Mathilde Panot : conférence de presse du groupe LFI à l'Assemblée nationale - 10/06/2025
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans ce point hebdomadaire du groupe parlementaire de la France Insoumise.
Évidemment, je commence par dire que toutes nos pensées et nos actions sont tournées vers l'équipage du Madeline, qui a été arrêté illégalement, je le rappelle en toute illégalité, puisque notamment dix rapporteurs spéciaux des Nations Unies ont rappelé, en appelant à un passage sûr de la flottille pour la liberté, que les Palestiniens avaient le droit de recevoir de l'aide humanitaire par la mer, et que dans les eaux internationales, il était tout à fait légal que le bateau puisse aller jusqu'à Gaza, puisque je rappelle qu'Israël occupe illégalement la bande de Gaza et donc a interdiction d'intercepter un navire.
Il est particulièrement honteux que la France et Emmanuel Macron n'aient pas eu un seul mot pour condamner cette arrestation illégale, et je rappelle qu'il est inédit dans l'histoire du Parlement européen qu'une parlementaire européenne soit détenue illégalement par un pays étranger, sans aucun mot, là encore, de dénonciation.
Il y a donc en ce moment même quatre Français, dont Rima Hassan, qui se trouvent en détention illégale à Jivon, à Ramelard, et contrairement à ce qui est dit dans les médias, ce ne sont pas ceux qui ont refusé de rentrer en France, mais ils ont refusé de signer un papier qui, en plus de prononcer une interdiction de territoire de 100 ans du territoire israélien, mettait comme condition de reconnaître une entrée illégale sur le territoire, ce qui est évidemment absolument faux.
Nous deux redisons donc que nous exigeons la libération immédiate et sans condition de l'ensemble des militants du Madeline, et que nous exigeons que la France et le gouvernement français fassent respecter non seulement notre pays, mais le droit international. Je rappelle aussi pour ceux qui aiment jouer aux répondeurs automatiques, notamment en répétant sans cesse ces mots extrêmement méprisants de la croisière Samus que nous avons entendue sur plusieurs médias, mais aussi de la fin du spectacle alors qu'ils étaient arrêtés illégalement, que cette opération comporte un réel danger.
Je rappelle que le 2 mai dernier, Israël a attaqué, là aussi illégalement, un autre bateau de la flottille de la liberté, et que si personne n'a été blessé, si le bateau n'a pas coulé, c'est qu'il était plus grand, et que sur un voilier tel que le bateau sur lequel étaient les 12 militants, dont Rima Hassan et Greta Thunberg, s'il y avait eu là aussi une attaque de drones, comme ça s'est passé le 2 mai dernier, alors le bateau coulait immédiatement.
Et je rappelle aussi, puisque certains semblent l'oublier, qu'en 2010, une opération similaire avait là aussi donné lieu à des tirs, avec 9 militants qui avaient été tués, avec notamment des balles dans la nuque, et qu'il y avait eu à ce moment-là plusieurs blessés. Donc je veux d'abord dire que nous, nous saluons leur courage immense, et que les militants du Madeleine, et notamment Rima Hassan, eurodéputée insoumise, ont fait plus en quelques jours que ce que Macron et les gouvernements européens ont fait en 20 mois de génocide.
Je rappelle aussi que l'objectif de la flottille et du bateau est de briser le blocus illégal de Gaza, avec un génocide qui continue maintenant depuis 20 mois, et une famine qui est utilisée comme arme de guerre, avec un blocus total et des images absolument insoutenables, et encore, selon-t-il, 13 personnes qui ont été tuées dans des distributions alimentaires qui deviennent des pièges mortels.
Ce ne devrait pas être des militants qui devraient avoir à briser ce blocus, mais comme l'a rappelé la rapporteure spéciale au territoire palestinien, des marines nationales qui devraient le faire, et je veux saluer là aussi les peuples qui, eux, sont à la hauteur de l'histoire, notamment en se mobilisant partout dans le monde, et particulièrement en France, hier, avec 150 000 personnes qui, dans 200 mobilisations, se sont mobilisées pour appeler à la libération immédiate de l'équipage de Madeleine, mais aussi pour appeler à la reconnaissance de l'État de Palestine, alors que Emmanuel Macron est en train de tergiverser sur cette question, pour appeler à un embargo immédiat sur les armes, et évidemment, à la levée du blocus, nous serons mobilisés aussi samedi, avec une date importante de mobilisation, et nous resterons mobilisés tant que l'ensemble de l'équipage ne sera pas libéré.
Je veux aussi saluer et féliciter les docteurs de FOSMASSEI, qui ont réussi la semaine dernière à empêcher que des pièces pour des fusils mitrailleurs soient embarquées jusqu'à Israël et donc le gouvernement génocidaire de Netanyahou, et donc qui, par leur mobilisation, ont eux aussi fait honneur à l'humanité.
Et je veux saluer aussi le fait que, enfin, le signal est envoyé en France, que le temps de l'impunité est terminé, avec une première plainte pour complicité de génocide, qui a été déposée contre plusieurs personnes, notamment l'avocat Tufa Nauri, qui ne cessait de se vanter, de bloquer l'aide humanitaire aux portes de Gaza, mais aussi une plainte contre Israël pour génocide, qui a été déposée par une grand-mère, que je veux là aussi saluer, Jacqueline, qui a déposé une plainte pour génocide suite au fait que Janna, 9 ans, et Abderaim, 6 ans, ont été tués par l'armée génocidaire, qui sont donc des enfants franco-palestiniens, dont je rappelle juste que nous, nous avions demandé au moment où il y avait eu un hommage pour les franco-israéliens, qu'il y ait aussi un hommage aux franco-palestiniens, et que nous n'avons jamais eu de réponse sur cette question, comme nous n'avons jamais eu une seule minute de silence dans cette assemblée pour les franco-palestiniens ou pour les palestiniens, alors que nous l'avons de maintes fois demandé.
Donc nous continuons évidemment à rester pleinement mobilisés sur cette question et à rester mobilisés aux côtés du peuple palestinien qui continue de subir le génocide. Je le dis d'autant plus qu'en ce moment a lieu le sommet pour l'océan et que nous avons un gouvernement français qui ne cesse de se targuer, de faire respecter le droit de la mer et le droit international, mais qui est incapable de dire un mot lorsqu'un équipage est arrêté illégalement, comme cela vient de se passer en Méditerranée.
Et j'en profite pour redire que nous avons, nous, insoumis, fait quelque chose qui, je crois, contribue fortement à ce sommet sur l'océan et à la politique internationale de la France, en faisant voter à l'unanimité, sauf l'abstention du Rassemblement national, une résolution le 2 avril 2025, donc le 2 avril dernier, qui a été portée par Pierre-Yves Cadalin et qui visait à ouvrir une université des Nations Unies sur l'océan, qui sera le premier institut des Nations Unies sur l'océan dans le monde, avec la possibilité d'une unité en Polynésie, donc qui serait là aussi le premier institut des Nations Unies dans le Pacifique Sud et qui sera un signal fort de défense des sciences et du multilatéralisme à l'heure où elles font l'objet de nombreuses attaques.
Je veux aussi signaler quelque chose qui s'est passé la semaine dernière, qui est passé un peu inaperçu et qui est pourtant extrêmement important. C'est un coup d'arrêt très fort à l'autoritarisme de ce gouvernement à Bure, puisque à Bure, après 8 ans de harcèlement policier et judiciaire contre les militants qui luttent contre l'enfouissement des déchets nucléaires pour 100 000 ans, donc la poubelle nucléaire de Bure, après 16 années d'écoute cumulés, 85 000 conversations imperceptées, des mobilisations de moyens antiterroristes, notamment des mises sur écoute, mais aussi des balises sur des véhicules, une association de malfaiteurs. Eh bien, la justice a rendu son verdict final.
Zéro charge retenue, zéro coupable, relax général pour l'ensemble des prévenus sur l'ensemble des accusations qui pesaient encore sur L&E. Bure a été le laboratoire de la criminalisation de la lutte écologiste. Eh bien, je le dis, les malfaiteurs ne sont pas du côté de ceux qui luttent pour l'intérêt général. Et désormais, il revient au gouvernement non seulement d'en finir avec un projet archaïque d'un autre siècle, qui est celui de la poubelle nucléaire, mais il revient aussi à ce gouvernement d'arrêter la répression qui est faite contre les militants écologistes.
Je rappelle que Michel Force, qui est le rapporteur spécial sur l'environnement de l'ONU, disait que la France était devenue le pire pays d'Europe sur la répression des militants écologistes, en pensant évidemment à Sainte-Solines, à la répression contre les militants, contre la 69, ou encore la tentative de dissolution des soulèvements de la terre. Et nous serons, nous, présents le 20 septembre pour fêter la fin de cette mascarade et continuer la lutte pour une large manifestation d'opposition au projet CIGEO à Lure.
Je termine par dire que je serai, moi, cette semaine en Martinique, avec notamment Jean-Philippe Nillor, député Martin, qui est insoumis pour des assises populaires contre la vie chère, qui auront lieu donc du 12 au 14 juin. J'y serai évidemment aux côtés d'autres élus, mais aussi du Air Prague, vous savez, avec cette mobilisation de plusieurs mois contre la vie chère, mais aussi de syndicats d'universitaires et d'associations de consommateurs. vie chère qui, aujourd'hui, pourrit au quotidien la vie des habitants des territoires dits ultramarins, avec en moyenne des prix 40% plus chers quand ce n'est pas 80 ou 120% selon les produits.
Nous aurons donc des discussions intéressantes pour prendre des initiatives contre ce que a été souvent expliqué comme étant la profitation. Et donc, ça sera la fin de cette semaine, en plus, évidemment, de participer aux différentes mobilisations pour le peuple palestinien et pour la libération immédiate et sans condition de l'équipage de la Madeleine. Je vais laisser la parole à François Pigmal sur la rénovation énergétique.
Bonjour à toutes et tous. Est-ce que vous savez combien de degrés il fera demain ? Parce que je vois qu'il y en a qui sont déjà en T-shirt. 38 degrés le 11 juin. Bon, et ça se cumule dans le temps. C'est les températures qui sont anormales par rapport à ce qu'on a vécu il y a plusieurs années. Et 38 degrés, pour les supporter, ça dépend du logement qu'on a. Et justement, vous savez qu'il y a la suspension de la prime rénov'.
On va interroger le gouvernement dessus, incessamment sous peu, parce que cette suspension interroge alors qu'un français sur sept habite sur un territoire qui va être exposé à plus de 20 journées anormalement chaudes d'ici 2050 et que 93% du parc bâti sera, lui, exposé à un risque fort ou très fort lié aux vagues de chaleur si on est dans la perspective d'un réchauffement de 4 degrés. Les raisons pour lesquelles le gouvernement annonce la suspension de la prime rénov' sont de deux ordres. Un, un afflux de demandes, ce qui est plutôt une bonne nouvelle pour un dispositif qui, au début, était assez imparfait, mais qui a vu tripler la demande, notamment en 2025.
Et deux, le fait qu'il y aurait une augmentation des fraudes. On est conscient de ces deux choses. Simplement, ce qu'on dit, c'est qu'au lieu de suspendre un dispositif qui, visiblement, est de plus en plus convaincant, pourquoi ne pas donner des moyens humains et matériels justement à ce dispositif pour à la fois répondre à la demande du parc et, deuxièmement, lutter contre les fraudes. Il se trouve qu'on s'interroge également si ce n'est pas la volonté de coupe budgétaire et d'économie qui se fait là sur le dos de la question de la transition écologique, mais aussi des populations qui sont les plus fragiles par rapport aux vagues de chaleur.
Je pense à nos anciennes, à nos anciens, mais aussi les plus jeunes, nos enfants et les personnes qui ont des problèmes de santé et les sans-avis. Pour toutes ces raisons, c'est perdant pour la santé des personnes, perdant pour la transition écologique et perdant également pour le secteur du bâtiment qui a intégré le dispositif et qui va avoir nombre de ces chantiers mis en péril par cette annonce de suspension qui, je le rappelle, est indéterminée à ce stade. On ne sait pas jusqu'à quand elle va aller.
Donc voilà, on tenait à alerter, à demander à ce que le gouvernement revienne sur cette suspension et remette en place le dispositif qui, certes, mérite encore d'être amélioré, mais en tout cas, certainement pas d'être suspendu. Je vous remercie. Merci beaucoup. Vous avez en plus de la chance ce matin d'avoir une matinée très haut-garonnaise. Donc je vous invite à en profiter. C'est plus le département de France. Et donc, évidemment, avec François, on tenait à être présent. Alors, il y a quatre jours a été remis le dernier rapport du CORS, le Conseil de l'orientation des retraites. J'imagine que vous avez vu passer. Il y a eu pas mal de vagues de commentariats.
Bon, ce rapport-là, nous prenons même qu'il y a un an, mais en moins bien, puisqu'il est signé notamment par Gilles Berset. Et l'intérêt n'est pas dans le texte, parce que le texte lui-même, finalement, confirme un ensemble de connaissances déjà largement établies, que la réforme des retraites n'a rien changé au déficit prévu à l'horizon de 1000 francs, 6,6 milliards, ce qui représente un point de cotisation patronale, pas grand-chose. Vous n'apprendrez rien non plus des hypothèses de plus en plus absurdes qui sont mobilisées sur le sol migratoire, par exemple, ou sur le pouvoir d'achat.
Non, ce qui est intéressant, c'est la nouvelle fonction qu'occupe le CORS dans l'appareil d'État et dans la lutte idéologique. Puisque cet organisme, on le rappellera, a été purgé en novembre 2023, puisque le président précédent avait eu le malheur de dire la vérité. Donc, ça se paye content, il a été débarqué. Et à sa place, a été nommé Gilles Berset, donc qu'on appelle parfois économiste-macroniste, qui est plutôt un macroniste qui fait de l'économie, mais passons.
Vous connaissez un peu le CV, j'imagine, réactionnaire patenté, adversaire du SMIC, inspirateur de la loi de travail à Comrie, grand défenseur devant l'éternel de la réforme des retraites, récipiendaire du prix du livre d'économie en 2014, remis des mains d'Emmanuel Macron, comme quoi les grands esprits se rencontrent. Bon, c'est cet homme-là qui désormais a la charge de produire l'information publique sur les régimes de retraite, sur les comptes des régimes de retraite et sur l'avenir, en fait, de ce volet de la protection sociale. Ça implique plusieurs conséquences. La première, c'est que les rapports surgissent à des moments quand même adroitement choisis.
Par exemple, au moment où l'Assemblée nationale vote une résolution pour abroger la réforme des retraites, sort un rapport à quelques heures d'intervalle pour, évidemment, jouer le rôle de contre-feu. Donc le corps est devenu un outil politique. Deuxièmement, il n'y a plus de scénario alternatif. Le début du rapport nous explique qu'en fait, ça serait terrible d'augmenter les cotisations. Vous imaginez 1% qui est terrible. Tout le monde serait pris à la gorge, on ne s'en sortirait pas, c'est l'hiver nucléaire qui a deux pas. Donc les scénarios alternatifs ne sont pas examinés parce qu'ils déplaisent à M. Sète, donc ils n'apparaissent pas dans le texte.
Et puis, ce rapport cache une partie des prémices. Il y a une hypothèse de base qui n'est jamais vraiment explicité. C'est que les dépenses des régimes de retraite, elles sont stables dans la décennie qui vient. C'est 13,9% du PIB. Les dépenses sont stables. Mais l'hypothèse que fait le rapport, c'est qu'on va baisser les recettes. C'est-à-dire qu'à dépenses identiques, on mettra moins d'argent dans la caisse. Puisqu'ils envisagent que d'ici 2070, on baisse à 12,7% du PIB les recettes. Donc, 13,9% en dépenses, 12,7% en recettes. Et bien, figurez-vous que du coup, ça crée un déficit incroyable.
Donc, on a vraiment un rapport fait visiblement pour intoxiquer le débat public qui ne dit pas ce qu'il fait et qui ne fait pas ce qu'il dit et qui nous permet juste de réaffirmer ici que non, il n'est pas vrai que les régimes de retraite soient menacés. La seule chose qui les menace, ce sont les hypothèses comptables absolument détestables de M. Sète et ses amis. Et que s'il faut vraiment trouver cet argent-là, eh bien, on a le choix. Un point de cotisation patronale, c'est plus de 6 milliards dans la caisse. Alignement des assiettes, des cotisations, par exemple, à l'épargne salariale, au stock option ou au prix de l'intéressement, c'est la même somme qui est rajoutée dans la caisse.
Il y a des fonds dans ce pays qui ne sont pas mis à contribution des régimes de retraite et la purge qu'a connu malheureusement le corps nous conduit à en faire un organisme aujourd'hui de propagande macroniste qui ne remplit pas la tâche d'intérêt général pour lequel il a été créé.
Et ces informations, par leur conseil ?
Oui, par leur conseil. Et pour l'instant, sur ceux qui ont signé le papier, notamment votre collègue journaliste a lui accepté, Omar Fayyad a lui accepté par exemple de signer ce papier parce qu'il pensait que c'était important d'aller expliquer ce qui s'y passe. Je rappelle que ce papier acte, qu'ils sont entrés illégalement sur le territoire israélien, ce qui est évidemment faux puisque la flottille et le bateau opéraient en toute légalité pour apporter de l'aide humanitaire à Gaza. Donc ça, c'est la première chose.
Et donc les autres sont détenus à Givon, des informations, des conseils que nous avons, et doivent attendre de passer devant un juge, ce qui pourrait prendre jusqu'à 96 heures, d'où l'importance de maintenir plus que jamais la pression populaire puisque nous avons un gouvernement qui est incapable de prononcer même le mot de condamnation, qui est incapable de ne faire aucun geste diplomatique si ce n'est d'appeler à ce qu'il puisse rentrer à un moment, ce qui je crois est extrêmement faible comme réaction alors qu'il y a six Français qui se trouvaient dans ce bateau. Je rappelle que c'était la nationalité qui était la plus représentée sur ce bateau humanitaire.
Je n'en sais pas plus sur les mots, donc j'en resterai là.
Merci.
Mathilde Panot