Présidentielle 2027 : «Je serai le protecteur des travailleurs, pas des profiteurs», affirme Bruno Retailleau
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Europe 1
Et notre invité dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Bruno Retailleau. Bonjour à vous.
Bonjour Laurence Ferrari.
Bienvenue président des Républicains, candidat à l'élection présidentielle. Justement, Bruno Retailleau, on connaît les dates de l'élection présidentielle. 18 avril 2 mai 2027, un second tour donc au lendemain du 1er mai où la gauche manifeste massivement dans les rues de façon traditionnelle. Est-ce que c'est pour vous une façon de contourner la loi du silence électoral qui prévaut ?
Ce choix des dates, puisqu'il y avait deux choix, nous avons été consultés en début de semaine au ministère de l'Intérieur, ce choix n'est pas neutre. Et vous avez raison de le souligner. Moi, je m'inscris totalement contre ce choix-là, qui n'est pas normal parce qu'il y a une grande règle pour les élections, c'est qu'on termine la campagne à minuit, qui précède le premier ou le deuxième tour, le second tour, à minuit le vendredi. Donc évidemment, le 1er mai, ce sera le samedi. Qu'on ne me fasse pas croire que dans les cortèges, dans les prises de position, il n'y aura aucun écho politique. Donc, première chose, ça, ça n'est pas normal.
Je pense qu'il peut y avoir aussi une stratégie du chaos parce que, imaginez... Vous voulez par Emmanuel Macron, Bruno Retailleau ? Oui, sans doute, parce qu'on voit bien que le 1er mai, aujourd'hui, il y a peu de 1er mai qui se passent calmement. Donc, il y a toujours une montée en pression et avec parfois des débordements. Vous imaginez la veille d'un second tour ? J'espère que ce ne sera pas un second tour avec les deux ailes radicales.
Mais on voit bien que, de toute façon, la gauche, dans cette réunion, ce que mon collaborateur qui assistait à cette réunion m'a rapporté, c'est que le choix de la gauche, c'était le choix qu'ont fait mon successeur Laurent Dunez et le président Emmanuel Macron. Une fois de plus, ce gouvernement a obtempéré. Et le choix du gouvernement, ça a été le choix de la gauche parce que la gauche pense qu'une second tour, après le 1er mai, eh bien, ça l'avantagera. Eh bien, moi, je m'inscris en faux, je veux dire ma colère ce matin. Ce choix n'est pas un choix neutre, ça n'est pas normal sur le plan démocratique.
C'est un choix qu'on ne pourra pas changer, c'est la décision du président de la République, de toute façon. C'est à la discrétion du président de la République. Mais à quoi bon nous avoir réunis ? Si c'était à mon avis, depuis le départ, il voulait ce choix, mais qui est encore un choix qui enfreint un certain nombre de règles démocratiques pour que le scrutin se passe bien, de façon à la fois apaisée et en respectant les règles électorales habituelles.
Si jamais, d'aventure, il y avait ou un candidat RN ou un candidat de droite que vous incarneriez, il y aurait des manifestations, des mobilisations, justement, pour dénoncer l'arrivée de la droite éventuellement pouvoir.
Mais c'est un appel à ce genre de comportement. Voilà, dans la rue, la veille d'une élection, est-ce qu'on veut une démocratie apaisée, avec une conversation civique, des échanges d'arguments, ou est-ce qu'on veut autre chose ? On veut la violence ? On ne s'y prendrait pas mieux.
Non. Vous avez déclaré lors de votre meeting au Parc Floral de Paris le 20 juin dernier, je fais le serment de gagner en 2027. Vous êtes sûr d'aller au Boubrun-Retailleau ? Vous nous dites, je serai présent le 18 avril.
Absolument certain. Je voudrais l'expliquer de la façon la plus claire possible à celles et à ceux qui nous écoutent. Je signe la France, je serai à Brest demain, je serai à Aix et à Marseille après-demain. Mais ce que je ressens, quand je vois, je discute avec les gens, c'est qu'il y a deux choix, vraiment, qu'ils récusent, qu'ils repoussent. Le premier, ce serait la troisième saison du macronisme, avec un des anciens premiers ministres d'Emmanuel Macron. Édouard Philippe, Gabriel Attal. Voilà.
C'est bonnet blanc, blanc bonnet pour vous ?
Mais ils sont contaminés. Ils sont contaminés par le bilan d'Emmanuel Macron et je pense qu'ils ne parviendront pas à se décontaminer.
Et pas vous, qui avez été ministre aussi d'Emmanuel Macron ?
Non, parce que j'étais un ministre de l'intérieur de cohabitation. Et c'est apparu très clairement, aux yeux de tous les Français, que sur beaucoup de sujets, je me suis opposé à Emmanuel Macron. C'était le sujet corse, c'était le sujet sur l'Algérie, c'était le sujet de l'immigration. J'étais non pas un ministre de l'intérieur d'Emmanuel Macron, mais un ministre de cohabitation. Et puis, il y a l'autre choix qu'ils ne veulent pas non plus, ils ne veulent pas imaginer un second tour entre M. Mélenchon ou M. Le Pen ou M. Bardella, qui précipiterait la France dans le chaos.
Donc, entre ces choix-là étant écartés, je pense que mon projet de remettre la France à l'endroit, avec de la radicalité, mais aussi de la raison, c'est ce que choisira les Français.
De la radicalité, on y reviendra. Mais pour vous, RN et les filles, même combat ? C'est-à-dire qu'au second tour, si d'aventure vous n'étiez pas qualifié, vous ne choisissez pas ? Vous votez blanc, Bruno Retailleau ?
Ah non, mais jamais vous ne me feriez... Le 2 mai 2027 ? Laurence Ferrari, je ne m'avouerai jamais vaincu. Votre question précédente...
Même en janvier, si vous êtes derrière dans les sondages, Edouard Philippe ?
Votre question précédente était de dire est-ce que Bruno Retailleau vous décrocherait ou pas ? Parce que je serai au second tour. J'en ai l'intime conviction. Tout simplement parce que les convictions que je porte depuis longtemps, moi je n'ai pas changé d'avis comme beaucoup d'autres, je les porte depuis très longtemps, correspondent aux aspirations des Français. Et les solutions que je mets sur la table, que je propose, sont les bonnes solutions pour remettre la France à l'endroit.
Mais est-ce que vous mettez un signe égal entre le Rassemblement national et la France ?
Vous savez bien que non, j'ai déjà répondu ici. Je pense que LFI, pour la première fois, on a un parti qui revendique la violence, la brutalisation, la conflitalisation du débat politique. Mais pas seulement. Regardez ce qui s'est passé à Lyon. On a un parti, notamment les Insoumis, toujours, qui font du racialisme leur fond de commerce, de l'antisémitisme aussi, leur fond de commerce. C'est du jamais vu, depuis très longtemps.
Donc ce n'est pas exactement la même chose pour vous. On connaîtra le 7 juillet prochain le nom du candidat officiel du RN. Marine Le Pen, Jordan Bardella, c'est la même chose pour vous ? C'est la même campagne pour vous ou pas ?
Ou vous ajusterez ? Peu m'importe. Peu m'importe. J'attends la décision de justice. Simplement, pour moi, le Rassemblement national, est un parti démagogique. Vous trouverez très peu de sujets, d'ailleurs, sur lesquels il n'est pas changé d'avis. Sur l'euro, sur l'Europe, y compris sur l'immigration. Il voudrait jadis l'immigration zéro. Sur les retraites, sur le nucléaire. Il n'y a pas un seul sujet, parce qu'il faut toujours être dans le vent. C'est un parti girouette, un parti attrape-tout. Et je pense que la France, elle a besoin de constance. Je pense qu'on a beaucoup souffert, avec Emmanuel Macron, de ce manque de cohérence, de constance. Il n'y a pas de cap.
On fait des têtes à queue en permanence, sur tous les sujets. Il fallait arrêter Fessenheim et le nucléaire. Et maintenant, il faut construire 14 réacteurs. Sur chaque sujet, il y a eu des têtes à queue, il y a eu des zigzags. Et je pense que c'est ce qui a épuisé la France et les Français. Donc, ne recommençons pas avec d'autres visages.
Bruno Retailleau, vous voulez remettre la France à l'endroit. C'est votre slogan. Est-ce que vous arrivez déjà à remettre à l'endroit votre parti ? Est-ce que déjà, ce n'est pas un peu la zizanie ? Dans vos rangs, avant même que le grand match de la présidentielle ne commence, Bruno Retailleau ? Mais où est la zizanie ? Où sont les barons ?
Mais les barons, regardez François Baroin, Gérard Larcher, Barli Pécresse et bien d'autres étaient à mon petit.
Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand ?
Combien, combien, combien ? Deux, trois ? Attendez, deux, trois ? Pourquoi ils ne sont pas là ? Mais moi, ma façon de gouverner le parti, c'est la façon dont je gouvernerai la France. Je m'adresse aux militants. Je m'adresse à la base, vous voyez. Ceux qui vous ont désigné, clairement. Ceux qui m'ont désigné. Et ce n'est pas un, deux ou trois chapeaux à plumes qui peuvent faire… Je ne veux pas être pris en otage. Parce que j'ai vécu trop d'élections présidentielles, où les uns ou les autres faisaient de l'eau tiède, une synthèse molle, parce qu'il ne fallait pas déplaire à tel ou tel chapeau à plumes. Moi, je suis libre.
Et je pense que la France est dans un tel état qu'il faut des solutions qui ne doivent pas être, si j'ose dire, négociées dans des arrières boutiques politiciennes.
D'accord. Mais il n'empêche que pour vous, le grand danger, c'est un affrontement RN et les filles. Et que vous ferez tout pour l'empêcher. Quitte à créer des alliances dans cette immense blanque centrale où il y a un coup d'un par jour, voire deux par jour, où Bruno Retailleau ? Vers qui vous tournez-vous ?
Je vous ai répondu.
Où sont vos alliés ? Non, non, mais où sont vos alliés ? Je ne vous parle pas de la famille.
Ah non, mais mes alliés, une fois élus président de la République, j'aurai une majorité. Non, non, avant, avant, dans ce bloc central. Mes alliés, ce sont les Français.
Qui vous attirez à vous ?
La politique, c'est une dynamique. Exactement. Mais la dynamique, vous ne la faites pas en haut. Vous la faites sur le terrain. La dynamique, ce sont les Françaises et les Français. Moi, je veux appeler précisément à voter pour moi, pour mon projet. Tous les Français, je les ai appelés, la France des honnêtes gens, la majorité nationale. Parce qu'ils en ont marre. On a une justice qui ne fonctionne plus, un hôpital fragilisé, une école qui est en train de fabriquer, en réalité, des inégalités.
Vous savez qu'en France, c'est le lieu, c'est le pays de toute l'Europe où le lien entre la situation des parents, la situation sociale, le revenu des parents et la réussite des enfants, des élèves, est le plus resserré. Alors, à quoi ça sert l'école républicaine ? Jamais plus on devrait prononcer cette expression d'école républicaine. Moi, demain, je veux donner à chaque Français, petit Français, d'où qu'ils viennent, d'où qu'ils soient, les mêmes conditions de réussite, à condition de l'effort et du mérite. Mon projet, pour l'école, ce sera une école républicaine méritocratique.
Bruno Retailleau, parlons de justice, vous l'avez évoqué. Dimanche prochain, à Narbonne, aura lieu le dernier hommage pour le jeune Louis, 17 ans, qui a été massacré, comme vous le savez, une dizaine de jours par cinq jeunes, dont trois mineurs. Sa famille demande que tous les politiques viennent, qu'il y ait une démarche transpartisane autour de la protection de l'enfance, autour de la justice des mineurs. Est-ce que vous répondrez présent à l'appel de la famille de Louis ?
Écoutez, le rôle des hommes et des femmes politiques, c'est d'agir. Ça n'est pas de manifester. Donc vous n'y répétez pas. Ça n'est pas de pétitionner. Le rôle des hommes et des femmes politiques, c'est de proposer des solutions. Ça fait des années que je demande que la justice des mineurs change. Aujourd'hui, on est contraint, le Conseil constitutionnel a annulé, a censuré une loi qui était plutôt timide il y a exactement un an qui voulait durcir la justice des mineurs. Moi, je veux que dès le premier délit grave, les mineurs puissent aller pour quelques semaines en prison parce qu'il y a une violence incroyable.
Est-ce que vous savez, Laurence Ferrari, qu'il y a un triplement justement des victimes qui sont des mineurs en une dizaine d'années ? Il y a un doublement justement de ces mineurs qui font ces tentatives d'homicide. Donc il faut durcir cette politique-là et nous ne parviendrons pas par la loi simple. Il faut réviser la Constitution et je suis le seul, écoutez-moi bien, à m'engager pour vivre aux Français par référendum après révision de la Constitution. C'est vous qui choisirez la politique pénale parce que la justice en France est rendue au nom du peuple français. Eh bien, je veux que ce soit le peuple français qui en décide.
Et vous avez des propositions à faire. Mais moi, vous me parlez de loi, vous me parlez de politique, moi je vous parle d'être de bon sens. Qu'est-ce qu'il y a de plus important que d'être aux côtés de la famille de ce jeune homme ? Qu'est-ce qu'il y a de plus important pour une heure ? Mais être aux côtés, mais j'en ai marre. De leur dire, on est avec vous. On est assez intelligents pour se mettre autour de la table et réfléchir tous ensemble.
Il fallait mettre des bougies. Très bien, il y a la compassion. Et moi, je veux dire à la famille, bien sûr, on en a fait partie, bien sûr. Mais l'important, l'important, l'important de Laurence Ferrari, c'est de prendre des décisions. Et moi, je me présente comme candidat à l'élection présidentielle. Ce que je veux dire à cette famille, comme à la maman d'Elias, comme à tous les autres, c'est que ma main ne tremblera pas. On va renverser la table. Je veux remettre la France à l'endroit. Et remettre la France à l'endroit, ça n'est pas de pétitionner. Ça n'est pas de manifester, c'est de prendre des décisions.
On ne peut pas traiter les mineurs d'aujourd'hui qui sont ultra violents, qui n'ont aucune empathie, parfois, malheureusement, qui peuvent tuer dans des conditions abominables comme on les traitait avec l'ordonnance de 1945. Donc il faut les juger
comme des adultes. On les juge comme des adultes. On fait sauter
l'excuse de minorité. Mais surtout, oui, ça fait partie, bien sûr, on inverse la logique de l'excuse de minorité, notamment entre 16 et 18 ans. On revoit aussi l'âge de la majorité pénale, il faut l'abaisser. Mais surtout, surtout, il y a une contention. Devant des mineurs qui n'ont plus de limites, il faut remettre des limites. La première limite pour des gens, pour des jeunes mineurs qui ne pensent plus, qui n'éprouvent plus aucun sentiment, c'est de les enfermer dans des prisons qui sont spécialisées, dans des prisons. C'est vous qui construisez les prisons ? Bien sûr. En combien de temps ? Mais en très peu de temps. Et s'il faut prendre une loi Notre-Dame pour le faire, on le fera.
Moi, je connais des communes et des maires qui ne demandent pas mieux que d'avoir justement ce type d'établissement. Ce sera des prisons qui comporteront moins de moyens de sécurisation parce qu'on n'a pas affaire à des terroristes. Mais il faut les emprisonner par des courtes peines. Quelques semaines, les Pays-Bas ont tenté cette politique. Et ça a fonctionné.
Combien de places de prison vous proposez ? En combien de temps ? En un an ?
Pas en un an. Il faudra qu'en cinq ans. Bien sûr, en cinq ans parce qu'on ne peut pas le faire en un an. Mais les premières places de prison, de même que je réfléchis aussi par région, à ce qu'il y ait des établissements militarisés qui puissent rééduquer avec une discipline de fer un certain nombre de jeunes que l'école ne parviendra plus à remettre dans le droit chemin.
Vous pensez que l'armée elle est moyen, encore une fois ?
Ce n'est pas nécessairement l'armée.
Elle est déjà à l'os, l'armée ?
Ce n'est pas nécessairement l'armée. Mais il faut des établissements avec une discipline de type militaire extrêmement stricte si on veut donner une chance à ces jeunes de pouvoir se réinsérer. Parce qu'aujourd'hui, malheureusement, qu'est-ce que notre société leur propose ? On leur propose une impunité et on les enferme dans des parcours de délinquance. J'ai souvent dit à ce micro que, ministre de l'Intérieur, à chaque fois qu'il y avait des tentatives de meurtres, des meurtres de mineurs, je faisais remonter par les gendarmes, les policiers, les antécédents judiciaires. Souvent, c'était plus de 25. Plus de 30 antécédents judiciaires.
Ils commencent par voler un oeuf, un bœuf avec violence et puis ça se termine dans 100.
C'est de l'ensauvagement, Bruno Retailleux, parce qu'on sait que votre successeur, Laurent Mnieuse, répugne à employer ce mot. C'est de l'ensauvagement.
Bien sûr, c'est de l'ensauvagement. Arrêtons. Les Français sont en colère. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que ne croient plus en la parole publique ? Tout simplement parce que la parole publique triche. Parce que la parole publique ne colle pas à la réalité. On minimise, on relativise, on euphémise. La première chose pour que la politique retrouve sa puissance, sa puissance, notamment de conviction, et l'adhésion de nos compatriotes, c'est de dire ce que l'on voit, ce que voient les Français, parce qu'ils ont du bon sens. C'est une politique de bon sens, moi, que je veux mener. Quand je dis que je veux remettre la France à l'endroit, je ne vais pas aller chercher de milliers à 14 heures.
Je prendrai des solutions de bon sens, d'évidence qui fonctionnent en changeant, en renversant la table.
Alors, il y a aussi des questions budgétaires qui sont évidemment devant nous. Il y a le mur de la dette qui est en train d'apparaître, enfin qui apparaît depuis longtemps. Qu'est-ce que vous proposez pour résorber 3 600, allez, milliards de dettes ? C'est tellement hallucinant qu'on a du mal à l'envisager. Il n'y a qu'une seule façon en fait de réduire nos déficits. Baisse drastique de la dépense publique. Où est-ce que vous coupez Bruno Retailleau ? Où vous coupez dans quelle administration ?
Laurence Ferrari, je voudrais ce matin qu'on prenne date. Je pense qu'après la pandémie, après la guerre en Ukraine, je pèse mes mots, la prochaine catastrophe, elle sera budgétaire. On lève plus de 30 milliards d'euros d'emprunts par mois pour faire face à la... Un jour, on va avoir un pépin. C'est deux fois le budget de la ville. On ne parviendra pas, on ne parviendra pas justement à lever ses fonds. Et là, ça sera la catastrophe. Ce sera le scénario à la grecque. Et on a à l'époque, je vous rappelle qu'en quelques années, le pouvoir d'achat a dégringolé de 30%. Les retraites ont été baissées. Le traitement des fonctionnaires, ce sera la catastrophe. C'est ce qui nous attend.
C'est la raison pour laquelle ce qu'a fait ce gouvernement en suspendant la réforme des retraites, c'est terrible. Si on veut reprendre la main sur la dépense publique, première chose, une réforme des retraites. Puisque c'est la moitié, c'est l'équivalent de la moitié du déficit public. dont celles et ceux qui veulent y échapper... On coupe où dans les dépenses sociales ? Les Français ne le veulent pas ? Vous le savez très bien. Bien sûr. Écoutez, ce que moi je proposerais, je serais le protecteur des travailleurs, pas des profiteurs. Et pour la première fois, je propose qu'on puisse plafonner la totalité des aides sociales à 70% du SMIC. Première chose.
Je reverrai le fonctionnement de l'État. On ne peut pas remplacer tous les fonctionnaires qui partiront à la retraite. Je propose justement de faire baisser la fonction publique pour mieux la rémunérer aussi par ailleurs de 250 000 emplois en ne remplaçant pas l'ensemble des personnels qui partent à la retraite. Je pense que le statut, ça vaut pour les fonctions régaliennes, policiers, magistrats, mais que sinon, c'est le contrat pour avoir une gestion beaucoup plus souple. Je pense que sur l'assurance chômage, il faut être moins généreux, aider ceux qui en ont besoin, mais pas ceux qui profitent. L'AME ? L'AME, je supprime. La transforme
dans une autre aide.
Regardez, regardez les agences, les agences, regardez l'ADEME. L'ADEME qui a été financée pour faire une opération plante ton slip. Plante ton slip, vous m'entendez bien. Pour que les uns et les autres puissent se rendre compte de la microbiologie, j'imagine. Mais où va-t-on ? Où va-t-on ? On est en train d'avoir un pays qui se... Les Français qui se paupérisent et un pays qui est en train de se tiers-mondiser. Donc, je ferai un plan d'urgence de 120 milliards d'économies sur 5 ans en moins qui sera garanti par une règle d'or constitutionnelle. La première que j'avais proposée, c'était il y a 16 ans en 2010 en proposant...
Donc, c'est cohérent.
C'est cohérent.
Un tout petit mot de la canicule qui est à nouveau annoncée pour les prochains jours. Les Verts avec la France Insoumise veulent déposer une motion de censure contre le gouvernement. Ils avancent un chiffre non vérifié et réfuté par Sébastien Lecornu de 10 000 morts. Que faut-il faire lors du dernier épisode ?
Que faut-il faire ? Franchement, les Verts n'ont aucune légitimité à faire ce genre de demande parce qu'ils nous ont imposé pas à moi, mais c'est vrai un peu à ce gouvernement d'ailleurs. Les Verts ont pénétré l'appareil de l'État de façon très profonde. Ce qui fait que l'État, l'appareil de l'État a produit des normes, a produit des règles qui ne nous permettent pas de nous adapter, notamment sur la climatisation. La RE 2020-2020 qui est des règles, des normes... Vous vous rendez compte, 1892 pages, c'est énorme. Mais à chaque fois, il fallait contraindre. C'est une religion de la pénitence. On a voulu faire payer les Français pour que les Français souffrent, voyez ?
C'est ça leur idéologie. Au vert, moi je veux une écologie qui soit beaucoup plus pragmatique et non pas dogmatique. À quoi ça sert de refuser la climatisation quand on a l'énergie la plus décarbonée au monde ? À quoi ça sert d'empêcher les agriculteurs de stocker l'eau en hiver alors qu'il y a énormément d'eau et les sèches fraises l'été, etc.
Une dernière question très importante de Bruno Retailleau sur la loi fin de vie qui a été adoptée hier par les députés qui va passer devant le Sénat. Il y a peu de doute malheureusement qu'elle ne soit adoptée. Vous actez déjà...
Le Sénat la refusera. Oui.
Mais ce sera l'Assemblée qui aura le dernier mot. Vous actez déjà une défaite sur ce texte majeur.
Vous savez, c'est une défaite de la fraternité. C'est une loi qui sera sans doute la plus permissive. Vous imaginez qu'y compris pour des personnes qui sont bipolaires, ils ont refusé cette majorité qui l'a votée à l'Assemblée nationale à refuser justement ces exceptions-là.
Délai de réflexion
de deux jours. Délai de réflexion de deux jours. Donc je pense que c'est une loi d'abandon. Pourquoi ? Parce que les plus vulnérables, les plus faibles vont se retrouver devant des choix corneliens. On dit... On parle de libre choix. C'est faux. C'est un mensonge. Entre les soins palliatifs qui coûtent très cher et la solution de thanasie létale qui coûte rien du tout. Donc c'est les pauvres
pour pas diriger vers...
Quand vous aurez de l'argent et que vous n'avez pas accès, vous perdez une infirmière, etc. Et les plus modestes, non. C'est ça qui est révoltant. Et on sait par ailleurs que tous les garde-fous, le peu de garde-fous, parce qu'elle est très permissive cette loi. Cette loi... Écoutez, ces garde-fous, comme nous l'ont indiqué les exemples et les précédents, la Belgique, le Canada, les Pays-Bas, ils tomberont les uns après les autres. Vous verrez. Donc malheureusement, malheureusement, c'est pour la fraternité qui est le troisième mot, qui est le plus beau, je pense, de la devise républicaine. Je pense que c'est une défaite.
C'est le testament d'Emmanuel Macron ? C'est la dernière loi importante qu'il leur a voulu.
Écoutez, ça résume, si j'ose dire, le bilan, mais les Français ne sont pas dupes. Ils sont extrêmement sévères sur son bilan. Extrêmement sévères. À juste raison.
Merci beaucoup Bruno Retailleau. C'était votre grande interview ce matin sur CNews et sur Europe. Bonne journée.
Bruno Retailleau