En 2026, Bayrou veut sacrifier les travailleurs et les plus précaires
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 7 %Attaque 73 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 43 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:24OuverteÉludée
Est-ce que c'est vrai, est-ce qu'on arrive à un point de non-retour ?
- 4:53OuverteÉludée
Est-ce que toi aussi, en écoutant François Bayrou hier, tu as été pris de panique ?
- 6:39OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce qu'il faudrait retenir de ces annonces de François Bayrou hier ?
- 9:55OuverteRéponse directe
Tu parlais de la fraude fiscale. Est-ce que tu peux préciser les chiffres ?
- 10:54OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que ça va changer dans la vie des gens, concrètement ?
- 16:57OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce qu'il faudrait faire vraiment pour changer tout ça ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:25InvitéChiffre
« Il nous a dit que c'est 5 000 euros par seconde que l'on devra rembourser. »
- 2:21InvitéChiffre
« Depuis 2017, effectivement, l'endettement a augmenté de 2,4 points de PIB. »
- 2:56InvitéChiffre
« Les prélèvements obligatoires, depuis que Macron est président, ils ont baissé de 2,5 points de PIB. »
- 3:31InvitéFait
« La dépense publique, elle, elle est restée stable. »
- 7:19InvitéChiffre
« Il y avait 211 milliards d'euros qui avaient été dépensés en 2023 en aide, en subvention, et en exonération en tout genre aux entreprises. »
- 9:21InvitéFait
« Changer le RSA pour se transformer en une sorte d'allocation universelle. »
- 15:56InvitéChiffre
« Le patrimoine des 500 plus fortunés aujourd'hui, il pèse 1128 milliards. »
- 34:31PrésentateurFait
« C'est en gros, lutter contre la Sistana, on est déjà un peu dans cet esprit donc il suffit d'aller un peu plus loin. »
- 34:38PrésentateurFait
« Faire des économies sur le coût de l'immigration, pour le coup, ça, ça peut être à la fois un pont pour récupérer, pour maintenir LR et récupérer les Varennes. »
- 35:19PrésentateurFait
« ils ont clairement dit sur quoi ils n'étaient pas d'accord. »
- 35:36PrésentateurFait
« la gauche, naturellement, se censurge contre ce budget. »
- 36:41PrésentateurFait
« Michel Barnier est tombé à cause du budget sur une motion de censure, donc elle avait été votée le 4 décembre. »
- 37:05PrésentateurFait
« il peut faire un 49-3, qui en gros, le gouvernement dit qu'on vote le budget dans son global, et si la motion de censure ne passe pas, et bien hop, le budget est adopté. »
- 37:57InvitéFait
« comme ce qui avait été fait en 2017 par Emmanuel Macron. »
- 38:24InvitéFait
« Toutes les garanties de protection des salariés dans les entreprises qui sont amoindries, moins de délégués du personnel, enfin, moins de représentants du personnel, plus de comités hygiène, sécurité et santé au travail. »
- 38:48InvitéFait
« comme un barème qui impose des indemnisations en cas de licenciement, du coup, plus de recours aux prud'hommes. »
- 40:48InvitéFait
« Mais même, on voit aussi le Portugal qui avait été une sorte de paradis pour les plus riches ou les retraités et commencent à resserrer les vis parce que c'est partout pareil. »
- 41:02InvitéFait
« comme la dynamique du capitalisme est à récupérer un maximum de dépenses publiques, donc il faut quand même conserver un filet de sécurité qu'il faut savoir financer un petit peu. »
- 43:36PrésentateurFait
« c'est toujours très énervant quand on compare l'État à une famille puisque le surendettement de l'État, ça ne représente pas la même chose que le surendettement d'une famille. »
- 47:11InvitéChiffre
« c'est quoi, c'est 5,4 % de déficit à 2,8 % en 2029. »
Temps de parole
- Invité60 %
- Présentateur24 %
- Présentateur 214 %
- ?2 %
≈ 11,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Hier, François Bayrou, Premier ministre de conférence de presse, qui annonçait son budget. Il y avait des choses auxquelles on s'attendait déjà, il y
a
des choses auxquelles on s'attendait un petit peu moins. Avant de rentrer vraiment dans les détails de ce que François Bayrou a annoncé, il y a un truc qui est revenu très souvent, je crois que c'est le premier quart d'heure de sa conférence de presse,
c
'est « attention, va droit dans le mur, regardez la Grèce, la dette va nous avaler, etc. » Est-ce que c'est vrai, est-ce qu'on arrive à un point de non-retour
? Je
ne
sais
pas, en disant ça, tu me fais peur. Justement, c'est le but. J'ai eu peur aussi en écoutant le premier ministre hier.
Je
n'étais vraiment pas rassuré parce que franchement, on était au bord de la falaise. On allait tous sauter si on n'allait pas appliquer ce qu'il nous disait. J'ai pris un tranquillisant et je me suis dit « qu'est-ce qu
'il
nous raconte ? » Est-ce qu'on est au niveau de la Grèce ? Franchement, pas du tout. Effectivement, il a fait hier un grand exercice de tragédie classique. Lui, le professeur de lettres classiques, il connaît ces classiques. Donc, il nous a fait peur. Il a utilisé tout ce qu'il avait en stock en termes d'images et de figures de style. Bon, mais ceci étant dit, il nous a dit que c'est 5 000 euros par seconde que l'on devra rembourser. Ça fait beaucoup,
5 000 euros par seconde.
Et puis, oui, les fonctionnaires, si vous continuez comme ça, vous serez dans la même situation que la Grèce et vous perdrez,
je
ne sais plus combien il a dit,
c
'était 15 ou 30 % de salaire, je ne
sais
plus, entre les retraités et les
salariés.
Bon, bref, c'était tragique. Est-ce qu'on est là-dedans ? Non. En fait, tout ça est fait pour… c'est un grand exercice d'infantilisation, déjà. Voilà. Ce qui est marrant, c'est que trois jours avant,
il
y avait une étude de l'OFCE, qui est un organisme avec plein d'économistes liés à… enfin, qui est relié à Sciences Po, qui expliquait que… qui refaisait un peu l'historique de la dette, de l'endettement, et qui disait, bon, mais il se trouve que depuis 2017, effectivement, l'endettement a augmenté de 2,4 points de PIB. Donc, ce n
'est
pas rien.
Il
y
a
eu le Covid, etc. Il y a eu… enfin, Macron a objecté qu'il
y
a eu le Covid, les gilets jaunes, qu'il y
a
eu quoi qu'il en coûte, la crise énergétique, etc. Non, en fait, il se trouve que ce n
'est
pas… enfin, ces dépenses, on pèse sur l'endettement de la France, mais ce qui pèse le plus, c'est le choix politique qui a été fait d'assécher les finances publiques, les recettes publiques. Les prélèvements obligatoires, depuis que Macron est président, ils ont baissé de 2,5 points de PIB. Donc, on voit 2,7 points de PIB d'endettement en plus, 2,5 points de PIB de recettes en moins. Avec… bon, alors, c'est quoi ?
C
'est la taxe d'habitation, c'est différentes baisses d'impôts pour les particuliers. Et puis, c'est aussi des exonérations en tout genre pour les entreprises. Voilà. Ce qui fait que… et pendant ce temps-là, l'OFCE nous dit, attention, la dépense publique, elle, elle est restée stable. Et pire, même. Elle est restée stable, mais même les prestations sociales, les… comment… les dispositifs servant de solidarité entre les plus riches et les plus pauvres, là, ça a même diminué ce chiffre-là. Donc, la dépense publique, le côté protection sociale, les dépenses sociales, etc., dont il nous rebat les oreilles, c'est… rebat les oreilles, pardon. C'est… en fait, le constat est totalement faux.
Tout ce qu'a dit Bayrou sert à une chose, c'est d'expliquer aux Français qu'il n'y a aucune alternative. Il n'y a pas d'alternative autre que ce que lui, il nous a annoncé. Donc, ouais, alors, du coup, c'est du velours, là. Après,
le
scénario à la grecque, la falaise,
voilà. En fait,
c'était Châteaubriand, quoi. C'était des envolées lyriques incroyables. En même temps, il a quand même assommé son auditoire, j'ai l'impression.
Tout
le monde dormait à la fin.
Ouais,
c'était dur.
Voilà. Donc, il faut se dire ça. Il faut se dire, arrêtons de nous infantiliser et voyons s'il y a des alternatives. Effectivement, il y en a. Alors, après, on en
discutera peut-être après. On
va revenir d'abord sur les propositions que Bayrou a annoncées. Je sais que, par exemple, les jours fériés a beaucoup fait parler. On reviendra aussi sur les alternatives.
Mais
peut-être avant, Bruno, est-ce que toi aussi, en écoutant François Bayrou hier, tu as été pris de panique ? Est-ce que tu as eu très peur ? Est-ce que ça y est, maintenant, tu es responsable et tu fais faire attention à ne pas trop dépenser ? Je ne
sais
pas si je suis responsable. Oui,
non,
mais c'est ce qu'a dit Stéphane.
C
'est qu'effectivement, tout l'enjeu, c'était de dramatiser la situation au départ pour pouvoir dérouler une feuille de route budgétaire qui n'est non pas, comment dire, liée à la raison, qui n
'est
non pas liée au sérieux d'un certain sérieux, mais qui est vraiment idéologique. C'est-à-dire que, effectivement, l'idée, c'était de dire qu
'il
n
'y a
pas d'autre alternative, alors que, comme tu l'as dit, tu as cité cette note de l'EFCE. L'analyse pratique est complètement différente, c'est-à-dire qu'on n'a pas un problème de dépense publique. Alors, moi, je ne
suis
pas économiste, je me réfère à l'EFCE, mais ce que dit l'EFCE, c'est qu
'on
n'a pas forcément un problème de dépense publique, on a un problème de recette. Et donc, en fait, la question de la dette, elle s'analyse toujours, il y a deux analyses possibles,
c
'est est-ce qu'on a trop de dépense publique, donc on tape dedans, ou est-ce qu'on a un problème de recette, et dans ce cas-là, on essaie de trouver des nouvelles recettes. Donc, lui, tout son but, c'était de dramatiser la situation et de dire, eh bien voilà, il faut absolument qu'on tape dans les dépenses publiques, alors qu'a priori, selon l'EFCE, le problème, c'est surtout le manque de recettes, de l'appauvrissement de l'État, par la volonté Macron et puis Bayrou qui prolongent ça, de couper certaines recettes, certaines recettes, pas toutes
les recettes.
Les recettes sur les classes moyennes, ça en continue à les récupérer, mais par contre,
sur
les revenus ou sur les entreprises, là, on appauvrit l'État de ces recettes.
Donc, c'est
vrai, c'est idéologique, il faut bien se rendre compte, c'est un choix idéologique. Parmi toutes les annonces qui ont été faites hier, alors il y en a eu des très précises, d'autres un peu moins, il a parlé des fonctionnaires, il a parlé des retraités, il a beaucoup parlé de santé, des arrêts maladie, du chômage, des jours fériés, et qu'est-ce qu'il faudrait retenir ? Est-ce que toi, Stéphane, il y a des annonces qui t'ont particulièrement interpellé, contre lesquelles il va vraiment falloir se battre ? Qu'est
-ce
qu'il faut retenir de ces annonces de François Bayrou hier
? Il
faut retenir ce qui n'a pas été dit,
bizarrement.
Il faut retenir le fait qu'il n'a pas parlé du premier budget de l'État,
qui
finalement, depuis un rapport sénatorial de notre directeur de l'Humanité, mais aussi sénateur Fabien Guay, donc ce rapport a expliqué qu'il y avait 211 milliards d'euros qui avaient été dépensés en 2023 en aide, en subvention, et en exonération en tout genre aux entreprises. Ça, c'est le premier budget de l'État. Il n'en a pas parlé. Pour lui, le premier budget de l'État, ça va être le service de la dette, mais non.
Donc, qu
'est-ce qu'on fait de ces dépenses-là ? Est-ce qu'elles sont, elles aussi, soumises à un devoir d'économie
?
Dans les faits, non. Il en a parlé un tout petit peu en disant, on
va
faire la chasse aux niches fiscales, aux optimisations, fiscales, etc., mais en restant bien dans le flou. En revanche, là où il est plus disserte, c'est quand il détaille tout son projet de budget, qui est effectivement, ce que tu disais Bruno, c'est un projet de budget de classe. C'est-à-dire que là, on sait comment on va prendre des sous aux gens qui ont besoin des services publics. On sait comment on va prendre des sous aux gens qui comptent sur la sécurité sociale, qui est le patrimoine de ceux qui n
'en
ont pas. On sait comment on va prendre des sous fiscalement avec l'année blanche qui frappera de manière indéterminée tous les contribuables. On peut dire, oui, mais ça sera proportionnel aux revenus et les riches vont payer. Oui, sauf que les riches, on voit bien qu'il y a des stratégies d'optimisation qui font que les ultra-riches payent moins d'impôts que tous les autres. Donc, c'est ça qu'il faut retenir. C'est à la fois un ciblage de classes moyennes, classes populaires, même les pauvres qui vont souffrir de toutes les coupes sur les services publics. Il y
a
même une mesure sur le... Alors, on ne sait pas trop bien ce que c'est. Et c'est changer le RSA pour se transformer en une sorte d'allocation universelle. Donc, ça part d'un bon sentiment. On va essayer de faire en sorte que toutes les allocations auxquelles les plus pauvres ont droit, ils soient fléchées dans une seule allocation. Oui, mais ça sera assorti de droits, mais aussi de devoirs, comme ce qu
'on
voit sur la loi plein emploi avec les allocataires RSA. Donc, voilà, c'est ça qu'il faut
retenir. Tu
parlais de la fraude fiscale. Effectivement, il en a deux mots, mais moi, ce qui m'a marqué en l'écoutant, c'est qu'il associe toujours fraude fiscale, fraude sociale. Pour lui, ça va ensemble. Alors qu'il faut quand même rappeler qu'en termes d'argent, ça ne représente pas du tout la même chose. Je n
'ai
plus les chiffres, mais je crois que c
'est
entre 6 et 8 milliards, la fraude sociale,
et
je crois que c'est entre 80 et 100 milliards, la fraude fiscale. Et donc, il met ça sur le même plan, en plus, en étant pas très vraiment concret sur comment on luttait contre.
Oui, et en
plus, la fraude sociale, c'est souvent... Enfin, alors, quand tu prends les dépenses de santé, la fraude, c'est souvent les professionnels de santé, soit parce qu'ils truandent, soit parce qu'ils se sont trompés dans leur déclaration. Mais c'est cette partie-là qui est plus importante. Et lui, dans l'idée de Bayrou et de la majorité relative qu'il représente, c'est plutôt les allocataires,
les
usagers de la sécurité sociale qui sont visés. Donc là encore,
il
y a des mots, mais derrière les mots, il y
a
des concepts qui ne sont pas les mêmes.
Tu parlais un peu des conséquences que ça va avoir sur les gens. Qu'est-ce que ça va changer si ce budget est appliqué ? Si ce budget d'austérité est appliqué, qu'est-ce que ça va changer dans la vie des gens, concrètement ? Parce que là, on parle de milliards, etc. Mais c'est des fois difficile de se rendre compte. OK, dans mon quotidien, moi, est-ce que ça veut dire que quand je vais chez le médecin, ça va être moins remboursé ? Qu
'est
-ce que ça veut dire concrètement si ce budget est appliqué ?
Alors prenons les... Ce qui est bien, c'est que depuis les annonces d'hier, petit à petit, les ministères savent à quelle sauce ils vont être mangés. Donc on voit à peu près... Bon, si vous êtes militaire,
vous,
ça va. Vous allez récupérer 6,7 milliards l'année prochaine en plus. Donc il y a les fameux 3,7 milliards qu'a ajouté Macron et à déjà 3 milliards qui avaient été budgétés. Le budget de l'intérieur, alors c'est avec une ligne sur les sécurités. Bon, mais celui-là va y gagner 400 millions. Donc a priori, les fonctionnaires liés, enfin les agents de police, de gendarmerie, ceux-là devraient s'y retrouver. Mais ils sont quand même dans une économie de moyens depuis au minimum les politiques Sarkozy. La justice, c'est plus de 200 millions. Bon, alors la justice,
c
'est une des plus pauvres... Française, c'est une des plus pauvres en Europe, mais on ne fait pas d'économie sur elle. L'enseignement scolaire, oui, mais c'est via les postes qui avaient été budgétés d'enseignement scolaire. Mais sur le reste de l'éducation nationale, on ne sait pas trop s'il y aura des coupes ou pas. Ça, il faudra voir. Mais après, si on prend la liste de ceux qui sont perdants et du coup, de tous ceux qui pourraient profiter de ces services publics, qui sont les usagers de ces services publics-là et qui vont se retrouver avec des services dégradés ou alors des agents qui n'y seront plus, bon, on trouve solidarité, égalité des chances, moins 1,7 milliard.
Budget travail, donc c'est France Travail, mais c'est aussi les alternants. Donc cela, moins 1,3 milliard. Cohésion territoriale, donc essayer de faire la balance entre les territoires pauvres et les territoires riches. Là, c'est moins 900 millions. L'aide au développement, les pauvres de l'étranger, on s'en fout. Voilà, moins 700 millions. On les avait déjà bien s'aborder avant l'agriculture. C'est marrant, l'agriculture avait été une
grande
priorité avec la loi Duplomb, etc. Et toutes les autres depuis un an, visiblement, c'est moins 200 millions. Donc bon, si on prend ministère par ministère, on voit qui sont les gagnants, qui sont les perdants. Mais en même temps, en fait, tous les perdants sont les usagers des services publics qui vont se retrouver face à des fonctionnaires qui n'auront pas d'augmentation de salaire collectif. Certains, au mérite, en auront.
Mais
voilà. Donc bon, ça n'aide pas à être à fond derrière ça pour ces missions. Mais c'est aussi des agents qui vont voir un départ sur trois non remplacé. Donc voilà, des deux côtés du guichet des services publics, tout le monde va y perdre. Ça, c'est clair. Et après, dans les dépenses de santé, c'est ce que tu as dit, c'est les ALD. Alors ça,
c
'est extraordinaire. Arrêt
longue durée,
les ALD.
Oui.
Donc, on a une collègue, Mathilde Texier, a fait un long article qui est publié dans le journal de lundi qui a fait parler des personnes en affection longue durée, alors qu'ils étaient soit en rémission, soit après un cancer, qui vont être visés par ces mesures. Franchement,
toutes
ces personnes-là nous expliquent qu'elles ne savent pas comment elles vont pouvoir s'en sortir. Donc voilà, ça sera peut-être aussi des jours de carence pour les arrêts maladie. Pour le moment, on n'en sait rien.
Mais
donc, en fait, tout le monde va passer à la caisse. Tout le monde ? Sauf ? Sauf ceux qui ne sont pas visés pour le moment par ce grand plan budgétaire. Donc les entreprises, là, vous regardez les réactions du Medev, TSE, PME, etc. Ils sont tous très, très contents. Et puis, les ultra-riches. J'ai pris un chiffre parce qu'il y a eu le classement challenge qui est sorti la semaine dernière. Mais c'était incroyable. On l'attend tous. Chaque année,
à l'UIT, on frémit. Oui, mais on a l
'impression que
c
'était plus challenge, c'était Oxfam. Parce qu'en fait, ils ont fait un Oxfam ou Attaque qui lutte pour une meilleure répartition des richesses. Ils ont fait un bilan de 30 ans de classement des plus riches, des Français les plus riches. Et en fait, ils sont rendus compte que le patrimoine des 500 plus fortunés aujourd'hui, il pèse 1128 milliards. Bon, celui-là, on ne sait pas trop si Bayrou a décidé de fonctionner ou pas. A priori, plutôt pas. Et leur fortune a augmenté de 14, enfin, a été multipliée par 14 en 30 ans.
Et
on nous dit, ben non, mais là, il faut garder les forces productives de la nation. Il faut les garder. Donc, surtout pas taxer ces gens-là qui sont censés, dont le patrimoine est censé révisseller. Et surtout pas non plus taper dans les grandes entreprises qui sont elles aussi censées faire fleurir notre business français.
Est-ce que vous pouvez essayer de mettre vos casques sur l'uro ?
Parce
qu'il y a des gens dans le chat qui disent qu'il y
a
un petit larsen.
Je
ne sais pas si c'est lié à ça. Mais dans le doute, on va faire ça. Sur
vos têtes ou
sur le bureau si ça vous gêne. Avant de passer un peu aux alternatives, qu'est-ce qu'il faudrait faire vraiment pour changer tout ça ? Il y
a
quand même un truc qui est revenu beaucoup sur les réseaux sur les médias, c'est les fameux jours fériés. Alors, qu'est-ce qu'en penses ? Est-ce que c'est un peu un chiffon rouge pour détourner l'attention ? Est-ce que ça va avoir des impacts concrets ? Qu'est
-ce
que tu en penses, Bruno, Stéphane, qui vous voulez
?
C'est là où peut-être on voit que Bayrou a du métier. Alors déjà, sur ce chiffre de 40 milliards, en fait, ça fait des mois qu'on l'entend. Il a
utilisé
ses conseillers pour commencer à le disséminer dans la presse ici et là. Et en fait, c'était aussi pour faire monter la tension et on ne se tenait plus. On voulait absolument que cette conférence se tienne. Après, on a été un peu déçus par l'orateur, mais il y avait quand même une grosse attente. Et le deuxième élément où on voit que c'est quand même un vieux outil de la politique, c'est qu'il a fait sa conférence le 15 juillet en sachant que la session parlementaire s'arrêtait le 11 juillet. Donc, de fait, toutes ces annonces ne peuvent que rebondir dans la presse et pas au niveau du Parlement puisque ça reprendra à la rentrée. Donc, c'est là où on voit.
Sur ces jours fériés, peut-être qu'il veut véritablement aller chercher ces économies-là, on peut aussi imaginer que c'est un chiffon rouge qui l'avance, notamment, alors, clairement, Bayrou, lui, pour éviter la censure, il faut qu'il s'aménage les voies du RN. C'est clairement son objectif. Ce n
'est
pas à la gauche qui va parler, c'est plutôt RN. Donc, peut-être qu'il a agité aussi ce chiffon rouge pour voir si ça prenait. Effectivement, ça a pris puisque tout de suite, Jordan Bardella a réagi là-dessus. Jean-Philippe Tanguy, ce matin, il a fait la tournée des chaînes d'infos quand on continuait des radios pour effectivement expliquer que les jours fériés,
c
'était une ligne rouge et donc c'était que le RN pourrait voter la censure. Tu veux que je me rapproche un peu ?
Je ne sais pas,
non, parce que je vois dans le chat des gens qu'il y a encore un petit larsen, mais je ne vois pas ce que je peux
y changer. Peut-être que je peux
décaler le micro, c
'est peut-être ça, non ? Regarde si
je fais ça. Peut-être rapprochez-vous bien du micro et comme ça, je vais baisser
un peu le gain. je me rapproche comme ça. On
va essayer. Et donc, clairement, ils expliquaient que ces deux jours fériés étaient à la fois pour la symbolique mais parce qu'en gros, on obligeait les Français à travailler gratuitement. C'était un chiffon rouge et donc potentiellement, Bayrou, ça ne lui coûterait pas grand-chose de le retirer au dernier moment et de dire ben voilà, vous n'avez plus vraiment de raison de voter la censure.
Clairement, le RN, en plus, là, je vais écrire un papier là-dessus, j'explique qu'en fait, Bayrou et le RN, c'est un peu une valse à trois temps parce que de fait, en fait, là, ça permet au RN aussi de se reposer tout de suite en faiseur de roi puisque tout de suite, ils ont rappelé, d'ailleurs, lui-même l'a rappelé qu'il n'avait pas forcément de mal pendant sa conférence. Il a expliqué qu'il n'avait pas de majorité pour le soutenir et que même dans ses soutiens, souvent, ses soutiens n'étaient pas au rendez-vous. Donc, il a envoyé un petit pic aux macronistes et aux blocs centrales. Et donc, il replace le RN en faiseur de roi. Il les laisse énerver sur les jours fériés et peut-être il
va
y avoir des discussions tout cet été et puis à la rentrée. Puis au dernier moment, il peut très bien dire « Bon, j'ai entendu ce que vous avez dit. Je retire ces deux jours fériés et vous ne votez pas la censure. » Ça peut potentiellement être une porte de sortie.
Ce
qui est sûr,
c
'est que, en tout cas, le RN est allé à fond là-dessus, à fond, à rappeler que c'était eux qui avaient fait tomber le gouvernement barmié. Sauf que, ce qu'ils ont oublié de rappeler, c'est qu'ils auraient pu, s'ils avaient vraiment voulu défendre les Français, éviter cette conférence de presse du 15 juillet puisque début juillet, avec l'échec du conclave, l'EPS a déposé une motion de censure. Et le RN ne
l
'a pas voté en disant « Bon, non, mais finalement, ce n
'est
pas là-dessus qu'on allait. » Donc, c'est là où c'est le double jeu du RN.
C
'est-à-dire que ce n'est pas une opposition radicale à Bayrou. Et donc, peut-être que Bayrou, là, est en train d'utiliser ces deux jours fériés qui est très symbolique. Alors, je ne sais pas si en matière d'économie, c'est si important que ça. Je crois que c'est 2
ou 3 milliards. On
ne
sait
pas.
Entre 2 et 4.
Voilà, entre 2 et 4, mais on n'arrive pas bien à situer. Peut-être que ça lui permettrait, voilà, et il sacrifierait ses petites économies pour éviter la censure en automne. On reviendra un peu plus tard sur ce moment, la censure et les négociations qui sont en train de se construire après la conférence d'hier. Mais peut
-être,
Stéphane, avant, tu disais qu'il y avait des alternatives, en fait, que toutes les annonces qui ont été faites hier en disant voilà ce qu'il faut absolument faire sinon nous allons voir dans le mur. En fait, il y a des choses qui sont possibles de faire mais que la France ne fait pas, en tout cas, que le Premier ministre ne fait pas. Quelles sont-elles ?
Tu
commençais à parler donc de taxer les grandes entreprises, ces
fameux de 211
000, etc.
Avant de lister les alternatives, il faut savoir dans quel projet de société on veut vivre, enfin, on veut, quoi. Parce qu'en fait, tout le discours de Bayrou d'hier, on ne sait pas vers, enfin, quel monde il nous propose.
On
n'en sait rien, c'est juste le père Lariguer qui nous explique qu'il va falloir faire des efforts, une sorte de Churchill mais sans le but de guerre, quoi. Donc, il faudrait peut-être qu'ils nous disent dans quelle société on veut aller. Ou en tout cas, enfin, on le voit en creux, c'est l'individualisation de tout. Déjà, continuer la mise au service de l'État pour les entreprises. Et puis, c'est individualiser au maximum les projets de vie de chacun qui est de moins en moins de solidarité. Je pense qu'il faut poser cette question de projet de société.
Est
-ce que c'est mauvais d'avoir une dépense publique conséquente ? Franchement, pas, ça dépend. Ça dépend de ce qu
'on
veut. Est-ce qu'on veut que chacun soit seul à assumer tous les risques de la vie ? Auquel cas, c'est le projet, enfin, on peut aller aux États-Unis et puis on voit ce que ça donne ? Ou alors, est-ce qu'on se dit « groupons-nous » parce qu'à plusieurs, on a peut-être un peu plus de moyens et on pourra se protéger mutuellement et assumer collectivement les incidents de la vie ? Alors, ça,
c
'est le projet de la sécu de 45. Mais aussi, on peut imaginer une sécu élargie. il y en a certains dans les départements qui bossent sur la sécu alimentaire, d'autres qui envisagent même une sécu environnementale pour qu'on se prémunisse chacun qu'on fasse face justement au changement climatique ensemble. Donc, en fait, c'est cette question de société qu'il faut poser. et après, mettre les projets politiques les uns en face des autres et pouvoir choisir. Là, ce qu'a fait Bayrou, c'est justement cacher son projet politique. Et une fois qu'on a dit ça, bon, est-ce que la dépense publique, c'est moche ? Nous, à l'humanité, on pense que non.
Non, parce que, déjà, on le voit, la sécu, on lui dit merci tous les jours et ceux qui la détricotent, c'est ceux qui proposent le détricotage de l'ALD, des affections de longue durée. Enfin, c'est toutes les mesures qui ont été annoncées hier. Ou alors, est-ce qu'on se dit, bon, au contraire, on renforce notre projet collectif et du coup, on va chercher les sous là où ils sont ?
Alors,
ils sont les sous.
Ils sont les sous. Ben, oui, alors,
j
'ai divulgâché un petit
peu dans mon
prolegomène, comme pourrait dire François Bayrou. Ben, ils sont là où ils se trouvent. Ben,
ils
sont dans le premier budget de l'État. Donc, voilà, les 211 milliards d'aides publiques. Les aides publiques aux entreprises, c'est pas sale. Enfin, voilà, il faut aider aussi. Enfin, l'État a toute vocation à aider les entreprises à se déployer et à aider l'activité. C'est pas ça qui pose problème. C'est le retour. C'est quelle garantie ? C'est quelle garantie en termes d'emploi ? Quelle garantie en termes de transition écologique ? Donc,
c
'est toute cette politique-là qu'il faut poser. Donc, allons-y. Comme disait François Bayrou, regardons toutes les niches fiscales et toutes les exonérations et allons au fond des choses et mettons de la politique dans tous ces milliards dépensés. Donc, ça, c'est une partie.
Et
puis, après, il y a la fameuse taxe Zuckman qui a été adoptée par l'Assemblée et rejetée par les sénateurs. Celle-ci, en fait, en imposant un plancher d'impôts de 2% sur les patrimoines des ultra-riches, ceux qui gagnent plus de 250 000 euros. Donc, on récupérait, et encore, tous ne seraient pas imposés, imposables, mais on récupérait entre 15 et 20 milliards. Donc, voilà, ça fait déjà une bonne partie de la maille. Donc, il
y
a de quoi faire. C'est juste une question de projet politique.
On parle des 211 milliards. Peut-être que pour celles et ceux qui ne sont pas au fait, il y a une commission d'enquête parlementaire sur les aides publiques aux entreprises qui a été présidée par Fabien Gué, donc qui
est
sénateur communiste, mais qui est aussi directeur du journal L'Humanité. Et donc, il y
a
une conférence de presse pour présenter ce rapport en fin de semaine dernière, c'est ça ? Jeudi ou
vendredi
?
Oui, et on en parle à ce micro lundi prochain, il me semble. Ah oui,
ça
a été recalé.
Oui, oui. Et ce qui est
rigolo, c'est que Bayrou, lui, il dit 211 milliards. Ouais, non, au doigt mouillé, c'est plutôt 100 milliards.
Oui,
alors qu'il y
a
quand même une enquête qui a duré 6 mois avec plein de parlementaires, plein d'experts qui ont été auditionnés, etc., des responsables, des chefs d'entreprise qui ont été auditionnés, etc. Donc, c'était quand même très riche. Mais non, François Véraud dit, bon,
vous exagérez quand même.
Ouais, vous exagérez. Mais même Pouyanné dit qu'il y a beaucoup d'argent, le PDG Total
dit qu'il y a beaucoup d'argent et
qu'on pourrait les conditionner. Donc, il y a quelque chose à faire de ce côté-là.
Ouais. Bruno, tu commences un peu à parler des réactions politiques. Peut-être avant de parler des réactions politiques, est-ce qu'il y
a
eu des réactions syndicales, Stéphane
?
Assurément. Vous pourrez tout lire dans le journal de demain papier, mais dès
tout de
suite, dès ce matin, sur notre site web. Oui, oui, alors, il y a tellement de scandales que les communiqués de tous les syndicats sont longs comme mon bras. Je ne sais pas
comment... J'ai tous
lu, tous épluchés. Alors, si on pouvait retenir... Bon, alors, on disait, oui, l'intersyndicale est morte, etc. Non, il faut regarder les... Après les retraites, elles n'existent plus. Bon, il faut regarder les réactions. Je trouve qu'il y a une belle reformation de l'intersyndicale et en fait, toutes ces organisations-là continuent de bosser ensemble, même s'il y a des divergences et c'est ça, le pluralisme de l'offre des organisations. C'est la démocratie sociale. Mais quand bien même, tout le monde est à peu près parle d'une même voix et il y a notamment un gros scandale qui retient leur attention qui est sur l'assurance chômage. En fait, on parlait des jours fériés mais ce n
'est
pas la seule ponction sur le monde du travail.
Il
y a donc une nouvelle réforme de l'assurance chômage qui est appelée de ses voeux par Bayrou. Bon, qu
'en
ce modo, il s'agit de remettre sur les rails la réforme Atal qu'il avait lui-même s'abordée avant les législatives anticipées pour essayer de récupérer les voies de la gauche. Bon, ça n
'a
pas fonctionné. Mais c'est grosso modo, comme toutes les réformes liées à l'UNEDIC, ça touche en même temps les règles, enfin les allocataires, donc ça touche les règles pour diminuer les allocations ou diminuer l'accès aux allocations. C'est-à-dire, il faudra travailler plus longtemps pour accéder, si on est en chômage, accéder à une allocation et on touchera moins. Mais quand on regarde, quand même, il y a eu un communiqué furibar de l'UNEDIC il y a quelques mois sur son état de forme financière. En fait, avec toutes ces réformes depuis 2021, l'UNEDIC, qui est le gestionnaire des sous de l'assurance chômage, ça aurait dû être un organisme qui roulerait, enfin qui
aurait dû
rouler sur l
'or.
Mais en fait, on est face, depuis que Macron est là, on est face à un racket institutionnalisé de l'État qui, alors la réforme attale visait à ponctionner 3,6 milliards d'euros sur l'assurance chômage, donc en moins à percevoir pour ceux qui vont tomber au chômage. Donc c'est sur le dos des chômeurs, donc c'est quand même pas une paille. Et en plus, ces réformes-là successives, elles ont privé de ressources, l'assurance chômage, elles ont enlevé, ont cumulé ces 12 milliards entre 2023 et 2026 qui ont été ponctionnés sur le dos des chômeurs, qui ont été récupérés par l'État qui en a fait quoi ?
Qu'il a utilisé pour, d'un côté, on coupe les sous du ministère du Travail et de l'autre, on fait financer par exemple la réforme France Travail et le plein emploi par les sous des chômeurs. Donc on les traite de feignants en leur disant le chômage c
'est
de votre faute et en plus on pique les sous. Voilà. Donc voilà, si on regarde tous les communiqués, ça, c'est une bonne place parce qu'on dit vous foutez de qui là ? On a fait déjà trois ou quatre réformes et en plus vous nous obligez à remettre le nez dedans alors que la dernière réforme, ces effets commencent juste à être mis en oeuvre. En tout cas, la réforme commence à être mise en oeuvre.
Et du coup, est
-ce
qu'il y
a
une réponse proposée ? Par exemple, tu parlais du conclave tout à l'heure, Bruno, qui a échoué. Est-ce que les syndicats appellent de nouveau à discuter, à se remettre autour de la table des négociations ? Est-ce qu'il y
a
des appels à la grève, à la manifestation ? Quelle est la réponse qui commence à y avoir quelque chose qui sort de tout ça ?
Alors, ils sont en discussion là actuellement pour voir s'il y a matière à faire un mouvement social à la rentrée. On a quand même entendu hier soir Sophie Binet pour la CGT et aussi la FSU côté compté fonctionnaire qui parlait d'un mouvement social à la rentrée. Là, ce qui n
'est
pas mal, c'est que Bayrou, en parlant le 15 juillet, il donne un mois et demi au syndicat pour s
'organiser. Préparer, reprendre des forces pendant
l'été et
être en
pleine forme à la rentrée.
Et en plus, nous donner un petit coup de pouce pour la fête de l'humanité. Ça va accorser un peu cette fête-là. La
fête
de l'humanité, 12, 13, 14 juillet, n'importe quoi, septembre. Voilà. Mais donc, on voit les syndicats qui sont habitués aux mobilisations, aux actions, aux grèves, mais eux, ils commencent à bouillir. Et donc, les autres syndicats qui sont un peu plus dans la négociation, qui, eux, sont quand même assez furibars et il n'est pas exclu qu'il y ait une mobilisation collective. Mais pour le moment, c'est un peu trop tôt. Il faut
voir
quelles sont les discussions. Il y
a
une démocratie, malheureusement, dans les syndicats. C'est chiant, ça prend du temps, tout ça.
Voilà, exactement.
Et on en saura plus d'ici quelques jours ou il faudra attendre la fin de l'été pour...
D'ici
ce soir. D'ici ce soir, on saura un peu s'il
y
a un mot d'ordre ou pas.
Oui,
oui, oui. On a parlé des réactions syndicales, peut-être on va parler des réactions politiques parce qu'on parlait des appels à la grève, à la manifestation. J'ai vu des tweets enflammés en disant qu'il faut reprendre la Bastille hier soir. Globalement, la gauche, je le ressens, est plutôt unie à dénoncer de manière complètement unilatérale la conférence de presse d'hier soir de François Bayrou. Qu'est-ce qu'il faut retenir ? Est-ce qu'il
y a
des réactions, Bruno, qui t'ont particulièrement interpellé, des propositions alternatives ? Qu'est-ce qu'il faut retenir
?
C'est plus sur les réactions, en fait, quand Bayrou, dans sa position, quand il conçoit son budget, alors il le conçoit de manière idéologique, mais il le conçoit aussi dans le but d'être voté. Donc, clairement, on peut s'attendre quand on voit le budget à ce qu'il ne compte pas sur les voix de gauche. Sinon, effort exceptionnel, parce qu'on est dans un effort exceptionnel, d'autant qu'Emmanuel Macron agite un peu l'idée de la guerre qui est là. Donc, il pourrait même renforcer le truc en disant qu'on lance une économie de guerre vu les enjeux internationaux auxquels on est confronté. Et donc, il aurait pu chercher à récupérer les voix de la gauche. Clairement, il ne le fait pas.
Donc, clairement, lui, sa stratégie, c'est ne pas se faire sanctionner par le Rennes et être soutenu aussi par sa base actuelle et il l'a rappelé pendant sa conférence qu'il aurait besoin de soutien et peut-être aussi avoir la droite. Sur la droite, Laurent Wauquiez a réagi. Alors, il a salué quand même le courage de Bayrou sur ce budget. Alors, clairement, il a dit, voilà, il faudrait quand même un peu le corriger donc, clairement, aller un peu plus loin encore dans l'austérité.
Mais bon, c'est déjà un bon point pour Bayrou parce que du coup, du côté LR, il peut s'attendre à un soutien et donc, Laurent Wauquiez a donné trois pistes qui, je pense, que Bayrou va réfléchir, François Bayrou va réfléchir. C'est en gros, lutter contre la Sistana, on est déjà un peu dans cet esprit donc il suffit d'aller un peu plus loin. Faire des économies sur le coût de l'immigration, pour le coup, ça, ça peut être à la fois un pont pour récupérer, pour maintenir LR et récupérer les
Varennes. Et là
-dessus, il va peut-être y aller à fond, on verra. Parce
que Rotaillou montre
bien déjà la voie
là-dessus. C'est ça, bien sûr, bien sûr. Et donc,
potentiellement, Bayrou, ça lui permet d'avoir deux, trois cartes à sortir encore. Et le dernier truc, c'est aller plus loin dans les baisses des dépenses de l'État sans trop préciser quoi. Mais voilà, donc clairement, les LR sont plutôt, alors pas satisfaits, mais en tout cas,
ils
envoient le signa que potentiellement, ils pourraient soutenir ce budget avec cette rectification. Et pour le RN, donc on a vu, ils ont clairement dit sur quoi ils n'étaient pas d'accord. Mais du coup, si tu enlèves ça, potentiellement, ils pourraient être d'accord. On verra. Mais voilà, c'est en gros, les réactions, c'est plutôt clairement le bloc, la gauche, naturellement, se censurge contre ce budget.
Et
sur les réactions à droite, eh bien voilà, on a une nuance de droite, extrême droite. Et clairement, ça dessine le chemin pour François Bayrou pour réussir à échapper à la motion de censure, clairement. Donc j'imagine que cet été, les téléphones vont chauffer, il va y avoir des réunions, etc. Pour à la rentrée, peut-être recalibrer un peu le budget pour être sûr d'avoir la droite avec soi et essayer au maximum d'éviter que le RN vote une motion de censure. Du coup, c'est bien pour les gens aussi de réexpliquer, c
'est
quoi les prochaines étapes ? Donc là, il a annoncé un peu son budget, comment est-ce qu'il faut qu
'il
fasse pour qu'il soit voté et mis en place ? C'est quoi les différentes étapes dans les prochaines semaines, prochains mois, combien de temps ça
prend ? Alors,
c'est à la rentrée parlementaire, donc ça va être à partir du mois de septembre, on ne sait pas quand exactement, ça va dépendre. Après, il va y avoir les discussions budgétaires, donc là, il va y avoir un débat sur le budget, il va y avoir les amendements qui peuvent être votés pour être ajustés, etc. Et puis, à la fin de l'automne, je pense en octobre, j'imagine que ça serait ça, ou peut-être un peu plus tard, un vote sur le budget. Mais voilà, il va y avoir la discussion,
chaque
année, il y
a
une discussion sur le budget qui s'installe. Et l'année dernière, Michel Barnier est tombé à cause du budget sur une motion de censure, donc elle avait été votée le 4 décembre,
la
motion de censure. Mais voilà,
c
'est à partir de la rentrée, discussion, c'est le Parlement qui reprend la main, discussion, amendement, etc., évolution un peu du budget, puis à la fin, soit le vote du budget, soit un 49-3, s'il n'a pas de majorité claire, il peut faire un 49-3, qui en gros, le gouvernement dit qu'on vote le budget dans son global, et si la motion de censure ne passe pas, et bien hop, le budget est adopté. Donc voilà, ça peut être ça.
Oui, le gouvernement va avoir un soutien de poids qui est le patronat, qui peut mettre de l'huile dans les rouages
de la
droite, qui a tout intérêt à ce que ça aille au bout, parce qu'il y a effectivement le côté budgétaire, mais il y a aussi les espèces de conférences sur le travail. D'abord, il y a la conférence sur l'assurance chômage, et il y a aussi en prévision des ordonnances pour à nouveau mettre un coup au code du travail, comme ce qui avait été fait en 2017 par Emmanuel Macron. en fait,
c
'est le même scénario qui va se... avec...
Ben alors... C
'est le budget qui
a
du mal à passer.
Ouais, ouais. C
'est qu'on avale des
couleuvres
depuis hier. Non, mais avec... On se souvient, 2017, c'est toutes... Comment dire ? Toutes les garanties de protection des salariés dans les entreprises qui sont amoindries, moins de délégués du personnel, enfin, moins de représentants du personnel, plus de comités hygiène, sécurité et santé au travail. Les CHSCT, obligatoires. C'est plein de choses comme ça. comme un barème qui impose des indemnisations en cas de licenciement, du coup, plus de recours aux prud'hommes. Enfin, en tout cas, on vide les prud'hommes. Donc là, il y a à nouveau en préparation une nouvelle charrette de réformes du marché du travail qui sera là aussi aux dépens des travailleurs. Donc, je voyais,
il
y avait un... Dans le chat, il y avait une réaction où de toute façon, les travailleurs, ils acceptent tout.
Je
ne sais pas si effectivement, l'assurance chômage plus les garanties au travail, le code du travail qui s'amoindrit, je ne
sais
pas si au bout d'un moment,
ça ne va
pas peser dans la balance de la mobilisation. On verra, effectivement. Mais les syndicats auront un grand travail de mobilisation à faire.
Tu parlais du patronat et du soutien qu'il pourrait être pour le gouvernement. Vous parliez aussi de la taxe du CMAN. J'ai pensé à ça juste avant parce que je regardais un thread Twitter où il répertoriait tous les arguments ou les journalistes de plateau télé qui disaient non,
mais
la taxe du CMAN, ça va faire fuir les riches, exil fiscal, etc. C'est souvent un argument pour dire non, mais ce n
'est
pas tenable de taxer les riches, de taxer les grandes entreprises. Ce n
'est
pas possible parce que sinon, on va leur faire peur et ils vont partir. est-ce que c'est un argument qui tient
? Ben
non. Ben non. C'était
rhétorique. Mais alors, pourquoi il ne tient pas,
Stéphane
? En
fait, tu es droite. C'est quoi
?
Je voulais juste
le découvrir, ça va, j
'étais fort. Il ne tient pas parce qu'il y a... Parce que, bon, alors, à contrario, tout a été fait pour les conserver, mais même les grandes vagues d'immigration, enfin, d'émigration, comme si on était au
temps
de la Révolution française, ça correspondait à finalement peu de gens et les autres pays ne sont pas cons non plus. Ils savent leur intérêt à mettre en place des systèmes de taxation, y compris les Etats-Unis. Mais même, on voit aussi le Portugal qui avait été une sorte de paradis pour les plus riches ou les retraités et commencent à resserrer les vis parce que c'est partout pareil. comme la dynamique du capitalisme est à récupérer un maximum de dépenses publiques, donc il faut quand même conserver un filet de sécurité qu'il faut savoir financer un petit peu.
Mais pareil, on parle de l'Italie aussi qui serait la nouvelle terre promise des riches, mais en fait, quand on voit dans le détail, en fait, c'est pas si cool que ça. Il y a des systèmes de fiscalisation qui font qu'ils seront quand même ponctionnés. Bon, pas à la hauteur que l'on voudrait. Du coup, c'est pour ça qu'on parle de la taxe Zuckman en France, mais elle est aussi en discussion au niveau de l'OCDE, donc des pays les plus riches. il y a Lula,
il
y a l'Espagne qui se bat pour ça et ça serait pas mal que ce soit mis en place. Mais même quand on regarde la grande loi de Trump aux Etats-Unis
de baisse des impôts, c'est pas
non plus la fête pour tout le monde. Donc, il y a des systèmes qui font que le paradis fiscal n'existe pas forcément en vrai.
peut-être dernière question pour toi, Bruno.
Il
y a un truc, je ne
sais
pas si c
'est
anecdotique ou pas, mais il
y a
un truc qui m'a marqué à la fin de la conférence de presse de François Bayrou hier soir. Il a dit, je n
'ai
pas noté le truc exactement, mais il a dit la mise en place de ce budget va se produire à l'année 2026, juste avant l'année 2027, si vous voyez ce que je veux dire. Donc, il fait référence aux élections présidentielles. D'abord, qu'est-ce qu'il veut dire
?
Et est-ce que vraiment ce budget peut avoir une incidence sur les élections dans deux ans
?
Je pense que c'était un moment où il expliquait que de toute façon,
en
gros, lui, il prend son risque. Je pense que lui,
ça
c'est, on retournait sur l'aspect très politicien où en gros, il expliquait que lui, il n'est pas là pour se faire élire ou quoi que ce soit. Il est même prêt à perdre son poste de premier ministre, mais avant tout, il veut faire acte de vérité devant les Français. On est vraiment dans le truc très politicien,
on
veut dire, en gros, moi, je n
'ai
rien à perdre, rien à gagner, j'offre ma personne à l'intérêt public et peut-être même je me sacrifie si une motion s'en surpasse. Et donc, en gros, lui, ce qu'il disait, c'était, moi, je vais travailler jusqu'à 2027 si vous me laissez travailler, etc. Et c'est mon seul intérêt et vraiment, si je fais ça, c'est parce que, voilà,
je
suis un bon père de famille parce qu'en plus, au tout début de la conférence, c'est toujours très énervant quand on compare l'État à une famille puisque le surendettement de l'État, ça ne représente pas la même chose que le surendettement d'une famille. En fait, la dette de l'État, l'État possède du patrimoine en propre qui fait aussi qu'on lui prête et c'est pour ça qu'on lui prête alors qu'une famille qui est surendettée,
c
'est juste qu'en fait, elle est étranglée et
qu
'elle n
'a
plus de patrimoine en propre et qu
'elle
ne peut plus rien faire. Et il est dans cette logique du bon père de famille, etc. Et donc, lui, il était un peu dans ce truc un peu sacrificiel de dire, en gros, 2027, moi, ça ne me concerne pas, ce sera les autres, moi,
je
suis là que pour travailler,
etc.
Donc,
je
pense que c'était un peu là-dedans. Mais du coup, comment ça peut changer quelque chose pour 2027, l'adoption ou pas de ce budget, la censure ou pas, le 49.3 ou pas, à quel point ça peut influer sur les élections
? Ou
c'est trop tôt pour le dire ?
C'est un
peu tôt. Après, ce qui peut se passer comme jeu politique,
c
'est que, en gros, ceux qui veulent prendre la place, enfin, la suite d'Emmanuel Macron, les candidats putatifs, évitent de trois semaines dans la roue de Bayrou. Et d'ailleurs, le message qu'il envoie à un moment donné, donc j'en ai déjà parlé, mais quand il dit, en gros, oui, je n
'ai
pas une majorité, je ne
suis
pas majoritaire, en plus, mes soutiens ne me soutiennent pas beaucoup, c'est peut-être aussi ça ce qu'il raconte, c'est que, clairement, pour l'instant, Emmanuel Macron n
'a
pas préparé la suite, sa suite, il n'en a pas envie, je pense, comme beaucoup de présidents qui ne veulent pas avoir de suite. Et donc, il y a plein de candidats potentiels. Et peut-être qu'ils vont être tentés de ne pas trop suivre Bayrou pour éviter, parce que, clairement, même quand on est centriste, ce budget-là, il est quand même assez violent, en termes d'austérité, il est quand même très violent. Alors, il y
a
la droite LR qui peuvent applaudir ça, mais parce que, voilà, c'est dans l'angique, mais quand on est centriste, en gros, centriste de droite ou de gauche,
en
gros, centre-droite, centre-gauche, c'est quand même dur à avaler.
peut
-être qu'eux,
ils
vont avoir intérêt à ne
pas
trop se mettre dans cette roue. Après, comment ils vont s'en servir pour 2027 ?
C
'est un peu tout.
Très bien. Alors, après, 2027, effectivement, c'est, comment dire, une échéance politique, mais quand on écoute Bayrou, lui,
il
dit, de toute façon, il n
'y a
pas d'alternative, et mon, il n
'y a
pas d'alternative, il va jusqu'en 2029. Donc, quel que soit le détenteur de pouvoir, il ne pourra pas s'exonérer de cette trajectoire qui sera, qui va être proposée, enfin, qui a été proposée à Bruxelles.
T'as entendu dire que là, si le budget est adopté, comme c'est un budget qui court sur 5 ans, 4 ans, ça veut dire qu'une fois qu
'il
est adopté, même s'il y a un changement de président, de parlement, etc., on est obligé de suivre cette feuille de route-là ?
Non,
en
fait, c'est-à-dire que, lui, il dit, mon objectif, ce n
'est
pas 43 milliards pour l'année prochaine. Mon objectif, c'est de diminuer la dépense publique. Et donc, il se raccroche aux critères en dessous de 3 % de points de PIB pour ton déficit public. Donc, le but, c'est, enfin, le but politique est celui-là.
Il
y a des étapes,
elles
vont jusqu'en 2029. on garantit ce chemin auprès de Bruxelles et auprès de nos créanciers, etc. En grosso modo, on se lit les mains. Il n'y a pas d'alternative. Et du coup, celui qui prendra le pouvoir en 2027, il devra faire ça. Donc là, on passe de, je ne sais plus, c'est quoi, c'est 5,4 % de déficit à 2,8 % en 2029. Et c'est à ce moment-là que, bon, l'endettement en public commencera à baisser. Mais voilà, donc, bonne chance à celui qui prendra le pouvoir en 2027. Du coup, même les parties de droite qui se disent, ou de gauche d'ailleurs, qui se disent, cool, Bayrou fait le sale travail, après on passera. Derrière, en fait,
non, ils devront quand
même manger leur cravate.
Très bien. C'est un très beau mot de la fin. Ils devront manger leur
cravate. Merci beaucoup, Stéphane.
Merci beaucoup, Bruno.
Merci beaucoup.