Géants du numérique : Quand Trump menace l'Europe | DébatDoc
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 3:00OuverteRéponse directe
Pouvez-vous expliquer cette idée de totalitarisme cognitif lié aux plateformes numériques ?
- 6:00OuverteRéponse partielle
Les régulations européennes suffisent-elles à contrer les géants américains ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Pourquoi Trump s'oppose-t-il aux réglementations européennes ?
- 14:00OuverteRéponse directe
L'Europe peut-elle développer ses propres infrastructures numériques ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00Asma MhallaFait
« Elles sont aujourd'hui complètement privées, c'est-à-dire qu'elles appartiennent à quelques grandes méga corporations technologiques. »
- 7:00Asma MhallaFait
« Il y a une espèce de bruit permanent avec Twitter, avec des outrances en permanence. »
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[Musique] Ce documentaire réalisé par Elisa Jado nous questionne une nouvelle fois sur les inquiétant mffet engendré par les plateformes numériques et réseaux sociaux pour la plupart contrôlé par les géants américains du secteur. Un monde du numérique qui fait d'ailleurs désormais l'objet d'un véritable bras de fer entre l'Union européenne et les États-Unis à propos duquel nous allons revenir avec nos invités présents aujourd'hui sur ce plateau de débadoc Aurore Laluc pour commencer. Bienvenue à vous.
Vous êtes député européenne issue du mouvement en place publique et depuis 2024 la présidente de la commission des affaires économique et monétaire du Parlement européen. Et puis en face de vous à ce moment là, bienvenue à vous à ce moment-là. Bonsoir.
Vous êtes politologue, spécialiste des enjeux politiques et géopolitiques de la tech et de l'intelligence artificielle et vous venez de publier au seuil un livre qui fait parler de lui. Il s'intitule Cyberpunk, le nouveau système totalitaire. Et pour vous, une forme de totalitarisme cognitif est en train de se mettre en place.
J'aimerais que vous nous expliquiez cela pour commencer. Euh alors très rapidement, tout autour de nous aujourd'hui, on a des infrastructures technologiques. Ce ne sont pas simplement des outils, ce sont vraiment des infras à partir desquels absolument tout le reste se déploie. le fait social, le fait militaire, industriel, c'est là où on fait du lien, le quotidien et ce qui est incroyable, c'est qu'elles sont aujourd'hui complètement privées, c'est-à-dire qu'elles appartiennent à quelques grandes méga corporations technologiques et pour ce qui concerne l'Europe essentiellement américaine dont les Big F bien entendu été largement question dans le du documentaire et ce qui est ce qui est incroyable c'est qu'en fait elles ont une dimension aujourd'hui qui est totalisante pour ne pas dire demain si on y prend pas garde totalitaire elles sont d'abord totalisantes d'un point de vue cognitif aujourd'hui par exemple générative, chat GPT dont on parle tempant et toutes les autres, elles sont un médiateur de pensée, elles fabriquent le savoir, elles filtrent le savoir et si on a toujours le réflexe d'aller vérifier n'importe quelle information ou créer la bas de la connaissance, et bien vous voyez bien qu'elle reboote la pensée.
Donc ça c'est la première la première tentation totalitaire. La deuxème, elle est attentionnelle, c'est les super app, c'est les smartphones, c'est le point d'entrée en fait non pas vers le monde. Ce qui est incroyable, c'est qu'il n'y a plus de dehors dans l'architecture aujourd'hui technologique.
On est complètement pris dans leur univers psychique et dans leur idéologie parce qu'il y a des idéologies derrière. Et puis enfin, c'est toutes les données aujourd'hui biométriques. Là, c'est tous les discours technosécuritaires, reconnaissance faciale, la reconnaissance de l'IRIS par Samtman, patron de Open AI et de chat GPT et cetera et cetera.
Donc il faut vraiment faire attention parce que il y a la dimension Oui. d'une forme de captation de l'intime. La définition d'après Anna Rein du totalitarisme contrairement aux autres types de dictature, c'est qu'en fait elle a la tentation de la captation totale de ce que nous sommes dans notre identité.
Et c'est exactement ce que font ces technologies là. Donc il faut y prendre garde. Pendant que Trump met en scène une sorte de néofascisme de plateau, dites-vous, les big tech, elles sont en train d'encoder le système, hein.
Ça c'est pour illustrer aussi ce que vous venez de dire. Absolument. Absolument.
Et d'ailleurs, c'est très intéressant. Je termine juste sur la question de l'Empire. Là, on parle beaucoup les grilles de lecture de l'Empire reviennent et à juste titre d'ailleurs.
Et moi, ce que je pose dans dans Cyberpunk, c'est de dire que la nature de l'empire du 21e siècle sera cognitif. C'est-à-dire qu'en fait, on préprogramme potentiellement bah une nouvelle civilisation puisque c'est exactement ce qu'ils disent et ce qu'ils écrivent. Elon Musk, Peter Till et tous les gourous de la tech.
Alors, je ne sais pas si vous avez lu ce livre d'à ce moment-là. Est-ce que vous partagez en tout cas ce qui vient d'être dit là ? Est-ce qu'il est le contenu de ce de ce livre ?
Il y a une un risque de totalitarisme à travers ce qui est en train de se mettre en place qui plusje si on a bien compris depuis la réélection de Donald Trump à la Maison Blanche. Mais totalement, totalement. Et je pense qu'en fait on a eu des pensées Asma et moi assez parallèles en fait en fait cet été.
Et c'est pour ça que ça a été un plaisir de lire son livre parce que j'ai retrouvé euh des choses que j'avais pu penser et d'autres choses et c'est ça qui est vraiment passionnant. Oui, totalement. Euh parce qu'en fait, comment dire, c'est difficile pour nous de le comprendre comme ça, mais quand on pense aujourd'hui à la aux États-Unis, il faut bien plus penser quelque part à la Chine dans le sens où on a un état qui a envie d'être dans le contrôle. dans le contrôle de tout, dans le contrôle des corps, dans le contrôle de la pensée, dans la contrôle dans le contrôle du récit, dans le contrôle de la communication et des infrastructures de communication.
Et en fait, il y a un espèce de bruit permanent et ça c'est très très bien expliqué dans le livre d'Asthma, il y a une espèce de bruit permanent avec Twitter, avec des outrances en permanence. On n'arrive même pas à se rappeler exactement du nombre d'outrances réalisé par Musk, par Trump depuis son arrivée au pouvoir. On narrive pas à s'en rappeler parce que c'est tout le temps, c'est toutes les heures.
Et ce brouillard permanent décrit par Asma parfaitement cache en fait le fait qu'il y a une idéologie extrêmement claire et un objectif extrêmement clair qui est d'attaquer la démocratie, d'attaquer la démocratie libérale, d'attaquer nos libertés en fait. Ça c'est très très c'est tout à fait c'est tout à fait juste. Et moi ma crainte à ce niveau-là, c'est je trouve que qu'au niveau de l'Union européenne, on n' pas réalisé encore les les dirigeants européens n'ont pas encore muté en terme de logiciel politique.
C'est c'est ce qui explique d'ailleurs Mario Dragué. Il l'a dit encore récemment. Il a dit la Fer Lyen vous n vous ne comprenez pas que aujourd'hui nous ne sommes plus dans le même monde et ça nous fait de la peine, ça nous heurte.
Mais en tant que responsable politique, c'est notre euh devoir de regarder le monde tel qu'il est pour pouvoir nous battre au mieux. Hm. Alors, vous dites "L'Union européenne n'a pas réagi.
C'est pas tout à fait vrai parce qu'il y a deux règlements qui ont vu le jour en 2022 qui ont été mis en œuvre depuis le début de l'année 2024. C'est d'une part le Digital Service Act, hein. Là, on parle de loi européenne, de règlement européen, hein.
Euh et là, alors j'ai essayé de faire très simple, hein. En gros, hein, le le la ligne, hein, euh ce qui est illégal hors ligne doit être également illégal. en ligne, hein.
C'est ça le le l'objectif. On parle de modération, de régulation bien entendu des contenus. Et d'autre part, il existe aussi le Digital Market Act qui lui vise à réguler les contrôleurs d'accès à internet.
Alors là, on parle réellement des de ce qu'on appelle les GS femmes hein, Google, Apple, Facebook, Amazon et autres. et s'assurer d'une bonne et saine concurrence sur le marché de l'Union européenne face à ces monstres américains, peut-être demain d'ailleurs face au à des monstres futurs chinois he puisque vous avez évoqué le le sujet. C'est en œuvre depuis assez peu de temps.
Ça c'est vraiment notre ligne rouge d'un point de vue légal, réglementaire et c'est cette ligne rouge qui aujourd'hui embête particulièrement Donald Trump dans une négociation en cours avec l'Union européenne sûr. Et c'est ça qui doit nous donner du courage au niveau de l'Union européenne, c'est que si on ne posait pas de problème aux États-Unis, si on éétait pas fort, on serait pas dans leur ligne de mire. Or là vraiment, il y a un côté où ils veulent nous vassaliser.
Ils veulent vraiment qu'on ait finalement leur même exactement la même législation. Et le fait qu'on ait ces ces deux ces deux actes, ces deux législations fondatrices qui sont un bon élément mais qui ne sont pas suffisants. C'est pas suffisant pour pouvoir nous protéger aujourd'hui des gars femmes quand même, faut vraiment qu'on ait nos propres infrastructures souveraines.
Oui, ça c'est les États-Unis, le gouvernement américain actuel ne le supporte pas. tout comme notre législation sur la la l'intelligence artificielle, il ne supporte pas ça. Alors, il faut vraiment défendre ces législations coûte que coûte.
Pourquoi ? Parce qu'en fait, regardez Musk ce qu'il a aujourd'hui, il a quoi ? C'est comme s'il avait le 20h de TF1 de France de de François, je cite tout le monde toutes les secondes et au niveau mondial.
C'est ça qu'il a en fait. Em Musk aujourd'hui, il peut s'adresser à la terre entière en 30 secondes sans qu'il y ait une modération. Regardez vous dans les médias, il y a une réglementation, vous avez une éthique journalistique, vous avez des règles.
C'est pas le cas pour lui. C'est pas le cas pour lui. Et c'est ça aujourd'hui qui est dangereux et c'est pour ça que la question des réseaux, elle est essentielle.
Donc oui, nous il faut qu'on garde absolument ces réglementations là qui m'ont permis par ailleurs de porter plainte contre contre X et contre Elon Musk. Euh c'est ce que vous avez fait d'ailleurs. C'est ce qu'on a fait.
Voilà, à un moment où on voyait tout le temps trop ce qui montrait que c'était pas qu'un tuyau, c'était une ligne éditoriale qu'il était en train de de suivre. Mais il faut que à côté de ça et ça doit être notre obsession 24 heures sur 24 en tant que législateur qu'on arrive à avoir une politique industrielle du numérique pour qu'on ait nos propres canaux de transmission. C'est vraiment notre survie qui dépend aujourd' alors le bras de fer, il date de de très peu de temps en réalité puisque Donald Trump et les États-Unis ont décidé d'augmenter leur droits de douane vis-à-vis de l'Union européenne de 15 %.
Hm. Mais mais Donald Trump a dit "Attention, je souhaite l'abrogation de ces fameux règlements européens pour mes entreprises américaines et si c'est pas le cas, sinon je me laisse peut-être le droit d'augmenter encore ses droits de droine vis-à-vis de l'Union européenne." Donc c'est devenu un enjeu majeur dans ce bras de fer qui nous oppose aux États-Unis sur le sujet.
C'est un enjeu majeur parce qu'en fait il faut se rendre compte que les G femmes ne vivent pas d'ailleurs sur le marché de l'Union européenne et c'est là où nous aussi on doit prendre conscience de notre force. Bien Apple, un/4 du du chiffre d'affaires d'Apple, c'est chez nous, du côté de Facebook et cetera, c'est pareil. Il faut se rendre compte qu'on est fort.
Il faut qu'on accepte d'assumer le fait qu'on peut être puissant si on veut. Donc oui, effectivement ce dont Donald Trump a peur et ce qu'il ne veut pas, c'est qu'on mette en place une taxe au niveau européen sur le numérique parce qu'il sait très bien que là ça peut mettre en danger le business model de ces de ces de ces géants du numérique. Il ne veut pas qu'on le mette en danger.
Pourquoi ? parce que ce sont des canaux de communication qui ne sont pas si bien contrôlés que cela aujourd'hui. Alors, j'ai lu quelque part que si nous appliquions à la lettre ces deux réglementations, nous serions en capacité d'interdire l'accès pur et simple aux géants américains sur le le marché de l'Union européenne.
Pour autant pour autant euh nous en serions bien incapables dans la réalité, dans la vraie vie. Nous sommes extrêmement dépendants dans l'Union européenne de ces gens américains aujourd'hui. C'est cette dépendance qui nous pose un problème tout de même là.
Oui. Et Aurore Laluc l'a très bien l'a très bien décrit et rappelé. Les géants technologiques ou ces méga corporations technologiques ne sont pas des entreprises, ce sont des unités politiques aujourd'hui et géopolitiques qui sont qui constituent des goulaux d'étranglement géostratégique dans la la constitution du nouvel empire américain.
Et il faut comprendre tout ce que fait Donald Trump. mais aussi avec cette alliance disons très hybride et très nouvelle avec ces méga corporations. On le voit là, c'est en fait, il faut le comprendre par la lecture de l'empire.
Aujourd'hui, l'empire américain est en déclin et donc il est en train de se réparer, de se réinventer autour de la question technologique. Ce qui explique d'une part les rivalités géostratégiques avec la Chine autour de l'IA, mais pas l'IA parce que c'est l'IA, parce que l'IA, c'est génial, parce qu'on en parle pas du tout pour des questions militaires. Et ça, il faut l'avoir très clair en tête.
Et si on comprend et si on continue la grille de lecture de l'empire, et bien qu'est-ce qui se passe quand vous êtes un empire en déclin ? Et bien vous cherchez vos zones d'influence et aujourd'hui l'Europe est la zone d'influence directe des États-Unis et c'est très important. Et d'ailleurs cet été, l'été 2025, il y a eu un sommet interne et américain sur l'IA.
Et donc il y avait tous les gourous, il y avait sa maltman, il y avait toute la toute la bande et Donald Trump il a donné un discours en expliquant que un il fallait absolument et c'est ce qu'ils ont fait dès que dès que la nouvelle administration est arrivée, tout dérégulé, tout ce que d'ailleurs avait entrepris Joe Biden par ailleurs pour des questions de domination, de soft et de hard power. C'estàd c'est ça qui va permettre de véhiculer les valeurs et la vision et la nouvelle vision du monde américaine. Et à ce compte-là, l'Europe aujourd'hui est la zone périphérique, un marché mais aussi la l'un des parce qu'on a parlé de l'enjeu démocratique qui a un énorme enjeu commercial et ça on l'a bien compris aussi hein dans le film.
Il y a évidemment de l'enjeu commercial. Aurore l'a très bien dit, mais rappelez-vous aussi quand même le discours de J Vince en février 2025 à Monique, il y a une bataille culturelle, il y a une guerre idéologique qui est aujourd'hui menée contre l'Europe. Pourquoi ?
Pour deux raisons et je vous la fait cour mais il faut vraiment l'avoir en tête. La première, elle est idéologique, c'est de dire en fait, vous avez cette internationale néoréactionnaire, on l'appelle comme on veut, qui est en marche et d'ailleurs qui auprès desquel toutes les extrêmes droites européennes ont fait allégence dans un non sens d'ailleurs total et dans une absurdité sans qu'il n'ait vu bizarrement le piège dans lequel ils se sont engouffrés. Parce que je ne vois pas très bien comment on peut faire allégance aux États-Unis tout en tenant le discours de la souveraineté ou du souverainisme.
Ça, je n'ai pas compris comment ils allaient tenir leur équilibre. D'ailleurs, ils ne le tiennent pas. Deuxièmement, deuxièmement, c'est que en fait au-delà de la question simplement culturelle des idées et de la bataille idéologique, vous avez l'enjeu de la souveraineté.
C'est-à-dire que tuer la réglementation par le prisme d'ailleurs de la liberté, on parle de la souveraineté numérique là, par le prisme de la liberté d'expression soit-disant et cetera. En fait, vous tuez ou vous annulez la possibilité de de la troisème voie européenne et c'est ça aussi qui les rend un peu fou et c'est ce que disait Aurore. C'est la capacité potentielle ou possible de l'Europe à tenir son rapport de force. rapport de force d'ailleurs que aujourd'hui elle ne tient pas et ce qui nous manque de façon très très pragmatique, c'est une vision industrielle mais pas une vision industrielle parce qu'il faut bien comprendre aussi que la question technologique, les câbles sous-marins, l'IA, les réseaux sociaux, ce sont des chaînes de valeur hyper industrielle et donc aujourd'hui nous sommes vraiment en délicatesse.
Donc la question c'est pas de se dire œil pour œil, je crois que cette bataille-elà est morte, c'est trop tard, on va pas réparer 40 ans de retard et d'absence de vision industrielle. En revanche, se dire quel est le coup d'après, où sont les niches ultra stratégiques dans lesquelles on peut s'imisser pour être capable de tenir un rapport de force, avoir quelque chose à mettre sur la table des transactions. Ça c'est une réflexion qu'on doit absolument avoir et qui aujourd'hui est un tout petit peu disons balbuciante pour le moins.
Alors il il y a peut-être pas assez de recul hein pour voir quel a été l'impact réel de des deux règlements que nous avons cités. Néanmoins, est-ce que ça soit peu modifié la donne, modifier ce rapport de force dont nous parlons ? Il y a eu des amendes qui ont été décrétées contre certains opérateurs.
Ce qui a frappé peut-être tout le monde, c'est cette amende de plus de 2,9 euh milliards d'euros concernant Google au nom de du non respect de l'une de ces déréglementations. Ça c'est efficace. On a un peu de recul sur déjà de savoir l'efficacité, comprendre l'efficacité de ce qui a été mis en place du côté de l'Union européenne pour contrer les gens américains.
C'est efficace déjà parce qu'on ose l'appliquer, parce que ce que ne voulaient pas les Américains, c'était bon. À un moment, ils se sont dit "Bon, d'accord, gardez vos législations mais en fait on va avoir un accord entre gentleman et vous n'allez pas l'appliquer, d'accord ? Sinon ça va mal se passer." C'était ça en fait qui était un peu en jeu et le fait que on l'applique contre Apple, contre MTA et comme vous le ramenz de de de le rappeler aussi là ça veut dire que bah quand même on sa pas faire quelque part.
Donc c'est extrêmement important de ce point de vue là, quasiment plus que d'un point de vue économique de de de en fait de se faire respecter, de se respecter nous-même parce que moi, c'est ça qui me pose un problème. Je veux dire, je suis une législatrice européenne. Si c'est les États-Unis qui dictent, qui doivent aujourd'hui dicter ma législation, mais dans ce cas-là, devenons un étatmembre américain.
Comme ça, au moins, on aura le droit de vote au moins du côté américain. comme ça au moins je pourrais siéger dans le parlement américain où j'aurai de l'influence. Donc c'est hors c'est hors de question.
C'est hors de question. Donc ça c'est extrêmement important déjà que ça on ne le lâche pas. Après je vais pas vous mentir, il faut pousser la commission en permanence en permanence pour ne pas lâcher et faire en sorte qu'elle ose appliquer qu'elle sorte un peu de de son par exemple la taxation sur le numérique elle existe en France.
Il y a une taxe gafam on l'appelé comme ça en France. H en revanche, on avait pas réussi à la généraliser à l'échelle européenne. On avait pas réussi, c'est en cours de discussion, je vois qu' il y a il y a des évolution.
Après le problème aussi, c'est que les États n'ont pas fait leur MU non plus. La Commission européenne n'a pas fait sa mu. C'est-à-dire que quand il s'agissait euh d'être véhément et de de de faire du rapport de force vis-à-vis des États-Unis, chaque État disait "Oui, oui, mais attention hein, pas pas sur quelque chose où où ça peut moi je peux me prendre des sanctions hein, globalement." Donc chaque état en fait et même je vais vous dire les lobby et Stéphane Séjourné j'étais avec Stéphanjourné le vice-président de la Commission européenne au journée d'été du MDEF, il a rappelé ancien ministre des affaires étrangères il a rappelé au au MEDF vous êtes gentil de critiquer l'accord mais je vous rappelle que vous étiez les premiers à être dans mon bureau pour dire attention ne parle pas trop fort ne faisons pas trop de rapport de force parce que sinon on va se taper des sanctions ça va être mauvais pour nous c'est une erreur absolument dramatique Et ensuite, je voudrais juste rappeler quelque chose.
La Corée du Sud. La Corée du Sud mais d'autres pays. Je peux penser à la Pologne où il y a pas Amazon par exemple.
La Corée du Sud où il y a eu des alternatives à Uber, des alternatives à Apple Store et cetera. Quand un pays décide de mettre en place une réglementation, pas uniquement pour réglementer mais aussi dans une perspective de développer ses propres industries, ça fonctionne. Et en fait, c'est ça aujourd'hui qu'on doit faire, c'est DSA, DMA.
Très bien, faut le garder. Mais à côté de ça, il nous faut une vision et une politique industrielle. C'est vraiment urgent parce que la démocratie, c'est pas un truc vague.
La démocratie c'est votre liberté de pouvoir lire ce que vous voulez, penser ce que vous voulez, faire ce que vous voulez dans un cadre légal. Mais de pouvoir écouter, ben moi je suis très contente d'écouter Dominique tous les matins sur France Inter même si je suis pas d'accord avec lui en fait et j'ai besoin de ça et c'est fameuse alternative industrielle que vous évoquez tout à l'heure qui est de la liberté de parole. Alors parce qu'on a un peu l'impression, j'ai lu ici ou là que bon voilà du côté de l'Union européenne on essaie de gagner du temps avec cette ligne magino.
On peut peut-être appeler ça comme ça avec ces deux réglementations majeures hein qui sont déjà mises en œuvre. le temps peut-être de trouver une solution alternative de développer je parlais très simplement des réseaux sociaux européens dignes de ce nom et cetera et cetera et semble-t-il vous avez du mal à y croire à cette alternative de votre côté européenne face à ces géants américains aujourd'hui. Pour plein plein raison bah déjà parce que c'est ce que dit en creux aussi Aurore, c'est-à-dire que aujourd'hui l'enjeu du 21e siècle c'est qui va être le boss le patron du prochain ordre mondial.
Donc c'est en train de se jouer entre deux big stat quoi. C'est qui les seuls d'ailleurs propriétaires de géants technologiques ou en tout cas qui ont vu éclore leur géant technologique qui sont les États-Unis et la Chine. Donc j'ai le problème c'est que l'Europe n'est pas une nation.
Donc c'est exactement ce que décrivez Aurore c'està-dire que dès l'instant où on va rentrer dans un rapport de force chacun va avoir peur de sa sanction sur son territoire pour son industrie à juste titre parce qu'il y a des impacts sur le travail sur les tarif sur l'inflation les les taxes les inflations. Ce ne sont pas des jeux à somme nul. Donc ça c'est la première chose.
La deè deuxième chose c'est le niveau d'accoutumance dans lequel on est entré. Aujourd'hui on pourrait couper. Si on coupe, je ne sais pas si on aurait pas comme au Brésil d'ailleurs.
On a coupé au Brésil. Enfin oui, je suis pas certaine. On a coupé Facebook, je crois.
Mais parce que ce n'est pas ce n'est pas que le DIC. C'est-à-dire qu'il faut comprendre aujourd'hui que ce sont des infras à partir desquels on travaille, on on s'informe, on critique, on critique pas. C'est ainsi, c'est partout dans le quotidien.
Donc si tout d'un coup on coupait ou si d'ailleurs Donald Trump coupait pour quelques heures, mettons dans un rapport de force quelconque des services, moi je suis pas du tout persuadé de la réaction des citoyens européens. Je pense que ça peut créer une véritable disons colère ou un choc psychologique quelconque et cetera. Donc on en revient cette fameuse dépendance qu'on a évoqué tout à l'heure.
Coutumance total. Absolument. Accoutumance.
Et la dernière chose qui est peut-être une meilleure nouvelle, c'est que Trump, sa puissance, c'est un récit, c'est une construction qu'il a mis en scène et que nous gobons. Quand d'autres pays tiennent le rapport de force avec lui. Alors, ce sont des hommes forts, hein.
C'est Israël, c'est la Russie, c'est l'Inde, c'est la Chine. Il y a pas tellement de conséquences. So globalement le le rapport de force tient à peu près hein.
Trump n'a pas écrasé ces pays-là. Il a plutôt même tendance à les respecter. En réalité, on l'a vu avec Corge le sommet entre Russie et États-Unis l'été 2025.
Donc attention à ne pas manger tout cru. Le récit de la puissance c'est une mise en scène de la puissance. Ça veut donc dire que si on avait un tout petit peu de courage politique, on serait capable de tenir un rapport de force.
On aurait des coûts. Ce ne serait pas totalement neutre. Mais attention à ne pas être à ce point intimidé et euh intoxiqué par le récit de la puissance américaine.
Si je peux rebondir. Ce qui m'inquiète en fait deux choses. La première c'est que moi je vois bien qu'il y a une tentation de se dire allez on va attendre et puis ça va passer.
Tout ça ça n'est qu'une parenthèse. Trump ça n'est qu'une parenthèse. On va attendre sous-entendu la fin de cette mandature Trump numé mandature et puis après on va on va se retrou et c'est pas une parent sur d'accord.
Et à la fin des fin, on va se retrouver dans le monde qui existait avant cette mondialisation et ça voilà, il y a il y a une ce deuil n'est pas fait et c'est ce qui m'inquiète moi le plus. C'est-à-dire qu'on est dans un moment qui est en fait hyper politique. Hyper politique.
Euh Trump on l'aime ou on l'aime pas. Il fait de la politique et d'ailleurs il est même capable des fois de montrer qu'il est qu'il est plus puissant que l'homme le plus riche du monde qui est Elon Musk puisqu'il a été capable de lui de lui plier le bras à un moment. Et je suis d'accord, il ne comprend qu'une chose, il ne respecte qu'une chose.
C'est le rapport de force ça qu' faut qu'on le fasse. Je je permets aussi de rebondir sur ce qu'a dit Asma sur il faut gagner le coup d'après. Moi oui, mais je voudrais en revenir sur le coup d'après parce qu'on est-ce qu'on en est capable de développer notre propre industrie ?
Ce qui est terrible, c'est quand vous allez aux États-Unis, en Californie par exemple, moi j'étais il y a pas longtemps, il n'y a que des Européens et ils ne vivent que de quoi ? Ils ne vivent que de nos cerveaux. Et ils nous le disent.
Ils nous disent "Merci pour de payer des impôts, merci pour votre modèle social." Et ils sont capables de vous lister les meilleures écoles que qu'on a en France avec les formations. Ils les connaissent par cœur et elles sont pas qu'à Paris hein.
Ils ont été capables de me citer exactement de me faire une carte complète d'en France, là où ils vont chercher les gens. On a des cerveaux, on arrive pas à les garder. On narrive pas à les garder.
On a des cerveaux, on a de l'argent. C'est pas vrai qu'on est un pays, un un continent pauvre. Drag le dit, l'Union européenne vit sous ses moyens, pas au-dessus, sous ses moyens.
On n'investit pas assez. Ce qui nous manque en fait, c'est une vision politique. C'est-à-dire qu'on est dans un moment politique, il nous faut une vision politique.
On se dit telle est la priorité. Si c'est ça la priorité, après le reste, ça suivra parce qu'en fait on l'a. Mais il faut qu'on récupère nos cerveaux qui sont aux États-Unis et qui ont été formés et qui ont des compétences maintenant que nous n'avons plus forcément.
Il faut forcément avoir une politique communautaire. Lorsqu'on parle du numérique aujourd'hui, on ne peut plus raisonner au niveau national. Oui.
Non, il nous faut absolument une une politique communautaire parce qu'on se rend pas compte de déjà parce qu'il faut qu'on utilise le marché européen comme un rapport de force et parce qu'il faut se rendre compte que là on joue bloc contre bloc contre bloc. Donc oui, c'est au niveau communautaire que ça doit se faire. Bon, c'est malheureusement la fin de cette émission, c'est très court, on aurait voulu passer euh bien davantage de temps avec vous sur un sujet aussi important.
Euh merci en tout cas euh d'avoir participé à ce débadoc hein après ce euh ce documentaire que nous vous proposions aujourd'hui dans dans cette émission. Merci aussi à féliciter Gavalda qui m'a amplement aidé à préparer cette émission. Vos réactions, ça sera sur hashtag des débadog.
Nos invités d'ailleurs auront tout le réagir à ce que seront d'ailleurs hein ses réactions à cette adresse. Si elles sont polies et bienveillantes bien entendu et je vous donne rendez-vous tout simplement pour un prochain débadoc. Ça sera bien entendu avec son documentaire et son débat.
À très bientôt. [Musique] [Musique]
Aurore Lalucq