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debateyoutube.com 36 min

François Asselineau débat avec des journalistes chauffés à BLOC !

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Nous accueillons un candidat à l'élection présidentielle qui ne sera pas au débat ce soir. Il s'agit de François Asselineau, candidat à l'élection présidentielle au nom de son parti, l'UPR. Bonjour, monsieur Asselineau. Bonjour. Vous faites partie des 11 qualifiés pour cette élection présidentielle 2017. Mais ce soir, vous n'êtes pas invité par TF1. Ça vous agace ?

0:20
François Asselineau

Je ne vais pas dire que ça me réjouit, bien entendu. Je suis comme tout le monde, je suis quand même assez choqué. Mais je replace tout ça dans un ensemble plus important. En réalité, ce qui est choquant, c'est la loi URVOAS qui a été prise il y a quelques mois et qui maintenant a rompu l'égalité de traitement des candidats. Ça n'aura plus lieu que pendant les 15 derniers jours pour faire prévaloir l'équité. Or l'équité, personne ne sait très bien ce que ça veut dire, le mot équité. En fait, l'équité, c'est un concept de nature théologique. C'est introduire de la morale par rapport à l'égalité. Normalement, vous savez ce qu'on appelle le commerce équitable ?

Le commerce équitable, ça consiste à payer davantage un producteur de café en Côte d'Ivoire ou de cacao que ce que normalement, ils devraient recevoir si on le laissait jouer les rapports Nord-Sud. Donc ça consiste à donner plus d'argent à ceux qui n'en ont pas. Normalement, si on devait appliquer le principe d'équité en politique au moment de l'élection présidentielle, on devrait donner plus de temps de parole aux gens comme moi que les Français ne connaissent pas. Par rapport à ces vedettes dont on est rebattu, les gens n'en veulent plus. Vous savez que 50% des Français ne savent pas encore pour qui ils vont voter. Les gens en ont assez, les gens veulent des nouvelles dettes.

Eh bien non, c'est à eux qu'on va donner encore le maximum de publicité. C'est plus d'équité, c'est de la proportionnalité.

1:31
Invité

Alors, on peut comprendre votre point de vue, mais en même temps, c'est le vôtre. Et vous comprendrez que les autres ne le partagent pas. J'imagine. A l'évidence, l'égalité, au contraire, elle présente un caractère mathématique. Puisque vous avez une bonne formation, vous savez ce que c'est que les fonctions, les variables, comment on calcule l'égalité. On ne peut pas donner le même temps de parole à quelqu'un qui fait 5 et à quelqu'un qui fait 30.

1:55
François Asselineau

Non, mais à ce moment-là, ce n'est pas de l'équité, il faudrait dire de la proportionnalité. C'est autre chose. C'est mieux. Parce que si on disait que c'est proportionnel, les choses seraient claires. J'ai dit proportionnalité, c'est un concept mathématique. Équité, c'est un concept théologique.

2:07
Présentateur

Oui, mais alors vous voilà dans la course et tout le monde se dit, mais Asselineau, comment a-t-il fait pour passer la barre des 500 parrainages ? Quels sont ses réseaux ? Qui lui a signé ses parrainages ? D'où vient l'argent ? Alors... Alors... Sortez l'argent. Désolé de rajouter une petite question au passage.

2:25
François Asselineau

Écoutez, les gens qui se posent cette question, je suis un peu surpris, surtout si ce sont des journalistes politiques qui se la posent, parce que ça fait quand même 10 ans que j'ai créé l'Union Populaire Républicaine. On va d'ailleurs fêter samedi, le 25 mars à Paris, à partir de 15h. J'en profite pour faire un petit peu de publicité. Nous allons fêter le 10e anniversaire Porte de la Villette au Paris Event Center, samedi 25. Ça sera le jour du 60e anniversaire du traité de Rome. Vous avez des élus avec l'UPR ?

On a 6 maires qui nous ont rejoints, et puis nous aurons, cette journée, on va avoir des responsables venus de l'étranger, notamment un des principaux syndicalistes britanniques de gauche, de gauche, qui a appelé à voter pour le Brexit. On aura également des messages de soutien venus de Grèce, de l'EPAM, un mouvement qui a été créé justement par un ancien du Parti communiste grec. On aura également le président de l'IPU fin d'année.

3:14
Présentateur

Vous n'êtes pas tout seul. Non, nous ne sommes pas tout seul. Mais vous n'avez pas répondu à la question, comment avez-vous fait pour obtenir vos 500 parrainages, alors que d'autres, comme Henri Guénaud ou Ramayad, par exemple, n'ont pas réussi ? Ou Alexandre Charlin.

3:23
François Asselineau

Parce qu'ils n'ont pas, ils avaient peut-être plus de notoriété que moi, mais ils n'avaient pas le nombre de militants. Moi, j'ai créé un mouvement politique qui n'a pas que des militants, mais on a franchi les 19 050 adhérents. Et c'est vrai, aujourd'hui même, et actuellement, on enregistre à peu près 200 à 300 militants de plus par jour. Et j'insiste sur le fait que nous, nous sommes quand même présentés à des élections. Aux élections européennes, en 2014, on avait rassemblé 77 000 suffrages, ce qui était davantage que le NPA, mais la presse n'en a pas parlé.

Et au régional de 2015, on a rassemblé 190 000 électeurs, c'est-à-dire 0,9% de l'ensemble des suffrages, en présentant 1971 candidates et candidats.

4:04
Présentateur

Donc, en fait, c'est une force un peu cachée. C'est-à-dire que vous n'êtes pas dans les radars médiatiques, or, sur le terrain, vous êtes là. Par exemple, moi, je suis quand même surpris, et je ne suis pas seul, j'imagine, par l'affichage de rue. Asselineau, il est partout. Votre tête, elle est partout. Voilà, le matin, je traverse Paris, je vois Asselineau partout. Et je me dis, mais comment il fait ?

4:22
François Asselineau

Pour saloper les murs. Alors, comment on fait ? Comment vous faites pour saloper les villes, François Asselineau ? Alors, d'abord, nous ne sommes pas les seuls à coller. Non, mais comment vous faites ? Là, c'est vous qui êtes en face de moi. C'est très simple. Nous avons 19 050 adhérents, alors je vous parle, parmi lesquels beaucoup de militants. Les gens qui adhèrent à l'Union Populaire Républicaine le font par conviction. Et on rétablit, j'allais dire, c'est la politique à l'ancienne. C'est-à-dire que moi, j'ai fait des réunions de préau d'école depuis 10 ans, et les gens qui viennent à l'UPR sont militants. Et comme, effectivement, depuis 10 ans, on n'a pas été inactifs.

Nous avons contacté énormément de grands médias. Malheureusement, on n'était quasiment invités jamais. Mais évidemment, les militants, ils font quoi ? Ils se disent, on va coller. Alors pour répondre à vos questions sur l'argent, notre argent vient uniquement des adhérents et sympathisants. Nous avons 0 euro d'argent financé par les banques, 0 euro d'argent public, 0 euro de financement bancaire, à la différence de M. Mélenchon qui a emprunté 8 millions d'euros.

5:20
Présentateur

Comment vous allez faire, là, pour cette campagne ?

5:22
François Asselineau

Eh bien, nous avons programmé de dépenser 1,8 million d'euros pour la présidentielle et les législatives.

5:27
Présentateur

Et d'où vient cet argent ?

5:28
François Asselineau

Vous faites un prêt ? Non, non, non, non, de nos adhérents.

5:32
Invité

Les cotisations qui vous... Oui, depuis...

5:34
François Asselineau

Ils sont généreux, les militants. Oui, mais attendez. Moi, je vais faire la blague sur le présidentiel, mais on a budgété 800 000 euros. Les autres, vous savez que le plafond est de 23 millions d'euros. Donc nous, nous vivons...

5:44
Présentateur

On est remboursé que si on fait 5%.

5:47
François Asselineau

Non, jusqu'à 800 000 euros, on est remboursé, quel que soit le score. Ah oui, donc en fait, les 800 000 euros, on vous les donnera. Mais de toute façon, je pense que je pourrais dépasser les 5%.

5:57
Présentateur

Non, mais j'ai envie de dire les 800 000 euros, parce que certains disent, oui, mais Asselineau, c'est un chasseur de primes. Il chasse ces 800 000 euros, en fait, en étant qualifié à ces 800 000 euros. Oui, mais attendez, moi, je ne peux rien contre...

6:06
François Asselineau

Oui, mais les calomnies, vous savez quand même que tout ça est suivi d'extrêmement près par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements des partis politiques. Ce n'est pas pour les mettre dans la poche, figurez-vous. Tout ça, ça sert à financer des meetings. Le meeting dont je parlais le 25 mars prochain, où il y a déjà plus de 4 500 personnes inscrites, ça coûte énormément d'argent. Donc on va faire quelques meetings en France. Mais je reviens à ce que je disais. Par exemple, il y a des affiches dont vous parlez. On a tiré un premier jeu de 200 000 affiches.

Ça nous a coûté, avec un papier qui n'est pas extraordinaire, c'était du 70 grammes, ça nous a coûté 14 000 euros. Bien. Et puis c'est tout, parce que le reste, c'est l'huile de coude de nos militants à travers toute la France et même l'Outre-mer. Mais les autres, les partis politiques où ils n'ont pas de militants, où ils n'ont personne qui vont coller, ils font quoi ? Ils ont recours à des sociétés de collage, d'affiches, et qui demandent en général 1 euro par affiche collée. Il aurait fallu qu'on dépense 200 000 euros supplémentaires, et ça on ne les avait pas. Dans votre force, ce sont les militants.

6:59
Présentateur

Vous avez un programme radical. Vous voulez une sortie immédiate de l'Union Européenne, de la zone euro et de l'OTAN.

7:05
François Asselineau

Alors, d'abord, pas immédiate. Ce que je veux, c'est lancer immédiatement la procédure de sortie de l'Union Européenne, de l'euro, d'un côté, de l'OTAN. Oui, c'est un Frexit. Vous appelez ça radical.

7:16
Présentateur

Ah ben, c'est radical de sortir de l'euro et de l'Union Européenne.

7:18
François Asselineau

Mais moi, j'appelle ça du bon sens. Est-ce que vous vous rendez compte ? Parce qu'il y a beaucoup de gens qui me disent « Vous vous rendez compte si on sort de l'euro ? » Et moi, je dis « Est-ce que vous vous rendez compte si on y reste ? » Il n'y a pas de débat approfondi en France sur où va-t-on avec l'euro. L'euro est en train de nous entraîner dans un désastre collectif que tous les grands prix Nobel d'économie ont d'ailleurs souligné. Le dernier rang d'athétan Joseph Stiglitz, qui, dans le magazine Forbes, le 31 décembre dernier, a dit que 2017 sera probablement peut-être l'année de l'explosion de l'euro. – Je ne dis pas ça, parce que tous les prix Nobel d'économie…

– J'ai dit la plupart des prix Nobel d'économie.

7:53
Présentateur

– Oui, mais le d'autre, le français, Jean Tirole, ne dit pas du tout ça.

7:55
François Asselineau

– Oui, mais on lui donne la parole. Le précédent, Maurice Salin, lui qui était très critique contre l'euro, on ne lui donnait jamais les deux.

8:01
Invité

– Il n'y a aucun consensus des économies sur ce sujet-là. Et au contraire, beaucoup vous diraient « Sans l'euro, nous ne serions plus là. L'Europe serait disloquée. L'euro garantit la stabilité des prix. Elle a assuré la continuité des États. » Ça a aussi eu des avantages, monsieur Asseline.

8:14
François Asselineau

– Non, mais alors d'abord, en économie, il n'y a aucune chose comme dans la vie qui n'est que des avantages et que des inconvénients. – C'est ça, exactement. – Mais allez quand même dire, aux Français, il y a 800 Français qui passent en dessous du seuil de pauvreté tous les jours. C'est pas moi qui le dis, c'est l'INSEE. – C'est pour des raisons budgétaires. – C'est l'INSEE. – Non, non, mais regardez… – C'est pas monétaire. – Mais non, regardez ce qui se passe en Grèce, en Italie, en Espagne, au Portugal. – Monèse gestion. – Mais non. – C'est budgétaire, ça n'est pas monétaire, monsieur Asselineau. – Non, non, écoutez, c'est votre point de vue, ça n'est pas le mien. – D'accord.

– En 1999, depuis 1999, depuis que les monnaies ont été fixées de façon définitive l'une avec l'autre, on estime, c'est des calculs qui peuvent être faits très facilement, que le différentiel de compétitivité entre l'Allemagne et la France a été de 21% au profit de l'Allemagne. Voilà. Qu'est-ce qui se passait avant ? Lorsque l'Allemagne, c'est pas nouveau que la compétitivité allemande s'améliore plus rapidement que celle des pays du Sud et notamment de la France, mais davantage encore par rapport aux pays du Sud de l'Europe. Auparavant, il y avait le taux de change externe de la monnaie. Le franc s'est déprécié tout au long des années 50, 60, 70.

Ça n'a pas empêché d'avoir les 30 glorieuses en France. Maintenant, comme on n'a plus cette possibilité de rétablir la compétitivité externe, il faut faire ce que les économistes appellent une dévaluation interne, c'est-à-dire... Eh bien c'est-à-dire qu'il va falloir, dans les années qui viennent, s'attaquer au SMIC, s'attaquer aux prestations chômage, démanteler toutes les professions réglementées. Et ça, ça n'est pas moi qui le dis. C'est le rapport des grandes orientations de politique économique de la Commission européenne.

9:43
Présentateur

Vous dites que l'euro n'est pas satisfaisant. On peut imaginer une amélioration. Ce que vous préconisez, c'est un retour en arrière. Et ce retour en arrière, là aussi on peut citer les économistes, ils s'annoncent catastrophiques. C'est une perte de richesse pour les Français immédiates, puisque nous avons notre patrimoine en euros, et nous le passons en francs. Et donc forcément, déjà, tout coûtera plus cher en francs. Et puis surtout, notre patrimoine prendra un sacré coût.

10:09
François Asselineau

Mais non, ce n'est pas du tout exact. On changera, ça sera... On changera un euro, un franc. Alors après, effectivement... Un euro en franc ? Non, un euro, ça doit être 7 francs. Non, non, non, non. On remettra... Ça sera un nouveau franc. D'ailleurs, ce n'est pas la première fois dans l'histoire de France qu'on créera le franc, à chaque fois que le franc a été créé. En 1360, c'était pour la libération de Jean Lebon. Après ça, ça a été le franc germinal sous la Révolution. C'est-à-dire à chaque fois lorsque le peuple français a récupéré sa souveraineté, soit dit en passant. Mais là, lorsque nous ferons le nouveau franc, ça sera un euro égal un franc.

10:39
Présentateur

Voilà, et ensuite... Et c'est M. Asselineau qui décide. Un euro égal un franc.

10:43
Invité

Donc une dévaluation de mon patrimoine par 7.

10:45
François Asselineau

Mais non, mais pas du tout. Ah ben, je ne sais pas comment...

10:48
Présentateur

Un euro, ça vaut 7 francs aujourd'hui.

10:51
François Asselineau

Mais si vous avez un appartement qui vaut 300 000 euros, il vaudra 300 000 francs. Ah mais c'est... Je ne le voudrais pas. Donc il a perdu de la valeur. Mais pas du tout. Mais pas du tout. Ce franc nouveau vaudra un euro. Puis ensuite, il se dépréciera probablement... Quel intérêt de changer le vocabulaire ? De 5 à 10%. Oui, quel intérêt ? Mais parce qu'ensuite, nous aurons notre propre politique monétaire. C'est ça tout l'intérêt. C'est que l'euro, de toute façon, le franc deviendra... Comment dirais-je ? Perdra probablement 5 à 10% de sa valeur par rapport à l'euro rémanent. Et encore, c'est à démontrer. Et ça aura évidemment quelques inconvénients.

L'augmentation notamment du prix des importations. Mais ça aura aussi des avantages considérables. Le boom des exportations. Il y aura... Le boom des exportations.

11:37
Invité

Tout à l'heure, vous parliez du... Vous faisiez une comparaison entre la France et l'Allemagne. Qu'est-ce qui nous différencie des Allemands ? Ils ont fait des choix qui sont contestables. Mais ils ont fait des choix. Schröder, au même moment, Chirac distribuait l'argent qu'il n'avait pas. Schröder faisait des économies. Depuis 20 ans, les industriels allemands ont choisi un positionnement premium. Et notamment, on renforçait les entreprises de taille intermédiaire. C'est-à-dire qu'ils vont chasser en meute à l'exportation. Et ils ont les bons produits que réclame le marché. Ce que nous n'avons pas. Donc ma question, c'est...

Qu'est-ce qu'on vend en dehors de l'agroalimentaire et de l'aéronautique ?

12:13
François Asselineau

Mais vous savez, faire de la politique, c'est partir des réalités. Oui. Moi, quand j'ai commencé ma carrière au ministère des Finances et des Exportations, on disait déjà qu'il fallait imiter l'Allemagne. Le problème, c'est que les Français ne sont pas des Allemands. Nous n'avons pas la même discipline au travail. Nous n'avons pas le même consensus social. Nous n'avons pas le même tissu de grosses PME que l'Allemagne. Alors on peut toujours dire qu'il faudrait, il faudrait, mais on n'a pas. Voilà. Mercedes, ce n'est pas en France que ça se passe. Les grandes PME dans la mécanique, dans l'optique, ça n'est pas en fait. Renault aurait pu faire. Renault aurait pu faire Mercedes.

Non mais attendez. C'est un choix industriel. Non mais nous partons, encore une fois, la compétitivité globale de l'économie française s'est dégradée par rapport à l'Allemagne. Elle s'est dégradée bien davantage encore dans les pays plus au sud, comme la Grèce, le Portugal, l'Italie ou l'Espagne. La réalité donc, c'est que si on continue dans la situation actuelle, on va avoir une augmentation constante des excédents commerciaux allemands. C'est d'ailleurs le cas parce que l'euro est une espèce de cote mal taillée entre toutes les économies.

Et l'euro actuel est trop bon marché pour la compétitivité de l'économie allemande, qui enregistre des excédents commerciaux énormes, 250 milliards d'euros. Et en France, en revanche, nous avons des difficiles commerciaux considérables. Ce qu'il faut savoir, c'est que l'euro n'est pas une monnaie unique. L'euro est une monnaie... En fait, tous les pays ont conservé leur propre monnaie nationale. Si vous avez 1 000 euros sur votre compte bancaire à Paris, dans une banque commerciale, c'est 1 000 euros de créances sur la Banque de France. Mais si vous les transférez en Allemagne, ça devient 1 000 euros de créances sur la Bundesbank. Ça paraît très technique ici pour cette émission.

Et pourtant, ce que je viens de vous dire là est d'une importance considérable parce que c'est le cœur nucléaire de l'explosion qui arrive. Pourquoi ? Parce que toutes les grandes fortunes du Sud, toutes les grandes entreprises, elles vont placer... Elles anticipent l'explosion à venir de l'euro. Elles vont donc placer leur liquidité par centaines de milliards d'euros des pays du Sud, notamment en Allemagne, mais aussi en Finlande ou Luxembourg et aux Pays-Bas. Le résultat... Alors pour les spécialistes, c'est le solde de la balance des paiements interzone euro qu'on appelle Target 2. Il y a plus de 800 milliards d'euros qui sont venus des pays du Sud se réfugier en Allemagne et qui...

La contrepartie juridique et comptable de ce système, c'est que la banque Bundesbank, la banque centrale allemande, a 800 milliards d'euros de créances sur les banques des pays du Sud qu'elles considèrent comme des créances pourries. C'est la raison pour laquelle, et comme cette divergence ne fait que sa croître, si vous allez discuter avec les élites allemandes du côté de Francfort, vous verrez que ce sont des gens qui en fait n'ont qu'une envie, c'est de sortir de l'euro parce qu'ils craignent que l'ensemble de l'échafaudage leur retombe dessus et que ça coûte des centaines de milliards d'euros, notamment à l'Allemagne, mais aussi à la France.

14:57
Présentateur

François Asselineau, vous restez avec nous, candidat à l'élection présidentielle, suite du Grand Oral dans un instant. Les Gégé, les Grandes, bien avec François Asselineau, candidat à l'élection présidentielle au nom de l'UPR. Alors vous aussi, vous êtes un pur produit du système, c'est quelque chose qu'on reproche à certains candidats à cette élection présidentielle. Regardez votre parcours, vous avez fait HEC, l'ENA, bravo, parce que c'est plutôt un parcours d'élite. Inspecteur général des finances de profession, vous avez fait pas mal de cabinets mystériels dans des gouvernements de droite, Baladur, Juppé, vous avez travaillé avec Charles Pasqua.

En fait, vous êtes un vieux cheval sur le retour.

15:41
François Asselineau

Écoutez, je vous remercie de trousser ce compliment qui me va droit au cœur. Oui, je suis... Si vous voulez dire que je suis compétent, oui, je suis d'accord. D'ailleurs, là, on vient d'avoir une conversation qui est assez technique. Pendant la pause, tout le monde me disait que c'est très technique. Oui, mais moi, je connais mes dossiers. C'est quand même important. Les Français, là, ils doivent...

16:00
Présentateur

Les autres, ils ne les connaissent pas ?

16:01
François Asselineau

Écoutez, je suis persuadé que les fameux 5 grands candidats qui vont ce soir à TF1, dont 4, d'ailleurs, ont des ennuis avec la justice, soit dit en passant, eh bien, je suis persuadé que ces 5 grands candidats prétendus, ils ne connaissent rien au fonctionnement de l'euro. Voilà. C'est ça, la réalité. Donc, moi, je dis que pour le dans le monde d'aujourd'hui, il faut quand même connaître les choses.

16:22
Présentateur

Mais qu'est-ce qui vous a fait ? Parce que vous avez eu un parcours classique où vous pourriez être chez les Républicains aujourd'hui. Pourquoi vous avez décidé de créer votre petite entreprise qui va peut-être prospérer, l'UPR, et de jouer solo ?

16:35
François Asselineau

Parce que je ne fais pas ça par vanité. Voilà. Moi, je ne suis pas quelqu'un qui suit dans les dîners à la mode, dans les dîners en ville, etc. Moi, je suis plutôt un intellectuel. Et puis, j'ai quelqu'un qui aime son pays parce que j'aime le pays des autres. J'ai vécu au Japon. Je suis allé dans 85 pays du monde. J'aime les civilisations étrangères. Et un petit peu comme Candide à la fin, vous savez, dans Voltaire, revenant en France, moi, j'ai eu envie de défendre mon pays. Voilà. Ça paraît bête. Mais il y a un beau proverbe chinois que j'aime à citer qui dit « Lorsqu'un pays est en proie au chaos, c'est alors qu'apparaissent des responsables intègres ».

Vous pensez vraiment qu'aujourd'hui, la France est en proie au chaos ? La France va très très mal. Il suffit. Vous savez, vous me parliez des parrainages tout à l'heure. Moi, je suis allé voir personnellement 108 maires avec lesquels j'ai discuté. Nous avons des centaines d'années marchées. On a rencontré des milliers de maires. Je peux vous dire que la révolte gronde en France. D'abord et avant tout contre les réformes territoriales qui sont imposées, malgré la volonté des Français qui n'ont jamais été consultés là-dessus. Mais de façon plus générale, tout le monde voit bien que ça ne va pas. Tout le monde voit bien que la France s'appauvrit.

Tout le monde voit bien que l'agriculture, l'industrie, que tout part en quenouille. Et ils n'ont pas la réflexion nécessaire. Et on a l'impression que ce que vous proposez...

17:47
Présentateur

Face à la mondialisation, on a l'impression que... Parce qu'elle est la mondialisation, on ne peut pas la supprimer. Le monde autour de nous, on ne peut pas le supprimer. Et ce que vous proposez, finalement, c'est un peu un repli sur soi, plutôt que peut-être d'adapter ce pays à la mondialisation pour qu'on soit plus fort et qu'on s'en sorte à côté des grands blocs. Et en se disant, d'ailleurs, il faut mieux être avec nos voisins européens que tout seul, parce qu'on voit qu'autour de nous, ce sont uniquement des grands blocs qui dominent.

18:10
François Asselineau

Non, mais ça, c'est un argument, excusez-moi, qui n'est pas recevable. C'est un argument qu'on m'oppose souvent. Mais est-ce que la Suisse, qui n'est ni dans l'Union Européenne, ni dans l'euro, ni dans l'OTAN, est un pays fermé sur le même pays ? Mais attendez, mais justement, on nous dit que la France est trop... La France est une grande puissance militaire, une grande puissance économique. On ne peut pas dire à la fois que la France est trop...

18:27
Présentateur

C'est très puissant de se comparer à la France au point de vue du PIB. On est la cinquième ou la sixième puissance mondiale, ce qui n'est pas le cas de la Suisse. Est-ce que vous pouvez me laisser répondre ? Oui. On n'est pas un coffre-fort mal plus.

18:36
François Asselineau

Non, mais la France... On ne peut pas dire à la fois que la France est trop petite et qu'elle doit fusionner. Quand je prends l'exemple de la Suisse, me dire que la France est beaucoup trop grande. Non, la Suisse, ce n'est pas vrai que c'est un coffre-fort. Le produit intérieur brut de la Suisse dépend à 8% des banques. C'est d'abord une grande puissance industrielle en matière chimique, en matière d'agroalimentaire, en matière d'autique. Donc votre modèle, c'est la Suisse ? Ce n'est pas uniquement la Suisse. Regardez tous les pays du monde qui réussissent. Vous avez parlé de la mondialisation. Moi, je vais vous dire quelque chose qui est important. Mais il faut que les Français sachent.

La Chine a reçu des fonds d'investissement chinois, ont acheté 1700 hectares de terre dans le Berry en avril 2016. Est-ce que vous, si vous gagnez 100 millions à l'euro million, vous allez pouvoir acheter 1700 hectares de terre en Chine ? La réponse est non.

19:20
Invité

Mais il n'y a rien à vendre en Chine, M. Asselineau.

19:21
François Asselineau

Non, c'est tout simplement parce que les ouvertures des marchés ont été asymétriques. C'est-à-dire que nous, les délots... Qu'est-ce que vous voulez acheter en Chine ? Non, mais attendez. Lorsqu'un Chinois rachète, par exemple, le château de Gevray-Chambertin en Bourgogne, on pourrait très bien... Vous imaginez qu'un Français... Il n'y a pas de l'eau en Chine. Non, on pourrait très bien acheter un des grands crus de thé de Chine, le Long Jing Kroi, par exemple. C'est-à-dire le thé du Puy du Dragon. Ce n'est pas comme ça que ça se passe.

19:45
Invité

Les Chinois consomment aujourd'hui une partie de notre production viticole. Il y a peu de choses qui marchent dans ce pays, M. Asselineau. Il y a l'aéronautique, le spatial et l'agroalimentaire. Non, mais je termine. Vous nous dites pourquoi est-ce qu'on laisserait Gevray-Chambertin aux mains des capitaux chinois. Mais parce que les Chinois achètent notre cognac, achètent notre vin, parce que la mondialisation, elle peut être profitable à tous.

20:07
François Asselineau

Mais attendez, mais pourquoi nous n'avons pas le droit, nous, d'acheter les terrains en Chine ? Et réciproquement, d'ailleurs. Regardez, l'émir du Qatar rachète le Paris Saint-Germain, rachète l'hôtel Martinez à Cannes, le rachète l'hôtel Georges Hain. Et de foot au Qatar ? Et allez, achetez-vous quelque chose au Qatar. C'est-à-dire que les Français vont découvrir, pendant ma campagne électorale, je pense, que les ouvertures n'ont pas été faites de la même façon par tout le monde. Or, c'est très important. C'est pas vrai.

20:32
Présentateur

Mais la France exporte, la France produit la même extérieure.

20:36
François Asselineau

Oui, les délocalisations industrielles qui font que la France perd une usine par jour ouvrable. C'est terminé, c'est faux, ça. Qui font que la France perd une usine par jour ouvrable. Ces délocalisations industrielles auxquelles les Français veulent mettre un terme, découlent directement d'un article des traités européens, l'article 63, qui autorise la totale liberté de circulation des mouvements de capital. Qu'est-ce que vous croyez vive de l'exportation ? Mais si nous sommes sortis de l'Union européenne... Je vous pose la question. Combien de Français, aujourd'hui, vivent de l'exportation ? Écoutez, je sais pas, il y a à peu près 20% du PIB, à peu près, qui est tourné vers l'exportation.

Et moi, j'ai travaillé dans le monde de l'exportation. Lorsque j'étais au cabinet de M. Longuet, qui était ministre de l'Industrie et du Commerce extérieur, j'ai été le premier à proposer à mon ministre... On a organisé, c'était en 1994, une grande tournée de 170 industriels français en Chine. Donc c'est pas à moi qu'il faut expliquer le dossier chinois, ni le dossier de la grande exportation. Est-ce que vous croyez vraiment que les Britanniques, qui ont décidé de sortir de l'Union européenne, vont refermer le Royaume-Uni, alors que c'était une grande puissance exportatrice qui est tournée vers l'extérieur ? Vous sortez de l'euro. Les Britanniques n'avaient pas l'euro.

Ça veut dire qu'une fois que nous serons sortis de l'Union européenne et de l'euro, nous allons rester, bien entendu, reliés au reste du monde, par 6 686 traités, moins 3 traités de l'Union européenne, traités sur le fonctionnement de l'Union européenne et traités de l'Atlantique Nord. Ça, j'insiste là-dessus. Nous avons des milliers de traités qui nous lient au reste du monde. L'autre jour, j'ai dit ça, sur un de vos confrères, sur Europe 1, le lendemain, la journaliste qui espérait me coincer a téléphoné au Quai d'Orsay et elle a dit, effectivement, il n'y a pas 6 686, il y en a 6 622 ou je ne sais pas quoi. Elle a confirmé mes analyses. Joël Dago-Séry.

22:11
Présentateur

Oui, donc justement sur ce sujet, est-ce que vous pouvez nous dessiner à peu près ce que seront nos alliances, puisqu'on sort de l'Union européenne, on sort de l'OTAN. Pour vous, quelles seront nos alliances militaires, économiques, vers quel pays vous allez beaucoup plus orienter votre politique, vos accords, enfin, quels traités vous allez faire jouer ? Est-ce que vous pouvez nous dessiner ça à peu près globalement ?

22:31
François Asselineau

La France restera membre, je l'ai dit, de 6 686 traités, mais aussi de très nombreuses organisations, toutes les organisations internationales, à commencer par l'Organisation des Nations unies, à continuer par le Conseil de l'Europe, le Fonds monétaire international, la Banque mondiale, l'Organisation mondiale du commerce, etc. Nous resterons membres, j'en profite pour le souligner, de Airbus ou de Ariane Espace, qui n'ont aucun rapport avec l'Union européenne. Ce sont des coopérations internationales. Moi, je suis pour les coopérations internationales, parce que c'est ça qui marche.

D'ailleurs, vous savez que dans l'Airbus A380, il y a 15 des 28 pays de l'Union européenne qui ne mettent pas une vice. En revanche, vous avez les États-Unis d'Amérique, qui font 38% de l'Airbus A380, lorsqu'il est motorisé Pratt & Whitney, ils font par ailleurs les trains d'atterrissage et toutes les électroniques embarquées. En matière de sécurité. Et puis vous avez les Japonais, les Russes, les Chinois, les Malaisiens. En matière de sécurité. Le monde de demain est un monde où tous les pays sont interconnectés les uns avec les autres. Voilà la situation. Et pour répondre à vos questions sur les alliances militaires, nous sortirons de l'OTAN.

La France redeviendra ce qu'elle normalement doit être, c'est-à-dire France, ça veut dire le pays des hommes libres. C'est-à-dire la politique non alignée de Charles de Gaulle. Nous allons sanctuariser le territoire national. Nous allons préserver la sanctuarisation du territoire national par la dissuasion nucléaire. Mais nous tendrons la main à l'ensemble des pays du monde. Et d'ailleurs, je mettrai un terme immédiat aux guerres illégales qui nous entraînent. Lesquelles, justement ? Notre participation de près ou de loin aux événements qui se sont passés en Afghanistan, ou en Syrie, ou en Ukraine, ou en Libye.

24:11
Présentateur

Et en ce moment, nous participons à une alliance contre Daesh en Irak et en Syrie.

24:16
François Asselineau

Depuis que les Russes sont intervenus, vous avez vu qu'en fait, on en parle beaucoup moins. C'était un Daesh qui n'était pas les Russes.

24:22
Invité

En matière de relations internationales, avez-vous dit, je l'ai lu sur Internet, c'est pourquoi vous êtes souvent assimilé à un complotiste, Robert Schumann, fondateur de l'Europe, Jean Monnet, fondateur de l'Europe, et Boko Haram, Boko Haram, on voit ce que c'est, c'est une secte radicale islamiste, sont tous des agents américains. L'avez-vous dit ?

24:41
François Asselineau

Écoutez, je n'ai pas dit ça sous cette forme brutale et qui ne me ressemble pas. Ce que j'ai dit, c'est que la construction européenne était, en effet, a été financée par les États-Unis d'Amérique.

24:53
Invité

Pour résister à l'Union soviétique, logique.

24:55
François Asselineau

Oui, et tous les historiens sont d'accord là-dessus. Ce que j'ai dit également, c'est que derrière Daesh, il y avait des financements qui venaient d'Arabie Saoudite, du Qatar. D'ailleurs, le président élu des États-Unis, le nouveau président des États-Unis, lui a dit lui-même. Et puis je montre, mais je voudrais... Et Boko Haram aussi ? Mais tous les auditeurs trouveront ça sur notre site internet. Par exemple, je vous ferai remarquer... Vous connaissez BFM TV, par exemple ? Bon, BFM TV qui nous expliquait que le FBI a aidé des musulmans à commettre des attentats. Voilà. Alors moi, je prends les dépêches de presse. Je prends le journal Le Monde.

Le FBI est mis en cause dans l'organisation d'attentats par des Américains musulmans. Moi, je vais vous donner tout ça. Et puis je vais dire aux gens, maintenant, on arrête sur ces histoires. En fait, le débat n'a plus lieu. Vous savez, l'autre jour... Ça, c'est la faute des Américains. Non, mais l'autre jour... Écoutez, l'autre jour, je me suis fait brocarder par un journaliste de Libération qui m'a dit, vous vous rendez compte, Asino dit que le Dalaï Lama est financé par la CIA. Oui, manque de pot. Je reprenais un article de Libération du journal même dont il parle, qui date de 1998. Mais qu'est-ce que vous avez contre la CIA, contre les Américains ?

Mais ce n'est pas que je suis contre la CIA. Le problème, c'est que lorsqu'on est chef d'État, on n'est pas un bisounours. Voilà. C'est-à-dire qu'il faudrait, pour vous entendre, la CIA n'existerait nulle part, la NSA non plus. Je n'ai jamais dit ça.

26:13
Présentateur

On a même été espionné par la NSA.

26:16
François Asselineau

M. Hollande, en 2015, a été espionné, et tous les chefs d'État, c'est donc quelque chose qui doit attendre. Moi, j'ai suivi...

26:22
Présentateur

Il y avait même des grandes oreilles sur le toit de l'ambassade américaine.

26:24
François Asselineau

Ah, mais vous avez toujours fait du complotisme.

26:26
Présentateur

Non, c'est des faits avérés.

26:28
François Asselineau

Ah, tiens, tiens. Ben voilà, le problème, c'est qu'il faut libérer la parole là-dessus. Vous avez dit ça ? Non, non, et que je dis, je dis, mais je suis tout à fait d'accord avec vous, il y a effectivement des grandes oreilles. Oui, ça a été dénoncé, avéré, enlevé, c'était un incident diplomatique. Absolument. Eh bien, je dis que puisque nous devons choisir le chef de l'État, on ne choisit pas un Premier ministre pour mener une politique économique et commerciale. On choisit pour l'instant le chef de l'État.

L'article 5 de la Constitution, je le martèle à chaque fois que j'ai le droit à parler devant une émission de radio ou de télé, l'article 5 de la Constitution nous dit que le président de la République est le garant de l'indépendance nationale. Donc moi, j'estime être le garant de l'indépendance nationale en disant aux Français qu'il faut sortir de l'Union européenne, de l'euro et de l'OTAN. Et en n'étant pas un bisounours vis-à-vis des services de renseignement de toutes les puissances d'ailleurs. En quelques secondes, qu'est-ce qui vous distingue de Marine Le Pen ? — Mais écoutez, pourquoi vous me posez cette question ?

Et pourquoi vous ne me posez pas la question de savoir ce qui me distingue de Jean-Luc Mélenchon ? Parce que Marine Le Pen...

27:24
Présentateur

— Écoutez, je vous pose une question sur Marine Le Pen. Après, si vous voulez, on parle de Jean-Luc Mélenchon. — Non, mais je parle de Marine Le Pen. Sur l'Europe, vous tenez...

27:31
François Asselineau

— Oui, mais Jean-Luc Mélenchon aussi. Jean-Luc Mélenchon aussi. Jean-Luc Mélenchon, Marine Le Pen, M. Dupont-Aignance font partie de ces responsables politiques qui critiquent beaucoup la construction européenne. — Donc le clivage, il est là, en fait. Non, non, attendez. Sauf que d'abord, Mme Le Pen charrie son mouvement politique, charrie des pensées extrémistes. Les gens qui votent pour le Front National, il suffit d'aller comparer la page Facebook de Marine Le Pen et du Front National et la page Facebook de l'Union Populaire Républicaine et de François Asselineau. Vous serez édifiés quant aux électeurs que nous attirons.

Nous, il n'y a jamais, jamais de chasse à l'immigré, jamais d'islamophobie, jamais d'homophobie, jamais de phobie. Nous, nous voulons rendre aux Français leur liberté, leur souveraineté nationale. Les gens qui vont au Front National le font d'abord et avant tout sur des pensées concernant l'immigration. De la même façon que les gens qui vont chez Mélenchon sont quand même situés très, très à gauche. Donc ça, c'est la première chose. Nous ne sommes pas un mouvement extrémiste. Premièrement. D'ailleurs, on a été classé en divers par le ministère de l'Intérieur au-dessus du clivage droite-gauche. Je préférerais dire au milieu. Mais par ailleurs... — Comme Macron. — Mais par ailleurs.

Oui, mais Macron, lui... La différence entre Macron et moi, vous savez ce que c'est ? C'est que moi, je dis la même chose à tout le monde. Alors que M. Macron dit une chose différente à chacun de ses auditoires. Quand il va chez les socialistes, il dit « Je suis socialiste ». Quand il va chez Philippe de Villiers, il dit « Je n'ai jamais été socialiste ». Quelle confiance pouvez-vous faire à quelqu'un qui ment aussi effrontément ? — Ce qui est pas faux. — Ce qui est vrai. Ce qui est tout à fait exact. Maintenant, pour en revenir à notre propos, Mme Le Pen, comme M. Dupont-Aignan, comme M. Mélenchon, propose de renégocier les traités européens.

Et moi, j'explique qu'il n'est pas possible de renégocier les traités européens. On ne peut pas avoir une autre Europe. Et pourquoi ? Parce que l'Europe, si elle est comme elle est, c'est pas par hasard. C'est la sédimentation depuis 60 ans d'intérêts nationaux divergents entre 6 pays, 9, 10, 12, 15, 25, 27, 28 pays dont les intérêts nationaux sont légitimement divergents. On a donc réussi à abattir un château de cartes qui déplaît à toutes les puissances. Et si vous vous dites « on va renégocier les traités », ça veut dire qu'il faudrait que les 27 autres États et les 27 autres peuples soient d'accord pour s'aborder leurs intérêts nationaux, pour nous faire plaisir. Ça ne marchera pas.

Et pendant ce temps-là, je le disais tout à l'heure, il y a 800 personnes en France qui basculent en dessous du seuil de pauvreté tous les jours.

29:57
Présentateur

— Alors François Asselineau, vous restez avec nous parce que c'est l'heure du Grand Prix de l'Élysée. — Et on va vous faire écouter une personnalité qui est candidat à l'élection présidentielle, François Asselineau. On va vous faire écouter Emmanuel Macron.

30:17
Invité

— Est-ce que vous pouvez nous expliquer au tableau la différence entre la droite et la gauche, avec une craie, et en une minute, s'il vous plaît ? — Ah oui, vous êtes comme ça, vous. — Il est créé dans le bras. — On dit top ? — Top. — OK. Alors, donc la droite, c'est une famille politique française pour laquelle le plus important, c'est sans doute la liberté. Et la gauche, c'est une famille politique française qui a son histoire aussi, pour laquelle le plus important, c'est sans doute l'égalité, que les gens aient les mêmes droits, tu vois. Là, c'est que les gens soient libres. Il y en a qui vont réussir d'autres non. Tant pis.

Là, c'est que les gens soient égaux, mais ils ne sont pas forcément libres. C'est pour ça que moi, je crois qu'on a besoin d'un peu d'égalité, d'un peu de liberté, parce que c'est quoi la devise française ? — Liberté ! — Eh ben, banco. Voilà. Nous, c'est ça, ce qu'on va essayer de faire. Top.

31:12
François Asselineau

— Alors, vous êtes d'accord avec cette démonstration ? Ça, c'est exactement le sujet de la politique spectacle. Vous croyez que c'est sérieux ? Vous croyez qu'en ce moment, les Français, ils n'ont pas besoin d'aller au fond des choses ?

31:21
Présentateur

— Oui, avec des enfants.

31:23
François Asselineau

— Oui, il est avec des enfants. Mais si j'ai bien compris, lui, il est en bidextre, parce qu'il est partout. Et je le disais tout à l'heure. Il dit à chaque public ce qu'il veut entendre. Je l'ai entendu dire, par exemple, qu'il voulait supprimer 120 000 postes de fonctionnaires. Et puis deux jours après, il va voir des policiers. Il dit « J'y vais créer 12 000 postes de policiers. » — C'est pas compétit. — Attendez. Il va voir des personnels hospitaliers. Il va créer 15 000 postes, etc. Tout le monde sait très bien que M. Macron... Mais moi, je ne demande qu'une chose. Vous savez, M. Macron, je le connais un petit peu.

Et nous sommes dans le même corps, l'inspection générale des finances, sauf que j'ai 20 ans d'expérience de plus que lui. Juste un bébé. Donc moi, je veux bien qu'on le rencontrait, avoir un débat. Ça serait intéressant, d'ailleurs, d'avoir un débat en public. Et puis on mettrait sur la table... — Entre deux inspecteurs des finances.

32:03
Présentateur

— Vous m'avez dit que c'est le candidat de l'argent, Emmanuel Macron, le candidat des banques. Vous êtes d'accord avec ça ? — Oh ! Je sens que vous êtes complotiste, vous. Je vous pose une question. Vous ne m'avez pas répondu.

32:13
François Asselineau

— Ah ! — Vous ne m'avez pas répondu. Écoutez, moi, ce que j'observe, c'est que M. Macron a pour l'instant zéro électeur prouvé. Moi, le parti politique que j'ai créé, il a rassemblé 190 000 électeurs, près de 1% des suffrages en décembre 2015. Normalement, d'après les critères du CSA. Moi, quand j'ai créé l'UPR... — Mais ma question, c'est... Est-ce que c'est le candidat d'un lobby, Emmanuel Macron ? — Attendez. Je termine mon propos. Donc lorsque j'ai créé l'UPR, moi, le CSA m'a dit « Monsieur, vous avez zéro électeur. On verra quand vous en aurez ». Bon. Maintenant, j'ai eu 190 000 électeurs. M. Macron, pour l'instant, il a zéro électeur. M.

Macron, il a eu droit à 17 000 articles de journaux, 75 couvertures de magazines et des dizaines et des dizaines d'heures à la télévision et à la radio. Voilà. Et moi, j'ai eu droit, jusqu'à ce que je sois candidat à l'élection présidentielle, j'ai eu droit à zéro heure. — C'est le candidat des médias, non ? — Zéro minute. Zéro seconde. Mais vous faites du complotisme, tous. Moi, je vais m'en aller. — Je pose une question, moi. — Non, mais vous voyez bien. — Vous êtes tous les deux inspecteurs généraux des finances.

33:10
Invité

— Non. Moi, je crois que lui n'est pas un général. Lui, il est inspecteur, simplement. — Mais vous êtes sans mission, l'un et l'autre.

33:15
François Asselineau

— Oui, moi, je suis... — Vous êtes des hauts fonctionnaires fictifs, l'un et l'autre. — Non. Écoutez, je suis en disponibilité. C'est-à-dire que je ne gagne pas l'argent du tout.

33:21
Présentateur

— Alors une question sur l'argent. La France est endettée. Qu'est-ce que vous faites ?

33:26
François Asselineau

— Alors déjà, moi, je voudrais faire des économies considérables sur un sujet que les Français ne connaissent pas, qui est ce continent intouchable qui s'appelle la construction européenne. Chaque année, la France verse 23 milliards d'euros à l'UE. Et elle en récupère 14 sous la forme, notamment, des aides aux agriculteurs, des fonds du FEDER, etc. De telle sorte... — Donc 23 moins 14... — Ça fait 9. Donc ça veut dire qu'une fois que nous serons sortis de l'UE... — On récupère 9 milliards.

— Eh bien nous donnerons toujours les mêmes aides aux collectivités locales, les mêmes aides aux agriculteurs, sauf que cette fois-ci, au lieu que ça soit frappé du drapeau bleu aux étroiles d'or, ça sera frappé depuis l'origine, c'est-à-dire du drapeau bleu-blanc-rouge. Mais en plus, on économisera 9 milliards d'euros. C'est pas tout. On va économiser aussi sur les cofinancements qui sont de l'ordre de 4,5 milliards d'euros. C'est pas tout. Comment on va supprimer l'article 63, qui organise la libre circulation des mouvements de capitaux ? On va enfin pouvoir lutter efficacement contre la fraude fiscale, qui est estimée à... — Les gens vont partir définitivement.

— Il n'y aura plus du tout de poignons en France. On en aura gagné.

34:26
Présentateur

— Les gens seront partis directement. — Non, mais attendez. Ça, c'est vous qui le dit. — Le jour où vous annoncez la sortie de l'euro, une bonne partie des capitaux vont partir à l'étranger.

34:32
François Asselineau

— Non, parce que nous rétablirons le contrôle des mouvements de capitaux. C'est ce qui a d'ailleurs été fait au moment de la crise à Chypre, vous savez. Et puis encore une fois, pourquoi voulez-vous... Ça, c'est vraiment... Vous savez, les partisans du Brexit au Royaume-Uni avaient qualifié ce genre d'opposition. Lorsqu'on faisait peur, ils avaient appelé que le seul projet des autres, c'était Project Fear. C'est-à-dire le projet de la peur.

34:51
Présentateur

Moi, je veux bien... — Sauf que là, encore une fois plus, la Grande-Bretagne, ils changent pas de monnaie.

34:55
François Asselineau

— Moi, je veux bien... Mais de toute façon, l'euro va exploser. De toute façon, l'euro va exploser. — Alors voilà, vous faites peur, là. C'est vous qui faites peur, là. C'est quand même. — Oui. Mais j'ai de solides raisons pour le dire. — Ah non. Quand c'est vous... — Allez regarder ce qui se passe en Italie. Regardez ce que disent les journaux financiers allemands. C'est ça qui est important. Je voudrais revenir sur les économies. Moi, j'estime qu'on peut avoir 20 milliards d'euros d'économies sur la fraude fiscale. J'estime également qu'on peut avoir des dizaines de milliards d'économies sur l'allègement pour les petites entreprises, les TPE, les artisans.

On va alléger les contraintes européennes. Ça a été un des arguments très forts qui a poussé les Britanniques à voter en faveur du Brexit.

35:35
Présentateur

— Merci, François Asselineau, d'être passé par le grand oral des GIG. Dans un instant, le GIG...