«Je ne renie pas ce qu'il a porté comme vision pour le pays» : le bilan Anne Genetet sur la présidence d'Emmanuel Macron
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 90 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:21OuverteRéponse directe
Pourquoi avoir choisi de soutenir Gabriel Attal ?
- 1:30OuverteRéponse directe
Quels éléments retenez-vous du bilan de Macron ?
- 2:10RelanceRéponse partielle
On oublie les Français dans les relations internationales ?
- 4:33RelanceRéponse directe
Admettez-vous un refus d'obstacle sur 10 ans ?
- 6:12OuverteRéponse directe
La vision macroniste est-elle dépassée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:36Anne JeunetetFait
« par loyauté au parti auquel j'appartiens, dans lequel je suis rentrée en 2017. »
- 0:42Anne JeunetetFait
« Par ailleurs, je travaille avec lui depuis plusieurs années sur différents sujets. »
- 1:58Anne JeunetetFait
« N'oublions pas que l'emprunt commun de tous les pays, au moment de la crise Covid, qui l'avait impulsé, et c'était le président Macron, pour ne donner que cet exemple-là. »
- 5:29Anne JeunetetFait
« il est allé beaucoup trop loin. »
- 5:30Anne JeunetetChiffre
« Sur les 1000 milliards de dettes de M. Macron, le Covid, c'est 300 milliards. »
- 4:07Anne JeunetetFait
« c'est de revenir à cette fameuse, ce qu'on appelait à l'époque TIPP flottante. »
- 7:35Anne JeunetetFait
« Vous prenez les téléphones mobiles que vous avez là, vous pensez que demain on va le fabriquer nous-mêmes en France ? »
- 8:10Anne JeunetetFait
« la société qui produit des microprocesseurs aux Pays-Bas, à SML, qui est fondamentale sur la chaîne de valeur de ce qu'on peut faire aujourd'hui en IA. »
Temps de parole
- Présentateur61 %
- Présentateur 218 %
- Invité9 %
- ?8 %
- Invité 24 %
≈ 31,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Europe
1 Soir, 18h-20h, Pierre De Villeneuve. Adrien Matou, bonsoir. Bonsoir. Directeur adjoint de Marianne. Bonsoir Agile Boutin. Bonsoir Pierre. Journaliste politique et économique au Figaro. Bonsoir Anne Jeunetet. Bonsoir M. De Villeneuve. Merci d'être avec nous ancienne ministre de l'Éducation nationale et député Ensemble pour la République. J'ai une question naïve à vous poser. Pourquoi est-ce que dans la grande famille d'Ensemble pour la République, vous avez choisi de soutenir Gabriel Attal
? Alors
par loyauté au parti auquel j'appartiens, dans lequel je suis rentrée en 2017. Et la loyauté pour moi n'a pas de prix. Et donc je
soutiens le parti. Donc c'est lui le président,
donc
je le soutiens lui. Donc c'est lui
absolument. Par ailleurs, je travaille avec lui depuis plusieurs années sur différents sujets. Et j'ai toujours apprécié la manière dont il voit les choses, la manière dont il les analyse, la vision qu'il porte. La pertinence de sa réflexion, il est toujours très rapide,
il
est toujours très très vif.
Très rapide et
très rapide pour critiquer le président aussi. Ça c'est possible.
Est-ce que vous
partagez cette critique du
coup ? Vous savez, par
rapport au président de
la
République, je n'oublierai jamais qui m'a permis d'être devant vous aujourd'hui. Et je considère qu'aujourd'hui, je dois évidemment m'en affranchir, parce que ce n
'est
pas lui qui va faire la suite de ma vie politique.
Ah
donc,
c'est un
vieux kleenex. Mais sans le renier, je ne renie pas ce qu'il a porté comme vision pour le pays. Le premier mandat dans lequel il y a beaucoup de choses que je pense étaient très bonnes pour le pays. Ensuite un deuxième mandat qui est évidemment plus qu'en demi-teinte. Mais voilà, je n'oublie pas d'où je viens. C'est important de savoir d'où on vient.
C
'est un vrai mutatis, mutandis pour ne pas dire un en même temps ce que vous venez de nous faire.
C
'est-à-dire que
le
bilan, qu'est-ce que... Alors justement, c'est intéressant. Bilan, demi-teinte, qu'est-ce que vous retenez vous, Anne Jeunetay ? Vous voulez dire du... Des
dix ans d'Emmanuel Macron
? Alors cette vision pour le pays profondément européenne, cet souci d'autonomie stratégique, de volonté. Et d'ailleurs, même si dans le premier mandat, il a cherché un peu ses marques, dans le deuxième mandat, dans les relations internationales, je peux vous dire que vu de l'étranger, où je vais régulièrement, parce que c'est ma circonscription, aujourd'hui, il y a une demande de président Macron. Que va-t-il se passer après lui ? Une reconnaissance qu'en Europe, c'est vraiment un leader.
C
'est quelqu'un qui a tiré sa tombe d'idées. N'oublions pas que l'emprunt commun de tous les pays, au moment de la crise Covid, qui l'avait impulsé, et c'était le président Macron, pour ne donner que cet exemple-là. Donc oui, c'est quelqu'un qui avait une vision européenne, que je partage totalement. C 'est intéressant ce que vous dites, parce qu'en fait, on est au sommet des relations internationales, mais en fait, on oublie les Français là-dedans. Les Français qui, tous les jours, et on la montre depuis les reportages de ce soir encore, on a du mal à faire le plein,
on
a du diesel à 2,97, encore, on me montrait tout à l'heure, Pierre Chasseret. C'est un président totalement déconnecté des Français, qui va donc au sommet européen et
international ? Alors, je ne suis
pas tout à fait... Alors, il y a deux choses. D'abord, dans l'ensemble, quand vous travaillez sur des sujets européens, n'oublions pas que l'Europe, elle est là pour protéger ses citoyens. Quand
vous empruntez... Vous avez vu le résultat ?
Vous vous adressez aux éditeurs d'Europe 1 qui vous écoutent, Anne-Jean
-Tel ?
Non,
mais
je sais, mais je veux vraiment
le dire... Et qui ont du
mal à faire leur plein. Quand
il
y a le quotidien, aujourd'hui, ce qui se passe, et qui est très grave, et pour lequel, n'oublions pas que la situation du prix du carburant aujourd'hui, n'avons pas la main dessus. N'oublions pas que c'est un... Alors, ça ne
veut
pas dire
qu'il n'y a rien à faire.
On peut baisser les taxes,
on peut baisser les CEDE. Le prix
concrètement, le fait qu'il y ait une augmentation en flèche du prix du carburant, du prix du lit d'essence aujourd
'hui,
c'est la situation internationale, il ne
faut
pas l'oublier. Ce n
'est
pas d'un seul coup une décision du Premier ministre ou du gouvernement.
En attendant, je ne sais pas si M. Macron a
réussi à ouvrir le détroit d'Hormuz. Maintenant, ce n
'est
certainement pas lui tout seul, ça se saurait. Non,
mais vous voyez ce que je veux dire.
Non, mais ce n
'est
donc pas lui qui va résoudre cette crise-là tout seul. Ça va être internationalement et ce n
'est
pas forcément à la main non plus des Européens. On voit que le sujet, c'est un sujet de conflit entre l'Iran d'un côté, Israël et les États-Unis de l'autre. Donc, les Européens ne sont pas forcément
sur
la carte. Il y a une main pour éventuellement baisser le prix de l'essence. Alors, ensuite, sur le prix du carburant, pour baisser le
prix de
l'essence, alors, moi, je peux vous dire qu'aujourd'hui, je suis co-signataire d'une proposition de loi qui a été déposée ou qui va être déposée dans les heures qui viennent par mon collègue François-Cormier-Boulijon qui propose de revenir sur ce qui avait été fait à l'époque de Lionel Jospin. Vous savez, cette partie de taxes, on a beaucoup de taxes sur
le carburant. On a même 60%.
60%, on a même une taxe sur la taxe. Il y
a
une partie, et lui, ce qu'il propose, c'est de revenir à cette fameuse, ce qu'on appelait à l'époque TIPP flottante. On va être simple. En gros, c'est de dire quand le prix du carburant augmente, il y
a
une partie de la taxe qu'on va faire baisser. En gros, on ne change pas les revenus pour l'État. L'État ne s'enrichira pas sur la hausse du carburant. Mais en revanche, ça permet d'alléger le prix à la pompe pour le consommateur et le rouleur, celui qui consomme cette essence. Donc ça, ça peut être une position intéressante. C
'est
pour ça que j'ai co-signé sa proposition de loi.
On
verra si elle peut aboutir. Mais voilà une proposition que je trouve intéressante.
Gilles Boutin, admettez-vous quand même qu'il y a eu un refus d'obstacle tout au long de ces dix années puisqu'on n'est pas en capacité aujourd'hui d'encaisser ce choc. Bien sûr.
Oui, je le reconnais.
Mais Gabriel Attal a l'air de lui dire que vous soutenez, a l'air de dire que non, de son temps, la croissance, elle était meilleure, que les taux ne s'étaient pas encore emballés. Il se lave les mains de ce qui a précédé alors qu'il est passé à Bercy et à Matinou.
Moi, je vais revenir sur 40 ans d'histoire, notamment de la dette sociale de la France. Prenons le livre de Nicolas Dufour qui l'explique extrêmement
bien.
Je crois qu'il faut arrêter de cibler tel ou tel. Nous avons tous une part de responsabilité collective la responsabilité. N'oublions pas que jusqu'à la crise Covid, les chiffres économiques de l'économie étaient bien meilleurs. Le chômage s'améliorait, était en temps recul. La croissance était là. La création d'emplois était là. Donc, il y avait des indicateurs qui étaient extrêmement porteurs. Ensuite, crise Covid et là, le quoi qu'il en coûte
qui
est allé clairement, je le dis et je le reconnais, il est allé beaucoup trop loin. Sur
les 1000 milliards de
dettes de M. Macron, le Covid, c'est 300 milliards. Donc, il y a 700 milliards où c'est des augmentations par des fonctionnaires supplémentaires, par une augmentation de l'administration et des budgets de l'État. Donc, on
ne peut
pas
tout
mettre sur le Covid.
Et
vous le savez.
Non, non.
Je ne mets pas tout sur le Covid.
Je
dis que ça a été un élément et je le donne en exemple parce qu
'au
cours des 40 dernières années, encore une fois, quelles que soient les tendances
politiques du gouvernement... Ça a été mondial, le Covid. Donc,
il y a des pays qui s'en sont
sortis. Il y a des pays qui
s'en sont sortis. Parfois, rappelons-nous les mesures anti-inflationnistes que nous avons prises à ce moment-là. Certains pays européens européens
est à 20% d'inflation,
notamment dans les pays baltes. Là où nous, on a réussi à contenir beaucoup plus notre inflation mais à un prix avec un coût social derrière et un coût budgétaire pour l'État, très important.
Adrien Matou.
Moi,
j
'ai
une question plus idéologique parce que vous nous avez parlé de
votre
foi européenne et c'est vrai qu'il
y
a 10 ans, Emmanuel Macron est arrivé comme président de la République en réunissant le centre-gauche et le centre-droit autour de l'idéal européen, autour de la foi en la mondialisation, le libéralisme. Et aujourd'hui, on a l'impression que ces valeurs sont complètement minoritaires.
J
'entends même des macronistes parler toute la journée de souveraineté, ce qui aurait été inimaginable il y a 10 ans.
On
vous parlait de réindustrialiser la France, de restaurer la souveraineté, de défendre notre indépendance. Vous avez un peu adopté les mots
de
ceux qui étaient vos adversaires idéologiques il
y
a 10 ans.
Est
-ce que vous ne trouvez pas que la vision macroniste d'il y
a
10 ans est aujourd'hui complètement dépassée ?
Alors, moi, je vais vous donner mon point de vue très personnel et j'assume complètement de pouvoir peut-être un peu différente de tous mes collègues.
Je
ne suis pas forcément quelqu'un qui suit une doxa idéologique. Sur le sujet européen, je suis une profonde européenne.
Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire fédéralisme européen ? Attention, justement. On est tous européens, de fait.
Absolument. Un européanisme, je dirais, responsable. On n'est pas aveugle. C'est-à-dire qu'il faut savoir ce que ça emporte derrière et quant à la notion de souveraineté dont vous avez parlé, attention, il faut être quand même un peu lucide.
C'est un
très joli mot. On peut mettre beaucoup de choses dedans mais on ne
peut
pas tout mettre.
On
ne peut pas tout mettre. Il
faut
être réaliste.
Il
y
a
des choses sur lesquelles la France ne sera jamais souveraine. Jamais. La France ne
sera jamais
souveraine sur certaines choses ?
Évidemment.
Vous prenez les téléphones mobiles que vous avez là, vous pensez que demain on va le fabriquer nous-mêmes en France ?
C'est autre chose que la souveraineté.
Non
mais
contrôler une chaîne de valeur
pour
être souverain sur une chaîne de valeur, il
y
a des chaînes sur lesquelles on ne le sera jamais. En revanche, on peut peut-être améliorer ou limiter nos dépendances en européen. Ça, oui. Et là, c'est pour ça que je rejoins le projet européen et en disant à mes concitoyens c'est une manière de mieux nous protéger.
Quand vous dites en européen, par exemple, si une usine de fabrication de je ne sais quoi passe du Vietnam à la Pologne, ce sera en européen ? Mais pour les Français, qu
'est
-ce que ça change ?
Je vais vous donner un exemple très précis qui est la société qui produit des microprocesseurs aux Pays-Bas, à SML, qui est fondamentale sur la chaîne de valeur de ce qu'on peut faire aujourd'hui en IA.
Elle
est aujourd'hui aux Pays-Bas. Là, c'est là que je dis en européen. Nous avons, nous, Européens, accès aussi à cette usine de production. On peut en européen aussi décider d'avoir un impact, ça je le souhaiterais d'ailleurs, beaucoup plus fort sur ce que sont les producteurs aujourd'hui d'IA chinois d'un côté, américain de l'autre.
En
plus, on a une énergie,
je
pense à l'électricité, à un prix qui permet
d'utiliser... Malgré l'Europe.
Exactement. Donc, on a quand même accès à une énergie qui est un problème pour les Américains, moins pour les Chinois, évidemment. Donc, là, sur ce sujet-là, voilà un exemple sur lequel on ne va pas avoir des usines à SML dans chacun des 27 pays européens. Ça n'a pas de sens. En revanche, c'est là qu'il faut prendre des décisions collectives et moi,
c
'est tout l'effort qu'on doit faire. Je me pose parfois la question de savoir si Mme Ursula von der Leyen porte vraiment complètement ce projet européen à 27. Vous avez dit les choses. En le disant ça, vous avez dit les choses. En tout cas, je suis persuadée que c'est possible.