2005-2020 : Mélenchon dénonce "l'arnaque européenne"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Jean-Luc MélenchonFait
« À chaque fois on a voulu faire l'Europe sans demander l'avis des peuples. C'est-à-dire qu'on a fait l'Europe d'une manière a-démocratique, et des fois anti-démocratique. »
- 4:00Jean-Luc MélenchonFait
« Les Français ne veulent plus de ce modèle de construction de l'Europe, le modèle libéral. »
- 5:00Jean-Luc MélenchonFait
« Nicolas Sarkozy est responsable plus qu'un autre, du désastre actuel, et ici dans cette salle, comme dans le pays, personne n'a jamais admis que le NON des Français de 2005, soit bafoué et piétiné. »
- 6:00Jean-Luc MélenchonFait
« Le traité de 2005 qui dit qu'il ne peut pas y avoir d'harmonisation sociale, qu'il ne peut pas y avoir d'harmonisation fiscale. »
- 7:00Jean-Luc MélenchonFait
« L'Union européenne n'a aucune vision sur le futur. L'Union européenne est incapable d'interrompre cet énorme pillage, qui se déroule sous la forme de la fraude fiscale. »
- 8:00Jean-Luc MélenchonFait
« L'Union européenne n'a aucun projet de civilisation, seulement de garantir la rente, à ceux qui ont un capital, quel que soit le prix de cette garantie. »
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– Rien, jamais dans un pays libre ne doit brider la libre conscience. Osez vous battre ! La fatalité néo-libérale n'est pas invincible. – Une affluence record hier soir à la Maison du Peuple de Clermont-Ferrand.
Près de 2000 personnes avaient fait le déplacement. En tête d'affiche : Jean-Luc Mélenchon et Olivier Besancenot, accompagnés d'élus régionaux qui, à 9 jours du référendum, sont venus développer leurs arguments en faveur du "non". – À chaque fois on a voulu faire l'Europe sans demander l'avis des peuples.
C'est-à-dire qu'on a fait l'Europe d'une manière a-démocratique, et des fois anti-démocratique. Et chaque fois, on l'a fait de cette manière-là, parce que si par hasard on demandait son avis au peuple, alors le peuple, il tranche simplement, lui. (Applaudissements]) .
Il fait une politique de solidarité, il fait une politique de partage, il fait une politique d'amour. (Applaudissements) . Et ce qui est prévu pour la suite, c'est que le peuple ne s'en mêle pas.
Et il ne faut pas que le peuple s'en mêle parce que précisément, il s'agit de prolonger et d'aggraver les inégalités, qui font que les uns jouissent et les autres pâtissent. On n'a pas honte de vous dire que l'on n'aime pas le monde que vous nous proposez. On n'aime pas vos valeurs.
On n'aime pas cette compétition de tous contre chacun. (Applaudissements) . – Il est 21h 59min et 55 secondes, les Français rejettent la Constitution européenne.
Le "NON" l'emporte largement 55%, contre 45 % pour le "OUI". Un écart donc très important. – (voix off) : Et puis il y a aussi un phénomène sociologique, le "NON" est populaire, il enregistre près de 60% chez les salariés, près de 80% chez les ouvriers. – C'est une soirée dont on se souviendra, la victoire du "NON" est incontestable. – Il faut que les peuples d'Europe sachent, que les Français ont dit "non" à UNE Europe, l'Europe libérale, ils n'ont pas dit "non" à toute l'Europe.
Les Français ne veulent plus de ce modèle de construction de l'Europe, le modèle libéral. Par conséquent ça vaut aussi pour Monsieur Sarkozy, qui ferait bien de remballer tout de suite sa marchandise, car s'il n'a pas compris que ce soir, ce que viennent de dire les Français, c'est : nous ne voulons pas du libéralisme, C'est décidément que ces gens-là sont incorrigibles. – On en vient à l'Europe, les 27 pays ont donc signé officiellement le Traité de Lisbonne aujourd'hui.
Le texte définit le cadre et les règles de fonctionnement de l'Union, il remplace donc la Constitution repoussée, il y a 2 ans et demi, par référendum… (voix off) : les Français rejettent la Constitution européenne. (voix off) : 29 Mai 2005 - 13 Décembre 2007, depuis le jour où la France a dit "non" à la Constitution européenne, il aura donc fallu 2 ans et demi pour passer d'un traité à l'autre, pas si différent sur le fond. Sur 27 pays, seule l'Irlande a prévu un référendum, tous les autres passeront par la voie référendaire (sic) , moins de risques de rejet, aujourd'hui on a manifesté au Portugal et en France.
Ceux qui avaient dit NON à droite comme à gauche, sont furieux. – Nicolas Sarkozy est responsable plus qu'un autre, du désastre actuel, et ici dans cette salle, comme dans le pays, personne n'a jamais admis que le NON des Français de 2005, soit bafoué et piétiné, et que ce soit le représentant des Français, qui ait lui-même commis ce mauvais coup. Nous n'avons jamais admis la légitimité du Traité de Lisbonne.
Et il se trouve que Président de la République française, je ne suis pas un passant dans la rue, nous sommes la 2ème puissance du continent, donc notre pays est engagé, hélas par un président qui signe des traités et par des socialistes qui les laissent passer, par conséquent, nous allons commencer par voter. Nous demanderons aux Français, s'ils souhaitent oui ou non, qu'on applique le traité. Le traité qu'aura signé Monsieur Sarkozy, je n'y peux rien, ce sera le traité qui sera sur la table donc nous demanderons aux Français, et si les français disent oui, le traité s'appliquera.
Mais si les Français disent non, cette fois-ci le traité ne s'appliquera pas. Et moi j'irai voir les autres pays en leur disant, écoutez, nous la France, 2ème économie du continent, 5ème puissance du monde, 1ère population, nous vous disons : écoutez, nous ne sommes pas d'accord donc il faut que l'on re-discute. La seule manière d'obliger à la re-discussion, c'est l'intervention populaire, et le vote des Français, dans une situation que, que voulez-vous, je n'ai pas voulue, mais dont j'hériterai, et la seule réponse que j'ai, c'est la démocratie.
La souveraineté du peuple, telle est la grande question qui dorénavant va occuper toute l'Europe qui se voit une nouvelle fois engagée dans une entreprise qui commet la même erreur qu'aux précédentes saisons de l'histoire, c'est qu'on la construit sans les peuples et sans la démocratie. Il y a 10 ans, le peuple français a donné son avis et deux dirigeants, Nicolas Sarkozy et François Hollande, se sont accordés pour que le "non" des Français se transforme en un "oui", c'est-à-dire que le texte qu'ils avaient rejeté, ils l'ont quand même fait adopter au Congrès à Versailles, et je dis la main dans la main, parce que sans les voix du Parti Socialiste de l'époque, Nicolas Sarkozy était obligé de retourner à un référendum, donc depuis 10 ans, l'Europe est illégitime en France. Vous prenez le problème par le bout que vous voulez – Ça veut dire quoi que l'Europe est illégitime ? – Ça veut dire que les Français pensent que c'est une arnaque, et c'est une arnaque.
Par conséquent, ils le savent, ils l'ont compris et ils supportent un état de fait qui les écœure, les révolte et la démocratie française est malade depuis cette date, du fait que plus personne n'a confiance en elle, et vous verrez qu'on ne ressortira de tout ça, qu'en changeant notre République, en faisant une Constituante, en faisant notre 6ème République, vous le verrez. Le 29 Mai 2005 est en effet une date politique extrêmement importante pour le peuple français. À partir de cette 1ère brutalité intellectuelle, qui a été le chantage de toute la campagne de 2005, nous avons vu que c'était devenu un chantage permanent.
Quelque soit le sujet, quel que soit le moment, quelle que soit la circonstance, si vous n'êtes pas d'accord avec ce qu'on vous a dit de trouver bon pour vous, c'est que vous êtes contre l'Europe. Si vous êtes contre l'Europe, c'est que vous êtes un xénophobe et un nationaliste chauvin, et qu'il n'y a pas de différence entre ce vous dites et l'extrême-droite. Le même argumentaire fonctionne implacablement, pour empêcher de penser et pour empêcher de dire : nous sommes contre la construction libérale de l'Union européenne, mais nous n'avons renoncé à aucun des rêves de réunir les peuples d'Europe, dans une communauté d'aspirations et de destins.
Non, nous n'y avons jamais renoncé, et nous n'y renonçons toujours pas. Tout ce que je suis en train de dénoncer dans la situation actuelle, se trouve dans le traité de 2005. C'est le traité de 2005 qui dit qu'il ne peut pas y avoir d'harmonisation sociale, qu'il ne peut pas y avoir d'harmonisation fiscale.
Si c'est nous qui parlons au nom du Portugal, de l'Espagne et de la France, alors nous disons clairement de cette Europe-là, nous ne voulons plus. N'êtes-vous pas frappé par l'aveuglement du débat politique ? Parfois, on a l'impression d'un bavardage hors-sujet.
L’écosystème compatible avec la vie humaine est menacé de ruine. La date à laquelle la planète n'est plus en état de reconstituer ce qu'on lui prélève, s'avance chaque année. Le changement climatique est commencé, et pendant que tout ça se met en place, dans l'Union européenne, 1ère masse monétaire du monde, 1er producteur, 1er acheteur, 1er consommateur, eh bien, strictement rien n'est fait qui permette d'inverser cette course à l'abîme.
Au contraire, la loi interne d'organisation de cet ensemble, le profit, la libre concurrence, l'accumulation capitaliste, comme objectif ultime et final de toute société humaine, accélère le rythme auquel vont les évènements qui conduisent à ce débouché. L'union européenne n'a aucune vision sur le futur. L'union européenne est incapable d'interrompre cet énorme pillage, qui se déroule sous la forme de la fraude fiscale, qui permet à quelques-uns de vivre sur le dos de tous les autres, sans rendre aucun compte.
L'union européenne n'a aucun projet de civilisation, seulement de garantir la rente, à ceux qui ont un capital, quel que soit le prix de cette garantie – Sous-titrage : Le Crayon d'oreille -.
Jean-Luc Mélenchon