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Conférence de presseLa France insoumise (sur YouTube)· 19 août 2026 83 minAutoproduitFond programmatiqueSolidarités & familleInstitutions & électionsEurope & internationalCulture, médias & sport

Pour une politique de l’amitié : le nouveau livre de Clémence Guetté | #Amfis2026

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 7:15OuverteRéponse directe

    Pourquoi consacrer ton premier ouvrage à l'amitié ?

  • 19:39OuverteRéponse directe

    Pourquoi l'amitié est-elle prépondérante pour les classes populaires ?

  • 29:18OuverteRéponse directe

    Quels sont les freins à l'amitié et comment les résoudre ?

  • 33:56OuverteRéponse directe

    L'amitié est-elle un ferment anticapitaliste ?

  • 37:37OuverteRéponse directe

    En quoi l'amitié est-elle un outil antifasciste ?

  • 43:50OuverteRéponse directe

    Comment l'amitié s'inscrit-elle dans le républicanisme ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 12:00Invité politiqueChiffre
    « Il y a aujourd'hui six personnes sur 10 qui vivent hors de leur département de naissance. »
  • 12:42Invité politiqueChiffre
    « Le nombre de personnes qui vivent seules en 60 ans a été multiplié par 3. »
  • 13:25Invité politiqueChiffre
    « Un couple sur 10 aujourd'hui est un couple non cohabitant de manière permanente. »
  • 15:33Invité politiqueChiffre
    « Une personne sur qu en France qui se sent seul régulièrement ou très régulièrement et une personne sur 10 qui est en situation d'isolement total dont 750000 personnes qui vivent en France en situation de mort sociale. »
  • 22:22Invité politiqueChiffre
    « Il y a trois fois plus d'ouvriers que de cadres qui déclarent qu'ils ont trouvé un emploi actuel grâce aux habitants de leur quartier. »
  • 29:59Invité politiqueChiffre
    « Une personne sur deux pense que avoir des amis ça coûte cher. »
  • 30:40Invité politiqueChiffre
    « Les plus pauvres, ils se privent 25 fois plus que les plus riches d'aller boire un verre avec des amis ou d'aller au restaurant avec des amis. »
  • 31:22Invité politiqueChiffre
    « La dépense moyenne pour aller à un mariage de quelqu'un qu'on aime, c'est plus de 500 €. »
  • 35:19Invité politiqueFait
    « Ford dit ingénuement qu'il est excellent d'avoir des ouvriers qui s'entendent bien mais qu'il ne faut pas qu'ils s'entendent trop bien parce que cela diminue l'esprit de concurrence et d'émulation indispensable à la production. »
  • 36:01Invité politiqueChiffre
    « Une femme sur 5 bascule dans la pauvreté au moment d'un divorce. »
  • 53:02Invité politiqueFait
    « Le code civil consacre le patriarcat. »
  • 1:00:10Invité politiqueFait
    « L'inceste est encore un continent de silence dans notre société qui touche énormément de personnes. »
  • 1:09:04Invité politiqueFait
    « On a ouvert la PMA pour toutes. Les femmes seules ont le droit de faire des enfants. »
  • 1:09:47Invité politiqueChiffre
    « 9 personnes sur 10 sont parfaitement incapables de retourner au travail le lendemain du décès de leur meilleur ami. »

Temps de parole

  • Clémence Guetté100 %

≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Clémence Guetté

Donc rebonjour à toutes et à tous. Merci pour votre patience. On va commencer. Bonjour Clémence. J'espère que vous passez d'agréables enfis pour celles et ceux qui sont déjà là depuis hier et bienvenue à celles et ceux qui sont arrivés aujourd'hui. Je vous remercie d'être venu aussi nombreuses et nombreux à la présentation du premier ouvrage de Clémence Gueté qu'on ne présente plus mais je m'y astreins quand même.

Tu es député de la deuxème circonscription du Val de Marne, vice-présidente de l'Assemblée nationale, coprésidente de l'Institut la Boessie, en charge du programme de la France insoumise l'avenir en commun et désormais autrice d'un ouvrage pour une politique de l'amitié qui nous réunit donc toutes et touses aujourd'hui. [applaudissements] Euh donc c'est un grand un grand honneur pour moi de pouvoir animer cette conférence autour de ce premier ouvrage euh qui doit sortir le 27 août prochain mais vous avez de la chance parce que il est disponible en avant-première aux Amphi au village du livre et dans le village au stand de l'Ilb.

Et la chance que vous avez, c'est que juste après cette présentation, vous pourrez même vous le faire dédicacer à l'espace du livre. Euh cet ouvrage, c'est le fruit d'un travail de plusieurs mois et en plusieurs étapes qui part donc de l'idée de Clémence d'abord de déposer une proposition de loi pour en finir avec toutes les injustices dont sont victimes les amis, mais ça elle vous en dira plus dans quelques minutes. Et ensuite Clémence a voulu organiser un colloque pour approfondir toutes ces questions à l'Assemblée nationale avec des autrices, des philosophes, des cherchereuses et de nombreuses associations. Et enfin, tu as décidé d'écrire un livre sur cette question.

Ce processus d'écriture, donc il a été nourri de beaucoup de choses, y compris un questionnaire que tu as diffusé sur tes réseaux sociaux auquel on répondu 7000 personnes en 24 heures. C'est dire si l'amitié intéresse. Euh et ça t'a permis de recueillir de nombreux témoignages qui nourrissent qui nourrissent tout ton ouvrage. Euh donc le cœur de cet ouvrage, comme le nom l'indique, c'est de dessiner les contours de ce que pourrait être une politique de l'amitié. Et euh pour celles et ceux enfin je vous invite donc à le lire, [rires] ça se construit autour de nombreuses sources.

C'est des références théoriques, des références culturel, ça peut être des BD, des séries, des livres, des films et cetera, des études, des témoignages. Et dans ce livre, tu livres une analyse politique, une élaboration théorique et de nombreuses propositions programmatiques. Mais tout ça, tu en parleras beaucoup mieux que moi. C'est pour ça je que je vous propose de pas m'attarder, de directement poser des questions à Clémence. Bonjour. Bonjour. Bonjour. Bonjour. Bonjour. Bonjour tout le monde. Merci d'avoir bravé la pluie, d'avoir bravé la file d'attente. Donc Arian, je donc on a prévu Arian me pose des questions.

Je vais essayer d'y répondre comme je fais la conférence toute seule pour que ce soit un peu rythmé. Donc je commence par bordelliser la ce qu'on avait prévu pour vous présenter Arianne Vaquette qui va m'interroger pendant pendant cette conférence. [applaudissements] Elle va être très gênée que je le fasse mais Arianne travaille avec moi à l'Assemblée nationale. C'est ma complice intellectuelle. Elle est absolument brillante et ce travail qu'on a fait lui lui doit beaucoup aussi. Donc, je voulais d'abord commencer par vous la présenter. [applaudissements] La seconde chose que je voulais dire évidemment, c'est que là, je vous présente le fruit de quelques mois de travail.

Au milieu de tout le reste de mes activités, vous dire comment ça s'est inscrit, je m'étais dit que je prenais un mois, un mois et demi poste municipal pour écrire ce qui me trottait dans la tête puisqu'on a fait le colloque au mois de janvier. Donc euh ce ce livre est imparfait évidemment, il résulte du temps limité que j'ai et il doit aussi beaucoup Arian, tu l'as dit en introduction, mais il doit aussi beaucoup à plein d'autres penseuses notamment qui ont écrit des ouvrages sur l'amitié, sur la place qu'elle devrait prendre dans nos existences ou en tout cas qu'elle prend et à quel point elle devrait être reconnue, permise, accompagnée par la loi.

Et je le dois évidemment beaucoup intellectuellement à ce sujet. Pour les plus contemporaines, je veux citer Alice Rebo qui publie d'ailleurs un second ouvrage sur la question de la solitude, Johanna Sincinati Abramovic, Hélène Janekini aussi qui qui est qui analyse des images et qui a produit enfin en tout cas était curatrice d'expositions notamment de photos de Dona Gochalk. Bref, je le dois aussi à plein d'autres notamment femmes qui ont qui ont écrit avant moi sur ce sujet. Euh et la dernière incise pour l'introduction que je voulais faire, c'est sur cette histoire de questionnaire qui pour moi a vraiment validé ce qui était une intuition euh intellectuelle.

Arian l'a dit, on a eu 7000 réponses en 24 heures, je m'attendais pas du tout à ça, euh publié sur mes réseaux sociaux qui à soi seul pourrait faire l'objet d'une conférence. C'est-à-dire qu'on a eu 7000 réponses à ce questionnaire qui à la fois demandaiit des des données sociologiques identifiantes, on va dire. À quelle classe vous pensez appartenir ?

l'âge vous avez, où est-ce que vous vivez euh et cetera et cetera et à la fois où on a laissé des espaces d'écriture et de liberté aux personnes qui ont répondu qui nous ont raconté des histoires absolument bouleversantes, magnifiques, des épreuves de la vie, de deuil, d'accompagnement et beaucoup et je crois que ce qui c'est ce qui a motivé l'écriture de ce livre, beaucoup d'empêchement, c'est-à-dire beaucoup de gens qui dont l'existence a connu des freins, des blocages par rapport à la façon dont ils avaient et envie de l'organiser avec leurs amis ou avec les les gens qui leur sont proches.

Et donc comme matérialiste et comme responsable politique, il me semble que dès lors qu'il y a des freins, des choses qui qui font souffrir, des choses qui empêchent aux personnes de de d'organiser leurs existences comme ils le souhaitent, de pouvoir avoir un cercle affectif qui leur permettent la solidarité matérielle et cetera. Mon rôle à la fois de responsable politique et de parlementaire, c'est de lever ces freins-là. Et la dernière chose que je voulais dire en introduction, c'est aussi que j'ai le sentiment qu'on est toujours en retard, c'est-à-dire que euh ce sont les existences des gens qui nous inspirent ce qu'on fait dans la loi.

Euh malheureusement, ça arrive toujours en retard et donc euh ça n'est pas un travail à mon avis qui est précurseur. il vient reconnaître des choses que beaucoup d'autres parfois y compris dans les communautés LGBT ont mis en place dans leurs existence auprès de beaucoup de souffrances en bravant beaucoup d'interdits sociaux et en démontant un certain nombre de normes aussi. Et donc c'est à toutes ces personnes-là qui ont ouvert le chemin de la pensée sur ce sujet que je voulais rendre hommage avant tout pour commencer. Voilà.

[applaudissements] La première question que j'aimerais te poser, c'est donc tu l'as dit que c'est un choix qui a souvent été un choix de vie qui est un choix que certains pourraient considérer comme intime et que donc beaucoup de personnes pourraient se dire que la politique n'a pas vraiment à se mêler des relations amicales et de la manière dont les uns et les autres décident de construire leurs existences. et surtout en ce moment parce qu'on pourrait se dire que on entre dans une phase de de campagne présidentielle et que parler de l'amitié, c'est un sujet qui est parfaitement secondaire.

Et donc la première question qui est sur toute assez générale, c'est pourquoi est-ce que tu as décidé de consacrer ton premier ouvrage à cette question de l'amitié ? Donc j'ai commencé à à y répondre.

La première chose, c'est que je suis persuadée que l'amitié est un sujet éminemment très profondément politique puisque il s'agit d'organisation de de nos existences et que donc la politique a à voir avec ça que comme jeune femme de 35 ans, je j'imagine que j'écris avec un un parcours qui est situé évidemment mais qui est aussi situé dans les pas de prédécesseuse en l'occurrence et la réflexion elle vient de de la poursuite de la réflexion féministe qui a toujours dit que le privé était politique depuis les années 60 70 et en l'occurrence, j'en suis persuadé aussi, je je pense que les relations qu'elles soient intimes ou qu'elle soit davantage public sont inscrites dans une superstructure qui n'est pas neutre et qui était la première part de la réflexion que j'ai eu, c'est-à-dire que elle les amitiés comme le reste de nos relations sont conditionnées par des rapports de force économique, par des facteurs socioculturels, par des rapports de domination, qu'il soi sexiste, raciste, validiste.

C'est la première chose dont il faut tenir compte. ces amitiés sont situées dans une superstructure, dans la société dans laquelle on évolue. Euh et de fait les amitiés et et c'était important pour moi de le dire dès l'introduction de l'ouvrage ne sont pas un espace neutre ou idéalisé ou qui doivent être justement idéalisés et et analysés sans sans tenir compte de tous ces rapports de force là. Évidemment, c'est un espace qui est socialement déterminé et et j'introduis tout de suite un concept qui s'appelle l'homophilie sociale. On n'est pas amis au hasard avec n'importe qui dans la société.

Évidemment, c'est en fonction de milieu social, c'est en fonction de l'âge, c'est en fonction de l'endroit où on habite, c'est en fonction d'un d'un capital culturel, d'un capital économique et cetera et cetera. Et donc, on choisit d'être amis avec des des gens qui nous ressemblent. Donc c'est socialement y compris pas un espace idéal de mixité sociale et cetera. La deuxième chose c'est que c'est un espace qui est genré éminemment genré. Les femmes et les hommes dans notre société patriarcale n'ont pas les mêmes pratiques amicales.

C'est parfaitement documenté par plein d'études sociologiques qui montre que ça se base pas sur les mêmes rapports puisque pour les hommes, il y a des normes, des injonctions masculines voire virilistes qui pèsent sur les relations amicales qu'ils peuvent entretenir. Sur les femmes, il y a ce qui est attendu de femme, le soin, l'attention, l'écoute et cetera. Et donc les amitiés ne prennent pas les mêmes formes non plus selon le genre des personnes.

Et puis c'est un espace qui comme il n'est pas exemp de rapport de force et de rapport de domination peut faire souffrir également de la même façon que les les ruptures amoureuses peuvent faire souffrir, les ruptures amicales peuvent faire souffrir. C'est tout un monde parfois qui peut s'écrouler et et d'ailleurs dans le questionnaire, on a on a reçu des témoignages de rupture amicale et des conséquences que ça peut avoir sur les les destins biographiques des gens qui sont tout à fait édifiants à ce niveau-là. C'est voilà, ça peut être des véritables des véritables souffrances dont on parle beaucoup moins.

Donc la première chose, c'est que les amitiés ne sont pas un espace à idéaliser, pur et parfait et cetera. Alors même que l'idée euh intuitive qu'on peut avoir, c'est que c'est un lien qui est justement souple, qui est gratuit, qui est sur lequel ça pesantit moins de choses que sur la relation euh conjugale hétérosexuelle par exemple où les rapports de domination genré ont été bien davantage euh étudiés. La seconde chose, c'est que l'amitié, c'est un sujet éminemment politique et très important pour les Français. C'est à ce moment-là de la conférence que je vais vous donner quelques chiffres, peut-être trop de chiffres, mais qui me paraissent quand même importants.

Moi, j'ai un un parcours de sociologue, donc sans doute que j'ai j'ai un un tropisme, mais je voulais que cette cette politique de l'amitié s'inscrive dans la réflexion qu'on a à la France insoumise sur la Nouvelle-Fance, à quoi ressemble la Nouvelle-Fance. Et donc je voulais aussi étudier comment les relations sociales peuvent être différentes que là aussi pour prendre le point de départ qu'on prend habituellement 1958 la constitution de la 5e République. Est-ce que ça s'établissait de la même façon ? Quelques chiffres donc d'abord sur l'habitat. La première chose c'est que la Nouvelle-France pour nous c'est tout un tas de bouleversements anthropologiques en 50 60 70 ans.

On ne vit plus de la même façon sur l'habitat. Il y a aujourd'hui six personnes sur 10 qui vivent hors de leur département de naissance. Ça fait plus de la moitié des Français qui ont changé de département. Qui dit changer de département dit bien souvent s'éloigner de la structure familiale nucléaire. En tout cas voilà, vous vous n'habitez plus à côté de vos parents, bien souvent plus à côté de vos grands-parents et cetera et cetera. ce qui implique nécessairement de se reconfigurer un cercle social ailleurs. La deuxième chose, c'est que plus souvent on habite seul, moins souvent on habite en couple et le nombre de personnes qui vivent seules en 60 ans a été multiplié par 3.

C'est absolument majeur. Il y a plus de 50 ans, c'était plus de la moitié des femmes de 20 à 24 ans. Donc ce qu'on considère aujourd'hui comme relativement jeune qui habitait en ménage. On disait en ménage à l'époque, donc en couple, plus de la moitié. le nombre a été divisé par 2 en 2026. Donc on voit bien pour les trajectoires des jeunes femmes par exemple pour ce qu'il s'agit des jeunes femmes que qu'elle n'entre plus de la même façon dans l'existence à l'époque où elle devait très rapidement se mettre en ménage ou maintenant où ça passe plus souvent par des parcours individuels de colocation et cetera et cetera.

Deuxième fait, sur les couples, un couple sur 10 aujourd'hui est un couple non cohabitant de manière permanente. C'est-à-dire que y compris quand les personnes sont en couple, elles ne choisissent pas nécessairement d'être en couple et d'habiter ensemble immédiatement ou d'ailleurs tout au long de de la relation. Tout ça, cette mise à distance à la fois de votre de vos origines familiales et à la fois de la vie en ménage, ça oriente les sociabilités affectives comme les amitiés vers d'autres cercles, y compris d'autres cercles de de solidarité affective là aussi, mais de solidarité matérielle évidemment puisque on compte les uns sur les autres. Deuxième chose, le mariage et la parentalité.

Là aussi, il y a des bouleversements absolument majeurs dans la façon dont on vit nos existences. [grognement] Euh, on ne se marie plus nécessairement pour avoir des enfants et on divorce bien plus souvent qu'avant. C'est le nombre de divorces depuis 50 ans, il a été multiplié par 3. Un/4 des familles françaises sont des familles monoparentales à 80 ou 90 % ce sont des femmes seules avec des enfants. 1/4, c'est absolument absolument énorme. 6x enfants sur 10 aujourd'hui naissent hors d'un mariage, c'est la majorité. Donc euh voilà, le mariage n'est évidemment plus une étape considérée comme socialement obligatoire pour pour fonder une famille, avoir des enfants et cetera.

Donc euh partant de ça, ça a nécessairement là aussi des conséquences. Ça a été documenté par des études sur lesquelles je suis tombée pour écrire ce livre-là. Une personne qui est divorcée a beaucoup plus de chance dans une semaine de voir ses amis que de voir des membres de sa famille pour se rendre à des coups de main, pour avoir des conseils, pour et cetera et cetera et notamment les mèes isolées. Mais je reviendrai sur ce sujet après. La deuxième chose majeure, c'est que euh il me semble que une fois qu'on a défini à grand trait sociologiquement la Nouvelle-France, ces bouleversements anthropologiques là, euh qu'on a quand même des défis devant nous à relever.

dont on est conscient politiquement, sans doute tout à fait conscient les uns et les autres dans cette tente. Le premier, c'est la question de la solitude. C'est-à-dire que le néolibéralisme a a entraîné l'atomisation des individus, des liens. Économiquement, c'est la compétition de tous contre tous, la loi du plus fort. Les structures de solidarité dans les entreprises sont combattues très fortement par nos dirigeants, par nos gouvernants et y compris dans dans la sociabilité qui est vécue comme une sociabilité privée, il y a de plus en plus de difficultés à avoir un cercle proche et cetera et cetera. Cette épidémie de solitude, elle est dramatique.

Il y a une personne sur qu en France qui se sent seul régulièrement ou très régulièrement et une personne sur 10 qui est en situation d'isolement total dont 750000 personnes qui vivent en France en situation de mort sociale. Mort sociale ça veut dire que vous ne voyez personne. Vous n'avez personne dans votre cercle qui vous rend visite, avec qui vous allez dîner, enfin et cetera et cetera.

750000 personnes, ça me paraît un fait social absolument majeur qui a des a des causes qui sont qui sont celles de de de la société dans laquelle on vit, qui pour moi sont celles du néolibéralisme, des structures du travail qui sont celles voilà de de la précarité financière aussi qui empêche beaucoup de choses mais je vais y revenir. Et tout ça et ça a été documenté par l'OMS notamment, ça a des conséquences extrêmement graves sur la santé. Nous sommes des êtres sociaux. Nous avons besoin de voir des gens, nous avons besoin de voir des personnes, de communiquer avec elles, de les regarder dans les yeux et cetera et cetera.

Et j'ai lu une étude qui disait que le manque de liens sociaux est aussi nocif pour la santé que le fait de fumer 15 cigarettes par jour ou de consommer très régulièrement de l'alcool. Ça a les mêmes effets sur la santé. Alors, quand vous fumez et euh enfin bon bref, donc l'Organisation mondiale de la santé, elle s'est intéressé à ce sujet de manière extrêmement sérieuse et et ça n'est pas un sujet gnant gignnan. Le sujet de la solitude est un sujet à mon avis éminemment politique. Elle a créé l'OMS une commission pour favoriser le lien social, faire des préconisations de politique publique pour favoriser le lien social. Donc là aussi, je reviens à ma superstructure du début.

ces causes, elles sont structurelles, elles trouvent leur racine dans le néolibéralisme, la compétition, l'individualisme et cetera et c'est un enjeu de santé globale et donc pour moi, c'est un enjeu humaniste. Et comme je me définis comme humaniste, c'était une raison de plus de me saisir de ce sujet-là. Euh 2e défi auquel on est confronté, le changement climatique.

Beaucoup de penseurs ont montré dans la suite des travaux de Pablo Servig il y a quelques années, mais bien d'autres que lui, ont montré que cette compétition individuelle, ce qui est présenté, y compris comme le le darwinisme qui nous a été seriné à toutes les sauces et cetera, que ça n'était pas vrai, que les humains avaient besoin de solidarité et que y compris dans la résilience face au changement climatique et cette fois-ci c'est la branche de l'ONU qui s'occupe du changement climatique.

qui montre que des communautés, y compris les communautés dans le sud global qui sont les plus soumises aux catastrophes naturelles, à répétition climatique et cetera sont plus résilientes quand il y a des liens sociaux forts organisés dans ces communautés, quand on permet quand on accorde du temps au fait de se connaître les uns les autres, de pouvoir se rendre des coups de mains et cetera et cetera. Et donc en cas de crise et c'est ce qui va nous arriver et on a connu un été catastrophique mais ça n'est que le début en cas de crise et en cas de difficultés d au changement climatique euh les liens euh la solidarité l'amitié a une importance absolument fondamentale.

Et donc cultiver cette amitié, la permettre, l'encourager par la loi, assouplir des structures relationnelles est une forme de réponse pour moi à la fois à la crise du néolibéralisme, ce qu'elle provoque dans la société et à la fois à celle du changement climatique et à ce qui nous attend. [applaudissements] Donc là, tu as bien développé la manière dont l'amitié est importante pour tous les Français. et surtout dans dans le cadre de la Nouvelle-Fance.

Mais la la dans le livre, tu tu expliques aussi que l'amitié est particulièrement importante pour les pour les mondes populaire euh dans lesquels ces réseaux de de solidarité affectif euh alternatif au couple et à la famille sont encore plus importants qu'ailleurs. Et donc si on suit cette logique, faire une politique de l'amitié, c'est s'adresser très directement aux nouvelles classes populaires. C'est ce que tu dis dans le livre. Du coup, je me demandais si tu pouvais nous en dire plus et nous expliquer en quoi l'amitié est pr est prépondérante pour celles et ceux qui sont les premières victimes du néolibéralisme dont dont tu viens de parler.

Alors en effet euh pour moi, il y avait un j'ai rendu hommage en introduction au chercheur chercheus penseur penseuse que j'avais pu lire sur ce sujet et peut-être je voulais en ça répondre à une critique que j'oserais faire c'est que je trouve que le sujet et c'est assez logique vu comment dire là où d'où parlent ces chercheurs chercheus je trouvais que Le sujet manquait très largement d'une lecture de classe qui est quand même pour moi assez fondamentale. Je ne voulais pas faire un livre bourgeois. Je savais que ce serait une des premières choses qui me serait opposé, c'est-à-dire euh Clémence Getté, petite meuf de 35 ans, député, des revenus confortables et cetera.

Je sais pourquoi je fais de la politique, je sais à qui je veux parler, je sais euh d'où je viens, je sais qui je défends dans tout le reste de mon parcours. Et donc, je voulais me saisir de ce sujet en ayant une lecture de classe évidente euh et en répondant peut-être d'entrée de jeu à une critique que je trouve légitime qui pourrait être faite sur ce sujet. Et donc j'ai essayé de décortiquer euh pour qui cet assouplissement des liens que j'essaie de promouvoir dans le livre pourrait être le plus fondamental.

Comme je viens d'expliquer que ce qu'on avait comme défi face à nous, c'était à la fois la crise du néolibéralisme qui ne répond plus aux attentes de la population et on sent que ça va craquer. On ne sait pas exactement de quelle façon, mais on sent que ça peut craquer. En tout cas, en 2027, on a une belle occasion et comme ce qui nous attend, c'est aussi la crise climatique et que dans ces deux cas qui d'ailleurs sont intrinsèquement liés l'un à l'autre, les premières victimes, ce sont évidemment les classes populaires, les mondes populaires, voilà, les les personnes les plus précaires, les plus exposées.

C'est à elle aussi que je voulais m'intéresser et voir quel pouvait être pour elle les obstacles à l'amitié. Donc j'ai essayé de décortiquer ça. La première chose c'est que je suis tombée sur des études très intéressantes qui montrent à quel point les habitants des quartiers populaires, je vis dans un quartier populaire, je suis élu d'un quartier populaire a choisi le roi en l'occurrence à côté de Crédeil et sont les plus dépendants des liens de solidarité, de proximité et cetera. les plus dépendants par exemple pour trouver un emploi.

Ce sont des lieux où évidemment le taux de chômage est bien supérieur à la moyenne nationale ou le taux de précarité est bien supérieur à la moyenne nationale et cetera et cetera. Et donc il y a une étude qui montre par exemple qu'il y a trois fois plus d'ouvriers que de cadres qui déclarent qu'ils ont trouvé un emploi actuel grâce aux habitants de leur quartier. Ça veut dire on va se voir les uns les autres, on parle d'une galère, quelqu'un connaît quelqu'un quit, sait qu'il y a un endroit où on peut où ça embauche, où on peut trouver un boulot et cetera et cetera.

Je trouve ça intéressant de partir du constat que voilà, il y a cette dépendance qui est bien plus forte matériellement au fait d'avoir des liens, au fait de connaître des gens, au fait d'avoir un cercle social bien étauffé et cetera. Donc une dépendance plus forte à des solidarités matérielles qui sont euh extra familiales. La deuxième chose, c'est une étude sur laquelle je suis tombé sur les habitants des zones rurales qui montre l'importance de ce que une sociologue pardon Fanny Hug, une sociologue montre et qu'elle appelle une économie d'intersubsistence dans les zones rurales. Il y a peut-être des habitants des zones rurales ici. Moi, j'ai grandi dans les deux Sèvres.

On est extrêmement dépendant bon de la voiture très souvent, mais aussi des gens qui habitent à proximité, on va dire dans un cercle de un rayon de 10 à 15 km. Vous connaissez les gens qui euh peuvent vous échanger euh de la viande contre les légumes du jardin. Vous connaissez des gens avec qui euh euh troquer euh des fringues. Vous connaissez des gens qui viennent vous rendre un coup de main quand il faut tailler une haie ou faire je ne sais quoi. Il y a une une économie de l'intersubsistence dont elle montre qu'elle est très étauffée, qu'elle est absolument indispensable, y compris pour répondre à des difficultés matérielles, des revenus qui sont insuffisants et cetera et cetera.

Euh donc 2uxème endroit où on voit très clairement que favoriser ses liens peut permettre de vivre mieux.

3è euh 3è endroit, ce sont les personnes migrantes et en situation irrégulière où là, j'essaie de de citer dans le livre des notamment des bandes dessinées qui m'ont beaucoup marqué, absolument magnifiques, qui montre l'importance absolument fondamentale et cette fois-ci c'est pour une question de survie des liens d'amitié, de solidarité qui se construisent au fil des parcours de migration et qui se construisent une fois qu'on arrive dans le pays où on essaie de de s'installer parce que euh politique d'état raciste, parce que rien n'est fait pour accompagner ces parcours de migration, parce que vous êtes plus ou moins laissé à l'abandon et parce que plus euh le pays vire à droite et on a un processus d'extrême droitisation en cours, moins la solidarité euh de l'État est euh est est mise en place, est affirmée.

Au contraire, tout est fait pour vous mettre des bâtons dans les roues et cetera. Et donc il y a il y a il y a là aussi des études sociologiques qui montrent à quel point les gens dépendent de de liens affectif d'amitié qui font des différences fondamentales dans leur parcours et qui leur permettent à un moment donné euh de survivre tout simplement. 3 4e catégorie à laquelle je me suis intéressée, ce sont les enfants. Alors, les enfants en eux-mêmes dépendent évidemment des revenus de leurs parents, mais évidemment, ils en sont tout à fait dépendants. Et donc, dès lors que les parents ont des revenus limités, les enfants sont dans des situations de précarité.

On sait très bien que en 10 ans de Macronis, le nombre d'enfants qui sont passés dans des situations de pauvreté a absolument explosé. Et donc là, je me suis intéressée à des travaux notamment de Timothé Chabo qui a travaillé sur les amitiés transclasse et qui a montré à quel point au fil euh notamment de la scolarité, donc au fil de des enfants qui grandissent quoi, qui deviennent de plus en plus grands, à quel point les amitiés le nombre d'amitiés transclasse baisse au fil des parcours. En maternel, c'est très courant. Voilà. Bon, alors avec toutes les limites de la carte scolaire, de la ségrégation scolaire, des riches qui mettent leurs enfants ailleurs et cetera et cetera.

Malgré tout, l'école reste un lieu de mixité sociale et les amitiés transclasses sont très très courantes quand les enfants sont petits, encore en primaire et cetera. Et au fil des études, euh bon les les les parcours d'orientation, le parcours sup et cetera font des tri sociaux qui sont absolument, je veux dire, implacables. Mais au fil des études, ça se rarifie. Je me suis intéressée aux enfants malgré tout parce que vous avez bien compris que par ce sujet de l'amitié, j'essaie de saisir des fils qui sont bien plus vastes.

Et donc cette question de la mixité à l'école, cette question des lieux comme les colonies de vacances par exemple, tout ça sont des pistes aussi pour favoriser des liens de solidarité pour construire une société qui soit autre. 5e catégorie, les mères isolées. J'en ai dit un mot rapidement, mais quand c'est 25 % des familles, on ne peut pas passer à côté d'un phénomène aussi massif. 19 % des personnes qui vivent dans une famille monoparentale sont en situation de pauvreté. C'est seulement 7 % des personnes qui vivent en couple. Là aussi, c'est avec des enfants dans les deux cas. Donc 19 % contre 7 % que quand on est voilà de gauche de rupture, il faut passer à côté d'un sujet comme ça.

Il y a un manque de capital économique évident que très souvent les mères isolées compensent avec un capital social qui est plus développé. On compte sur des amis pour venir nous aider avec les enfants parce qu'en fait continuez d'aller au boulot alors que vous êtes seul à garder votre enfant, ça pose plein de questions matérielles euh très importantes euh et donc repose sur une solidarité matérielle qui est là aussi plus importante. 6e catégorie, les seiors. Là non plus, je ne voulais pas passer à côté de ce sujet. On est dans une société vieillissante, la pyramide démographique est calée.

Euh et les seigniors sont dans des situations de précarité à à à très haut pourcentage là aussi qui est très important. Je vous ai parlé tout à l'heure des personnes qui sont en situation de mort sociale. Ça concerne beaucoup de personnes seiores. Et donc là aussi, je voulais explorer des solutions, comment on peut faciliter euh voilà la les existences des gens, leur solidarité et cetera. Voilà pourquoi j'ai essayé dans ce livre-là et on va y venir après dans la discussion mais dans les dans les réponse que je souhaitais apporter comme parlementaire de m'intéresser en très grande priorité à ces personnes qui sont les plus vulnérables, les plus isolées, les plus en difficulté. Voilà.

[applaudissements] Donc tu expliques bien donc que les les mondes populaires sont celles et ceux qui dépendent le plus de leurs amis, mais c'est aussi celles et ceux qui sont le plus privés de ces amitiés surtout dans la France d'Emmanuel Macron. Est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur ces freins à l'amitié et ce en quoi la politique de l'amitié est censée pouvoir éviter enfin les résoudre, les résorber ? Alors bon, dans la France de Macron, tout est difficile, hein. Donc l'amitié comme le reste, quoi. La la première chose qui m'a intéressé, c'est euh la question du rapport à l'argent. Bon, il y a il y a deux axes en gros, le rapport à l'argent, le rapport au temps.

Tout ça est évidemment très lié à la structure économique dans laquelle on est inséré. Le rapport à l'argent euh c'est absolument euh lié maintenant dans l'imaginaire collectif à la question de l'amitié, de la sociabilité de manière plus générale. Une personne sur deux pense que avoir des amis ça coûte cher, c'est massif. Pourquoi ça coûte cher ? Parce que la sociabilité dans des lieux gratuits a été anéantie.

C'est-à-dire que tout ce qui était euh euh des espaces, les bancs publics, par exemple, dans l'espace public, pour ne prendre que cet exemple, les bancs public disparaissent des politiques d'urbanisme dans des politiques antif que l'on que l'on connaît et et qui du même temps empêche dans l'espace public de se réunir gratuitement juste pour papoter, faire lien avec ses voisins, les gens qui habitent à côté et cetera et cetera. Et puis de manière plus générale, aller au cinéma, aller au restaurant, boire un verre avec des amis et cetera, ça coûte cher. Ça coûte cher et c'est considéré comme un luxe quand le budget est extrêmement serré qui est l'un des premiers à disparaître.

Les plus pauvres, ils se privent 25 fois plus que les plus riches d'aller boire un verre avec des amis ou d'aller au restaurant avec des amis. Là aussi, il y a des études qui ont été menées. Donc on se rend bien compte que là aussi, ça crée une parfaite inégalité dans la façon dont on peut entretenir des relations sociales. Les sorties euh au musée. Je voyais c cette cet été là de reportages sur le coût des festivals de musique et cetera. Bon, tout tous les tous les lieux culturels, les prix explosent. Donc évidemment, il y a un frein à l'amitié et une exacerbation des inégalités sociales qui est induit par la société dans laquelle on vit.

Deuxième axe sur ce sujet, c'est que l'amitié elle-même a été marchandisée. Le capitalisme à Aurore du vide, quand il voit que des choses existent, il cherchent à leur à coller un coup. Donc tous les événements, les événements de la vie, il est attendu socialement, en tout cas en France que ça coûte un mariage. La dépense moyenne pour aller à un mariage de quelqu'un qu'on aime, c'est plus de 500 €. C'est énorme. Ça veut dire que si vous avez deux mariages dans l'été, vous vous parfois vous êtes obligé de faire un choix évidemment, voire de pas aller du tout.

Euh un goûter d'anniversaire pour un gosse, ça a un coup pour que ça ressemble à quelque chose, y compris dans le prisme et notre rapport aux réseaux sociaux et au fait qu'on on Instagramise des moments de vie qui peuvent être plus simples et cetera et cetera. Bref, tout un tas de facteurs sociaux, d'attendus sociaux pèsent là-dessus et donc il y a une marchandisation qui rend parfois les choses impossibles. J'ai lu aussi une étude Lichi, vous savez les cagnottes là, parfois on fait un burning out de ces cagnottes quoi, pour les les anniversaires. Euh euh les cagnotes pour anniversaire ça augmenté de 23 % en 3 ans. En 3 ans, c'est énorme de d'un quasiment.

Participation moyenne en 2025, 42 € pour un anniversaire. Voilà, plus vous connaissez de gens, plus euh ça a un coup. Voilà, le capitalisme a marchandisé en quelque sorte nos liens et donc constituin à l'amitié et à nos liens. Deuxième sujet sur lequel je développe un peu moins qui est intuitif là aussi, c'est le manque de temps. Quand dans la vie, le travail prend beaucoup de temps, vous avez moins de temps pour le reste. Si vous voulez dormir à peu près le même nombre, vous savez très bien les batailles de notre camp pour les 8h de travail. 8h de loisir, 8h de repos.

Euh ell, ce sont des combats absolument fondamentaux parce qu'ils reposent sur les temps biologiques, par ce qui nous fait du bien, par ce qui nous permet de tenir la journée suivante. Mais donc quand vous avez moins de temps parce que une partie de votre temps éveillé très large est consacrée au travail et puis que il y a malgré tout le temps contraint, les enfants, la vie et cetera, bref, vous avez moins de temps aussi pour la sociabilité.

C'est pour ça que à la fois le combat pour la gratuité, pour des espaces de sociabilité gratuits et le combat pour du temps libéré dans la semaine, dans la vie, voilà, ce sont des combats pour moi qui sont liés à cette question de la politique, de l'amitié que j'essaie de développer dans le livre. [applaudissements] Donc [applaudissements] vous l'avez compris à ce stade que l'amitié est alignée par le capitalisme. Pourtant, tu expliques que c'est un ferment anticapitaliste l'amitié en elle-même et que les amis sont des des révolutionnaires en puissance. Est-ce que tu peux nous en dire un petit peu plus ?

J'estime que une fois qu'on a posé le tableau général, évidemment quand on cherche comme j'essaie de le faire dans le livre à au contraire favoriser ces liens, les permettre les les rendre des évidences dans la société, on mène en effet du coup un combat anticapitaliste. D'abord, je vais le prendre méthodiquement, c'est-à-dire au niveau productif et au niveau reproductif. au niveau productif, pardon, les amitiés, elles se construisent en dehors de la sphère marchande. J'ai montré que que le capitalisme essaie de marchandiser, que ils essayent toujours de faire de l'argent de toute chose, mais malgré tout, elles se construisent en dehors de la sphère marchande.

Beaucoup de relations sont basées sur du troc, se rendre des services, se prêter des choses, aller se voir, discuter, tout ça, tout ça est gratuit en soi justement. Et donc ça représente pour moi, il me semble le favoriser représente une menace contre le capitalisme, contre cette dynamique d'atomisation des individus. Et à ce stade de mon propos, je voulais vous lire une citation de Simone Veille de 1951. Elle disait en parlant de Ford, l'entreprise, enfin l'homme puis l'entreprise, Ford dit ingénuement qu'il est excellent d'avoir des ouvriers qui s'entendent bien mais qu'il ne faut pas qu'ils s'entendent trop bien parce que cela diminue l'esprit de concurrence et d'émulation.

indispensable à la production. Je il me semble que tout est dit. Évidemment, les liens entre les individus peuvent être euh une un espace de résistance au niveau productif, au niveau reproductif parce que la famille, je parle de la famille nucléaire, hétérosexuelle, le modèle dominant, la norme dominante est une institution économique qui reproduit les inégalités patrimoniales notamment. Euh les femmes prennent toujours en charge la majorité euh des des tâches domestiques. Euh elles s'appauvrissent toujours à l'inverse de leur conjoint dans le parcours conjugal et encore plus c'est des c'est des explosions des inégalités au moment d'une éventuelle séparation.

Les femmes deviennent pauvres quand elles se séparent de leur conjoint. Alors évidemment peut-être qu'elles y réfléchissent à deux fois avant de se séparer de leur conjoint. Et évidemment, peut-être que si ça n'était pas le cas, plus de gens se sépareraient de leur conjoint et peut-être que plus de gens seraient libres, plus libre en tout cas de choisir leurs existences. Une femme sur 5 bascule dans la pauvreté au moment d'un divorce. C'est absolument énorme. Là aussi, c'est 20 %. C'est moins d'un homme sur 10 dans le même genre de cas.

Donc défendre le projet politique de l'amitié pour moi, c'est aussi ébranler la conjugalité comme une évidence, ébranler forme de norme dominante et d'obligation sociale. Et donc c'est menacé une institution économique qui est celle de la famille aujourd'hui. Et donc face à tout ça, évidemment, je l'ai dit, le capitalisme se défend en quelque sorte, essaie de marchandiser, prospère sur la solitude. Je ne sais pas si vous avez vu par exemple que notamment en Chine et au Japon, il y a des applications qui permettent de louer des gens pour passer des moments de sociabilité. On peut en rire ou en sourire, mais c'est pas du tout en fait.

En réalité, c'est vraiment un signe un signe de notre temps. Et donc voilà, pour moi, faire une politique de l'amitié, c'est sortir de la sphère marchande et essayer de constituer un des pôles de la résistance contre le capitalisme. [applaudissements] Donc l'amitié est un ferment anticapitaliste. Mais tu tu écris aussi que c'est un outil et une corde à notre arc pour mener le combat antifasciste que nous menons toutes et tous et qui nous attend toutes et tous. En quoi faire une politique de l'amitié ? C'est donc ajouter une corde à l'arc de notre camp pour la bataille qui s'annonce. Alors, je voulais évidemment euh étudier l'aspect la bataille anticapitaliste.

Je voulais ne pas passer à côté de la bataille antifasciste évidemment dans le moment qui nous occupe. Euh l'amitié et là, j'ai lu beaucoup de livres magnifiques sur ça. Ça a été toujours un espace de refuge pour celles et ceux que l'extrême droite menace dans leur chair. En réalité, j'ai parlé des personnes les plus vulnérables. Je pense ici évidemment à aux menaces de l'extrême droite contre les personnes LGBTI qui ont été précurseuses dans la façon d'organiser leurs existences, y compris de manière contrainte. Pour beaucoup, elles étaient en rupture familiale. Le l'homosexualité a longtemps été criminalisée, y compris dans notre société. Et ça continue aujourd'hui.

On sait la politique que mène Trump réactionnaire de manière absolument phénoménale aux États-Unis. En Hongrie, la marche des fierté a été interdite. Euh dans l'Argentine de Miley, il y a des des crimes homophobes ou contre des femmes lesbiennes. Bref, la politique d'extrême droite s'attaque aux personnes LGBTI, elle l'a toujours fait. Évidemment aussi les personnes racisées, je rappelle que y compris dans notre pays l'extrême droite tue tue encore tue des personnes racisé pour des motifs racistes.

Il est important de le dire parce que ça devient quasiment difficile de le dire et que cette extrême droite violente prend ses racines dans des discours qui sont ceux de Jean-Marie Le Pen mais qui sont ceux par extension de de Marine Le Pen et du camp réactionnaire d'aujourd'hui. Et donc l'amitié a très souvent été la base absolument essentielle de la vie affective des personnes LGBTI, des personnes migrantes, de toutes celles et ceux voilà qui sont qui sont menacés, qui ont un risque y compris de jusqu'à de vie ou de mort. Et donc c'est un foyer de résistance contre les offensives aussi de l'extrême droite qui doit en ce sens être favorisé.

Et puis au-delà d'être un refuge, c'est un contemodèle. C'est un contremodèle pour la société qu'on veut voir advenir. C'est-à-dire que la famille réactionnaire a toujours été au cœur du programme de l'extrême droite. Euh c'est pas nouveau. Ça date de la Révolution française où la droite euh a toujours promu cette famille traditionnelle. La droite catholique, la droite libérale a toujours promu ce modèle-là. Sus vichi, je vous rappelle je vous rappelle pas la devise que certains responsables LR ont oublié cite par erreur mais travail famille patrie. La famille s'était considérée comme la cellule de la de base de la société future qui voulait voir advenir à ce moment-là.

sous Vichi, même si ça existait déjà, ça a été la revivification, la mise en avant de la journée des mères de famille, la fameuse fête des mères toujours contemporaines. Voilà, cette famille traditionnelle a été encensée parce qu'elle répondait à un certain nombre d'objectifs et donc opposer à cette famille traditionnel un contre, le permettre, pas l'obliger pour tous, le permettre est une possibilité à mon avis de faire avancer idéologiquement notre camp. celui de de manière très générale de l'amitié, celui des familles choisies, celui des nouvelles familles de manière générale, de façon à permettre à chacun chacune de vivre son existence comme comme elle le souhaite.

Et puis euh euh cette famille est toujours euh encensée aujourd'hui. Les politiques natalistes généralement sur fond xénophobe sont toujours avancées par l'extrême droite. Le fait de favoriser les familles dont ou les gamins, les politiques d'aide sociale, les gamins dont les deux parents sont français ou dont au moins un des parents est français né en France et cetera. Ces politiques natalies sur fond xénophobes sont toujours avancées. Elles sont défendues par la la télé bolorée, la télécues, y compris sur les réseaux sociaux. Je me suis un peu intéressée au phénomène des trades.

Vous savez ces femmes euh en jupe à fleur qui attendent leur époux avec du pain fait maison en s'étant occupé des enfants et cetera. Tout ça est est une bataille idéologique qui est menée contre davantage de souplesse. Bref, ça a toujours été le propos de ce camp, ça l'est euh encore aujourd'hui. Et ce qui m'intéresse aussi, c'est que ça n'est pas limité à l'extrême droite puisque si on prend au sérieux le fait qu'il y a un processus d'extrême droitisation, on peut observer que c'est notre président qui a parlé de réarmement démographique et qui a envoyé cette année une lettre à tous les jeunes de 29 ans pour qu'ils fassent des gosses.

qui est toujours évidemment qui n'est jamais mise en perspective de pourquoi les gens font moins d'enfants, quels sont les problèmes de fertilité, pourquoi quelles sont les causes environnementales de ces problèmes de fertilité, quels sont les problèmes de précarité tout simplement. Voilà, faire des enfants, ça a un coup. Les gens ils réfléchissent peut-être à deux fois. Quelle est la crainte du futur, du changement climatique qui est extrêmement forte chez les jeunes générations et cetera et cetera. Et donc ça fait qu'on se retrouve avec un un François Noël Buffet qui est défendeur des qui est défenseur des droits désormais en Macronie et cetera et cetera.

se fond de l'air d'extrême droitisation sur offensive réactionnaire avec la promotion de la figure familiale comme une institution économique à reproduire et cetera et cetera et euh tout à fait en phase avec ce que la Macronie essaie de promouvoir aujourd'hui. Et donc il me semble aussi que faire une politique de l'amitié, c'est opposé un contemodèle. C'est opposé à tout le moins une résistance sans faille à un processus idéologique d'extrême droitisation qui est en cours et l'amitié peut être une corde politique supplémentaire à notre arc de résistance idéologique. [applaudissements] Tu tu l'as dit l'amitié c'est donc un horizon antifasciste anticapitaliste.

Mais c'est aussi un horizon que tu que qui est largement et qui est un horizon qui n'est pas qu'un contre un contremodèle mais aussi un horizon progressif dans la première partie de ton livre sur ce socle qui me paraissait déjà extrêmement fourni. Pour commencer par le républicanisme, le projet républicain a été conçu comme la meilleure le meilleur rempart, le meilleur la meilleure barricade face au despotisme. Pas de domination de l'oligarchie, l'affirmation de la souveraineté du peuple, l'héritage des jacobins dans lesquels on s'inscrit, tout ce qui est écrit dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, dans la Constitution de 1793 et cetera et cetera.

La souveraineté populaire est une notion qui a été largement retenue. Mais ce qui m'a intéressé, c'est que le républicanisme dans les relations interindividuelles a beaucoup parlé, les penseurs républicains ont beaucoup parlé de l'amitié pendant la Révolution française. On en a retenu principalement liberté, égalité, fraternité, mais l'amitié se retrouve dans beaucoup dans beaucoup d'écrits. C'est pas surprenant parce que la mytié, elle est centrale dans la théorie politique qui guide l'action individuelle des révolutionnaires. C'est un lien extrêmement important.

Pour revenir avant chez Rousseau, lui il parlait d'amitié civique qui était conçu comme un lien politique, un lien social entre les individus qui se déployait sous la forme d'un attachement à ses concitoyens et d'un attachement aux lois qui allaient dans le même mouvement. Euh Saintjuste. Et alors SaintJuste est une figure controversée mais que je me plais avec délectation à réhabiliter dans le livre pour ses pour ses pour sa pensée sur l'amitié. Euh a écrit des textes absolument magnifiques sur lesquels je vous invite à vous pencher. Mais pour le dire très simplement, lui il pense que l'amitié est le lien social fondamental véridique qui fonde la République.

C'est une relation qui est simple, qui est spontanée, qui est égalitaire. Je vous dis la façon dont il le décrit. Et juste l'imagine obligatoire est sanctionné comme tel. Il faut déclarer ces amitiés. On les déclare et ensuite ça nous crée des obligations. On doit être enterré dans le même tombeau. On doit organiser les funérailles de l'autre. On doit être lié par un contrat. y compris ça allait avec l'idée que politiquement ce que vous défendiez à cette époque-là, vos amis pensaient de la même façon et donc ça permettait aussi de voir les vrais révolutionnaires. Robespierre a parlé aussi de la sainte amitié qui doit régner entre les citoyens.

Bref, l'amitié était à ce moment-là mobilisée comme une vertu interindividuelle mais permettant de former société et de former surtout la République. Ensuite, je me suis intéressée au aux théories féministes qui l'a fourmi de de de réflexion sur l'amitié. D'abord, la façon dont les amitiés entre les femmes ont été perçues au cours des siècles. Il y a beaucoup de travaux d'historiennes maintenant qui se sont intéressés à cette question. Les amitiés entre les femmes bourgeoises étaient considérées comme vertueuses dès lors qu'elles ont été cantonnées à l'espace domestique où on faisait de l'art ou voilà on tenait ça long et cetera.

Et puis dès lors que l'amitié féminine euh a été examinée comme étant appartenant au monde populaire, aux femmes des mondes populaires et notamment aux femmes qui se révoltaient, elle a été euh perçue comme beaucoup plus pathologique, comme beaucoup plus dangereuse en réalité et donc stigmatisée. Et c'est de ça que nous vient tout cet imaginaire, y compris dans la pop culture actuelle de compétition entre les femmes, de femmes qui beachent les unes contre les autres, qui sont jalouses, qui parlent d'hommes et cetera et cetera.

Cet imaginaire, je vous vois sourire, mais n'est pas neutre du tout, y compris moi comme petite fille ayant grandi avec toutes ses références et cetera, ça n'est pas neutre du tout. Ce n'est que depuis très récemment que les chercheuses contemporaines euh ont avancé le concept de sororité, l'ont encensé, l'ont développé et cetera. Mais c'est avec cet imaginaire qu'on a grandi. Ça m'intéressait aussi parce que ce sont des femmes qui ont uni leurs existences, qui ont mené les combats les plus durs. Combien d'amitiés forgé au sein du MLF, forgé dans les combats féministes absolument déterminante, y compris pour réussir à mener ses combats.

Et puis ça m'intéressait aussi parce que ça permet de déconstruire un ordre social, penser l'amitié qui est celui du patriarcat. Horizon féministe, Horizon cuir, patriarcat qui est quand même étouffant pour pour la majorité d'entre nous. Et puis euh 3è pan théorique, celui de l'internationalisme. Euh on parle beaucoup d'amitié entre les peuples. Je trouve que ça n'est pas un. Ça m'intéressait aussi de réfléchir à la façon dont cette amitié entre les peuples avait été avait été mobilisée dans notre camp dans des moments extrêmement difficile quand il a fallu aller se battre pour combattre pour pour battre les fascismes.

La notion d'amitié entre les peuples a été beaucoup mobilisée et cet internationalisme, il est important pour nous pour nous matérialistes, pour pour nous qui aujourd'hui encore constatons à quel point des initiatives du type les flottilles pour la liberté pour les contre le génocide à Gaza peuvent être absolument indispensables et combien d'amitiés pour la vie ont dû être créé dans des dans des actions comme ça. Je n'ai pas participé au flottill mais je me la suis fait raconter par de nombreux camarades. Ce sont des existences des des des pardon des des moments absolument bouleversants pour pour les existences.

Et donc la formalisation de ce que nous on a appelé une internationale progressiste contre contre les les réactionnaires, contre les suprémacistes qui s'organisent passe aussi par cette notion d'amitié entre les peuples. Donc beaucoup mobilisé dans l'internationalisme. Je le développe pas là à cause de temps et puis parce qu'il faut bien que vous lisiez le livre, mais je je je reprends aussi beaucoup les travaux de penseur écologiste sur cette question de la résilience et pourquoi c'est une meilleure solution que le survivalisme individuel face au changement climatique qui nous attend.

[applaudissements] Donc [applaudissements] je l'ai dit au début, mais tu n'as pas seulement écrit un livre, tu as aussi écrit une proposition de loi donc au service de ce projet politique de l'amitié et qui vise précisément à accorder des droits nouveaux fondés sur l'amitié et ses liens affectifs et d'entraide alternatif à la famille et au couple. Et donc du coup, je je me demandais pourquoi avoir choisi cette voix, donc la voix des droits nouveaux pour dessiner les contours de cette politique de l'amitié. Et qu'est-ce que ça veut dire en fait des droits nouveaux pour les amis ?

Alors en fait, je trouvais le sujet extrêmement vaste une fois que j'avais lu beaucoup, je vous l'ai dit, j'avais un mois, un mois et demi. J'ai organisé un colloque à l'Assemblée nationale. Je suis parlementaire et je me suis imposé une un exercice de pensée qui était à partir du moment où se dit qu'il y a des empêchements et qu'on se dit qu'il faudrait des droits nouveaux, j'ai essayé d'y réfléchir sous la forme d'une proposition de loi qui me paraissait une façon de simplifier pour moi en tout cas l'exercice ce que j'essayais ce que j'essayais de dire.

Je me suis donc intéressée au code civil qui, si vous l'avez un peu examiné, est une une affirmation de de la société patriarcale absolument exemplaire. Euh une affirmation de la domination du carcan familial absolument exemplaire et l'institution réactionnaire de la famille y est centrale. C'est pas un hasard. Il a été écrit en 1804 par Napoléon. C'est euh c'est c'est le produit de son époque. C'est le produit de Portalis qui était l'architecte de ce de ce code civil qui définissait à l'époque le père comme législateur dans sa famille et le mariage comme le plus sain des contrats. Voilà, tout était dit à ce moment-là.

Sachant que c'est une contreévolution juridique à ce moment-là parce que la Révolution française avait avait largement avancé. Elle persait elle permettait à la Révolution française le divorce pour incompatibilité d'humeur. Elle permettait la Révolution française la limitation de l'autorité du père et la limitation de l'autorité du mari. Donc c'est un retour en arrière dans la façon dont on dont on a pu construire la loi et cetera. Mais donc le le code civil consacre le patriarcat. Il a évolué évidemment euh 1970, c'est l'autorité parentale qui remplace la puissance paternelle dans le code civil. 1970, je veux dire c'est pas voilà.

2014, c'est la suppression de la mention du bon père de famille dans le code civil. Et 2026, nous avons enfin voté pour supprimer le devoir conjugal dans le code civil. [applaudissements] Donc malgré tout, je me suis dit malgré tout ce chemin, je me suis dit que c'était quand même intéressant de d'essayer s'intéresser, de prendre ça au sérieux, de comment on modifierait la loi pour faire place à l'amitié face à la famille. Donc pour moi, c'est c'est envisagé carment une révolution juridique. Face à ça, il y avait différentes méthodes qui s'offraient à moi.

La première chose, c'est que j'avais une précaution en tête, c'est que je ne voulais pas remplacer ce que je peux penser comme un carcan par un autre carcan. Les relations amicales sont pensées comme souples, gratuites et cetera. Je je viens de vous dire pourquoi ça n'était pas exactement vrai, mais en tout cas, ils sont des espaces de liberté qui se situent en dehors d'un certain nombre d'obligation et je ne voulais certainement pas rigidifier à nouveau tout ça comme l'a été la famille qui euh dans la vraie vie est beaucoup plus souple que ce qui est peut être décrit aussi dans le code civil.

Donc c'est marcher sur une ligne de crète pour moi, accorder des droits mais ne pas créer d'obligations ou de rigidité supplémentaire. Il y avait pour moi deux méthodes. La première, c'est celle que Geoffroy Laganerie explore dans ses travaux. C'est un philosophe qui lui défend un antifamilialisme. Il prend cette idée-là au sérieux d'antifamilialisme. En gros, il dit "L'amitié, lutter contre les politiques familiales, c'est un des piliers d'une politique progressiste. C'est un des piliers au même titre que l'antiracisme, au même titre que l'anticapitalisme et cetera." et cetera.

Et donc sa méthode, c'est qu'il examine tous les dispositifs qui favorisent le couple ou la famille ou les enfants et qui remplacent ses politique familial par des politiques sociales. C'est là aussi un exercice de de pensée absolument passionnant dont je me suis beaucoup inspiré. Mais euh la défamiliarisation, la voix qu'il propose, c'est aussi ce défaire de contraintte familiales en parfois empêchant des liens familiaux qui aujourd'hui sont encore majoritairement dominants. Par exemple, il propose la possibilité de divorcer de ses parents. [applaudissements] Je cite ces travaux.

Je me suis d'ailleurs amusée de voir à quel point vous connaissez la méthode Bélenchon de de provocation des médias. Donc les premiers articles que j'ai eu sur quand j'ai envisagé travailler là-dessus, c'était le Figaro et cetera, la destruction de la famille. Bon, ça m'a fait rigoler. Euh, toujours est-il que la méthode que j'ai choisie moi, c'est celle la méthode des droits nouveaux qui est la méthode insoumise. Il y a des droits pour certaines personnes, par symétrie, on va les accorder à toutes et à tous avec pas le même critère, c'est-à-dire pas la famille.

Je ne défais pas les liens amoureux, familiaux qui existent, qui pour de nombreuses personnes sont absolument essentielles, sur lesquels pour moi il est essentiel d'avoir une perspective critique mais qu'il ne s'agit certainement pas d'empêcher. Donc le but c'est mettre un terme à certaines injustices, éviter de surcontractualiser l'amitié comme le couple ou la famille ont pu être surcontractualisé. créer des droits nouveaux qui doivent être universels et qui doivent viser à rétablir une égalité matérielle. Ça c'est la méthode intellectuel que j'ai essayé de choisir dans le livre. [applaudissements] À ce stade, je pense que tout le monde meurt d'envie de savoir quels sont ses droits.

[rires] Euh c'est donc la la question la question suivante et est-ce que tu peux nous dire concrètement la manière dont les existences enfin nos existences pourraient concrètement changer si ce texte était mis à l'ordre du jour ? Bon d'abord la première chose spoiler alerte c'est que je ne pense pas que les macronistes vont décider de mettre cette loi à l'ordre du jour. Nous sommes ici entre entre insoumis. Donc nous le savons. Euh malgré tout, j'écris ce livre à 8 mois d'une élection présidentielle et donc ça a été un temps intellectuel de grande joie pour moi que de penser que peut-être dans un futur pas si lointain que ça, il y aurait des possibilités très concrètes. Voilà.

Voilà dans quelle optique j'ai j'ai essayé de réfléchir à ça. [applaudissements] D'abord donc j'ai écrit cette proposition de loi partant de l'existant. Tout ça est imparfait évidemment. C'est pas l'alpha et l'oméga de ce que pour moi devrait être une politique de l'amitié. Ce sont des petits pas. Je vous je vous présente un certain nombre de droits auxquels j'ai réfléchi, mais j'ai pensé à plein d'autres choses. Je vous ai parlé de la gratuité, c'est bien plus vaste. Évidemment, je l'ai pas mis dans cette proposition de loi, mais c'est bien plus vaste.

Euh j'ai pensé au rapprochement amical en cas de mutation pour les fonctionnaires, mais c'était un dispositif parlement enfin légistique compliqué. Donc je ne l'ai pas mis dans la proposition de voie. Vous verrez que dans le livre, il y a plein d'autres pistes. Mais donc pour moi, tout ça implique très largement de repenser plein de politiques publ, les politiques publiques urbaines, nos manières d'habiter, comment on habite, comment les pensé l'espace public, les politiques sociales pour toutes ces nouvelles formes de solidarité matérielle affective et le code civil pour toutes les questions de transmission et d'entraide notamment.

Je commence par la question des nouveaux droits sur la filiation. Il me semble que prenant au sérieux l'héritage dans lesquels j'essaie de m'inscrire, faire famille autrement, pouvoir favoriser sa famille choisie, c'est penser la question de l'affiliation qui est absolument centrale. Et donc le la première partie du dispositif, c'est celle qui instaure le baptême civil. Le baptême civil qui aujourd'hui existe mais n'a strictement aucune valeur juridique et n'est pas possible à établir dans toutes les mairies françaises. Autrement dit, bon c'est c'est symbolique, un très chouette symbole par ailleurs, mais qui n'a pas de de valeur juridique contractuelle.

Donc on a écrit un dispositif de baptême civil pour que les parrains en marine aient un véritable rôle auprès des enfants dont ils sont parins en marine que ce soit reconnu légalement.

Et donc je propose que l'enfant soit placé sous la protection euh symbolique tutélère voilà de ses parrains marines qu'ils doivent accepter cette charge absolument librement et qu'ils s'engagent à prendre soin de leur filleules pour la durée de leur existence mais notamment pour ce qui est de la minorité dans le cas où les parents viendraient à ne plus être là en cas de décès ou aussi dans le cas où les parents feraient preuve de maltraitance vis-à-vis de ses enfants et et où donc où ces parrains marines ont un rôle absolument fondamental d'émancipation, de construction de la citoyenneté des individus des des enfants.

En l'occurrence, on j'ai été très marqué comme tout le monde par les scandales vis-à-vis des enfants de pédocriminalité. On parle de plus en plus de ces sujets-là. L'inceste est encore un continent de silence dans notre société qui touche énormément de personnes. Bref, toutes ces violences intrafamilial sexuelle invite quand même à questionner la place qui est encore aujourd'hui accordée aux parents vis-à-vis d'enfants qui sont en situation de maltraitance.

Le deuxième axe, le deuxième droit, toujours dans cette question de l'affiliation, c'est celui de l'adoption sociale qui est un dispositif que Jean-Luc Mélenchon avait mis avait déposé à l'Assemblée nationale en 2022 qui permet de formaliser l'entraide entre différentes personnes et qui vise la création d'un statut de partenaire social. En gros, pour le dire très simplement, euh c'est le pax en mieux.

C'est enfin c'est c'est conclu devant un officier d'état civil, un notaire par deux personnes qui elles-mêmes peuvent être mariées, paxées, avoir des enfants, ne pas avoir d'enfants, euh qui peuvent être de sexes différents ou de même sexe, c'est une évidence et qui s'engage, c'est le cœur à se porter mutuellement secours et assistance dans l'existence. C'est différent du pax ou du mariage, notamment du pax par un critère bien principal qui est celui de l'absence d'exigence de vie commune. Dans le paxe, toujours l'exigence d'une vie commune. Le sous-entendu encore du paxe, c'est une conjugalité, y compris quand on pousse l'exercice intellectuel.

Je veux dire, c'est c'est le présupposé quoi de sexualité de c'est ça en réalité. Bon donc voilà, évidemment il n'y a plus de critère dans le partenariat social. Vous n'avez pas besoin d'habiter avec cette personne. Vous n'avez pas besoin d'entretenir un lien d'amour romantique qui d'ailleurs à mon sens ne regarde pas du tout la République. Mais bref. Et donc vous pouvez conclure un partenariat social. Ça dit juste je veux me lier à cette personne en être solidaire. S'il lui arrive un coup dur je serai là et cetera et cetera. et évidemment reconnu par la loi.

Un des un des sujets un peu sensibles de ce partenariat social, c'est la question de l'héritage qui est une question compliquée à traiter. J'essaie d' j'en parle assez longuement dans le livre qui est une question compliquée à traiter parce que avec le partenariat social, je tenait à ce que l'on puisse choisir de faire hériter ses amis de manière symétrique à l'héritage qui est aujourd'hui pour prévu pour les ascendants et descendants en ligne directe. N'y a-t-il pas une contradiction ? C'est une question rhtorique, vous allez voir. N'est-il pas une contradiction quand on est de gauche radical à finalement étendre une niche fiscale à des amis, à davantage d'individus ? La réponse est si.

Voilà. [rires] Il y a une contradiction évidente. Ce projet-là ne peut pas être pris à lui seul isolément de du fait que on voudrait refondre absolument l'ordre fiscal, qu'évidemment aujourd'hui il est parfaitement injuste, qu'évidemment tout ça favorise les plus grosses fortunes et leur reproduction. Il n'empêche que pardon, il n'empêche que pour prendre juste ce sujet sous son angle peut-être le plus restreint, l'étendre et déjà la destruction d'un grand tabou quand même dans la société française comme dans plein d'autres sociétés, c'est à qui on a le droit de léguer son argent, ses maisons, ses bouquins, ses fringues et cetera et cetera.

Et j'étais intéressé parce que dans le questionnaire donc sur que j'ai que j'ai diffusé dans lequel on a eu 7000 réponses, on avait, je vous l'ai dit, demander des données sur la classe sociale à laquelle on se sent appartenir, sur les revenus, le niveau d'études et cetera et je peux vous assurer que la possibilité de transmission à ses amis plutôt qu'à sa famille ou en plus de sa famille ou à proportion qu'on peut choisir en fonction de sa famille est une proposition absolument transclasse. Sur l'héritage, il y a un problème de la pensée française, c'est-à-dire que euh y compris nous l'héritage maximal, au-dessus de 12 millions, on prend tout et cetera et cetera.

Ça fait toujours frémir frémir des gens qui jamais n'auront la possibilité ni d'hériter ni de faire hériter à cette proportion là parce qu'on a pas cet argent-là. Mais il y a un truc, voilà ma petite maison dont je voudrais absolument pas que mes enfants soient dépossédés et cetera. On n'est pas une avant-garde éclairée. On avance en même temps que la société. Siit si c'était que de moi, on pourrait penser une toute autre réforme de l'héritage, y compris si les néolibéraux sur leur histoire de méritocratie, d'égalité, des chances, dont partout sur la même lune de départ et cetera, prenez leur propre pensée au sérieux.

Ils voudraient absolument qu'on dépossède tout le monde et puis qu'ensuite chacun fasse sa carrière. Mais bref, les libéraux ne sont pas des gens cohérents. [applaudissements] Bref, euh sur cette question de l'héritage, oui, il y a une il y a une contradiction. Malgré tout, j'ai lu des témoignages dans ce questionnaire qui étaient absolument bouleversant. Euh de personnes, par exemple, j'ai en tête une personne trans qui est décédée, qui était en rupture familiale avec qui avait été victime de violence intrafamiliale.

Euh on ne parle pas de de richesse phénoménale, qui est décédée malheureusement et qui avait demandé à transmettre à ses amis, sa famille choisie, les gens qu'elle aimait et ça n'a pas été possible. Et la République s'est insérée là-dedans pour que les parents qui donc n'avaient plus de place dans l'existence de cette personne soit les seuls à pouvoir décider des funérailles, de comment ça se passe, de qui peut hériter.

Et Hélène Janekini dont j'ai parlé au début dans son bouquin parle de l'épidémie très forte du sida au moment des années 80 quand quand beaucoup d'hommes gay sont décédés quand aussi beaucoup d'hommes gay à la fin de leurs existences ont vu leurs conjoints virer de leur logement n'avoir aucun droit sur voilà on est attaché aussi à des choses matérielles, des bouquins, des des des objets, des choses qui qui étaient attachées symboliquement aux personnes person qui elles aimaient. Et donc on voit bien que dans certaines trajectoires c'est rajouté de la souffrance à la souffrance.

J'ai reçu un SMS bouleversant d'une amie à 3 jours qui est en train d'essayer de gérer les funérailles d'une amie à elle en rupture familiale là aussi et qui ne qui n'a aucun droit vis-à-vis de l'hôpital, qui n'a aucun droit vis-à-vis euh de l'organisation des funérailles et cetera. en dehors de l'héritage, ce statut de partenariat social pour moi est la possibilité de dire publiquement à qui on se sent lié et dans les moments, c'est le paroxisme, le deuil, le décès, mais dans des moments difficiles de l'existence de pouvoir s'en remettre à qui on a choisi et pas à qui on impose de s'en remettre pour prendre des décisions extrêmement importantes.

[applaudissements] Donc j'ai parlé de la de pardon de l'affiliation. Je parle maintenant de la solidarité. Pour moi, la question de l'amitié c'est faire passer puisque je viens de parler de l'héritage d'une société des héritiers à une société de l'entraide. C'est participer de ça et donc étendre ces liens extra familiaux et là je me suis attaquée à au code du travail, vous allez le voir, étendre ses liens extra familiaux. Je l'ai dit, c'est mettre une sorte de coup d'arrêt au capitalisme.

J'ai été interrogée par un journaliste qui m'a dit "Mais euh en cas de décès d'un enfant par exemple à l'Assemblée nationale, vous ne seriez pas tous d'accord pour que le congé soit étendu à quelqu'un qu'on aime pour prendre soin de la personne qui a qui vient de perdre son enfant, une mère isolée par exemple et cetera et cetera. S'il y avait une évidence sur ce type de sujet à l'Assemblée nationale, je l'aurais remarqué quand nous avons parlé de l'extension des congés de paternité qui s'appelle toujours paternité, donc des congés de parentalité, je préfère les appeler comme ça.

Euh il y a pas d'évidence parce qu'on se on se on rogne sur le capital quelques jours en plus évidemment on ro sur le capital donc non, il y a pas d'évidence idéologique là-dessus. Et donc là, je me suis attaquée au code du travail sur tout un tas de choses. Euh le congé de naissance, je l'ai dit, on a ouvert la PMA pour toutes. Les femmes seules ont le droit de faire des enfants. Un/4 des familles françaises sont des des des femmes seules, des mamans solo, par choix ou par contrainte. Et on a une incohérence absolument fondamentale, c'est que l'ouverture d'un congé donc dit de paternité n'est pas possible autour de ces femmes qui sont pourtant seules. Donc il y a pas de père parfois.

Euh et donc ça me paraît être un un chantier absolument majeur.

Et donc nous ce qu'on a fait c'est que à partir de la création du statut de partenariat social parce qu'on s'est intéressé aussi un peu à de la technique parlementaire, je je vais pas détailler ici mais ah on prend le statut de partenariat social et ça ouvre un certain nombre de droits, notamment le droit au congé de parentalité pour que un une amie puisse vous épauler au moment où vous accueillez un enfant, au moment où vous avez besoin d'aide de toute façon pendant la parentalité aussi de la même façon le congé pour enfants malade et de 5 jours par an pour tout salarié Donc 5 jours par an, tout tous les gens qui ont des enfants voient bien quelle galère c'est les autres 5 jours euh où malgré tout il y a des trucs quoi.

Voilà, il se passe des choses, c'est la vie. Euh et ça c'est une double peine là aussi pour les mèes isolées. C'est-à-dire qu'ell elles ont leurs 5 jours. Les couples, ils ont au total, on peut le penser, 10 jours. Euh elles, elles ont leurs 5 jours. Donc la proposition que je fais dans la proposition de loi, c'est doubler ce nombre de jours de congé, notamment pour les femmes isolées, permettre de les transférer à un ou une amie pour s'occuper de l'enfant malade si jamais il y a un besoin. Autre, [applaudissements] autre moment difficile de l'existence, le deuil et la maladie. Le deuil, j'en ai parlé, la mort d'un ami aujourd'hui est un phénomène largement sous-estimé dans la société.

J'ai lu une étude qui disait que 9 personnes sur 10 sont parfaitement incapables de retourner au travail le lendemain du décès de leur meilleur ami ou de leur enfin c'est ça paraît je veux dire humainement ça paraît être une évidence mais vous n'avez aucun droit donc c'est l'ouverture de ce congé pour pour décès et puis pendant la maladie là aussi je vous ai parlé de l'épidémie de solitude elle touche particulièrement les personnes qui sont malades notamment de maladies longues où c'est indispensable socialement de pouvoir être entouré et donc là ce qu'on a fait c'est d'ouvrir le congé pour de proches aidants à un ou une amie.

Aujourd'hui, c'était possible de s'occuper de son conjoint, son concubin, son partenaire de Pax, l'ascendant, le descendant, l'enfant, le collatéral jusqu'au 4e degré de son compagnon et cetera et cetera pour pour l'ami, une personne voilà qui vous entoure et que vous avez décidé qu'il devait vous entourer et qu'elle pouvait vous entourer lors d'une maladie, ça n'était pas exactement possible. Donc là, dans la loi, on l'ouvre au partenaires social, au marin aux marines pardon et au parrains euh du par le baptême civil des enfants et aux fillules par le baptême civil.

Là aussi, ça c'est pour on va dire les les ce que j'ai essayé d'examiner comme grand moment, parfois difficile, parfois avec des difficultés de l'existence. Et puis enfin, je me suis intéressée à l'habitat qui me paraît être Il y a d'autres choses dans le livre, mais là encore faut que vous quand même que vous lisiez à la fin. Je me suis intéressée à l'habitat. euh qui me paraît un sujet très important les personnes les plus vulnérables.

par exemple fleurissent des dispositifs auto-organisés de personnes seiores qui refusent que leur vieux jour quand avec la famille ça n'est pas une évidence que leur vieux jour soit nécessairement à l'ép d'indépendance et cetera et il y a un florissement de colocation auto-organisée de seiors de gens qui cherchent des lieux où on peut avoir son espace à soi et des espaces collectifs où on peut cohabiter avec toujours d'autres personnes. On observe la même chose. Là aussi, j'ai lu des trucs sur les les femmes isolées qui cherchent de l'entraide.

En réalité, elle cherche à avoir leur lieu et des lieux collectifs où on peut mutualiser bah justement la garde d'enfant, les galères matérielles, la machine à laver et cetera. Socialement et écologiquement, c'est parfaitement cohérent.

Et donc, j'ai essayé dans cette proposition de loi par des dispositifs euh dont je vous passe le détail, mais en gros dans les objectifs de logements sociaux de faire en sorte que des structures d'habitat qui ne soient pas pensées pour la famille dit famille traditionnelle soit développé et qu'une part conséquente des logements sociaux soit alloués à des colocations à des colocations comme on les connaît notamment chez les plus jeunes, les étudiants et cetera.

mais à des colocations avec des des habitats singuliers et pensés pour d'autres formes d'existence que celle de la famille traditionnelle où vous avez l'appartement, la grande chambre parentale et des toutes petites chambres pour les enfants et cetera et cetera. Et donc c'est un choix qui est parfois un choix militant. Je j'étudie aussi quand même dans le livre le fait que c'est très souvent une contrainte et que là non plus, il ne faudrait pas l'idéaliser. Euh une contrainte d'habiter en colocation parce que juste on est étudiant, on n pas les moyens et qu'entre un 7 m² tout seul et euh un peu plus grand avec des amis, on fait ce choix.

dans le questionnaire, j'interroge justement sur les habitats, les façons d'habiter. Euh une majorité de gens ont répondu que c'était par contrainte financière, mais le fait que ça puisse être pour d'autres raisons me pousse à essayer dans le livre de penser d'autres politiques de l'habitat qui permettent qui permettent ça, qui permettent cet assouplissement. Et d'ailleurs, je vous invite à à regarder ce qui se faisait à un moment chez les bégin, les béguinages dans l'Europe du Nord. C'était bon à l'époque des femmes pieuses mais qui n'étaient pas religieuses.

C'était des femmes pieuses qui en gros ne voulaient ni Marie ni sous l'autorité du père et cetera, qui avait établi des formes de communauté. C'est très tourné autour de la religion mais on peut faire abstraction de de cet aspect-là. et où il reste des béguinages dans certaines villes d'Europe du Nord, j'ai eu la chance d'en visiter, qui sont des lieux quand même pensés de façon assez exceptionnelle qui d'ailleurs sont repris par des structures sociales aujourd'hui avec des jardins collectifs communautaires, des pièces de vie, des petites maisons individuelles et cetera et cetera.

Bref, j'essaie de faire un travail là aussi de décryptage euh des politiques d'habitat et de logement qui pourraient être pensé autrement pour favoriser d'autres liens. Et je crois que j'ai été beaucoup plus longue que ce qu'on avait prévu et que donc je vais m'arrêter ici. Merci beaucoup. [applaudissements]

1:15:20
Non speech

[applaudissements]

1:15:29
Clémence Guetté

[applaudissements] Donc merci beaucoup Clémence. Comme ça a été un peu plus long, on va pouvoir prendre que deux questions. Je vous rappelle que juste après, il va y avoir une dédicace à l'espace du livre du du livre par Clémence. Donc je vous invite tous et toutes à vous vous y rendre et que vous pouvez aussi tout le long des l'acheter au village du livre et aux amphi au village dans le stand de l'IILB. Madame Hop là, bonjour, merci beaucoup pour ce C'était très intéressant. Je me permets de poser une question. Je sais qu'on parle avant tout d'amitié ici, mais euh votre discours notamment sur le congé pour les enfants malades m'a fait soulever une question.

Euh concernant donc les 5 jours de congé pour enfants malades. Ne pourrait-on pas imaginer de permettre à des membres de la famille, donc pour un Adp, donc frère ou sœur qui peut aussi être un ami, bah de prendre un congé pour son neveu ou pour sa niè parce que je crois qu'actuellement ce n'est pas le cas. Une autre. Ouais, une dernière. Madame, hop, vous pouvez vous rapprocher. Merci beaucoup. Déjà, vraiment merci beaucoup de prendre ce sujet à bras le corps parce que c'est fondamental et je trouvais que ça faisait vraiment que c'était vraiment une nécessité qu'en politique la question de l'amitié, de la lutte contre de la solitude se soit traité.

Ça m'a frappé en fait à trois reprises dans ma vie pour trois situations différentes. Il y en a une que vous avez évoqué sur la question des seiors. Je suis assez proche de mes grands-parents et je vois leur souffrance au quotidien aussi lié au fait qu'en fait ils voient leurs amis mourir et on en parle très peu je trouve de cette souffrance là mais c'est quand même extrêmement dur. Alors des fois on en rigole en famille quand à table tous les repas ils nous redisent et bah tous ces gens-là maintenant ils sont morts. Bon voilà c'est c'est récurrent mais en fait c'est terrible. C'est extrêmement triste, c'est extrêmement dur comme période de la vie.

Et là-dessus euh je me enfin donc il y a il y a vraiment aussi quelque chose aussi lié au à la au besoins pour les seigneurs de lien qui soit aussi intergénérationnel je pense. Et donc j'aimerais avoir aussi bah vos réponses un petit peu là sur cette questionlà comment le favoriser concrètement et sur les deux autres situations qui m'ont frappé. La 2 c'est que justement on considère un petit peu plus la problématique de l'isolement pour les personnes âgées, assez peu pour les jeunes. Mais ça m'a frappé de voir que beaucoup de jeunes travailleurs, travailleuses, souvent précaires, étaient confrontés à des problématiques de solitude.

Ça m'a frappé dans le parcours de ma cousine qui a eu un parcours scolaire extrêmement heurté, qui a pas eu son baccalauréat, qui a commencé à travailler assez tôt sur des jobs précaires dans d'autres villes que la sienne et qui en fait n'avait pas d'occasion de rencontrer des gens, qui se sentaient seul, qui contrairement à ces frères et sœurs qui ont fait des études n'avaient pas eu le moment des études supérieures pour se faire des amis, pour se créer des liens et donc là-dessus qui se trouvaient extrêmement isolé aussi avec l'aspect financier que vous avez évoqué. Donc on retrouve aussi une question de classe et une dimension sociale dans l'amitié.

Donc par ailleurs, par ex donc pareil sur ce cas-là, quelle réponse concrète pour favoriser pour les jeunes travailleurs travailleuses notamment précaire les amitiés ? Et troisème situation et je m'arrête là, je fais très vite, c'est pour les jeunes cette fois en étude en fait les études supérieures, j'ai pu voir aussi que la première année d'étude au niveau de l'université souvent extrêmement violente dans les filières où on a énormément d'étudiants en histoire, en droit, en première année de licence. En fait, il n'y a rien qui est fait dans les établissements pour favoriser les amitiés. On se retrouve dans des promotions immenses avec des centaines d'étudiants.

Alors moi, j'étais syndicaliste étudiante et j'ai beaucoup pu le voir. Donc il y a une violence sociale à ce moment-là du tri qui est fait par l'échec mais aussi une violence de l'isolement en fait de la solitude. Euh j'avais été marqué quand un ami m'avait dit avant que j'arrive moi-même à la fac qu'il avait mis 6 mois à l'université pour se faire des amis. Mais en fait c'est une réalité. J'ai pu le voir d'autant plus que j'ai eu un parcours d'études où j'ai pu voir l'université et une grande école à côté et à côté la grande école. Là aussi uneégalité sociale importante.

Il y avait des moyens des moyens pour des semaines d'intégration, des moyens pour qu'au bout de 2 semaines les étudiantes et étudiants et puissent créer des liens, ce qui était totalement absent de nos universités et donc des universités. Donc là pareil, quelle politique concrète mettre en œuvre au niveau de l'enseignement supérieur pour s'assurer que les jeunes, les étudiants qui font face à une période extrêmement difficile puissent avoir des amis. Merci beaucoup. Encore [applaudissements] du handicap. Une trè question pour le monde du handicap. Je suis désolé, on va en fait il y a d'autres mains levées.

Donc comme on doit respecter les horaires, on aura le temps d'en discuter pendant tous les amphis. On est déjà en retard en effet. Euh je suis désolée pour la frustration. J'essaierai de faire plus court la prochaine fois. En fait, j'ai le sentiment que dans les dans les questions euh il y a davantage de témoignages que de questions. Euh c'est-à-dire que j'ai l'impression d'avoir amorcer ça, ce qui me semble être le point commun aux différentes situations que vous avez cité, c'est-à-dire les seiors, les jeunes précaires euh et les gens qui les jeunes qui arrivent à l'université, c'est malgré tout le partage d'une certaine forme de condition sociale, de classe, de vulnérabilité.

J'ai essayé d'y répondre au début et vous avez donné quasiment la réponse sur quoi faire et quelle politique publique mener à la fin pour ce qui s'agit de l'université, c'est-à-dire les moyens. En réalité, ce que je propose dans le livre est peut-être révolutionnaire ou prérévolutionnaire pour vis-à-vis de du rapport au patriarcat, au code civil, au code à la norme dominante que ça peut bouleverser. Mais la clé, le nœud du du chemul, c'est bien les moyens. C'est bien euh qu'est-ce qu'on priorise ?

C'est bien où est-ce qu'on met de l'argent, c'est bien quelle politique d'accueil, quelle politique de club sportifs, quelle politique de gratuité, quelle politique de musée, euh euh pourquoi pas de ban public et cetera. Et évidemment c'est parce que euh je l'ai dit, l'atomisation des individus euh sert le capitalisme et et n'est pas du tout, comment dire, une conséquence malheureuse. C'est c'est tout à fait recherché ce manque de lien social et et et l'isolement des individus. Euh quant à la question plus précise sur les congés pour euh enfants malades aux frères et sœurs, oui, bien sûr.

Et d'ailleurs euh euh pour vous donner euh une anecdote personnelle, s'il y avait pas ce critère absurde ou si le pax n'était pas ce qu'il était, moi j'aurais aimé que mon frère soit mon partenaire civil parce que euh on n'a pas les mêmes moyens financiers, parce que je me sens liée à lui solidairement, matériellement, parce que c'est une personne avec qui je veux cheminer pendant toute l'existence et parce que oui, un frère ou une sœur peut être un ami évidemment. Donc euh oui euh euh oui un grand oui pour l'ouvrir et puis euh vous verrez que dans le livre, je le redit, tout ça est absolument imparfait.

C'est-à-dire que c'est essayer d'élargir une brèche, d'ouvrir une porte et on peut aller bien plus loin que ce qui est et ce que vous verrez dans la proposition de loi qui a été déposée à l'Assemblée nationale. Je suis désolée pour les autres personnes qui voulaient poser des questions et merci beaucoup d'être venu aussi nombreux et pour votre écoute et votre attention. [applaudissements]