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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 22 septembre 2023 25 min

Incendie de Wintzenheim, crèches privées, crise migratoire, violences policières... Le "8h30 franceinfo" d'Aurore Bergé

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info. Bonjour Orberger. Bonjour. Le 9 août dernier, un incendie a coûté la vie à 10 personnes en situation de handicap et un accompagnateur dans un gîte à Winstenheim en Alsace. Une enquête administrative a été lancée. Quelles en sont les conclusions ?

0:18
Aurore Bergé

Alors déjà, il y a eu un drame absolu que vous rappelez, puisque 10 personnes en situation de handicap et un accompagnateur sont décédées dans un incendie. Il y a à la fois une enquête judiciaire. Donc l'enquête judiciaire, elle dira les responsabilités pénales. Moi, j'ai immédiatement diligenté une inspection administrative pour comprendre s'il y avait eu des manquements, des fautes et si des sanctions et surtout des modalités nouvelles devaient être mises en place.

À la fois vis-à-vis des entreprises, les deux entreprises qui occupaient le gîte et vis-à-vis aussi, nous, de nos modalités, de l'organisation de l'État et de la manière avec laquelle ces vacances adaptées, donc des vacances pour les personnes en situation de handicap, peuvent s'organiser. Ce que le rapport de l'IGAS démontre, donc c'est l'inspection de l'administration sociale qui a été en charge de cette enquête administrative, c'est que si on est très lucide et très honnête, il y a un peu un dysfonctionnement général.

Un dysfonctionnement général parce que je pense que pendant des années, la situation des personnes handicapées et particulièrement les vacances dites adaptées, ça n'intéressait pas grand monde. et que le drame de Wittzenheim a mis en lumière la manière avec laquelle ces vacances, en vérité, n'ont pas été suffisamment encadrées, normées et pensées. Et donc, il y a des mesures immédiates qui s'imposent.

Les mesures immédiates qui s'imposent, c'est une instruction que moi, je vais envoyer à l'ensemble des entreprises et associations qui organisent ces vacances adaptées pour dire qu'évidemment, il est impensable qu'elles puissent les organiser dans des lieux qui ne respectent pas des normes minimales en termes de sécurité et d'incendie.

1:44
Invité

Mais ce que vous nous dites, Orberger, c'est que pendant des années, l'État, l'administration, les organisateurs ont fermé les yeux sur des défaillances, en fait.

1:53
Aurore Bergé

Moi, je pense qu'il faut être lucide de le dire comme ça. Parce que je crois que les personnes qui sont les personnes les plus fragiles, les personnes les plus vulnérables dans notre société, pendant très longtemps, on n'a pas eu envie de les voir, on n'a pas eu envie de traiter ces questions-là. Regardez même géographiquement où sont implantées, où pendant des années ont été implantées les centres pour les personnes en situation de handicap, qui ne sont pas dans le cœur de nos villes, dans le cœur de nos villages. Ils ont été cachés, mis au fond des bois.

Nous, ce qu'on veut, c'est avoir une société qui est inclusive et qui fait que les personnes en situation de handicap vivent comme tous les citoyens français, aient accès aux mêmes droits, aient accès aux droits communs. Et pour les personnes pour lesquelles, au regard de leur pathologie, ça n'est pas possible et qui auraient besoin, par exemple, en effet, de vacances adaptées, au regard, encore une fois, de spécificités qui sont les leurs, de conditions médicales, alors, il est impensable, encore une fois, que les conditions de sécurité que nous, nous avons, quand nous nous rendons dans un gîte ou dans un hôtel, ne soient pas respectées pour ces personnes.

2:48
Présentateur

Robert, concrètement, les défaillances dont vous parlez, jusqu'à quel niveau des services de l'État, est-ce que vous avez pu, le rapport peut les constater ?

2:55
Aurore Bergé

On a regardé concrètement quelle avait été la chaîne de décision qui avait fait que ces entreprises, une entreprise et une association, avaient pu avoir des agréments. Ce qu'on a constaté, c'est que la fameuse entreprise dans laquelle 10 personnes en situation de handicap sont décédées et un animateur, en fait, elle a eu un agrément provisoire, alors que juste avant, pendant deux mois, elle avait continué à organiser des séjours alors qu'elle n'avait plus aucun agrément. Donc, en vérité, tout ça, c'est dysfonctionnel.

3:22
Invité

C'est parce qu'il n'y a pas eu assez de contrôle ? Ou comment c'est possible ?

3:25
Aurore Bergé

Ce qui compte, c'est, un, encore une fois, les actions immédiates. Ce que je vous disais, actions immédiates, c'est une circulaire que moi, je vais signer personnellement début de semaine prochaine pour dire à toutes les entreprises « Oui, vous avez des conditions de sécurité, de normes incendies à respecter » et dire dans le même temps aux administrations « Vous devez vérifier tous les agréments que vous avez délivrés et tous les agréments que vous allez délivrer à l'avenir pour vérifier que ces attestations existent. Et si elles n'existent pas, il est impensable, encore une fois, que ces séjours puissent s'organiser. » Il faut aussi augmenter les effectifs.

Donc, moi, j'ai obtenu qu'on double les effectifs des personnes qui sont dédiées, justement, pour tout simplement vérifier, délivrer ces agréments, vérifier ces attestations. Ça veut dire qu'on va passer à combien de personnes, très concrètement ? Ça veut dire qu'on va passer à 110 personnes, donc plus d'une par département, qui va pouvoir se déployer et qui va spécifiquement s'occuper de ce sujet des vacances adaptées. Et ça veut dire qu'il faut aller plus loin parce que notre enjeu, c'est quoi ? C'est qu'encore une fois, les personnes en situation de handicap, évidemment, puissent avoir accès aux loisirs, puissent avoir accès aux vacances.

Moi, je ne veux pas, alors que je suis la ministre des personnes en situation de handicap, dire « Écoutez, l'impact, ça va être que moins de personnes vont partir en vacances. » Non, il faut que les personnes puissent partir en vacances, il faut que les familles aient un droit au répit, mais il faut évidemment que ça se fasse dans des conditions de sécurité absolues. Et donc, ça veut dire qu'on va regarder précisément quelle est la grille de contrôle. Moi, je veux qu'avant la fin de l'année, on ait une nouvelle grille de contrôle de manière à ce que pour les prochaines vacances, on n'ait plus de Wittzenheim, que ça ne puisse plus arriver dans notre pays. Pour que ça ne puisse plus arriver...

Donc, il y a des contrôles de sécurité a priori. Il faut, on double les effectifs pour garantir que ce soit le cas. On refait une vraie grille de contrôle. Aujourd'hui, on a une espèce d'instruction nationale qui fait plus d'une centaine de pages où la question de la sécurité, elle est traitée presque avec deux petits mots. Donc, ça, ça suffit. On remet enfin de l'ordre dans les vacances adaptées de manière à garantir la sécurité des personnes sans, encore une fois, jeter discrédit sur celles et ceux qui les organisent parce que dans la majorité des cas, et vous le voyez bien, ça se passe bien dans des bonnes conditions d'accueil de sécurité avec des professionnels engagés.

Mais on a des cas où il y a des manquements évidents et ces manquements, ils peuvent conduire, encore une fois, à des situations douloureuses, à des situations de maltraitance, voire ils peuvent conduire à de tels niveaux de défaillance qu'à la fin, vous envoyez des personnes vulnérables dans un gîte où il n'y avait même pas de normes incendies respectées.

5:38
Invité

Aurore Berger, le pape François arrive aujourd'hui à Marseille pour avant tout sensibiliser sur la question des migrants. Est-ce que ce n'est pas aussi un message adressé au gouvernement français ?

5:47
Aurore Bergé

Je crois que c'est un message récurrent que le pape a toujours passé. D'ailleurs, je crois que c'est prédécesseur avant lui sur la capacité qu'on avait à être dans un monde qui soit plus ouvert, plus généreux. Après, notre responsabilité, nous, de gouvernance, c'est à la fois de garantir cette générosité et cet accueil, mais aussi d'y mettre, encore une fois, des limites par rapport à nos propres capacités et par rapport à une situation dont on voit bien qu'en France, il faut qu'on arrive à maintenir un équilibre.

6:12
Présentateur

Lui, il est quand même particulièrement investi sur la question des migrants. Son premier geste, tout à l'heure, à Marseille, ça va être d'aller se recueillir devant un monument à la mémoire des marins et des migrants disparus en mer. Quand en France, on a Gérald Darmanin qui annonce que la France n'accueillera aucun migrant de Lampedusa, alors que l'Italie appelle à l'aide. Est-ce que ça, c'est de la solidarité ? Vous qui êtes ministre de la solidarité.

6:33
Aurore Bergé

La solidarité, vous savez très bien que c'est une solidarité européenne sur les questions de migration. Et ça montre bien. Et l'exemple de l'Italie est très révélateur puisque même Jean-Germain Loni, elle a fait appel à cette solidarité européenne. Elle n'a pas tourné le dos à l'Union européenne. Donc quand je vois que certains en France se diraient qu'il faudrait vivre de manière extrêmement isolée, vous voyez bien qu'en vérité, ce n'est pas la réponse qui peut être apportée en matière d'immigration. Donc oui, on doit et on a des règles européennes. On a un pacte immigration qui est et qui va encore être renforcé.

Et donc si l'Italie veut faire jouer la solidarité européenne, ça veut dire qu'on regardera les situations. Est-ce qu'il n'est pas un peu vite

7:06
Présentateur

Gérald Darmanin ? Parce qu'il ne dit aucun. On ne sait pas si parmi les Sénégalais, puisqu'il a cité les Sénégalais par exemple, il n'y a pas des gens qui sont persécutés dans leur pays.

7:14
Aurore Bergé

De toute façon, les situations, elles vont être regardées individuellement et vous savez bien surtout qu'il y a un cadre pour y répondre. Il y a un cadre à la fois européen, si jamais il devait y avoir ou pas répartition des migrants et s'ils avaient vocation à rester ou pas sur le territoire. Par contre, je pense qu'il y a un message très clair qui doit être envoyé qui est que si la France veut continuer à pouvoir accueillir justement ceux que vous citez qui sont ceux qui doivent pouvoir avoir accès à l'asile, alors il faut être évidemment extrêmement ferme sur l'immigration illégale.

7:40
Présentateur

Aurore Berger, on se retrouve dans un instant ministre des Solidarités et des Familles. On se retrouve juste après le fil info d'Elie Abergel à 8h40 sur France Info.

7:48
Invité

Neuf ans après sa visite à Strasbourg, le pape François se rend à Marseille aujourd'hui pour un déplacement d'un peu plus de 24 heures. La question des migrants sera abordée notamment demain après-midi. Le souverain pontife va célébrer une messe géante au Stade Vélodrome. Autre visite, celle de Charles III qui continue en France, direction Bordeaux. Aujourd'hui, il sera accueilli par Pierre Jormic, le maire écologiste de la ville au programme. Visite d'un vignoble biologique d'un bateau de la Royal Navy entre autres et Bain de Foule. La cour d'assises de Pau condamne les agresseurs de Philippe Monguillot à 13 et 15 ans de prison.

Cette nuit en 2020, ce chauffeur du bus a été tabassé à mort par deux hommes après une altercation. À Bayonne, son épouse dénonce une peine trop clémente. L'Olympique de Marseille fait égalité 3 partout contre l'Ajax Amsterdam chez les Hollandais pour le début de la Ligue Europa. L'OM en pleine crise extra-sportive a été menée 2 à 0 après 20 minutes de jeu hier soir. Rennes gagne 3 à 0 contre la Maccabi Haïfa 1 partout entre Toulouse et l'Union Saint-Géloise.

8:50
Aurore Bergé

France Info

8:51
Présentateur

Le 830 France Info Agathe Lambret Jean-Rémi Baudot

8:56
Invité

Toujours avec Aurore Berger ministre des Solidarités et des Familles. On parlait à l'instant du drame de l'Ampédouza et de la fermeté de Gérald Darmanin. À une autre époque, le Président se montrait bien plus ouvert pourtant sur cette question de l'immigration. Qu'est-ce qui a changé ? Vous vous dites qu'aujourd'hui, politiquement, c'est la fermeté qui paie vis-à-vis des Français ?

9:11
Aurore Bergé

Non, je pense qu'il y a toujours eu une nécessité d'équilibre et qu'en vérité, sur les questions d'immigration, c'est toujours dur d'avoir des débats qui soient à peu près rationnels, apaisés, qui ne soient pas immédiatement teintés de politique qui n'est pas forcément la meilleure d'entre elles.

Typiquement, regardez sur la question du projet de loi que nous, on défend, il défend cette nécessité d'équilibre qui est comment on fait pour exécuter, encore une fois, des reconduites à la frontière, comment on rétablit la double peine pour ceux qui ont été condamnés pour des délits ou des crimes qui purgent leur peine de prison en France mais qui doivent ensuite pouvoir être expulsés et dans le même temps, comment on fait pour régulariser ceux qui sont dans des métiers en tension et qui travaillent déjà dans notre pays. Et vous n'êtes pas sûre

9:49
Invité

d'avoir la majorité absolue ?

9:50
Aurore Bergé

Mais j'espère qu'on ne l'aura

9:51
Invité

parce que je pense que c'est un sujet important. La majorité de cette loi. En tout cas, les discours aujourd'hui entre ceux du pape et ceux du gouvernement n'ont rien à voir sur l'immigration et pourtant le président va se rendre à la messe du pape samedi. Il a réussi aussi à décrocher un rendez-vous avec le pape. Est-ce qu'il n'y a pas un peu de récupération de la part du président ?

10:06
Aurore Bergé

Je crois qu'on a à la fois, vous le savez, il y a toujours eu ce double statut du pape. Il est à la fois chef d'État et il est en même temps chef de l'Église catholique. Et donc, vous avez ce double statut qui s'exerce et qui fait que vous pouvez avoir un président de la République qui le reçoit, qui a une audience avec lui parce que c'est le chef de l'État, en tout cas au Vatican. Et puis, que vous avez un moment qui est un moment, je crois, important pour la communauté catholique dans notre pays et même sans doute au-delà.

Et le fait que ça se passe en France, comme le fait qu'on ait la visite de Charles III en France, je trouve que c'est aussi important en termes d'image qui est renvoyée par notre pays de se dire qu'à nouveau, des moments qui sont des moments importants se déroulent dans notre pays.

10:44
Présentateur

Il faut qu'on parle d'un cafouillage à la tête du sommet de l'État avec le gouvernement qui veut autoriser la revente à perte pour faire baisser le prix des carburants. Sauf que Total ainsi que les principaux distributeurs français ont annoncé qu'ils refusaient, eux, de vendre à perte. La loi, elle n'est pas encore née mais on a quand même l'impression qu'elle est déjà enterrée. Qu'est-ce qui s'est passé ?

11:03
Aurore Bergé

Moi, ce que j'aimerais comprendre, c'est qu'est-ce qui s'est passé du côté de la grande distribution parce que moi, je les vois très régulièrement invités sur votre plateau et sur beaucoup de plateaux en disant que c'est à cause de l'État qu'ils ont énormément d'entraves et qu'ils ne peuvent pas agir.

11:13
Présentateur

Est-ce qu'ils ne parlaient pas en l'occurrence, par exemple, plutôt de l'alimentation sur la question de la vente à perte ? Pas franchement sur...

11:19
Aurore Bergé

Y compris sur l'alimentation parce que je sais qu'ils ont été auditionnés sur la question des négociations commerciales qu'il y a entre la grande distribution et les industriels une fois par an aujourd'hui et qu'eux-mêmes finalement disent que ce n'est peut-être pas une bonne idée d'avancer la date, on ne sait pas. Donc bref, moi ce que j'aimerais c'est qu'on ait un discours clair et qu'il ne soit pas démago. Et en général, malheureusement, on a des discours côté grande distribution qui peuvent être très démagogiques.

Donc déjà, qu'ils regardent leurs propres prix sur les propres marques de distributeurs pour garantir que celles-ci sont au meilleur prix encore une fois pour les Français et qu'encore une fois, ils ne disent pas que c'est à cause de l'État qu'on ne peut pas faire parce que quand on veut changer la loi,

11:56
Invité

en tout cas,

11:57
Aurore Bergé

ils ont été auditionnés. Moi, ce que je veux, c'est jusqu'à un moment, on puisse garantir l'emploi dans notre pays. Garantir l'emploi dans notre pays, c'est aussi soutenir les industriels qui, eux, recréent de l'emploi dans notre pays. Je pense que ça, c'est extrêmement important. Et dans le même temps, soutenir les Français face à une inflation dont on sait qu'elle peut être un choc pour beaucoup trop d'entre eux avec le risque, évidemment, d'une forme de précarité. Donc après, on a une proposition qui est sur la table et encore une fois, que la grande distribution a plaid ses voeux il n'y a pas si longtemps.

Donc, ils auront cette faculté ou pas, ça, c'est le Parlement qui en décidera, qui votera, qui ne votera pas à la disposition. Les parlementaires sont libres de leur vote et de leur choix. En tout cas, moi, j'aimerais comprendre le volte-face de la distribution.

12:37
Présentateur

Vous parliez de démagogie éventuelle de la part des distributeurs, mais est-ce que ce n'est pas aussi un peu démago de la part du gouvernement pour un produit dont la moitié du prix est constituée de taxes, de venir, en fait, faire un peu la morale et mettre la responsabilité sur les distributeurs ? Moi, je ne crois pas

12:51
Aurore Bergé

qu'il faille faire la morale. Je pense que, de toute façon, la morale, ce n'est pas l'affaire de la vie politique. On est là pour prendre des décisions et faire des politiques en l'occurrence, vous les rendez responsables

12:59
Présentateur

du fait de ne pas vouloir vendre à pertes.

13:00
Aurore Bergé

Non, mais ce que je dis juste, c'est qu'il y a quand même un... Vous parliez de cafouillage. Il y a surtout un cafouillage de leur côté. Ils ont passé leur temps sur des plateaux de télévision à dire, encore une fois, on n'a pas les moyens d'agir. On aimerait faire des choses, la loi nous en empêche. Là, on se dit...

13:14
Présentateur

Vous connaissez trop la politique. Normalement, on bac un peu les sujets avant qu'ils soient annoncés au public. Là, c'est comme si ça n'avait pas été préparé. Ça sort dans la presse, dans la bouche de la Première Ministre et d'un coup, tout le monde se rend compte que cette proposition est faite.

13:28
Aurore Bergé

Moi, je vous donne la réponse qui est la mienne. La réponse qui est la mienne, c'est qu'encore une fois, on doit garantir l'emploi et faire en sorte que cet emploi paye dans notre pays. Je pense que ça, c'est notre première responsabilité en lien avec les employeurs et soutenir le pouvoir d'achat des personnes les plus fragiles. français sur les enjeux de mobilité. Donc, cette possibilité, elle existera ou pas, ça dépendra des parlementaires.

13:50
Invité

Donc, vous allez prendre le temps des parlementaires pour jouer à la roulette russe avec le pouvoir d'achat des Français ? Non, ce n'est pas la roulette russe. Vous ne savez pas si finalement les distributeurs se saisiront de cette opportunité. Mais attendez, moi, je ne peux pas les obliger

14:00
Aurore Bergé

à se saisir d'une faculté qui leur serait accordée.

14:03
Invité

Mais en tout cas, même dans la majorité, Aurore Berger, certains critiquent cette mesure, notamment au Modem. François Bayrou a dit que la revente à perte n'était pas une solution parce qu'il y avait toujours quelqu'un qui payait. Et le Modem aussi propose que l'État prenne sa part de modifier la taxation du carburant. Jean-Rémi, vous interrogez là-dessus. 60% qui revient à l'État. Est-ce que la logique, ce n'est pas plutôt

14:23
Aurore Bergé

de plafonner les taxes ? Mais vous savez aussi, c'est une discussion de toute façon, je pense qu'on aura parce qu'on va avoir les textes budgétaires. Donc, les questions de taxation, elles seront mises sur la table. Y compris celles-ci. Je pense qu'il n'y a pas de tabou en la matière. Mais vous le savez, la taxation, notamment sur ces sujets-là, elle a été largement d'ailleurs redistribuée aux Français par des baisses qui ont été consenties par l'État. Qui a financé les baisses sur le carburant pendant des mois ? C'est l'État. Et l'État, c'est qui à la fin ? C'est tous les Français. Et donc, à un moment, on a eu ce choix qui est un choix de responsabilité.

C'était la même chose sur les questions énergétiques. On a mis 46 milliards dans le bouclier énergétique. On est le seul pays au monde à avoir subventionné les tarifs de l'énergie pour garantir que les plus fragiles n'aient pas une addition qui explose. Donc, cette part-là, l'État l'a faite de manière très conséquente.

15:07
Présentateur

Le gouvernement vient de présenter un plan de lutte contre la pauvreté. Aujourd'hui, un peu plus de 9 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France. C'est 15% de la population. Demain, grâce à ce plan, est-ce que vous avez des objectifs chiffrés pour faire baisser le taux de pauvreté en France ?

15:21
Aurore Bergé

Déjà, ce qu'il faut rappeler, c'est qu'on a un modèle social qui fonctionne. Et ce modèle social qui fonctionne, il évite à 5 millions de Français de tomber dans la pauvreté. Je pense que ça, c'est un chiffre qu'on ne dit pas assez, mais ça veut dire quand même...

15:32
Présentateur

Avec la redistribution ?

15:33
Aurore Bergé

Avec la redistribution. On est le pays le plus redistributif au monde. Ça veut dire que les impôts des Français, la manière avec laquelle la solidarité nationale est organisée, empêche 5 millions de personnes chaque année de basculer dans la pauvreté. Mais vous n'avez pas

15:45
Invité

d'objectif chiffré, Alain ?

15:46
Aurore Bergé

Mais parce que moi, je vais venir sur un plateau et vous dire, écoutez, un coup de baguette magique, je sais régler X situations, 1 million en moins, 2 millions en moins, 3 millions en moins. Moi, ce que je veux, c'est qu'on arrive à avoir une situation où déjà, on n'a plus de travailleurs pauvres dans notre pays. Ça, c'est une situation qui est inacceptable. Et ça, c'est pour ça qu'il y aura une conférence sociale pour garantir que les personnes qui travaillent, elles ne puissent pas tomber dans la pauvreté. Moi, je vous prends un exemple qui est le métier le plus féminin de France, les aides à domicile.

Celles qui s'occupent de nos parents, nos grands-parents, des personnes en situation de handicap, aujourd'hui, c'est 18% de taux de pauvreté parmi ces femmes qui travaillent. Ça, ça n'est pas normal. Et ça, ça veut dire que tout le monde doit prendre sa part. L'État, les collectivités, les employeurs, parce que, encore une fois, si on veut éviter de tomber dans la pauvreté, la meilleure des protections doit être un emploi, mais un emploi qui protège et qui paye bien. Et pour tous les autres...

16:33
Invité

Qu'est-ce qui va changer, justement ? Parce que le précédent plan anti-pauvreté du gouvernement n'a pas permis de faire baisser la pauvreté. Aujourd'hui, c'est 20 milliards sur 5 ans. Dans ces 20 milliards, qu'est-ce qu'il y a de nouveau, concrètement ?

16:41
Aurore Bergé

Alors, ce qu'il y a de nouveau, c'est tout ce qu'on fait sur la petite enfance. Parce que l'un des premiers freins à la reprise d'une activité, c'est quoi ? C'est « je ne peux pas faire garder mon enfant ». Et ça touche qui ? Ça touche d'abord des femmes. Et quelles femmes ? Les femmes qui sont dans des familles monoparentales. Donc ça, c'est une vraie injustice criante. On met 6 milliards d'euros sur la table, sur le service public de la petite enfance, pour garantir qu'on ait une solution d'accueil, que ce soit en crèche, auprès d'assistantes maternelles qui existent. Ça, c'est quelque chose de très concret.

Et le faire notamment dans 1 000 crèches qui sont des crèches à vocation d'insertion professionnelle. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que vous avez des berceaux dans ces crèches qui sont réservés pour les personnes qui doivent retrouver un emploi. Parce que si vous ne pouvez pas vous rendre un entretien d'embauche, vous ne pouvez pas reprendre une activité professionnelle. C'est la question du logement. Parce qu'aujourd'hui, ce qui coûte, ce qui pèse le plus dans le panier et moyen des ménages, c'est quoi ? C'est le coût du logement.

Et donc, c'est ce qu'on met sur la table, à la fois non seulement sur des situations contre crise, l'hébergement d'urgence, mais surtout pour avoir un vrai parcours résidentiel pour les personnes.

17:36
Présentateur

Je vous coupe. On va revenir dans un instant sur la question des crèches. Mais à 8h50, c'est l'heure du fil info avec Elia Vergel.

17:42
Invité

Le capitaine du 15 de France de rugby, Antoine Dupont, blessé au visage hier contre la Namibie pendant la large victoire des Bleus. Victoire historique, 96 à 0 dans leur troisième match du Mondial. Coup dur pour la suite de la compétition. Antoine Dupont est absent au moins quatre semaines selon les premières informations de la nuit. Le pape François, à Marseille, cet après-midi, une visite d'un peu plus de 24h pendant laquelle la question des migrations sera abordée. Elisabeth Borne accueillera le souverain pontife à 16h. Le pape va célébrer demain après-midi une messe géante au stade Vélodrome.

Paris demande des garanties tangibles à l'Azerbaïdjan et notamment une présence humanitaire dans le Haut-Karabakh après la victoire éclair de Bakou sur des séparatistes arméniens. Dans cette enclave, un cessez-le-feu est en vigueur maintenant. L'Arménie dénonce une offensive injustifiée qui a fait au moins 200 morts. La conférence sociale sur les bas salaires voulue par Emmanuel Macron aura lieu le 16 octobre. La rencontre se tiendra au Conseil économique, social et environnemental. Ce rendez-vous doit porter sur les branches où certains salaires les plus bas sont inférieurs au SMIC.

18:50
Aurore Bergé

France Info

18:51
Présentateur

Le 830 France Info Agathe Lambret Jean-Rémi Baudot

18:55
Invité

Toujours avec Robert Géminis des Solidarités et des Familles on parlait à l'instant des crèches justement deux livres enquêtes ont révélé les pratiques les maltraitances de certaines crèches privées. Qu'est-ce qui va changer désormais ? Il y a notamment une loi qui prévoit des contrôles.

19:09
Aurore Bergé

Alors c'est ce qu'on a voté moi j'étais en commission des affaires sociales à l'Assemblée il y a deux nuits puisque c'était dans la nuit qu'on a voté cette disposition qui est très importante. En fait c'est un peu aberrant mais jusque-là l'État n'avait pas le droit de faire des contrôles directement au siège de ces grands groupes. Là on va pouvoir le faire si la loi est définitivement adoptée ça veut dire concrètement on va pouvoir envoyer les services de l'État vérifier les livres de comptes faire toute la transparence nécessaire pour vérifier qu'au regard du nombre d'enfants de bébés qui sont accueillis il y a bien les commandes qui vont en face.

Vérifier aussi qu'il n'y a pas un risque de trop de turnover parmi le personnel. Mais le vrai sujet qu'on a si on est là aussi très lucide c'est une pénurie de professionnels. Pénurie de professionnels parce que pendant des années ces professionnels ils n'ont pas été assez revalorisés ils n'ont pas été assez reconnus et là on agit très concrètement à partir du 1er janvier on met 200 millions d'euros sur la table chaque année pour revaloriser ces professionnels. Mais c'est sous condition cette revalorisation c'est ça ?

Moi ce que j'aime dire c'est que ce serait exactement sous condition c'est-à-dire qu'il n'y a pas un euro de ces revalorisations qui ira à une entreprise si elle n'a pas une convention collective qui est forte en termes de protection sociale des salariés. Ça veut dire formation professionnelle mobilité professionnelle reprise de l'ancienneté évidemment conditions de travail et rémunération. Et là ça veut dire que l'état et l'argent public vont être très directement fléchés aiguillés pour mieux revaloriser ces professionnels.

20:28
Présentateur

Aujourd'hui une auxiliaire de crèche elle est rémunérée au niveau du SMIC donc à peine 1400 euros net par mois est-ce que ça pourrait changer grâce à ces 200 millions ?

20:34
Aurore Bergé

Ce serait à peu près l'équivalent de 1800 euros de plus par an donc l'équivalent d'un peu plus d'un 13ème mois.

Donc oui quand vous êtes à ce niveau de rémunération ça change la vie mais je pense qu'il faut aller plus loin il faut réfléchir à nouvelles organisations du temps de travail la semaine de 4 jours par exemple sur ce type de métier aurait évidemment du sens parce que vous êtes sur des métiers où vous ne pouvez pas télétravailler donc les seules vraies modalités nouvelles d'organisation du temps de travail ça pourrait être ça il faut essayer d'être innovant parce qu'on a besoin d'attirer des professionnels et les attirer c'est faire en sorte qu'elles soient dans les meilleures conditions de travail possibles parce qu'à la fin elles s'occupent de ce dont on a plus précieux

21:06
Présentateur

elles s'occupent de nos enfants. Vous avez d'ailleurs vous-même des enfants sans trahir évidemment un secret est-ce que la maman que vous êtes juge que la ministre que vous êtes en fait assez sur ces questions ?

21:16
Aurore Bergé

Juge sans doute qu'il faudrait en faire encore plus ce que je vois c'est surtout qu'on est en train de faire et c'est ça qui compte c'est qu'à la fin vous savez quand vous avez un enfant en crèche vous y allez deux fois par jour vous le déposez le matin vous allez le récupérer le soir vous échangez avec les professionnels Et c'est votre cas aujourd'hui votre enfant est à la crèche Oui ma fille elle est en crèche et donc vous échangez très directement avec les professionnels moi d'ailleurs je veux qu'on ait plus de rôle pour les parents à la crèche quand vous avez un enfant qui est à l'école vous avez des parents qui sont des parents d'élèves qui sont des parents référents je veux que ce soit la même chose pour les crèches je veux que les parents ils aient leur mot à dire pas pour fliquer les professionnels mais pour qu'il y ait un dialogue fructueux, utile avec ces professionnels qui sont souvent des femmes très souvent des femmes très engagées mais encore une fois pendant des années un, il n'y avait pas de culture du contrôle cette culture maintenant elle existe et elle va être renforcée avec la loi qui change il n'y avait pas une vraie reconnaissance du travail qui était fait par les professionnels on se disait qu'après tout ce qui se passait en crèche ce n'était pas bien important la construction d'un enfant aujourd'hui on sait que c'est déterminant ce qui se passe dans les mille premiers jours de la vie de l'enfant donc c'est toute la société qui doit changer par rapport à ça

22:18
Invité

Aurore Berger en parlant de bas salaire de travailleurs essentiels aussi Valérie Pécresse veut instaurer un SMIC francilien c'est un SMIC à 9% de plus en Ile-de-France parce que la vie est plus élevée en région parisienne est-ce que c'est une bonne idée ?

22:30
Aurore Bergé

le risque de cette mesure même si je comprends la philosophie c'est de se dire que derrière certains diront que vous avez des disparités territoriales qui existent le vrai sujet de l'Ile-de-France sur la vie chère c'est quoi ?

c'est le logement donc notre vraie préoccupation si on veut surtout que les Français et les Franciliens vivent bien c'est qu'ils aient accès à un logement et c'est là aussi que chacun fasse sa part que ce soit les collectivités je le dis aussi à certaines collectivités qui aujourd'hui ne s'engagent pas ou pas assez sur la question du logement social or on doit pouvoir loger les métiers essentiels dont on parle quand vous êtes auxiliaire du puériculture en crèche et que vous devez travailler à Paris dans le 7ème arrondissement et que vous habitez à une heure et demie deux heures de votre lieu de travail comment vous tenez sur le long terme ?

en fait vous ne tenez pas et les prix à Paris sont moins d'être les mêmes qu'à Limoges donc on peut attendre l'action du gouvernement des collectivités peut-être garantir aussi et c'est tout le travail qu'on fait au sein du gouvernement que sur des métiers qui sont des métiers essentiels et bien à un moment ils puissent aussi loger à proximité de leur travail et donc ça c'est la question de l'attribution aussi des logements sociaux légués mais qu'ils aient le droit aussi de vivre à proximité de leur lieu de travail ce qui garantira sans doute que ces travaux ces métiers soient mieux reconnus mieux valorisés et qu'il y ait plus de professionnels qui veuillent s'y engager

23:40
Présentateur

Aurore Berger des manifestations contre les violences policières et le racisme sont prévues demain à l'appel d'organisations et notamment de la France Insoumise est-ce que vous comprenez cette colère et est-ce que comme certains vous pensez qu'il faudrait interdire ces marches ?

23:52
Aurore Bergé

Moi je ne comprends évidemment pas cette manifestation parce que déjà mélangé comme mot d'ordre violences policières accuser ce terme il faut assumer qu'il peut y avoir parfois des faits de violence mais pas dire qu'il y a des faits de violence qui seraient systémiques de la part de l'ensemble de nos policiers et de nos gendarmes ça n'est pas le cas et accoler le terme violence policière et racisme ça veut dire jeter un discrédit sur toute une profession en montrant du doigt les policiers en leur mettant une cible dans le dos et en disant qu'ils sont racistes ça n'est pas le cas et si on veut avoir encore une fois des hommes et des femmes qui s'engagent dans ces métiers c'est en ayant un minimum de respect à leur égard et pas en allant marcher contre eux et en leur mettant des cibles dans le dos il faudrait sanctionner les députés qui s'y rendent ou pas ?

moi j'ai toujours dit que je pense que quand on s'y rend dans sa qualité de député avec son écharpe tricolore c'est une insulte pour moi vis-à-vis de l'Assemblée nationale que de le faire on est député de la nation donc on représente l'ensemble des français je ne me sens pas très représentée par des députés qui avec leur écharpe vont dans ce type de manifestation

24:43
Présentateur

Aurore Berger merci beaucoup ministre des solidarités et des familles merci beaucoup Agathe Lambret on se retrouve demain à 8.30 pour une nouvelle interview dans 5 minutes les informés de Renaud Delis on reviendra évidemment sur la question de la visite du pape et puis de cette fameuse manifestation contre les violences policières