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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 9 décembre 2025 9 minContradictoireActualité / polémiqueSantéTravail & emploiÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Jean-Pierre Farandou en appelle à la "mobilisation" pour l'adoption d'un budget "pas parfait"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 54 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:12OuverteÉludée

    Est-ce que vous savez qui a dit cette phrase hier soir : 'nous avons un texte qui ne prépare pas l'avenir de nos enfants' ?

  • 0:36RelanceRéponse partielle

    Comment convaincre les parlementaires de voter ce texte si Édouard Philippe le critique aussi sévèrement ?

  • 1:25RelanceRéponse partielle

    Vous avez lâché beaucoup de choses aux socialistes : suspension réforme retraites, franchises médicales doublées... Ce n'est pas seulement la faute des autres ?

  • 1:52RelanceRéponse partielle

    Mais Édouard Philippe se trompe quand il dit 'nous avons un texte qui ne prépare pas l'avenir de nos enfants' ?

  • 2:32FerméeRéponse directe

    Est-ce que ce matin, c'est plutôt optimiste pour le vote de ce soir ?

  • 3:20OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous pouvez nous dire où on atterrit en termes de déficit de la sécurité sociale ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:13Invité politiqueFait
    « les députés n'ont pas souhaité retenir les mesures qui allaient dans le sens de la rigueur économique. Par exemple sur le gel des pensions, nous on l'a porté cette idée-là, elle n'a pas été retenue. »
  • 1:31PrésentateurChiffre
    « vous avez annoncé à doubler les franchises médicales, vous avez doublé à geler les prestations sociales et les pensions de retraite. »
  • 3:37Invité politiqueChiffre
    « s'il n'y a pas le vote, le déficit, il glisse à 30 milliards l'année prochaine. »
  • 3:52Invité politiqueChiffre
    « On est autour de 23-24 milliards aujourd'hui, avant les transferts, on va faire des transferts qui sont normaux. Donc on finira autour de 19, mais je le redis, si ça glisse. »
  • 5:42Invité politiqueFait
    « Vous avez les taux d'intérêt qui vont augmenter. Le fameux spread, l'écart de spread d'Avail-Allemagne qui va s'accroître. »
  • 5:55Invité politiqueChiffre
    « 15 milliards d'un coup, c'est quand même pas négligeable. »

Temps de parole

  • Jean-Pierre Farandou56 %
  • Présentateur44 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Benjamin Duhamel, votre invité, est assis en face de vous, c'est le ministre du Travail et des Solidarités. Bonjour Jean-Pierre Farandou. Bonjour. Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter, alors que s'ouvre une journée cruciale pour la France, mais aussi pour vous, puisque l'on saura ce soir si le budget que vous avez défendu, celui de la sécurité sociale, sera adopté ou pas. Ça va se jouer à quelques voix près. Juste avant de parler d'arithmétique, est-ce que vous savez qui a dit cette phrase hier soir, ouvrez les guillemets, nous avons un texte qui ne prépare pas l'avenir de nos enfants ? Non, je ne sais pas qui a dit ça, vous allez me le dire certainement.

Vous avez une idée ou pas ? Non, je n'ai pas d'idée. C'est Édouard Philippe, chez nos confrères de LCI, qui demande à ses députés Horizon de s'abstenir. Comment est-ce que vous voulez convaincre les parlementaires qui ne sont pas de votre camp de voter ce texte, si ce même Édouard Philippe a des mots aussi sévères sur le texte que vous défendez ? Je répète cette phrase, nous avons un texte qui ne prépare pas l'avenir de nos enfants.

0:48
Jean-Pierre Farandou

Oui, moi je pense que la journée, c'est une journée de mobilisation pour ceux et celles qui veulent donner un budget à la sécurité sociale et qui veulent aussi un peu de stabilité politique dans notre pays. C'est exactement ce qu'on a entendu, les Français veulent de la stabilité, donc c'est aujourd'hui. Il faut se mobiliser, ce budget n'est pas parfait bien évidemment, moi le premier je vais le concéder. Pourquoi il n'est pas parfait d'ailleurs ? Parce que les députés n'ont pas souhaité retenir les mesures qui allaient dans le sens de la rigueur économique. Par exemple sur le gel des pensions, nous on l'a porté cette idée-là, elle n'a pas été retenue.

Bon, on voit bien que les parlementaires ont adouci la copie initiale, c'est un équilibre qui a été trouvé, c'est le compromis. Mais maintenant c'est blanc ou noir.

1:25
Présentateur

Et vous-même Jean-Pierre Farandou, vous avez lâché quand même beaucoup de choses aux socialistes. La suspension de la réforme des retraites, vous avez annoncé à doubler les franchises médicales, vous avez doublé à geler les prestations sociales et les pensions de retraite. Ce n'est pas seulement de la faute des autres, non, c'est aussi la vôtre ?

1:36
Jean-Pierre Farandou

Ça s'appelle les compromis, vous avez les compromis, c'est ça. Ça ne vous a pas échappé, il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale, il n'y a pas de 49-3 non plus. Le Premier ministre n'a pas souhaité utiliser cet instrument, dont c'est le débat parlementaire, c'est les petits pas, c'est les compromis. Un compromis par définition, c'est lâcher votre position de départ et faire un pas vers l'autre, et réciproquement.

1:52
Présentateur

Mais il se trompe Edouard Philippe quand il dit « nous avons un texte qui ne prépare pas l'avenir de nos enfants ».

1:56
Jean-Pierre Farandou

Alors après, ce budget de la sécurité sociale... Ce n'est pas facile de répondre à cette question. Non, mais si, si, on y répond. On ne peut pas dans un budget qui se prépare au dernier moment faire des grandes réformes. Ça, ce n'est pas possible, d'autant plus que les conditions politiques ne s'y prêtent pas. Mais si, Edouard Philippe, que j'estime beaucoup, d'ailleurs, vous savez, c'est grâce à lui que j'ai été président de la SNCF. Il a proposé mon nom, le président de la République. Donc, vous voyez, j'ai la plus grande estime pour Edouard Philippe, qui est un homme d'État à coup sûr. Il faut des réformes. Les réformes, d'ailleurs, on les a engagées.

Vous savez qu'on a lancé une conférence travail-emploi-retraite pour s'occuper des retraites. Peut-être qu'il faudra s'occuper de la sécurité sociale aussi. Mais ça, c'est dans ce deuxième temps. D'abord, il faut passer ce budget très vite, donner un budget à la sécurité sociale pour les Français.

2:32
Présentateur

Deux points d'arithmétique avec vous, Jean-Pierre Ferrandou. D'abord, j'imagine que vous avez des compteurs, des calculettes. Est-ce qu'en l'État, ça passe ce soir ? Puisque c'est la question qu'on se pose depuis ce matin, 7 heures.

2:42
Jean-Pierre Farandou

Moi, je suis très humble. On sait que ça sera serré. Franchement, d'abord, ce matin...

2:46
Présentateur

Mais est-ce que ce matin, c'est plutôt optimiste ?

2:48
Jean-Pierre Farandou

Non, non, non, je ne sais pas. C'est serré. La mobilisation, une fois de plus, sera déterminante. Moi, j'aime bien l'image de rugby. Vous savez, il y a une mêlée cet après-midi. Mais il faut que tous les copains, ils viennent pousser avec nous dans la mêlée. En face, on a deux gros piliers décidés, qui s'appellent le Rassemblement National et LFI. Ils vont pousser contre nous. Parce qu'eux, ils veulent le désordre. Ils veulent, justement, j'utilise ce vote contre pour créer des conditions un peu de désordre politique et de crise politique. Ceux qui veulent la stabilité. Et c'est un bon budget aussi. Et je suis prêt à le défendre. C'est un budget où il y a des bonnes choses pour les Français.

Donc vraiment, tout le monde doit se mobiliser pour venir pousser avec nous et gagner la mêlée cet après-midi.

3:20
Présentateur

Et deuxième point d'arithmétique. Est-ce que vous, le ministre du Travail et des Solidarités, pouvez nous dire où est-ce qu'on atterrit en termes de déficit de la sécurité sociale ? Puisque l'un des reproches qui vous est fait, c'est de dire qu'au fond, vous laissez dériver ce déficit de la sécurité sociale. Avec le texte voté dans sa version, où on en est en termes de déficit ?

3:37
Jean-Pierre Farandou

Oui, alors on commencera par se dire que s'il n'y a pas le vote, le déficit, il glisse à 30 milliards l'année prochaine.

3:43
Présentateur

Il glisse à 30 milliards s'il n'y a aucun texte sur la sécurité sociale qui n'est voté sur toute l'année.

3:47
Jean-Pierre Farandou

Oui, mais on verra quand même. Parce que si on n'arrive pas maintenant, je ne vois pas pourquoi on y est arrivé dans un mois ou deux quand même. On est à combien ? On est autour de 23-24 milliards aujourd'hui, avant les transferts, on va faire des transferts qui sont normaux. Donc on finira autour de 19, mais je le redis, si ça glisse. Donc au fond, même pour la rigueur, il vaut mieux quelque chose à 24 milliards qu'à 30 milliards. Même avec l'argument de la rigueur, 24 c'est mieux que 30.

4:07
Présentateur

Et on précise des transferts, ça veut dire que c'est l'État qui va composer pour la sécurité sociale. Je voudrais qu'on essaye de se projeter, Jean-Pierre Farandou, sur les conséquences de ce vote. D'abord sur l'avis des Français, vous avez dit la chose suivante, en cas de rejet du budget, il y aura une crise politique, économique et sociale. Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que le chômage va exploser, que les taux d'intérêt vont augmenter si le texte n'est pas voté ? Je voudrais en revenir sur les bonnes choses du budget. Oui, mais là je vous pose une question sur s'il n'est pas adopté.

4:31
Jean-Pierre Farandou

Oui, mais s'il n'est pas adopté, il n'y aura pas les bonnes choses du budget. Donc ça veut dire quoi une crise économique et sociale ? D'abord, au plan social, il y a l'amélioration de la retraite pour les femmes dans ce budget. Les femmes du secteur privé et du secteur public. Il y a un nouveau congé naissance pour les parents. Il y a de l'argent pour l'hôpital et les EHPAD. Mais ce n'est pas la question que je vous pose, Jean-Pierre Farandou.

4:47
Présentateur

Vous vous dites que ce sera la crise économique et sociale si le texte n'est pas voté. Concrètement, ça veut dire quoi ?

4:52
Jean-Pierre Farandou

Ça l'air, on en revient à la stabilité. C'est-à-dire que le fait que le budget ne soit pas voté, on voit bien, peut créer les conditions d'une tension politique. C'est d'ailleurs ce que veulent LFIRN. Ils veulent créer les conditions d'une tension politique. Et on voit bien ce qu'ils veulent. Ils veulent la censure du gouvernement. Ils veulent la dilution du Parlement. Ils veulent de l'Assemblée nationale. Ils veulent la démission. Donc on n'en est pas là. On n'en est pas là. Mais forcément...

5:13
Présentateur

Mais si le texte n'est pas voté, crise économique et sociale. C'est inquiétant pour les Français qui écoutent ça ce matin.

5:19
Jean-Pierre Farandou

C'est un point qu'on donne à ceux qui veulent la crise. Voilà, c'est ça. Moi, cet après-midi, je ne veux pas qu'on donne ce point-là à ceux qui veulent la crise. Il faut au contraire que ceux qui veulent la stabilité et éviter toute crise se réunissent et poussent ensemble cet après-midi.

5:29
Présentateur

Jean-Pierre Farrandou, il y a un an, quand il n'y a eu ni projet de loi de finances, ni projet de loi de finances de la sécurité sociale et une loi spéciale, il n'y a pas eu de crise économique et sociale en France ?

5:38
Jean-Pierre Farandou

Vous savez, ça on peut en parler. Au niveau économique, quand même, l'absence de budget, on est très regardé. Vous avez les taux d'intérêt qui vont augmenter. Le fameux spread, l'écart de spread d'Avail-Allemagne qui va s'accroître.

5:46
Présentateur

Donc c'est ce qui va se passer si le budget de la sécurité sociale ne passe pas. Les taux d'intérêt vont augmenter.

5:49
Jean-Pierre Farandou

Et le PLF derrière, parce qu'on peut penser que si le projet de loi sur la Sécu ne passe pas, je ne vois pas comment celui de l'État passerait. 15 milliards d'un coup, c'est quand même pas négligeable.

5:57
Présentateur

Donc c'est ce que vous craignez si ce texte n'est pas votre compte ? Ah oui, je crains qu'on glisse sur une mauvaise pente, oui, effectivement. C'est important. Et puis il y a les conséquences politiques. Le 13 octobre dernier, voilà ce que disait Sébastien Lecornu, ouvrez les guillemets. Notre seule mission, c'était devant vous, ce qu'il disait, notre seule mission est de dépasser la crise politique. Si le budget est rejeté, c'est un échec du Premier ministre, est-ce qu'il devra partir ?

6:17
Jean-Pierre Farandou

Moi, je souhaite continuer à travailler en tout cas. Vous savez d'ailleurs, et c'est aussi pour ça ce que disent les Français. On l'a entendu, les Français, ils veulent qu'on s'arrête de parler du budget, ils veulent qu'on conclue sur ce budget. C'est cet après-midi que ça se passe, ça tombe bien. Moi, j'ai plein de projets de loi qui sont prêts. J'en ai un contre la lutte contre la fraude fiscale, j'en ai un pour simplifier le système d'aide. On est prêts, mais on ne fait que du budget, on n'y arrive pas. Laissez-nous travailler. Donnez-nous un peu de stabilité pour travailler.

6:39
Présentateur

C'est pile je gagne, fasse tu perds. Ça passe, vous vous en félicitez, ça passe pas, c'est pas grave et on continue de travailler. Et vous avez, comme vous me le dites ce matin, d'autres textes de loi en préparation.

6:48
Jean-Pierre Farandou

Oui, nous, on est prêts. On est prêts à travailler. Alors après, c'est des conditions politiques, elles seront appréciées le moment venu. Mais en tout cas, nous, ce qu'on souhaite, c'est avoir de la stabilité pour travailler pour les Français.

6:56
Présentateur

Donc si le texte est rejeté ce soir, vous serez encore ministre du Travail et des Solidarités ?

7:00
Jean-Pierre Farandou

Moi, tant qu'on ne dit pas le contraire, je reste ministre du Travail et des Solidarités, c'est pas moi qui décide. Donc on verra, on appréciera la situation politique telle que se dessine. Il y a encore du travail, il y a encore le PLF comme ça a été indiqué, on verra. Moi, il me tarde que ça se termine, mais il n'y a pas que moi. Je crois que les Français aussi, ils sont lassés.

7:15
Présentateur

Vous en avez marre de ces débats autour du budget, de siéger au banc ?

7:19
Jean-Pierre Farandou

C'est-à-dire qu'au bout de moment, ça fait presque deux mois qu'on est, on va faire trois mois. Si on doit recommencer l'année prochaine, janvier, février, ça fera cinq mois. C'est presque une demi-année qu'on va consacrer au budget. C'est pas possible. On a autre chose à faire à côté. Moi, par exemple, je rêverais de travailler sur l'emploi des jeunes, l'emploi des seniors, réduire les accidents du travail, m'occuper de la lutte contre la pauvreté. Voilà, c'est ça qu'ils attendent, les Français. C'est pas qu'on passe la moitié de l'année à faire du budget.

7:40
Présentateur

Pour terminer, Jean-Pierre Farandou, je voudrais vous soumettre cette proposition du Rassemblement National qui veut rouvrir les maisons closes. Alors, il n'utilise pas ce terme, je vais citer Jean-Philippe Tanguy, le député RN, qui souhaite donc des lieux tenus par les prostituées elles-mêmes en mode coopératif. Voilà l'expression qui est utilisée, ce qui pourrait passer par une proposition de loi. Comme ministre du Travail et donc aussi du plus vieux métier du monde, est-ce que vous êtes favorable à cette proposition de loi, rouvrir les maisons closes et en faire des espaces coopératifs tenus par les prostituées elles-mêmes ?

8:14
Jean-Pierre Farandou

Oui, honnêtement, dans ce moment, je suis très concentré sur la sécurité sociale. Si M. Tanguy veut proposer un projet de loi, on le regardera tranquillement. Il n'y a pas de réponse oui-non rapide. Il faut regarder ce qu'il y a dans sa proposition, on verra. Moi, en ce moment, je suis très concentré pour finaliser le budget. Je le redis, cet après-midi, ça se passe. Mobilisation générale pour donner enfin un budget à la sécurité sociale dans notre pays.

8:35
Présentateur

Oui, mais pardon Jean-Pierre Farandou, mais c'est un sujet important qui pose la question de savoir s'il faut donner un cadre aux travailleuses du sexe. On a des exemples autour de nous. En Belgique, par exemple, est-ce que philosophiquement, l'idée de permettre aux prostituées de travailler dans des maisons closes qui pourraient améliorer leur sécurité, est-ce que c'est quelque chose philosophiquement qui vous paraît intéressant ?

8:57
Jean-Pierre Farandou

Je vois bien les sujets qui sont posés, ils sont sérieux. Mais je le redis, comme ils sont sérieux, il faut laisser le temps d'examiner la proposition de loi. Je ne la connais pas. Laissons-la arriver, regardons-la. Et je le redis, s'il vous plaît, concentrons-nous aujourd'hui sur l'événement important. Donnons un budget cet après-midi à la sécurité sociale.

9:11
Présentateur

Merci beaucoup Jean-Pierre Farandou, qui veut à la fois se concentrer sur le budget, mais qui en même temps a hâte de ne plus en parler.