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InterviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 22 mai 2017 28 minAutoproduitActualité / polémiqueTravail & emploiInstitutions & électionsEurope & internationalEnvironnement & énergie

MÉLENCHON : «LES LÉGISLATIVES ONT POUR ENJEU LE CODE DU TRAVAIL»

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteRéponse partielle

    62% des Français sont satisfaits de Macron en une semaine, ça vous laisse peu d'espace ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron a promis de visiter les soldats au Sahel, craignez-vous l'enlisement ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron veut créer une quatrième armée contre les cyber-attaques, vous soutenez ?

  • 8:00OuverteRéponse partielle

    Les Français s'y retrouveront-ils dans ce gouvernement d'alliance ?

  • 12:00RelanceÉludée

    Emmanuel Macron veut que les ministres rendent des comptes chaque année, c'est une bonne méthode ?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Nicolas Hulot a résisté à tous, comment Macron a-t-il réussi à le convaincre ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Jean-Luc MélenchonChiffre
    « comment c'est possible qu'un président de la République, qui a 45% d'opinions favorables qui est le taux le plus bas qu'on ait jamais vu pour un début de mandat puisse avoir 62% d'opinions favorables pour son gouvernement ? »
  • 5:00Jean-Luc MélenchonFait
    « il va de soi que la capacité de briser des systèmes connectés fait partie des stratégies du futur, qu'on appelle "non létales". »
  • 10:00Jean-Luc MélenchonFait
    « il a intérêt sans cesse de sortir le débat du contenu politique pour l'amener sur des petites choses de détail : il va vérifier le statut de madame... »
  • 15:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Moi je garde mon estime à monsieur Hulot, que j'ai le plaisir de connaître je pense qu'il est comme tout le monde, il y a des moments dans la vie où vous vous posez des questions sur votre utilité »
  • 18:00Jean-Luc MélenchonPromesse
    « il y a 19 réacteurs qui arrivent en bout de course pendant le mandat de cinq ans du président de la République. Donc moi c'est clair. J'ai dit : "Ben on arrête, on sort du nucléaire." »
  • 21:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Est-ce que je dis aux gens qui m'écoutent : "Vous êtes d'accord pour aller discuter avec votre patron de vos horaires de travail ?" "Vous croyez que ça va tourner à votre avantage ?" »
  • 24:00Jean-Luc MélenchonPromesse
    « La loi de moralisation de la vie publique numéro un, c'est "Le peuple a le droit de révoquer un élu en cours de route." »
  • 30:00Jean-Luc MélenchonFait
    « mon adversaire - si j'ose dire - ma concurrente c'est évidemment la candidate de monsieur Macron »
  • 33:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Le parti socialiste est quasiment éliminé des deuxièmes tours dans toutes sortes de circonscriptions. »
  • 36:00Jean-Luc MélenchonFait
    « La vie est longue et le combat ne cessera jamais pour moi ! Sa forme peut changer, mais la forme de mon engagement peut changer et nécessairement finira par changer un jour ou l'autre ! »
  • 42:00Jean-Luc MélenchonPromesse
    « On peut arriver à faire une majorité entre nous... A partir du moment, ou on serait, nous, très nombreux, la France Insoumise. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Francis Letellier : Bonjour, merci d'être avec nous pour Dimanche en politique, Emmanuel Macron est maintenant installé, son gouvernement aussi, il ne lui manque plus qu'une majorité à l'Assemblée Nationale. C'est l'enjeu de la bataille des élections législatives de juin, le troisième tour de la présidentielle pour ses concurrents, à l'image de Jean-Luc Mélenchon, qui espère faire fructifier les sept millions de voix de la France Insoumise lors de la présidentielle. Lui-même est engagé dans la bataille à Marseille, et Jean-Luc Mélenchon est notre invité aujourd'hui.

Bonjour ! JLM : Bonjour ! FL : Merci d'être sur ce plateau.

Une toute première question, vous avez certainement vu dans le Journal du Dimanche aujourd'hui le sondage qui dit que 62% des Français sont plutôt satisfaits de ce qu'Emmanuel Macron a fait en une semaine. Il reste encore un peu de temps, c'est sûr. Ça vous laisse finalement peu d'espace, non ?

JLM : Mais c'est surtout que ça m'a l'air d'être une belle galéjade parce que comment c'est possible qu'un président de la République, qui a 45% d'opinions favorables qui est le taux le plus bas qu'on ait jamais vu pour un début de mandat puisse avoir 62% d'opinions favorables pour son gouvernement ? Expliquez-moi ce mystère ? FL : Je ne peux pas.

Mais bon, c'est votre réaction. Emmanuel Macron en tout cas avait promis que l'une de ses premières visites à l'étranger serait pour les soldats français engagés dans la lutte contre les djihadistes. Il était avant-hier aux côtés de 4 000 militaires français mobilisés au Sahel, dans le cadre de l'opération Barkhane.

Emmanuel Macron, donc, en nouveau chef des armées. Depuis janvier 2013, l'armée française est présente dans cette partie de l'Afrique, et il a dit "Les militaires français ne partiront pas tout le temps qu'il y a une menace djihadiste." Est-ce que vous craignez l'enlisement ?

JLM : Ben il faut faire attention à ce qu'on dit, puisque nous sommes engagés et je n'ai pas la mentalité d'un tireur dans le dos. Cependant, en effet, on peut se demander comment cette histoire va finir, parce que ce n'est pas tout de commencer un combat, il faut aussi savoir le finir et avoir une perspective politique. Clairement, ça n'a pas de sens qu'on soit présents si le gouvernement malien n'a pas la confiance du peuple.

Clairement, ça n'a pas de sens qu'on soit présents si la misère reproduit sans cesse les conditions d'adhésion d'une partie de la population Euh... aux djihadistes.

Par conséquent, lorsque j'entends le général Pierre de Villiers, qui est le chef d'État-major des armées, dire que nous sommes là pour 15 ou 20 ans, je vois bien qu'il y a quelque chose qui ne va pas dans le scénario prévu. FL : Mais ça veux dire quoi ? JLM : Il faut que nous partions aussi tôt que possible car cela veut dire que c'est au gouvernement, et l'état malien serait en état de faire face à la gestion de son propre pays.

FL : Mais ce n'est pas le cas pour l'instant. JLM : Ba non, clairement non. FL : Donc vous dites qu'il faut partir mais ça ne peut pas se faire du jour au lendemain ?

JLM : Ah mais bien sûr que non, ça ne peut pas se faire du jour au lendemain, mais il faut en réunir les conditions politiques. En toute hypothèse, ça passe par le fait qu'on comprenne que les pays voisins aussi doivent prendre leurs responsabilités. J’estime que l'état algérien doit être, peut-être plus vigilant aussi sur sa frontière.

FL : Emmanuel Macron dit, lui : "Il faudrait que d'autres pays s'engagent, notamment l'Allemagne". C'est indispensable dans l'état actuel des choses ? La France ne peut pas tout porter ?

JLM : Non. Je ne vois pas pourquoi l’Allemagne, alors je sais que Monsieur Macron a déjà vendu, a autorisé du temps où il était ministre, la vente de l'entreprise qui fabrique les chars Leclerc, la moitié a été vendue à une famille allemande, ça ne fait pas une raison suffisante pour que les allemands viennent là. Qu'est-ce que les allemands viendraient faire là ?

Pourquoi les allemands ? Pourquoi pas les suédois ? Pourquoi pas les lituaniens, qui sont aussi nos excellents amis dans l'Union Européenne ?

Si la France commence un combat, je ne vois pas ce que les allemands viendraient y faire. Par contre l'ONU, oui. Ça, ça a un sens.

Et les organisations militaires de l'ONU, - il y a un commandement militaire à l'intérieur de l'ONU -. Oui ça, ça a du sens. Les allemands, non non, qu'ils s'occupent de leurs pauvres, ça serait bien.

FL : Pendant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron a défendu par ailleurs la création d'une quatrième armée, qui serait chargée de lutter contre les risques de piratage informatique, contre les cyber-attaques, on en a beaucoup parlé. Ça doit être une priorité, ça ? JLM : Je pense que sur ce plan, je partage son opinion.

Je pense que l'avenir nous montre de manière assez claire, que toutes les armes, tous les systèmes d'armements, et d'ailleurs plus largement les entreprises, tout le monde est dorénavant dans un monde connecté, il va de soi que la capacité de briser des systèmes connectés fait partie des stratégies du futur, qu'on appelle "non létales". C'est-à-dire où on ne tue pas des gens, mais où on détruit des installations. J'estime que le numérique est devenu pratiquement, face à nos installations traditionnelles, ce que l'arbalète était par rapport à une armure.

C'est-à-dire que, une arme sans parade, ou le fusil, lorsque les autres venaient avec des arcs et des flèches. Voilà pourquoi, en effet, il y a lieu de comprendre que nous devons avoir des unités capables d'intervenir et de détourner l’ennemi qui utiliserait ce genre d'armes. FL : Ça vous soutenez, vous êtes d'accord, vous avez dit, avec Emmanuel Macron là-dessus...

JLM : C'est-à-dire que c'est lui qui est d'accord avec moi, parce que je me suis exprimé sur ce sujet dans une conférence sur la défense, il y a de ça deux mois, et je suis content de voir que mon idée l'a convaincu. FL : Bien. En une semaine, le paysage autour du nouveau président de la République s'est mis en place, le premier gouvernement avec Edouard Philippe à sa tête, des ministres venus des Républicains, du PS, de la société civile, une alliance à marche forcée, les français s'y retrouveront-ils ?

On leur a posé la question. [MUSIQUE DE FOND] Voix off : Sous un soleil radieux Emannuel Macron racompagne François Hollande à sa voiture, le président sortant cède alors la place à celui qui fut son conseiller Journaliste : Si je vous montre cette photo, qu'est-ce que ça vous inspire ? Interviewé : C'est la relève.

Journaliste : Il pose son style déjà ? Interviewée : Il est très sportif, hein, faut voir la façon dont il monte les marches Journaliste : Alors je vous montre une autre image Interviewé : Un peu la reine d'Angleterre Interviewée : Oui voilà. On ne critique pas la reine d'Angleterre !

Interviewé : Ba je critique pas. Je dis qu'elle a le genre de la reine d'Angleterre, un tailleur bleu comme ça, ou jaune ou vert, il lui manque le chapeau c'est tout. Interviewée : Ils sont souvent mis en valeur...

Est-ce l'essentiel ? Voilà, je pose la question de l'image dans nos sociétés. Voix off : La rupture est symbolique.

Le nouveau chef de l'état veut se montrer d’emblée en chef des armées. Interviewé : Ça représente bien le bonhomme là. Il veut inspirer la force, la loyauté Interviewé : Il n'a pas fait son service militaire Interviewée : Nan, c'est vrai Voix off : C'est donc lui, Edouard Philippe, le Premier Ministre choisi par Emmanuel Macron.

Journaliste : Qu'est-ce que ça vous inspire ? Interviewée : Ça, c'est le nouveau Premier Ministre. Combatif.

Interviewé : Je crains qu'il cogne contre le Code du travail. Interviewée : On dirait une photo d'une série, je trouve. Ça fait très... mise en scène, quoi.

Acteur, ouais. Journaliste : Le fait que ce soit un premier ministre de droite ? Interviewé : Ah, ben ...

Moi qui suis de gauche évidemment, ça confirme ce que je pense du gouvernement. Voix off : Autour de la table, l'alchimie Macron. Des personnalités aux convictions parfois éloignées, de droite, de gauche, ou du centre.

Interviewé : Le renouvellement est quand même un peu... limité, disons.

Interviewé : C'est-à-dire qu'il y a quand même des vieux de la vieille, hein. Interviewée : C'est pas une vraie parité...

Parce que, les femmes, à part Sylvie Goulard, ont des rôles subalternes. Interviewée : Sans cravate. Interviewée : Il avait pas du tout parlé d'écologie pendant toute sa campagne, donc... s'il en fait un peu, finalement ce serait bien.

Interviewée : Notre nouveau président, il est beaucoup dans le paraître, pour l'instant, je pense qu'il veut plaisir à la population, avec un personnage comme ça, que tout le monde aime hein. [MUSIQUE DE FOND] FL : Jean-Luc Mélenchon, on va commencer par une autre question, c'était au tout début de ce reportage, à propos de l'épouse d'Emmanuel Macron. Emmanuel Macron dit qu'il veut donner à son épouse un rôle clair, voire un statut, pour que tout ça soit clair.

C'est une bonne chose de clarifier... ?

JLM : Non. Je suis absolument hostile à tout ce qui met en scène le couple. Cette femme, dorénavant, aurait donc un statut qui dépend de son mari, je trouve ça très machiste, et puis en République, on élit une personne, l'homme ou la femme, pas son conjoint.

Mais regardons quand même le tableau que vous venez de nous montrer. Je demande quand même à ce qu'on y réfléchisse, c'est un événement. M.

Macron a réussi, en passant en force, ce qui est incontestablement une réussite. Il a réussi à faire le gouvernement de grande coalition qu'on voit à peu près dans toute l'Europe. C'est à dire des socialistes et des gens de droite plus quelques personnes rebaptisées "société civile"...

FL : 50 % ! JLM : Oui ben d'accord, mais enfin vous prenez un directeur de ceci, un ancien de cela et vous repeignez tout ça en société civile. Mais admettons.

Bien. Ça c'est ce qu'il a réussi. Et il reste à partir de là...

Le nouveau tableau est le suivant : La grande coalition au milieu : PS - droite et puis une alternative d'extrême droite, comme dans beaucoup de pays d'Europe, et ce qui est nouveau et qui n'existe pas dans tous les pays d'Europe, une alternative humaniste, écologique et sociale que j'essaye d'incarner. Donc on a un véritable remuement total de la carte politique du pays, et c'est ça qui va jouer aux législatives, car M. Macron n'est pas sûr de gagner.

FL : Alors, mais Emmanuel Macron il a une méthode, quand même. Et il va demander à chacun de ses ministres de lui rendre des comptes chaque année pour voir si ça avance, pour voir s'ils sont efficaces...

C'est une méthode qui peut donner des résultats, ça ? JLM : Bon, moi quand j'étais ministre je faisais un compte-rendu de mandat tous les six mois. Bon, pourquoi pas, mais enfin c'est déjà le cas je vous signale.

Le Premier ministre est continuellement en rapport avec ses ministres. Bon. Je crois que monsieur Macron a un talent de communication, et surtout une manière de brouiller les cartes, que les gens ont bien perçue.

Regardez, cet homme est le premier chef de l'Etat qui, dans une élection législative, a à sa disposition trois candidats : celui du PS, qui peut à tout instant passer chez lui, celui des Républicains, qui de toute façon votera avec lui, plus celui d'En Marche. C'est donc quelqu'un qui est dans une situation où il a intérêt sans cesse de sortir le débat du contenu politique pour l'amener sur des petites choses de détail : il va vérifier le statut de madame...

FL : Des petites choses de détail, attendez, parce que regardez, par exemple...

JLM : Vous croyez que c'est une question importante que de savoir que les ministres vont rendre des comptes tous les ans JLM : alors qu'ils le font tous les jours jusqu'à présent ? FL : Pour les français ça peut être intéressant. JLM : Mais vous prenez les français pour des buses !

Vous avez vu les gens qui vous parlent ? Ils décryptent tout ça ! Il comprennent que tout ça c'est de la comédie, c'est de la tchatche, de l'apparence.

FL : Alors Nicolas Hulot, parce que Nicolas Hulot c'est le plus populaire des ministres à l'heure qu'il est. il a résisté à tout le monde. Il a dit à Nicolas Sarkozy à l'époque "Je ne veux pas être ministre." Il a dit à François Hollande "Je ne veux pas être ministre." Il vous avait approché, et puis finalement il ne vous a pas soutenu.

Comment vous expliquez que Emmanuel Macron, lui, il ait réussi ? D'abord ça vous ne savez pas, la dernière fois en 2012 il a voté pour moi. FL : Oui...

JLM : Donc cette fois-ci on ne sait pas ce qu'il a voté. JLM : Bon, après comment il s'y est pris ça je n'en sais rien, ce que je sais c'est que...

Moi je garde mon estime à monsieur Hulot, que j'ai le plaisir de connaître je pense qu'il est comme tout le monde, il y a des moments dans la vie où vous vous posez des questions sur votre utilité, la manière de l'être le plus...

Bon. Moi j'ai tranché autrement, j'ai quitté tout le vieux monde et j'ai fait autre chose. FL : En tout cas, il y a des dossiers qui l'attendent, JLM : Moi je crois que dans six mois il s'en va, quoi.

JLM : Si ça tient six mois FL : Vous pensez que dans six mois il sera parti ? JLM : Mais évidemment ! Mais monsieur Hulot est un écologiste, il faut quand même se rappeler de ça !

Mais ce n'est pas le cas du Premier ministre, qui est un nucléariste, ce n'est pas le cas de la plupart des ministres qui sont là-dedans et qui ne comprennent à peu près rien aux enjeux du changement climatique et du reste ! Le Président de la république a été habile, il est tombé sur un monsieur Hulot qui était à un moment de sa vie où Hulot avait envie de changer de régime et peut-être d'entrer dans le concret, mais je pense que Nicolas Hulot ne mesure pas ce que sont les rapports de force politiques. FL : A propos de concret justement, il y a des dossiers sensibles qui l'attendent !

Notre-Dame-des-Landes, le diesel, le nucléaire notamment, sur quel dossier, vous vous l'attendez au tournant ? JLM : Ben je l'attends pas au tournant, le malheureux ! C'est le gouvernement que j'attends au tournant.

Parce que vous avez vu comme moi le débat du deuxième tour, pas un mot sur les menaces qui pèsent sur l'écosystème ! Ces gens sont des irresponsables. FL : Mais alors Nicolas Hulot vous l'attendez sur quoi ?

JLM : Ah lui personnellement ? FL : Oui. JLM : Ecoutez, déjà, Notre-Dame-des-Landes pour commencer.

Il parait qu'il y a une situation entre deux. Mais non, il n'y a pas d'entre-deux ! FL : C'est lui qui dit ça JLM : On le fait ou on ne le fait pas.

JLM : Il n'y a pas d'entre-deux, on fait Notre-Dame-des-Landes ou on ne le fait pas. FL : Parce qu'il y a des alternatives, qui est de ne faire qu'une piste ou d'agrandir le...

JLM : Je vais prendre un exemple, c'est celui du nucléaire. il y a 19 réacteurs qui arrivent en bout de course pendant le mandat de cinq ans du président de la République. Donc moi c'est clair.

J'ai dit : "Ben on arrête, on sort du nucléaire." donc il faut monter en puissance, pas au moment où ils arrivent à bout ! C'est maintenant.

Il faut donc mettre maintenant en route les chantiers pour passer aux énergies renouvelables JLM : ... qui permettent de prendre la place du nucléaire !

FL : Et c'est là que vous attendez Nicolas Hulot ? JLM : Mais bon, on ne va pas faire une affaire personnelle. Ce gouvernement n'a rien d'écologiste, ne comprend pas de quoi il s'agit et est dans une autre logique.

Le Premier ministre était un lobbyiste d'Areva. C'est à dire du lobby nucléaire de notre pays. Le président de la République s'est réjoui de voir qu'EDF construisait la centrale d'Hinkley Point en Grande Bretagne.

Expliquez-moi voir à quoi ça sert qu'EDF aille construire des centrales nucléaires à l'étranger ? On n'a pas fait EDF pour ça ! FL : Alors on va aller sur deux rendez-vous qui arrivent là cette semaine : La réforme du Code du travail, les premières rencontres entre le Premier ministre et les syndicats ont commencé.

Il va y avoir des rencontres encore dans les jours qui viennent. et les ordonnances pourraient être signées seulement en septembre. Il avait été question éventuellement de l'été mais pourrait être repoussé à septembre.

Est-ce que vous craignez une mobilisation de la rue ou est-ce que vous-même vous la souhaitez ? JLM : Ben attendez, d'abord vous supposez qu'il ait gagné. Or, les gens...

FL : Il a une majorité, c'est ça que vous voulez dire. JLM : Oui, mais peut-être bien. Mais les gens, là, ils ont... ils leur restent trois semaines pour réaliser qu'ils peuvent s'épargner des heures de manifestations, et des souffrances terribles dans leur entreprise en votant pour les candidats de la France Insoumise.

FL : Parce que vous bloquerez...

JLM : plutôt que pour ceux de monsieur Macron FL : C'est à dire c'est...

JLM : Evidemment il s'agit de la battre ! FL : Donc votre angle des législatives, c'est ça ? "Pour ou contre le Code du travail?" JLM : Oui.

Absolument. FL : C'est ça votre campagne ? JLM : Mais c'est ça et d'autres choses, de même nature.

C'est pour ou contre la défense d'un Code du travail ? Oui, c'est un enjeu. Est-ce que je dis aux gens qui m'écoutent : "Vous êtes d'accord pour aller discuter avec votre patron de vos horaires de travail ?" "Vous croyez que ça va tourner à votre avantage ?" "Vous êtes d'accord pour que votre paye soit évaluée, entreprise par entreprise, et pas d'après les conventions collectives ?" Qui vous permettent, d'après un certain niveau d'avoir une certaine paie ?

Ce n'est pas rien ces questions ! C'est la vie de tous les jours. FL : En tout cas...

JLM : Donc si vous êtes d'accord, et que vous voulez en baver encore plus : Allez voter pour monsieur Macron. Mais si vous ne voulez pas de ça, et que vous voulez quelque chose qui soit humaniste, écologique et social, vous votez pour la France insoumise. FL : On a compris.

C'est donc reparti pour un tour. JLM : J'espère que vous l'avez bien compris. FL : Oui, oui...

JLM : Je vous le répète. Il faut voter pour la France Insoumise. FL : Que c'est reparti pour un tour, pour vous, pour les électeurs, les 11 et 18 juin...

JLM : Donc c'est clair, je veux une cohabitation. FL: ... qui devront élire des députés et...

JLM : Il est élu, il est élu ! Mais je voudrais une cohabitation. FL : Eh bien, on va voir ça avec Renaud Dély, directeur de la rédaction de Marianne qui était avec nous ce midi. (Jingle émission) FL : Bonjour Renaud.

Renaud Dély (RD) : Bonjour Francis. FL : Bonjour Jean-Luc Mélenchon. JLM : Bonjour.

FL : Les législatives pour vous et votre avenir ça se joue aussi à Marseille, dans la quatrième circonscription où vous avez choisi d'être candidat, il y a un deuxième sondage ce matin qui vous donne largement favori. Vous êtes un parmi les 560 candidats de la France Insoumise, et les autres partis sont également en ordre de bataille. Voix off : Ces élections législatives s'annoncent inédites à plus d'un titre. 212 députés exactement ne se représenteront pas aux élections législatives.

Je sais par expérience qu'il ne faut pas s'accrocher. J'ai vu tellement de gens qui ont fait le mandat de trop. - Quand je ne serai plus député - Qu'allez vous faire ? - Je vais chercher du boulot.

Je lance une demande d'emploi...

Voix off : Six grandes forces politiques seront représentées. L'objectif tient en un chiffre : 289 députés, synonyme de majorité absolue. Journaliste : Est-ce qu'il y a des alliances en vue ou quoi ?

Moi mon objectif c'est de faire en sorte que le président de la République et que le gouvernement obtiennent la majorité la plus large. L'objectif est de bâillonner l'Assemblée pour faire passer les lois de droite au calme. Nous sommes Les Républicains, et Les Républicains ne marchent pas à genoux.

Nous sommes la droite et le centre et nous n'avons pas à en rougir ! Voix off : Marine Le Pen repart en campagne. MLP : J'ai considéré qu'il fallait que le plus grand nombre de députés Front National puissent entrer à l'Assemblée nationale, et que ma place était à la tête de mes troupes.

Voix off : Jean-Luc Mélenchon remonte sur le ring pour le combat des législatives. Face à un socialiste sortant, Patrick Menucci, déjà très agacé. PM : Il choisit de venir dans le centre ville de Marseille, là où le Front National est le plus faible de toute la région PACA, puisque madame Le Pen a fait 14%.

La droite est très faible aussi. Monsieur Fillon a fait 10%. Donc ce qu'il veut c'est liquider la gauche française.

Et bien la gauche française elle est là, elle est présente et elle va l'affronter. SB : C'est vrai, une marseillaise contre un croisiériste, un touriste. Et comme je disais, on le disait avec mes amis, si il veut on lui fera visiter Marseille.

CV : C'est quand j'ai appris que Jean-Luc Mélenchon venait sur la 4e circonscription que j'ai voulu y aller. On a un souffle nouveau qui nous porte et qui nous exalte finalement et qui nous permet d'être encore plus performants, et qui nous permet de rallier des gens qui parfois étaient encore indécis. Voix off : Mais au-delà de Marseille, l'engagement dans ces législatives se fait sur fond de divorce entre le parti communiste et la France Insoumise, à croire que Jean-Luc Mélenchon veut tenter d'incarner seul la gauche face à Emmanuel Macron.

FL : Et Jean-Luc Mélenchon il y a une vingtaine de candidats à Marseille qui vont défiler les uns après les autres ici sur ce panneau, Renaud, une question sur Marseille. RD : Justement, une question Jean-Luc Mélenchon sur cette législative, Donc vous êtes candidat dans la circonscription dont le sortant est le socialiste Patrick Menucci. Quel est votre adversaire principal ?

Le socialiste sortant Menucci ou la candidate macroniste de La République En marche ? JLM : Par définition c'est madame la candidate de monsieur Macron qui est mon adversaire. Puisque, en réalité, monsieur Menucci a tort de croire que je viens à Marseille à cause de lui.

Le parti socialiste est quasiment éliminé des deuxièmes tours dans toutes sortes de circonscriptions. Donc si on veut qu'il y ait une alternative à monsieur Macron, il faut y aller en force ! Et donc mon adversaire - si j'ose dire - ma concurrente c'est évidemment la candidate de monsieur Macron, ça lui fera un député de moins et ça fera un député de plus pour l'alternative.

RD : Est-ce que dans cette législative vous jouez votre avenir politique personnel ? JLM : Mais non ! La vie est longue et le combat ne cessera jamais pour moi !

Sa forme peut changer, mais la forme de mon engagement peut changer et nécessairement finira par changer un jour ou l'autre ! Mais je ne joue qu'une seule chose si je dois jouer quelque chose. D'abord, arrêtez de dire que je veux remplacer la gauche à moi tout seul !

Il y a 560 candidats de la France Insoumise. RD : Vous avez dit que vous vouliez remplacer le PS en tout cas ? JLM : Eh beh oui !

Compte-tenu...

Le PS n'a pas...

On m'a posé comme question, on m'a dit "Est-ce que vous voulez affaiblir le PS ?" Mais j'ai dit il n'a pas besoin de moi pour être affaibli, il est déjà quasiment subclaquant ! Et vous savez comme moi, monsieur Dély, parce que vous connaissez les profondeurs de la vie politique, que si le PS n'est pas définitivement, d'abord dans un premier temps rayé de la carte, il sera incapable de se régénérer !

Aujourd'hui, il ne sait toujours pas s'il est dans la majorité avec monsieur Macron ou dans l'opposition avec moi ! Par conséquent, il faut qu'on passe par cette étape où une force surgit et est capable de gouverner. C'est pour ça que je m'attache tant à l'idée du programme "L'avenir en commun" Puisque vous savez, 80% des gens ont dit qu'ils votaient par adhésion à mon projet, pas à ma personne !

Vous voulez donc remplacer, rayer de la carte le PS comme vous le dites et le PC aussi ? le parti communiste français ? JLM : Non mais moi je ne veux rayer personne de la carte, ils se rayent tout seuls.

RD : Le PC JLM : Non mais attendez, monsieur Dély, mettons les choses à leur place. Vous avez entendu monsieur Menucci avec sa faconde dire que je veux "détruire la gauche française" mais la gauche française ce n'est pas lui, sauf erreur ! C'est le milliers de gens qui font leur choix librement.

Donc mon intention n'est de rayer personne. C'est de construire une force positive, avec pour la première fois un programme qui est pris au sérieux par celui qui le défend, et ceux qui le défendent, nous sommes 560 dans le pays, je le rappelle. RD : Alors justement, est-ce-que vous êtes... 560 ?

JLM : plus ceux que nous soutenons. Ça veut dire que vous allez faire campagne dans tout le pays ? Vous allez soutenir les candidats de la France Insoumise ?

JLM : Je ne pourrai pas. Heu...

Physiquement, c'est absolument impossible. Donc, j'ai partagé mon temps entre les différentes campagnes dans le pays et Marseille, ou je suis moi-même candidat. RD : Ce sera quoi les points forts ?

JLM : Mais, je bénéficie d'une avance, c'est que, en ce moment à Marseille, ils me regardent. RD : Est-ce-que vous retournerez à Hénin-Beaumont par exemple ? JLM : Heu, ça se peut, ça se peut... que je retourne à Hénin-Beaumont mais il y a quelqu'un qui parait-il était très bien placé parce qu'il connaissait les dossiers locaux...

Bla, bla, bla, bla. La dernière fois, tout le PS a défilé pour m’empêcher d'arriver à battre madame Le Pen. Et bien, maintenant, ils n'ont qu'à mettre en avant leur héros.

RD : Votre objectif. Vous espérez combien de députés à l'Assemblée nationale? 50 ? 100 ? 150 ?

JLM : Non, moi j'estime qu'on peut arriver à faire une majorité entre nous...

A partir du moment, ou on serait, nous, très nombreux, la France Insoumise. On exercera une pression telle, que le parti socialiste sera obligé de passer dans l'opposition. A part quelques éléments qui changeront de camp.

RD : De vous rejoindre ? De vous rejoindre ? JLM : Mais regardez, quelqu'un par exemple comme Malek Boutih, qui dit "Un coup je suis socialiste, puis je suis En Marche", et à En marche ils disent "On ne veut pas de lui", il retourne au parti socialiste.

Celui-là, - si par malheur il est élu - contre Charlotte Girard - qui à mon avis va gagner -, et bien il va passer chez Macron le lendemain. Vous avez toutes sortes de gens aujourd'hui qui se disent PS et qui demain seront Macron. Donc si nous, nous sommes assez forts, nous sommes capables d'entraîner ce qu'il restera de parti socialiste et de faire une majorité. 289, ce n'est pas si compliqué que ça à faire.

RD : Et si vous n'avez pas la majorité, quel genre d'opposition vous allez mettre en pratique face à Emmanuel Macron ? Une opposition frontale ? Systématique ?

JLM : Evidemment. C'est une opposition qui est une opposition, pas une combine. Et nous mettrons...

Surtout nous chercherons continuellement à avoir un lien avec le mouvement social du pays et les innombrables initiatives de terrain qui existent aujourd'hui. Peut-être que vous ne le savez pas parce qu'on n'en parle pas assez, mais actuellement, il y a un très grand nombre d'heures de grève, de luttes, de pétitions, de manifestations, qui ont lieu dans tout le pays ! Vous avez vu l'affaire GM&S par exemple, bon bah c'est un des exemples.

Cette entreprise qui va fermer, comment les gens se battent. Donc ne croyez pas que l'élection de monsieur Macron a réglé les problèmes politiques que monsieur Macron pense régler maintenant. Le Code du travail, il ne va pas le changer comme ça !

Faire une super loi El Khomri, figurez vous que ça va lui coûter ! RD : Donc, Jean-Luc Mélenchon, vous avez l'ambition d'être le principal opposant à Emmanuel Macron. RD : Mais est-ce que, aujourd'hui, le principal...

JLM : Non monsieur ! JLM : Non, monsieur Dévy, je ne vous laisserai pas le dire ! L'élection a lieu.

J'ai l'intention de la gagner. RD : Si vous n'avez pas...

JLM : Qu'est-ce que c'est un responsable politique JLM : qui vient à une élection pour faire du témoignage ? RD : Cependant, cependant...

JLM : Moi je ne témoigne pas, je veux gagner ! RD : Vous prétendez, en tout cas, vous ambitionnez d'être le principal opposant à Emmanuel Macron, mais est-ce que la principale opposante ce n'est pas par définition Marine Le Pen, dès lors qu'elle l'a affronté au second tour de la présidentielle ? JLM : Alors, clairement pour les médias qui l'ont dédiabolisée, et pour toutes sortes d'éditorialistes il n'y a rien au-dessus de madame Le Pen.

RD : Pour les électeurs qui l'ont portée au deuxième tour ! JLM : Mais, écoutez, madame Le Pen n'a pas "affronté" monsieur Macron au deuxième tour. Elle lui a servi la soupe !

C'est à dire que quand vous avez un opposant comme ça, vous êtes sûr de gagner d'avance ! Et c'est à ça qu'elle sert ! C'est pour ça qu'on nous a annoncé pendant plus d'un an et demi qu'elle serait en tête de l'élection et tout juste si elle n'allait pas être élue Vous avez vu que c'était le contraire.

A 600 000 voix près, je l'éliminais du deuxième tour. FL : Jean-Luc Mélenchon, elle n'a pas fait exprès de rater le débat du second tour ! Quand vous dites "Elle lui a servi la soupe"...

JLM : Mais parce qu'elle est incapable de faire autre chose que ça ! Elle est poussée par un système pour apparaître au deuxième tour, pour tordre les bras de millions d'électeurs qui sont obligés de voter ensuite pour l'autre. Et vous avez vu que l'abus de confiance commence dès le lendemain !

Vous avez des gens qui disent : "Ben puisque les gens ont voté pour monsieur Macron, c'est qu'ils étaient d'accord avec son programme." Non, c'est qu'ils ne voulaient pas de madame Le Pen ! FL : Une dernière question de Renaud.

RD : Ça signifie, donc, Jean-Luc Mélenchon, RD : que dans les circonscriptions où le Front National sera présent au second tour et où le candidat de la France Insoumise ne serait pas présent,. Vous ferez comme à la présidentielle, vous ne donnerez pas de consigne de vote ? JLM : Mais c'est absolument faux, j'ai donné une consigne de vote, monsieur.

RD : vous n'appellerez pas à voter pour l'adversaire du Front national ? JLM : Nous avons dit "Pas une voix à madame le Pen et au Front national." JLM : Je voudrais rappeler l'évidence aux médiacrates FL : Et ce sera la même chose pour les législatives RD : Vous n'appellerez pas...

JLM : Pardon monsieur Dély, RD : Vous n'appellerez pas à voter...

JLM : mais il y en a un peu ras-le bol...

JLM : ... des leçons de morale permanentes.

RD : C'est une question, ce n'est pas une leçon de morale. JLM : Non, ce n'est pas une question, c'est une réponse que vous faites. RD : Non.

JLM : Vous ramenez tout le temps les gens dans le casse-noix ! C'est à dire, à la fin des fins des fins des fins des fins, il s'agit de choisir entre n'importe qui et madame Le Pen. Et bien ça suffit !

Donc nous, nous disons que les gens qui sont responsables de l'élection du Front National, c'est ceux qui votent Front National, premièrement, et deuxièmement, ceux qui poussent à voter Front National. Et de ces deux accusations-là, nous sommes nous absolument blancs et tranquilles. FL : Oui mais pour les législatives, dans les circonscriptions où le FN sera seul face aux autres, FL : Ce sera à vous...

JLM : Voilà, et si, qu'est-ce que....

FL : Non mais vous aurez le même raisonnement qu'à la présidentielle JLM : Bon, alors et moi je vous poserai la question suivante : JLM : Est-ce que vous allez demander aux socialistes, là où il y a des deuxièmes tours et où il y aura un candidat de la France Insoumise, est-ce qu'ils vont appeler à voter pour moi ? Par exemple, est-ce que monsieur Menucci, qui dans les sondages est donné à 13%, va voter pour moi au deuxième tour ? RD : Mais bien sûr qu'on posera la question aussi aux autres partis républicains...

JLM : Eh bah voilà. Eh bien moi je vous ai répondu. JLM : Cette fois-ci comme toutes les autres, pas une seule voix au Front National.

Je demande aux gens qui votent Front National, parce que des fois ils votent pour moi, maintenant il y en a qui changent d'avis et qui votent pour moi. Rendez-vous compte que chaque fois que vous reconduisez ces gens-là, vous servez la soupe à n'importe quel pantin ! Parce que vous aurez demain des macronistes qui se feront élire pour vous tordre le cou et vous faire appliquer un autre Code du travail, uniquement parce qu'ils auront réussi ce tour de force de vous coller un Front National au deuxième tour.

FL : Merci Renaud, merci d'être sur le plateau ce soir, RD : Merci Jean-Luc Mélenchon, FL : On en parle. On en parle de la loi de moralisation de la vie publique. Parce que ça, c'est un des gros chantiers du gouvernement, et ça va même arriver, ce texte, avant les législatives.

Quelle est la mesure qu'il faut pour que cette loi vous apparaisse...

JLM : Faire confiance au peuple ! C'est-à-dire donner au peuple le droit de révoquer les élus. FL : C'est ça la mesure qu'il faut dans cette loi ?

JLM : Oui ! FL : Il n'y aura...

Vous savez qu'il n'y aura pas ça dans la loi. Donc ça veut dire que pour vous, tout le reste tombe à l'eau. JLM : Non mais attendez, mais vous êtes terrible vous !

Vous faites les questions, les réponses et tout à la fois ! Vous me posez une question, je vous réponds ! Vous me dites "Ça ne se fera pas", eh bien vous me l'apprenez !

Donc ce n'est pas une loi de moralisation de la vie publique. FL : Il n'y aura pas cette proposition en tout cas, ce n'est pas prévu. JLM : Donc, si le peuple ne peut pas lui-même intervenir, ce n'est pas une loi qui va dans le sens de la moralisation de la vie publique.

Alors il y aura sans doute des choses intéressantes dedans, c'est la énième loi de ce type qu'on vote. Il y aura des choses intéressantes ! Peut-être qu'on va lutter contre les conflits d'intérêts !

A ce moment-là, si je suis député et que nous sommes dans l'opposition on le votera. Mais si moi je suis élu, et si c'est moi qui dirige le gouvernement de ce pays, la loi de moralisation de la vie publique numéro un, c'est "Le peuple a le droit de révoquer un élu en cours de route." Et ça, ça se fait par référendum.

C'est très facile à faire. FL : Un mot sur l'impôt à la source. JLM : Je suis contre.

FL : Emmanuel Macron a demandé des études complémentaires, vous êtes contre. FL : Il a demandé des études complémentaires, on ne sait pas s'il va maintenir l'impôt à la source, mais il pourrait très bien l'enterrer aussi. S'il l'enterre, vous le soutenez ?

JLM : D'abord, c'est moi qui l'enterrerai et non pas lui. JLM : Non mais c'est toujours pareil, vous faites comme si...

FL : Imaginons...

Il est président de la République JLM : Non mais on n'est plus en démocratie ! JLM : Oui oui oui, mais le président de la République n'a pas le pouvoir législatif. FL : Attendez, s'il annonce qu'il l'enterre, vous le soutenez ?

JLM : Voilà : Et si, et si, et si. Et si il a gagné l'élection, et si il annonce, et si les autres le suivent...

FL : S'il annonce qu'il l'enterre, vous le soutenez ou pas ? JLM : Non mais ce n'est plus de l'info ça, ami. Ça devient du roman, c'est de la fiction !

FL : Est-ce que vous le soutenez dans ce cas-là ? JLM : Non, écoutez-moi. JLM : Non, il n'y a pas de "Est-ce que vous le soutenez ou pas ?", ce n'est pas le sujet.

Le sujet c'est : "Que pensons-nous de l'impôt à la source ?" Je suis contre. Je ne vois pas pourquoi un patron va devenir un percepteur des impôts à qui je vais aller raconter ma vie, dire combien je gagne, avec qui je suis marié, quels - éventuellement - biens j'ai, etc.

Ce n'est pas le rôle du chef d'entreprise de faire ça. Je suis contre. Je suis pour la mensualisation de l'impôt, ça c'est en cours de route, ça se fait petit à petit et ça se fait bien.

Donc non, les patrons et les chefs d'entreprises n'ont pas à perdre leur temps à faire le percepteur des impôts ni à connaître ma vie privée. Voilà ce que je pense. FL : Alors, on va terminer avec la Une du magazine américain "Time" qui a repeint la maison blanche sous les couleurs de Saint-Basile à Moscou, vous voyez ce mélange des architectures et mélange des genres aussi.

Jamais on n'avait vu une si grande proximité entre un président américain et un président russe, pour toutes sortes d'affaires, d'ailleurs. Est-ce que ça vous inquiète ? JLM : Du tout, ce n'est pas vrai.

C'est une lutte que se mènent entre eux les différents services de sécurité nord-américains, qui montre l'état de délabrement de la société politique américaine. Mais j'ai connu un président qui était beaucoup plus proche du président russe ! C'était monsieur Clinton, qui disait tous les jours à Eltsine ce qu'il devait faire quand il n'était pas ivre.

Donc on a déjà connu des présidents...

FL : Sauf que là, il y a des documents classés "secret défense" qui ont été donnés, semble--t-il, par Donald Trump, directement à Lavrov. JLM : Semble-t-il. C'est à dire que il semble, hein, il semble, mais on en parle quand même, FL : Des enquêtes sont en cours.

JLM : On n'en est quand même pas à dire des choses qui n'ont aucun intérêt. JLM : Mais il semble que Pierre ait dit à Paul que Bill était l'ami de l'ours. FL : Vous n'y croyez pas ?

FL : Vous faites confiance à Trump ? JLM : Mais je n'en sais rien ! Je n'en sais rien et je m'en fous, c'est une grande puissance mondiale, les Etats-Unis d'Amérique, c'est la première puissance du monde, c'est le premier budget.

Regardez là vous avez les deux têtes. Celui-ci c'est 600 milliards de dollars de budget de défense. celui-ci, c'est 10 fois moins.

Alors tout ça est une comédie ! Nos maîtres nous disent ce que nous devons penser. Donc je vous le dis, si j'étais en Russie je ne voterais pas pour monsieur Eltsine, ni pour monsieur Poutine.

Ni pour aucun dirigeant de cette variété-là. Mais pour autant, vous ne me ferez pas tomber dans les bras de monsieur Trump. C'est ce que vous essayez de me faire dire.

FL : Non non on voulait...

Merci en tout cas Jean-Luc Mélenchon JLM : Merci ! FL : d'être venu sur le plateau de "Dimanche en politique"

MÉLENCHON : «LES LÉGISLATIVES ONT POUR ENJEU LE CODE DU TRAVAIL» — Jean-Luc Mélenchon · Pourquijevote