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Discours / meetingRassemblement National (sur YouTube)· 29 mai 2014 6 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprises

Marion Maréchal Le Pen en débat sur la réforme territoriale

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 60 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:22Invité politiqueFait
    « La réforme territoriale prévoyant la suppression des départements et la fusion des régions est une fois de plus la démonstration de la précipitation, de la confusion et de l'amateurisme du gouvernement socialiste. »
  • 0:35Invité politiqueFait
    « Ce projet va d'abord à l'encontre de l'engagement numéro 54 du Président de la République souhaitant entre autres donner plus d'autonomie au département. »
  • 0:52Invité politiqueChiffre
    « « Des arguments en termes d'économie sont souvent avancés pour supprimer un échelon. Ils ne résistent pas à l'examen dès lors qu'il n'est pas question d'abolir les compétences que cette collectivité exerce. À part diminuer quelques dizaines d'élus, où est l'économie ? » »
  • 1:05Invité politiqueFait
    « Quant à la simplification espérée, elle aboutirait à l'éloignement le plus souvent de nos concitoyens par rapport aux décisions prises, sans effet sur l'efficacité même du service rendu. »
  • 2:14Invité politiqueChiffre
    « Vous arguez d'une économie potentielle de 12 à 25 milliards d'euros. »
  • 2:22Invité politiqueFait
    « Cette estimation de coin de table est un mensonge, car l'essentiel de ces dépenses correspond à des compétences obligatoires, donc très peu modulables à législation constante. »
  • 4:07Invité politiqueChiffre
    « On peut estimer à près de 250 000 agents, soit 800 000 personnes avec leurs familles, l'ampleur des déplacements de population. »

Temps de parole

  • Marion Maréchal100 %

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Marion Maréchal

La parole est à madame Maréchal Le Pen. Merci monsieur le Président, madame la ministre, chers collègues. La réforme territoriale prévoyant la suppression des départements et la fusion des régions est une fois de plus la démonstration de la précipitation, de la confusion et de l'amateurisme du gouvernement socialiste. Confusion la plus totale car l'action en ce domaine se caractérise depuis le 2012 par une succession de positions et de textes contradictoires. Ce projet va d'abord à l'encontre de l'engagement numéro 54 du Président de la République souhaitant entre autres donner plus d'autonomie au département.

Le 5 octobre 2012, lors de la clôture des états généraux de la démocratie territoriale, François Hollande dénonçait lui-même les défauts majeurs de la suppression du département. Je cite « Des arguments en termes d'économie sont souvent avancés pour supprimer un échelon. Ils ne résistent pas à l'examen dès lors qu'il n'est pas question d'abolir les compétences que cette collectivité exerce. À part diminuer quelques dizaines d'élus, où est l'économie ? Quant à la simplification espérée, elle aboutirait à l'éloignement le plus souvent de nos concitoyens par rapport aux décisions prises, sans effet sur l'efficacité même du service rendu.

À Manuel Valls ensuite d'enfoncer le clou en déclarant au Sénat le 15 janvier 2013 « Le département est un échelon de proximité essentiel, un échelon républicain par excellence. À ce titre, il conserve toute sa pertinence. » va aussi à l'encontre de la loi toute récente, pourtant, du 27 janvier 2014, qui fait du département le chef de file de solidarité des territoires et consacre son rôle dans plusieurs domaines. Amateurisme, car on ne bouleverse pas intégralement l'organisation territoriale d'un pays en six mois sans risquer de mettre à mal le bon fonctionnement des services publics. Les Français n'ont pas voté en 2012 sur la base d'un projet de charcutage électoral.

La suppression du département nécessiterait une révision de l'article 72 de la Constitution. Dans la conception républicaine du Front National, une telle atteinte à la cohésion territoriale et sociale doit relever du vote par référendum. Vous pourrez mesurer d'ailleurs à cette occasion la lucidité des Français déjà exprimés lors du référendum alsacien. Vous arguez d'une économie potentielle de 12 à 25 milliards d'euros. En fumage qui ne tient d'abord pas compte des coûts liés à la déstructuration des territoires. Cette estimation de coin de table est un mensonge, car l'essentiel de ces dépenses correspond à des compétences obligatoires, donc très peu modulables à législation constante.

A moins que vous ne prévoyez le démantèlement des services publics locaux pour dégager de telles économies. Personne n'est dupe évidemment de la stratégie cherchant à repousser une nouvelle déroute électorale. Mais faisant d'une pierre deux coups, vous répondez directement à une recommandation du Conseil de l'UE de 2013 sous prétexte d'austérité. M. Claudie Breton, président de l'Assemblée des départements de France, a lui-même déclaré « Ce Big Bang n'est porté que par les seules demandes des grandes institutions financières et technocratiques européennes.

» Notre pays doit rester indépendant et se doter d'institutions qui correspondent à son identité, son intérêt et son projet de développement. Votre fascination pour l'Allemagne vous pousse à singer le modèle régional des landers. La vérité est que vous satisfaites là le dessin final d'une Europe fédérale des régions cherchant à tout prix la disparition de la nation au profit d'une organisation intercommunalité région-UE.

Demain, l'échelon national, vidé de sa substance politique par des transferts de souveraineté successifs vers le haut et le bas, sera définitivement achevé par le risque de dislocation de ses frontières nationales suite à la potentielle fusion de territoires transnationaux comme par exemple les Pyrénées-Orientales avec la Catalogne. La Cour des comptes doit éclairer le débat public sur la marge réelle d'économie réalisable. En effet, cette réforme aurait de graves impacts sur la population, l'activité économique, les services publics et l'emploi.

Ces super régions seront polarisées sur le devenir de la métropole chef-lieu et des grands centres urbains au détriment de l'équilibre avec les territoires ruraux ou périphériques. Évidemment, cela aboutira au transfert vers les grandes métropoles de la majorité des emplois des anciens départements. On peut estimer à près de 250 000 agents, soit 800 000 personnes avec leurs familles, l'ampleur des déplacements de population. De plus, il est évident que l'essentiel des services de l'État au niveau départemental seront largement regroupés au niveau régional.

Après la désindustrialisation, la crise agricole, la fermeture de sites militaires, ce serait un nouveau traumatisme pour la grande majorité de nos territoires. Le millefeuille territorial doit être réformé dans un modèle radicalement différent. La commune, lieu essentiel d'exercice de la démocratie locale, doit être préservée. Le développement anarchique, opaque et coûteux des intercommunalités doit nous conduire à assainir ce maquis en se reposant davantage sur le département. À cheval entre villes et campagnes, tout en demeurant à taille humaine, le département doit devenir l'échelon privilégié de prise en charge des questions intercommunales, y compris dans les grandes agglomérations.

Ils doivent non seulement être confortés dans le rôle de garant des solidarités territoriales et sociales, mais aussi se voir attribuer une partie des compétences confiées aujourd'hui aux régions, comme la gestion des lycées et de la santé, pour les exercer en synergie avec celles qu'ils détiennent déjà. Le dépouillement des départements par les métropoles doit être abandonné, pour sauvegarder la cohérence des services publics et éviter le divorce avec les principales agglomérations et le reste du territoire. Le Région deviendrait des établissements publics de coopération interdépartementale, administrés par une partie des conseillers territoriaux représentant les départements.

Ce repositionnement comme émanation des départements permettra de garantir la complémentarité et la synergie des actions de ces deux niveaux de collectivité. Les attributions actuelles des régions en matière de développement économique et d'organisation des transports reviendraient à l'État, qui pourrait impulser des stratégies de développement. Commune, département, État-nation, tel est le modèle qui nous sépare et qui nous opposera lors de l'examen de cette réforme. Je vous remercie. Merci.