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Interviewfranceinfo (sur YouTube)· 20 février 2026 72 minComplaisantPortrait personnelEurope & internationalInstitutions & électionsImmigration & asileSolidarités & famille

Raphaël Glucksmann : "Plus jamais je ne me retrouverai à la remorque de choix opérés par d'autres"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 62 %Attaque 27 %Défensif 12 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Quand on vous demande quel est votre métier aujourd'hui, qu'est-ce que vous répondez ?

  • 2:00OuverteRéponse directe

    La politique pour vous c'est quoi ? C'était un rêve de gosse ou vous y êtes venu plus tard ?

  • 4:00OuverteRéponse partielle

    Comment devient-on Raphaël Glucksmann ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous êtes sensible ou fragile ? Êtes-vous plus intéressé par les tourments de la planète que par le quotidien des Français ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    L'Europe est au cœur de votre engagement. On va en reparler. Vous allez nous dire aussi d'où ça vient cette passion pour l'Europe.

  • 10:00RelanceRéponse directe

    Est-ce que vous pensez que Jean-Luc Mélenchon est un antisémite ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Raphaël GlucksmannFait
    « Moi, je suis un député européen engagé, heureux, je dois le dire. »
  • 2:00Raphaël GlucksmannFait
    « Mon rêve de gosse c'était plutôt de devenir footballeur ou tennisman. »
  • 6:00Raphaël GlucksmannFait
    « Plus jamais je ne me retrouverai dans cette situation d'être à la remorque de choix opéré par d'autres. »
  • 8:00Raphaël GlucksmannFait
    « LFI est un parti en tout cas qui utilise les tropes antisémites et donc tout ça ça suffit à le discréditer vraiment à le discréditer. »
  • 10:00Raphaël GlucksmannFait
    « LFI est-il un parti structurellement antisémite aujourd'hui pour vous ? »
  • 12:00Raphaël GlucksmannChiffre
    « Je pense que dans l'électorat socialiste et dans l'électorat écologiste, la majorité pense exactement ce que je viens de vous dire. »
  • 20:00Raphaël GlucksmannFait
    « On n'est pas d'accord sur tout. C'est évident qu'on n'est pas d'accord sur tout. »
  • 6:00Fait
    « la religion dont on parlait à la maison c'était la religion chrétienne en fait dans une famille qui était pas religieuse. »
  • 8:00Fait
    « la France parle à tous les hommes et que ces juifs persécutés de l'est voyaient dans la France cette terre où ils allaient être considéré non pas comme des juifs mais comme des hommes. »

Modèle mistral-small-2603 · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Écoutez-moi bien. Plus jamais je ne me retrouverai dans cette situation d'être à la remorque de choix opéré par d'autres. Plus jamais.

Cette fois-ci, il faudra qu'on y aille pour gagner. Et c'est de gagner dans un moment où si on perd, ce sont les poutinistes et les trumpistes qui l'emportent. Donc, c'est pas juste une alternance, c'est une bascule.

Si je vous regarde dans les yeux et je dis "Je suis prêt, comme j'ai été capable de dire que j'étais pas prêt", ben ce sera crédible. Vous pourrez me croire, elle a une vie professionnelle qui est complètement indépendante de de mon engagement et de ma vie. Donc en fait, il y a pas de de confusion.

On n'est pas d'accord sur tout. C'est évident qu'on n'est pas d'accord sur tout. Et j'ai une chose que que qui est essentielle et que je ne sacrifierai jamais, c'est cette chance incroyable d'être père.

C'est un moment dans l'existence où euh vous vous découvrez que que vous vous êtes plus le personnage central de votre film. Dans les yeux [musique] d'Agath, Raphaël Gluxman. Comment devient-on Raphaël Gluxman [musique] quand on vient d'une lignée d'hommes engagés ?

Est-ce qu'on hérite d'un destin où on transgresse pour écrire le sien ? Vous êtes venu à la politique [musique] par les causes, les valeurs et aujourd'hui vous visez l'Élysée. Les Français savent que vous partagez votre vie avec Léa Salamé.

Ils savent moins qui vous êtes. Dans la classe politique, [musique] vous pouvez sembler à contre-courant, sensible à l'éclat du monde, candide [musique] ou antisynique pour la presse à vos débuts. Êtes-vous sensible ou fragile ?

Êtes-vous plus [musique] intéressé par les tourments de la planète que par le quotidien des Français ? Ces étiquettes sont-elles une force ou un fardeau ? Bonjour et bienvenue Raphaël Glxman.

Bonjour. Je vous posais une première question assez simple. Quand on vous demande quel est votre métier aujourd'hui, qu'est-ce que vous répondez ?

Député européen. Moi, je suis un député européen engagé, heureux, je dois le dire. Je trouve que c'est une institution extraordinaire le Parlement européen, le fait qu'on invente une démocratie dans plusieurs langues, que la langue officielle soit la traduction, qu'on vienne de traditions nationales différentes et qu'on arrive à avoir des débats politiques heureux mais aussi frustrés parce que je vois que l'Europe n'avance pas assez vite et que le problème bien souvent vient des États-nations qui la composent et qui refusent d'avancer.

L'Europe est au cœur de votre engagement. On va en reparler. Vous allez nous dire aussi d'où ça vient cette passion, cet engagement. pour l'Europe.

Mais la politique pour vous c'est quoi ? C'était un rêve de gosse ou vous y êtes venu plus tard quand vous étiez petit ? Vous pensiez à quoi ?

Mon rêve de gosse c'était plutôt de devenir footballeur ou tennisman. D'accord. Mais est bien éloigné.

Ouais. Qu' complètement éloigné d'ailleurs. Je pense qu'il y avait un petit problème de niveau aussi.

Euh non, mais par contre, j'ai baigné dedans la politique depuis que je suis petit. Euh les débats sur l'état de la démocratie, sur le monde, sur les droits humains, sur la misère. dans le monde et en France, tous ces débats-là ont baigné mon enfance.

Donc, j'étais dans la politique mais le fait de faire de la politique n'était pas un destin que je me voyais à ce moment-là. C'est venu plus tard justement, vous parliez de votre enfance, votre environnement à l'origine. Il y a notamment votre père André Guxman, philosophe, figure intellectuelle des années 70, un ex maoïste qui dénoncera ensuite les atrocités du communisme.

On va l'écouter sur le plateau d'ouvrir les guillemets. On est en 1974 et il reproche à l'ancien correspondant de l'humanité à Moscou le silence de son journal sur les millions de victimes du goulag soviétique. Vous avez essayé, vous qui êtes correspondant, d'aller en Union soviétique et de et de fouiller dans les archives puisque vous étiez correspondant de l'humanité, vous avez renseigné les lecteurs français de ce qui se passait en Union soviétique, des camps de concentration, vous en avez parlé, vous avez un seul de vos articles qui en parle.

Ah, on ne connaît pas les chiffres. Mais bien sûr, on ne connaît pas les chiffres. On ne connaît pas non plus les chiffres dans les cours dans les cours pré On imagine que ce genre de débat, vous les aviez chez vous enfants.

Ça fait quoi de grandir dans une maison où l'engagement est au cœur de tout ? C'est ces débats-là, c'était des débats fondamentaux. Il y a toute une génération qui a rompuisme et le marxisme qui venait de la de la gauche et qui s'est rendu compte qu'en fait derrière la propagande communiste, il y avait des millions de morts et à ce moment-là, il y a il y a un bouleversement intérieur.

Mais moi, je vois chez chez mes parents, chez tous les amis de mes parents, un bouleversement intérieur en disant "Men fait ce qu'on a soutenu pendant toute notre jeunesse traduit en camp de concentration. Et donc ce rupture ah mais c'est une rupture totale mais qui va extrêmement loin dans la remise en question de soi-même, dans la remise en question de l'âme humaine, de comment on fait pour adhérer à une idéologie qui finalement produit le pire du pire. et et ça moi j'ai vécu dans ce cette ambiance là de remise en question et donc d'ouverture d'esprit total.

C'est-à-dire que à partir du moment où vos dogmes tombent et bien vous êtes finalement réellement un citoyen du monde. C'estàd que vous accueillez l'expérience et dans mon salon, j'ai eu une chance incroyable, c'est que mon appartement est devenu l'ambassade des causes perdues, l'ambassade de tous les gens qui n'avaient pas d'ambassade, c'est les dissidents soviét. Alors racontez-nous parce que justos vos parents hébergent chez eux des dissidents soviétiques effectivement des disidents soviétiques, des dissidents d'Europe de l'Est mais aussi des opposants d'Amérique latine donc des anticommunistes et des antifascistes mais aussi vous aviez le monde à votre table non mais ensuite des féministes algériennes des tetchenes qui luttaient contre la Russie et ce que j'ai eu la chance de voir étant enfant c'est finalement ce monde des libertés qui pénétrait dans ma maison alors c'était incroyable enfin c'est une chance inouie honnêtement j'ai eu tellement de chances de découvrir toutes ces his première log c'est [raclement de gorge] quoi vous dire avec j'avais appris ce que c'est que aller en prison pour ses idées ce que c'est que de risquer la mort pour ses opinion ce que c'est que le courage ce que c'est que la liberté et aussi ce que c'est que la transgression des dogmes parce que à table il pouvait y avoir un opposant d'Amérique latine qui se disait communiste, antifasciste et qui donc était porté sur euh sur euh le marxisme et un dissident soviétique qui euh lui se définissait comme conservateur parce qu'il s'opposait euh à un régime marxiste et je me rendais compte qu'en fait les deux s'entendaient extrêmement bien parce qu'ils avaient en commun l'amour de la liberté, l'amour de la discussion, l'amour d'une forme de courage humain et d'une forme de dignité humaine. et et c'est enfin moi j'étais là, je comprenais pas tout mais j'étais face à ça, face au monde chez moi.

Cet amour de la discussion de de la nuance presque aussi enfin de vous le retrouvez aujourd'hui dans les débats que vous avez ou vous avez l'impression que c'était propre à cet appartement là familial un peu hors norme ? Je pense qu'il y a toujours des î de discussion, de débat, de dissensus qui sont admis qui restent courtois. Mais euh [grognement] je crois qu'on vit une période de brutalisation et de simplification extrême.

C'est-à-dire que ce qu'on voit aujourd'hui, c'est le déferlement euh des sectires, des gens qui sont absolument certains qu'ils ont raison, le harcèlement en meut, la capacité à poser des cases sur tel ou tel. Et et quand on on se laisse aller à ça, en fait, on perd ce qui est le cœur de l'esprit démocratique. Et c'est pour ça que nos démocraties deviennent extrêmement friable aujourd'hui.

Et moi, j'ai sans doute un attachement [grognement] particulier à cet esprit de la discussion démocratique, à ce à ce sens du dissensus qui fait la démocratie et et ça m'effrait, ça m'inquiète, ça m'angoisse et ça me révolte en fait ce cette simplification à l'extrême. Je voudrais qu'on regarde euh votre mère Françoise Gluxman sur une très belle photo en noir et blanc. Vos parents euh vous ne les appeliez pas papa et maman.

Alors déjà, je suis très content que vous montriez une photo de ma mère. Je descends d'une lignée de femmes engagé et ma mère c'était le sens de la révolte, de l'indignation, de la justice. C'était une femme entière qui a énormément compté dans évidemment dans ma vie mais dans la vie aussi de mon père et dans la vie politique et publique de de mon père et pareil pour la mère de ma mère, pareil pour la mère de mon père.

Donc en fait c'était des on reparlera aussi de votre grand-mère tout à l'heure. Ouais, c'était c'était vraiment une histoire de de couple en fait. J'ai eu la chance aussi de de grandir dans un dans une famille où il y avait une sorte de d'amitié d'amour mais d'amitié profonde entre mes deux parents et d'engagement politique commun.

Et vos parents, vous ne les appeliez pas papa et maman ? C'est 68. Bah ça c'est 68 à l'époque.

Oui, mais en même temps, nous on était pas très 68. Enfin, c'est qu'il fallait quand même se coucher à 8h30. C'était pas pour les mêmes raisons que certains parents 78 heures qui voulaient pas que les parents le leur appellent appellent comme ça.

Non, mais parce que moi j'ai entendu hein toutes ces histoires sur les familles sans cadre et ça il est interdit d'interdit. Non, pas du tout. Euh, fallait se coucher tôt pour aller à l'école, il fallait avoir des bonnes notes et et il y avait pas il y avait pas ce culte de libert dans mon appartement, enfin dans la maison familiale.

Mais c'est vrai que spontanément euh je les ai appelé par des surnoms tout de suite. C'était Gluxe et Fanfan, beaucoup plus que papa et maman. Et je l'ai et je d'ailleurs je me suis rendu compte qu'en fait c'est au moment où ils sont morts que je les ai appelé papa et maman dans dans la dernière partie de de leur vie ou ou après même pour mon père à la mort enfin sur son îlement.

Et qu'est-ce que ça dit pour vous ça ? B fond c'était c'était mon papa donc mais mais on a on enfin il a noué avec moi une relation qui était aussi une relation d'amitié pas simplement de la figure du père qui enseigne. Oui, il y a des enseignements à transmettre mais aussi une relation ouais d'amitié.

Enfin c'est une chance incroyable. Je sais que ça a choqué pas mal de gens parce que quand il quand il est mort j'ai dit que je perdais mon premier et mon meilleur ami et ça a choqué. Bah, il y a des gens qui ont expliqué que c'était vraiment le symbole de la déchéance de l'autorité paternelle que de que de dire ça.

Mais je crois pas parce qu'en fait, on peut avoir une figure d'autorité et en même temps cultiver une relation amicale avec ses enfants et se dire que c'est une grande chose qu'ils grandissent libre et qu'ils deviennent eux-mêmes ce qu'ils veulent être et ce qu'ils sont au plus profond d'eux-mêmes. Et ça, moi c'est la chance que j'ai eu. C'est-à-dire que à la fois on on avait des cadres mais en même temps on avait une capacité à être libre.

C'est quoi le le moment de bascule pour vous ? Le moment où vous vous dites je vais passer de des idées à l'engagement politique. Est-ce qu'il y a quelque chose qui vous donne envie de de vous engager dans ce combat dans votre vie ?

Alors, j'ai toujours été engagé et quand je faisais des films documentaires, c'est des films qui étaient engagés. Quand j'écrivais des livres, c'était des livres qui étaient engagés. Mais il y a une journée en particulier en fait qui m'a fait franchir le pas de la politique, je pense, c'est dans une conférence, j'avais sorti un livre qui s'appelle Notre France dont le but était de reprendre le récit national des mains de l'extrême droite et d'expliquer qu'en fait le fait que la gauche soit devenue afune sur ce qui la France, c'était une catastrophe et qu'il fallait à nouveau se battre sur le terrain du patriotisme et montrer qu'en fait on pouvait avoir un récit nationale progressiste qui nous rendent fier d'être français.

Et à un moment, j'ai fait une conférence à Mess et je me souviens, c'était une conférence dans un lieu extrêmement beau, une ancienne église et et il y avait une atmosphère particulière dans cette conférence et vous savez, vous faites des conférences, des fois vous êtes bon, des fois vous êtes pas bon, des fois le message passe, des fois le message passe pas et là je sentais qu'il y avait une osmose quoi. Enfin, c'était vraiment un moment puissant. les questions étaient extrêmement profondes.

Du coup, on avait une conversation qui était très puissante et à la fin on vous fait des dédicaces et les gens normalement s'ils ont pas aimé, ils viennent pas vous parler mais s'ils ont s'ils viennent vous parler c'est qu'ils ont bien aimé. Donc tous les gens vous disent "Bravo !" C'est extraordinaire et il y a une vieille dame qui est venue et qui m'a regardé comme ça qui m'a dit "Vous avez pas honte ?" Je me suis arrêté un peu interloqué.

Je dis "Mais pourquoi vous me dites ça ? Vous étiez en désaccord ? J'ai dit quelque chose de problématique.

Non, c'était très bien votre conférence. Mais si vous croyez vraiment à ce que vous dites, pourquoi est-ce que vous faites des livres et des conférences et vous vous engagez pas en politique ? Vous savez, moi dans ma famille, ben on recevait la carte de membre de la SFIO dans le berceau et ça veut dire quelque chose pour nous.

Donc si vous y croyez vraiment, ben faites-le ou alors vous serez jamais qu'un commentateur. Et je me suis pris ça et dans dans le train du retour, je me suis dit en fait cette dame, elle a complètement raison. C'est-à-dire que je vais passer ma vie à commenter et à dire "Oui, alors la classe politique n'est pas au niveau, les périls sont tellement immenses que tout cela est trop faible." Mais ça c'est une vie fake.

Donc si j'y crois vraiment en fait il faut s'engager directement en politique. Et donc vous êtes rentré dans le combat politique. Il y a plusieurs étapes dans votre parcours, dans votre carrière.

Votre père qui n'était pas homme à transiger avec ses principes, est-ce qu'il aurait pu soutenir le nouveau prom populaire selon vous ? J'en sais rien et je fais absolument pas parler. Vous vous posez pas la question les [raclement de gorge] morts ?

Non, je me pose pas la question. Mais je j'ai appris une chose de mon père d'ailleurs qui est la morale de l'urgence. Et quand vous êtes dans une situation qui est de toute façon problématique et où aucun choix n'est évident, bien qu'est-ce que la morale ?

Et ça c'est une vraie question. Qu'est-ce que la morale ? Est-ce que la morale quand vous ne pouvez pas proposer une alternative à ce qui est proposé, c'està-dire le 9 juin 2024 le président de la République dissou, il laisse le temps le plus court prévu par la constitution pour les partis politiques pour s'organiser et tout le monde à ce moment-là voit Jordan Bardella premier ministre et le Rassemblement national au pouvoir, Éric Siotti à l'intérieur, Marion Maréchal à l'éducation et à ce moment-là qu'estce Ce qui est moral ?

Est-ce que c'est de produire cette dynamique d'union qui est en soi extrêmement problématique avec des gens extrêmement problématiques la France insoumise ? Où est-ce que c'est de s'y opposer frontalement quitte à apprendre la responsabilité de l'arrivée au pouvoir de Jordan Bard ? Vous avez beaucoup hésité ?

Vous avez beaucoup hésité ? Vous avez mis plusieurs jours à prendre votre décision ? Non mais parce qu'il y avait des discussions ou qu'est-ce qui se passe à ce moment-là juste pour comprendre qu'est-ce qui se passe dans votre tête et dans votre vie ?

Mais moi j'ai j'ai dit d'emblé dès le moment de l'annonce que c'était un choix extrêmement problématique. Ce que je me suis dit à ce moment là, c'est que plus jamais, écoutez-moi bien, plus jamais je ne me retrouverai dans cette situation d'être à la remorque de choix opéré par d'autres. plus jamais même en cas de risque de monté du rassemblement national ou de victoire du rassemblement produi une autre alternative donc plus jamais quel que soit le scénari tout ce que j'ai fait depuis cette soirée du 9 juin vise à nous donner le pouvoir de faire autrement autre chose sans la France nous serons la digue contre le Rassemblement national nous produions un rassemblement contre le Rassemblement national nous serons ceux qui leur barreront la route, mais nous le ferons sans aucune force qui remet en question le fait que nous soyons la dicte de la démocratie.

Parce que les forces qui ne sont pas démocrates, qui ne sont pas convaincues par la démocratie et bien nous empêcheront de rendre notre digue efficace de toute façon. Et donc tout ce que j'ai fait, construire un appareil, faire en sorte que nous puissions avoir cette fois-ci une stratégie des candidats, tout ce que nous n'avions pas le 9 juin, et bien tout cela vise à ne pas se retrouver dans la même situation. Même situation.

LFI ce n'est pas un parti démocrate pour vous. Je pense que le niveau d'attachement de LFI à la démocratie, oui, est plus que questionnable, non seulement dans le rapport aux tyranies extérieures, regardez ce qu'ils disent sur la Chine, sur la Russie de Poutine, sur la guerre en Ukraine, sur les menaces qui pèsent sur notre continent, mais aussi sur le rapport à la démocratie française elle-même. cette brutalisation permanente du débat public, le fait de désigner des cibles, de flirter avec tous les tropes de l'antisémitisme, tout cela tout cela les rend absolument infréquentable dans le cadre d'une alliance politique.

Ça doit être très clair. Il ne doit plus y avoir le moindre doute là-dessus. Et madame Macron a dit qu'il y avait des expressions antisémites à LFI.

Vous êtes d'accord avec lui ? Oui. Quand vous avez euh un tweet de Rima Hassan par exemple qui dit euh "Vous êtes ce que" En parlant des sionistes, vous êtes ce que les nazis étaient pour vous.

Pour nous. Mais pour vous, pour vous, les nazis ont tué qui ? 6 millions de sionistes.

Non, les nazis ont tué 6 millions de juifs. De la même manière quand on dit que le CRIF, donc le Conseil représentatif des institutions juifs françaises, dicte la politique du ministère des affaires étrangères. Et ça c'est un trop antisémite classique quand on en fait si vous voulez il y a il y a des discours qui produisent cette équation juif égale sioniste égale génocidaire égal nazi.

Donc juif égal nazi à la fin cela est proprement insupportable. Insupportable. Est-ce que vous pensez que Jean-Luc Mélenchon est un antisémite ?

Jérôme Gedge, député socialiste, a traité Jean-Luc Mélenchon de antisémite. Il avait dit regretter le début de sa phrase pas antisémite. Vous voulez pas le le Moi je je ne sonde pas les cœurs.

Ça ne m'intéresse pas de savoir qui est. Moi ce que je vois ce sont les actes et les paroles. Donc LFI est-il un parti structurellement antisémite aujourd'hui pour vous ?

LFI est un parti en tout cas qui utilise les tropes antisémites et donc tout ça ça suffit à le discréditer vraiment à le discréditer. Non mais c'est quelque chose j'aimerais qu'on comprenne en fait la gravité du moment. C'est-à-dire que on est dans un moment historique où les puissances autoritaires, les empire autoritaires à l'extérieur sont en train de gagner leur bataille contre les démocraties européennes.

Et à l'intérieur des démocraties européennes, il y a des forces politiques qui remettent en cause les principes élémentaires de la démocratie de la République telle que nous les avons construits. Donc est-ce que vous êtes trop seul à dénoncer cela ? parce que LFI, pardon, est réélu élection après élection, ils sont soutenus par d'autres partis politiques de gauche.

Pense que je suis tout sauf seul. Je pense que nous sommes nombreux et même très nombreux à penser ainsi. Je pense que dans l'électorat écologiste socialiste, la majorité pense exactement ce que je viens de vous dire.

Vous pensez que chez les socialistes et les écologistes, la majorité pense ? Je pense que dans l'électorat socialiste et dans l'électorat écologiste, la majorité pense exactement ce que je viens de vous dire. Et les partis, est-ce qu'ils sont à la hauteur ?

Et je pense que dans les parties, il y a des divergences et des débats et moi, je veux être une force motrice pour que la gauche démocrate puisse s'émanciper de la tutelle de LFI de manière définitive et nette. Et c'est la condition de possibilité pour qu'elle puisse aspirer à revenir aux manettes. Je pense que ce n'est pas simplement de la morale, c'est aussi de la politique.

Notre clarté, si nous sommes clairs, et bien nous sommes à nouveau candidats à diriger la France. Si nous ne sommes pas clairs, les gens jamais ne nous donneront les clés du camion dans un moment aussi grave et dans une période de crise aussi profonde. C'est si vous voulez là l'impératif éthique constitue la bonne stratégie politique.

C'est pas juste de l'idéalisme et je pense sincèrement que à la fin c'est ce qu'on va faire, c'est ce qu'on va réussir à produire. Et a beaucoup de de résistance pour l'instant au niveau des partis. Oui, a de la résistance.

Mais en fait, il faut qu'on montre qu'on est capable aussi de prendre des risques et d'encaisser des pertes au municipal. Le PS va peut-être faire alliance avec LFI dans certaines villes. Nous à place publure à place publique, nous avons une ligne qui est extrêmement claire, c'est que il n'y a pas de logo place publique avec le logo de la France insoumise parce que cela contredirait la cohérence même de notre rapport au monde et de notre vision du monde.

Et donc quand on est dans une situation d'extrême urgence, si vous voulez, avec demain l'arrivée au pouvoir du Rassemblement national, vous pouvez prendre des décisions d'urgence si vous êtes pas prêt, mais là nous avons le temps de nous préparer. Nous avons eu des mois et des mois. Nous sommes prêts.

Et en fait, si vous êtes prêt et que vous reprenez exactement les mêmes décisions, ça veut dire que finalement c'est pas l'urgence qui a dicté votre décision, c'est un destin. Et bien nous ne voulons pas de ce destin-là. J'entends ce que vous dites.

Vous dites qu'à l'époque, vous n'étiez pas prêt. Euh on est à l'été 2024, post dissolution. Et c'est aussi le moment où Emmanuel Macron cherche un premier ministre et là on vous approche pour Bâtillon.

Est-ce que vous pouvez nous nous raconter ? Comment ça se passe ? Je parle pas moi de de discussions qui qui sont privées et qui ont vocation à rester privé mais ça a été raconté dans un livre new je ne sais pas comment ça a pu atterrir dans un livre.

En tout cas ce n'est pas de mon fait. Ce qui est certain, c'est qu'il y a eu des des discussions et que avec un conseiller d'Emmanuel Macron Solire a été vous approché selon ce et que j'ai dit que je n'étais pas prêt et que d'ailleurs je pensais que Emmanuel Macron lui-même n'était pas prêt non plus à mener une politique de gauche pour le pour le pays. Mais je pense que c'est de toute façon quelque chose, je l'ai même dit publiquement, ça c'est quelque chose qui qui à mon avis est important et je me souviens quand j'avais dit dans une dans le point que je n'étais pas prêt.

Oui, parce que pardon, je voulais m'arrêter justement làdessus. C'est pas banal qu'un homme politique dise je ne suis pas prêt. C'est plutôt l'inverse en général.

Non mais si vous voulez, c'est même pire. C'est que quand j'ai dit ça, j'ai eu l'ensemble des politiques qui m'ont dit et certains bienveillants, pas que des il y a pas que des gens malveillants qui m'ont dit "Mais jamais on doit dire un truc pareil. C'est l'entithèse de la politique.

C'est quoi ? C'est trop sincère, c'est trop faut jamais dire qu'on n pas prêt." Enfin, on sort de l'école, on peut devenir prémiste.

Quoi en gros ? En gros, vous avez vu le nombre de gens qui sont prêts à être premier ministre et président de la République. Donc en fait, c'estàd que tout le monde se sent prêt à tout.

Oui. Enfin, moi j'avais construit pendant un an et demi un projet pour l'Europe. On avait bossé comme des dingues.

Et c'est pour ça d'ailleurs que la campagne des européennes s'était bien passé et que on avait enfin on pouvait me mettre dans une salle sur pendant 7 he on me questionnait sur l'Europe, on avait réponse à tout parce qu'on avait pensé et on avait travaillé toutes les questions liées aux enjeux européens. Ensuite, premier ministre de la France à ce moment-là, mais on avait bossé un projet pendant un an avant, pendant 2 ans avant. On savait ce qu'on allait faire sur l'immigration, sur le budget, sur la sécurité, sur Mais sérieusement, vous voulez dire que ça s'improvise pas.

Mais ça ça c'est tout le contraire. Faut avoir un respect sacré pour les institutions de la République. Gouverner un pays comme la France, gouverner notre nation, c'est quelque chose d'immense, c'est un c'est une responsabilité incroyable.

Et donc, il faut avoir travaillé et être prêt. Et à ce moment-là, moi je je suis fasciné, vraiment fasciné par tous ceux qui ont accepté, qui ont déclaré leurs flammes, mais d'où ils étaient prêts ? Et et je crois que cette sincérité là, même si elle peut coûter sur le moment, à la fin, elle paye.

Parce que si un jour je dis je suis prêt, si je vous regarde dans les yeux et je dis "Je suis prêt", comme j'ai été capable de dire que j'étais pas prêt, ben ce sera crédible. Vous pourrez me croire mais si je suis dit toujours prêt à tout comme les commentateurs, vous les recevez souvent enfin les les politiques tous les matins. Enfin, ils ont réponse à tout sur tous les sujets.

Est-ce que vous pensez sincèrement que c'est possible ? Est-ce que on peut connaître tous les sujets ? C'est qu'il y a quelque chose qui sort de leur actu vous les invitez et vous avez bien raison.

C'est comme ça ça fait vivre le débat public. Vous leur dites bon alors que parfois il parle et qui devrai pas parler qui devrait se faire. Non mais je on peut pas ingurgiter des éléments de langage en 2 minutes et comprendre réellement le sujet dont on parle.

Enfin, moi j'ai bossé sur l'agriculture mais pendant des mois et des mois liés à la réforme de la politique agricole commune. Maintenant, je suis capable d'avoir un discours structuré sur l'agriculture parce que j'ai compris les enjeux, j'ai compris les logiques, j'ai compris l'histoire aussi qui nous amène là. Mais en 2 secondes ingurgiter des éléments de langage arriver les débiter si vous voulez en un sens les les les chaînes info, la profusion désormais de de de plateau où on on utilise les politiques comme des gens qui commentent l'actualité bah conduit nécessairement à faire que ben il parle de sujets qui ne maîtrisent pas qui dont ils ne comprennent pas les enjeux profonds.

Et donc on a une dévalorisation de la parole politique et il faut savoir à mon avis mesurer ces interventions et travailler des sujets pour quand on intervient on est sûr de ce qu'on raconte. Raphaël Gusman, dans l'introduction, je demandais comment on devient Raphaël Gusman. Je voudrais qu'on écoute un extrait de votre père dans l'émission Radioscopie en 1981 sur France Inter.

Il vous compare à une œuvre d'art. Mon enfant qui a 2 ans, c'est la passion. Et la passion, c'est une œuvre d'art, mais c'est aussi faire un enfant.

C'est aussi élever un enfant pour qu'il soit à son tour libre. C'est-à-dire libre de de nous gifler, libre de nous dire au revoir, libre de nous dépasser, libre d'aller ailleurs. Et c'est ça la passion.

La passion c'est oser dans l'horreur des choses, dans le temps qui passe et qui dissous tout, oser créer oser créer une œuvre qui vivra de de ses propres ailes. Elle est belle, elle est folle, elle est un peu mégalomane aussi cette déclaration d'amour. Moi je pense que ce qui est important dans cette déclaration, c'est la liberté.

C'està dire que acceptez que votre enfant vous vous échappe, qu'il vole de ses propres ailes, qui soit libre. Moi, c'est ce que j'essaie de faire aussi avec mes fils, de transmettre ça, se transmettre cette liberté de les armer pour être libre. En fait, la liberté, elle se décrète pas.

Et bien sûr qu'on a besoin d'un cadre, qu'on a besoin d'une base, mais ensuite il faut accepter que on est libre. C'est K disait que on n'est jamais prêt à être libre et que finalement on ne murit pour la liberté, c'est sa phrase qui a la condition préalable d'être placé dans cette liberté. Donc il faut accepter que son enfant quand il apprend à marcher tombe et que c'est en tombant qu'il apprend réellement à marcher.

Si vous le maintenez toute sa vie dans un youa là dans un truc il saura jamais marcher. Il dit autre chose votre père ? dit oser dans l'horreur des choses.

Vous parliez tout à l'heure de de tragique. Vous avez le sens du tragique. Je pense que c'est notre monde qui est tragique et que le principal problème qu'on a, c'est qu'on est dirigé par des gens qui sont souvent des personnages comiques dans un monrag.

Comique, ça veut pas dire drôle. Le comique, c'est celui qui pense que les problèmes se résolvent d'eux- même, qui pense que il y a pas besoin de trancher dans l'existence. Ben non, il y a réellement des questions à trancher qui sont tragiques.

Et est-ce que c'est de là, pardon, que vient votre sensibilité sensible à l'éclat du monde, titré le monde en parlant de vous. Ça ça ça ça est-ce que vous avez une sensibilité ? Est-ce qu'elle vient de de ce tragique auquel aussi vous avez été confronté dans votre enfance à travers les débats familiaux ?

Mais à travers les débats familiaux. Et ensuite, moi à 20 ans, je suis parti en en Algérie pour travailler et il y avait dans le bureau du journal là on travaillit dans la salle de rédaction, il y avait les portraits de tous les journalistes algériens assassinés par les islamistes. Et bien entre les journalistes algériens assassinés et les islamistes, il fallait trancher de la même manière.

On a une photo de vous d'ailleurs à cette fois en Algérie. Vous avez quoi ? Vous avez 20 ans ? 22 ans ? 22 ans ?

Ouais, je pense. 22 ans. Beaucoup de cheveux.

Euh mais j'ai vraiment été passionné par Alger par l'Algérie par le courage aussi des Algériens qui s'opposaient aux terroristes et et aux islamistes. Et et ensuite quand juste [raclement de gorge] après ça, je suis parti au Randa pour faire un film documentaire sur le génocide et sur le rôle de la France, sur le génocide des Touts et bien quand vous déterrez des cadavres à 7h du matin avec Jeanne, une jeune rescapée qui cherche le corps de sa mère et dans des fausses communes à qui ben vous comprenez qu'en fait entre Jeanne et le milicien euh génocidaire qui vient Bien vous remercier vous remercier vous parce que vous êtes français il vous remercie de l'aide apportée en en 1994 et bien qu'entre Jeanne et le musicien et bien il faut choisir, il faut trancher et vous apprenez la le tragique du monde et de la vie dans un moment où c'est vrai en Europe et bien on avait évacué ce tragique. Depuis la fin de la guerre froide, on expliquait que c'était fini, que désormais la démocratie était naturelle, que tout ce qui nous entoure et qui est profondément artificiel et pour lequel il faut se battre pour que ça continue, et bien que tout cela était devenu éternel.

Et c'est précisément à ce moment-là que ça a commencé à se dissoudre par manque de sens tragique parce qu'on n pas compris qu'en fait on ne peut pas gouverner un pays en étant un personnage comique. Ça ne fonctionne pas. Et c'est ça le problème, c'est vous de Gaul, il a créé des institutions et c'était quelqu'un de profondément tragique de Gaul.

Il a créé des institutions qui permettent la prise de décision dans un cadre tragique. Mais quand les élites deviennent comiques, elles sont complètement paumées dans ces institutions et c'est vraiment ce décalage qui a produit euh la perte de substance de la République. Vous vous assumez une certaine sensibilité.

Parfois, on a l'impression que vous avez un peu de mal à cacher quand les choses vous touchent. Prenez les choses à cœur. J'espère bien que je prends les choses à cœur et je trouve terrible le fait de pas les prendre à cœur.

Mais mais c'est c'est un principe de sincérité. C'estàd que je je dis ce que je pense réellement. Par contre, et je peux le laisser aussi transparaître un doute.

Enfin, je dire vous n'êtes pas un killer mais je vais y venir. Mais vous savez le doute par exemple le fait que les personnes politiques, le personnel politique ne doute jamais qu'il soit absolument toujours certain de ce qu'ils assignent, ça crée un doute massif dans la population. Les gens ils savent bien que des fois on doute enfin ils doutent dans leur vie quand ils ont des choix.

Président, est-ce que peut douter Raphaël Gusman ? Mais j'espère qu'il doute. Vous cherchez pas à jouer au gros dur.

Vous assumez de douter, mais vous dites "J'ai des convictions et je les porterai". Je crois en la force mais vraiment je crois en la force. Je crois qu'on a besoin de force aujourd'hui.

Je crois que les démocraties ont été trop faibles, dirigées par des gens qui ont fait preuve de trop de faiblesse. Donc je crois en la force. Je pense qu'il faut cesser de baisser les yeux à la fois face au dealers du coin de la rue et face au tiran du bout du monde.

Mais ce que je vous dis, c'est que la force, il faut savoir la définir. La force ce n'est pas Alex Jones, le podcaster trumpiste, star de maga, qui sort tout le temps de la salle de muscu et qui parle d'une voix comme ça. Ça c'est Alex Jones, hein.

Et il a projette l'image de la force. Mais en fait, son discours c'est un discours de de personnes effrayé par tout. Et moi, j'aimerais qu'on redéfinisse ce qu'est la force.

Il faut de la force, mais il faut pas se tromper sur ce qu'est la force. Ne pas se tromper sur ce qu'est le spectacle de la force et la force réelle. Raphaël Luan, euh je voudrais qu'on regarde cette photo.

C'est une photo du zénite euh pendant la campagne des européennes en 2024. Euh voilà, on voit la foule qui est rassemblée. Vous avez le point levé, vous obtenez 14 % des voix.

Vous talonnez la liste macroniste. Qu'est-ce que vous avez fait après ? Vous êtes partis au lit ?

Ah pas du tout les Europées. Non pas du tout. Déjà les européennes c'est un moment qui est un moment important et fondateur.

C'estd que sur une ligne authentiquement social-démocrate et écolo, farouchement viscéralement proe européenne, on réveille un espace politique qui jusqu'ici était moribon. Il faut voir quand même que jusqu'à ces élections, le meilleur score à une élection nationale de l'espace socialdémocrate, c'est 6 % et là on arrive à 14 %. Et c'est vous le mequez vous n'avez pas raté l'occasion de prendre le leadership à gauche à ce moment-là vraiment de vous imposer moment comment on en a déjà discuté à ce moment-là Emmanuel Macron dissout l'Assemblée nale et moi je n'ai pas de capacité à présenter des candidats, proposer une voix alternative pas d'appareils qui puissent faire le poids face aux appareils existants et donc il rend les clés aux appareils. vous sentiez impuissant de et et donc mon seul job à ce moment-là, c'est d'aller circonscription par circonscription faire en sorte que la France ne bascule pas au Rassemblement national.

C'est ce que j'ai fait. Donc, j'ai pas été prendre le train pour Bruxelles ou dans mon lit comme vous disiez, mais j'ai été dans les circonscriptions pour aider les candidats de gauche et républicain qui faisaient face au Rassemblement national. Vous auriez pas pu faire plus.

Vous avez suscité un espoir. Est-ce que certains ont dit est-ce que quoi c'était un manque d'esprit de conquête ? Il faut construire ou c'est encore que c'est parce que vous travailler mais oui, il faut construire et travailler.

Vous savez ça fait 2 ans qu'on travaille depuis ce 9 juin pour être capable de proposer une offre politique pour la France. Moi, je ne crois pas à ces gens qui s'inventent comme ça. Ça suppose du taf, du travail et et si vous voulez, sans doute euh que je projette pas assez ce truc de conquérant, de Napoléon.

Jean-Luc Mélenchon c'était le premier à s'exprimer alors qu'il avait pas fait aussi important que je vais vous dire une chose, je crois que malheureusement ces dernières années, les qualités requises pour conquérir le pouvoir sont antithétiques des qualités nécessaires pour l'exercer de manière puissante. Il faut arriver à dire "Moi je moi je sais tout, je sais tout, je sais tout, je sais tout, je sais tout" pour conquérir le pouvoir. Et une fois qu'on est au pouvoir, on a Narcisse qui ben détruit progressivement les institutions.

Narcis et Emmanuel Macron, pas seulement. Oui. Et Jean-Luc Mélenchon aussi vous dites.

Voilà. et Nicolas Sarkozi aussi, enfin vous savez, c'était des campaigners comme on dit, incroyable, des hommes de campagne incroyable et à la fin et bien ils avaient pas la capacité d'assè qui est nécessaire pour exercer le pouvoir. Et moi ce que je ce que je veux ce que je veux que on mette à la tête de notre état des gens qui ont les qualités nécessaires pour exercer le pouvoir.

Ça suppose bien sûr des campagnes électorales, mais ça suppose aussi de de projeter un rapport différent au pouvoir. Mais là, il s'agit de de carrément de changer les mentalité, de changer la société et on va avoir besoin de changer largement d'ici 2027. Vous pensez rapport ?

Et moi je pense que les gens sont prêts. Ils ne veulent pas la de la réédition de Narcisse. Ils veulent autre chose, une autre voix, une autre méthode.

Vous savez, le président doit présider, le gouvernement doit gouverner, le parlement doit légiférer. On doit nous vivre dans une démocratie qui qui respecte ses propres règles. Et et je crois sincèrement que les Françaises et les Français sont prêts à ça, que ils veulent des réponses concrètes à leurs problèmes concrets, ils veulent un récit commun.

Ils veulent savoir où va le pays, mais je ne suis pas sûr qu'ils veuillent à tout prix recommencer ce sketch permanent sur le roi Tomaturge qui guérit des écrouelles, comme disaient les conseillers de notre président actuel quand il visitait la basilique. Vous n'avez pas un ego hypertrophié et c'est pas nécessaire d'en avoir un pour faire de la politique, vous pensez là, s'il y a un politique qui vient vous voir et qui dit qu'il a pas d'ego, franchement bah non, ça rentrera en contradiction avec le principe de sincérité. Donc oui, il faut penser qu'on est la bonne personne pour relever les défis et que la voix qu'on porte est absolument vitale.

Sinon en fait, vous faites pas ça. Enfin, c'est c'est une évidence. Mais je pense qu'il faut avoir suffisamment de distance et d'assaè pour pas sombrer dans le narcissisme.

Oui. Vous avez beaucoup d'idées, une image de ce que doit être le président mais pour l'instant vous n'êtes pas encore candidat officiellement déclaré pour 2027. Alors moi j'ai remarqué un détail.

Ah, c'est que depuis plusieurs jours, semaines, vous portez une cravate. Vous en avez d'ailleurs une aujourd'hui. Soudain, une cravate.

C'est dire quoi ? Ça veut dire que la candidature c'est l'étape d'après. Non, c'est c'est une discussion que j'ai.

Je j'ai hésité avant de mettre une cravatte et puis j'en ai mis une au Parlement européen moment où on présentait notre projet sur la défense européenne et je me suis dit que c'était ce qu'il fallait faire en fait. Donc depuis j'en mets une. Mais vous savez que ce qui avait donné le signal de la candidature de François Hollande, c'était qu'il avait maigri.

Oui, il paraît peut-être que c'est la cravate, on sait pas comment vous préparez parce que là on parle quand même, vous le disiez vous-même sur le fond, vous avez parlé de préparation pour être président, il faut bien connaître ces dossiers. Il y a aussi la forme. Est-ce que vous faites, je sais pas du média training ?

Est-ce que vous travaillez votre voix, vos intonations, votre style au-delà de la cravate ? Est-ce que vous faites du sport ? Enfin, je sais pas comment on se prépare quand on vise l'Élysée et qu'on prend ça au sérieux.

Je pense que la la première des choses, c'est qu'on travaille les sujets. Déjà, on a des centaines de personnes qui au sein de place publique travaille sur ces sujets depuis des mois et des mois et c'est formidable de voir cette force militante de gens qui ont vraiment envie d'être sérieux. C'est pas juste une foire aux promesses.

C'està-dire qu'il faut se mettre dans les conditions de l'exercice du pouvoir. Et donc si vous voulez être sincère et bien vous devez vous demander si c'est faisable. Et tout ce que vous allez proposer, tout ce que vous allez dire doit vous engager réellement.

C'est-à-dire que vous pouvez pas promettre la révolution quand vous êtes dans l'opposition et ensuite à la fin ne rien faire de ce que vous annoncé. Vous avez des économistes, vous avez des spécialistes qui vous disent ça ce sera possible, ça ce sera pas possible. Oui.

Et ensuite vous avez des choix à faire. Et c'est ça qui c'est ça qui est extrêmement important de comprendre en fait, c'est que il y a des choix, vous pouvez pas par exemple, je peux vous le dire aujourd'hui, il faut investir massivement dans l'éducation. On a les enseignants les plus mal payés d'Europe.

C'est une honte pour une nation qui a été fondée par l'école sur l'idée de l'école publique. Et donc il va falloir investir dans l'éducation mais ça suppose qu'il y aura des choix à faire, des arbitrages à donner. Enf gen vous pouvez pas faire semblant qu'on peut investir partout en même temps de la même manière.

Et donc ces arbitrages politiques, c'est c'est des discussions politiques qui sont extrêmement engageantes et profondes. Et comme vous me posiez les questions sur la forme. Oui. sur la forme parce qu'on travaille aussi j'imagine.

Non mais moi j'ai aucune illusion. Je sais très bien que c'est pas parfait au niveau de la forme quand je fais un média et tout ça. Donc que j'essaie de réfléchir à comment on peut s'améliorer et à travailler à s'améliorer.

Après, je suis pas convaincu du formatage absolu. C'est-à-dire que si vous répétez exactement la même chose que font les politiques de manière classique, et bien je suis pas convaincu que ça marche parce que vous vous effacez vous-même, vous effacez sans doute vos aspérités qui peuvent gêner mais vous devenez un produit standardisé. Or, je suis pas convaincu que il faille devenir un produit standardisé.

Ensuite, il y a des vraies questions. Vous avez un coach qui vous aide tout en étant vous-même à vous améliorer sur certains points. Par exemple, par exemple, je vais vous dire, il y a une question fondamentale qu'on se pose et je vous la livre là, c'est on voit bien que chez Bardella ou Atal ou d'autres ou Mélanchon d'ailleurs je crois TikTok joue un rôle très puissant.

Des petites vidéos où on mange des dragibus. Ouais. Pour les jeunes, c'est c'est ça marche à fond.

Et plus la vidéo est stupide en réalité, plus ça donne une image de cool. Ouais. Et c'est et c'est addictif.

Et donc la question c'est est-ce qu'il faut y aller ? Et moi le problème c'est que ça entre en contradiction avec euh bah oui, avec mon combat pour justement faire en sorte que TikTok qui est quand même le réseau social du Parti communiste chinois qui crée cette addiction chez nos jeunes qui fait que il entre en concurrence avec les enseignants. Faut parler aux enseignants.

Donc vous n'êtes pas prêt à tout. C'est ça que je veux dire c'est que non mais il y a il y a des il y a des choix à faire et et ces choix nous engagent et donc en fait j'ai conscience de ce que je perds par exemple en étant pas sur TikTok dans l'accès à la jeunesse qui est sur TikTok mais tout ça c'est des discussions collectives et effectivement on travaille avec des gens qui font de la communication et qui d'ailleurs sont plutôt pour qu'on y aille mais voilà après il y a des choix et ça les choix c'est c'est c'est moi qui les fait. Est-ce que vous faites des dîners de lever le fond parce que le nerf de la guerre c'est quand même l'argent dans Mais une des leçons du 9 juin dont on parlait c'est que quand vous vous retrouvez sans argent et sans appareil et bien vous êtes dépendant voilà exactement c'est pas un il faut c'est qu'on ait les moyens de notre indépendance de notre liberté ce qui permet la sincérité et donc et donc est-ce que vous faites des dîners de levé de son Oui.

Oui. On fait des dîners de levée de fond et on collecte de l'argent pour pouvoir être libre et pour pouvoir donc être sincère et pour pouvoir ne dépendre d'aucune autre force politique. Nous, on a une relation très forte avec le parti socialiste mais on n'est pas le parti socialiste.

Donc on on doit pouvoir nous mener nos actions et définir notre stratégie et ça et ça ça passe notamment par le fait d'avoir de l'argent. Exactement. Mais alors il y a qui alors je sais pas déjà c'est des dîners des cocktails.

Qui vient dans ces dîners ou ces cocktails de levée de fond ? C'est quoi ? C'est des artistes, des intellectuels, des patrons, des héritiers, de de c'est de tout, des artistes, des [raclement de gorge] intellectuels, des patrons, c'est des gens qui sont inquiets, qui sont inquiets par l'état de la démocratie, par la perspective d'une victoire du Rassemblement national en 2027 et qui veulent s'engager pour que la France soit la locomotive de l'Europe démocratique, pour que on s'aborde pas notre nation au moment où elle doit s'affirmer sur la scène mondiale.

Et donc vous avez des grands patrons qui viennent mais je ne vous dirai pas quelles sont les listes d'invités et de gens qui viennent mais mais vous avez des patrons qui viennent et vous leur dites plus on a des artistes, on a des grands patrons, on a des des gens qui travaillent dans plein de domaines et qui à la fin viennent discuter et et s'engager. C'est pas simplement lever des fonds, c'est aussi avoir des vraies discussions avec des acteurs économiques sur la faisabilité ou pas de de ce qu'on propose. Et d'ailleurs, franchement, moi je change pas mon discours en fonction des gens auxquels je parle.

Euh, je voudrais qu'on une question sur le plan aussi plus personnel et qui va compter à l'approche d'une campagne. Comment on fait pour gérer quand on est engagé en politique et qu'on sa compagne les Salam qui est journaliste qui est tous les jours à l'antenne [grognement] ? beaucoup d'organisations.

Alors nous, on a réussi comme ça à cloisonner, c'està dire que elle a sa carrière qui existait avant qu'on se rencontre évidemment et moi j'ai j'ai mon engagement politique et effectivement le le problème là aujourd'hui c'est plus un problème d'organisation enfin on peut pas révéler de secret matériel. Enfin comment on fait pour assumer ce qui est fondamental qui est le rôle de parents aussi et comment vous faites ? Vous avez l'impression d'être un peu dépassé ou vous avez des quoi de c'est réglé.

C'est en fait je vais vous dire, j'ai une chose que que qui est essentielle et que je ne sacrifierai jamais, c'est cette chance incroyable d'être père. C'est une chance incroyable. C'est euh c'est un moment dans l'existence où euh vous vous découvrez que que vous vous êtes plus le personnage central de votre film.

Et euh et donc c'est ça la frustration. Je les vois moins que ce que je voudrais mais j'arrive quand même à les voir et et quand enfin la manière dont je vois les choses, c'est que quand vous êtes là, vous devez être là à 100 %. C'est pas Ouais.

Vous prenez au téléphone les différentes motions du Parti socialiste ou les journalistes ou les machins. Non, vous êtes là à 100 %. Quand vous faites une partie d'échec avec votre fils, ben vous faites la partie d'échec avec votre fils quand vous discutez de foot, hein.

Quand vous les amenez au stade de foot, et ben vous êtes au stade de foot. Vous êtes pas, vous êtes pas en train de parler. Non, parce que en fait, il faut mettre de l'intensité, c'est comme dans tout, faut mettre de l'intensité dans le moment où vous passez avec eux.

Et ça compense ou pas ? Ou est-ce qu'il vous reproche d'être jamais là ? Papa est en voyage d'affaires par référence à un film très très beau film des ou est-ce que est-ce qu'il vous le reproche ou est-ce qu'il se disent notre père il est toujours dans ses hautosphères ou dans ses Non non parce que ils savent que je suis là et et de toute façon j'ai un truc c'est que le le foot qu'on organise alors quand il pleut d'ailleurs c'est dans la maison ce qui entraîne parfois des cas de conflits puisque certains cadres ont été victimes de notre amour du ballon rond Euh mais euh non parce que je je suis là, je suis là et ça changera pas.

Je serai là parce que c'est à mon avis la chose la plus importante et surtout la responsabilité première. Mais effectivement, moi je pouris enfin j'aimerais les les voir plus mais après voilà c'est c'est la vie et franchement je suis enfin je disais au début je suis un député européen heureux mais je je suis un un homme engagé en politique heureux parce que je on a cette chance incroyable de pouvoir lutter pour ces idées et de pouvoir générer aussi une joie. On a on a parlé tout à l'heure des européennes et il y avait une remarque d'un photographe que j'avais lu disait "Mais c'est très étrange, lui il a l'air toujours content d'être en meeting d'être là.

Et mais ouais, enfin je pense qu'il faut qu'on arrête avec la gauche qui tire la gueule. C'est-à-dire que on est là pour des idées qui nous dépassent. On arrive à se transcender dans un collectif.

Et il faut le dire, l'engagement public, l'engagement civique, l'engagement politique, oui, c'est souvent de la violence, c'est souvent des querelles et ça mais c'est aussi de la joie. On entend la joie. Faut en finir avec la la gauche qui tire la gueule.

Si les candidats je sors immédiatement, dit euh votre compagne Léa Salam Salamé, euh ça veut dire euh que par amour pour vous laisser aussi euh mener votre votre carrière, elle va elle va renoncer à quelque chose peut-être ou en tout cas elle prend cette décision euh pour ça. Est-ce que c'est ça a été une décision euh difficile à prendre ? Mais écoutez, là je suis chez vous entre guillemets.

Euh je ne suis pas candidat là au moment où on se parle. Donc euh elle s'est expliqué là-dessus. Je pense que c'est très clair dans sa tête et elle l'a dit de manière on peut plus claire.

Donc moi je vais pas spéculer sur ça. Elle vous vous faites de la politique en tout cas vous n'êtes pas encore officiellement candidat mais vous faites de la politique. Elle est journaliste, elle revendique son indépendance, elle le martelle.

Elle n'est sous l'influence de personne. Ça se traduit comment ? Vous n'êtes pas d'accord sur tout ?

Non mais c'est plus que on n'est pas d'accord sur tout. C'est évident qu'on n'est pas d'accord sur tout et euh vous avez pas quoi vous avez un exemple de de sujet par exemple sur sur lequel vous n'êtes pas d'accord ou ça vous arrive d'avoir des débats de Alors franchement j'ai c'est on a réussi à à vraiment préserver un espace privé donc je vais pas trahir cet espace privé ici mais nous ne sommes pas d'accord sur tout et elle a une vie euh professionnelle qu' elle a commencé bien avant euh notre rencontre et qui est complètement indépendante de de mon engagement et de ma vie. Donc en fait, il y a pas de de confusion.

Après, dans des situations de d'élection, ça ça pose un problème. Et là, elle a donné la réponse qu'elle entendait lui apporter si jamais le problème se posait. Et ça vous ennuie qu'elle soit obligée de de répéter ça, qu'elle est pas sous influence ou vous dites "Bon, c'est le jeu, j'ai choisi de faire de la polétique ?" Je pense que il y a encore en 2026 un reste de Ouais. de d'absence de féminisme, on va dire.

Euh je sais pas si on poserait exactement la même question de la même manière H24 dans le sens inverse. Vous pourriez par amour renoncer à vous lancer pour 2027 pour que votre compagne reste au 20h ? Vous êtes très très forte dans vos questions mais je vous vois venir.

La question se pose. Non mais je je trouve que vous êtes très forte dans vos questions. Mais mais vous répondez pas.

Non mais la question se pose pas pour l'instant. La question se pose. Quand [grognement] est-ce que vous allez vous déclarer d'ailleurs ?

Parce que là, j'ai entendu que plusieurs fois vous aviez dit que vous étiez prêt aujourd'hui. Non, j'ai dit que je travaillais mais ce n'est pas maintenant. Et je pense que de toute façon c'est trop tôt là.

Euh il y a des élections municipales, il y a je pense pas du tout encore l'appétit pour les élections présidentielles, mais l'élection présidentielle mais il y a une chose que je veux vous dire, c'est cette fois-ci, il faudra qu'on y aille et je je mets exprès on pour gagner. Donc c'est pas des candidatures de témoignage, c'est pas être premier à gauche, c'est [grognement] pas une rivalité interne à la gauche, on s'en fout. Et ça c'est un message que vous adressez à ceux qui qui sont candidats à la primaire de la gauche.

Marine Telier, peut-être Olivier Fortadresse à tout le monde, y compris à moi-même. Le but c'est de gagner et c'est de gagner dans un moment où si on perd, si on perd, ce sont les poutinistes et les trumpistes qui l'emportent. Donc c'est pas juste une alternance, c'est une bascule.

Et donc il faudra prendre nos décisions tous avec un sens des responsabilités inédit. C'est pas 2017, 2012, 2007, c'est beaucoup plus important là parce qu'en fait la bascule qui peut s'opérer être une bascule civilisationnelle. Je dirais le trumpisme gagne partout aux États-Unis.

Les pays européens qui basculent les uns après les autres et la France qui est le pilier. Pardon Raphaël Gus, mais comment vous convainquez Olivier Fort myiade de candidat potentiel à gauche que il faut se ranger sous votre bannière ? [grognement] Moi je pense qu'à la fin, alors ça peut sembler bizarre là, mais c'est précisément parce qu'en fait on n'est pas dans le moment déterminant que il peut y avoir un foisonnement d'initiative.

Mais moi je pense qu'à la fin le sens des des responsabilités va prévaloir et que nous choisirons la personne qui est la plus à même de faire gagner nos idées, la personne qui est la plus à même de barrer la route à l'extrême droite, la personne qui est la plus à même de présider le pays dans ce moment de crise. Est-ce que vous allez réussir selon vous à vous arracher cette étiquette de candidat des bobos, des d'espèces d'élite un peu déconnecté ? [grognement] Moi, je pense que ça c'est d'ailleurs largement produit par un milieu parisien de bobo.

Euh si vous voulez, quand je vais dans les deux Sèvres ou quand je vais partout en France, personne me parle de ça. On parle de problèmes, on parle d'absence de médecin dans les campagnes, on parle de l'école qui va fermer ou le collège qui va fermer, on parle de l'hôpital, on parle de la difficulté de se faire soigner, on me parle du pouvoir d'achat, on me parle de la France d'ailleurs, on parle beaucoup beaucoup de la France, de son déclin de de son rôle international, du fait d'être français, mais on parle pas beaucoup de de mes caractéristiques de centre-ville Bobo. Donc ça c'est la première chose.

Deè des choses, la deuxième chose, c'est qu'en fait l'enjeu c'est pas de nier ce qu'on est. L'enjeu, c'est de montrer qu'on a un projet capable de changer la vie des françaises et des Français. C'est ça l'enjeu.

Et quand on dit "Oui, mais alors euh il est euh euh en plus il a fait des études de philo, science po machin mais les grandes figures et j'ose pas du tout me comparer à elle, mais les grandes figures de la gauche française euh Léon Bloom il était critique littéraire, Joress, il était de fil." Justement, j'allais vous demander si vous aviez des des références, des modèles en politique. Non, vous savez, moi je mes modèles en politique, je sais pas, c'est des modèles mais c'est déjà tous les dirigeants de cette gauche démocratique qui ont façonné l'histoire du socialisme et de la social-démocratie française.

J'en ai cité là déjà, mais prenez Bloom meilleur Mind France Recard. Ça c'est c'est c'est ma lignée politique, mais des personnalités qui ont assumer des des rôles à des moments clés de notre histoire et qui ont su mais même transformer le cours des choses, inverser le cours des choses. C'est pas nécessairement des gens de gauche.

Faenz le général De Gaulle. Lisez les lettres du général De Gaul quand il est en Pologne dans au moment où la Russie bolchevique attaque la Pologne. Mais c'est une puissance incroyable.

Lisez les textes de Churchill, c'est euh fascinant de de d'intelligence et de profondeur quasi poétique sur sur la mé Moi, je je de de figures qui m'ont inspiré. Il y a cette gauche démocratique et il y a ce sens du tragique dans l'histoire qui a été celui de Dog ou de Churchill. Vous voyez comme Mais enfin comme ça ça fait très grandiloquant parce qu'en fait c'est des figures qui vous inspirent.

Oui. Mais vous comparez pas à ces figures. Vous dites que vous ne comparez pas à Churchill ou à de Gaulle.

Mais vous voyez comme l'héritier de Rocard. Ah, je pense que Rard était en avance sur son temps et qu'il a été le porteur d'une autre vision, non seulement de la gauche, mais mais même de la manière dont on concevait la démocratie dans notre pays et et que il y a la nécessité d'un moment aussi de la France. Tu sais ce qui est fascinant c'est et c'est quelque chose qui m'a vraiment beaucoup interrogé c'est pourquoi Bloom et Meilleur qui incarne cette social-démocratie française et qui sont extrêmement populaires dans l'opinion perdent face à Guimolet le combat politique.

Pourquoi Michel Recard perd face à François Mitteran ? Pourquoi Mindz France ne peut gouverner qu'aussi peu de temps que 7 mois ? Mais comment vous l'expliquez alors ?

Et ben ça c'est c'est vrai mais c'est quelque chose qui est qui est qui est très intéressant parce que ce sont des figures qui avaient raison hein et qui étaient en accord avec ce que voulaient les gens et avec l'histoire et avec le sens de l'histoire et cette gauche là sincère qui qui a vraiment la démocratie au cœur perd le vou conjurer le sort de cette gauche sincère. Bah je pense que oui, son temps est venu en fait et que c'est sans doute dans le rapport, je pensais à Michel Recard par exemple, c'est dans le rapport à la France et à la question de la souveraineté qu'il y a quelque chose qui ne fonctionnait pas. C'est capacité à porter un discours sur ce qu'est la France a incarné cette France.

C'est là où François Mit en fait prend le dessus aussi, c'est qu'il arrive à se projeter dans cette histoire et ce qui est un impensé à gauche aujourd'hui, vous trouvez. Et ben moi ce que je crois vraiment c'est que si nous ne sommes pas capables de reprendre cette plume qui est écrit le récit national et d'incarner ce qu'est la France, son visage, son avenir, et bien nous n'avons aucune chance et à juste titre, j'aimerais dire parce que fondamentalement la France c'est d'abord la manière dont ça se définit et c'est pour ça que son visage change parce qu'en fait elle se redéfinit en permanence et elle est l'héritière de tous des siècles passés, mais aussi de cette capacité à écrire l'avenir et et à s'écrire soi-même et en permanence. Et ça c'est l'immense faillite de la gauche française que l'immense faillite de la gauche française que d'avoir renoncé à ce stylo là et ça de ne pas parler de patrie de nation ce que veut dire être français et quand vous allez quand vous allez parler avec un électeur ou une électrice du Rassemblement national et que d'emblé il vous disent mais moi je vote Eren ou je vote Bardella ou je vote Marine ou je parce que il eux au moins ils sont fiers d'être français. et qu'ils ont capté cette fierté française.

Vous dites "Mais quel abandon Enfin, je viens pendant des décennies des décennies des siècles, c'était les républicains, les progressistes qui qui parlaient de cette fierté française. Quand vous lisez les grands textes fondateurs du socialisme, les grands discours, ben en fait le socialisme français démocratique était l'aboutissement de cette histoire de France et donc de ce récit français et et le fait d'être devenu sur ce sur ce fait merveilleux et simple d'être français et bien euh a pavé la voix au retour des Moraciens et des héritiers de Baress. Et et ça ça c'est quelque chose que moi je je veux dire marteler, c'est qu'en fait on va parler de la France.

On va parler de la France avec des mots plus grands, plus beau que plus puissants. On va montrer que il y a pas un déficit d'amour de notre côté. Au contraire, il y a un surcroix que la France qu'on voit, on la voit plus grande, on la voit plus forte, on la voit plus puissante que celle qu'il nous propose.

Raphaël Gusman, vous parliez de puissance. Euh, il y a des femmes puissantes dans votre vie, on parlait tout à l'heure de votre compagne euh Léa Salomé qui a raconté aussi des femmes puissantes. Il y a votre mère dont vous avez parlé.

Je voudrais qu'on parle aussi de votre grand-mère, la mère de votre père. On va la voir euh sur cette photo où elle est avec votre père, votre grand-mère qui a sauvé elle-même ses trois enfants. Est-ce que vous pouvez nous raconter ?

En fait, elle était euh enfin, ils étaient tous arrêtés euh et mis dans un train pour être déporté euh puisque c'était une famille juive qui euh ne parlait pas un mot de français d'ailleurs qui était euh dans la France occupée et donc euh arrêté, mis dans le train et comme elle elle était dans un réseau de résistance et qu'elle savait ce qu'il y avait au bout du train, c'estàdire la mort, c'est les camps d'extermination, elle a organisé la révolte dans le train en disant "Mais Ils vont tous nous tuer. Donc ça sert à rien de respecter l'ordre. Maintenant, on est condamné à la mort si on monte dans ce train.

Et donc, elle a créé comme ça un mouvement de révolte dans le train. Et ce que les gendarmes français ont fait, les policiers français, je sais pas, on ont vu ils ont vu qu'elle était en train de créer un chaos et donc ils l'ont extrait du train. Tu pars donc quoi ?

Ils l'ont renvoyé chez elle avec ils ont été la chercher, ils l'ont sauvé. Et là-dessus, le moment tragique, c'est que la sœur de mon père a dit "Non, moi je veux rester avec les juifs." Donc elle est remontée dans le train.

Donc sa mère a dû obliger les gendarmes à aller la rechercher. Elle lui a mis une claque. Elle lui a dit "Non, non, tu parles". et ils sont sortis du train et mon père à ce moment-là devait avoir 3 ou 4 ans.

Euh donc il était effectivement euh destiné à envoyer tout de suite au chambre à gaz s'il survivait au voyage. Et c'est euh un peu un un élément fondateur de sa personnalité à mon père et c'est transmis par sa mère et que qui a été discuté dans ma famille. C'est-à-dire cette idée de la la force de la révolte, enfin de il y a toujours la nécessité de cette révolte.

Comment se tradu viser l'identité juive chez vous dans votre famille ? Alors, il y avait l'héritage de cette histoire ou des persécutions du cosmopolitisme, mais on parlait pas trop de ça dans ma famille. Moi, j'étais enfin j'étais d'abord français et et d'ailleurs même quand on parlait de religion, la religion dont on parlait à la maison c'était la religion chrétienne en fait dans une famille qui était pas religieuse.

La la religion c'était pour vous par la définition de la religion c'était le bah à la maison céit il y avait l'histoire juive mais la religion dont on parlait c la religion dont parlaient les français dans dans l'histoire donc c'était la religion chrétienne catholique et et donc on on j'étais pas une famille religieuse mais j'ai Oui parce que le judaïsme c'est une appartenance à un peuple et c'est une religion pour vous c'était surtout une appartenance à une histoire à une sensibilité mais on on en parlait très peu. Vous croyez pas en Dieu aujourd'hui ? Non, enfin je je j'ai beaucoup de respect pour et je suis entouré de gens qui qui ont la foi.

Euh mais encore une fois, c'est très étrange parce que vous me posez la question, vous spontanément je une image d'église dans la tête alors que vous êtes juif. Ouais, mais parce qu'en fait la religion pour nous, mais la discussion pour nous, la discussion sur Dieu dans ma famille, c'était une discussion liée aux grandes réflexions des philosophes français ou des théologiens sur Dieu. Mais leur dieu, c'était quoi ?

C'était le dieu chrétien. Enfin, il y a qu'un seul dieu mais leur religion, la religion à laquelle il se confront, qu'il questionnait, c'était la religion chrétienne nécessairement dans les textes français de la littérature française, la figure de la religion, c'est une religion chrétienne. Donc en fait dans ma tête, je suis tellement habité par cet héritage français qu'en fait j'ai pas quand vous me demandez est-ce que vous croyez en Dieu, je je ne visualise pas une synagogue, je visualise une église.

Euh on va passer au point lecture. Comme dans chaque épisode, vous avez choisi un beau roman de Romain Garry. C'est ça.

Vous allez nous lire un un passage. Euh j'ai choisi la promesse de l'aube de Romain Gary qui à mon avis le texte le plus beau sur ce qu'est la France, sur ce que veut dire être français. Justement cette chance incroyable qu'on a tous là d'être français que vous avez que j'ai d'être français.

Et c'est aussi un des textes les plus beaux sur l'amour maternel. Et oui et et d'ailleurs les deux se rencontrent. La figure de la mer qui apprend à Romain Gary en Lituanie puis en Pologne à être français alors qu'elle a rien de français mais à être français parce qu' elle veut que son fils vous êtes dans un ghetto en Pologne et vous avez une mère qui dit à son fils tu seras ambassadeur de France.

Et pourquoi ambassadeur de France ? parce que la France parle à tous les hommes et que ces juifs persécutés de l'est voyaient dans la France cette terre où ils allaient être considéré non pas comme des juifs mais comme des hommes ou des femmes, des êtres humains. Et ça ça a parlé à des gens mais extrêmement éloignés.

Et donc Romain Gary nous explique d'où vient son patriotisme amoureux et poétique. Essayez donc d'écouter enfant dans les forêts lituaniennes, les légendes françaises. Regardez un pays que vous ne connaissez pas dans les yeux de votre mère.

Apprenez-le dans son sourire et dans sa voix émerveillée. Écoutez le soir au coin du feu où chantent les bûches alors que la neige dehors fait le silence autour de vous. Écoutez la France qui vous est comptée comme le chaboté.

Annoncez à vos soldats de plomb que du haut de ces pyramides, 40 siècles les contemplent. Coiffez-vous d'un bicorne en papier et prenez la Bastille. Donnez la liberté au monde en abattant avec votre sabre de bois les chardons et les orties.

Apprenez à lire dans les fables de la fontaine et essayez essayez ensuite à l'âge d'homme de vous en débarrasser. Dans toute mon existence, je n'ai entendu que deux êtres parler de la France avec le même accent. Ma mère et le général de Gaulle.

Il faut qu'on se voit à nouveau comme la mère de Romain Gary nous voyait. Nous sommes les dépositaires d'une histoire fantastique, magnifique. Nous avons une chance incroyable d'être français.

Il faut qu'on arrive à se voir à nouveau avec amour en fait. Donc c'est le moment de la série de questions. Raphaël Grixman, si vous deviez changer quelque chose dans votre vie, ce serait quoi ?

Dans ma vie si je devais changer quelque chose ? Je sais pas. Vous avez un regret ?

On a plein de regrets. Mais dans le dans le passé, moi je je changerai une chose. J'ai été là jusqu'au bout pour ma mère et j'ai été trop absent euh pour mon père et ça changerait.

Est-ce que vous êtes heureux aujourd'hui ? Oui. Oui, je suis heureux et et je suis heureux de ce que nous faisons.

Je suis heureux de ma famille. Je suis je suis heureux d'être là où je suis. Simplement je suis inquiet, très inquiet sur l'État de la France, de l'Europe, du monde.

Est-ce qu'il y a quelque chose que vous aimeriez que les Français sachent de vous qu'ils ignorent ? Mais je vais leur dire. Vous leur direz ouais.

Est-ce qu'il y a une vérité que vous ne dites jamais ou que vous ne direz jamais en politique ? Non, il y a pas une vérité. J'allais dire qu'il faut tout dire et et je je me reprends parce que ça ça serait contraire à la sincérité.

Il y a peut-être des choses que on dit pas. Mais mais je pense que il va falloir faire le pari de la vérité. Vous savez la démocratie à Athène, elle était fondée sur trois piliers. le pouvoir de du peuple, donc l'élection, la démocratie en tant que telle, l'isonomia, ce qui s'appelait l'isonomia, c'est-à-dire l'état de droit et un troisème pilier qu'on oublie mais alors complètement qui est la parisira, c'est le franc parler du citoyen qui tient le discours vrai, quitte quitte à mettre en péril sa propre base et à heurter ses propres partisans et ça c'était vraiment un un truc essentiel.

Donc je crois qu'il faut qu'on revienne à un minimum de parisien aussi. Quel est le sens de votre vie ? Alors vous avez des questions, c'est pas possible.

Quel est le sens de ma vie ? Je pense que c'est cette lutte pour ce qu'on on a de plus précieux en terme public, c'est la c'est la démocratie et le plus fragile aussi. Je je enfin moi je suis un vrai combattant de de la démocratie et de la démocratie européenne en particulier de la démocratie en France et des démocraties européennes qui sont dont les destins sont liés.

Et je pense qu'en fait c'est le c'est ce qui nous permet de de vivre dans dans un c'est ce qui rend le monde vivable. Enfin vraiment vivable. C'est-à-dire que vous rendez compte de vivre dans l'absence de ça, mais c'est possible hein, ça peut ça peut arriver mais de vivre dans l'absence de ça, c'est un cauchemar permanent.

La vie devient sombre, réellement sombre. Et je crois qu'il y a une inconscience très répandue de ce qu'est la vie sans la démocratie. Gman, pourriez-vous aimer que votre mère vous dise et qu'elle ne vous a jamais dit ? tu avais raison de faire de la politique [raclement de gorge] parce que elle avait trop de méfiance vis-à-vis des appareils politique, trop de déception à mon avis et et je pense aussi une forme de d'inquiétude face à ce qui était le monde politique.

Et votre père, croyez-vous aimé qu'elle vous dis ? Merci d'avoir été là pour ta mère. parce que c'est la promesse que je lui ai faite quand il allait partir.

C'était sa grande inquiétude et c'est une promesse que j'ai tenue. Et donc vous m'avez posé la question de la foi tout à l'heure. Je ne sais pas s'il y a quelque chose après la mort.

J'en sais rien en fait mais je l'ai tenu cette promesse. Merci beaucoup Rapha Gman. Merci à vous.