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ChroniqueNathalie Arthaud· 13 avril 2026 4 minAutoproduitActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesSolidarités & familleInstitutions & électionsEurope & international

Hongrie : une claque électorale qui doit encourager un sursaut ouvrier !

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 80 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:30Nathalie ArthaudChiffre
    « En quatre ans, les prix ont augmenté de 40 %. »
  • 3:30Nathalie ArthaudFait
    « Peter Magyar est un ancien dirigeant du même parti qu'Orban. »
  • 4:30Nathalie ArthaudFait
    « Les masses populaires qui ont voté pour lui en espérant une vie meilleure en seront vite déçues. »
  • 7:00Nathalie ArthaudFait
    « La classe ouvrière hongroise a montré sa capacité de révolte et d'organisation. »
  • 9:00Nathalie ArthaudFait
    « Les ouvriers avaient élu des conseils ouvriers dans les entreprises. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Orban, l'homme fort de la Hongrie, indéboulonnable depuis seize ans et vitrine de l'extrême droite européenne, vient d'être chassé du pouvoir après avoir essuyé ce dimanche une lourde défaite électorale. Cette défaite est aussi celle de Trump qui avait mis tout son poids pour le faire gagner. C'est aussi une défaite pour Poutine, qui avait fait d'Orban son allié le plus fidèle.

Et c'est une défaite pour tous les tenants de l'extrême droite comme Le Pen qui avait fait d'Orban un modèle à suivre. Cette défaite a été possible parce que des millions d'électeurs des classes populaires se sont exprimés dans les villes et dans les zones rurales pour rejeter Orban. Contrairement à ce que l'on entend, les ouvriers, les employés, les techniciens, les artisans n'ont pas voté au nom de principes démocratiques abstraits, ni pour renforcer l'Union européenne contre Poutine ou contre Trump.

Ils ont rejeté Orban parce qu'il les a plongés dans la crise. En quatre ans, les prix ont augmenté de 40 %. Autrement dit, le pouvoir d'achat des classes populaires s'est effondré.

A l'opposé, l'argent a coulé à flots vers le monde des affaires avec des scandales de corruption retentissants. Ce qui s'est donc exprimé dans les urnes c'est une réaction de rejet. Mais tant qu'elle reste sur le terrain électoral, rien de fondamental ne changera pour les travailleurs.

Le nouveau chef du gouvernement, Peter Magyar, est un ancien dirigeant du même parti qu'Orban. C'est un homme du sérail, tout aussi conservateur et anti-immigrés Parce qu'il se dit favorable à l'Union européenne à l'opposé d'Orban, il est décrit comme le Macron hongrois. C'est dire que les travailleurs n'ont absolument rien à en attendre.

Les masses populaires qui ont voté pour lui en espérant une vie meilleure en seront vite déçues. Et ce d'autant plus que le monde est embourbé dans la guerre et que la crise s'aggrave de plus en plus. C'est vrai pour la Hongrie comme pour nous ici.

Alors, les vainqueurs des élections ne méritent pas plus la confiance des travailleurs hongrois que qu'Orban ne l'a méritée Celui qui leur portera les coups a peut-être la tête du gendre idéal, mais il n'en est pas moins un ennemi. Avoir dit sa colère dans les urnes et avoir chassé Orban doit encourager les travailleurs à se mobiliser, car le seul moyen de défendre ses intérêts et de s'exprimer est de se battre sur le terrain social, contre l'inflation, pour l'emploi, pour de meilleurs salaires. En Hongrie comme ici, la classe ouvrière ne doit pas remettre son sort dans les mains de tel ou tel politicien.

Elle doit viser d'agir par elle-même et de peser sur la vie politique. La classe ouvrière hongroise a montré sa capacité de révolte et d'organisation. En 1956, elle a pris la tête d'une révolution contre le régime dictatorial imposé par le pouvoir stalinien en URSS.

Ceux qui aujourd'hui font allusion à cette révolution la résument en expliquant que les Hongrois voulaient virer les Russes. Mais c'était bien plus que cela. Les ouvriers avaient élu des conseils ouvriers dans les entreprises, non pas pour rétablir le patronat et le capitalisme, mais pour prendre eux-mêmes entre leurs mains la direction politique de la société.

Ils s'étaient armés, ils avaient organisé des milices ouvrières, ils avaient pris d'assaut des commissariats et avait résisté aux chars soviétiques qui leur avaient été envoyés. Pendant plusieurs semaines, Ils ont fait vivre ce pour quoi ils se battaient : un pouvoir ouvrier. Avec ce riche passé de lutte les travailleurs hongrois ne sont pas condamnés à être les jouets de politiciens aussi véreux les uns que les autres.

Ils peuvent aussi écrire l'histoire. Alors, cette protestation électorale sera-t-elle suivie de réactions ouvrières ? C'est ce que nous pouvons espérer de mieux pour nous tous.