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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 22 octobre 2018 26 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheSécuritéEurope & internationalInstitutions & élections

Enseignante menacée à Créteil : "On doit s'inquiéter de notre système éducatif", affirme Jean Leonetti

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:07OuverteRéponse directe

    Alors nous allons commencer, Jean-Léonetti, avec cette affaire survenue dans un lycée à Créteil.

  • 1:47OuverteRéponse partielle

    Qu'est-ce qu'il faut faire pour maintenir cette protection ? Est-ce qu'il faut fouiller tous les élèves à l'entrée des établissements scolaires ?

  • 2:41OuverteRéponse directe

    Dans le cas présent, Jean-Lenetti, on fait quoi ?

  • 3:35OuverteRéponse directe

    La toute première chose Jean Neti c'est d'éviter évidemment que des lycéens puissent s'introduire dans un établissement avec une arme, avec un pistolet, qu'il soit factice ou pas.

  • 4:21OuverteRéponse directe

    Et vous Jean-Léonetti, des portiques ou pas de portiques ?

  • 5:01RelanceRéponse directe

    C'est pas le cas aujourd'hui ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:14Invité politiqueFait
    « Quand on voit la baisse de l'âge dans laquelle nos enfants sont soit auteurs, soit victimes de violences, on doit s'inquiéter de notre système éducatif, mais je dirais même plus de notre système citoyen de manière beaucoup plus globale. »
  • 1:54Invité politiqueFait
    « Il faut reconquérir les esprits. »
  • 2:05Invité politiqueFait
    « Est-ce que vous n'avez pas été consterné, choqué, de voir la passivité du corps enseignant qui accepte de plus en plus, et ce n'est pas sa faute, il n'a aucun moyen de se défendre au sens général du terme, qui accepte de plus en plus des choses qui sont intolérables ? »
  • 2:52Invité politiqueFait
    « La première faute c'est d'avoir menacé ? »
  • 3:28Invité politiqueFait
    « Donc je pense que la première des choses c'est une reconquête de l'autorité qui va du fait le plus banal de la vie citoyenne la plus banale jusqu'à effectivement la sanction, et on attend la sanction, sur un acte de violence insupportable. »
  • 4:50Invité politiqueFait
    « Donc il faut restaurer l'autorité. Et restaurer l'autorité, c'est tolérance zéro. »
  • 5:10Invité politiqueFait
    « Ce qui me fait dire ça c'est que vous avez des endroits dans lesquels on ne peut pas enseigner la Shoah. Parce qu'il y a une révolte des élèves. »
  • 5:32Invité politiqueChiffre
    « Je pense que c'est dans peut-être une trentaine de lycées qui se trouvent devant ce type de difficultés. »
  • 8:45Invité politiqueFait
    « Je pense que le président a raison d'y aller. Je pense qu'il aurait dû y aller d'ailleurs avant. »
  • 9:37Invité politiqueFait
    « Peut-être qu'il faut les supprimer à d'autres endroits. »
  • 10:01Invité politiqueFait
    « On devrait passer à une décentralisation réelle qui ferait qu'on mette en responsabilité les territoires, ce qui est le cas aujourd'hui, et qu'on supprime un certain nombre de postes qui sont des postes sur lesquels l'État devrait renoncer. »
  • 12:37Invité politiqueFait
    « C'est consternant qu'un homme politique se comporte de cette façon et même c'est révoltant. Je veux dire, quelqu'un qui dit dans une démocratie je suis sacré et qui attaque à la fois la justice et les journalistes, il y a de la graine de dictateur dans cet homme. »
  • 14:21Invité politiqueFait
    « Moi j'ai toujours dit, et à cette époque-là aussi, qu'il ne fallait jamais développer la théorie du complot. »
  • 19:36Invité politiqueFait
    « Le droit d'asile, nous ne sommes pas en France chargés d'organiser un réexamen des situations des droits d'asile déboutés des autres pays. »
  • 20:02Invité politiqueChiffre
    « Vous voyez bien que sur le problème de l'immigration et de cette immigration incontrôlée, qui a quand même amené 700 000 réfugiés sur l'Italie dans l'indifférence totale, et qui a amené au pouvoir un gouvernement d'extrême droite et de populiste, franchement, est-ce qu'il n'y a pas un problème européen qui doit être réglé au niveau européen ? »

Temps de parole

  • Jean Leonetti64 %
  • Présentateur14 %
  • Présentateur 210 %
  • Invité9 %
  • Invité 23 %

4,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Jusqu'à 9h, c'est le numéro 2 du parti Les Républicains qui est notre invité. Ce matin, c'est Renaud Delis qui vous pose la première question. Bonjour Jean-Léonetti. Bonjour. Alors nous allons commencer, Jean-Léonetti, avec cette affaire survenue dans un lycée à Créteil. Jeudi dernier, un élève de 16 ans a braqué en plein cours une de ses enseignantes. C'était avec un pistolet à air comprimé. Il a été mis en examen hier, ce lycéen, pour violences aggravées. Jean-Michel Blanquer s'est emparé de ce dossier. Le gouvernement promet de lutter contre les violences scolaires. Et le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, était ce matin l'invité de France Info. On l'écoute.

0:34
Invité

On ne met pas les problèmes sous le tapis. On n'est pas dans la logique du pas de vague. Au contraire, à chaque fois qu'il y a un fait, petit, moyen ou grand, il doit être sanctionné de façon proportionnée vis-à-vis des élèves. L'objectif, c'est toujours d'avoir une sanction éducative. Ça peut aller jusqu'à l'exclusion quand c'est nécessaire. Et il peut y avoir des suites pénales quand c'est nécessaire, ce qui est évidemment le cas dans une affaire comme celle-ci.

0:55
Présentateur

Vous le soutenez, Jean-Michel Blanquer, quand il s'attaque à ce fléau de la violence en milieu scolaire ?

0:59
Jean Leonetti

Blanquer a raison dans ce qu'il dit, mais ne nous focalisons pas sur l'événement. L'événement, il est révélateur d'une situation dans laquelle la jeunesse est de plus en plus en proie à la violence. A l'intérieur des établissements scolaires et à l'extérieur. Il n'y a quand même pas très longtemps, un gamin de 12 ans a été tué lors d'une bagarre à coups de barre de fer. Quand on voit la baisse de l'âge dans laquelle nos enfants sont soit auteurs, soit victimes de violences, on doit s'inquiéter de notre système éducatif, mais je dirais même plus de notre système citoyen de manière beaucoup plus globale.

1:40
Présentateur

Mais les établissements scolaires, Jean-Lenetti, sont supposés être plutôt des sanctuaires protégeant justement la jeunesse de la violence. Qu'est-ce qu'il faut faire pour maintenir cette protection ? Est-ce qu'il faut fouiller tous les élèves à l'entrée des établissements scolaires ?

1:54
Jean Leonetti

Il faut reconquérir les esprits. Moi j'ai été surpris bien sûr par les images, mais s'il n'y avait pas eu les images, est-ce que le professeur aurait porté plainte ? Est-ce que vous n'avez pas été consterné, choqué, de voir la passivité du corps enseignant qui accepte de plus en plus, et ce n'est pas sa faute, il n'a aucun moyen de se défendre au sens général du terme, qui accepte de plus en plus des choses qui sont intolérables ? Je pense que la reconquête de l'autorité, c'est une reconquête d'humanité. La reconquête de l'autorité vis-à-vis des enfants, c'est une reconquête éducative.

On nous reprochera dans les générations futures de ne pas avoir été assez ferme avec nos enfants, et de les avoir laissés dériver dans la violence.

2:41
Présentateur

Dans le cas présent, Jean-Lenetti, on fait quoi ? On interdit les portables pour filmer ce genre d'événements au lycée ? On remet des portiques, on fouille, on fouille les cartables à l'entrée, on ne fait rien ?

2:51
Jean Leonetti

Est-ce que la faute c'est d'avoir filmé ? Ou est-ce que la faute c'est d'avoir menacé ? La première faute c'est d'avoir menacé ? Évidemment. La première des choses c'est que s'il est capable d'arriver avec un révélateur factice et menacer un professeur sur une chose aussi futile qu'une note, ça veut dire que déjà l'ambiance dans la classe est une ambiance dans laquelle il sait qu'il peut se permettre ça, ou il croit qu'il peut se permettre ça. Donc je pense que la première des choses c'est une reconquête de l'autorité qui va du fait le plus banal de la vie citoyenne la plus banale jusqu'à effectivement la sanction, et on attend la sanction, sur un acte de violence insupportable.

3:35
Présentateur

La toute première chose Jean Neti c'est d'éviter évidemment que des lycéens puissent s'introduire dans un établissement avec une arme, avec un pistolet, qu'il soit factice ou pas. Se pose par exemple la question d'installer des portiques à l'entrée des lycées. Jean-Michel Blanquer ce matin sur France Info n'était pas très favorable à cette solution.

3:53
Invité

Je ne suis pas très partisan de ça parce que vous créez d'abord une atmosphère et ensuite un engorgement à l'entrée qui pose d'autres problèmes de sécurité. Mais d'autres techniques comme la visio-surveillance par exemple qui existe dans certains établissements. Ça n'empêche pas d'entrer avec une arme dans son cartel ? Non mais ça a eu beaucoup d'effet pour améliorer la sécurité dans pas mal d'endroits.

4:13
Présentateur

La visio-surveillance à l'intérieur des établissements ou à l'extérieur ?

4:16
Invité

A l'intérieur et à l'extérieur aussi, aux abords bien entendu. Et vous Jean-Léonetti, des portiques ou pas de portiques ?

4:23
Jean Leonetti

Franchement, est-ce que le problème là aussi c'est de savoir si on entre avec une arme à l'intérieur ou pas ? La vraie question c'est comment on peut en arriver à proposer ou à envisager qu'un enfant rentre avec une arme à l'intérieur de l'école ? Donc je pense que bien sûr qu'il faut avoir des mesures de sécurité et le plan Vigipirate aujourd'hui nous impose d'avoir des mesures de sécurité supplémentaires. Mais au-delà de ces mesures de sécurité, vous voyez bien quand même qu'il y a une défaillance totale de notre système éducatif et de l'autorité en général. Donc il faut restaurer l'autorité. Et restaurer l'autorité, c'est tolérance zéro.

5:01
Présentateur

C'est pas le cas aujourd'hui ?

5:02
Jean Leonetti

Pas du tout. Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? Ce qui me fait dire ça c'est que vous avez des endroits dans lesquels on ne peut pas enseigner la Shoah. Parce qu'il y a une révolte des élèves. Il y a des endroits où on ne peut pas aborder certains problèmes qui sont des problèmes qu'on aborde logiquement dans une démocratie pour faire l'éducation de nos enfants.

5:20
Présentateur

Dans des écoles chez vous à Antibes, vous en avez la preuve formelle de ça ?

5:26
Locuteur

Non.

5:27
Jean Leonetti

Attendez. C'est pas sur tout le territoire que ça existe. C'est dans combien de quartiers ? Je pense que c'est dans peut-être une trentaine de lycées qui se trouvent devant ce type de difficultés. Mais si à la base on ne dit pas c'est tolérance zéro, le programme éducatif on va le faire. On n'a pas le droit de sortir pendant le cours, on n'a pas le droit d'invectiver un professeur. Parce que si on passe de l'indifférence à l'insulte puis de l'insulte à la violence, c'est parce qu'il y a eu une progression dans la tolérance et dans la tolérance coupable de l'ensemble d'un système éducatif qui est le reflet du laxisme de la société.

6:10
Présentateur

Ce discours de tolérance zéro c'est celui que prône Jean-Michel Blanquer ? De défense de la laïcité, de défense des enseignants et de tolérance zéro à l'endroit de tout entorse.

6:19
Jean Leonetti

C'est pas parce que je suis membre des Républicaines que je vais m'opposer à tout ce que dit le gouvernement. Là-dessus vous êtes sur la même ligne. Ben Blanquer, si Blanquer s'il dit tolérance zéro, je vais dire la même chose.

6:28
Présentateur

Blanquer, boquiez même combat.

6:30
Jean Leonetti

Il n'y a pas une feuille de papier à cigarette comme dirait Philippe. Ne caricuterons pas. La seule question qui se pose c'est est-ce que tu vas le faire ? Parce que j'en ai entendu des ministres de l'éducation dire c'est intolérable et on va mettre fin à... Attention au problème qui consisterait à dire on va empêcher les armes de rentrer, on va fouiller les élèves. Non, reprenons l'ensemble d'une société qui méprise tellement nos enfants qu'elle finit par leur donner raison contre leur maître.

7:03
Présentateur

Jean-Léon Etillon poursuit cette discussion dans une minute 8h40. David Doba vient de nous rejoindre. On jette un oeil ensemble à l'actualité de ce lundi matin.

7:11
Invité

Rome s'attend à ce que la Commission européenne rejette son projet de budget 2019 et réclame une version amendée, une première depuis 2013. Les autorités italiennes ont jusqu'à midi pour s'expliquer sur un projet jugé trop dispendieux. Ce matin, Pierre Moscovici affirme souhaiter un dialogue constructif. Il continue de marcher vers les Etats-Unis. Plusieurs milliers de migrants honduriens sont entrés au Mexique. Hier sur Twitter, Donald Trump affirme que les efforts sont mis en place pour stopper le déferlement d'étrangers illégaux. Il est mis en examen pour violences aggravées.

L'élève de 15 ans qui a braqué avec une arme fictive, une professeure dans un lycée de Créteil, sera prochainement entendu par un juge pour enfants. Il a été laissé en liberté ce matin sur France Info. Jean-Michel Blanquet recommande de réglementer l'usage des portables dans les lycées. Tariq Ramadan, entendu à sa demande par la justice, il souhaite s'expliquer sur les centaines de SMS échangés avec l'une des deux femmes qui l'accusent de viol. L'islamologue est incarcérée depuis maintenant 7 mois. Et puis la préfecture du Maine-et-Loire suspend jusqu'au 26 octobre l'utilisation de métham-sodium. C'est un pesticide. Il est utilisé pour désinfecter les sols en cause 3 cas d'intoxication.

70 personnes, principalement des ouvriers agricoles, sont concernées.

8:25
Présentateur

Toujours avec le vice-président délégué des Républicains, Jean-Léonetti, et toujours avec Renaud Delis. Jean-Léonetti et Emmanuel Macron se rend aujourd'hui dans l'eau, d'une semaine après la catastrophe, ces inondations qui ont fait de nombreuses victimes. Est-ce qu'aujourd'hui l'État vous semble à la hauteur du devoir de solidarité nationale qui s'impose ?

8:43
Jean Leonetti

Je pense que le président a raison d'y aller. Je pense qu'il aurait dû y aller d'ailleurs avant. Parce que dans le contexte dans lequel s'est déroulé ce drame, avec de nombreux morts, comme on en vit malheureusement régulièrement sur le territoire français et sur la Côte d'Azur en 2015, cette situation-là mérite l'attention particulière de l'État. Et je pense que l'État, dans le premier secours, est à la hauteur. Le Premier ministre s'était rendu immédiatement sur les lieux ? Non, l'État. Quand je parle de l'État, je parle des forces de l'ordre, des pompiers, des hospitaliers, enfin de ce qui fait la solidité de notre nation.

Les pompiers en rouge, les policiers en bleu et les hospitaliers en blanc, c'est quand même l'élément qui porte secours immédiatement.

9:32
Présentateur

Finalement, ça veut dire que les fonctionnaires font bien leur travail, qu'il ne faut pas supprimer 500 000 postes comme voulait le faire François Fillon ?

9:37
Jean Leonetti

Peut-être qu'il faut les supprimer à d'autres endroits.

9:39
Présentateur

Si on ne touche pas aux pompiers, aux policiers, où est-ce que vous les trouvez les 500 000 ?

9:44
Jean Leonetti

Je pense que l'État continue à avoir des missions qu'il ne peut plus assumer. On vient de parler de l'éducation nationale pour dire que c'était essentiel. Où est-ce qu'on trouve 500 000 ? On devrait passer à une décentralisation réelle qui ferait qu'on mette en responsabilité les territoires, ce qui est le cas aujourd'hui, et qu'on supprime un certain nombre de postes qui sont des postes sur lesquels l'État devrait renoncer. Lesquels ?

Si l'État s'occupait de l'éducation, de la santé, de l'armée et de la police, et qui laissent les territoires, non pas avec des taxes ou des baisses de dotation comme il le fait aujourd'hui, mais avec des responsabilités, et avec des responsabilités qui s'appuient sur une fiscalité modérée, à ce moment-là, je pense qu'on aurait beaucoup plus d'efficacité que le système d'aujourd'hui qui dit je garde tout comme responsabilité, et puis en même temps je fais payer ceux à qui je délègue ces responsabilités.

10:49
Présentateur

Concrètement, vous évoquez quelles responsabilités ? De quel secteur l'État doit-il se débarrasser ?

10:53
Jean Leonetti

Franchement, est-ce que vous pensez que dans le sport, que dans la culture, que dans le domaine de l'environnement, est-ce que vous avez l'impression que l'État a les moyens d'assumer les responsabilités qui sont ici ?

11:05
Présentateur

Qui mènerait, Jean Léonetti, une politique de la culture si ce n'est pas l'État ? A qui on peut confier ça ?

11:10
Jean Leonetti

Alors là, on va revenir à autre chose. A votre avis, qui mène une politique culturelle dans ce pays à l'heure actuelle ?

11:17
Présentateur

On ne subventionne plus le cinéma, on n'aide plus la littérature, on laisse ça uniquement aux règles du privé.

11:21
Jean Leonetti

Je ne parle pas de ça, je parle de l'action en région et de l'action locale, territoriale. Vous voyez bien que l'ensemble des musées, quand ils ne sont pas nationaux, ils fonctionnent bien quand ils sont sous la responsabilité des territoires, des villes ou des régions. Vous voyez bien que les manifestations qui se déroulent et les festivals qui se déroulent dans tout le pays sont portés par les territoires et les régions. Pourquoi ne pas avoir un acte supplémentaire de décentralisation qui fasse en sorte qu'on dise je vais me concentrer sur l'essentiel et me concentrer sur l'essentiel, c'est le régalien.

Si l'État ne faisait que l'essentiel, à ce moment-là, il ne se perdrait pas dans le détail, il ne dépenserait pas trop.

12:01
Présentateur

Renaud Delis, vous évoquez le sport, la culture, l'environnement, vous ne trouverez pas 500 000 postes dans ces secteurs-là ?

12:08
Jean Leonetti

Écoutez, on ne trouverait peut-être pas 500 000 postes, mais si on commençait cette démarche qui consiste à dire qui fait quoi et que l'État ne dise pas en permanence au territoire ce qu'il doit faire sans payer et en prélevant de l'argent, je pense que ça serait déjà une démarche vertueuse.

12:24
Présentateur

Jean-Léonetti, on en vient maintenant à Jean-Luc Mélenchon. Est-ce que vous avez été choqué la semaine dernière de l'ampleur du dispositif policier mis en place pour les perquisitions au siège de son parti et à son domicile ?

12:34
Jean Leonetti

Non, non, moi ce qui m'a choqué c'est l'attitude de Mélenchon. C'est consternant qu'un homme politique se comporte de cette façon et même c'est révoltant. Je veux dire, quelqu'un qui dit dans une démocratie je suis sacré et qui attaque à la fois la justice et les journalistes, il y a de la graine de dictateur dans cet homme. Et donc quand on se dit que cet homme a été candidat à la présidence et qu'il voulait être président de la République, je dis qu'on a échappé au pire.

13:03
Présentateur

Vous vous souvenez des sifflets réclamés parfois pendant des meetings de François Fillon contre les journalistes qui avaient sorti l'affaire Pénélope Fillon ?

13:10
Jean Leonetti

Écoutez, je ne me rappelle pas qu'on est appelé aux sifflets. Mais ce que je peux vous dire moi, c'est que chaque fois que dans une démocratie, et même si on peut penser que la justice est instrumentalisée, même si on peut penser que le journaliste n'a pas été impartial, il y a deux choses sacrées dans la démocratie. C'est la justice et c'est les journalistes.

13:32
Présentateur

On se souvient, Jean Donnetti, d'une manifestation au Trocadéro. Et dans les premiers appels à cette manifestation, la justice était clairement ciblée. Je ne me rappelle pas, je n'étais pas au Trocadéro. Il y avait beaucoup de vos amis qui étaient au moment où la campagne de François Fillon commençait à se déliter un petit peu. Il y a eu ces appels contre la presse.

13:47
Jean Leonetti

Ce que vous dites aujourd'hui, c'est que...

13:49
Présentateur

On ne vous a pas entendu dire les mots que vous utilisez aujourd'hui.

13:51
Jean Leonetti

En tout cas, on ne m'a pas entendu au Trocadéro. Non, mais on ne vous a pas non plus entendu critiquer vos collègues.

13:56
Présentateur

Non, on ne vous y a pas vu, c'est vrai. Puisqu'on évoquait le cas de François Fillon, on a appris en fin de semaine dernière que les investigations concernant ces emplois fictifs dont il est accusé, lui et son épouse, s'étaient achevées, ces investigations, et qu'il reviendrait bientôt à la justice de décider de la tenue ou non d'un procès. A l'époque, on se souvient que le candidat François Fillon avait dénoncé un cabinet noir, qu'il avait des preuves solides d'une manipulation. Est-ce que vous, vous pensez que c'est une manipulation ? Ou là aussi, vous pensez que la justice doit suivre ce point ?

14:21
Jean Leonetti

Écoutez, moi j'ai toujours dit, et à cette époque-là aussi, qu'il ne fallait jamais développer la théorie du complot. Voilà. Je ne suis pas innocent. Je vis dans la politique depuis quelques années. Et je me rends compte qu'effectivement, on peut essayer de manipuler... Les journalistes essaient de manipuler les politiques. Les politiques essaient de manipuler les journalistes. On essaie de convaincre ça. Pour tout, ce n'est pas anormal. Mais en revanche, attention aux théories de complot. Les théories complotistes sont des théories qui, généralement, essaient d'appeler à la révolte. Je pense que dans le pays, aujourd'hui, la paille est sèche et on n'a aucun intérêt à allumer une étincelle.

Et ce que l'a fait M. Mélenchon, c'est une faute grave politique. Parce que dans le climat actuel en France, où on sent bien qu'il y a un sentiment d'injustice profond, de désarroi, même, et de colère, je pense que nous devons être à la fois justes et apaisants. Apaisants parce que nous devons dire les choses, mais en même temps justes, et ne pas appeler à la théorie d'un complot médiatico-politique qui déstabiliserait les uns ou les autres. Après, si je peux dire une chose, j'ai quand même été surpris, et je dis ça et pas plus, de la rapidité avec laquelle François Fillon avait été mis en examen, et de la rapidité de la justice un peu variable dans des situations particulières.

C'est un petit peu complotiste. Non, ce n'est pas complotiste. C'est simplement qu'il faudrait que l'État et la justice indépendante de l'État mettent chaque fois l'idée qu'un homme politique, c'est un homme comme les autres, et que donc il doit être traité comme les autres, ni mieux, ni plus mal.

16:01
Présentateur

Vous venez de nous dire, je ne crois pas, à la théorie du complot, et vous nous dites dans le même temps, dans la phrase d'après, je suis quand même étonné de l'agenda judiciaire sur François Fillon. C'est d'ailleurs ce qu'on reproche aussi Jean-Luc Mélenchon, qui s'étonne lui aussi de l'agenda judiciaire. Benoît Hamon, qui lorsqu'il a été mis en cause pour ces mêmes campagnes, s'est étonné de l'agenda. Finalement, si tout le monde s'inquiète de l'agenda judiciaire, c'est plutôt bon signe, non ?

16:18
Jean Leonetti

Si je peux me permettre, l'agenda judiciaire d'une campagne présidentielle, ce n'est pas tout à fait le même agenda judiciaire que subit aujourd'hui M. Mélenchon. Il n'y a pas d'élection majeure dans les trois semaines qui vont se dérouler. Non. Donc, je pense que la justice devrait réfléchir à faire en sorte, pour ne pas prêter le flanc à une théorie de complot, de faire en sorte qu'il y ait des périodes, je dirais, de... De trêve ? De trêve, de neutralité.

16:44
Présentateur

C'est-à-dire qu'on ne met pas en examen, par exemple, pendant une campagne électorale ?

16:47
Jean Leonetti

C'est-à-dire que si vous mettez quelqu'un en examen la veille d'une campagne électorale, vous alimentez quand même la possibilité de la théorie du complot.

16:53
Présentateur

Mais en même temps, c'est qu'une campagne présidentielle, le président de la République étant, ne pouvant être poursuivi, si vous ne le mettez pas en examen le candidat avant l'élection... Vous ne le ferez pas pendant qu'il sera à l'Élysée ?

17:02
Jean Leonetti

Vous auriez peut-être mieux fait alors de le mettre avant. Parce que, surtout quand l'effet reproché remonte à dix ans.

17:09
Présentateur

Jean-Léonetti, on poursuit cette discussion dans une minute. Il est 9h10. David Daubat, l'actualité.

17:13
Invité

Emmanuel Macron, en déplacement dans l'Aude, doit annoncer l'allongement du délai pour déclarer un sinistre. Il sera porté à 30 jours au lieu de 10 habituellement. L'Élysée, qui étudie également l'extension du périmètre de la zone sinistrée, Bruno Le Maire évoque 200 millions d'euros de dégâts. 14 personnes sont décédées dans les inondations de la semaine dernière. Pour tenter de lever le mystère de plusieurs cas groupés d'enfants nés sans bras, les ministres de la Santé et de l'Écologie lancent de nouvelles investigations. Certains experts mettent en avant des causes environnementales. Une trentaine de personnes occupent depuis vendredi la maternité du Blanc.

C'est dans l'Indre, un établissement que la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qualifie de dangereux et qui doit fermer ses portes prochainement. Les autorités sanitaires mobilisées contre le virus du Nil, par mesure de précaution, vous ne pouvez plus donner votre sang si vous avez récemment séjourné dans le sud de la France et même plus précisément en région PACA. Et puis Marseille, quatrième du classement de la Ligue 1 après la victoire des Olympiens 1-0 hier soir dans le cadre de la dixième journée de championnat de France. Marseille qui recevra les Parisiens la semaine prochaine, dimanche précisément.

18:20
Présentateur

Jean-Léon Etty, le vice-président délégué des Républicains, invité de France Info jusqu'à 9h. Question de Renaud Delis. Jean-Léon Etty, vous êtes concerné géographiquement au premier chef puisque vous êtes élu des Alpes-Maritimes. Matteo Salvini, le ministre de l'Intérieur italien, a envoyé ce week-end des policiers à la frontière pour empêcher la France de renvoyer en Italie des migrants sans-papiers qui s'étaient introduits clandestinement en France. La tension ne cesse de monter entre la France et l'Italie. Est-ce qu'on peut s'entendre ? Est-ce qu'on peut coopérer avec Matteo Salvini ?

18:49
Jean Leonetti

D'abord, on doit coopérer avec tous les gouvernements de l'Europe. C'est la base. L'Europe, c'est l'union dans la diversité. Et donc, commencer par dire, comme l'a fait le président de la République, que l'Italie était responsable et qu'elle avait une attitude qui n'était pas acceptable en matière de migration, ça coupe quand même la possibilité de dialogue. Quand on tombe sur un monsieur Salvini, qui est quand même un démagogue nationaliste, ça ne peut qu'attiser les tensions.

19:19
Présentateur

Dans le cas présent, Christophe Castaner dit qu'il y a des accords de coopération entre la France et l'Italie qui font que la France renvoie légitimement en Italie, d'après le ministère de l'Intérieur, ces migrants sans-papiers.

19:33
Jean Leonetti

Le droit d'asile, enfin il y a du droit international là-dedans. Le droit d'asile, nous ne sommes pas en France chargés d'organiser un réexamen des situations des droits d'asile déboutés des autres pays. On voit bien que quelqu'un est débouté du droit d'asile en Italie, il passe en France et il redépose un dossier et on recommence.

Vous voyez bien que sur le problème de l'immigration et de cette immigration incontrôlée, qui a quand même amené 700 000 réfugiés sur l'Italie dans l'indifférence totale, et qui a amené au pouvoir un gouvernement d'extrême droite et de populiste, franchement, est-ce qu'il n'y a pas un problème européen qui doit être réglé au niveau européen, dans le dialogue des états européens ? Et je trouve que c'est tout à fait légitime que chacun veuille effectivement défendre ses frontières.

20:32
Présentateur

Les élections européennes, ce sera en mai prochain, dans ce cadre-là, il y a un clivage qui semble se mettre en place justement entre d'un côté les nationalistes, Salvini dont on parlait, Orban, Marine Le Pen, et de l'autre côté les progressistes que prétend conduire Emmanuel Macron. Vous êtes où ? C'est facile à présenter les choses comme ça. Vous êtes où dans ce clivage ? En tout cas, c'est le clivage que dessine le gouvernement.

20:53
Jean Leonetti

Le gouvernement, il a intérêt à dire que, ou bien il y a le chaos, ou bien il y a moi, ou bien il y a M. Macron, ou bien il y a Mme Le Pen. Il le dit à l'intérieur, et à l'extérieur, il dit, ou bien il y a M. Salvini et M. Orban, ou bien il y a moi. Quand on pose le problème dans ces termes-là, eh bien forcément on caricature parce qu'on simplifie.

21:12
Présentateur

À partir du moment où Laurent Wauquiez refuse de condamner, par exemple, vous l'avez cité, Victor Orban, est-ce qu'il ne rentre pas dans ce match et dans ce piège, puisque vous parlez de piège ?

21:20
Jean Leonetti

Non, parce qu'il y a une base qui est le dialogue avec tous. Même avec Victor Orban ? Avec les gens qui ont été... Est-ce que Victor Orban a été démocratiquement élu ? Oui. Il a même été élu contre un parti d'extrême droite.

21:31
Présentateur

Donc il n'y a aucun problème à siéger avec lui, sur le banc, à côté de lui ? Il n'y a aucun problème à dialoguer avec lui. Mais le dialogue avec lui... On peut respecter la démocratie et considérer qu'on n'est pas dans la même famille.

21:40
Jean Leonetti

On peut respecter la démocratie et considérer qu'on n'est pas dans la même famille. On peut être dans la même famille et rappeler à l'ordre ceux qui sortent des éléments de base de la démocratie.

21:48
Présentateur

Victor Orban, c'est votre famille politique ?

21:50
Jean Leonetti

Victor Orban, il a raison de défendre ses frontières et il a tort de remettre en cause l'état de droit.

21:55
Présentateur

L'Union Européenne avait raison d'enclencher une procédure de sanctions à son endroit ? Écoutez, moi je l'ai dit quand on m'a posé la question.

22:00
Jean Leonetti

Si j'avais été député européen, j'aurais voté les sanctions. Contrairement à votre...

22:04
Présentateur

Contre quelqu'un de votre famille ?

22:05
Jean Leonetti

Contrairement au numéro 1 de votre parti, contrairement à l'envoi. C'est compliqué, hein ? Je rappelle... Non, on ne dit pas des choses différentes. Vous voulez essayer de me faire dire qu'on dit des choses différentes ?

22:13
Présentateur

Vous nous êtes en train de nous dire, moi j'aurais voté les sanctions contre quelqu'un de ma propre famille, avec qui j'ai bien envie de siéger quand même sur les mêmes bancs.

22:20
Jean Leonetti

Il faut suivre. Ah ben non, il ne faut pas suivre. Un petit peu quand même. Voilà, il y a l'Allemagne, il y a la France, il y a d'autres pays. Je discute avec tous les pays qui ont été élus, avec tous les dirigeants qui ont été élus démocratiquement.

22:30
Présentateur

Mathéo Salvini, c'est l'extrême droite, on ne parle pas avec lui, mais Victor Orban, c'est la même famille politique.

22:34
Jean Leonetti

Mais Salvini, on parle avec lui, on est bien obligé de parler avec lui, c'est lui qui a été élu. Ça ne veut pas dire qu'on partage ses opinions. Au passage, d'ailleurs, M. Salvini ne siège pas au PPE, si je me trompe. Bon, M. Orban, il siège au PPE. On le rappelle à l'ordre en lui disant, oh, tu es dans l'Europe. Dans l'Europe, c'est une civilisation, c'est une culture. Je comprends très bien qu'on essaie de lutter contre l'immigration sauvage et incontrôlée. En revanche, quand tu remets en cause, tiens, revenons-y, les journalistes et la justice et l'état de droit, alors là, nous, on te dit, attention, premier avertissement.

Et ça, c'est tout à fait légitime qu'à la fois dans une famille, on soit dans cette famille-là, mais qu'en même temps, on soit capable de dire, vous êtes en train de dériver. Au passage, si on faisait la même chose dans d'autres pays, comme la Roumanie, dans laquelle l'état de droit n'est pas parfaitement respecté, eh bien là, l'Europe, elle fait son travail. L'Europe, c'est une civilisation. Pourquoi on défend des frontières ? On défend des frontières parce qu'on est une famille commune, avec une culture commune, une civilisation commune. Il nous reste une minute.

23:37
Présentateur

Les Républicains cherchent une tête de liste pour les Européennes. Est-ce que vous pouvez être cette tête de liste ?

23:40
Jean Leonetti

On n'est pas à ce stade-là. Et honnêtement, si... Vous auriez une tête de liste avant l'élection ? J'ai déjà posé les problèmes avec Laurent Wauquiez sur ce sujet. D'abord, on a approfondi notre projet. Et notre projet, on est peut-être les seuls à avoir commencé à le bâtir. À Menton, avec les 7 piliers. Aujourd'hui, on en débat dans toute la France, avec tous les Français qui veulent débattre de l'Europe. Mais vous aspirez à la tête de liste, vous ? Vous êtes un vrai Européen, ça vous... Je suis un vrai Européen, je ferai la campagne européenne. Laurent Wauquiez fera la campagne européenne. Et la liste viendra après.

24:11
Présentateur

Vous pouvez être sur la liste ou pas ?

24:13
Jean Leonetti

Tout le monde peut être sur la liste. Mais Laurent Wauquiez aurait pu être sur la liste. Il ne l'est pas. Il ne l'est pas. Mais nous verrons la liste après. Vous avez une façon de regarder les choses, si je peux me permettre, puisqu'on est dans un débat démocratique. Pourquoi est-ce qu'on va personnaliser le sujet ?

24:30
Présentateur

Il se trouve qu'il faut quelqu'un sur les affiches.

24:32
Jean Leonetti

Il se trouve qu'il faut un visage, un programme... Il faut d'abord un projet. Moi, dans ma culture, d'abord, on porte un projet. D'abord, on dit pourquoi on se bat. Et ensuite, on fait une équipe. Et vous avez noté d'ailleurs que, désormais, il n'y a plus des élections régionales. Il y a une élection nationale. Comment vous pouvez imaginer, une seconde, que Laurent Wauquiez ne sera pas impliqué, que je ne serai pas impliqué dans les élections européennes ? Et la droite française, elle est résolument européenne, à vos yeux ? La droite française, elle est européenne. Elle défend des frontières sûres et stables. Et elle défend l'idée qu'on fait tout ça.

Non pas pour se dire, on est colocataire dans un appartement et comment on va payer le loyer ? On se dit simplement, pourquoi on est ensemble ? Et on est ensemble parce qu'on est porteur d'une civilisation. Cette civilisation, elle a une base de la démocratie. Elle a une base de le respect de la dignité de la personne. Chaque fois qu'elle est atteinte, soit par le terrorisme, soit par le salafisme, soit par des atteintes à la démocratie, et bien on doit effectivement s'insurger contre et faire en sorte que ce modèle soit encore un rêve européen.

25:31
Présentateur

Merci Jean-Léonetti, vice-président délégué des Républicains, invité de France Info. Merci Renaud et à demain.