Claude Allègre, ancien ministre socialiste de l'Education nationale de Lionel Jospin : La qualité
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:42FerméeRéponse directe
Vous êtes en train de dire que le gouvernement devrait faire du sur-mesure et pas appliquer la règle d'un fonctionnaire sur deux manières, c'est ça ?
- 2:09OuverteRéponse directe
Ça ne peut pas se faire, dites-vous, de manière verticale. Il faut réformer même la façon dont on pense l'éducation nationale.
- 2:42OuverteRéponse directe
Qu'il soit déconcentré ou non, les profs, c'est une profession protégée. C'est ce qu'a dit Nicolas Sarkozy ce matin.
- 3:22RelanceÉludée
Mais il dit en gros, franchement, ce n'est pas ce dont je vais m'inquiéter aujourd'hui du sort en priorité parce qu'il y a plus important ou plus fragile. Il a raison ou pas ?
- 4:38FerméeRéponse directe
François Hollande propose de recréer 60 000 emplois en 5 ans. C'est la bonne réponse ?
- 4:53RelanceRéponse directe
Ça veut dire quoi type François Hollande ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:00Invité politiqueFait
« Le combat que j'ai mené et que j'ai réalisé sur les mutations des enseignants, ce qui permet d'avoir des rentrées relativement calmes, c'est de déconcentrer l'éducation nationale. »
- 0:13Invité politiqueFait
« Et tant qu'on ne déconcentrera pas l'éducation nationale réellement, c'est-à-dire de les rapprocher, de les faire région par région, département par département, on aura des tensions. »
- 1:14Invité politiqueFait
« Non, non, je ne suis pas partisan de l'autonomie de recrutement. Je ne suis partisan de concours. »
- 1:27Invité politiqueFait
« Je propose, au lieu de les centraliser, de faire un classement unique et de les mettre là où ils ne veulent pas aller, de le faire par région. »
- 2:15Invité politiqueFait
« Et je pense que si vous voulez que je fasse une critique, c'est que je pense que depuis les efforts que nous avons faits avec Lionel Jospin, rien n'a été fait dans la déconcentration. »
- 4:06Invité politiqueFait
« Il vient d'être publié une étude internationale qui montre que ce qui est important, ce n'est pas le nombre d'élèves par classe. »
- 4:16Invité politiqueChiffre
« Vous savez qu'en France, d'abord, le nombre d'élèves par classe, en moyenne, c'est 1 sur 12. C'est un des meilleurs du monde. »
- 4:31Invité politiqueFait
« Mais on a montré que ce qui était important, c'est la qualité des enseignants plus que le taux d'encadrement. »
- 4:46Invité politiqueFait
« Non, je l'ai écrit d'ailleurs cette semaine. Donc, je ne crois pas que ce soit la bonne réponse. »
- 5:29Invité politiqueFait
« Non, non. Je suis contre, d'abord, je suis contre le système des primaires socialistes parce que je pense que le parti socialiste va disparaître avec ce système des primaires. »
- 5:39Invité politiqueFait
« Pourquoi vous payeriez 150 euros de cotisation alors qu'avec un euro, vous avez les mêmes droits ? »
- 6:03Invité politiqueFait
« Parce que l'avenir, il est là. L'avenir, c'est est-ce que l'Europe va pouvoir continuer ? Est-ce que l'euro va pouvoir continuer ? »
Temps de parole
- Claude J.E. Allegre77 %
- Locuteur non identifié12 %
- Présentateur11 %
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Le combat que j'ai mené et que j'ai réalisé sur les mutations des enseignants, ce qui permet d'avoir des rentrées relativement calmes, c'est de déconcentrer l'éducation nationale. Et tant qu'on ne déconcentrera pas l'éducation nationale réellement, c'est-à-dire de les rapprocher, de les faire région par région, département par département, on aura des tensions. Actuellement, dans la diminution des postes, ça ne se fait pas par des règles de 3. Ce qui est à certains endroits, on peut effectivement diminuer le nombre d'enseignants. A d'autres, il faut les augmenter.
Mais qu'on comprenne, vous êtes en train de dire que le gouvernement devrait faire du sur-mesure et pas appliquer la règle d'un fonctionnaire sur deux manières, c'est ça ?
Absolument.
Donc vous le critiquez. Il ne sait pas qu'il va trop loin, c'est qu'il ne fait pas comme on devrait faire.
Je pense que tant qu'on ne déconcentrera pas, et si j'étais resté un peu plus, je l'aurais fait, les concours de recrutement, les discussions locales, je pense que c'est comme ça qu'il faut faire.
Les établissements du secondaire notamment expérimentent ça et là d'ailleurs l'autonomie de recrutement pour certains.
Non, non, je ne suis pas partisan de l'autonomie de recrutement. Je ne suis partisan de concours. Par exemple, il y a 25 jurys pour recruter le CAPES de français. Je propose, au lieu de les centraliser, de faire un classement unique et de les mettre là où ils ne veulent pas aller, de le faire par région. Donc je pense que moi, je ne vais pas jusqu'à faire recruter les enseignants par les chefs d'établissement. Je pense que ça, ça rompt le pacte républicain. Je ne pense pas que ça soit une bonne formule. Mais par contre, je pense qu'il faut que les recrutements soient locaux et que les besoins soient examinés localement entre les parents d'élèves, les enseignants eux-mêmes.
Mais oui, il faut bien sûr que les parents d'élèves doivent participer à la planification des postes.
Autrement dit, ça ne peut pas se faire, dites-vous, de manière verticale. Il faut réformer même la façon dont on pense l'éducation nationale.
Absolument. Et je pense que si vous voulez que je fasse une critique, c'est que je pense que depuis les efforts que nous avons faits avec Lionel Jospin, rien n'a été fait dans la déconcentration. Vous savez, il disait autrefois, l'éducation nationale française est l'administration la plus concentrée après l'armée rouge. Mais l'armée rouge, elle est déconcentrée déjà, depuis Benlurette. Donc il reste l'éducation nationale. Donc il reste l'éducation nationale française.
Qu'il soit déconcentré ou non, les profs, c'est une profession protégée. C'est ce qu'a dit Nicolas Sarkozy ce matin en déplacement dans l'Oise. Il a raison. Sont des protégés, des privilégiés par rapport à tous ces salariés dans la précarité voués au système privé ?
Si on parle de stabilité de l'emploi, tous les fonctionnaires sont protégés par rapport aux salariés du privé. C'est évident. Ceci étant, je ne crois pas du tout que les professeurs et les enseignants soient des privilégiés. C'est un métier très dur. C'est un métier encore de plus en plus dur compte tenu de l'hétérogénéité sociale qu'ils ont à traiter.
Le président ne dit pas le contraire. Mais il dit en gros, franchement, ce n'est pas ce dont je vais m'inquiéter aujourd'hui du sort en priorité parce qu'il y a plus important ou plus fragile. Il a raison ou pas ?
Mais qui s'occupe de ce qu'il dit, ce qu'il a à dire ? Moi, je ne suis pas le porte-parole du président de la République. Vous avez le droit de vous interroger. Moi, je vous dis que le métier d'enseignant est un métier difficile. Et je pense que ce métier a besoin d'être reconnu comme tel. Ce qui ne veut pas dire que les revendications des syndicats doivent être prises comme telles. Les syndicats, ils ont pris une habitude de revendications quantitatives. Alors que je crois que c'est des revendications qualitatives. Vous savez, il y a une étude qui vient d'être faite.
Pas loin de ce que dit Luc Châtel, ce que vous dites.
Il vient d'être publié une étude internationale qui montre que ce qui est important, ce n'est pas le nombre d'élèves par classe. Vous savez qu'en France, d'abord, le nombre d'élèves par classe, en moyenne, c'est 1 sur 12. C'est un des meilleurs du monde. Simplement, il y a des options dans tous les coins qui mangent les postes. Donc, on voit bien que c'est qualitativement qu'il faut changer. Mais on a montré que ce qui était important, c'est la qualité des enseignants plus que le taux d'encadrement.
Vous parlez de qualité. François Hollande, lui, parle de quantité. Et il propose, il est le favori des sondages de la Première Socialiste, il veut revenir sur les suppressions de postes et recréer 60 000 emplois en 5 ans. C'est la bonne réponse ?
Non, je l'ai écrit d'ailleurs cette semaine. Donc, je ne crois pas que ce soit la bonne réponse. Mais c'est une réponse type François Hollande. C'est-à-dire quoi ? Attendez, ça veut dire quoi type François Hollande ? Type François Hollande, c'est-à-dire de se mettre bien avec l'un, avec l'autre, etc. Ce n'est pas responsable.
Le consensuel, ne fâchez personne. C'est ça la méthode Hollande ?
Bien sûr, bien sûr. On l'a vu quand il a été premier secrétaire du PS.
Et Martine Aubry, elle est plus sur vos lignes en matière d'éducation ?
Mais je n'ai pas ma ligne, elle n'est pas sur ma ligne, mais Martine Aubry est plus responsable par rapport à ça.
Vous avez arbitré d'une certaine manière, à votre manière, le duel des primaires socialistes. Même si vous aviez dit, je crois que vous n'iriez pas voter, vous m'appelez.
Non, non. Je suis contre, d'abord, je suis contre le système des primaires socialistes parce que je pense que le parti socialiste va disparaître avec ce système des primaires. Pourquoi vous payeriez 150 euros de cotisation alors qu'avec un euro, vous avez les mêmes droits ?
Merci Claude Alec d'avoir été notre invité ce midi. Je signale votre livre que vous publiez chez Plon. Peut-on encore sauver l'Europe ? Vous développez un argumentaire notamment sur la dette qui est à suivre.
Je me permets de vous dire que ce livre est plus important dans l'actualité que la grève des enseignants. Parce que l'avenir, il est là. L'avenir, c'est est-ce que l'Europe va pouvoir continuer ? Est-ce que l'euro va pouvoir continuer ? Et c'est ce que j'ai essayé d'expliquer dans ce livre en proposant quelques solutions.
Merci Claude Alec. Merci.