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interviewBFMTV — BFM Politique· 12 janvier 2025 43 min

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste - 12/01

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:04
Présentateur

Vous êtes bien dans BFM Politique, notre invité ce matin est au cœur des discussions avec le gouvernement sur la réforme des retraites. Olivier Faure, premier secrétaire du Parti Socialiste, merci d'avoir accepté notre invitation. Bonjour, on va revenir dans un instant sur tous ces détails à mes côtés ce matin pour vous interroger. Anne Saurad-Dubois du service politique de BFM, bonjour Anne. Et Bruno Jeudy, directeur délégué de la Tribune dimanche, ravi de vous avoir à mes côtés ce matin. Je le disais Olivier Faure, tout au long de la semaine, vous avez été au cœur des discussions.

Vous avez échangé avec le nouveau ministre Éric Lombard qui est en charge de l'économie, avec Amélie de Manchalin qui est en charge du budget, sur cette question clé qui va être au cœur de la discussion et de la déclaration politique générale de François Bayrou. Le gouvernement va-t-il revenir sur la retraite à 64 ans ? Est-ce que ce matin, au moment où on se parle Olivier Faure, vous avez un accord avec le gouvernement ?

0:58
Olivier Faure

Au moment où nous nous parlons ce matin, le compte n'y est pas encore. Et je ne peux pas dire ce que sera l'issue de la discussion, puisqu'il y a une négociation. Et comprenons-nous bien, quand on parle de négociation, il ne s'agit pas, comme souvent, d'une espèce de simulacre dans lequel chacun arrive, rentre, sort, fait sa déclaration et puis basta. Cette fois-ci, nous sommes dans une vraie discussion où nous échangeons. Nous échangeons, y compris des données financières, sur tous les sujets. Nous amenons à la fois des revendications, mais aussi des solutions, des solutions techniques, financières, qui permettent d'avancer. Le gouvernement a ses propres lignes rouges.

Et donc, nous cherchons à voir quelles sont les voies qui permettent la conciliation. Ce n'est pas si simple, c'est une vraie discussion. Et donc, comme ce n'est pas un simulacre, comme ce n'est pas simplement une comédie, ça prend du temps. Et les arbitrages, ils doivent être rendus à la fois dans les ministères, puis ensuite à l'échelon supérieur, c'est-à-dire à Matignon. Et au moment où nous nous parlons, moi, je ne sais pas ce que le Premier ministre va décider. Et donc, je ne sais pas dans quelles conditions nous serons mardi prochain. Et donc, je ne peux pas assurer quoi que ce soit.

2:05
Présentateur

Ça veut dire que les discussions se poursuivent, vous échangez actuellement encore ?

2:08
Olivier Faure

Ça veut dire qu'elles se poursuivent. Ce matin encore, les discussions se prolongeaient. Elles se prolongeront dans la journée. Demain, j'imagine encore.

2:15
Présentateur

Avec le ministre de l'Économie ?

2:16
Olivier Faure

Avec le ministre de l'Économie, avec le Premier ministre. Vous échangez avec François Bayrou ? Pas encore, mais il est prévu à un moment que nous échangeons avec lui, parce que c'est lui qui est la clé de voûte institutionnelle dans ce débat. Et donc, nous devons effectivement avoir aussi un échange avec lui.

2:30
Présentateur

Avant la déclaration de politique générale ?

2:32
Olivier Faure

Avant cette déclaration de politique générale.

2:33
Présentateur

Vous avez rendez-vous à Matignon ?

2:35
Olivier Faure

Je ne dirai rien, mais l'évidence, c'est que le contact doit avoir lieu, parce que nous devons nous assurer de ce que dira le Premier ministre sur un certain nombre de sujets, et pas exclusivement la question des retraites. On y reviendra. Donc, vous avez rendez-vous à Matignon, Olivier Faure. J'imagine que ça peut être à Matignon ou ailleurs.

2:53
Intervenant

Vous dites que le gouvernement a ses propres lignes rouges, il vous les a données ? Clairement ?

2:57
Olivier Faure

Bien sûr, en fait, vous les connaissez, elles sont publiques. Mais ils ne sont pas pour la suspension de la réforme des retraites, ils ne sont pas pour son abrogation, ils ne sont pas…

3:04
Intervenant

Suspension définitive, oui.

3:06
Olivier Faure

Oui, bien sûr, mais ce que je veux dire, c'est que même sur la suspension provisoire, ils sont contre.

3:10
Intervenant

Donc, pour vous, il n'y aura pas de suspension ? Non, je ne dis pas ça.

3:13
Olivier Faure

Je dis que nous partons de points de vue qui sont des points de vue opposés. Ils sont… c'est un gouvernement de droite, je suis de gauche. Donc, forcément, nous n'avons pas la même vision de la politique que nous voulons conduire. Simplement, ce que nous avons compris et ce qu'ils doivent comprendre aussi, c'est que les Français n'ont donné de majorité absolue, ni aux uns, ni aux autres. Et que cela suppose donc que nous fassions avec et que nous cherchions les chemins qui conduisent à des compromis forcément provisoires, parce qu'il y aura des cartes qui seront rebattues lors de l'élection présidentielle de 2027, où là, nous aurons chacun nos lignes de conduite.

Il ne s'agit pas de dire que nous allons nous fondre les uns dans les autres. Il ne s'agit pas de dire que je passerai à droite et que la droite passerait à gauche. Ce serait stupide, ce serait absolument faux. Donc, il y a des volontés différentes, mais nous allons voir ce que nous… Alors, maintenant, sur la suspension elle-même…

4:03
Présentateur

Vous n'avez pas d'esprit ce matin, vous êtes optimiste ou pas sur un retour ?

4:07
Olivier Faure

Mais j'ai l'optimisme de la volonté. Sur une suspension de la retraite à 64 ans. J'ai l'optimisme de la volonté. Je crois que ce gouvernement doit comprendre et entendre le fait qu'il a été battu aux élections législatives, que cette réforme des retraites, elle a été combattue par 80% des actifs en France. Optimiste ou pessimiste, Olivier Faure ? L'optimisme de la volonté, c'est-à-dire que je crois qu'il y a un chemin possible. Nous avons proposé un certain nombre de solutions techniques qui permettent d'arriver à cette suspension. Et ensuite, à une discussion. Parce que, là aussi, comprenons-nous bien, nous ne sommes pas simplement en train de dire « Ce qui s'est fait, c'est mauvais.

» Et donc, on enlève tout et on… On va venir à vos propositions.

4:45
Présentateur

Question de Bruno Jeudy.

4:46
Invité

Je veux revenir sur ce que vous avez dit. En ouvrant l'émission, le compte n'y est pas encore. Soyons clairs pour les téléspectateurs qui nous écoutent. On sait que vous partez chacun de points de vue opposés. Vous, vous souhaitez l'abrogation. Vous avez fait campagne pendant la législative là-dessus. Possiblement, on a l'impression qu'il y a un chemin vers une suspension de manière provisoire. Est-ce que vous êtes capable de passer de l'abrogation à la suspension, fût-ce-t-elle provisoire ? De six mois, de trois mois, de un an. Mais à quoi, quand j'ai proposé… Et d'une discussion ensuite qui serait évidemment menée dans un temps précis.

Le Premier ministre a dit « Je reprends, je ne suspends pas. On va discuter neuf mois. On sait que maintenant, ce serait plutôt six mois. Est-ce que vous pensez qu'il y a possibilité d'avancer vers une suspension provisoire ? »

5:35
Olivier Faure

Quand j'ai fait cette proposition, je l'ai faite avec l'idée d'un chemin, d'un processus qui conduise non pas à revenir… C'est pas on arrête pendant six mois la réforme borne et puis en six mois, on revient à la réforme borne. L'idée, elle est simplement de dire qu'il y a un sujet de financement pour nos retraites. C'est une évidence. Et que ceux qui disent le contraire, en réalité, nous mentent. Donc, il y a un problème provisoire sur l'année qui est autour de 3 milliards. Et ce problème-là, il peut être résolu en piochant dans ce fonds de réserve des retraites qui a été créé par Lionel Jospin. Ça, c'est votre proposition. Précisément pour cela. Ça ne veut pas dire que ça solde la question.

Il faudra bien que les années suivantes

6:10
Invité

on trouve de l'argent.

6:11
Olivier Faure

On va y revenir sur le financement global. Donc, il y a en fait la volonté de la part des socialistes, des écologistes, des communistes de dire qu'on suspend. Et puis derrière, ce que l'on fera, c'est qu'on aura une discussion avec les partenaires sociaux. Nous chercherons des solutions qui permettent non pas simplement d'abroger, mais de remplacer la loi Brande par une autre loi. Donc, on suspend pendant 6 mois, Olivier Faure ? Pour arriver à autre chose.

6:33
Présentateur

Et dans 6 mois, s'il n'y a pas eu d'accord, on fait qu'on en revient à 64 ans ?

6:36
Olivier Faure

Mais on trouvera parce qu'il y a des solutions. Et que la réalité, c'est que nous ne sommes pas limités. Il n'y a pas une seule politique possible. Et comme vous dites que vous êtes prêts

6:44
Présentateur

à faire une réforme, ça veut dire que vous dites 64 ans, c'est terminé. Mais ce n'est pas forcément un retour à 62 ans.

6:51
Olivier Faure

Mais c'est ce que je porte, moi. Je ne sais pas ce que sera la négociation. Donc, vous n'êtes pas favorable

6:56
Présentateur

à un retour à 62 ans.

6:57
Olivier Faure

Si, je suis favorable, bien sûr. Je pense qu'aujourd'hui, le problème de cette réforme du saut Macron, elle est... Pourquoi on s'y est opposé ? On s'y est opposé parce que le financement des retraites repose précisément juste sur le recul de l'âge légal. Ce qui fait que les gens cotisent plus longtemps et notamment ceux qui auraient pu partir plus tôt parce qu'ils avaient déjà leurs annuités. Et donc, ce sont les carrières pénibles. Ce sont les gens qui ont les métiers les plus difficiles qui, en réalité, payent la retraite des cols blancs. Donc, moi, je ne suis pas d'accord avec ce principe-là.

Je pense qu'il y a des gens qui ont suffisamment cravaché pendant leur vie pour créer la richesse de ce pays et qu'à un moment, il y a une justice qui s'impose et que cette justice impose qu'ils puissent partir à un moment où l'âge de la retraite leur permet encore de vivre dans de bonnes conditions. L'âge de la retraite en bonne santé. Et donc, voilà, maintenant, il y a d'autres modes de financement possibles et c'est de cela dont je veux que nous parlions.

7:50
Invité

Olivier Faure, je reprends encore vos mots. Tout ce que vous avez prononcé cette semaine, vous avez parlé, vous êtes parti d'abrogation. Vous avez évolué, vous êtes parti d'abrogation. Au début de semaine, vous attendiez des concessions remarquables. Ensuite, j'ai entendu dans votre bouche ou celle de ceux qui vous accompagnaient, on attend des évolutions, des modifications. Quel mot vous voulez entendre dans la bouche de François Bayrou ? Mardi, au moment de son discours de politique générale pour ne pas le censurer deux jours plus tard.

8:17
Olivier Faure

Un mot très simple, suspension. Suspension. Et après, suspension, discussion et ensuite, remplacement, évolution, faire en sorte que nous ayons à la fois garanti notre système de retraite par répartition, mais que nous l'ayons fait en ne faisant pas reposer la charge du financement sur les plus précaires, sur les médias plus pénibles. Donc, c'est le mot

8:40
Invité

que vous voulez entendre mardi lors de son discours de politique générale pour ne pas le censurer jeudi. Oui, absolument.

8:47
Intervenant

Est-ce qu'il y a une autre condition de durée ? Le temps de la suspension, il y a une suspension minimale pour vous ?

8:51
Olivier Faure

Mais la suspension, tant qu'il y a la discussion, ça sert à quoi la suspension ? Ça sert à dire simplement qu'on n'est pas simplement... Il y a une possibilité

8:56
Intervenant

de se suspendre en 2025. Enfin, se suspendre en 2026 sans réfléchir en 2029.

9:00
Olivier Faure

Moi, ce que je ne veux pas, c'est qu'on nous dise on discute, on discute et puis à la fin, rien n'a changé et puis on revient à la case départ. Donc, la suspension, elle est un gage donné à la discussion. C'est-à-dire que pendant que la discussion qui n'a pas eu lieu pour la réforme précédente, eh bien cette fois-ci, il y a une vraie discussion qui permet de trouver éventuellement une autre solution de financement et à partir de là, on est dans une situation qui a complètement changé. Et je dis que ce serait même y compris pour le pouvoir actuel une bonne manière faite aux Français. Parce que ce n'est pas pour moi que je le dis. Comprenons-nous bien.

Moi, je ne demande pas d'entrer au gouvernement. Je ne veux pas être dans la majorité. Je suis dans l'opposition et j'y resterai. Ça, vous n'évoluez pas.

9:39
Présentateur

Ce n'est pas parce qu'il y aura

9:40
Olivier Faure

un compromis sur les retraites.

9:41
Présentateur

Bien sûr que non. Vous excluez toujours d'entrer au gouvernement. Mais bien sûr. Et si vous trouvez un compromis, les Français peuvent se dire pourquoi finalement ils ne participent pas au gouvernement ?

9:49
Olivier Faure

Mais parce que nous ne sommes pas d'accord sur tous les sujets. Moi, je ne me vois pas rentrer dans un gouvernement où je devrais être solidaire des foucades de M. Rotaillot. Donc, ça ne m'intéresse pas. Mais ce que je dis, c'est que nous sommes dans une opposition qui a compris quelque chose. C'est que la stabilité du pays, parce que nous avons besoin que nos entreprises fonctionnent, nous avons besoin que les Français puissent s'assurer du fait qu'il n'ait pas leurs impôts qui augmentent avec la non-indexation du barème de l'impôt sur le revenu. Sur tous ces sujets-là, les agriculteurs qui ont besoin des mesures qui ont été adoptées. Donc, nous avons besoin d'avancer.

Dans les discussions que vous avez eues avec le gouvernement,

10:26
Présentateur

question courte, réponse courte, est-ce qu'a été évoquée la question de suspendre en 2026 la réforme à condition de trouver une solution en 2025 ? Ils vous en ont parlé ou pas du tout ?

10:36
Olivier Faure

Non. Ça, ça n'a pas été évoqué ? Non, j'ai lu ça comme vous dans un journal qui croit avoir la solution. Ce n'est pas la solution.

10:45
Présentateur

Alors, ça veut dire que là, on vient bien d'entendre votre position, on vient bien d'entendre ce que vous avez dit. Le compte n'y est pas pour l'instant. Ça veut dire que si la discussion, Olivier Faure, s'arrêtait aujourd'hui, vous votez la censure contre le gouvernement de François Bayrou. Oui ou non ?

10:58
Olivier Faure

Oui, bien sûr. Bien sûr. Alors, ce que je veux dire aussi, c'est qu'il n'y a pas sur la table que le seul sujet des retraites. On va y venir,

11:06
Présentateur

mais en l'État ?

11:07
Olivier Faure

Mais en l'État, et je ne me préjuge pas de ce qui sera l'issue de la discussion, mais en l'État, effectivement, nous censurerions. Mais mon souhait personnel et celui des socialistes, ce n'est pas de chercher à censurer pour censurer. Nous ne sommes pas en train de tendre un piège au gouvernement. Nous cherchons, au contraire, de trouver les bonnes raisons pour que les Français se disent « Oui, il y a eu une discussion. Oui, ils ont réussi à trouver des compromis. Et oui, c'est bien pour le pays. » Vous écoutez ce que vous demandent

11:34
Invité

vos électeurs. Il y a une étude des labs cette semaine qui est parue qui dit que deux tiers des Français, deux Français sur trois, veulent que les hommes politiques passent par le compromis et ne censurent pas. Et notamment, j'ai lu dans le détail, six sympathisants socialistes sur dix. Ça, vous l'entendez ? Bien sûr. Ils veulent le compromis et ils ne veulent pas vous censurer.

11:53
Olivier Faure

Mais pas seulement les socialistes, les écologistes, les communistes, les insoumis, les électeurs. Un peu moins les insoumis. 84%. Donc, en fait, on est dans une situation où évidemment, tout le monde se dit mais le pays ne peut pas rester bloqué. Il y a un moment où tout le monde comprend bien que même s'il n'y a pas de shutdown, il y a quand même une vraie difficulté. C'est que ce pays doit être gouverné, piloté et ça suppose qu'il y ait un budget.

12:14
Intervenant

Finalement, maintenant, vous faites comme ce qu'a fait le Rassemblement National avec Michel Barnier. C'est du chantage. Vous arrivez avec vos lignes rouges, votre liste de course.

12:19
Olivier Faure

Mais je fais du chantage, madame. Je fais le rappel de ce qu'a été le résultat. C'est suspension

12:23
Intervenant

de réforme de retraite ou c'est censure ?

12:24
Olivier Faure

Mais je fais le rappel de ce qu'a été d'abord un combat pendant plusieurs mois des Françaises et des Français dans la rue et au Parlement. Et je fais aussi le rappel tout simplement d'un vote qui a eu lieu. Il y a même eu trois votes en réalité. Les élections européennes puis deux tours des élections légitatives. C'était les arguments de Marine Le Pen aussi.

12:40
Intervenant

Elle se sentait légitime à exposer ces liens.

12:42
Olivier Faure

Mais madame Le Pen n'est pas arrivée en tête des élections légitatives. Je vous rappelle que c'est la gauche qui est arrivée en tête avec le nouveau Front populaire. Et donc, il n'est pas anormal que nous venions à la table des discussions en disant écoutez, les Français ont parlé parce que moi ce que je vois c'est qu'il y a une grande fatigue démocratique. Une très grande fatigue. Et qu'à force de mépriser y compris les messages adressés par les Français très directement par le vote ce qu'ils finiront par choisir c'est de choisir la politique du pire c'est-à-dire la pire des politiques c'est-à-dire l'extrême droite. Moi je n'en veux pas.

Et donc je veux qu'on donne le sentiment aux Français que justement il y a une voix possible et puisque on a entendu la voix possible que vous avez évoquée

13:20
Présentateur

au cœur de vos discussions il y a un homme que les Français sont en train de découvrir c'est Éric Lombard le nouveau ministre de l'économie et c'est le choix de la tribune que vous avez fait aujourd'hui Bruno la parole est à vous.

13:32
Invité

Oui Olivier Faure on ne serait peut-être pas là aujourd'hui à discuter autant de cette réforme des retraites de cette évolution possible que vous appelez de vos voeux s'il n'y avait pas eu ce choix d'Éric Lombard ministre de l'économie on ne l'attendait pas comme négociateur en chef de la réforme des retraites ce n'est pas une habitude mais Éric Lombard que j'ai interouvé pour la tribune dimanche qui j'ai beaucoup parlé me parle de vous comme d'un ami d'un partenaire solide qui au fil des années est devenu un ami il vient des rangs de Michel Rocard il a travaillé avec Michel Sapin vous le connaissez très bien il dit de vous que vous êtes un homme de confiance un homme solide est-ce qu'on dit non à un ami qui aujourd'hui veut cet accord sur la réforme des retraites ?

14:16
Olivier Faure

Écoutez l'amitié c'est évidemment très important mais ce n'est pas une discussion amicale c'est une discussion entre d'un côté un gouvernement auquel il appartient et une opposition que je représente avec d'autres et donc ces liens n'ont rien à voir dans la discussion elles rendent le débat plus fluide évidemment il n'y a jamais eu

14:39
Invité

de discussion de ce niveau à Bercy depuis 7 ans depuis 7 ans il n'y a pas eu de discussion entre la gauche et un gouvernement droite macroniste comme c'est le cas aujourd'hui

14:49
Olivier Faure

il faut lui reconnaître le fait qu'il a cherché à engager un vrai dialogue et que le dialogue c'est vrai très fluide et qu'il y a aussi le sentiment réciproque que nous ne cherchons pas à nous enfumer les uns les autres mais à avancer sur des positions qui sont des positions différentes mais qui sont des positions qui peuvent à un moment se rencontrer vous êtes certain

15:10
Auditeur

de ne pas vous faire enfumer

15:11
Olivier Faure

mais je suis certain de rien c'est pas lui qui in fine arbitrera et donc il y a aussi François Bayrou derrière et c'est lui le chef du gouvernement mais c'est une négociation pour vous

15:22
Invité

vous la qualifiez comment de sérieuse lui parle d'une alchimie positive entre notamment entre vous quand vous êtes venu avec les dirigeants communistes et socialistes avec Patrick Caner qui évolue de manière qui évolue de manière très positive et ça le rend optimiste

15:39
Olivier Faure

mais je crois qu'il y a des gens autour de cette table de discussion qui ont envie d'aboutir maintenant je vois aussi qu'il y a des gens qui font tout pour que ça n'aboutisse pas je vois bien les efforts de Bruno Retailleau au gouvernement pour essayer de mettre des irritants dans la discussion je vois bien que ce matin Gérard Larcher cherche à se montrer implacable on va en parler parce que la droite voudrait nous faire croire qu'elle a gagné les élections législatives bon je vois tout ça et je sais bien que tout cela pèse dans la discussion mais moi ce que je dis c'est que justement la gauche va être entendue pour une raison simple c'est que nous nous ne demandons rien d'autre que de servir les françaises et les français il n'y a aucune volonté de notre part de récupérer le moindre ministère le moindre avantage personnel rien du tout nous ne prenons que des risques nous le faisons pour une seule raison c'est que nous pensons qu'à un moment ce pays la France les français méritent mieux que le grand bazar il salue d'ailleurs les efforts que vous faites est-ce que vous saluez les efforts qu'il fait oui je salue les efforts qu'il fait bien sûr je dis qu'ils ne sont pas encore suffisants mais je salue le travail qui est réalisé bien sûr et non seulement et je le dis aussi parce que ça peut paraître un peu inédit de ma part je dirais que tous les ministres que nous avons rencontrés m'ont donné le sentiment d'être véritablement dans la recherche d'un accord et donc je me dis que cette année d'esprit peut-être très nouveau peut ouvrir une période nouvelle aussi on verra bien vous pensez que c'est le fait

17:05
Invité

que c'est les leçons de ce qui s'est passé avec le gouvernement Barnier qui sont tirés que quelque chose s'est passé ces derniers jours et même dernière semaine parce que ça date de 15 jours

17:15
Olivier Faure

ces négociations je crois qu'il y a des gens qui ont compris pour répondre à votre question qu'ils avaient le choix entre deux solutions la première c'est d'avoir une discussion exigeante avec la gauche et les écologistes c'est exigeant c'est difficile pour eux comme pour nous l'autre solution c'est de se mettre sous la tutelle du Rassemblement National et de l'extrême droite et avec y compris l'assurance qu'à un moment de toute façon Marine Le Pen trahira et donc il y a là une situation qui est simple sur avec qui veulent-ils discuter est-ce qu'ils veulent faire comme Michel Barnier assurer leur survie avec les voix de l'extrême droite ou négocier avec la gauche même si évidemment je comprends que ça n'est pas forcément le chemin qu'ils auraient choisi spontanément Olivier Faure

17:57
Présentateur

vous évoquiez il y a un instant les propos de Gérard Larcher le président du Sénat ce matin chez nos confrères du Parisien lui dit qu'il n'est pas question ni d'abrogation il ne veut ni abrogation ni suspension finalement à essayer de draguer la gauche est-ce que le gouvernement risque pas de perdre la droite comment vous réagissez à ce que dit le président du Sénat

18:13
Olivier Faure

mais la droite la droite la droite c'est quoi la droite de LR en fait c'est la droite républicaine de gouvernement qui est dans le gouvernement non mais bien sûr c'est combien de parlementaires à l'Assemblée c'était quoi leur résultat à l'élection législative ils sont arrivés bon dernier donc ils ne vont pas maintenant faire la leçon à tout le monde beaucoup d'élus locaux

18:34
Intervenant

encore ils représentent quelque chose dans le maillage territorial

18:36
Olivier Faure

mais bien sûr mais nous autant qu'eux donc je ne vois pas très bien quelles sont les raisons pour lesquelles ils seraient là à poser des vétos je rappelle que le premier ministre s'appelle François Beyrou qui n'est pas chez LR que le président est Emmanuel Macron qui n'est pas chez LR et que les français n'ont pas choisi LR pour les gouverner donc ça suppose qu'à un moment on en arrête de tous s'enrhumer quand Gérard Larcher est tous enfin franchement ça ne va pas

18:59
Présentateur

Olivier Faure est-ce que dans les garanties que vous demandez ce n'est pas de hausse d'impôt pour les plus modestes ou est-ce que pour financer par exemple la réforme des retraites qu'on évoquait vous dites il faut augmenter certains impôts

19:07
Olivier Faure

mais bien sûr qu'on ne doit pas toucher à l'impôt de l'immense majorité des françaises et des français la classe moyenne est déjà assommée les classes populaires sont déjà en train de se demander comment elles finiront sur le fait qu'on n'augmente pas les impôts des plus modestes et impôts directs ou indirects parce que je vais y venir parce que nos revendications ne portent pas exclusivement là on fait comme si tout était bloqué sur la retraite moi je veux par exemple que sur les questions d'accès aux soins qui sont des questions très importantes sur les déremboursements des médicaments mais aussi sur le ticket modérateur le fait que quand on va chez le médecin vous vous rendez compte qu'avec la réforme Barnier pour ceux qui n'avaient ni mutuel ni médecin référent le reste à charge c'est-à-dire ce qui n'est pas remboursé c'était 21 euros et alors qu'est-ce qui se passe dans ces cas-là les gens qui ne peuvent pas aller chez le médecin et qui ne peuvent pas débrousser 21 euros ils vont aux urgences et c'est les urgences qui sont à leur tour complètement embolisées cette semaine à Longjumeau il y a une jeune fille de 20 ans qui est morte parce qu'elle était dans la file d'attente et qu'elle n'a pas pu être prise en charge correctement et bien ce débat-là nous devons l'avoir et moi je ne veux pas que l'hôpital soit le parent pauvre je ne veux pas que les français soient amenés à abandonner leur accès au coin et donc dans le débat qu'on vient d'avoir

20:23
Présentateur

Olivier Faure il y en a un nom qu'on n'a pas encore cité vraiment c'est Emmanuel Macron est-ce qu'il serait d'accord sur toutes les positions que vous prenez notamment sur la question de revenir sur cette retraite à 64 ans vous dites quoi au chef de l'État ce matin ?

20:34
Olivier Faure

Mais au chef de l'État ce que je lui dis comme ce que lui ont dit les français c'est qu'il faut qu'il apprenne à perdre il n'a pas gagné les élections et donc à un moment il est le garant de nos institutions il est le garant du bon fonctionnement de la démocratie et s'il veut retrouver un minimum d'autorité dans le pays il doit être le garant de cette démocratie montrer qu'il est non pas celui qui impose à toute force ses choix quel que soit ce que disent les français mais qu'il est bien celui qui garantit le fait que nos institutions fonctionnent correctement et que quand les gens disent on veut un peu plus aller à gauche et bien on va un peu plus à gauche

21:12
Présentateur

Merci beaucoup Olivier Faure on vous retrouve dans un instant bien sûr on va revenir sur les tensions que tout ça provoque à gauche et puis vous répondrez directement à la question que vous a posée un français restez sur BFM on se retrouve dans un instant après la pub

21:24
Intervenant

BFM politique

21:48
Présentateur

Guillaume Daré Vous êtes bien sur BFM politique notre invité Olivier Faure est au cœur de ces discussions sur la question de la réforme des retraites avec le gouvernement dans un instant on va bien sûr revenir sur les tensions que ça provoque au sein du nouveau Front populaire mais d'abord on a souhaité vous faire réagir à la question d'un français BFM politique veut interroger ces français qui font la France il est chef d'entreprise celui qui a décidé de vous poser une question aujourd'hui il s'appelle Christian Marquis chef d'entreprise dans la charpente il est à Rouen écoutez ce qu'il a à vous demander écoutez sa question

22:20
Intervenant

les chefs d'entreprise ont besoin d'ivoire clair et ont besoin de stabilité monsieur Faure est-ce que vous et vos amis parlementaires avez bien conscience de l'inquiétude et du brouillard que vous créez chez les chefs d'entreprise de PME les commerçants les artisans comment voulez-vous qu'on envisage sereinement d'accueillir un alternant d'embaucher ou d'investir alors que vous jouez de cette manière tous ensemble avec le budget du pays

22:52
Auditeur

Olivier Faure qu'est-ce que vous lui répondez à ce chef d'entreprise

22:55
Olivier Faure

mais que je le comprends parfaitement j'ai moi-même vécu dans le monde de l'entreprise et je sais que pour permettre notamment l'investissement l'embauche il faut de la visibilité comprendre quelles sont les règles avec lesquelles vous allez devoir donc jouer et avancer dans l'année qui vient donc évidemment qu'il faut de la stabilité pour permettre l'investissement faire en sorte que les entreprises

23:23
Présentateur

est-ce que vous êtes conscient de ça ?

23:24
Olivier Faure

mais j'en suis tellement conscient que vous aurez remarqué que je cherche les voies d'un compromis possible et donc maintenant la question elle est en réalité posée plus au gouvernement qu'à moi moi j'ai fait les pas nécessaires je ne suis pas en train de vous dire que je veux pour ne pas censurer le gouvernement faire appliquer tout le programme du Front Populaire je n'ai pas de majorité absolue pour ça donc je ne fais pas cette demande je dis simplement qu'il faut entendre aussi ce qu'on dit majoritairement même si c'est relatif les électeurs donc maintenant c'est au gouvernement de répondre à la question et comment est-ce que le gouvernement s'assure ?

tournez-vous vers le gouvernement car le gouvernement sa survie elle dépend de lui-même elle dépend de sa capacité à entendre ce que disent les français et donc à chercher à nouer des compromis

24:15
Présentateur

alors Olivier Faure ces discussions que vous avez avec le gouvernement le fait que vous disiez à l'instant je n'ai pas la majorité pour appliquer tout le programme du nouveau Front Populaire il y en a un à qui ça ne plaît pas du tout c'est Jean-Luc Mélenchon

24:27
Intervenant

voilà Jean-Luc Mélenchon alors on a repris un de ses tweets dans lequel il y a le mot de servilité qui est lâché mais attendez c'est pas fini parce qu'on a repris aussi ses notes de blog choquant forfaiture vieille ficelle confus pauvre manœuvre politicienne lamentable jusqu'à quand vous allez vous laisser insulter Olivier Faure ?

24:44
Olivier Faure

mais je ne me laisse pas insulter mais je ne me laisse pas non plus intimider voyez-vous ça ne me pour tout vous dire je n'ai même pas lu ses notes de blog on me les a racontées

24:53
Intervenant

vous savez que parfois il y a des électeurs socialistes qui les lisent des français qui les lisent

24:57
Olivier Faure

qui vous voient

24:58
Intervenant

vous faire insulter et qui se disent mais c'est ça un allié ?

25:01
Olivier Faure

mais ça n'est pas ça un allié mais chacun a bien compris depuis le mois de septembre que Jean-Luc Mélenchon a une seule obsession obtenir une présidentielle anticipée parce qu'il veut y être candidat et il a déjà annoncé il y a quelques semaines qu'il avait un programme qu'il était non négociable et qu'il y aurait un candidat qu'il offrait à toute la gauche qui serait le candidat qui appliquerait le mieux le programme qu'il a défini tout seul comment mieux dire qu'en fait il n'y a d'espace pour aucune discussion à gauche avec Jean-Luc Mélenchon

25:32
Intervenant

mais donc c'est encore un allié pour vous

25:34
Olivier Faure

aujourd'hui ? j'ai conclu un accord celui du nouveau front populaire pourquoi ?

parce qu'il y avait une menace qui était une menace terrible celle de voir l'extrême droite arriver au pouvoir en juillet dernier et grâce à cette constitution de nouveau front populaire nous avons conjuré cette menace et donc évidemment que la raison qui a été la raison moteur motrice de ce nouvel accord elle demeure moi je ne veux pas que l'extrême droite l'emporte dans notre pays donc c'est toujours un partenaire je n'ai pas répondu à la question c'est toujours un partenaire vous dites un allié non c'est pas un allié de ne pas dire qu'il y a un alignement sur la France insoumise j'entends bien que lui dit que je suis servile par rapport au gouvernement et j'entends que les gens du gouvernement disent que je suis en réalité servile vis-à-vis de la France insoumise je ne me définis que par rapport à moi-même et par rapport à ce que les socialistes ont à dire au pays voilà ce qui me défend tout le reste m'importe peu je ne me définis pas par rapport

26:34
Invité

à ce que disent les autres mais est-ce que c'est encore possible de faire une synthèse avec Jean-Luc Mélenchon ? mais il ne s'agit pas de faire une synthèse si là vous dites

26:40
Olivier Faure

je suis au milieu

26:42
Invité

nous avons eu

26:43
Olivier Faure

un accord de coalition il y a un accord qui aurait permis si nous avions une majorité absolue de gouverner selon nos propres canons de beauté nous ne sommes pas majoritaires absolus nous ne pouvons pas gouverner en disant c'est tout le programme rien que le programme ça on peut le dire autant de fois qu'on le veut de toute façon même si nous étions aujourd'hui à Matignon ça serait impossible pour une raison très simple c'est qu'il y a aujourd'hui il n'y a pas de majorité pour ça au Parlement donc de toute façon nous sommes obligés au compromis donc laisser penser qu'on pourrait faire ce que l'on veut et qu'il suffirait de le vouloir pour le pouvoir c'est un mensonge et donc moi ce que je veux ce n'est pas le mentir mais c'est leur dire qu'il y a aujourd'hui d'autres solutions d'autres voies de passage qui ne sont pas exactement celles que nous voulions qui ne sont pas exactement ce que nous espérions mais pour l'instant Olivier Faure vous dites que Jean-Luc Mélenchon ment aux français c'est ce que vous venez de dire quand il dit qu'on pourrait appliquer tout le programme rien que le programme il est en train de créer une illusion qui malheureusement ne permet pas d'avancer parce que la réalité c'est que même si Jean-Luc Mélenchon avec sa force de conviction et de caractère était à Matignon aujourd'hui il aurait beau dire je veux faire ce que je veux il arriverait devant le Parlement il n'aurait pas de majorité absolue

27:59
Présentateur

vous êtes plus proche aujourd'hui de François Bayrou

28:00
Olivier Faure

ou de Jean-Luc Mélenchon ? mais je suis proche des socialistes des écologistes des communistes de tous ceux qui veulent avancer à gauche et je suis prêt à discuter avec la droite quand elle est prête elle-même à des concessions qui sont des concessions remarquables

28:12
Présentateur

Vos réponses à Anne et à Bruno est-ce qu'aujourd'hui le nouveau Front Populaire

28:17
Olivier Faure

est mort oui ou non ? Mais les conditions de sa création n'ont malheureusement pas disparu il y a toujours une menace d'extrême droite et je continue à penser que si nous devons faire face à l'extrême droite nous devons aussi chercher chaque fois que c'est possible à rassembler la gauche et les écologistes Est-ce qu'il existe aujourd'hui le nouveau Front Populaire avec la France Insoumise ? Est-ce que oui ou non ça existe encore ?

Mais je viens de vous répondre je pense qu'il y a des conditions dans lesquelles la gauche et les écologistes doivent se rassembler ce que je vois c'est que Jean-Luc Mélenchon ne cherche pas à rassembler la gauche mais cherche à produire une candidature individuelle c'est quand même assez simple à comprendre c'est-à-dire que moi je vois qu'il y avait dans le bureau du ministre de l'économie et des finances il y avait les socialistes les écologistes les communistes il n'y avait pas les insoumis c'est-à-dire que l'essentiel la majorité du Front Populaire veut discuter et donc ce que je vois c'est qu'il y a aujourd'hui un parti un parti celui de Jean-Luc Mélenchon qui fait malheureusement bande à part qui se refuse à la discussion et malheureusement qui nous handicapent aussi parce que nous aurions encore plus de poids si nous étions tous ensemble dans la discussion Donc le nouveau Front Populaire pour vous aujourd'hui c'est l'EPS les écologistes et les communistes Je vois que Jean-Luc Mélenchon a fait un pas de côté et qu'il est déjà en train de préparer une élection présidentielle je vois qu'il adresse des courriers aux maires de France et de Navarre pour leur demander leur signature pour pouvoir être candidat et que je vois qu'il a cette seule obsession et qu'il est surdéterminé par l'objectif de la présidentielle Vous diriez qu'il s'est exclu du nouveau Front Populaire ?

Il n'y a pas d'élection présidentielle Guillaume Daré Si l'élection présidentielle a lieu en 2027 juste en 2027 on est juste là à dire on veut une élection présidentielle et s'il n'y en a pas on n'a rien obtenu pour les Français on ne cherche pas à obtenir des concessions qui sont des concessions remarquables sur la santé sur la question des retraites sur la question de l'école mais enfin franchement à quoi servons-nous ? Nous sommes des hommes et des femmes politiques Nous avons pour vocation de trouver des solutions pas simplement d'être dehors et de dire ça ne va pas ça ça ne suffit plus Vous rompez avec le tout

30:19
Invité

ou rien de Jean-Luc Mélenchon ?

30:22
Olivier Faure

Mais le tout ou rien c'est rien malheureusement et donc moi je ne veux pas rien je veux faire en sorte que les Français puissent se dire ces gens-là et bien ils sont utiles parce qu'ils ont été arrachés sur l'école on n'en a pas encore parlé mais enfin 4000 post-enseignants qui vont être supprimés Vous avez tous les jours dans nos permanences des femmes des hommes qui disent que ils ont leurs enfants qui sont à l'école qui n'ont pas de remplaçants parce qu'ils sont en terminale et qu'ils n'ont pas le prof de maths le prof d'anglais tout ce que vous voulez Il y a des gens qui chaque semaine viennent me voir cette semaine encore me dire mais j'ai aujourd'hui un problème parce que mon enfant ne peut pas arriver à l'école parce qu'il a un handicap souvent un handicap invisible et donc il n'y a pas ces accompagnants qui peuvent être là qui permettent cette école inclusive et bien je souhaite oui qu'il y ait des enseignants devant les élèves qu'il y ait des accompagnateurs pour les enfants en situation de handicap parce que c'est aussi ça notre pays et c'est ce qui fait la force de notre civilisation nous sommes capables de former des gens pour que ce pays soit encore un grand pays qui est dans la compétition mondiale être au premier rang

31:23
Présentateur

on voit que Jean-Luc Mélenchon est véhément vous n'avez rien de perdu de votre combativité politique également parce que je crois aussi que la politique c'est ça c'est des convictions on va y venir dans un instant d'ailleurs vous savez en ce moment même Yael Broun-Pivet la présidente renaissance de l'Assemblée nationale a jugé effectivement qu'elle n'était pas opposée par principe dit-elle je découvre sa déclaration en même temps que vous pas opposée par principe à arrêter dit-elle même la réforme ou à la rediscuter à propos de la réforme des retraites on va bien sûr scruter cela dans les heures qui viennent dans un rendez-vous notamment avec François Bayrou vous n'avez pas dévoilé la date ou l'heure mais on a bien compris que vous alliez voir le Premier ministre autre moment fort d'actualité ces derniers jours et notamment aujourd'hui cette tension entre la France et l'Algérie on a envie de vous entendre là-dessus un bras de fer qui oppose les deux pays au cœur notamment de ces tensions il y a cet influenceur algérien que l'Algérie a immédiatement renvoyé vers Paris alors que la France venait de l'expulser Bruno Retailleau le ministre de l'Intérieur a dit on voit bien que l'Algérie c'est votre sentiment l'Algérie cherche à émilier la France ?

32:23
Olivier Faure

Moi je crois que Bruno Retailleau devrait de temps en temps prendre le temps de la réflexion et je crains que malheureusement il n'ait cherché en cette affaire à faire le buzz mais la procédure aurait dû commencer par le passage devant la justice puis ensuite s'assurer que le pays de retour c'est-à-dire l'Algérie soit bien en mesure d'accepter l'OQTF parce qu'il connaît parfaitement tout ça et il sait très bien que renvoyer quelqu'un dans un avion sans avoir l'assurance qu'à l'arrivée il sera effectivement repris par les autorités algériennes c'est prendre le risque d'un aller-retour et de passer pour un bonnet et donc il y a là une question il y a là une question qui est effectivement posée et maintenant le risque c'est l'emballement la surenchère et de commencer une espèce de guerre des mots avec l'Algérie dont nous n'avons pas besoin Mais vous ne trouvez pas

33:16
Invité

qu'il y a un problème avec l'Algérie ? Pourquoi l'Algérie refuserait de récupérer son ressortissant algérien pas binational doté d'impassement biométrique en quoi l'Algérie peut refuser

33:26
Olivier Faure

de le reprendre ? Je dis simplement que la bonne procédure n'a pas été respectée en l'occurrence ensuite ce que je dis c'est que la réalité du conflit entre la France et l'Algérie aujourd'hui ce n'est pas tellement cet influenceur

33:39
Présentateur

dont ils se foutent

33:41
Olivier Faure

complètement la réalité c'est qu'il y a l'affaire du Sahara et le fait que la France est de manière unilatérale sans vraiment discuter avec qui ce soit Après beaucoup d'autres pays Après d'autres pays mais peu importe la réalité c'est que nous avons nous une histoire particulière avec l'Algérie Olivier Faure La dégradation

33:58
Intervenant

de nos relations avec l'Algérie la faute en est à Emmanuel Macron attribuée à Emmanuel Macron ?

34:03
Olivier Faure

La faute elle est certainement très partagée mais je dis attention aussi

34:07
Intervenant

Attention

34:07
Olivier Faure

à la relation que nous devons maintenir avec l'Algérie

34:11
Intervenant

C'est ce que vous dites à Emmanuel Macron ?

34:12
Olivier Faure

Oui, pourquoi ? Parce que je vois bien que les Russes viennent de perdre en Syrie un certain nombre de bases qu'ils avaient et qui étaient importantes pour eux Ils pourraient aujourd'hui en Méditerranée chercher à revenir pour s'implanter dans des pays qui pourraient être des pays d'accueil Je pense à la Libye je pense à l'Algérie je pense que donc sur ces questions-là la diplomatie ce n'est pas de fanfaronner à la télévision mais c'est de chercher Mais est-ce que c'est fanfaronner comme le ministre

34:38
Présentateur

des Affaires étrangères Jean-Noël Barreau dit que la France n'aura pas d'autre choix je cite que de riposter si l'Algérie continue cette posture d'escalade en prenant par exemple des mesures de rétorsion sur les visas ou sur l'aide au développement ce n'est pas la bonne solution ça ?

34:51
Olivier Faure

Mais je crois que justement tout le problème de ce que Bruno Retailleau a fait c'est pour ça que j'ai commencé par ça en vous disant qu'il n'avait pas respecté la procédure et qu'il savait qu'il se heurterait vraisemblablement à un refus de l'Algérie et qu'en retour il pourrait faire monter les enchères et donc créer une situation où désormais tout est remis sur la table et où on parle des visas où on parle de tout ce qui peut créer de la tension et je dis attention à ne pas monter dans la surenchère avec l'Algérie parce que c'est un pays important dans le Maghreb et dans les équilibres en Méditerranée et que nous n'avons pas besoin de créer

35:26
Auditeur

une question pour vous Olivier Faure

35:28
Invité

Olivier Faure pays important dans le Maghreb relation ancienne avec la France on ne peut pas dire que Emmanuel Macron n'ait pas essayé de faire des efforts pour améliorer la relation avec l'Algérie en tous les cas l'effet plaide pour lui vous ne trouvez pas aussi qu'il y a un peu à dire sur les autorités algériennes qui détiennent Boilem sans salle tout simplement parce qu'il est opposant ?

35:49
Olivier Faure

Vous avez raison là-dessus je partage votre point de vue qu'il écrit des livres mais je partage votre point de vue on ne peut pas nous qui venons de célébrer il y a quelques jours rendre hommage aux morts de Charlie c'est une évidence que quelle que soit l'opinion que les Algériens ou les Français peuvent partager sur cet écrivain prolifique et bien il faut évidemment qu'il soit libéré il faut évidemment faire en sorte que la liberté d'expression puisse être respectée partout mais ce n'est pas je ne dis pas que le gouvernement algérien est un gouvernement qui est un gouvernement parfait c'est loin sans faux mais je dis aussi que la France doit ménager la relation avec des grands pays je crois que nous sommes dans un état où le monde est déjà suffisamment en tension pour qu'on n'en rajoute pas tous les jours Olivier Faure

36:38
Présentateur

le gouvernement algérien dit dans une déclaration hier sous-entend que Bruno Retailleau serait le héros patenté de l'extrême droite vous partagez ce sentiment ?

36:46
Olivier Faure

Mais moi je n'ai pas à approuver ce que dit un gouvernement étranger sur Bruno Retailleau je dis moi-même ce que je pense de Bruno Retailleau et Bruno Retailleau malheureusement est celui qui cherche à faire le pont non pas entre la gauche et la droite puisqu'on en était là tout à l'heure il est en train d'essayer de faire le pont entre la droite et l'extrême droite et vraisemblablement de préparer une élection présidentielle où il damerait le pion à Laurent Wauquiez et à Marine Le Pen voilà ce qu'il cherche à faire c'est ce que je pense c'est ce que je vois c'est ce que tout le monde nous sait et donc nous avons là quelqu'un qui n'est pas là pour aider mais moi je ne suis pas là non plus pour subir Bruno Retailleau Olivier Faure

37:20
Présentateur

pour terminer cette émission trois questions d'actualité à travers quelques photos vous êtes plutôt Olivier Faure Rachida Dati ou Pape François ? je vois que vous êtes surpris par ma question la ministre de la culture a répété il y a quelques jours qu'elle souhaitait faire payer vous savez l'entrée de Notre-Dame aux touristes étrangers elle dit que ça permettrait de ramener entre 75 et 100 millions d'euros pour payer la restauration du reste du patrimoine religieux en France alors plutôt Rachida Dati ou Pape François qui lui y est opposé ?

37:49
Olivier Faure

écoutez je ne suis pas très qualifié pour dire ce qu'on doit faire pour rentrer dans les églises en France mais est-ce qu'il faut payer pour rentrer à Notre-Dame ? je pense que le Pape reste le patron de l'église plus que Rachida Dati donc toutes les églises et le fait que le patrimoine parce que les églises sont des lieux de culte mais aussi un lieu de patrimoine et donc que l'accès y soit gratuit me semble plutôt la bonne voie oui

38:16
Présentateur

deuxième question est-ce que vous êtes plutôt Marine Le Pen ou Jean-Marie Le Pen Jean-Marie Le Pen le président fondateur du Front National qui a été enterré hier à la Trinité-sur-Mer il y a un sondage au DOXA qui est paru cette semaine qui montre que les Français jugent plus positivement sa fille Marine Le Pen qui est jugée plus compétente moins exémophobe et moins antisémite alors plus Marine Le Pen ou Jean-Marie Le Pen ?

38:38
Olivier Faure

écoutez je pense malheureusement que la fille est plus habile que le père mais je ne suis pas sûr qu'elle est en réalité totalement rompue avec le père donc ce sera ni l'un ni l'autre si vous le permettez pour vous ça ne change rien Marine Le Pen c'est la même chose que Jean-Marie Le Pen pour moi il y avait chez Jean-Marie Le Pen la nostalgie d'une extrême droite vigiste Algérie française etc chez Marine Le Pen cette histoire là la concerne moins elle ne l'a pas vécu mais je crains qu'elle n'ouvre les mêmes dynamiques et qu'en réalité quand je vois ce qu'elle provoque ce qu'elle crée dans le pays et le retour de la xénophobie du racisme contre les musulmans l'antisémitisme qui ne s'est jamais démenti y compris parmi les candidats qu'elle a présenté à la dernière élection législative je vois que malheureusement l'extrême droite reste l'extrême droite et que nous n'avons pas beaucoup à espérer malheureusement de Marine Le Pen je préférerais qu'elle ait complètement rompu ça n'est pas le cas

39:37
Invité

et en même temps elle a capté beaucoup d'électeurs d'anciens électeurs de gauche

39:41
Olivier Faure

notamment chez les actifs chez les salariés où elle est en tête de très très loin et bien mon objectif c'est de revenir les chercher voilà

39:50
Présentateur

dernière question Olivier Faure est-ce que vous êtes plutôt Elon Musk ou Thierry Breton Elon Musk très proche de Donald Trump patron de Tesla patron d'X anciennement Twitter qui a traité l'ancien commissaire européen en numérique qui est français justement de tyran de l'Europe c'est ainsi qu'il l'a appelé Elon Musk qui a pris fait et cause dans la campagne pour la chancellerie allemande pour l'AFD le parti d'extrême droite il a eu une discussion de 15 minutes cette semaine justement sur son réseau social alors plutôt Elon Musk ou Thierry Breton ?

40:16
Olivier Faure

Thierry Breton évidemment et vraiment tout à l'heure on parlait de l'international à travers la question algérienne mais on se rend compte qu'aujourd'hui on a dans quelques jours le 20 janvier on a un président qui est climato-sceptique qui est en train de vouloir annexer tout le continent américain avec un partenaire Elon Musk qui lui maintenant est en train de construire l'international de l'extrême droite où il vient donner son appui à l'AFD en Allemagne parti d'extrême droite en Allemagne parti d'extrême droite en Allemagne j'espère que tout le monde comprend à quoi je fais référence et qui vient aussi faire la leçon britannique en expliquant que c'est en fait l'extrême droite britannique qui doit remplacer la gauche travailliste en Allemagne on voit bien qu'il y a quelque chose qui se passe aujourd'hui et on a Poutine et on a Erdogan et on a enfin je pourrais continuer le tour du monde pour montrer qu'il y a besoin d'un pôle d'équilibre dans le monde et ce pôle d'équilibre c'est l'Europe et en Europe la France a un rôle principal à jouer

41:11
Intervenant

c'est le patron de Twitter il est en train d'en faire un réseau il enlève le fact-checking ça devient vraiment comme disent certains relais de l'extrême droite quelque chose de très dur Sandrine Rousseau appelle ses collègues du Nouveau Front Populaire à quitter X purement et simplement vous allez quitter X

41:26
Olivier Faure

c'est une question qu'il faut qu'on se pose mais alors le problème c'est que le fact-checking s'est fini à la fois sur X et ils ont même réussi à entraîner Facebook donc on est dans une situation où désormais on est en train de dire les fake news pas de problème tout a le droit de circuler et au fond l'effet alternatif va l'autant que la vérité oui je me pose la question ça veut dire que vous allez le faire ou pas ?

mais je ne sais pas encore parce que c'est vrai aussi que ce qui me gêne c'est que quand on quitte un réseau social et qu'on l'abandonne uniquement à l'extrême droite et qu'il y a des gens qui y sont et qui de bonne foi continuent à croire que c'est là que ça se passe et bien ils n'ont plus par l'alternative à celle que porte l'extrême droite donc c'est là l'enjeu et j'aimerais effectivement que nous puissions trouver collectivement et là c'est une question à tout le monde politique on devrait tous ensemble partir de X et non pas chercher à partir les uns après les autres

42:14
Présentateur

Merci beaucoup Olivier Faure d'avoir été dans BFM Politique ce matin on verra dans quelques heures effectivement si les discussions aboutissent ou non sur la question de la réforme des retraites Merci Anne-Saura Dubois Merci Bruno Jeudy d'avoir été avec moi ce matin Vous restez bien sûr sur BFM Tout de suite c'est Affaires suivantes avec Philippe Godin et Dominique Rizet Très bonne journée Sous-titrage Société Radio-Canada

Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste - 12/01 — Olivier Faure · Pourquijevote