Budget : les entreprises trop gâtées ?
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Faire payer les riches, mettre les entreprises à contribution pour établir les comptes publics. Ce sera sans doute des slogans que l'on va entendre demain dans les cortèges dans cette journée de mobilisation.
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Vous publiez un livre dans lequel vous démontrez que la dérive des années Macron c'est la flambée des aides aux entreprises dont le montant annuel représente 270 milliards.
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Pourquoi dites-vous que ces aides sont sans contrôle ?
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Est-ce que c'est pas le cas pour toute subvention publique ? Est-ce qu'il y a systématiquement un contrôle de l'efficacité de l'argent public ?
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Vous donnez des exemples concrets comme Michelin qui a reçu 4,3 millions et délocalisé. Pouvez-vous détailler ?
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Bonsoir à toutes et à tous. Bienvenue dans l'air. Faire payer les riches, mettre les entreprises à contribution pour établir les comptes publics.
Ce sera sans doute des slogans que l'on va entendre demain dans les les cortèges dans cette journée de mobilisation. Avec nous pour en parler ce soir, Caroline Michel Aguir, vous êtes grand reporter à l'heomadaire le Nouvels. Vous publiez avec Mathieu Aron le grand détournement publié chez Alari édition.
Un livre dans lequel vous démontrez après une longue enquête que la dérive des années Macron c'est selon vous la flamb des aides aux entreprise dont le montant annuel représente et c'est le chiffre que vous donnez dans cette enquête 270 milliards. Alors vous dites tout simplement que les actionnaires, que les multinationales ont fait un holdup organisé sans contrôle au détriment des contribuables. Oui, tout à fait.
En fait, l'histoire, notre enquête commence, on suit l'argent public, on se demande où va l'argent de nos impôts. Nous qui sommes tellement imposés, on voit bien que les services publics souffrent et que la dette explose. Donc, on se demande où va l'argent.
Et en fouillant dans les livres, les rapports, tout ce qu'on tout ce qu'on trouve qui documente ça, on se rend compte qu'il y a une ligne qui n'est jamais renseigné en tant que tel, c'est celle des aides aux entreprises. Et le chiffre de 270 milliards d'euros que vous citez, on l'a reconstitué comme un puzzle en allant chercher dans les différents documents les lias du budget, mais aussi des rapports faits par des universités indépendantes, des organismes. Il y avait eu un rapport du Sénat qui avait dit 211 milliards.
Vous êtes au-delà. Absolument. La différence entre nous et le Sénat, ça tient à des détails techniques.
Par exemple, le Sénat il ne prend pas les exemptions fiscales. Vous savez, il y a eu des tas de développement de primes ou qui ne sont pas soumis à cotisation patronale, ça ils ne le prennent pas. Et puis les subventions, c'est un tel maquiifs qu'il est très difficile de tomber sur un chiffre commun.
Pourquoi vous dites sans contrôle ? On si on cherche, on sait où va l'argent. Alors en fait ce qu'on dit c'est qu'il y a des critères pour toucher les aides, mais ce qu'on dit c'est que ce sont des chèqus faits à l'aveugle.
C'est-à-dire que une fois que vous avez touché, et c'est tout à fait légal hein, il n'y a rien d'illégal là-dedans, une fois que vous avez touché votre aide ou votre exération fiscale ou profitez de votre niche fiscale, personne ne va voir d'abord, il y a pas de conditionnalité. Si vous délocalisez, on a des exemples, on pourra en parler. Si vous versez beaucoup d'argent à vos actionnaires, si vous faites des profits mirobolants, vous touchez quand même ces aides.
Et pardon, est-ce que c'est pas le cas pour toute subvention publique ? Est-ce qu'il y a systématiquement un contrôle de l'efficacité de l'argent public ? Si on met de côté les entreprises, est-ce que c'est pas un mode de fonctionnement ?
En tout cas, c'est pas le cas à l'étranger. Par exemple, si vous êtes en Espagne ou en Italie, vous touchez une aide publique, vous licencier, vous remboursez. D'accord ?
Donc ça, mettre des critères, une conditionnalité, c'est tout à fait possible. Et je dirais que le gouvernement, ce gouvernement est tout à fait capable de le faire quand il veut. Par exemple, dans France 2030 qui est un des dispositifs, euh l'État avait dit "On prend décarboner les 50 sites les plus polluants.
L'argent a été utilisé pour décarboner. Quand on se donne un objectif, on peut le tenir, on peut vérifier, on l'a rempli." Alors, effectivement, vous donnez des exemples concrets, l'exemple de Michelin qui a reçu 4,3 millions et délocaliser les machines financées par les impôts français hors de France.
Exactement. Là pour le coup, on se dit c'est une entreprise qui ne joue pas le jeu. En fait ce qui se passe, ça se passe à l'époque du CICEC.
François Hollande, c'était la première mouture des exonérations de cotisation patronale. Michelin dit "Je vais l'utiliser pour utiliser pour acheter pardon h machin donc pour investir dans mon usine de vendé." Il se trouve que au moment où elle touche l'argent, elle a décidé l'entreprise de fermer l'usine de vendé.
Donc elle a ses machines outil. Il y en a quatre qui ont été installés mais quatre qui en fait vont partir en Roumanie et en Espagne. Encore une fois Michelin, on avait tout à fait le droit.
Mais est-ce que c'est bien le but ? Puisque ces cotisations patronales, c'est ça qu'il faut avoir en tête. Euh c'est pour ça parce qu'après on peut se dire on peut se dire on est d'une entreprise après euh c'est plus du registre du public d'assumer la gestion et les choix d'une entreprise privée.
C'est du registre de l'État d'être sûr que euh l'argent est bien utilisé utilisé de manière efficace et de voir ce qui marche et ce qui ne marche pas et peut-être de nous on dit pas du tout qu'il faut arrêter d'aider les entreprises mais peut-être de réorienter sur ce qui est le plus efficace. Le 2e sujet sous-jacent, c'est que ces exonérations de cotisation patronale, il a bien fallu que quelqu'un les paye. C'est il y a pas d'argent magique.
Donc c'est l'État qui s'est nos impôts qui se sont substitués à ce que les cotisations patronales payaient avant. Et ça ça a complètement déstabilisé le modèle social puisque c'est maintenant la TVA qui est utilisée pour moitié pour compenser ce que les employeurs ne payent plus via les cotisations patronales et pour le reste pour payer la santé, l'éducation, les hôpitaux. Je je je je reprends juste le logiciel de la politique de l'offre de de du gouvernement qui était dit oui mais comme ça si on on fait des exonérations de cotisation sociale on baisse le coût du travail donc on va pouvoir embaucher et le le chômage a baissé il est à 7 mais il a baissé alors c'était une paris de départ vous avez complètement raison on baisse le coût du travail donc les entreprises vont pouvoir gagner des parts de marché produire davantage.
Ce qu'on sait aujourd'hui grâce à des études qui ont été faites par ces organismes indépendants, c'est que ça marche au début. Ça a marché au début mais ce dispositif il a 10 ans. Donc au début on a eu la création de 100000 emplois avec des effets un petit peu pervers parce que ça bloque les salaires au niveau plus bas parce que quand vous sortez de cette zone là, c'est des cotisations patronales plein pot et donc les patrons hésitent et c'est normal parce que ça fait un bon pas possible.
Donc c'est efficace euh à court terme mais pas à long terme. Et par ailleurs sur les 2,2 millions d'emplois créés, ce chômage à 7,5 %. Ça aussi on sait aujourd'hui qu'il y a 1 million d'apprentis donc subventionnés qui nous coûtent de l'argent.
Et pour le reste, il y a beaucoup d'autoentrepreneurs, d'emplois précaires et donc des gens d'abord qui ne vivent pas correctement euh de leur travail et qui ne participent pas à la consommation, donc à la TVA, donc aux recettes fiscales. Caroline Micheler, je voudrais que vous écoutiez euh Dominique Carlac donc membre du MEDEF, chef d'entreprise et elle vous répond en quelque sorte. invité hier sur ce plateau.
On confond aide aux entreprises à on voudrait induire que l'argent public va dans la poche des patrons alors qu'en réalité l'argent public d'abord un il va pas dans la poche des patrons mais des entreprises pour faire quoi ? Pour faire des projets dans lesquels les entreprises de toute façon investissent plus majoritairement que l'aide qu'elles reçoivent. Elle dit "C'est vertueux, on nous donne de l'argent mais on en fait bon usage.
Arrêtez de penser qu'on le met dans notre poche." C'est vrai dans certains cas mais il y a des tas d'exemples où ça n'est pas vrai. Quand une entreprise est extrêmement rentable, prenons LVMH.
Voilà, c'est une entreprise que tout le monde connaît. 15 milliards d'euros de bénéfices en 2023, 260 dont 3 milliards de dividendes versé en 2023 toujours à Bernard Arnaud et à sa famille. 275 millions d'euros d'aide public en grande partie pour 193 millions euh des exonérations fiscales.
Est-ce que c'est bien utile ? Un autre exemple qui va, c'est un des plus grands groupes français qui rayonne dans le monde entier, qui crée des emplois et que le l'État français veut aider. Mais pourquoi ?
Pourquoi l'aider finalement ? Puisqu'elle vit très bien sans nos impôts ? On pourrait peut-être aider des entreprises, des PME, des start-ups innovantes qui en ont vraiment besoin.
C'est un autre exemple. Ouais. Prenons le crédit impôt recherche.
Crédit impôt recherche. Sanofi 100 millions d'euros par an, 1 milliard en 10 ans. H 3200 postes de chercheur en moins.
Est-ce que l'argent public versé pour financer la recherche de Sanofi a été bien utilisé quand on a réduit le nombre de production et on peut ajouter le Dolipran et les délocalisations de production. Mais quand on se compare, quand on voit par exemple ce que font les États-Unis, ce que font la Chine qui subventionne à mort leur industrie, leur économie, euh comment est-ce qu'on lutte face à des modèles comme ceci ? Il y a pas il y a pas cette lecture là euh dans d'autres puissances économiques.
Alors, d'abord, on arrête de faire de ce sujet-là un tabou, on en parle. C'est-à-dire que là aujourd'hui, j'ai l'impression qu'on est en train de dire on fait le procès aux entreprises. En fait, pas du tout. on interpelle la puissance publique et la manière dont elle m d'abord il faut pas que ce soit un tabou on parle et on cherche ce qui est efficace des contreparties par exemple de dire c'est ce que demandent les partenaires sociaux les syndicats de salariés ils disent très bien les aides aux entreprises mais demandons des contreparties évidemment et dont les entreprises qui en ont vraiment besoin et je vous dirais mettons le paquet sur les entreprises qui en ont vraiment besoin donnons-nous des objectifs sectoriels.
Regardez l'Espagne aujourd'hui qu'on nous montre en en exemple qu'est-ce qu'a fait le gouvernement espagnol ? Il a dit on met le paquet sur le numérique sur la transition écologique. Voilà l'argent n'est pas éparpillé, disséminé.
C'est ça le problème. Pensez que vous dites il faut aborder ce débat de manière apaisée. Est-ce que vous pensez que la classe politique est prête à le faire ?
Vous changez vous sentez les choses bouger sur ce sujet-là ? Ce que je trouve regrettable, c'est que on se focalise sur la taxation des ultra riches qui est un sujet, mais une partie des sujets. Il nous manque la vision d'ensemble.
Quel est le projet et pourquoi faire ? Où est-ce qu'on veut être fort ? Comment on répond à aux États-Unis et aux Chinois ?
Ce sont ça les définis. En tout cas, c'est une enquête passionnante. Le grand détournement, comment milliardaire et multinational capte l'argent de l'État et c'est publié chez Alar édition.
Merci d'être venu sur ce plateau Caroline. Dans un instant, on retrouve les experts de ces dans l'air. Nous allons poursuivre un peu notre discussion.
On parlait de tax et les riches. Nous allons revenir sur la mobilisation sociale de demain.