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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 2 novembre 2023 20 min

Antisémitisme : "Marine Le Pen a exclu toute personne qui pouvait avoir une quelconque ambiguïté" (T. Ménagé)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Inter, Simon Lebaron, le 7-10.

0:07
Thomas Ménagé

L'invité du grand entretien de la matinale ce matin est député du Loiret, porte-parole du groupe Rassemblement National à l'Assemblée. Bonjour Thomas Ménager. Bonjour Simon Lebaron. Posez vos questions à Thomas Ménager au standard Inter 01 45 24 7000 et vous le savez sur l'application France Inter. On en parle depuis ce matin. Dans la matinale, Thomas Ménager, ses records de vent dans l'ouest de la France. Plus d'un million de foyers privés d'électricité, les événements climatiques extrêmes comme celui-là vont devenir de plus en plus fréquents. C'est ce que disent tous les experts. Est-ce que vous trouvez toujours que ceux du GIEC ont tendance à exagérer ?

0:41
Présentateur

Alors j'ai répondu à plusieurs reprises déjà sur votre antenne et quand on reprend... Parce que c'est ce que vous aviez dit le 21 août. Oui, bien entendu, sur votre antenne. Donc quand on reprend l'intégralité de l'interview, j'avais expliqué pendant près de dix minutes le fait qu'il y avait un dérèglement climatique, ce que nous proposions au Rassemblement National pour ça. Et j'avais expliqué très clairement qu'il y avait aujourd'hui un certain nombre d'experts du GIEC, de personnes qui ont contribué au GIEC, qui ont des engagements politiques. Je pense à M. Jean Zahel, je pense à M.

Gemmène, qui eux ont des engagements et des propos qui parfois vont au-delà de ce qu'il y a dans le rapport. Et lui, je ne le conteste pas. Nous ne contestons pas le réchauffement climatique. Il y a eu une cabale médiatique. Et donc aujourd'hui, ça a été une tempête dans un verre d'eau. Aujourd'hui, on a une vraie tempête. C'est une nouvelle preuve de ce dérèglement climatique. Et bien entendu, je ne le remets pas en cause.

1:20
Thomas Ménagé

Vous n'aviez pas parlé uniquement des experts en eux-mêmes, mais aussi des données. Nous ne pouvons pas uniquement nous baser sur les données du GIEC, qui sont souvent très alarmistes. Vous le dites encore aujourd'hui ?

1:29
Présentateur

C'est certain. Et vous savez, je suis allé il y a environ trois semaines échanger avec Valérie Masson-Delmotte, qui a été co-présidente du GIEC. Je suis allé à Saclay échanger avec l'ensemble des experts, un certain nombre, qui participent à ce rapport. Ce que j'ai juste exprimé, c'est qu'il doit y avoir quand même le rôle du politique qui doit donner le tempo. Aujourd'hui, malheureusement, les prévisions... N'écoutons pas seulement les scientifiques, c'est ça. N'écoutons pas seulement les scientifiques. C'est pas ça. C'est que les scientifiques sont là pour informer, pour expliquer aux politiques.

Et les politiques doivent essayer de trouver l'équilibre entre les objectifs qu'on doit atteindre très rapidement. Parce que malheureusement, les prévisions du GIEC vont être dépassées. Les 1,5 degrés vont être dépassées. Valérie Masson-Delmotte nous l'a très bien expliqué quand j'y suis allé avec mon collègue Jean-Philippe Tanguy. Mais qu'il faut pour nous, politiques, trouver l'équilibre pour aller le plus vite possible, tout en évitant de contrevenir à la qualité de vie des Français, notamment aux plus pauvres. Parce qu'aujourd'hui, malheureusement, la manière dont est faite la lutte contre le réchauffement climatique, elle touche les plus pauvres, ceux qui sont les plus en difficulté.

Pas d'écologie punitive, c'est ça, c'est le mot que vous employez ? C'est ça, exactement. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, malheureusement, on préfère aller demander à ceux qui ont des difficultés à changer leur voiture de la changer de manière très rapide, en mettant en place des ZFE, sans les accompagner, sans mettre en place... Et quitte à ne pas atteindre les objectifs ? Mais si, mais vous savez, aujourd'hui, le problème, c'est qu'on ne s'attaque pas au vrai problème. Le vrai problème, c'est que 50% des gaz à effet de serre sont issus des importations.

J'ai rendu la semaine dernière, en Commission des Affaires Européennes, un bilan des accords de libre-échange, un rapport d'information sur les accords de libre-échange. On se rend compte qu'on a été dans une mondialisation excessive, une mondialisation malheureusement malheureuse, qui a mené à des échanges totalement fous, où on fait venir, et là, aujourd'hui, on va signer un accord avec la Nouvelle-Zélande, un certain nombre de produits. 50% des gaz à effet de serre, c'est ce problème. Il faut relocaliser, il faut changer nos modes de consommation, mais il ne faut pas aller taper sur les Français, notamment les classes moyennes et les classes populaires.

3:11
Thomas Ménagé

J'en viens à la guerre au Proche-Orient. Votre parti apporte, depuis le 7 octobre, un soutien sans faille au gouvernement de Benyamin Netanyahou. L'armée israélienne peut-elle, selon vous, user de tous les moyens pour éradiquer le Hamas ?

3:25
Présentateur

Il est vrai que depuis le 7 octobre, et c'est normal, nous apportons notre soutien à l'État d'Israël, qui a été attaqué lâchement lors d'attaques terroristes, où il y a eu des bébés qui ont été décapités, des femmes éventrées, et donc il faut, bien entendu, qu'Israël puisse mener ses frappes contre le Hamas. Mais, bien entendu, nous avons toujours réussi une ligne très claire, c'est qu'il faut éviter au maximum qu'il y ait des victimes civiles.

3:48
Thomas Ménagé

L'ONU parle de plusieurs milliers de morts, c'est difficile d'avoir un bilan précis, puisque c'est le Hamas qui communique, mais l'ONU parle d'au moins 3 000 enfants, notamment.

3:57
Présentateur

Mais j'exprime dans tous les cas ma compassion, vous savez, une vie israélienne vaut une vie palestinienne comme elle vaut une vie française, donc c'est toujours horrible quand il y a des civils qui sont tués. Moi, je n'ai pas l'ensemble des éléments.

S'il y a eu un non-respect de droit international, il y aura une enquête internationale en la matière, mais je ne veux pas non plus aujourd'hui rentrer dans un débat qui pourrait affaiblir la lutte contre le fondamentalisme islamiste, contre le Hamas, mais nous avons toujours appelé, Jordan Bardella a voté la semaine dernière, à des couloirs humanitaires, à une trêve humanitaire, nous avons soutenu la France dans l'envoi du tonnerre pour un soutien humanitaire aux populations...

4:28
Thomas Ménagé

Un navire hôpital.

4:29
Présentateur

Un navire hôpital pour aller en soutien humanitaire aux populations gazaouies. Il faut réussir à promener... Sur la réponse israélienne, est-ce que vous dites, elle est proportionnée ? Vous savez, moi, je n'ai pas les données du Quai d'Orsay. Je suis député français, je ne suis pas ni ministre des Affaires étrangères, je ne suis pas à l'ONU, je ne suis pas en capacité de le juger. S'il y a une disproportion, nous sommes aujourd'hui, avec la communauté internationale, en capacité, demain, d'avoir une enquête. Ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui, il faut éviter que le Hamas se réorganise, et il faut éviter que de telles exactions puissent se reproduire à nouveau.

5:00
Thomas Ménagé

Je le disais, soutien à 100% au gouvernement israélien. Si le RN est l'allié d'Israël, pourquoi Marine Le Pen ne se rend pas sur place ?

5:07
Présentateur

Vous savez, je pense que les forces israéliennes ont peut-être autre chose à faire aujourd'hui que de protéger toutes les personnalités qui voudraient aller sur place. Elle ne s'y est jamais rendue. Peut-être demain, vous lui poserez la question, mais ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui, on doit apporter un soutien, un soutien à nos compatriotes de confession juive, un soutien à Israël, mais d'aller faire de la politique et de la communication politique, ce n'est pas forcément le bon moment non plus.

5:31
Thomas Ménagé

L'Égypte, c'est une annonce qui vient d'intervenir il y a quelques minutes, va aider à évacuer 7000 étrangers de la bande de Gaza via le poste frontière de Rafa. Vous vous en réjouissez ?

5:42
Présentateur

Bien entendu, on s'en réjouit. Nous, nous avions demandé à aller plus loin. Marine Le Pen était la première, dès le lendemain du 7 octobre, à appeler à un Asilia en Égypte.

5:49
Thomas Ménagé

Alors justement, je vous pose la question parce qu'elle s'est cherchée là-dessus. Elle a appelé effectivement rapidement l'Égypte à accueillir des réfugiés avant finalement de revenir sur ses propos, disant qu'il y avait un risque de déstabilisation régionale.

6:01
Présentateur

Ce qui est certain, c'est que la ligne, c'est d'essayer de tout faire pour protéger les populations gazaouis qui sont utilisées par le Hamas comme des boucliers humains et qu'il faut faire en sorte que tous ceux qui ne partagent pas les convictions du Hamas dans la bande de Gaza et qui existent, qui sont nombreux, qui sont les premières victimes, puissent être protégées.

6:20
Thomas Ménagé

L'ERN allié d'Israël, et vous dites aussi bouclier des Français juifs. C'est Jordan Bardella qui dit ça. Qu'est-ce que ça veut dire ?

6:28
Présentateur

Je pense que depuis l'arrivée de Marine Le Pen à la tête du Rassemblement national, nos compatriotes de confession juive, et il suffit de voir les échanges qu'il y a pu y avoir avec les membres du groupe d'amitié entre France et Israël, dont je fais partie lors de la manifestation, ils ont bien compris qu'aujourd'hui, face au fondamentalisme islamiste...

6:45
Thomas Ménagé

La manifestation organisée par le CRIF, je précise. Le CRIF, le Conseil représentatif des institutions juives de France, qui dit, pour nous, pour les institutions juives, il n'y a pas de normalisation avec l'ERN.

6:56
Présentateur

Mais là, vous parlez d'institutions, vous parlez d'organisations qui ont leur position, mais moi, je vous parle avant tout des compatriotes de confession juive qui sont nombreux à voter pour le Rassemblement national, qui sont nombreux à voir, à constater, que nous sommes sans ambiguïté face au fondamentalisme islamiste. Parce qu'hier, j'écoutais les chants encore qu'il y avait dans le métro.

7:14
Thomas Ménagé

Cette vidéo qui montre des jeunes manifestement en train de chanter des chants antisémites dans le métro. Une enquête a été ouverte.

7:22
Présentateur

Exactement, mais d'où vient l'antisémitisme ? Il vient de l'islamisme, puisque ces personnes ont eu des propos à la fois contre la police, contre les homosexuels, contre la France et contre les juifs. Et les compatriotes de confession juive savent que nous sommes intraitables face au fondamentalisme islamiste.

7:36
Thomas Ménagé

Ça rentre aujourd'hui, le conflit qu'on connaît, et ses conséquences en France dans votre grille de lecture du choc des civilisations ?

7:42
Présentateur

Ce qui est certain, c'est que ce qui se passe en Israël, c'est surtout aujourd'hui un conflit entre un État démocratique, entre M. Netanyahou qui a été démocratiquement élu, et des organisations terroristes islamistes. Et dans tous les cas, on sera toujours du côté de la démocratie face au fondamentalisme et face à l'obscurantisme.

7:59
Thomas Ménagé

Ce n'est pas un conflit régional qui a été récupéré par des islamistes ?

8:03
Présentateur

Ce qui est certain, voilà, ça c'est une analyse qui sera faite par des historiens, par des sociologues, qui ne sera pas celle d'une analyse politique. Moi, ce qui m'inquiète aujourd'hui, c'est l'importation de ce conflit en France, c'est les manifestations antisémites qui peuvent exercer, c'est ce que Gilles Kepel appelle le djihadisme d'atmosphère, qu'on voit sur toutes les sphères. On le voit même, excusez-moi M. Le Baron, mais moi je suis quand même aussi étonné, on le voit même sur votre antenne. M. Meurice, qui, il y a deux jours, a voulu faire un peu le dieudonné du service public, qui est sur votre antenne, qui est payé par le service public, et qui a tenu des propos antisémites.

8:38
Thomas Ménagé

Alors, j'en ai parlé ici même, hier soir, à la même heure, à ce micro. Effectivement, c'est un passage du sketch de Guillaume Meurice dimanche dernier dans l'émission de Charline Van Hennacker. Il y a eu beaucoup, c'est vrai, de messages d'auditeurs qui ont été choqués. Ces messages ont été entendus. La directrice de France Inter a répondu. Réponse Complète, qui est à lire sur le site de la médiatrice de Radio France. La présidente de Radio France s'est aussi exprimée sur ses réseaux sociaux. Et Charline Van Hennacker, la productrice et animatrice de l'émission, a répondu aussi sur ses réseaux sociaux.

9:10
Présentateur

Parce qu'aujourd'hui, vous savez, entre le sport avec M. Benzema, entre les politiques avec Mme Obono qui dit que le Hamas est un mouvement de résistance, entre M. Bilongo qui a les pires propos antisémites, en faisant les pires préjugés sur l'argent, etc. entre les écoles où les minutes de silence ont été perturbées, et maintenant l'AFP qui refuse de qualifier de terroriste le Hamas.

9:32
Thomas Ménagé

Là aussi, l'agence a répondu de manière circonstanciée en disant que...

9:35
Présentateur

Ici, sur votre interne, il y a une inquiétude aujourd'hui.

9:37
Thomas Ménagé

Il y a une inquiétude. J'utilisais ce terme « terroriste » entre guillemets, et les clients de l'agence qui sont des médias sont libres d'éditorialiser...

9:48
Présentateur

Ils sont libres, et moi, en tant que personnalité politique, je suis libre de m'inquiéter de ce djihadisme d'atmosphère, de cet antisémitisme d'atmosphère sur lequel nous, au Rassemblement National, avec Marine Le Pen, nous sommes intranciés.

9:56
Thomas Ménagé

Est-ce que ce n'est pas une façon pour vous d'aller encore plus loin dans le processus des dédiabolisations, quand on connaît l'histoire de votre parti, fondé par des anciens SS, des collaborateurs, dont le fondateur Jean-Marie Le Pen a été condamné plusieurs fois pour antisémitisme ?

10:09
Présentateur

Vous savez, moi, j'ai rejoint Marine Le Pen, qui a pris la tête du parti il y a plus de dix ans, qui a exclu toutes les personnes qui pouvaient avoir une quelconque ambiguïté en la matière.

Vous m'interrogez, mais c'est souvent quand je viens chez vous, sur ces propos qui ont plus de trente ans, souvent, où j'étais même pané, voire bien plus, quand vous parlez de la fondation, où il y avait aussi un grand nombre de résistants, on oublie de le dire, mais ce qui est certain, c'est que, par contre, il y a peut-être eu ces éléments il y a trente, quarante, cinquante ans, alors qu'aujourd'hui, ce qui met des croix de David sur des maisons juives, ce n'est pas le Rassemblement National, ce sont des islamistes, ce sont tous ceux qui sont contre... Alors, pour le coup, l'enquête est en cours, on ne peut pas, vous ne pouvez pas l'affirmer.

Oui, mais aujourd'hui, on voit bien que la majorité, aujourd'hui, il y a deux types d'antisémitisme. Il y a encore un reste d'antisémitisme groupusculaire d'extrême droite, et, surtout, une montée du fondamentalisme islamiste.

11:00
Thomas Ménagé

Antisémitisme groupusculaire d'extrême droite, porté notamment par le GUD, qui est un groupuscule violent, et qui, le 7 octobre, jour des attaques du Hamas, a tweeté « Ni qui pas, ni qui pas ». Est-ce que la société de communication e-politique, qui est tenue notamment par un ancien du GUD, Frédéric Chatillon, est toujours prestataire du RN pour la campagne des Européennes ?

11:20
Présentateur

Alors, moi, j'ai toujours été intransigeant vis-à-vis du GUD, je l'avais indiqué il y a quelques mois, j'avais demandé la dissolution, mais comme la dissolution de tous les groupuscules d'extrême gauche et d'extrême droite... Mais est-ce que vous avez reçu avec ces anciens du GUD qui travaillent toujours pour vous,

11:33
Thomas Ménagé

qui sont autour de Marine Le Pen ?

11:34
Présentateur

Alors, déjà, ils ne sont pas autour de Marine Le Pen, c'est un prestataire privé, et Jordan Bardella l'a très bien expliqué, quand ces éléments ont été révélés, les deux personnes que vous citez ne seront plus actionnaires, ne sont plus actionnaires, ont vendu l'ensemble de leur part, donc il s'agit juste d'un prestataire privé, et on voit bien que c'est juste une volonté, aujourd'hui, de salir le Rassemblement National, qui est en tête dans les sondages, cette semaine encore, à plus de 30% dans l'ensemble des enquêtes d'opinion.

11:56
Thomas Ménagé

L'actualité politique, c'est le projet de loi immigration qui arrive lundi en débat au Parlement, en commençant par le Sénat. Vous le voterez, si l'article sur les régularisations de travailleurs sans papier dans les secteurs qui ont du mal à trouver de la main d'œuvre est supprimé ?

12:11
Présentateur

Alors, on a toujours été clair sur cette loi, il y avait deux articles, notamment l'article 3 et l'article 4, qui sont en fait de nouvelles filières d'immigration, vont créer un appel d'air supplémentaire en régularisant massivement des clandestins aujourd'hui sur notre sol. Nous avons été interrogés récemment puisqu'il y a une grande cacophonie entre d'un côté M. Houllier, le président de la Commission des lois, qui dit que c'est un élément important, et Mme Naïma Mouchou, membre de la majorité, vice-présidente de l'Assemblée nationale, qui dit que c'est une prime à la clandestinité, donc qui partage nos propos.

Si demain le texte est durci, si demain le texte ne contient pas l'article 3, nous sommes clairs, ce sont des mesurettes, ça ne servira à rien. Nous, nous proposons un référendum et nous proposons la constitutionnalisation du droit de la nationalité, le droit des étrangers, mais nous serons peut-être susceptibles, en fonction du texte qui sortira du Sénat et puis des débats à l'Assemblée nationale, d'apporter nos voix.

12:55
Thomas Ménagé

Dire que vous pourriez voter, c'est une manière de coincer aussi le gouvernement et Gérald Darmanin ?

13:00
Présentateur

Non, vous savez, on n'est pas dans les coups politiques, surtout sur un sujet aussi important que l'immigration, quand on voit les répercussions de l'immigration massive dans notre pays, notamment sur les derniers attentats, sur l'attaque terroriste de Dominique Bernard, où cette personne aurait dû être expulsée. Quand on voit tout cela, on n'est pas dans des coups politiques, on veut juste tout faire pour protéger les Français et tout ce qui ira dans le bon sens, même si ce sont des micro-pas, nous le ferons.

13:21
Thomas Ménagé

Par exemple, la facilitation de l'expulsion des délinquants étrangers, un niveau minimum de Français requis pour les étrangers qui arrivent sur notre sol, l'examen plus rapide des demandes d'asile, tout ça, vous dites, ça va plutôt dans le bon sens.

13:32
Présentateur

Ça va plutôt dans le bon sens, mais il faut garder en tête un élément, c'est qu'il y aura toujours un certain nombre d'engagements conventionnels, notamment la CEDH, notamment un certain nombre de traités qui nous empêcheront de mener à bien ces éléments, ces expulsions. C'est la raison pour laquelle il faut faire une primauté du droit des étrangers en l'inscrivant dans la Constitution parce qu'il y aura toujours un juge administratif, c'est l'état de droit qu'il veut ainsi et il faut le maintenir, mais il faut le modifier, cet état de droit, pour permettre que les juges ne puissent utiliser ces éléments et se réfèrent uniquement au droit des étrangers qui sera dans la Constitution.

14:03
Thomas Ménagé

Vous demandez ce matin dans une tribune publiée dans le journal Ouest France avec 280 de vos collègues parlementaires de tous bords, le retour de la réserve parlementaire, c'est une enveloppe dont les élus le disposaient jusqu'en 2017, elle a été supprimée en 2017, pour attribuer des subventions. Est-ce que c'est l'urgence du moment ?

14:23
Présentateur

Non, mais ce n'est pas parce que ce n'est pas l'urgence qu'on ne peut pas accompagner une initiative qui a été faite par d'autres collègues. Aujourd'hui, il y a quand même une urgence dans nos territoires ruraux, dans nos associations, nos associations sportives, culturelles, nos associations qui participent à des chaînes de solidarité sur nos territoires, d'être accompagnées. Un grand nombre de ces associations, de ces collectivités ne peuvent obtenir des subventions aujourd'hui. Et quand on est un élu de terrain, comme je le suis, dans le Loiret, sur mon territoire, dans le Montarrois, dans le Gatiney, je suis au courant des problématiques.

Et on a voulu donner ça à une commission départementale. Je pense que, bien entendu, en veillant à la transparence, en veillant à la publicité, en évitant...

14:58
Thomas Ménagé

Il y a un risque de clientélisme ?

14:59
Présentateur

Je pense qu'il n'y aura pas de clientélisme si on fait ce qui est indiqué dans la proposition de loi que j'ai co-signée, qu'il y ait une transparence. C'est-à-dire, chaque année, on publie les subventions qui sont versées, à qui et pourquoi. Et ça permettra d'avoir réellement la proximité et un soutien à nos territoires.

15:15
Thomas Ménagé

Puisqu'on parle d'argent, le RN va lancer en décembre un nouvel appel aux dons auprès de ces électeurs, de vos électeurs, pour financer votre campagne des européennes. Alors, c'est fréquent chez vous, 2019, 2020, 2022. La différence, c'est que désormais, après vos bons résultats aux élections législatives, vous touchez près de, je crois, 10 millions d'euros de l'État chaque année. Ça veut dire que tout est parti dans le remboursement de votre emprunt russe ? Oui,

15:40
Présentateur

la totalité de l'emprunt a été remboursée. Et aujourd'hui, bien entendu, pour financer les campagnes à venir, nous sommes un mouvement populaire, donc nous acceptons que nos électeurs, nos soutiens, participent à... Vous acceptez, vous leur demandez surtout. Oui, on leur demande, mais c'est en ça que nous associons l'ensemble des Français à la conquête du pouvoir pour, bien sûr, les élections du 9 juin pour Jordan Bardella et puis pour l'élection présidentielle. Mais ce qui est inquiétant, M.

Le Baron, c'est de se dire qu'aujourd'hui, il n'y a toujours pas de banque de la démocratie, alors qu'Emmanuel Macron l'avait promis, que le premier parti de France, aujourd'hui, celui qui est donné en tête dans l'ensemble des enquêtes d'opinion, ne puisse obtenir aujourd'hui un prêt auprès d'une banque française. Et c'est ça qui est inquiétant et c'est ça dont personne ne parle. Vous avez toujours un trou de plus de 20 millions d'euros dans les caisses,

16:24
Thomas Ménagé

c'est ça ?

16:24
Présentateur

Alors, moi, je ne connais pas l'État précis parce que je ne suis pas trésorier du parti. Ce qui est certain, c'est qu'il y a une gestion rigoureuse par notre trésorier Kevin Pfeffer qui, petit à petit, rembourse la totalité des dettes qui seront éteintes dans les prochaines années avant les élections présidentielles vraisemblablement et qu'aujourd'hui, nous, nous organisons pour conquérir le pouvoir en 2027.

16:44
Thomas Ménagé

François Bayrou et dix cadres du Modem sont jugés en ce moment, soupçonnés d'avoir détourné les fonds du Parlement européen pour rémunérer des assistants parlementaires qui travaillaient en fait à Paris pour le parti. C'est exactement ce que la justice reproche aussi au Rassemblement national. Le parquet de Paris a requis un procès contre 27 personnes. Vous soutenez François Bayrou dans cette période ?

17:05
Présentateur

Vous savez, moi, je n'ai pas à soutenir François Bayrou. Ce qui est certain, c'est qu'il y a trois mouvements politiques, le Modem, la France insoumise et le Rassemblement national qui sont dans ce cas. Il y a eu des débats sur la ligne et la manière dont doivent travailler les assistants parlementaires. Il y aura un procès. Ce qui est certain, c'est que c'est étrange, c'est que le procès arrive pile au moment des élections européennes et on se rend bien compte qu'il y a une instrumentalisation

17:31
Thomas Ménagé

de la justice. Vous trouvez que cette date n'arrive pas au hasard ?

17:35
Présentateur

Vous savez, ça fait des années et des années qu'on parle de ce cas et c'est bizarre, c'est que ça arrive pile au moment des élections européennes et j'ai du mal à croire au hasard.

17:45
Thomas Ménagé

Une question pour vous, au Standard d'Inter avec Adrien. Bonjour Adrien, on vous écoute.

17:49
Auditeur

Oui, bonjour. Bonjour Thomas Aménager. Je vous avais posé une question avec Ali Badou il y a trois semaines à peu près. Vous m'aviez dit que les photos de Marine Le Pen avec des nazis étaient des fausses. J'ai vérifié et je crois qu'elles sont vraies. Il y a des vraies photos avec des nazis donc des amis de son père et il y a aussi des photos avec des néo-nazis donc plus jeunes qui ont été faites en 2012.

18:10
Thomas Ménagé

Voilà, droit de suite.

18:11
Auditeur

Vous montrez comme allié objectif des juifs qu'est-ce que vous faites de ces photos avec des nazis.

18:18
Thomas Ménagé

Réponse de Thomas Aménager.

18:20
Présentateur

Alors c'est assez marrant je suis toujours très heureux de venir à France Inter et de voir que le droit de suite est toujours dans le même sens et qu'il y a vraiment une volonté quand on regarde la totalité de cette émission de nuire aux premiers partis de France mais je vais vous répondre. Ce qui est certain c'est que Marine Le Pen s'est expliqué à plusieurs reprises elle a pris des photos comme j'en prends des dizaines et je ne demande pas le curriculum vitae des personnes avec qui je prends des photos. C'est pour ça qu'il n'y a pas eu de volonté de réelle photo avec des dignitaires nazis comme ça a été dit et comme vous le dites aujourd'hui.

C'est vraiment une volonté de mettre ça en épingle mais de la même manière que je crois que M. Darmanin avait été pris en photo avec des identitaires avec des personnes qui ne partagent absolument pas ses convictions. Vous savez quand on est une des premières personnalités politiques en France que vous faites des déplacements à l'étranger que vous faites des déplacements en France c'est des centaines et des centaines de photos et vous ne demandez pas le CV et demain il pourra très bien y avoir une photo de moi avec un islamo-gauchiste ou avec un identitaire parce que je ne demande pas le CV avant de prendre une photo.

19:18
Thomas Ménagé

Un dernier mot Thomas Ménager sur l'écriture inclusive est-ce que la charge d'Emmanuel Macron contre l'écriture inclusive lundi en inaugurant la cité de la langue française à Villers-Cotterêts vous a fait plaisir ?

19:28
Présentateur

Je suis heureux de voir que la proposition de loi déposée par mon collègue Roger Chudeau qui a été débattue pendant notre niche et qui a valu un rejet de la totalité de la classe politique de la majorité notamment macroniste fait qu'elle a permis d'ouvrir les yeux au président de la République qui vient sur notre terrain qui a compris qu'en fait il y avait d'autres urgences à faire en termes d'égalité homme-femme sur l'égalité salariale sur l'accès à la santé féminine à des gynécologues et que l'écriture inclusive n'était pas à la panacée en matière de droit des femmes et que surtout c'était un risque notamment pour notre langue française notamment pour les personnes qui souffrent de dyslexie notamment pour les personnes qui sont en situation de handicap donc tant mieux si le président de la République ouvre les yeux

20:07
Thomas Ménagé

Thomas Ménager député du Loiret et porte-parole du groupe Rassemblement National à l'Assemblée merci d'avoir été avec nous je vais vous dire merci quand même merci à vous bonne journée de France Inter ce matin merci à vous

20:18
Locuteur

merci à vous