharges supplémentaires des directeurs d'école alors que toutes les évidemment le dans le privé, ils ont tous des directeurs déchargés.
Euh donc on c'est vraiment pas une question financière parce que c'est la ville de Paris qui qui finance ça et pour autant le le ministère se rechigne à accepter cette situation là. Elle cherche à donner des élèves en plus dans le privé. Le mot de la fin pour Stéphane Boni.
Mais sur sur l'enseignement privé euh et le public, moi je pense qu'il faut bien avoir conscience queon en parle trop souvent comme une le résultat de choix de parents mais en fait c'est des choix contraints. Quand on a quand quand les parents ont l'impression qu'à côté de chez eux, l'école publique, bah où ils ont été gamins et ben ça va être la galère parce que euh il y a pas les profs remplacés. Euh voilà quand même moi les communes de ville-juives et cheville la rue où j'habite, il y a quand même des rentrées où il y a pas de prof de math dans un collège.
Moi ma fille est allé au lycée du quartier, il y avait il y a pas eu de prof titulaire en première en français l'année du bac de français pendant toute l'année. C'était des remplaçants qui se succédaient. Enfin et ça c'est pas la c'est pas les parents qui qui ont peur, c'est le résultat de de contraintes qui s'exercent sur eux.
Et je pense que moi je peux conclu sur une note positive, il y a quand même une opportunité avec la baisse historique de conduire une politique qui d'opportunités, un tsunami d'opportunité. Et voilà, vous posez vos stylos, l'heure est terminée. Ça passe vite 1 heure ensemble hein, ça passe vite une heure pour parler de de l'école.
Un grand merci à vous tous d'être venu ce soir sur le plateau de de chaque voix compte. L'émission est rediffusée tout à l'heure à 23h30 et vous la retrouvez aussi en replay sur lcp.fr pendant toute la durée des des vacances.
Si vous souhaitez-vie du public pour interroger nos nos invités, nos députés, et bien vous pouvez vous inscrire avec le QR code qui s'affiche ici. Chaque voie compte revient mardi 28 avril en direct à 19h30. Passez une excellente soirée sur LCP Canal 8.
Merci.
Édouard Geffray