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InterviewFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 27 février 2021 18 minContradictoireActualité / polémiqueSantéÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

Jean Leonetti : "Par pitié, que l'État nous laisse organiser les choses localement"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:14OuverteRéponse directe

    Quel crédit sanitaire accordez-vous aux mesures de confinement partiel ?

  • 1:01RelanceRéponse directe

    Pourquoi inadaptée ?

  • 2:29OuverteRéponse directe

    Comment expliquez ce retard à l'allumage de l'Europe sur la commande des vaccins ?

  • 3:19RelanceRéponse directe

    On a mis du temps à négocier les prix, surtout en Europe, pendant que les Américains ou les Israéliens payaient le prix fort.

  • 3:33OuverteRéponse directe

    Sur la question de l'efficacité, on a l'impression que les gens s'y perdent un peu.

  • 6:00OuverteRéponse directe

    À Antibes-Jouan-Lépin, comment ça se passe, la concertation avec le préfet ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:21Invité politiqueFait
    « Le confinement partiel, malheureusement, on le sait, a un impact sanitaire positif extrêmement faible. »
  • 0:33Invité politiqueFait
    « Empêcher les gens de sortir pendant tout un week-end alors qu'ils ont travaillé toute la semaine, laisser les familles à l'intérieur des appartements, c'est effectivement une situation qui aggrave la fatigue et la lassitude des Français et des Azuréens. »
  • 1:17Invité politiqueFait
    « Le confinement, pour qu'il soit efficace, il faut qu'il soit total et prolongé. »
  • 1:29Invité politiqueFait
    « On a vu en Allemagne, on a vu en Angleterre, que même ces confinements qui étaient dans des conditions extrêmement drastiques n'apportaient des effets bénéfiques qu'à long terme, 4 semaines, 6 semaines, et de manière incomplète. »
  • 1:58Invité politiqueFait
    « Or, malheureusement, comme on a un retard considérable en matière de vaccination, on ne peut pas faire cette proposition. »
  • 2:38Invité politiqueFait
    « Je suis très triste, parce que je suis un Européen convaincu, et je constate, une fois de plus, une forme d'échec. »
  • 2:57Invité politiqueFait
    « Ce n'est pas la compétence de l'Europe, la santé. »
  • 3:12Invité politiqueFait
    « On se lance dans une compétence qui n'est pas la nôtre, alors qu'on a déjà des difficultés administratives et techniques à être réactifs au niveau européen. »
  • 4:03Invité politiqueFait
    « Je vais être un peu brutal, je vais dire celui qu'on a, voilà. »
  • 4:14Invité politiqueFait
    « On en a trois en France aujourd'hui, si les Johnson & Johnson arrivent au printemps, c'est une très très bonne nouvelle, mais ils sont tous efficaces. »
  • 5:14Invité politiquePromesse
    « Si on dit, on va vacciner tant de personnes, et que, par exemple, les plus de 65 ans vont être vaccinés à mi-avril, eh bien, ça donne une perspective. »
  • 7:23Invité politiqueFait
    « Par pitié que l'État nous laisse organiser les choses localement, qu'ils nous écoutent un tout petit peu, plutôt qu'ils nous entendent, et puis qu'on ait la possibilité de vacciner en masse. »
  • 7:50Invité politiqueChiffre
    « La cible, c'est les personnes âgées et avec comorbidité. Ce n'est jamais que 14 millions de Français. Si on a de la vacciner, c'est 14 millions de Français, on sort de la crise. »
  • 8:51Invité politiqueFait
    « On ne peut pas mourir seul, on ne peut pas mourir confiné, on ne peut pas mourir sans se dire au revoir avec sa famille. »
  • 9:33Invité politiqueFait
    « Ils se disent aucun risque. C'est l'idée du risque zéro un peu stupide. »
  • 9:55Invité politiqueFait
    « Vous ne mourrez pas à cause du Covid. »
  • 10:41Invité politiqueFait
    « Le pass sanitaire, ce n'est pas un passeport et ça n'a rien à voir avec la vaccination. »
  • 15:06Invité politiqueFait
    « Si ce n'est qu'effectivement, le loup a mis une peau de mouton sur sa tête et tape à la porte des trois petits cochons en disant « Bonjour, je suis gentil ». »
  • 15:30Invité politiqueFait
    « Parce qu'il y a un vide. Chez nous, on n'est pas satisfait de la gestion du président. »
  • 17:00Invité politiqueFait
    « Ben oui, il y a une partie qui n'est pas due au président. C'est la Covid, mais il y a une partie qui est due au président. »

Temps de parole

  • Jean Leonetti73 %
  • Présentateur18 %
  • Présentateur 29 %

1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Jean-Léonetti, maire Les Républicains d'Antibes-Jouan-Lépin dans les Alpes-Maritimes. Vous voilà donc confiné depuis hier soir, 18h jusqu'à lundi matin, 6h comme dans les 63 communes du littoral de ce département. D'ailleurs, quel crédit sanitaire accordez-vous à ces mesures de confinement partiel ?

0:21
Jean Leonetti

Le confinement partiel, malheureusement, on le sait, a un impact sanitaire positif extrêmement faible. Et en revanche, il a un impact économique et social qui est très significatif. Empêcher les gens de sortir pendant tout un week-end alors qu'ils ont travaillé toute la semaine, laisser les familles à l'intérieur des appartements, c'est effectivement une situation qui aggrave la fatigue et la lassitude des Français et des Azuréens. Et ça ne veut pas dire que la situation est bonne. Mais ça veut dire que la mesure, malheureusement, elle est inadaptée à la circulation du virus dans les Alpes-Maritimes et en particulier sur la métropole.

1:01
Présentateur

Pourquoi inadaptée ?

1:02
Jean Leonetti

Inadaptée parce que malheureusement, il y a deux méthodes pour lutter contre la Covid. Il y a la méthode médicale, c'est la vaccination, c'est les gestes barrières, c'est les traitements. Et puis, il y a une méthode qui est ancienne, je dirais presque archaïque, c'est le confinement. Et malheureusement, le confinement, pour qu'il soit efficace, il faut qu'il soit total et prolongé. Et encore, on a vu en Allemagne, on a vu en Angleterre, que même ces confinements qui étaient dans des conditions extrêmement drastiques n'apportaient des effets bénéfiques qu'à long terme, 4 semaines, 6 semaines, et de manière incomplète.

Donc, on pourrait demander un confinement aux Français si, comme en Israël, on leur proposait une vaccination massive. Alors, on leur dirait, écoutez, on fait un effort, on leur donne une perspective. Et là, au bout de la perspective, 4 semaines, un mois ou 6 semaines, on leur dit, et là maintenant, revient la vie normale. Or, malheureusement, comme on a un retard considérable en matière de vaccination, on ne peut pas faire cette proposition. C'est pour ça que le mois de mars est un mois essentiel, parce qu'on est dans cette course-poursuite, avec ce course contre la montre, contre le virus. Et on voit bien que lui, il a une arme, c'est les variants, et il accélère.

Et nous, malheureusement, on n'arrive pas à accélérer sur le plan de la vaccination.

2:22
Présentateur

Enfin, si on n'arrive pas à accélérer sur le plan de la vaccination, c'est aussi un peu à cause des commandes de l'Europe. Jean-Léonetti, vous avez d'ailleurs été ministre des Affaires européennes, durant le gouvernement Fillon. Comment est-ce que vous expliquez ce retard à l'allumage de l'Europe sur la commande des vaccins ?

2:38
Jean Leonetti

Écoutez, je suis très triste, parce que je suis un Européen convaincu, et je constate, une fois de plus, une forme d'échec. D'ailleurs, la présidente a bien dit qu'il y avait une forme de naïveté dans l'Europe, dans cette situation. Ce n'est pas la compétence de l'Europe, la santé. Alors, on se lance dans une compétence, on aurait pu coordonner nos efforts, bien sûr, mais on se lance dans une compétence qui n'est pas la nôtre, alors qu'on a déjà des difficultés administratives et techniques à être réactifs au niveau européen.

3:12
Présentateur

En fait, on a mis du temps à négocier les prix, surtout en Europe, pendant que les Américains, eux, ou les Israéliens, payaient le prix fort.

3:19
Jean Leonetti

Vous avez raison, mais au fond, est-ce que le quoi qu'il en coûte du président, ça n'était pas plutôt un quoi qu'il en coûte sanitaire et efficace, plutôt qu'un quoi qu'il en coûte économique qui se prolonge et qui ne règle ni le problème économique, ni le problème sanitaire ?

3:33
Présentateur

Mais alors, justement, Jean-Léonetti, sur la question de l'efficacité, on a l'impression que les gens s'y perdent un peu, on s'y perd un peu tous. Entre Pfizer, qui semble quand même être le préféré, en tout cas des Français, l'AstraZeneca, le Moderna, maintenant il y a Johnson & Johnson, il y a Sputnik V, donc le vaccin russe, il y a Coronavac, dont la phase 3 est en cours, il n'est pas encore mis en vente, mais il y a le Sinopharm, qui est chinois, donc vers quel vaccin se tourner ?

4:03
Jean Leonetti

Je vais être un peu brutal, je vais dire celui qu'on a, voilà. On en a trois en France aujourd'hui, si les Johnson & Johnson arrivent au printemps, c'est une très très bonne nouvelle, mais ils sont tous efficaces. Il faut arrêter de dire, je préfère celui-là que celui-là, on n'est pas au marché le samedi matin, en train de choisir les pommes et les poires.

4:24
Présentateur

Non, mais là, c'est le médecin qui parle.

4:26
Jean Leonetti

C'est le médecin qui parle, il dit, arrêtons de discriminer telle ou telle, entre guillemets, marque de vaccin. Il faut vacciner massivement. C'est la seule solution pour en sortir. Effectivement, vous avez dit, les Français sont entre la lassitude, l'épuisement, l'incompréhension, la colère. Tout ça, c'est très mauvais pour une démocratie. Il faut qu'on ait beaucoup plus de clarté, beaucoup plus de cohérence et beaucoup plus de perspective. La clarté, on ne l'a pas parce qu'on prend les mesures du jour au lendemain. La cohérence, vous avez bien vu qu'on met avec le couvre-feu à 18h, on a vu les gens se précipiter dans les grands magasins, se précipiter dans les transports en commun.

Et c'est mauvais, c'est un effet négatif sur le plan sanitaire. Et puis, une perspective. Une perspective, elle ne peut se donner qu'avec la vaccination. Si on dit, on va vacciner tant de personnes, et que, par exemple, les plus de 65 ans vont être vaccinés à mi-avril, eh bien, ça donne une perspective. Et à ce moment-là, ça allège évidemment la mortalité, ça allège la morbidité. Et donc, ça enlève la pression sur les hôpitaux. Les hôpitaux, ils sont épuisés. Il faut leur donner plus de moyens financiers, plus de moyens humains. Ça fait un an qu'ils sont sur la brèche. Ça fait un an qu'ils ne voient pas le bout du tunnel. Il faut leur apporter...

Il faut bien sûr leur dire que c'est très bien ce qu'ils font. Tout le monde le dit. Le président, comme le Premier ministre et le ministre de la Santé. Mais il faut leur apporter une aide substantielle. Cette aide substantielle, elle doit être aussi humaine et technique.

5:54
Présentateur

Et les hôpitaux, vous les connaissez bien, car, il faut le rappeler, vous êtes aussi cardiologue en hôpital. Jeudi soir, Jean Léonetti, le Premier ministre a vanté le couple préfet-maire pour le dialogue et la mise en place, donc, de ces mesures locales. À Antibes-Jouan-Lépin, comment ça se passe, la concertation avec le préfet ?

6:14
Jean Leonetti

Je sens dans votre question une pointe d'ironie. On sait très bien qu'on a un dialogue avec le préfet. C'est un homme extrêmement courtois et avec qui on parle souvent. Malheureusement, à deux reprises, on nous demande notre avis et on ne le suit pas. Sur le couvre-feu à 18h, on savait très bien que ce n'était pas une mesure qui, dans les Alpes-Maritimes, avec le taux de contamination qu'on avait, allait être efficace. On pensait même qu'elle allait être nuisible. On nous a dit qu'on n'y comprenait rien et donc, on a mis en place ce qui avait été initialement décidé. Donc, le virus a continué à se propager.

6:50
Présentateur

Pour qu'on comprenne bien, quelle est la marge de manœuvre d'un maire, des mairies, dans les prises de décisions en ce moment pour réguler cette crise ?

7:00
Jean Leonetti

Le maire, il est le fantasien en première ligne sans arme. Donc, la véritable arme, ce serait le vaccin. Il a distribué des masques quand l'État ne le faisait pas. Ensuite, il a organisé les tests quand l'État ne le faisait pas. Aujourd'hui, il a mis des vaccinodromes en place avec des moyens municipaux alors que l'État ne le fait pas. Il ne manque qu'une seule chose parce qu'on ne peut pas les commander nous-mêmes. C'est les vaccins. Donc, par pitié que l'État nous laisse organiser les choses localement, qu'ils nous écoutent un tout petit peu, plutôt qu'ils nous entendent, et puis qu'on ait la possibilité de vacciner en masse.

Il n'y a pas d'autre solution aujourd'hui que d'aider les hospitaliers à passer le cap difficile du mois de mars, aider les mairies à vacciner un maximum de populations, et en particulier les plus fragiles, parce qu'on le sait, on a une chance et une malchance, c'est qu'on sait la cible de cette maladie. La cible, c'est les personnes âgées et avec comorbidité. Ce n'est jamais que 14 millions de Français. Si on a de la vacciner, c'est 14 millions de Français, on sort de la crise. Donc, il faut centrer notre objectif là-dessus. Ça, c'est cohérent, c'est clair, et en même temps, ça donne une perspective.

8:13
Présentateur

Jean-Léonetti, la vie dans les EHPAD est en ce moment difficile, voire insoutenable. Dans certains établissements, les familles ne peuvent même pas rendre visite à leurs proches, ou alors avec des précautions telles que peu de personnes le supportent, et on les comprend, donc on va dire que c'est inhumain. Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce qu'il ne faudrait pas assouplir la procédure ? Et c'est la même chose dans les hôpitaux, par exemple, pour les malades qui sont en fin de vie, qui ne peuvent pas voir non plus leur famille.

8:42
Jean Leonetti

C'est un sujet, vous le savez, auquel je suis particulièrement sensible. Et d'emblée en TIB...

8:47
Présentateur

Il y a deux lois sur la fin de vie qui portent votre nom, ne l'oublions pas.

8:51
Jean Leonetti

On a fait en sorte qu'en TIB, effectivement, on a maintenu ce lien humain. On ne peut pas mourir seul, on ne peut pas mourir confiné, on ne peut pas mourir sans se dire au revoir avec sa famille. Et les gens qui sont en EHPAD et qui n'ont plus de visite, ils déclinent très rapidement sur le plan humain, sur le plan psychologique et sur le plan médical. Donc il faut trouver, effectivement, cet équilibre entre la sécurité sanitaire et le lien humain qui relie ces personnes en fin de vie avec le monde extérieur et avec le monde affectif.

9:27
Présentateur

Mais pourquoi est-ce que le règlement est si sévère dans certains établissements ? On ne comprend pas bien.

9:33
Jean Leonetti

Parce qu'on vit avec la peur, donc les médecins vivent avec la peur, les politiques vivent avec la peur. Ils se disent aucun risque. C'est l'idée du risque zéro un peu stupide. Quand vous êtes en fin de vie, est-ce que franchement il y a un risque à ce que quelqu'un que vous aimez vous tienne la main dans les derniers instants de votre vie ? Il n'y a pas de risque. Et si par malheur vous mourrez avec le Covid, vous mourrez avec le Covid. Vous ne mourrez pas à cause du Covid. Donc essayons d'introduire beaucoup plus d'humains dans ces situations et ça n'enlève pas la sécurité sanitaire.

On peut très bien avoir un masque, on peut très bien se rendre visite, on peut prendre les mesures qu'il faut. Mais par pitié, ne laissons pas les plus fragiles d'entre nous partir sans un au revoir.

10:23
Présentateur

À propos de ce retour du lien humain que vous appelez de vos voeux, est-ce que vous êtes favorable au pass sanitaire qu'Emmanuel Macron a mis en exergue cette semaine au sommet européen et qui permettrait donc de pouvoir rentrer dans les lieux culturels ou les restaurants ? Vous y êtes favorable ? Un pass et non plus un passeport ?

10:41
Jean Leonetti

Oui, alors je n'ai pas bien compris ce que c'était le pass sanitaire. Le pass sanitaire, ce n'est pas un passeport et ça n'a rien à voir avec la vaccination.

10:50
Présentateur

C'est par exemple pour dire où on en est de nos tests Covid, de notre bilan santé un peu, et le vaccin en plus, mais ce ne serait pas que le vaccin pour ne pas discriminer.

10:59
Jean Leonetti

Le président a dit qu'il y avait effectivement un grand nombre de sujets qui se posaient, des problèmes éthiques, des problèmes de liberté, des problèmes de secret médical, des problèmes effectivement de sortir de la gangue du confinement. Donc voilà, à mon avis cette discussion est prématurée. On ne peut parler de tout ça que lorsqu'on a vacciné tout le monde et que les tests sont des tests comme les tests salivaires dans lesquels on a une facilité pour les faire et un résultat dans le quart d'heure qui suit.

Mais par exemple, imaginez des tests salivaires simples à l'entrée d'une salle de spectacle qui permettent de reprendre cette vie culturelle qui nous manque tant, permettent de rentrer dans les musées, permettent de retrouver une vie sociale et culturelle. Je dirais, pourquoi pas ? Après, la vaccination obligatoire, ça existe dans certaines situations quand on va dans d'autres pays, on se vaccine quand on va dans certains pays d'un certain nombre de maladies et c'est obligatoire pour y aller. Donc je crois que le président a raison de poser la question. En tout cas, aujourd'hui, la réponse est complexe.

Et moi, je ne suis pas opposé formellement, à condition qu'on respecte, bien sûr, toutes les règles éthiques et les règles de protection des libertés individuelles.

12:26
Présentateur

Et ça fera évidemment encore débat avant de valider ce pass sanitaire. Bien sûr. Jean-Léon, il a dit des questions un peu plus politiques. En rappelant que vous avez été président des Républicains par intérim, vice-président du mouvement, revoilà l'hypothèse Barouin qui refait surface depuis quelques jours pour la présidentielle. Est-ce que François Barouin, présenté comme un sauveur du mouvement, c'est une issue que vous souhaitez ?

12:50
Jean Leonetti

François est mon ami. Enfin, en plus, je pense que c'est une très très belle personne sur le plan humain et un très grand politique. Donc après, c'est son choix individuel. Je dirais presque que le fait qu'il hésite ou qu'il ne se précipite pas sur cette fonction, qui est une fonction qui est éminemment forte, mais en même temps entame complètement la vie familiale et la vie tout court, ça me le rend encore plus sympathique. J'aime bien les gens qui ne pensent pas à ça de manière obsessionnelle. En se rasant tous les matins ? Et François fait partie de cela. Après, si François a changé d'avis, je serais le premier à m'en réjouir et je serais le premier à être derrière lui.

13:41
Présentateur

Mais est-ce que le renouvellement d'idées que vous appeliez de vos voeux en 2018 a eu lieu, est amorcé ?

13:49
Jean Leonetti

Oui, je crois qu'effectivement, la droite républicaine, parce qu'elle est républicaine, elle doit aujourd'hui, parce que le monde a changé, parce que le Covid est un révélateur des changements profonds de notre société, fait en sorte que nous devons repenser notre projet et repenser le monde. Bien sûr, nous avons toujours les éléments clés. Nous sommes des hommes et des femmes qui sont attachés aux principes républicains. Nous sommes, bien sûr, pour l'autorité, pas pour l'autoritarisme. Nous sommes pour la liberté de penser. Nous sommes pour la liberté d'entreprise. Nous sommes pour la transmission des valeurs. Mais quand on a dit ça, comment on le décline dans la réalité ?

Et aujourd'hui, le monde est complexe. Il est dangereux, parce que je pense qu'il y a une colère sourde à l'intérieur du pays. Comment rassembler, réconcilier et en même temps porter un projet qui nous dépasse. Qui nous dépasse dans le temps et qui nous dépasse dans l'esprit. Donc, je crois qu'on est capable de faire ça.

14:48
Présentateur

Et à votre droite, il y a Marine Le Pen qui ne cesse de normaliser son discours. On imagine que c'est pour mieux séduire un électorat de la droite classique. Est-ce que ça vous inquiète, chez les Républicains, cette nouvelle image plus présidentiable de la candidate du Rassemblement National ?

15:06
Jean Leonetti

Franchement, je ne la trouve pas plus présidentiable qu'avant. Si ce n'est qu'effectivement, le loup a mis une peau de mouton sur sa tête et tape à la porte des trois petits cochons en disant « Bonjour, je suis gentil ». Ça ne marchera pas. Parce que ça ne marchera pas.

15:22
Présentateur

Ça ne marchera pas dans les intentions de sondage. Elle arrive tout de même en assez bonne position au deuxième tour.

15:27
Jean Leonetti

Parce que malheureusement, je vous parle franchement, parce qu'il y a un vide. Chez nous, on n'est pas satisfait de la gestion du président. Et pour autant, on a peine à apporter une alternative. Cette alternative, on l'a dans les pensées, on l'a dans le projet. On ne l'a pas incarnée. Donc, c'est pour ça que vous avez bien fait de poser la question sur François Barron. Il faut qu'il réfléchisse, François.

15:54
Présentateur

Et Michel Barnier qui dit vouloir apporter sa pierre à l'édifice républicain. C'est très bien.

15:58
Jean Leonetti

Mais écoutez, il y a plein de talent dans ce parti. C'est pour ça d'ailleurs qu'on gagne les élections locales. Et c'est pour ça qu'il y a un certain nombre de voix. À un moment donné, dans une élection présidentielle, il ne faut pas qu'il y ait un certain nombre de voix. Il faut qu'il y ait une voix.

16:12
Présentateur

Un dernier mot politique sur les régionales reportées à juin. Et pourquoi pas après la présidentielle de 2022, si la situation sanitaire venait à se dégrader encore. Est-ce que c'est envisageable chez le mouvement Les Républicains d'envisager une présidentielle, pardon, des régionales après la présidentielle ?

16:33
Jean Leonetti

Vous savez, tout ce qui est manipulation du calendrier électoral apparaît comme des manipulations politiciennes. Donc, si j'étais un conseiller du président de la République, je lui déconseillerais cette situation parce que généralement, c'est un boomerang qui revient dans la figure de celui qui a fait un tripatouillage électoral.

16:51
Présentateur

Et dernière question, Jean-Léonetti, vous répondez par oui ou par non. Est-ce que vous êtes d'accord avec Gérard Larcher quand il dit qu'il n'y a pas grand-chose qui a été fait pendant ce quinquennat ? Enfin, au cours des premières années ?

17:00
Jean Leonetti

Ben oui, il y a une partie qui n'est pas due au président. C'est la Covid, mais il y a une partie qui est due au président. C'est qu'effectivement, moi, quand j'écoute Macron, quand j'écoute le président, j'ai tendance à être d'accord avec ce qu'il dit. Malheureusement, je suis rarement d'accord avec ce qu'il fait.

17:18
Présentateur

Jean-Léonetti et ses conseils de bon matin sur France Inter. Merci beaucoup, Jean-Léonetti. Merci à vous. Maire Les Républicains d'Antibes, Jouan Lépin. Et bonne journée, si on peut dire, bonne journée de confinement. Bon week-end de confinement malgré tout. Merci à vous.

17:33
Locuteur

Merci à vous. Merci à vous.

Jean Leonetti : "Par pitié, que l'État nous laisse organiser les choses localement" — Jean Leonetti · Pourquijevote