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interviewAurélie Trouvé - Députée · 21 avril 2026 15 min

L'agrobusiness tue ! Mon passage dans Very Important Paysans (VIP).

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Et aujourd'hui, nous recevons Aurélie Trouvé. Bonjour madame la députée, merci d'être avec nous. Vous êtes donc député la France insoumise de SINE.

Vous n'êtes pas issu du monde agricole mais vous le connaissez très très bien puisque vous travaillez avec lui. On est trois de collaboration puisque vous êtes ingénieur agronome de formation. Alors on va commencer avec un petit portrait chinois.

Ça vous dit ? Donc je vais vous demander très rapidement de répondre à à trois questions. Si vous étiez un animal de la ferme.

Ahou ! Qu'est-ce qu'on a eu ? On a eu des poulets, des on lâchez-vous.

Oh un anne parce que je suis butée. [rires] Ah j'adore j'adore. Si vousinz mais c'est bien c'est bien il en faut pour faire de la politique de l'obstination.

Et si vous étiez un aliment fétiche ? un aliment fétiche et ben une légumineuse. Pourquoi je m'expliquerai ?

Parce que c'est la base pour moi de l'agroécologie. La légumineuse remet de l'azote organique dans les sols et donc ça permet de se se passer davantage de d'engrais azotés chimiques et par ailleurs c'est très bon pour la structure des sols et on en importe beaucoup trop. Donc une lentille alors voilà par exemple une lentille connaisseur par exemple une lentille.

Aurélie je vais rentrer directement dans le vif du sujet. J'ai un podcast, j'ai interviewé plus de 200 agriculteurs partout en France, tout modèle de production de jusqu'à 10 exploitations qui ont 300 salariés. J'ai l'impression de passer à côté du sujet parce que cet agrobiness là, quand je vais dans les explorations agricoles aujourd'hui, je j'ai pas le sentiment de le voir.

Qu'est-ce que vous mettez derrière ce terme ? Alors, il est là, j'ai cris un bouquin mais il y a plusieurs années qui s'appelle le business et dans le prê justement. D'abord, je pense qu'on a un moment charnière, c'est-à-dire que soit on arrive à à maintenir préserver une agriculture familiale, la plupart des fermes, vous avez raison, la plupart des fermes, c'est quoi ?

C'est un un agriculteur, une agricultrice d'ailleurs de plus en plus d'agricult avec 0 1 2 3 salariés mais c'est une structure familiale mais se développe un agrobiness c'est-à-dire des grandes structures. Par exemple, vous preniez la tomate et ben il y a il y a un gros groupe néerlandais qui sait d'ailleurs il y a une bataille citoyenne contre ce groupe 12 hectares 12 hectares c'est énorme de tomates sousser industriel là c'est un gros groupe néorerlandais et là on est vraiment dans dans l'affaire usine capitalist voyez et et ça ça menace évidemment et peut-être qu'en France on est à ce moment charnière sachant qu'il y a des pays qui ont déjà basculé en fait notamment aux États-Unis hein et moi ma crainte ma première crainte c'est une agriculture une alimentation dual en En fait, il resterait allez une toute petite partie des terres pour de l'agriculture biologique mais qui serait en fait réservé à des consommateurs qui ont les moyens en fait. Donc une agriculture testimoniale qui serait exactement qui serait là que pour montrer le passé.

Est-ce que le reste mais surtout pour des des des consommateurs qui ont les moyens, il faut quand même donc 20 % des consommateurs qui peuvent acheter l'origine à peu près voilà puis 80 % avec de plus en plus de l'agrobiness et de la malbou. On a vraiment le choix. On sait que dans les 20 prochaines années, on va perdre un agriculteur sur de à titre personnel.

Moi, j'ai vu des fermes bien mieux tenues à à plus de 100 120 têtes que des fermes à 30 ou 40 têtes où le modèle économique n'est pas rentable et on voit des paysans. Est-ce que la taille est vraiment la nuit ? Ouais, c'est ça.

C'est ça le problème. Alors, au bout en France si on se concentre sur la France au bout au bout d'un moment en fait oui parce que déjà on n plus dans une agriculture familiale hein, vous avez et en fait elle n'est plus transmissible. C'estd qu'au bout d'un moment ça coûte tellement cher de le transmettre de toute façon que ça ne se transmettra pas dans un cadre familial.

Et c'est là que vous basculez dans un cadre capitalistique. C'est des fonds qui achètent une une firme agroalimentaire ou que sais-je. Donc moi, je tiens et je crois que les Français tiennent à l'agriculture familiale mais ça demande une politique particulière.

Et moi ce que je veux vous dire c'est que rien que vous prenez le droit humain fondamental de manger de façon suffisante et saine avec une agriculture qui respecte le vivant, rien que ça c'est révolutionnaire en vérité parce que ça demande d'abord de mettre à tous les accords de libre échange d'avoir un protectionnisme quand même hein. Donc ça demande aussi de mettre àas l'Europe néolibérale en fait he à l'inverse on peut plus exporter. Alors, on sait queon été balance commerciale agricole excidentaire pendant des années qui a permis de nourrir un peu la France.

Il s'agit pas d'être en autarsie mais là le problème vous savez que c'est la première année depuis 50 ans que la France devient déficitaire en produits agroalimentaires. Enfin c'est c'est ça y est nous qui étions le grenier agricole de elle y a depuis longtemps parce qu'en fait elle é tenue par deux productions. Le poulet c'est déjà le plus longtemps les vin et puis un peu parce que sans le vin ça fait très longtemps qu'on a un porte internet.

Vous avez raison mais souveraineté alimentaire avec libre échangisme européen et prix bas ça peut pas marcher. Alors j'y arrive parce que c'est là que c'est pour moi révolutionnaire ça demande de revoir toute la politique. D'ailleurs à France ont dit tout le programme rien que le programme mais c'est pas pour c'est pas par dogme en fait je vais vous expliquer rien que pour ça se nourrir de façon suffisante et saine ben je je vais vous montrer un faut faire du protectionnisme solidaire ce qui veut dire mettre à les accords de libre échange et même la le le libre échangisme total européen parce que sinon bah on va continuer à avoir des tomates très bas prix der en Alors j'arrive ensuite il faut travailler le fait que les agriculteurs puissent faire leur une bifurcation vers une agriculture économe et autonome notamment parce que le prix de l'énergie devient de plus en plus important, les engrais azotés et cetera sont de plus en plus chers et donc il faut aller vers de l'agroécologie.

Donc il faut refaire un contrat avec les agriculteurs. On vous protège mais vous bifurquez, vous faites de la transition et pour ça on vous donne les moyens. Donc c'est un contrat avec par exemple sur 5 ans leur donne des aides pour soit aller vers le bio ou de l'agroécologie.

En tout cas, ça c'est au niveau de l'offre et au niveau de la demande, vous avez raison. c'est comment on fait pour quand on n pas assez de pouvoir d'achat pour tout ça parce que ça coûtera un peu plus cher et ben ça ça veut dire aussi que bah faut revoir la répartition des richesses. Ça veut dire qu'il faut un SMIC non pas à à 1400 € comme aujourd'hui mais à 100 1700 € pour que les gens puissent vivre dignement de leur travail qu' puisse y avoir une garantie de l'emploi qui puisse y avoir des minimas sociaux qui permettent de se nourrir.

Madame la députée mais ça c'est dans le meilleur des mondes. qu'on voudrait tous évidemment et c'est ce qu'on espère mais mais mais pour tous les gens qui nous regardent là qui concr c'est très concret c'est le programme par ailleurs de la France insoumise mais non parce que la transition qui la finance qui la transition agécolique permet de de à terme de de relier rendement et économie mais du coup comment on subventionne cette transition et d'où sortent les sous alors déjà parce qu'on prend jamais en compte les coûts taux de tout ça notamment les coûts pour la santé c'estàd que là vous avez d'ailleurs une dégradation à vitesse grand V de la santé liée au pesticides. C'est pas pour rien qu'il y a eu beaucoup de médecins de de sociétés savantes et médicales qui sont montés au créneau contre la fameuse loi du plomb qui voulait réautoriser un pesticide.

D'accord. Ouais, bien sûr. Parce que vous savez que vous avez 30 % en plus de cancer chez les enfants depuis 20 ans et que les scientifiques des médecins disent "Mais il y a un lien tous pas tous pas tous pas direct mais là pour le coup on arrive sur on peut en discuter mais ce qui est certain que il y a toute la société de cancérologie qui le dit toute la société de d'hématologie et cetera.

Al vous pouvez trouver un ou deux cancérologues ce que sont allés faire les macronistes, ils en ont trouvé un pour dire le contraire. Mais quand vous êtes toute la société qui dit ça de cancérologie plus le conseil scientifique du CNRS plus l'ordre des médecins lui-même, d'accord ? plus la Ligue nationale contre le cancer, tout ça dit attention stop on sur les pesticides, on est en train de dégrader la santé humaine et donc déjà il y a ces coûts de la santé qui seront évités et c'est énorme y compris pour la sécurité sociale.

Et pour revenir à la demande quand même parce que somme toutes, il faut que d'un côté il y ait une demande, on a l'exemple du buo en 2019 quand la Commission européenne a montré un marché en disant finalement il faut 25 % de la surface agricole utile en bio. La bio aujourd'hui c'est 6 % de la consommation alimentaire et donc on a montré un marché qui n'existait pas aux agriculteurs et beaucoup d'agriculteurs se sont convertis pour les conséquences que l'on connaît aujourd'hui. Ça ve dire voilà, ils se déconvertissent parce qu'en face le marché n'existe pas.

Il y a un levier pour moi qui est très important qui est celui de la restauration collective et particulièrement de la cantine. Moi je considère que tous les enfants en France, tous quelle que soit la classe sociale devrai manger au moins une fois par jour bio mais pour et donc j'arrive il y a il y a plein de villes qui le font pas plein pas juste justement pas assez et ça peut être un énorme levier de déboucher pour les agriculteurs en bio parce que si vous leur dites demain si le gouvernement et nous-même si on votait cette loi on dit voilà on va aider toutes les communes par une aide spécifique. Toutes les communes qui s'engagent à dans 5 ans avoir du 100 % biolocal.

Hm hm. Bah je peux vous dire que pour le sujet le sujet clé c'est comment mais tout tout ça tout ça effectivement ce sont de louables intentions mais la question de comment on le finance me permettez d'intégrer un mot que je n'ai pas encore [rires] qui est la planification agroécologique planification écologique tout court qui est le fait qui est le fait de prévoir sur 5 ans sur 10 ans la façon dont on va faire monter tout ça en puissance parce que effectivement on va pas dire du jour au lendemain ah ben on arrête d'importer par exemple musique c'est un peu la musique qu'on entend quand même à chaque fois on arrête l'acétate. OK.

Mais qu'est-ce qu'on fait ? Et ben bien sûr l'acétamy bah les noisettes, il se trouve que 95 % de nos noisettes sont importées et elles sont blindées d'un cetamiride. D'accord.

Donc c'est et moi je pense il faut absolument l'interdire sur ce soit français on bloque mais il faut absolument interdire progressivement les importations et faire monter en puissance la filière noisette sans assétamite parce qu'il y a que 300 producteurs en France pour qu'elle puisse être réellement en mesure par exemple d'aller approvisionner les usines de Nutella. Voilà tout ça se planifie. On n'est pas là à dire du jour au lendemain on fera ça vo du coup on peut on peut aussi planifier que on arrête maintenant les importations.

Après on peut se dire on le fait dans 5 ans le temps que tout le monde se prépare et tout mais je vous rejoins totalement. Et pour finir sur là c'est là qu'on fait de la macro générale, on est obligé c'est pour ça que je vous dis queêre professeur d'économie donc c'est très bien sont d'accord tous les deux et madame la député on dit droit l'alimentation suante se bateau mais en fait à partir de là et ben il faut financer et puis là bah c'est une révolution fiscale qu'il faut aussi c'est sûr qu'on y arrivera pas. chose madame la députée hein.

C'est pour ça que je vous dis que rien à partir de là vous vous en fait ça ça vous fait dire que c'est compliqué de changer un tout petit bout. On est obligé de de changer globalement un système politique. Vous donnerz le sentiment de véhiculer une image d'agriculteur pollue et je trouve que nos agriculteurs français ils méritent pas ça non plus.

Alors, j'y arrive parce que par ailleurs je remercie d'ailleurs pour la par on a du mal à vous situer par rapport aux agricules constamment et quotidiennement avec des organisations agricoles, pas que la confédération paysane ou la Fédération d'agriculture biologique. Par exemple, sur la loi du on a bossé avec les apiculteurs, ça m'arrive de bosser, y compris avec des gens de la coordination rurale ou de la FDSEA. Donc, j'envoie tout le temps des agriculteurs.

Vous sa que la plupart des agriculteurs me disent "Mais nous, on est prêt à la transition écologique." On est prêt. Vous savez ce qu'ils me disent ?

Ils me disent "On a de plus en plus de mal à pouvoir le faire." De plus en plus de mal. Pourquoi ?

Parce qu'il y a une concurrence de plus en plus brutale. D'accord. Premièrement.

Deuxièmement, il y a de moins en moins d'aide. Dans le dernier budget, il euh je suis désolée, le gouvernement il a coupé les aides par exemple au programme pour aider les agriculteurs à baisser les pesticides. Il y a des aide à l'agriculture biologique qui ont été supprimées.

Donc on dit aux agriculteurs fait de la transition écologique, on leur donne de moins en moins les moyens. Donc il y a un problè c'est le marché qui doit nous payer. En fait, je je moi je m'en je veux je suis pas né pour ni empoisonner les gens ni demander des aides à chaque fois.

Il faut que le marché paye. Donc ça veut dire que en bio, le marché doit payer. En agroécologie, si je fais des efforts sur un blé qui est moins euh qui a moins de poids euh de produits euh dessus tout ça, il doit être payé et c'est quelques centimes sur la baguette de pain, tu vois.

On va pas dire à chaque fois parce qu'il y a 10 20 % des gens en France qui sont pas capables de payer. On peut pas le faire, c'est bien. On peut pas tirer vers le bas parce qu'on a 30 % aujourd'hui de la population qui est en précarité alimentaire.

Donc 9 à 10 millions de ménages sur 31 qui qui ont déjà du mal à se nourrir. Ah oui quant à acheter des moi je suis d'accord avec toi Olivier. Non mais Olivier je suis d'accord avec toi mais je je connais enfin je voudrais pas faire l'analyse de barre quand je dis ça mais c'est quand même une question de priorité malgré tout.

Oui, moi je connais aussi des gens qui ont pas les moyens qui vont chez le boucher, qui vont chez l'agriculteur et alors dans le milieu de Paris, c'est plus compliqué ce que je veux dire. Mais ouais ben ils partent pas en vacances. Alors si on dit qu'on a besoin de bien manger, de partir en vacances, de voir le smartphone, d'être sur Netflix et compagnie, c'est vrai que tu arrives pas mais la base de la base effectivement c'est de bien manger parce que c'est la santé.

Moi d'abord, je voudrais vous revenir vers ce que vous dites et moi je suis d'accord avec ça. Il faut des prix, pas des primes. Ça veut dire qu'il faut réguler les marges de la grande transformation et de la grande distribution.

Nous, on avait fait une proposition de loi, elle est pas passée à quelques voies près en niche parlementaire de la France insoumise il y a 2 ans, on avait proposé le plafonnement des marges de la grande transformation et de la grande distribution sur les produits alimentaires. Malheureusement, c'est pas passé. Et deuxièmement, il faut que les gens ils puissent acheter vos produits.

J'imagine que si vous avez des bons produits, sains et cetera, vous voulez que les gens puissent l'acheter. Or, ça a été dit, il y a une personne sur H8 et c'est de pire en pire, hein. Désolé, mais les chiffres de Crédoc sont très clairs.

Il y a de plus en plus de gens qui ont du mal à s'acheter suffisamment, je vous parle même pas sainement, suffisamment de produits pour se nourrir. Moi ce que je vois enfin quand même, il faut avoir une idée. Moi dans ma circo, al je suis en scène Saint-Di, il faut voir que il y a des profs qui me disent "Mais moi, je suis obligé de donner des pommes aux élèves pour qu'ils tiennent le coup parce qu'ils ont pas parce qu'ils ont pas l'argent pour aller à la cantine." C'est là qu'on voit que l'équation, elle est très dure à résoudre.

Mais il y a de l'argent, on est l'ancien puissance économique du monde. Il y a des inégalités, il y a des inégalités de richesse hallucinantes. Il y a jamais eu autant de milliardaires en France.

Il y a jamais eu autant de richesse concentré dans les mains de quelques-uns. Il y a un moment cet argent il se il se réparti sans aller jusqu'au milliardaire. Oui, benah, c'est important parce qu'il est là l'argent.

Vous me demandiez l'argent où on va le chercher. Il est là. Oui, mais il y a une ré il y a une réalité.

C'estàd que quand on regarde aujourd'hui euh le revenu disponible des Français et son utilisation, effectivement la consommation alimentaire a régressé. Vous savez au profit de quoi ? De l'immobilier.

De l'immobilier. Exactement. Et donc de l'immobilier.

De l'immobilier l'immobilier pèse aujourd'hui 35% et donc il y a des rentes immobilières hallucinantes pour des méga propriétaires. Les faits sont étus. C'estàd que les fait sont grands c'est c'est les rentiers de l'immobilier var [rires] facile peut-être un peu facile je c'est un peu provocateur mais mais par ailleurs c'est aux politiques de régler ça.

Il y a quand même un sujet qu'on entend c'est de la restauration collective. Il y a une incohérence de propos entre faut faire faut quand on revient sur les territoires. Allons à la à la cantine de l'assemblée, allons dans la cantine des ministères.

Euh tous ces gars-là déjà ils doivent montrer l'exemple et on le montre pas pour l'instant malheureusement. Et nous on a fait une demande d'ailleurs qu'il y ait du du bio local partout. Ben voilà, ben vous reviendrez nous en parler.

Merci dans les hôpitaux dans les maisons de pas que le vi dans la vie même si on a on aurait très envie d'en manger mais en tout cas merci d'être venu partager avec nous vos idées euh merci pour vos réaction. Yeah.