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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 25 octobre 2022 26 min

Motion de censure, interview de Nicolas Sarkozy, Convention citoyenne sur la fin de vie... Ce qu'il faut retenir de l'interview de Bruno Retailleau

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Bruno Retailleau. Bonjour Jean-Marc Valle. Finalement, le Rassemblement National a joint ses voix hier à celle de la gauche pour voter la motion de censure. Et c'est uniquement grâce aux députés de votre camp, aux députés des Républicains, que le gouvernement d'Elisabeth Borne est toujours là ce matin. Est-ce que Marine Le Pen vous a tendu un piège ?

0:21
Bruno Retailleau

Sans doute a-t-elle voulu nous tendre un piège. Ce que je veux simplement dire à nos auditeurs, c'est qu'elle a fait un coup. À quoi ça rime de mêler ses propres voix aux voix mélanchonistes ? Je veux rappeler que M. Mélenchon, c'est lui qui veut propager la haine anti-flics. Il dit que la police tue. C'est lui qui défile, il y a trois ans, en novembre 2019, à côté des organisations islamistes de France. Est-ce que c'est ça la politique ? La politique, pour moi, c'est l'honneur des convictions. Maintenant, nous, on est clairement dans l'opposition.

Je veux rappeler d'ailleurs qu'au Sénat, pendant tout le premier quinquennat, quel a été le seul môle de résistance, le seul contre-pouvoir à Emmanuel Macron en France ? C'était le Sénat. Souvenez-vous, les commissions d'enquête la plus célèbre, Benalla, la plus récente, avec les cabinets conseils. C'était le Sénat. Jamais nous avons, nous, voté, par exemple, un budget d'Emmanuel Macron.

1:11
Présentateur

Vous êtes dans l'opposition, mais vous ne demandez pas le départ d'Elisabeth Borne. Ce sera la règle pendant tout le quinquennat. Jamais vous ne voterez une motion ?

1:18
Bruno Retailleau

Non, bien sûr que non. Je veux vous dire que nous sommes résolument dans l'opposition. Et vous voterez, nous devrons, nous devrons, au cours de ce quinquennat, déposer une motion de censure. Je le pense très sincèrement. Je ne suis pas député, mais je fais confiance en mes collègues, et puis en mon ami Olivier Marlex, qui est le patron des députés LR. Mais c'est nous qui sommes les maîtres du temps. Le maître des horloges, ça n'est plus Emmanuel Macron.

1:47
Présentateur

Vous souhaitez que la droite à l'avenir dépose une motion de censure, et qu'elle soit votée par l'ensemble des forces d'opposition ?

1:52
Bruno Retailleau

Votera qui voudra. Votera qui voudra. Simplement, je pense qu'il faudra que nous montrions notre opposition. Simplement, je veux simplement dire qu'aujourd'hui, le vote du vote de censure, ce serait sans doute une dissolution. Ce serait sans doute à nouveau une majorité macroniste, même relative à l'Assemblée nationale. Et on n'aurait pas avancé d'un iota.

2:13
Locuteur non identifié

Justement, je suis un peu incompréhensible ce que vous nous dites ce matin, Bruno Retailleau, parce que vous dites, nous, on est l'opposition, on est une opposition ferme. En revanche, quand il y a moyen de renverser le gouvernement, ben non, on ne le fait pas. La dissolution, c'est ce qui vous a fait peur, en fait. La dissolution, le fait d'avoir peut-être moins de sièges si vous deviez être à nouveau en campagne, c'est ça qui vous a fait peur ?

2:31
Bruno Retailleau

Ça veut simplement dire que ça n'est pas à nous de subir le temps. On doit maîtriser le temps. Et j'estime aujourd'hui que nous ne sommes pas prêts. C'est bien la raison pour laquelle, d'ailleurs, je me suis lancé dans cette campagne pour la présidence de LR. Il faut se préparer. On est en pleine campagne. Il faut redéfinir un nouveau logiciel. Il faut tout changer dans le parti. Il faut changer nos pratiques. Il va falloir faire des nouvelles propositions aux Français. Eh bien, nous sommes dans un moment, après l'échec de la présidentielle, qui est un moment de faiblesse. Pourquoi est-ce qu'on choisirait ce moment de faiblesse pour se faire à Raquiri ? Non, nous sommes dans l'opposition.

Les députés ne votent pas le budget parce que c'est un acte politique. Mais nous choisirons le moment venu, le bon moment, précisément, pour déposer une motion de censure.

3:17
Locuteur non identifié

Alors, vous dites être dans l'opposition, mais il y en a un qui rêve de vous voir sceller à un accord politique avec Emmanuel Macron. C'est l'ancien président Nicolas Sarkozy. Il l'a dit ce week-end dans le JDD. Est-ce que vous entendez ces arguments pour cet accord politique ?

3:29
Bruno Retailleau

Non, je ne les entends pas. Je les entends. Oui, je les entends. Ça fait plusieurs mois que je les entends.

3:33
Locuteur non identifié

Vous dites que c'est pour l'intérêt supérieur du pays.

3:35
Bruno Retailleau

Bien sûr, c'est toujours pour l'intérêt supérieur du pays. Moi, je pense que, et c'est ce qui me distingue de Nicolas Sarkozy, là, il a affiché clairement, par exemple, son soutien à Emmanuel Macron pendant la présidentielle. Ce qui avait choqué et ulcéré beaucoup de nos militants. Eh bien, la différence que j'ai avec Nicolas Sarkozy, c'est que je me situe dans l'opposition à Emmanuel Macron. Pourquoi ? Tout simplement, là aussi, c'est, je pense, une divergence profonde avec son analyse. Je pense qu'Emmanuel Macron n'est pas un président de droite. Loin s'en faut. On n'est pas un président de droite quand on nomme M. Papandiaï à la tête de l'éducation nationale.

Lui qui disait, il y a seulement deux ans, que être français, c'est être blanc. Que être noir, c'est être, d'ailleurs, comme si dans la citoyenneté française, la couleur de la peau, la race, la religion avaient quelque chose à voir. Non, on n'est pas président de la République à droite. Quand on est incapable de remettre de l'ordre dans la rue, aux frontières, dans nos comptes, c'est effectivement la vraie différence que j'ai avec l'ancien président de la République. Et je l'assume. Vous avez vu la Une de Libération ce matin, Bruno Retailleau ?

4:42
Présentateur

Vous êtes en photo, vous, avec les deux autres concurrents pour la présidence des Républicains, et de l'autre côté de la Une de Libé, Nicolas Sarkozy, avec ce titre, en gros, l'emmerdeur.

4:53
Bruno Retailleau

Non, mais Nicolas Sarkozy, il a sa liberté. Il vous emmerde. Non, mais non, je trouve que... Non, c'est bienvenu. Je pense que c'est une clarification. Et je pense que si tant de Français nous ont quittés, vous vous rendez compte qu'on a perdu 10 millions d'électeurs entre 2007 et aujourd'hui. 10 millions. Pourquoi sont-ils partis ? Parce qu'ils n'ont rien compris ? Parce qu'on a tout fait de bien ? Non, il faudra qu'on fasse l'inventaire, évidemment. Et s'ils sont partis, c'est parce qu'on les a déçus. Et je pense que le moment est venu, y compris dans notre famille politique, de trancher cette question. Non, nous ne sommes pas macro-compatibles.

5:26
Locuteur non identifié

Oui, sauf que Nicolas Sarkozy, lui, il dit, il croit en la droite. Comme vous, il dit, je crois en la droite. Mais, je le cite, je ne peux accepter que nos idées soient caricaturées par des attitudes si profondément réactionnaires dès qu'un sujet de société apparaît. Je pense à l'IVG, comme au mariage homosexuel, ou même au désir d'enfant. Vous vous sentez visé quand il dit ça ?

5:46
Bruno Retailleau

Écoutez, un, je me souviens parfaitement... D'abord, personne dans notre famille politique ne remet en cause la loi Veil.

5:53
Locuteur

Personne.

5:54
Bruno Retailleau

Ni moi, ni personne d'autre. Première chose. Deuxième chose, je me souviens que Nicolas Sarkozy avait parlé, il y a quelques années, d'abrogation de la loi Taubira. Qu'il avait donné une missive, je crois, à son conseiller de l'époque, M. Buisson, pour aller porter à Benoît XVI, en 2012, alors qu'il devait se représenter pour indiquer que, lui, président, non, jamais, ce texte ne passerait. Donc, vous voyez, il faut prendre un petit peu de hauteur. Moi, je pense sincèrement que... Deux choses. La première chose, je pense que la droite doit aimer la liberté, elle doit aimer l'ordre, elle doit aimer la réforme. Il faut changer ce qu'on doit changer. Il y a plein de choses à changer en France.

La France est en déclin. Mais on doit conserver des choses. Il faut qu'on transmette notre culture, nos repères. Et c'est les Français du bas qui nous demandent de préserver, de conserver le repère. Régis Debré, je termine là-dessus, avait une excellente phrase en disant, les gens riches, vous savez, ils tiennent toujours plus à leur carte de crédit qu'à leur carte d'identité. L'identité, pour les Français du bas, vous voyez, ce patrimoine immatériel, il est important. Et moi, j'ai une autre ambition pour LR que d'en faire une simple béquille du macronisme. J'ai une ambition d'en faire justement

7:06
Présentateur

l'instrument d'une reconquête nationale. Bruno Retailleau, président du groupe Les Républicains au Sénat, candidat à la présidence du parti et l'invité de France Info jusqu'à 9h. Le fil info à 8h40 avec Marie-Mave.

7:17
Locuteur non identifié

Dans l'heure, un gendarme est mort. Cette nuit est percutée par un camion sur l'autoroute A13 près de Bouclon. Selon les informations de France Bleu Normandie, le conducteur du poids lourd a percuté 5 voitures dont 2 de la gendarmerie. Les circonstances de l'accident sont encore floues. Au Royaume-Uni, il est reçu ce matin par Charles III. Rishi Sunak devient le nouveau Premier ministre britannique. C'est le troisième en deux mois seulement. Cet ex-ministre des Finances promet d'apporter la stabilité et l'unité après des semaines de turbulences dans le pays.

Une visite attendue en Ukraine, celle de l'Agence internationale de l'énergie atomique appelée par Kiev en urgence pour démontrer que l'Ukraine ne prépare pas de bombes sales comme l'assure la Russie. Des experts seront envoyés dans les prochains jours. Et puis 800 policiers et gendarmes déployés autour du Parc des Princes à Paris ce soir pour le match qui oppose le PSG et le club israélien du Maccabi Haïfa en Ligue des Champions. Une rencontre classée à risque par 3 sur 5 3 sur 5 sur les autorités. France Info

8:16
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel Bruno Retailleau, les obsèques de la petite Lola ont eu lieu hier dans le Pas-de-Calais la semaine dernière. Éric Zemmour d'un côté et le Rassemblement National de l'autre ont organisé des rassemblements ou des hommages. Pourquoi vous n'y avez pas participé ?

8:35
Bruno Retailleau

Je n'y ai pas participé parce que c'est une ligne de force. Je suis, moi, parlementaire. Les Français m'ont confié un mandat. Et je pense que l'instrument, si j'ose dire, de mon combat à moi, c'est la loi. C'est de faire bouger la loi. Vous êtes déjà allé manifester dans votre carrière ? Oui, mais très peu. D'abord, ce n'est pas ma culture. Ce n'est pas vraiment la culture de la droite. C'est vrai. Vous voyez, je n'avais pas souhaité manifester après la décapitation de Samuel Paty.

À l'époque, j'avais fait un texte et dans ce texte, je me souviens, j'avais indiqué qu'il y a eu trop de marche et trop de recul et qu'à un moment donné, certes, on peut avoir des larmes, mais il faut aussi des armes législatives pour combattre.

9:09
Présentateur

Vous souhaitez déposer un texte pour rendre l'État civilement responsable lorsqu'un Français est blessé ou tué par un étranger qui n'a rien à faire sur le sol français. Dans quel cas, ça s'appliquerait ?

9:20
Bruno Retailleau

Pas seulement un étranger.

9:22
Présentateur

C'est ce que vous avez dit,

9:22
Bruno Retailleau

un étranger. Dans cette interview, j'étais parti aussi d'un exemple que j'avais donné d'un hôpital psychiatrique. Donc, la question, ce n'est pas ni la couleur de peau ni l'étranger, etc. La question, c'est la responsabilité.

9:34
Présentateur

C'est ce que vous avez dit

9:35
Bruno Retailleau

dans cette interview. Le mot étranger, il figure. Oui, bien sûr. Un étranger qui n'a rien à faire sur le sol français. Bien sûr, parce que j'ai caractérisé une faute. C'est la responsabilité. Je vais m'expliquer très précisément. Dans une entreprise, vous avez un salarié qui chute, par exemple, sur un chantier parce que des règles ne sont pas respectées. L'entreprise est mise en cause sur sa responsabilité. Vous avez un nid de poule sur une route départementale. J'ai présidé un conseil général, conseil départemental. Eh bien, il peut y avoir une recherche en responsabilité du département.

Et là, parce que c'est l'État qui commet une faute, puisque la fonction de l'État, c'est de protéger les Français. Il ne diligeante pas suffisamment d'actions pour faire exécuter les ordres qu'il donne. Pour être parfaitement clair, si un sans-papier tue un autre sans-papier, votre loi s'applique ou pas ? Bien sûr, bien sûr. C'est la recherche en responsabilité. Vous voyez, j'ai eu quelqu'un qui m'était cher. J'ai eu quelqu'un qui m'était cher qui était massacré par un immigré, en réalité, qui était depuis plus de dix ans sur le sol national, qui avait eu trois obligations de quitter le territoire, qui a brûlé, incendié la cathédrale de Nantes et dont la santé mentale était très précaire.

Il n'était ni expulsé, ni en prison, ni en hôpital psychiatrique. Vous voyez ? Et il a tué cet ami-là. Je pense qu'à un moment donné... Et on m'avait expliqué à l'époque qu'il n'y avait pas de faute de l'État. On m'avait expliqué que finalement, l'État avait fait ce qu'il avait à faire. Non, l'État n'est pas intouchable. Et je pense que si on portait cette idée, cette cause de la responsabilité de l'État, peut-être que l'État protégerait mieux les Français.

11:07
Locuteur non identifié

Si c'est un Français qui tue un étranger,

11:10
Bruno Retailleau

à un papier... Mais c'est pareil.

11:11
Locuteur non identifié

C'est pareil.

11:12
Bruno Retailleau

La responsabilité de l'État s'applique aussi ? Non. La responsabilité de l'État ne tient pas à la couleur de peau ou au caractère. C'est le fait que l'État n'ait pas diligenté ce qu'il avait à faire. Mise en cause ou la responsabilité, c'est quand on faillit en réalité à l'objectif qu'on recherche. On doit, par exemple, l'État, son rôle est de protéger les Français. Lui-même a frappé un individu d'une obligation de quitter le territoire et il ne fait rien pour que cet individu... Alors concrètement,

11:39
Locuteur non identifié

ça va se traduire par quoi ? Décider que l'État est responsable ? C'est quoi ? C'est finalement des déménagements pour la famille de la victime ?

11:46
Bruno Retailleau

Je prends un exemple qui m'avait choqué, très concret. Est-ce que vous vous souvenez des deux jeunes filles de la même famille qui ont été assassinées près de la gare Saint-Charles à Marseille ? C'était un fiasco. Il y avait une cascade d'irresponsabilité de l'État. Cette famille-là est allée rechercher la responsabilité de l'État au tribunal administratif. Que croyez-vous qu'il arriva ? La famille a été déboutée. Vous trouvez ça normal, vous ? Que tout le monde soit responsable en France quand il y a un pépin, quand on commet une faute et que l'État ne soit pas civilement responsable ? Ce n'est pas ma conception de la responsabilité publique. Ce n'est pas ma conception de la démocratie.

La démocratie, c'est aussi de rendre des comptes.

12:26
Présentateur

Vous avez, pour expliquer les raisons d'aide de cette loi que vous souhaitez mettre en place, vous avez dit qu'il y a aujourd'hui en France une forme de non-assistance à français en danger. Vous dites la même chose qu'Éric Zemmour avec son francocide. Non, non, non.

12:39
Bruno Retailleau

Une forme de non-assistance

12:41
Présentateur

à français en danger.

12:42
Bruno Retailleau

Le mot, le terme français pour moi est un terme générique. Exactement. C'est-à-dire qu'il inclut les étrangers ? Non, mais le mot français, j'ai expliqué. dans la même interview et j'ai pris l'exemple d'un hôpital psychiatrique où, par exemple, un français part d'un hôpital psychiatrique, il est, si j'ose dire, libéré alors qu'il est fou dingue, qu'il est dangereux, il peut tuer un étranger. Il y a une responsabilité tout pareille pour moi, vous voyez ? Voilà. Le mot français, c'est générique. Voilà. Ce n'est certainement pas le terme de francocide. que l'étranger soit victime dans le même interview

13:14
Locuteur non identifié

ou accusé. En tout cas, il y a la responsabilité qui peut être engagée.

13:18
Bruno Retailleau

C'est la question de la responsabilité de l'État. L'exemple que je vous donne, il est clair quand même. Vous pouvez me chercher des poux dans la tête, mais l'exemple de cette famille qui perd deux filles avec un étranger qui aurait dû être en centre de rétention administrative, qui ne l'est pas, la famille recherche en responsabilité l'État et on lui dit circuler, il n'y a rien à voir. Et entre-temps, ils ont perdu deux filles qui ont été assassinés par un islamiste dangereux, un terroriste et on dit que tout était bien fait. Non mais de qui se moque-t-on ? Vous croyez que les Français vont supporter ça longtemps ? Moi, je suis législateur, je dois faire avancer la loi.

13:53
Locuteur non identifié

L'une des questions qui a été soulevée par l'assassinat de la petite Lola, c'est le respect des OQTF, des obligations de quitter le territoire parce que la principale suspecte du meurtre de Lola faisait l'objet d'une OQTF. Donc, vous, qu'est-ce que vous feriez de plus que Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, pour renvoyer les sans-papiers, les clandestins chez eux ?

14:12
Bruno Retailleau

D'abord, je veux redire qu'il y a trois ans, Emmanuel Macron a pris un engagement. Il y a trois ans, c'était dans un hebdomadaire, en indiquant qu'il souhaitait que 100% des OQTF puissent être accomplis. C'est un souhait. Exécutés. Non, non, je dis moi, il a pris cet engagement. Moi, ce que je pense, c'est un, assumer le bras de fer avec les pays, notamment du Maghreb, qui ne donnent pas de laisser passer consulaires. Et s'ils refusent, on fait quoi ? Comment on fait ? Si on le refuse, on fait deux choses. On baisse drastiquement, on baisse drastiquement les visas. Première chose.

14:46
Locuteur non identifié

Ça a déjà été fait, ça ?

14:47
Bruno Retailleau

Oui, mais c'était fait, mais il y a eu, comme par hasard, au premier semestre 2022, après justement la restriction des visas, une remontée du taux d'exécution des OQTF. un visa pour les pays qui refusent de délivrer des... On leur fait payer une facture. On leur fait payer une facture puisqu'on a, dans ces pays-là et dans d'autres pays, on a des systèmes d'aide humanitaire. Bien. Je pense que, là aussi, il faut agir sur la réciprocité. On coupe les crédits de l'aide humanitaire. On fait payer une facture. En tout cas, on les réduit. On engage un bras de fer. Première chose. Deuxième chose, on voit bien que l'éloignement est une chose très compliquée.

Ce qu'il faut, c'est éviter le maximum les flux incontrôlés de l'immigration sur notre territoire. Il faut, un, arrêter les pompes aspirantes. Voilà. Didier Leschi, le patron de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a fait un ouvrage que nous dit-il que nous sommes le pays en Europe, la France, le pays le plus avantageux sur le droit d'asile, sur l'accès aux soins gratuits pour les clandestins ou encore sur le groupement familial. Donc, on arrête les pompes aspirantes comme le font les autres pays européens.

Et enfin, je pense qu'on doit compléter la loi et je crois que quelqu'un qui rentre de façon irrégulière sur le territoire français doit savoir que jamais il ne sera régularisé. Parce que sinon, c'est une incitation. Je pense qu'il faut tarir les faits. Jamais, même au bout de 10 ou 20 ans de présence sur le sol français par principe. Mais on ne doit pas, justement, c'est là qu'il y a le problème.

16:09
Présentateur

Il faut agir avant. C'est pas toujours comme ça. Quand on entre sur le sol français, on ne sait pas toujours si on va être un jour régularisé ou pas. Il faut, oui,

16:15
Bruno Retailleau

mais justement, je pense que quand on rentre, quand moi je suis favorable, par exemple, à ce qu'il y ait à nouveau, c'est François Hollande qui l'avait supprimé, la pénalisation du séjour irrégulier. Je sais qu'il y a des jurisprudences sur cette question-là, mais je pense qu'il faut les affronter. C'est-à-dire qu'on les envoie en prison plutôt qu'en centre de rétention administratif. Mais je pense qu'il faut en tout cas les retenir soit en prison ou soit évidemment dans un centre de rétention pour pouvoir ensuite les expulser. Et si on ne le fait pas, on ne maîtrisera jamais.

16:43
Locuteur non identifié

Même ceux qui n'ont pas fait de délit et qui ne sont pas recherchés par la police, vous vous dites, dès qu'on voit un clandestin, on doit le mettre en prison.

16:51
Bruno Retailleau

Avant 2012, avant 2012, le fait d'être en séjour de façon illégale, irrégulière en France, c'était un délit. Oui. Voilà. Bien, je pense que François Hollande, la gauche, l'avait donc abrogé. Moi, je souhaiterais le remettre en action.

17:06
Présentateur

Bruno Retailleau, vous restez avec nous la suite de cet entretien. Dans un instant, le temps du Filinfo à 8h50 avec Marie Maë.

17:11
Locuteur non identifié

C'est trois fois non à l'Assemblée nationale. Les motions de censure de la NUP et du RN ont été rejetées hier, même si le Rassemblement national a soutenu l'une des motions de la gauche. Les Républicains n'ont pas voté ces motions, mais nous sommes résolument dans l'opposition, assure ce matin sur France Info le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau. Comment mieux sécuriser la pratique de la chasse ? Le gouvernement annonce aujourd'hui son plan d'action. Parmi les mesures envisagées, le délit d'alcoolémie. Pas plus de 0,5 g d'alcool par litre de sang, comme pour les automobilistes.

Les 27 ministres de l'énergie européens se réunissent aujourd'hui pour affiner l'accord de principe trouvé la semaine dernière sur la flambée des prix de l'énergie. Au cœur des discussions, notamment le plafonnement partiel et temporaire des prix du gaz. Et puis le soleil à rendez-vous avec la lune aujourd'hui. Éclipse solaire, mais partielle seulement, surtout chez nous. En France, ce sont les Alsaciens qui pourront le mieux en profiter. Le pic de cette éclipse est attendu vers Mehdi 10. France Info

18:10
Présentateur

Le 8.30 France Info Salia Brakia Marc Fauvel

18:14
Locuteur non identifié

Toujours avec Bruno Rotaillot, le président du groupe Les Républicains au Sénat et candidat à la présidence du parti Les Républicains. La Convention citoyenne sur la fin de vie doit commencer ses travaux début décembre. 150 citoyens tirés au sort sont appelés à débattre. A l'issue de cette convention, il pourrait être décidé de légaliser l'aide active à mourir. Est-ce que vous êtes prêts, vous, à aller dans la rue contre le projet d'Emmanuel Macron ?

18:37
Bruno Retailleau

J'ai beaucoup de réticences. On va voir comment le débat va évoluer. La première chose qu'il faut faire, la première chose à faire, c'est faire en sorte que dans les 26 départements, France aujourd'hui, qui ne disposent pas de services de soins palliatifs. Et ça concerne plus de 150 000 Français qui arrivent au crépuscule de leur vie et qui ne vont pas pouvoir bénéficier de ces soins palliatifs. La première chose à faire, c'est de faire en sorte qu'on puisse mettre ces soins palliatifs à la portée de chaque Français. De chaque Français. Vous vous dites en fait

19:08
Locuteur non identifié

qu'il faut déjà bien appliquer la loi qui existe.

19:09
Bruno Retailleau

Mais bien sûr, elle n'est pas appliquée. Et malheureusement, des personnes aujourd'hui meurent dans la souffrance. Alors que la loi nous permet de soulager la souffrance avant de mourir, d'endormir. en réalité. Endormir avant de mourir. On sait très bien que ça peut précipiter la mort. Mais ça ne donne pas la mort. Le fait d'autoriser par la loi quelqu'un donner la mort, alors là, en Francie, je trouve un cap. On parle souvent de la Belgique, on parle du Canada qui sont les pays qui vont le plus loin dans l'euthanasie. C'est intéressant de remarquer que sur l'échelle, le classement pour les soins palliatifs, la Belgique, par exemple, a reculé de 11 places. Le Canada de 16 places.

On voit bien... On ne sait pas faire les deux en même temps ? Je crois que... Apparemment, non. Apparemment, et la question que je pose est la suivante. C'est qu'à partir du moment où vous autorisez l'euthanasie, beaucoup de mourants se diront, voilà, je suis une charge pour la société, je suis une charge pour mes proches, il faut peut-être que j'en finisse. Pas tellement parce qu'eux-mêmes voudraient partir, mais pour ne pas être cette charge-là, ce poids vis-à-vis de leur corps. Il faut une clause

20:15
Locuteur non identifié

de conscience pour les médecins si l'euthanasie

20:17
Bruno Retailleau

est légalisé en France ? Attendez, oui, si ça devait être légalisé, moi je ne le souhaite pas, mais il faut bien entendu cette clause de conscience, évidemment. Mais vous voyez, c'est quelque chose d'extrêmement grave et attention, moi je suis favorable à une éthique de la vulnérabilité, de la fragilité. N'abandonnons pas ceux qui arrivent justement au terme de leur vie. Il faut qu'ils sentent une main qui va les accompagner plutôt qu'une main qui pourrait leur donner la mort. C'est ça qu'il faut s'y promouvoir.

20:44
Présentateur

Pardon, vous avez été pendant des années, Bruno Retailleau, le bras droit de François Fillon, son ami politique, son ami en dehors de la politique aussi. Est-ce que ça fait de vous aujourd'hui encore un soutien de la Russie et de Vladimir Poutine ?

20:55
Bruno Retailleau

Non, non, vraiment, franchement, je suis intervenu à plusieurs reprises pour dénoncer celui que j'ai appelé le Tsar Rouge. Voilà, moi je... Vous avez comme beaucoup dans la classe politique changé d'avis

21:06
Présentateur

sur cette question. Vous étiez par exemple contre les sanctions décidées par François Hollande

21:11
Bruno Retailleau

après l'annexion de la Crimée. Qui pouvait franchement, qui pouvait imaginer hier des colonnes de chars russes fonçant sur Kiev ? Personne. Il y a eu des colonnes de chars russes envahissant la Crimée. Dans ma famille, dans ma famille politique en 2014, dans ma famille politique, franchement, le gaullisme, c'est cette idée d'une grande Europe jusqu'à l'Oural. C'est cette idée qu'on doit parler y compris à l'époque avec Mao Tse-Tung. Y compris avec les autres Tsars Rouges. Donc voilà, je pense qu'il faut assumer. Moi, je viens du souverainisme. Et je crois plus que toute autre chose que la souveraineté des nations, la liberté d'un peuple, c'est sacré.

21:51
Présentateur

Vous n'avez pas été aveuglé par votre proximité avec François Fillon qui lui-même a été jusqu'au déclenchement de la guerre en Ukraine, membre de plusieurs grandes entreprises du Conseil d'administration, plusieurs grandes entreprises russes.

22:01
Bruno Retailleau

Non, j'ai toujours pensé qu'il fallait rechercher la paix. Et d'ailleurs, dans la mauvaise querelle qu'on cherche au président de la République, j'ai toujours indiqué que certes, il n'y avait pas eu beaucoup de résultats à ces dialogues avec M. Poutine, mais je n'ai jamais caractérisé comme une faute ce que d'autres pays européens ont fait, le fait qu'ils recherchent la voie d'un apaisement. Quand on est français, on veut la paix, on veut le dialogue. C'est traditionnellement la diplomatie française.

22:26
Locuteur non identifié

Donc, le fait de garder le contact avec Vladimir Poutine et les sanctions, vous les validez aussi ?

22:30
Bruno Retailleau

Bien sûr, bien sûr. À la tribune du Sénat, j'ai même appelé à ces sanctions-là. Je ne connais pas leur efficacité. Je pense que l'efficacité qu'elles ont en premier lieu, c'est en tout cas le non-renouvellement, de ne pas permettre le renouvellement des armes endommagées, des armes les plus sophistiquées et endommagées de la Russie. Si vous gagnez... Pardon, Salia,

22:51
Locuteur non identifié

je vous laisse la poser. Tu peux y aller.

22:52
Présentateur

Si vous gagnez la présidence des Républicains, Bruno Rotailleau, est-ce que ça fera de vous le candidat naturel de la droite pour la prochaine élection présidentielle ? Ou est-ce qu'au contraire, vous prendrez l'engagement en disant je prends le parti mais ça ne sera pas moi pour l'Elysée ? Je vois,

23:05
Bruno Retailleau

puisqu'il y a un des candidats qui dit il faut désigner le candidat.

23:08
Présentateur

Eric Ciotti a dit si je suis élu,

23:09
Bruno Retailleau

c'est Laurent Wauquiez qui sera désigné tout de suite, dès l'année prochaine. Écoutez, moi je pense que c'est une erreur. C'est une erreur pour le parti et c'est une erreur pour le candidat. C'est une erreur pour le parti parce qu'à nouveau, à droite, ça c'est les personnalités, les égaux avant les idées. Or je pense qu'on a un travail de fond à faire. Il faut redéfinir un logiciel et je sais parfaitement qu'on s'abandonnera à notre paresse intellectuelle si on désigne un candidat trop tôt. Mais c'est aussi une erreur pour lui. Il a Laurent Wauquiez évidemment toutes ces qualités qu'il pourrait demain faire de lui notre candidat pour 2027. Sauf qu'il y a les Europènes en 2024.

J'espère qu'on va se reconstituer. Si jamais on trébuche, on peut toujours trébucher dans la vie et encore plus dans la vie politique. Eh bien, on électrocutera notre candidat qui aurait été désigné un an avant. Donc, ce que je propose moi, c'est que un, d'abord, il n'y a plus de primaire. Voilà. Et du coup, qui décide ? Éliminez les primaires il y a quelques mois dans nos statuts. Et deux, je propose de le désigner après les Européennes, très rapidement après les Européennes et ce sera pour moi les militants. Je ne veux pas que ce soit l'échapeau à pleine. Donc,

24:16
Présentateur

une primaire fermée, enfin réservée

24:18
Bruno Retailleau

aux 60 000 militants de parti. Les adhérents, les adhérents, je me bats moi pour rendre le parti à ses adhérents. Je pense que notre parti est trop centralisé et un adhérent, ce n'est pas un distributeur de tracts, ce n'est pas un colore d'affiches. Un adhérent doit avoir un bulletin de vote. Voilà. Il y a quelqu'un ce matin

24:33
Présentateur

dans les colonnes de Libération qui n'est pas cité en off, comme on dit dans l'article de Libération consacré à votre parti qui dit aujourd'hui les Républicains, ça représente en nombre, la moitié du nombre de joueurs de la Fédération française de Badminton. 60 000 seulement, des primaires à 60 000, est-ce que ça a un sens ?

24:49
Bruno Retailleau

Attendez, regardez la Grande-Bretagne. Aujourd'hui, il change de Premier ministre tous les 15 jours. Qui désigne le Premier ministre ces 170 000 militants ? Et le résultat, c'est que ça change régulièrement. C'est plus que nous. Non, mais pour d'autres raisons. Ce que je veux dire, c'est qu'on sera autour de 75 000 ou 80 militants. Vous savez, il n'y a pas beaucoup de partis en France qui sont capables de réunir ses adhérents. Et moi, justement, en redonnant le parti aux adhérents avec un vrai bulletin de vote, avec des référendums internes, y compris des référendums militants, je compte bien élargir notre parti.

Je veux faire un parti à la fois populaire, patriote, parce que quand on est militant de droite, on est militant de la France et ce parti aura vocation à rassembler tous les électeurs de droite. Merci beaucoup,

25:29
Présentateur

Bruno Retailleau, toutes mes amitiés, évidemment, à tous les joueurs de badminton qui nous écoutent et qui nous regardent. Bonne journée à vous.