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interviewRMC — Face à Face· 8 juillet 2022 20 min

L'interview : Clément Beaune - 08/07

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC, RMC, l'interview Apolline de Valherbe. 8h33 sur RMC et BFM TV, bonjour Clément Beaune. Bonjour. Merci de répondre à mes questions ce matin, d'autant plus que c'est votre première interview en tant que ministre des Transports. Vous étiez jusqu'à présent en charge des questions européennes et désormais vous voilà aux manettes sur les transports. Il y a de nombreuses questions à vous poser qui regardent le pouvoir d'achat, qui regardent les routes cet été, qui regardent les grèves, qui menacent dans les aéroports ou dans les gares. Mais je dirais qu'on commence par les incendies.

On l'a vu, les bouches du Rhône touchées hier, le Gard encore ce matin avec des feux très importants. Est-ce qu'il y a une incidence sur les réseaux, les transports, les routes ?

0:50
Christine Pirès Beaune

Écoutez, à ce stade, non. Il y a effectivement d'importants incendies avec des moyens importants qui sont déployés par la sécurité civile en réponse. Dans le Gard, dans les bouches du Rhône, une grande vigilance pour les heures qui viennent. À ce stade, il n'y a pas de perturbations sur les transports, notamment ferroviaires. Mais nous sommes très vigilants. Et ce qu'on appelle le plan de transport, c'est-à-dire la circulation des trains, est surveillé de très près par la SNCF, avec qui j'en parlerai dans quelques minutes, pour surveiller tout cela.

1:12
Présentateur

Donc, des nouvelles plutôt rassurantes sur ce front. Je le disais, il y a des menaces de grèves pour cet été. Il y a eu des grèves dans les aéroports parisiens, notamment le week-end dernier. Mais enfin, ça semble réglé ?

1:26
Christine Pirès Beaune

Écoutez, je suis prudent, mais il y a eu un dialogue social très important que l'État a encouragé entre l'entreprise, les salariés, chez Aéroports de Paris, à la SNCF d'ailleurs aussi dans la semaine. Ce dialogue social a permis un certain nombre de mesures de pouvoir d'achat. C'est un des sujets aussi pour les salariés du secteur des transports, comme dans beaucoup de domaines, avec des mesures qui ont été prises à la SNCF qui sont importantes. Aujourd'hui, chez Aéroports de Paris, avec les pompiers des aéroports qui avaient bloqué, on le sait, l'accès la semaine dernière en raison d'un mouvement social. Et le préavis de grève des pompiers est levé pour ce week-end.

Et nous continuons avec Aéroports de Paris à travailler pour s'assurer que les choses se passent bien ce week-end et que les grands départs puissent se faire.

2:03
Présentateur

Clément Beaune, est-ce que vous pouvez nous affirmer ce matin qu'il n'y aura pas de grève cet été ?

2:07
Christine Pirès Beaune

Écoutez, il faut être toujours prudent. Je ne veux pas faire de fausses promesses. Parce qu'il y a une situation difficile, il y a un dialogue social qui se poursuit. Mais j'ai confiance dans ce dialogue social. Il y a des mesures de pouvoir d'achat, encore une fois, spécifiques à un secteur qui a beaucoup contribué à la réponse à la Covid. Je pense aux trains en particulier. Et donc, il est normal que ce dialogue se poursuive. Nous faisons tout. C'est mon premier engagement depuis lundi matin et ma nomination, avec les entreprises, avec la SNCF, avec Aéroports de Paris notamment, pour éviter des mouvements sociaux. Et ma priorité absolue, c'est bien sûr que ce dialogue se poursuive.

Mais c'est surtout que les vacances des Français et des touristes, on a une saison exceptionnelle qui est en train de se profiler, ne soient pas perturbées. Donc, j'y mets tous mes efforts pour que dès ce week-end, qui est le premier grand départ, ça se passe bien. Je suis confiant.

2:52
Présentateur

Alors, il y a quand même ce matin un point noir. C'est l'aéroport de Bordeaux-Mérignac, avec un mouvement de grève et 40% des vols annulés. Est-ce que là aussi, vous y mettez tout votre cœur et toute votre énergie ? Et est-ce que vous pensez que cette grève va être levée ?

3:04
Christine Pirès Beaune

Oui, alors il y a plusieurs perturbations ponctuelles. Je ne vais pas en faire la liste. Il y a eu Nice il y a quelques jours, Bordeaux aujourd'hui. Là aussi, je vais être très clair, mon boulot, parce que ce serait contre-productif de mise des transports, de ne pas faire confiance aux entreprises et aux syndicats, et je laisse le dialogue se poursuivre. Donc, je suis aussi cela de près. J'espère qu'on pourra régler le problème dans les heures qui viennent.

3:23
Présentateur

Avec des conséquences folles. 20 000 bagages perdus à Roissy, mais comment c'est possible ?

3:27
Christine Pirès Beaune

Alors, ils sont où ? Ils sont. D'abord, ils ne sont pas perdus. Ils ne sont pas livrés. Ah si, ils sont principalement à Roissy, à l'aéroport Charles-de-Gaulle. Il y a eu cette grève le week-end dernier, qui a été, j'en suis désolé pour les nombreuses personnes qui l'ont subie, des Français et des touristes étrangers. Il y a eu ce problème. Aujourd'hui, les entreprises concernées, l'aéroport de Paris, la compagnie Air France, sont extrêmement mobilisées à travers leurs équipes. J'irai voir sur place d'ailleurs comment ça se passe, pour redistribuer les bagages. Nous faisons tout. Les entreprises font tout sur place, pour que dans les 5 à 7 jours qui viennent, on ait résolu ce problème.

C'est très long, parce qu'il faut les remettre dans des avions, dans un moment où il y a déjà beaucoup de départs. Mais, premier point, éviter les grèves ce week-end, pour que ça ne se reproduise pas. C'est très important. On n'est pas encore un problème. et résoudre le problème qui a été constaté le week-end dernier. Il y avait plus de 35 000 bagages au total. On en est à peu près à 20 000 aujourd'hui. Donc, on fait le plus vite possible pour que les...

4:24
Présentateur

5 à 7 jours avant que les bagages retrouvent leurs propriétaires.

4:27
Christine Pirès Beaune

Pour que l'essentiel, l'immense majorité des cas, les personnes aient retrouvé leurs bagages. Je précise aussi, c'est d'ailleurs une règle européenne, qu'il y a une indemnisation des passagers auxquels chacun a droit quand il y a un problème de cette nature.

4:39
Présentateur

Qui devraient couvrir notamment le nécessaire rachat d'un certain nombre d'affaires.

4:43
Christine Pirès Beaune

Le nécessaire rachat d'un certain nombre de vêtements, de biens d'hygiène, etc. C'est normal.

4:47
Présentateur

Clément Beaune, au-delà de la question des mouvements de grève qui ont entraîné effectivement tous ces dysfonctionnements, il s'installait une forme de lenteur des embarquements, avec à la fois un problème de manque de personnel, du côté des services publics, c'est-à-dire tout simplement de l'accès aux frontières, mais aussi du côté des compagnies aériennes. C'est en train de devenir un problème européen. Alors là, pour le coup, vous pouvez remettre votre autre casquette de ministre des Affaires européennes. On le voit notamment à Amsterdam, où il y a des retards, méga retards au départ des avions. Est-ce que vous redoutez, là, que ce problème persiste pendant l'été ?

Est-ce que vous dites à ceux qui nous écoutent, si vous avez un avion à prendre, prévoyez beaucoup plus de temps, est-ce qu'il faut changer ses habitudes ?

5:28
Christine Pirès Beaune

Alors paradoxalement, il ne faut pas arriver trop en avance, parce que ça peut créer des engorgements supplémentaires.

5:32
Présentateur

Alors c'est quoi trop en avance et c'est quoi trop tard ?

5:34
Christine Pirès Beaune

Les consignes que donnent notamment les aéroports de Paris, les grands aéroports français, c'est d'arriver deux heures à l'avance pour un vol européen ou national et d'arriver trois heures à l'avance pour un vol long courrier. C'est beaucoup plus que ça n'était jusqu'à présent. C'est plus que d'habitude, mais on constate, je le voyais encore hier en discutant avec les équipes de Roissy, des arrivées parfois trois, quatre heures avant, avec des gens qui se disent, plus j'arrive tôt, mieux c'est. Ce n'est pas le cas. Donc maximum trois heures avant pour les grands vols internationaux, maximum deux heures avant pour les vols européens ou nationaux.

6:02
Présentateur

Pardon, mais c'est aussi ça qui est important. En fait, il faut arriver deux heures avant. Il n'y a pas deux.

6:07
Christine Pirès Beaune

Exactement, ce n'est pas une tranche que je vous donne, mais il ne faut pas respecter cette indication, deux heures, trois heures, mais ça ne sert à rien d'essayer de faire, si je puis dire, le super bon passager.

6:17
Présentateur

Mais ça veut dire qu'on ne peut plus aujourd'hui, au moment où on se parle, l'habitude était pour les vols nationaux ou européens d'arriver une heure avant, ça c'est fini.

6:25
Christine Pirès Beaune

Pour cet été, je recommande de prendre plus de marge. En effet. Je vais être très clair, il y a une saison, tant mieux, où le voyage reprend beaucoup. Parce que le Covid nous a beaucoup contraints, parce que tout le monde a besoin, malheureusement un certain nombre de personnes n'ont pas les moyens de le faire, mais beaucoup de Français veulent partir en vacances, retrouver leur famille, prendre le train, prendre l'avion. Il y a des difficultés de prix, difficultés d'accès aux billets, on pourrait y revenir, mais il y a globalement une bonne saison touristique et de voyage, avec beaucoup plus de billets qui sont réservés encore qu'en 2019, c'est-à-dire avant le Covid.

Et la France va accueillir sans doute un nombre record de touristes. Tout ça est positif. Ça recrée aussi un certain nombre d'engorgements, parce que c'était un secteur où il y a eu des pénuries de recrutement, des difficultés à recruter, notamment pendant le Covid, parfois des plans sociaux, etc. Donc il y a une sorte de remontée en puissance qui est compliquée. Vous avez raison de le souligner, pour consoler ceux qui vivent des galères et ont fait tout pour les éviter, mais partout en Europe, c'est comme ça. C'est même beaucoup plus difficile encore que dans nos aéroports ou dans nos gares. Et donc on va tout faire pour que ça soit fluide. Il y a plusieurs sujets.

Il y a le sujet d'éviter les grèves, qu'on évoquait. Il y a le sujet des contrôles, notamment par la police aux frontières. On essaye d'armer mieux les effectifs dans les semaines qui viennent pour l'été. Mais donc il y a aussi un effet qu'on connaît tous. C'est le grand départ, ce week-end, le pont du 14 juillet, le chassé-croisé sur nos routes dans les gares, dans les aéroports de la fin du mois de juillet, début du mois d'août. Ce sont les moments où c'est le plus dur. Donc on fait tout pour que ces moments soient les plus fluides possible.

7:52
Présentateur

Vous avez parlé effectivement de la question aussi des billets et des engorgements. C'est le cas aussi pour le train. Il y a cette situation folle où aujourd'hui pratiquement plus personne ne peut acheter de billets pour cet été. Tous les trains sont complets. Les prix ont flambé. Est-ce qu'il n'est pas encore possible de rajouter des wagons comme ça a été longtemps le cas ? C'est-à-dire qu'on a l'impression que cette année, tous les trains sont figés des mois à l'avance. Vous ne vous adaptez pas un tout petit peu plus quand même à la demande ?

8:18
Christine Pirès Beaune

Bien sûr, je demande à la SNCF de le faire au maximum. Il y a aujourd'hui quasiment tout le parc de trains qui est mobilisé. 400 TGV, 400 trains intercités. Donc tout le parc est déployé. Il n'y a pas de réserve, si je puis dire, qui serait cachée ou qui ne serait pas mobilisée. La SNCF le fait, notamment dans le train. Il y a effectivement des difficultés d'accès aux billets. C'est clair. Pour les raisons que je vous indiquais. D'abord parce que, au moment où l'activité était beaucoup plus basse dans le secteur des transports, il y a eu de la maintenance, il y a eu des ralentissements dans les achats de matériel.

Donc ça, ça ne va pas se résoudre en trois jours, mais on essaie de l'accélérer. Il y a eu aussi parfois des problèmes de personnel. C'est vrai aussi. Et puis, il y a beaucoup plus de billets réservés que ces deux dernières années. C'est clair. Donc ça a été anticipé. Ils ont été mis en vente. Il y a plus de billets qui ont été mis en vente pour le mois de juillet cette année qu'avant la Covid. Donc il y a un effort qui a été fait très important par la SNCF. Et je le dis aussi, on va remettre en vente des billets. On va remettre en vente des billets le plus possible avec, je sais que ce n'est pas facile qui ont la flexibilité.

Ils peuvent partir au lieu de partir le samedi matin en train ou le vendredi soir. Ils peuvent partir à un moment où il y a moins de monde. Il y a encore beaucoup de billets sur des plages horaires moins fréquentées. Donc pour ceux qui ont un peu de flexibilité, je les invite à regarder ces horaires décalés.

9:29
Présentateur

Vous encouragez ceux qui peuvent à décaler effectivement leur départ. Mais je voudrais quand même vous reposer la question. Les jours, en effet, de forts déplacements, de forts départs, est-ce que vous allez rajouter des billets ? C'est-à-dire, est-ce que vous nous dites ce matin oui, on en a encore un peu sous le pied, on va pouvoir se rajouter un ou deux wagons par train et il y aura, je ne sais pas, 100, 150 billets qui vont être vendus par train ?

9:49
Christine Pirès Beaune

Je vais être très honnête. On fait le maximum dans les trains. On ne peut pas rajouter des wagons, on ne peut pas rajouter les trains. Le maximum aujourd'hui est à déployer tout son parc. Tout son parc de trains. Et encore une fois, il y a plus de billets qui ont été vendus que jamais. Parce qu'on encourage

10:02
Présentateur

à lâcher la voiture, on encourage à prendre le train, mais les prix, en effet, on le disait, sont très élevés et surtout, on manque de place.

10:10
Christine Pirès Beaune

Alors, deux choses. Or, on fait tout pour que cet été, ça se passe le mieux possible. Ça ne veut pas dire qu'on peut construire un train en une semaine, évidemment, mais il y a encore des billets qui seront mis en vente. Il y a les plages décalées qui sont plus faciles. Il y a des réductions qui sont très importantes. Très concret, certains l'ont déjà puisqu'il y a presque 4 millions de personnes en France qui en sont dotées. Il y a une carte avantage SNCF qui permet des réductions très importantes. On ne va pas développer là, mais c'est parfois ça marche sur certains trains, pas sur d'autres et pas à la dernière minute.

Honnêtement, c'est beaucoup moins simple que ça ne l'a été par le passé. Ça, c'est mon engagement de mise des transports.

10:39
Présentateur

Si vous pouviez simplifier les cartes, honnêtement, je pense que tous les Français seraient très heureux. Je le sais.

10:42
Christine Pirès Beaune

On va regarder ça encore avec la SNCF. Mais je veux dire aussi, parce que ça, c'est plus important, il faut regarder l'urgence, il faut regarder le long terme. Le ferroviaire, ça sera central dans la transition écologique, dans les transports de demain. On réinvestit beaucoup sur des petites lignes en particulier, mais il faudra le faire dans les matériels. Ça, c'est ce que je regarde aujourd'hui comme mise des transports. La Première Ministre, j'en suis très content, a dit dans son discours de politique générale, dans tous les Français devant les parlementaires, que le ferroviaire serait la cône vertébrale de cette mobilité verte.

11:11
Présentateur

On a parlé des avions, on a parlé des trains, je dirais qu'on parle des voitures, notamment dans le paquet pouvoir d'achat qui a été présenté hier. Il y a un volet énergie, essence, l'indemnité carburant-travailleur va être mise en place à compter du 1er octobre 2022 pour remplacer et prendre la place de cette remise de 18 centimes par litre. Ça s'adressera à qui et selon quels critères ?

11:32
Christine Pirès Beaune

Alors, on avait un dispositif général qui était une ristourne de 18 centimes parce qu'il y avait un problème urgent, massif, ça a permis de baisser le prix du carburant, ça continue cet été, c'est important et jusqu'au début du mois d'octobre. D'ailleurs, un certain nombre d'entreprises, Total Energy par exemple, rajoutent une ristourne sur leur propre prix de la pompe, c'est important et on sait qu'elle le continuerait pendant l'été. Ensuite, à partir du 1er octobre, est-ce qu'il faut trouver l'équilibre entre aider le pouvoir d'achat et ne pas taper trop sur le contribuable ? Tout ça est payé par le contribuable. C'est d'avoir un dispositif plus ciblé.

Il y a des gens qui, sans doute, ont moins de problèmes de pouvoir d'achat que d'autres. Les personnes qui roulent beaucoup, gagnent mal leur vie, il faut les aider, c'est normal en priorité. Et donc, il y aura un dispositif ciblé sur les personnes qui ont les revenus les plus bas, ça pourrait être 200 euros d'aide qui sera donnée en fin d'année. Pour les personnes qui ont les revenus un peu plus élevés, 100 euros, c'est par décide d'impôt, je ne rentre pas dans le détail.

12:26
Présentateur

C'est quoi comme revenu ? Quand vous dites est-ce que vous avez une fourchette ? Est-ce que vous avez un maximum ? Un plafond ?

12:33
Christine Pirès Beaune

C'est les trois premiers décides d'impôt, donc chacun le voit sur sa feuille d'impôt. En gros, c'est les personnes qui vont gagner jusqu'à 2 à 3 000 euros par mois qui vont bénéficier principalement jusqu'à 2 à 3 000 euros par mois ? Les foyers.

12:45
Présentateur

Foyers, d'accord, donc ce n'est pas par personne ?

12:47
Christine Pirès Beaune

Les foyers, exactement. Chacun, il faut regarder les...

12:49
Présentateur

Mais une personne seule qui constitue à elle seule un foyer et qui gagnerait entre 2 et 3 000 euros, ça marche ?

12:55
Christine Pirès Beaune

Ça ne sera pas le maximum de la ristourne, ça ne sera pas le maximum des 200 euros. Il y a un critère qui est important qui n'est pas seulement sur le revenu, c'est combien vous roulez. Les gros rouleurs, c'est plus de 12 000 kilomètres par an, auront 100 euros supplémentaires. Donc c'est entre 100 et 300 euros d'aide qui seront consacrées aux personnes qui ont des revenus faibles ou qui roulent beaucoup.

13:13
Présentateur

Comment on fait ? C'est-à-dire que concrètement, vous allez demander aux Français qui voudraient pouvoir toucher cette aide de vous faire la démonstration, de prendre du nombre de kilomètres par an. Comment vous allez juger ?

13:26
Christine Pirès Beaune

Ça va être le plus simple possible. Oui, mais c'est pas facile. C'est quoi ?

13:30
Présentateur

C'est déclaratif ?

13:31
Christine Pirès Beaune

Pardon, j'insiste quand même. On parle, c'est normal, d'argent public, d'argent du contribuable que les Français payent aussi, y compris les classes moyennes, payent les impôts. Donc on doit être responsable. Il faut un système qui soit simple, c'est-à-dire que ce sera une déclaration en ligne sur l'honneur. Vous les indiquerez exactement vos revenus fiscaux. Chacun le sait sur sa feuille du beau. Et les kilomètres par an. Ce sera en confiance.

13:52
Présentateur

C'est les kilomètres par an. C'est pas les kilomètres, par exemple, vous ne devrez pas justifier de la distance entre votre habitation et votre travail, par exemple.

13:59
Christine Pirès Beaune

Il y aura un site internet qui va être ouvert bientôt. Il y aura quelques indications à remplir. Ce sera le plus simple possible. C'est ce sur quoi travaille aujourd'hui le ministère des Finances.

14:05
Présentateur

Est-ce que ceux qui ont par exemple l'option qui auraient la possibilité de prendre des transports publics mais qui choisissent de prendre la voiture, vous n'allez pas regarder s'ils auraient pu faire autrement ?

14:17
Christine Pirès Beaune

On va faire le plus simple possible et pas rentrer dans l'usine à gaz. Il y aura des contrôles fiscaux a posteriori pour vérifier que les éléments qui ont été déclarés de bonne foi sont vrais. C'est-à-dire les revenus, à l'évidence, ça se vérifie facilement. Et puis le nombre de kilomètres par an par les entreprises d'assurance en particulier, on a les moyens de savoir. On ne va pas vérifier au cas par cas s'il y avait une alternative juste à côté ou pas. L'idée, c'est un dispositif qu'on espère temporaire mais qui va au moins pourrir dans les prochains mois à partir du 1er octobre. Je le dis parce que c'est très important.

Ce n'est pas de la paperasse éternelle, c'est en ligne, simple et sur l'honneur. Et ensuite, il y aura les vérifications qui sont faites pour paquets de fraudes. Bien sûr.

14:54
Présentateur

La voiture électrique à 100 euros, c'était 100 euros par mois. C'était une des promesses d'Emmanuel Macron. Quand est-ce que les Français qui nous écoutent et qui souhaiteraient le faire pourront le faire ?

15:02
Christine Pirès Beaune

C'est une promesse d'Emmanuel Macron et ça a été rappelé par la Première Ministre dans sa déclaration de politique générale. On fait en sorte que le dispositif puisse être en place.

15:08
Présentateur

Mais c'est une promesse pour la fin du quinquennat ? Il va falloir attendre 5 ans ou ça peut se faire vite ?

15:12
Christine Pirès Beaune

On est en train de le regarder parce qu'il y a deux exigences. On veut que ce soit une production industrielle en France de voitures électriques et c'est très important parce que beaucoup de gens n'ont pas d'alternative à la voiture et à l'essence ou au diesel. Et aujourd'hui, je fais simple, mais la voiture électrique c'est vu comme quelque chose plutôt pour les bobos urbains. Quand on roule comme ma propre famille dans les bouches du Rhône qu'on fait des kilomètres par jour pour aller travailler ou faire ses courses, aujourd'hui on n'a pas de véhicules électriques pas chers. Et donc ça va être construit d'ici la fin de l'année.

J'espère qu'on pourra commencer ce dispositif en cours d'année prochaine. C'est le but en tout cas.

15:46
Présentateur

En cours d'année prochaine, on peut imaginer que ceux qui en font la demande puissent obtenir...

15:52
Christine Pirès Beaune

Pour être clair, ça montera sans doute en puissance progressivement. Il faudra peut-être des expérimentations locales. Mais en tout cas, il faut qu'on développe une filière industrielle et il faut qu'on mette en place ce mécanisme de leasing. Donc ça ne se fait pas en deux mois. Il faut être très honnête, mais j'espère que dans les...

16:05
Présentateur

Mais en même temps, il y a urgence quand même. Quand on écoute la situation, quand on regarde le prix à la pompe, on se dit que ça serait une des solutions. Bien sûr,

16:10
Christine Pirès Beaune

mais c'est pour ça qu'on prend des mesures d'urgence sur le carburant. Parce que quand il n'y a pas d'alternative, il ne faut pas pénaliser les gens qui veulent aller bosser pour faire cette résistance sur le carburant. C'est pour ça qu'il y a déjà des choses. Des bonus d'achat, des bonus à la conversion, les véhicules électriques, leur achat est aidé par l'État et parfois par les régions. Et puis nous rajoutons ce dispositif, j'espère encore l'année prochaine, parce qu'il sera lui pérenne et très important pour transformer les usages de la voiture.

16:34
Présentateur

Le masque, le masque dans les transports, encouragé, est-ce qu'il pourrait devenir obligatoire ?

16:39
Christine Pirès Beaune

À ce stade, ce n'est pas ce que nous souhaitons et nous sommes tous à la fois plus habitués et un peu fatigués par cette épidémie et ces vagues successives. On n'est pas du tout dans la situation, d'où d'ailleurs la reprise des voyages qu'on a connus les étés précédents. Donc, appel très clair à la responsabilité, je le dis comme mise des transports, ce week-end, les grands départs en vacances, tout particulièrement, dans les gares, dans les aéroports, évidemment dans les trains et dans les avions eux-mêmes, on porte le masque. D'ailleurs, ça se fait de plus en plus, j'irai le constater dans quelques minutes à la gare de Lyon, où il y aura des milliers de départs en vacances.

Donc, j'invite chacun à le faire. Je pense qu'on n'a pas besoin de mettre une obligation nationale, on a besoin simplement d'encourager, je le fais avec la ministre de la Santé, à porter le masque et j'ai demandé aux grandes entreprises, SNCF, à l'aéroport de Paris en particulier, de renforcer les messages d'information dans les gares et les aéroports.

17:27
Présentateur

Pour encourager donc, mais ne pas obliger à se porter du masque.

17:31
Christine Pirès Beaune

C'est très important dans les gares, les aéroports et les trains et les avions.

17:34
Présentateur

Vous connaissez la FIT ?

17:35
Christine Pirès Beaune

Oui, c'est l'agence de financement des infrastructures.

17:37
Présentateur

Voilà, l'agence de financement des infrastructures des transports en France et Jean Castex pourrait en prendre la tête. Pourquoi ?

17:46
Christine Pirès Beaune

Traditionnellement, c'est un élu à souvent haute responsabilité. Il se trouve que jusqu'à présent, c'était Christophe Béchut qui est aujourd'hui le ministre de l'écologie, mon ministre de tutelle. Vous voyez, ce sont des grands élus qui connaissent bien les transports. Jean Castex est énormément investi, notamment dans le ferroviaire pour qu'on développe des petites lignes. On se souvient de lui

18:03
Présentateur

dans le train de nuit. partant vers Lourdes.

18:06
Christine Pirès Beaune

Il y a des défis majeurs de financement de nos infrastructures, de nos routes et de nos voies ferrées en particulier. Jean Castex connaît ça très bien. Il s'est beaucoup engagé. C'est le Parlement qui validera la nomination. Donc, ça se fera de manière transparente. Mais il pourrait être votre partenaire

18:18
Présentateur

sur toutes ces questions-là à la tête de la FIT.

18:20
Christine Pirès Beaune

Je le souhaite vivement parce que je crois qu'il connaît très bien qu'il s'est engagé et chacun peut mesurer son engagement, notamment dans les territoires qui sont aujourd'hui les plus enclavés pour qu'on développe les accès par les transports.

18:34
Présentateur

la présidence de ce parti, Clément Bonne.

18:36
Christine Pirès Beaune

Écoutez, ce n'est pas ce que j'envisage. Moi, je veux m'inscrire dans un collectif. Je veux en tout cas m'impliquer dans ce parti comme je l'ai fait depuis la fondation de ce qui s'appelle Aujourd'hui en marche. Stéphane Séjourné que je connais bien qui est député européen s'engage. Moi, je veux m'engager dans un collectif et puis exprimer une sensibilité qui est la mienne qu'on connaît qui est très européenne qui est plutôt de centre-gauche et qui vivra dans ce parti dans cette famille.

18:57
Présentateur

Donc, vous ne brigerez pas à la présidence.

18:58
Christine Pirès Beaune

Au moins, les choses sont... Mais voilà, ce n'est pas mon intention.

19:00
Présentateur

En tout cas, au moment où on se parle, ce n'est pas votre souhait. Tout ce dont on vient de parler là, en fait, il y a quand même un tout petit bémol, c'est qu'il faut que ça passe à l'Assemblée.

19:09
Christine Pirès Beaune

Alors, les mesures sur le pouvoir d'achat, oui, mais c'est pour ça que nous devons aller vite et construire des compromis et que chacun doit prendre ses responsabilités. On met beaucoup de moyens, mais c'est nécessaire pour aider les Français. On nous dit parfois que ce n'est pas assez, mais il faut aussi qu'on tienne les impôts des Français, qu'on ne les augmente pas et même qu'on arrive sur le quinquennat encore à les baisser. Mais est-ce que vous ne redoutez pas

19:28
Présentateur

qu'on se retrouve dans un quinquennat où, en fait, il y a un décalage entre ce que vous nous dites, ce que vous dites publiquement, ce que vous déclarez, ce que vous dites en Conseil des ministres et puis la réalité parce qu'entre-temps, ça ne sera jamais appliqué, ça ne sera jamais voté ?

19:39
Christine Pirès Beaune

Ça s'appelle la démocratie. Quand on présente un projet de loi, oui, c'est la présentation par le gouvernement d'un projet de loi. C'est ce qui s'est fait hier sur le pouvoir d'achat et il y aura le débat au Parlement. C'est ce que nous souhaitons, c'est ce que nous proposons, c'est notre boulot de le dire aux Français. Maintenant, il faut que ça soit voté, vous avez raison et j'espère que ça soit voté vite. Je dis quand même un certain nombre de choses, les mesures boucliers tarifaires sur le gaz, l'électricité, par exemple, ça s'est déjà été prolongé par des décrets. Le point fonction publique, c'est mis en vigueur par le ministre et par le gouvernement cette semaine par décret.

Donc, on avance aussi.

20:07
Présentateur

Merci Clément Beaune d'être venu répondre à mes questions ce matin. Première interview en tant que ministre en charge des Transports. Il y a du boulot, on le voit. Absolument,

20:15
Christine Pirès Beaune

et je suis très engagé pour que l'été ne soit pas un effet de galère mais de vacances heureuses.

20:19
Présentateur

Il est 8h53 sur RMC et BFM TV.