Anonymat sur internet : "Un déferlement de haine par des gens qui sont planqués", estime Rachida Dati
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 71 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:23OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous saluez la performance d'Emmanuel Macron à Bourg-de-Péage ?
- 1:53RelanceÉludée
Emmanuel Macron, c'est que de la com, un coup de com ?
- 3:30FerméeRéponse directe
Est-ce que ça vous rappelle pas quelqu'un d'autre ?
- 3:52OuverteRéponse directe
Pourquoi les Gilets jaunes n'auraient pas existé sous Sarkozy ?
- 6:45OuverteRéponse partielle
Vous pensez qu'Emmanuel Macron n'a pas assez souffert pour ressentir ce que vivent les Français ?
- 10:31OuverteRéponse directe
C'est une bonne chose pour la démocratie, le lancement de cette liste des Gilets jaunes ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Invité politiqueFait
« Il est président des Français. »
- 0:37Invité politiqueFait
« On lui a reproché d'avoir zappé longtemps les corps intermédiaires, que ce soit notamment les élus locaux et les maires dont il a besoin et fortement besoin en ce moment. »
- 2:14Invité politiqueFait
« Qu'en fait le travail n'est pas rémunéré, et que le travail n'est pas reconnu, et donc les gens veulent juste vivre de leur travail. »
- 4:01Invité politiqueChiffre
« Quand il fait effectivement les heures supplémentaires défiscalisées, qui reviennent quand même, combien d'années après ? »
- 4:35Invité politiqueChiffre
« Quand il met 10 milliards d'euros sur la table, le gouvernement recule. »
- 5:02Invité politiqueFait
« Et je disais, pour l'instant, ils considèrent qu'ils ont perdu une première manche, mais qu'ils n'ont pas perdu la partie. »
- 7:10Invité politiqueFait
« Il n'y avait pas, effectivement, pas un policier. »
- 10:41Invité politiqueFait
« Le problème des Gilets jaunes à ce jour ou à ce stade, c'était le problème de représentation. »
- 11:02Invité politiqueFait
« La première revendication, qui est-ce qui fédère ce peuple en colère, ça a été effectivement le pouvoir d'achat, l'augmentation des taxes, leur salaire qui, effectivement, ne leur paiement pas de vivre. »
- 22:23Invité politiqueFait
« Moi, je pense qu'à un moment donné, trop, c'est trop. Vous ne pouvez pas vous prendre des déferlements de haine par des gens qui sont planqués. »
- 23:10Invité politiqueFait
« Moi, j'ai été la première, contre d'ailleurs, beaucoup, beaucoup, rappelez-vous même la quadrature du net d'ailleurs, parce que c'était un peu, ils forçaient contre ça, j'ai été la première à le proposer, le mettre sur la table et le faire voter au Parlement européen. »
- 23:32Invité politiqueFait
« La responsabilité des géants du net dans la diffusion des messages de haine, notamment pour la radicalisation et le terrorisme. »
Temps de parole
- Rachida Dati67 %
- Invité11 %
- Invité 210 %
- Présentateur9 %
≈ 5,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Notre invité jusqu'à 9h est députée européenne Les Républicains, maire du 7e arrondissement de Paris et ancienne garde des Sceaux. C'est Renaud Delis qui vous pose la première question. Bienvenue.
Bonjour Achille Adati. Alors hier soir, Emmanuel Macron a donc rencontré 250 citoyens de façon impromptue à Bourg-de-Péage. Il plonge dans l'arène du grand débat. Est-ce que vous saluez la performance ? Est-ce que vous dites chapeau l'artiste ?
Quand vous êtes élu, ce n'est pas une performance d'aller rencontrer vos concitoyens. Il est président des Français. Moi je trouve qu'on lui a reproché d'avoir zappé longtemps les corps intermédiaires, que ce soit notamment les élus locaux et les maires dont il a besoin et fortement besoin en ce moment. Et puis on ne peut pas indéfiniment snobber, ne pas considérer toutes ces personnes qui manifestent, gilets jaunes ou pas d'ailleurs. Parce que la rancœur, la désespérance, le désespoir concernent bien au-delà des gilets jaunes.
On lui a reproché d'être barricadé à l'Elysée, de vivre dans sa bulle, ce n'est pas le cas.
Ce n'est plus le cas en tout cas. Vous dites qu'il a vu 200 personnes hier et encore, un débat qui n'en était pas vraiment un. Pourquoi ? Donc ça suffit. Pourquoi un débat qui n'en était pas un racheté d'accès ? C'est vrai que moi, ça m'a frappé hier dans le débat, d'ailleurs c'est aussi la limite du débat sur France 2 hier soir, c'est qu'il y avait effectivement des gens de la société civile, des intellectuels, des politiques et deux membres du gouvernement. Et moi ce qui m'a frappé, je pensais que ce débat, et c'est très compliqué un débat à 20 personnes. Déjà à deux.
Oui, mais c'est très compliqué parce que vous ne pouvez pas aller sur le fond, forcément à un moment donné on attend un petit peu de la baston, donc ce n'est pas franchement le politiquement et intellectuellement le plus intéressant. Ceci étant...
Vous dire, Emmanuel Macron là c'est que de la com, c'est un coup de com ?
Non, je ne dirais pas ça, je ne réduirais pas ce débat à cela. Mais par exemple hier on a deux membres du gouvernement, on était là à dire oui, ce grand débat, et cette crise a eu une vertu, c'est que ça oblige à de la clarté, ça oblige à regarder, ça oblige à entendre, parce que qu'est-ce que démontre cette crise ? Qu'en fait le travail n'est pas rémunéré, et que le travail n'est pas reconnu, et donc les gens veulent juste vivre de leur travail. Donc aujourd'hui ça oblige, effectivement on a vu des gens qui avec leur salaire ne pouvaient pas payer leur transport, payer leur loyer, accéder à des droits élémentaires, et donc ça nous les oblige à réagir.
Et hier les deux membres du gouvernement disaient oui c'est bien ce grand débat, oui c'est bien, oui on est content, j'avais l'impression d'entendre plutôt une homélie que des membres du gouvernement qui effectivement pouvaient dire on a entendu ça, on a vu ça, voilà notre vision de la société. C'était cliquer, dites-nous ce que vous en pensez, puis on verra plus tard. C'est quand même un peu court quand vous êtes membre du gouvernement.
Pour en revenir à Emmanuel Macron, Rachid Haddati, je voudrais vous faire écouter un extrait de son intervention hier soir face à ses habitants d'une ville de la Drôme. Écoutez.
Il faut proposer des vraies réformes, mais la vraie réforme elle va avec la contrainte les enfants. Parce que si derrière on veut ceci, comment on le finance ? C'est pas open bar, le bar c'est le nôtre. Et ce qu'on boira et qui n'était pas sur notre compte, c'est nos enfants qui ne l'auront pas.
La France c'est pas open bar, on a l'impression c'est plus fort que lui, ce genre de formule à Emmanuel Macron. Est-ce que ça vous rappelle pas quelqu'un d'autre ?
C'est-à-dire ?
Nicolas Sarkozy.
Moi je vais vous dire, Nicolas Sarkozy aurait été de nouveau président de la République et il aurait eu sans doute des manifestations, des contestations. Il n'aurait jamais eu les gilets jaunes. Pourquoi ? Jamais. Et vous pouvez vous accorder, d'ailleurs certains de vos confrères le reconnaissent. Et c'est pas pour vous dire, il était formidable, il était mieux, il était parfait.
Pourquoi ? Parce qu'il aurait vu venir la crise ?
D'abord il était très attaché aux personnes qui travaillent et qui n'y arrivent pas et qui sont silencieux. Quand il fait effectivement les heures supplémentaires défiscalisées, qui reviennent quand même, combien d'années après ? C'est qu'il a une... ça a été quand même le cœur de sa campagne de 2007. C'est qu'il a à cœur que les gens qui travaillent puissent vivre de leur travail. Ils ne puissent pas vivre de prestations ou d'assistance ou de charité.
Précisément, Emmanuel Macron il vient de rétablir ces heures supplémentaires défiscalisées.
Mais il n'a pas eu le choix. Moi je considère que le gouvernement, parce qu'on peut prendre un dictionnaire des synonymes, il n'a pas reculé, il a avancé, mais il n'a pas avancé, il réforme. Donc vous pouvez faire tous les synonymes que vous voulez, il a reculé. Quand il met 10 milliards d'euros sur la table, le gouvernement recule. Mais il ne recule pas en disant, je disais ça hier, dans la vie ça nous arrive de changer d'avis sur des choses profondes ou de convictions. Parce que vous avez été sensibilisés, vous avez écoutés, vous avez été touchés. Puis vous dites c'est vrai, je ne peux pas continuer comme ça, parce que ce que je veux faire n'est pas la bonne position. Là, ils ont reculé.
Pourquoi ? Parce que le rapport de force ne leur a pas été favorable. Et je disais, pour l'instant, ils considèrent qu'ils ont perdu une première manche, mais qu'ils n'ont pas perdu la partie. Donc ils se disent, on va donner un peu ça, ça va les endormir, et on va revenir par la force dans quelques mois. Ça ne marchera pas comme ça.
Il y a des critiques qui ont été faites ces dernières semaines par les Gilets jaunes, notamment à l'endroit d'Emmanuel Macron, de son style, de son passé aussi, de sa carrière. Et voici comment Emmanuel Macron y a répondu hier soir. Vous savez, je ne suis pas un héritier. Moi, je suis né à Amiens. Il n'y a personne dans ma famille qui était banquier, ni politicien, ni énarque. Ce que je dois, je dois une famille qui m'a appris le sens de l'effort, ceux qui m'ont élevé, qui m'ont éduqué, et après, je n'ai jamais lâché le morceau. Ça, c'est du Nicolas Sarkozy ?
Non, parce que quand il est devenu président de la République, il n'a jamais fait état de sa personne, de sa vie personnelle, pour dire... Ah non, non.
Il a parlé, y compris de sa rencontre avec Carla Bruni, de son mariage à l'Élysée, etc. Il a parlé de son intimité.
Il a parlé de son intimité suite à des questions, évidemment, de journalistes.
C'est de façon de dire, « Achille Haddati, je me suis battu pour arriver là où j'en suis. » On dirait du Nicolas Sarkozy dans le texte.
Oui, mais quand il fait campagne, rappelez-vous, il disait « je suis un enfant de s'en mêler ». Rappelez-vous, c'était là-dessus qu'on... Ça, c'était la campagne. On était en campagne. Quand vous êtes président de la République, on ne vous demande pas de dire « j'ai souffert, donc je peux comprendre les gens qui souffrent ». Ça serait injuste. On n'a pas besoin de souffrir pour comprendre ceux qui souffrent. C'est une sensibilité, c'est un engagement. Heureusement, d'ailleurs, que ce n'est pas que les gens qui ont souffert ou qui ont eu une vie un peu difficile.
Et en plus, ce que je dis là, et ce qui a été dit hier, pourrait me servir, compte tenu de mon origine, de mon parcours, notamment mon parcours social. Mais je trouve qu'à un moment donné, quand vous êtes élue, ce n'est plus votre personne. C'est votre sensibilité, c'est votre proximité, c'est votre accessibilité.
Vous pensez qu'Emmanuel Macron, dans sa vie, dans sa carrière, n'a pas assez souffert pour ressentir aujourd'hui ce que vivent les Français ?
Moi, je n'attaquerai pas la personne, parce que d'abord, être président de la République, c'est une mission, un engagement très difficile, mais il n'est pas tout seul. Moi, je suis très surprise. Il faudrait presque lancer le système alerte enlèvement. Où est le Premier ministre ? Où est le Premier ministre ? Où est le gouvernement ? Vous savez, quand il y a eu la manifestation où la porte du ministère de M. Griveaux a été défoncée, moi, j'étais, puisque la mairie est en face, j'étais là. Il n'y avait pas, effectivement, pas un policier. Ils étaient très peu. Moi, parce que certains crient dans la rue, Rachida sort de là, donc je suis sortie de la mairie, j'étais sur place.
Je suis allée discuter avec des gilets jaunes. Mais Benjamin Griveaux, il n'a jamais été attaqué dans son ministère, et puis effrayé, on l'a exfiltré. Pas du tout. Il n'a même pas vu. Je pense qu'on l'a dû lui dire après coup que la porte a été cassée.
Non, je ne suis pas sûre, parce qu'il y avait un journaliste qui était présent avec lui à ce moment-là et qui a raconté comment ils avaient été...
Non, pas du tout. Écoutez, j'étais dans la rue.
Et la porte a été enfoncée, quand même.
La porte a été enfoncée. Et d'ailleurs, il y avait un policier en civil avec un tacky wall qui était passé et qui m'a dit, madame, est-ce que vous avez eu un Fenwick passé ? Donc, c'était une heure plus tard. C'est le monde de charge qui a servi à... C'était une heure plus tard. Rachida Latina, on va marquer une pause. Juste une chose. Effectivement, à ce moment-là, il pouvait sortir et dire, bon, écoutez, on est dans mon ministère, on va discuter. On peut échanger. On va apaiser les choses. C'est son rôle. Du coup, c'est vrai que ça oblige Emmanuel Macron à descendre dans l'arène. Ça l'expose. Alors, pour certains, diront qu'elle recherche peut-être un nouveau plébiscite.
Puis d'autres, disons, il est dans la reconquête. Ce n'est pas le rôle du président de la République.
8h41, on s'arrête sur l'actualité de ce vendredi matin avec Stéphane Milhomme et on poursuit cet entretien juste après.
Adrien Taquet est nommé secrétaire d'État à la protection de l'enfance auprès d'Agnès Buzyn. L'Élysée le confirme ce matin. Ce député des Hauts-de-Seine, la République en marche, était jusqu'à présent membre de la Commission des affaires sociales. Il participera dès ce matin à une réunion à Matignon. Adrien Taquet devra mettre en œuvre la stratégie nationale pour la protection de l'enfance et de l'adolescence. Elle doit être présentée lundi après des mois de report. Comment s'est achevé 2018 sur le front du chômage ? Pôle emploi publiera la mi-journée son chiffre désormais trimestriel. Fin septembre, 3 700 000 personnes étaient inscrites sans travail ni formation.
A ce stade, les statistiques sur l'économie française ne devraient pas refléter l'impact de la crise des Gilets jaunes démarrée elle mi-novembre. Les salariés de Bic signent la fin du conflit avec leur direction. Avec cet accord scellé avec les syndicats de l'usine de Vannes, les 33 salariés étaient en grave illimité depuis un mois, craignant la fermeture du site qui produit notamment le célèbre stylo 4 couleurs. Les Etats-Unis rappellent les diplomates non essentiels au Venezuela. Le président Nicolas Maduro les menace d'expulsion.
Le président contesté accuse Washington d'avoir aidé à perpétrer un coup d'État et cela de jour après que l'opposant Juan Guiado s'est autoproclamé président du pays. Et puis l'ascension de l'Everest au programme du jour pour Lucas Pouille. Le tennisman français se mesurera dès 9h30 au numéro 1 mondial Novak Djokovic. L'enjeu c'est une place pour la finale de l'Open d'Australie à Bellebourg.
Rachida Dati, députée européenne Les Républicains, maire du 7e arrondissement de Paris, est avec nous jusqu'à 9h. Renaud Delis.
Il y a une nouvelle liste qui se lance dans la compétition des élections européennes. Rachida Dati, une liste portée par les Gilets jaunes et menée par une des figures de ce mouvement, Ingrid Levavasseur, qui était l'invité de France Info ce matin. Le but de cette liste européenne, c'est d'être présent partout, parce qu'on ne fait que la première démarche. Dans quelques temps, il y aura aussi les municipales, et ainsi de suite. Et il y aura forcément des Gilets jaunes. C'est juste parce que nous sommes précurseurs. Mais en attendant, il est juste temps de se construire. C'est une bonne chose pour la démocratie, le lancement de cette liste des Gilets jaunes ?
Le problème des Gilets jaunes à ce jour ou à ce stade, c'était le problème de représentation. On n'avait pas une représentation stabilisée, donc on avait du mal à avoir des interlocuteurs. Moi, ça m'est arrivé de parler avec des Gilets jaunes, mais certains... Certains, d'ailleurs on a assisté hier sur le plateau, ils ne sont pas forcément d'accord, ils ne sont pas forcément sur la même ligne, pas forcément sur la même stratégie. Ils n'ont pas forcément les mêmes revendications. Mais la première revendication, qui est-ce qui fédère ce peuple en colère, ça a été effectivement le pouvoir d'achat, l'augmentation des taxes, leur salaire qui, effectivement, ne leur paiement pas de vivre.
Donc vous les encouragez à s'organiser et à présenter cette liste ? Aujourd'hui, si effectivement certains s'engagent politiquement, ça permet d'avoir une représentation avec laquelle on peut, effectivement, discuter et débattre, y compris sur le fond, sur les actions ou sur les choses à mener.
Mais est-ce que cette concurrence électorale, ce n'est pas la deuxième vague du dégagisme ? On a connu, on a vu le dégagisme en 2017, et là on voit, Ingrid Vavasseur dit, il y aura d'autres listes des Gilets jaunes au municipal, on va continuer. C'est une contestation des partis politiques traditionnels.
Moi je pense que ça a été plus, même en 2017, ça a été plus une contestation des personnes plutôt que des partis. Moi je crois aux partis, je crois à l'idéologie. La France est un grand pays, c'est une grande civilisation, elle a une histoire, elle a une histoire politique très forte. Regardez, le débat n'a... Franchement, la vertu aussi de cette crise, c'est que ça relance un débat politique. Tout le monde, ça doit vous arriver, tout le monde ne parle que de politique, que de Gilets jaunes. Certains me disent, mais qu'est-ce qui motive les Gilets jaunes ? D'autres disent, oui, ils ont raison. D'autres me disent, non, mais ils ont totalement tort. Chacun y va de son argument politique.
Tout le monde est engagé dans ce débat.
Vous croyez au parti, hein, Jadati ? Est-ce que vous croyez en Laurent Wauquiez ?
Moi je crois au parti, il est chef de parti, il a été élu, sa légitimité n'est pas contestable au sein du parti. C'est un bon chef, Laurent Wauquiez ? Non, mais il a été élu. Oui, c'est pas ma question, c'est un bon chef ? Oui, mais attendez.
J'ai entendu votre réponse.
Oui, donc il a été élu là-dessus. Beaucoup le contestent, c'est vrai. Est-ce que c'est votre cas ? Tous ceux qu'on appelle des ténors qui n'en sont pas, je trouve que ça ne veut rien dire. C'est comme quand on disait, c'est énorme, c'est gens sages. Alors, certains sont ringards, vieux monde, puis d'autres, alors qu'ils sont là bien avant ma naissance dans la politique, ce sont des sages formidables et tout. Et puis franchement, ils n'ont pas beaucoup contribué à l'histoire de la France dans le bon sens. Alors on va laisser les sages de la droite et les autres de côté. Non, mais ce que je veux dire, est-ce que Laurent Wauquiez aujourd'hui fait le job à la tête des Républicains ?
Certains, il fait le job. Il le fait bien ? Il le fait, le job, je vais vous dire, ce n'était pas facile, puis ceux qui le contestent auraient dû se présenter. Pourquoi je dis qu'il fait le job ? Parce qu'on est reparti, rappelez-vous, la guerre Copé-Fillon. Vous avez vu dans quel état, dans quelles conditions on a été battu à la présidentielle. Parce que vous disiez de dégagisme. Les gens ne contestent pas les partis, ils ont contesté les personnes. Franchement, François Fillon, il a été contesté par rapport à ce qui était révélé, mais ce n'était pas le parti de droite. Rappelez-vous, dans les sondages, sans faire campagne, on gagnait.
Justement, vous parlez des sondages, ils mettent aujourd'hui la liste LR aux Européens autour de 8%.
Oui, parce qu'aujourd'hui, il y a des contestations de personnes. C'est le parti, c'est LR. Oui, mais attendez, je vous explique. Simplement, il n'y a même pas quelques jours, j'ai fait un café politique où il y avait plus de 150 personnes, des gens pour l'essentiel de ma famille politique. Ils disent, oui, mais on ne sait plus, alors vous contestez votre chef, les autres sont à droite aussi. Donc, nous aussi, on déboussole nos électeurs, nos militants et nos adhérents. C'est aussi notre responsabilité.
Donc, à un moment donné, il faut accepter qu'il y a eu une élection, et puis là, on va avoir une nouvelle échéance qui sera les Européennes, et on tirera les conséquences après les Européennes.
Si votre parti fait 8%, comme le disent aujourd'hui les sondages, est-ce qu'on peut continuer comme ça et continuer comme si de rien n'était ?
Moi, je serais vous, je me dirais, que va-t-il se passer après le grand débat ? Moi, ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est l'histoire de la France, c'est la vision de la France, c'est l'avenir de ces gens qui n'arrivent plus à vivre de leur travail. L'avenir de votre parti, c'est moins important. Oui, non, mais parce qu'on est en convalescence, on est en parallèle. On a effectivement vocation à être une alternance, une alternative, donc on se reconstruit.
On entend en tout cas que vous n'allez pas crier avec les Eric Wörth et autres qui aujourd'hui disent qu'il commence à y avoir un problème de personne à la tête du parti. Non, Eric Wörth dit, Laurent Wauquiez, c'est l'homme qui rétrécit les Républicains.
Non, il n'a pas dit qu'Eric Wörth... Non, non, non, Eric Wörth... En plus, franchement, on est amis, on en a parlé encore il y a quelques jours. Il n'a pas du tout dit ça. Effectivement, il y a eu, comme vous le savez, pour les Européennes, le choix, pour l'instant, qui n'a pas été encore validé d'une tête de liste et qui incarne une sensibilité. Et Eric Wörth dit, c'est vrai que je souhaiterais que sur le reste de la liste, on puisse avoir toutes les sensibilités. Sinon, effectivement, là, on rétrécirait la ligne du parti si tout le monde était uniquement sur la ligne et la tête de liste.
On va en parler justement de cet homme qui sera peut-être la tête de liste de votre parti. Cette tête de liste pressentie que vous évoquez, c'est un jeune intellectuel assez méconnu encore du grand public qui s'appelle François-Xavier Bellamy. Il devrait être investi mardi prochain. Et notamment, il a expliqué et assumé qu'à titre personnel, il est hostile à l'interruption volontaire de grossesse. Est-ce que ça pose un problème pour une tête de liste à l'air ?
C'est une conviction personnelle. Tout ce que je veux et ce que je souhaite, le pays est assez fracturé, très fracturé. Donc, si on peut éviter de mettre sur la table des sujets qui vont nous faire exploser, ça serait mieux. Il a dit que c'était une conviction personnelle, qu'elle reste dans sa conviction personnelle. Je ne souhaite pas que ce soit un débat.
Elle est publique 45 ans après l'adoption de la loi Veil. La droite française peut avoir une tête de liste hostile à l'IVG.
En tous les cas, si ça fait partie du débat, il sera contesté. Et on en tirera de nous les conséquences sur les résultats. Donc, on ne peut pas non plus à chaque fois être entraîné par des gens qui n'incarnent pas forcément la majorité.
Pour vous, ce qu'il pense sur l'IVG, ce n'est pas un critère éliminatoire pour diriger la liste ?
C'est sa conviction personnelle. D'ailleurs, après, il s'en est expliqué. Il n'a pas dit qu'il était hostile. Il a dit que c'est une conviction personnelle sur laquelle, effectivement, il considérait que c'est mieux de ne pas le faire, sans doute quand on peut l'éviter, parce que c'est une douleur et tout. Il a son histoire, il a ses convictions. Ce n'est pas la position et ce n'est pas la ligne majoritaire de notre parti. Ce n'est pas la vôtre. Ce n'est pas la nôtre. Je dis la vôtre à vous, Achille D'Athi. Vous savez que, comme magistrat, Simone Veil m'a offert sa robe de magistrat. C'est pour ça que je vous pose la question. Donc, vous voyez mon lien avec Simone Veil.
Mais donc, j'espère que ce ne sera pas le sujet du débat. En tout cas, ce n'est pas la conviction ni la ligne du parti.
Mais vous, Achille D'Athi, vous pourriez être candidate sur une liste conduite par François-Xavier Bellamy.
De toute façon, ce sera une équipe. La tête de liste, ce n'est pas lui tout seul et tout le monde derrière lui.
C'est lui qui conduit la liste.
Oui, il conduit la liste, mais ce n'est pas sa ligne. Ce n'est pas ses convictions. C'est un projet. Il a une histoire, vous le rappeliez. Il a été l'un des veilleurs lors de la manif pour tous. Il a fait partie des veilleurs. Il a parti à ce qu'on appelle les marches pour la vie. Si c'est cela, j'ai aussi une histoire. J'ai des convictions personnelles que tout le monde ne connaît pas forcément. Donc, je ne vais pas m'étendre sur des convictions personnelles. Mais moi aussi, j'ai mon histoire, mon expérience et mes convictions personnelles. Et pour répondre à la question de Renaud,
vous pourriez être présente sur une liste menée par M. Bellamy ?
C'est normalement prévu. Je dis simplement... Ah, c'est prévu ? Oui, je suis députée sortante. Il y a un débat aujourd'hui. On va en parler, pardon. Je vous ai posé une question. Non, mais sur les sortants, il n'y a pas de déboeuf. En plus, on a un bilan qui parle pour nous.
Vous serez candidate ?
À ce jour, à ce stade, oui. La ligne n'est pas...
Sur ces mots, si vous le voulez bien, Rachida Dati...
N'est pas composée. Attendez, la liste n'est pas composée. La ligne n'est pas encore établie. Donc, on se reverra. Je reviendrai chez nous.
A priori, vous êtes candidate. C'est ce que vous nous dites. En tout cas, candidate à la candidature pour aller aux européennes. Rachida Dati, 8h51. On va poursuivre, si vous le voulez bien, dans quelques instants. C'est Stéphane Milhomme qui nous rejoint pour l'actualité à 8h51.
J'ai voté Macron et je ne regrette pas. Déclaration de la gilet jaune. Ingrid Levavasseur, ce matin sur France Info. L'aide-soignante de l'heure animera bien une liste gilet jaune pour les européennes de la fin. Mais elle défend une liste protéiforme qui ne veut pas aller dans les extrêmes. La piste criminelle plutôt que l'incendie accidentel à Courchevel, selon France Bleu Pays de Savoie. Après ce drame qui a fait deux morts dimanche matin, la procurande d'Alberville donnera des précisions aujourd'hui. Certains témoins évoquent une altercation quelques jours avant le drame. L'une des personnes menaçant de revenir et de tout faire cramer.
La fin des recherches pour retrouver le footballeur Emiliano Sala. Décision des gardes-côtes britanniques hier. Après avoir cherché avec trois avions et cinq hélicoptères, le footballeur argentin et son avion ont mystérieusement disparu lundi soir en mer près des îles anglo-normandes. Le shot-down aux Etats-Unis, 34e jour. Toujours pas d'accord politique en vue. Le plan de Donald Trump a été mis en échec hier au Sénat. Les démocrates restent opposés à l'adoption d'un budget face à la construction d'un mur avec la frontière, avec le Mexique. Et puis l'équipe de France de handball se dit conquérante, a confirmé dès 17h30 depuis Hambourg.
En match de demi-finale du Mondial, les Bleus face au Danemark.
France Info. Rachida Dati, est-ce que vous seriez allée comme Marlène Schiappa ce soir chez Hanouna pour vendre le Grand Débat ?
Moi, je vais vous dire, depuis mon engagement politique public, j'ai eu des attaques sur tout, quoi que je fasse, quoi que je dise. Je n'ai jamais été attaquée sur le fond de mon travail, c'était l'essentiel. C'est comme ça que je résiste, parce que moi, j'ai des discussions, y compris, vous savez, quand Jean-Luc Mélenchon, par exemple, était au Parlement européen ou d'autres personnalités politiques, on discutait entre nous de tous bords confondus comment on résiste aux attaques, surtout quand on a une famille, quand on a une sensibilité. Certains en ont fait des dépressions, d'autres ne sont pas relevés, d'autres sont un peu écoeurés.
Et puis maintenant, tout ça est amplifié avec les réseaux sociaux. Moi, je ne résiste que sur le fait que je puisse faire porter mes convictions et les actions que je mène. Donc, quand j'étais garde des Sceaux, personne ne m'a jamais remise en cause.
Vous pensez que les critiques contre Marlène Schiappa sont trop dures aujourd'hui ?
Non, je dis simplement, je ne vais pas aller porter un jugement. Je n'ai pas d'avis, franchement, je n'ai pas d'avis. Je n'ai pas d'avis là-dessus. Et donc, de dire, je ne vais pas dire, je suis pour, je suis contre, c'est nul, ce n'est pas nul. Je n'ai pas d'avis là-dessus.
Il y a certains de vos collègues, beaucoup même, qui ont émis des critiques, qui ont des avis, eux. Et par exemple, il y a l'un de vos collègues du Parti Les Républicains, Christian Estrosi, le maire de Nice, qui a critiqué Marlène Schiappa en ces termes. Moi, j'ai de la sympathie pour les émissions de divertissement. Je les regarde même. J'ai du respect. Elles sont là pour nous amuser. Mais là, on dépasse la limite. Écoutez, si le journal du Hard existait encore, peut-être que Mme Schiappa irait. Je n'en sais rien. Qu'est-ce que ça veut dire, cette...
Il a voulu sans doute faire un trait d'humour.
Mais pourquoi le journal du Hard ? Pourquoi est-ce qu'il évoque cette émission-là et pas Téléfoot ?
Moi, on ne peut pas me soupçonner de ne pas être féministe. J'ai fait beaucoup, beaucoup avancer la législation sur la lutte contre les violences faites aux femmes. C'est vraiment depuis... J'étais uniquement collaboratrice de Nicolas Sarkozy. Et sur le sexisme...
Mais vous, il y a dix ans, vous avez été souvent victime d'attaques sexistes misogynes. Dix ans après, quand on entend les propos de Christian Estrosi.
J'ai eu même des menaces de mort. Vous savez que j'ai reçu à mon bureau des cercueils. On disait on va te crever avec ta bâtard et tout. Voilà, j'ai tout eu. Je vous fais grâce de la vulgarité des propos que j'ai pu recevoir. Des lettres, des appels téléphoniques. Bon, j'ai tout eu. Mais dans le pire, il y a toujours du pire. De quoi je peux peut-être encore en recevoir pire.
Donc dix ans après, quand on entend la vulgarité des propos de Christian Estrosi, c'est la même chose. Je connais bien Christian Estrosi.
Je connais bien Christian Estrosi. Ça serait peut-être quelqu'un d'autre. Peut-être que je vous suivrai de ce point de vue. Je ne crois pas parce que ce n'est pas son genre.
Il n'a pas bien réfléchi à ce qu'il disait.
Oui, je pense que c'est plutôt un trait d'humour pour faire un bon beau. Mais franchement, ce n'est pas lui. Je le connais assez bien pour pouvoir le dire.
Vous parliez il y a quelques instants, Rachida Dati, de la violence de certains commentaires. Emmanuel Macron a envisagé la semaine dernière de mettre fin à l'anonymat sur les réseaux sociaux. Est-ce que vous y êtes favorable ?
Moi, je pense qu'à un moment donné, trop, c'est trop. Vous ne pouvez pas vous prendre des déferlements de haine par des gens qui sont planqués. Ce n'est pas possible. Au moins qu'on puisse se défendre si on veut poursuivre. Moi, je ne regarde pas. Comme ça, au moins, je suis tranquille et je me protège. Parce qu'il ne faut pas croire. Parce que les gens se disent, vous êtes blindés. Non, vous n'êtes jamais blindés quand vous attaquez personnellement. Ce que je vous ai dit tout à l'heure. Vous savez, quand vous recevez des menaces de mort, on en parle comme ça de manière, avec beaucoup de civilité. Mais quand vous recevez la lettre, vous la lisez. Bien sûr.
Quand vous recevez le petit cercueil. Ou quand vous lisez sur votre famille. Quand même, ça vous met un coup à l'estomac. Ça prend au trip. Ça prend au trip. Et quand vous avez une famille qui vous appelle en disant, c'est atroce, c'est ce qui est écrit, c'est encore plus violent. Donc, à un moment donné, trop, c'est trop. Moi, je suis assez favorable qu'on puisse poursuivre, attaquer. Moi, j'ai été la première, contre d'ailleurs, beaucoup, beaucoup, rappelez-vous même la quadrature du net d'ailleurs, parce que c'était un peu, ils forçaient contre ça. J'ai été la première à le proposer, le mettre sur la table et le faire voter au Parlement européen.
La responsabilité des géants du net dans la diffusion des messages de haine, notamment pour la radicalisation et le terrorisme. J'ai réussi à le faire voter au Parlement européen. Parce que moi, j'ai dit aux géants du net, soit, parce qu'ils avaient dit techniquement, on ne peut pas le faire. Soit vous purgez, soit je demanderai une qualification pénale. Vous serez complice ou co-auteur des actes terroristes.
Aujourd'hui, il faut enlever les masques sur les réseaux sociaux.
Attendez, ce n'est pas possible. C'est trop facile. C'est tellement facile. Mais je pense que ces gens-là, ils font ça en deux secondes. Ils ne se rendent pas compte des désastres que ça peut faire psychologiquement, de découragement. Il ne faut pas croire que les réseaux politiques, en ce moment, sont tous défiés, tous piétinés et tout. Mais il n'en reste pas moins qu'ils ont des familles, ils ont des sensibilités. Donc ça heurte. Il faut dire la vérité, ça heurte.
Renaud Delis. L'année prochaine, il y a les municipales, et notamment à Paris, évidemment. Trois mandats de la gauche au pouvoir. La droite parisienne toujours divisée. La droite parisienne est toujours orpheline d'une tête de liste. Est-ce que vous serez la tête de liste de la droite municipale à Paris ?
Moi, je suis légitimiste. Moi, j'ai dit que j'étais intéressée, que j'allais m'engager dans ce combat municipal. La seule chose que je pourrais vous dire, parce que je trouve que ce n'est pas le temps, ce n'est pas le moment. Certains me disent, oui, il faut que tu déclares maintenant. Non, on a une crise majeure dans notre pays. Moi, j'attends l'issue de ce débat. On va où ? La France va où ? Vous êtes intéressée, donc vous êtes même candidate à la candidature. Bien sûr, pourquoi ? Je vais vous dire pourquoi. Simplement, moi, j'ai l'air tout à l'heure, parce que la droite, et je l'ai vu, ça commence un peu. Il y en a certains qui se disent, pas elle, si jamais elle gagne.
Donc, oui, ils veulent prendre un candidat par défaut.
Ils préfèrent la perdre plutôt que vous.
Voilà, donc j'ai entendu ça. C'est une réalité de certains élus de la droite, mais qui ne me surprennent pas. Ça ne me surprend pas. Ça, ça vous donne plutôt envie d'y aller ? Parce que je suis plutôt proche des Parisiens. Tous les mois, je fais des déplacements dans les arrondissements parisiens pour rencontrer les Parisiens et d'être au plus proche de leurs préoccupations. Donc, le reste ne m'intéresse pas. Donc, au contraire, ça me motive. Il ne faut simplement pas, et on en revient aux attaques d'avant, il faut éviter les attaques très personnelles ou les boules puantes qui commencent déjà un petit peu à surgir.
Bon, et vous reviendrez nous en parler. Dès que vous êtes candidate, Rachida Dati, ou avant, si vous le voulez bien. Merci à vous d'avoir été ce matin l'invité de France Info. Dans deux minutes, il sera 9h.
Rachida Dati